<!doctype html public "-//w3c//dtd html 4.0 transitional//en"> <html> <head>    <meta http-equiv="Content-Type" content="text/html; charset=iso-8859-1">    <meta name="Author" content="FERREIRA Sandra">    <meta name="GENERATOR" content="Mozilla/4.6 [fr] (Win95; I) [Netscape]">    <title>Welcome</title> </head> <body> &nbsp; <br><font color="#009900"><font size=+2>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </font></font><b><i><u><font face="Book Antiqua"><font color="#603FC0"><font size=+4>Critique et Conclusion</font></font></font></u></i></b> <br><b><i><u><font face="Book Antiqua"><font color="#603FC0"><font size=+4></font></font></font></u></i></b>&nbsp;<b><i><u><font face="Book Antiqua"><font color="#603FC0"><font size=+4></font></font></font></u></i></b> <p><b><u><font color="#009900"><font size=+2>Pour une autre &eacute;coute des contes</font></font></u></b> <br>&nbsp; <br>&nbsp; <p><font color="#000099"><font size=+1><a href="bibliographie.htm#Pju Pierre, La petite fille dans la fret des">Pierre P&eacute;ju</a> nous propose une &eacute;coute diff&eacute;rente des contes. En effet, d'apr&egrave;s lui Bettelheim retrouve sous les images des contes la th&eacute;orie psychanalytique du sujet, mais il met de l'ordre dans la friche des souvenirs. Beaucoup de gens ne se souviennent pas des contes dans leur entier &laquo; J'ai oubli&eacute; comment &ccedil;a commen&ccedil;ait &raquo;, &laquo;J'ai perdu la fin...&raquo;. Mais il leur reste des images fortes, des &eacute;pisodes inoubliables, v&eacute;ritables blocs magn&eacute;tiques autour desquels ils arrangent et brodent. Bettelheim restitue l'int&eacute;gralit&eacute; de l'histoire puisqu'il estime que c'est son d&eacute;roulement qui a une efficacit&eacute; psychologique et il dit ce qu'elle signifie. La le&ccedil;on tombe, avec une force terrible d'&eacute;vidence, et tout &laquo; colle &raquo;.</font></font> <br>&nbsp; <p><font color="#000099"><font size=+1>Si les contes entretiennent des liens &eacute;troits avec l'enfance, l'origine de ces liens est tout d'abord historiquement datable ; c'est ensuite en raison de noyaux obscurs de l'enfance qu'ils touchent chez l'adulte et de d&eacute;sirs enfouis qu'ils r&eacute;v&eacute;lent &agrave; l'enfant et non pas selon une tradition &eacute;ternelle et universelle pour laquelle l'en-fance serait un concept immuable. Comme le confirme Marie-Louise von Frantz : &laquo;A l'origine et jusqu'au XVIIe si&eacute;cle environ, les contes de f&eacute;es n'&eacute;taient pas tant destin&eacute;s aux enfants qu'&agrave; la population adulte. Cette situation s'est prolong&eacute;e dans les milieux ruraux o&ucirc;, jusqu'&agrave; une &eacute;poque relativement r&eacute;cente, conteurs et conteuses animaient les traditionnelles veill&eacute;es. Progressivement, cependant, le d&eacute;veloppement du courant rationnel et son corollaire, le refus de l'irrationnel, firent que l'on ne vit plus dans les contes populaires qu'absurdes histoires de vieilles femmes, tout juste bonnes &agrave; amuser les enfants &raquo;.</font></font> <br>&nbsp; <p><font color="#000099"><font size=+1>N'y aurait-il pas dans la d&eacute;marche de <a href="grandire.htm#Bettelheim">Bettelheim</a> et dans son mode de lecture des contes une sorte d'anachronisme psychologique surtout lorsqu'il para&icirc;t croire que &laquo; de tout temps &raquo; le conte aurait jou&eacute; ce r&ocirc;le quasi initiatique et formateur aupr&eacute;s des enfants?</font></font> <br><font color="#000099"><font size=+1>Lorsque Freud utilise le mod&eacute;le du mythe d'oedipe pour rendre compte de la structure des d&eacute;sirs du jeune enfant &agrave; l'&eacute;gard de ses parents et au-del&agrave;, du d&eacute;sir humain en g&eacute;n&eacute;ral, il invente la notion de sexualit&eacute; infantile et r&eacute;v&eacute;le du m&ecirc;me coup la place libidinale tenue par l'enfant dans les pr&eacute;occupations de la soci&eacute;t&eacute; moderne. L'enfant n'a pas toujours tenu une pareille place, consciemment ou inconsciemment, et c'est seulement un mode d'interpr&eacute;tation r&eacute;trospectif qui permet de plaquer sur d'anciennes histoires une probl&eacute;matique r&eacute;cemment invent&eacute;e. Ce ne peut &ecirc;tre qu'au prix d'une simplification de telles histoires.</font></font> <br>&nbsp; <p><font color="#000099"><font size=+1>Ces contes, avec leur nombre limit&eacute; de sc&eacute;narios et leurs types de personnages fixes, seraient comparables &agrave; une sorte de machine invent&eacute;e par la grande sagesse collective et permettant aux filles et aux gar&ccedil;ons en bas &acirc;ge de d&eacute;couvrir qu'il y a toujours des issues heureuses et des solutions &laquo; normales &raquo; &agrave; ce qui se pr&eacute;sente d'abord pour eux comme une inqui&eacute;tante impasse.</font></font> <br>&nbsp; <p><font color="#000099"><font size=+1><a href="3contes.htm#Blanche-Neige">Blanche-Neige</a> aide ainsi l'enfant de sexe f&eacute;minin &agrave; franchir all&eacute;grement ses difficult&eacute;s pubertaires, nous explique Bettelheim; gr&acirc;ce &agrave; ce conte, la fille peut faire face &agrave; son d&eacute;sir du p&egrave;re, &agrave; l'agressivit&eacute; jalouse de la m&egrave;re, et &agrave; une certaine impatience sexuelle toujours source d'anxi&eacute;t&eacute;. Il lui suffit de s'identifier inconsciemment au personnage et de se laisser porter par les fantasmes qu induit le conte.</font></font> <br>&nbsp; <p><font color="#000099"><font size=+1>Pour Bettelheim, le conte reste principalement une le&ccedil;on de d&eacute;passement et d'espoir, mais, tristement, c'est toujours les m&ecirc;mes choses qu'il faut d&eacute;passer et toujours le m&ecirc;me espoir qu'il importe d' avoir ! Dans un monde o&ugrave; toutes les valeurs traditionnelles et toutes les normes sociales ou sexuelles rendent le son trouble d'une impr&eacute;visible mais d&eacute;finitive f&ecirc;lure, ne pourrait-on pas r&eacute;torquer &agrave; Bettelheim que si les contes se r&eacute;duisent &agrave; ce qu'il en interpr&egrave;te, ils peuvent aussi avoir l'effet inverse&nbsp; en effet, ils ass&egrave;nent aux enfants un tel paquet de normes familiales sociales et conjugales que leurs divergences avec ce qui se passe r&eacute;ellement dans la vie deviennent angoissantes.</font></font> <br>&nbsp; <p><font color="#000099"><font size=+1>Bettelheim qui nous a enseign&eacute; une approche tellement nuanc&eacute;e de l'autisme et une d&eacute;marche pratique et th&eacute;orique si fine qu'elle p&eacute;n&egrave;tre les forteresses et fait parler le vide, nous donne ici ce que la psychanalyse faire de plus grossier. A l'en croire, on entrerait comme un petit pervers polymorphe, tout anxieux et riche de n&eacute;vroses latentes, dans la machinerie bien huil&eacute;e du conte, on &eacute;couterait avec attention, pouce &agrave; la bouche et regard extasi&eacute;, et on ressortirait de l'autre c&ocirc;t&eacute; en futur adulte accompli, m&ucirc;r et &eacute;quilibr&eacute;, en as bien clair en ce qui concerne sa propre identit&eacute;, sa sexualit&eacute;, et sa place sociale ; complexe d'Oedipe r&eacute;solu, pr&ecirc;t &agrave; affronter l Oedipe de ses propres enfants.</font></font> <br>&nbsp; <p><font color="#000099"><font size=+1>La d&eacute;marche de Bettelheim tend un peu &agrave; ramener l'esprit du merveilleux &agrave; l'atmosph&egrave;re de myst&egrave;re. Le myst&egrave;re c'est ce qui pose que sous l'&eacute;nonc&eacute; obscur se cache une explication &eacute;vidente pour peu qu'on sache rationnellement la d&eacute;couvrir. Or Bettelheim nous fait regarder chaque &eacute;l&eacute;ment du conte comme un indice nous mettant sur la piste de son &laquo; vouloir dire &raquo; profond. Mais un conte, en tant qu'histoire ravissante, n'est pas myst&eacute;rieux ; il ne renvoie pas &agrave; un secret &agrave; chercher, &agrave; une clef de l'&eacute;nigme qui se r&eacute;v&egrave;le tr&egrave;s vite n &ecirc;tre qu'un vulgaire passe-partout.</font></font> <br>&nbsp; <p><font color="#000099"><font size=+1>Bettelheim nous fait soup&ccedil;onner les contes d'aller tous dans le m&ecirc;me sens, et laisse de c&ocirc;t&eacute; les centaines de trouvailles qu'ils comportent. A propos de <a href="3contes.htm#Cendrillon">Cendrillon</a>&nbsp; &laquo; Ce conte guide l'enfant depuis ses plus grandes d&eacute;ceptions - les d&eacute;sillusions oedipiennes, l'angoisse de castration... -jusqu'au moment o&ugrave; il d&eacute;veloppe son autonomie o&ugrave; il devient s&eacute;rieux dans son travail, et o&ugrave; il atteint son identit&eacute; positive. &raquo;</font></font> <br>&nbsp; <blockquote> <blockquote> <blockquote> <blockquote> <blockquote><img SRC="afficheg64.gif" height=511 width=323></blockquote> </blockquote> </blockquote> </blockquote> </blockquote> <font color="#000099"><font size=+1>Bettelheim les r&eacute;installe dans une chronologie finaliste : par exemple tout ce que l'on peut imaginer de cette idylle tr&egrave;s curieuse entre Blanche-Neige et des nains, toutes ces sc&egrave;nes de la vie en bande au plus profond de la for&ecirc;t, et que les enfants aiment &agrave; voir largement d&eacute;tailler, Bettelheim n'en fait que le &laquo; stade de latence&raquo; dans le processus de maturation de la jeune fille.</font></font> <br>&nbsp; <p><font color="#000099"><font size=+1>Tout d'abord, rien n'a &eacute;t&eacute; plus controvers&eacute;, chez les psychanalystes eux-m&ecirc;mes, que cette notion de latence ; ensuite dans la th&eacute;orie de Freud, il ne s'agit pas du tout d'un stade (au m&ecirc;me titre que le stade oral ou anal), mais d'une p&eacute;riode al&eacute;atoire, plus ou moins marqu&eacute;e par la d&eacute;sexualisation des int&eacute;r&ecirc;ts et des activit&eacute;s, et correspondant peut-&ecirc;tre au d&eacute;clin du complexe d'oedipe. &Ccedil;a ne fait rien, Bettelheim en fait un stade : les nains sont le stade de latence de Blanche-Neige. Par une telle r&eacute;duction nous perdons tout ce qui nous attire dans ce conte en nous attachant &agrave; ces jours o&ugrave; Blanche-Neige et les nains formaient une sorte de communaut&eacute;. Car la jeune fille n'aspirait pas &agrave; quitter la for&ecirc;t ni &agrave; retourner quelque part. Et n'y avait-il aucune forme de sexualit&eacute; dans ce qui unissait Blanche-Neige aux nains ? Ne s'aimaient-ils pas, tous les huit? Certes, d'une fa&ccedil;on qui diff&egrave;re des amours maternelles, filiales ou fraternelles, d'une fa&ccedil;on qui &eacute;chappe aux buts sociosexuels et qui peut pour cela &ecirc;tre dite perverse. Mais ils s'aimaient... Et Si l'on nous parle ensuite du d&eacute;sir du Prince pour Blanche-Neige au moment o&ugrave; il d&eacute;couvre son apparence gisante, pourquoi ne rien dire de cette extraordinaire &eacute;motion des nains devant le corps blanc de leur compagne qu'ils ne peuvent se r&eacute;soudre &agrave; enfouir dans la terre noire ?</font></font> <br>&nbsp; <blockquote> <blockquote> <blockquote> <blockquote> <blockquote> <blockquote><img SRC="bn_1.jpg" height=180 width=254></blockquote> </blockquote> </blockquote> </blockquote> </blockquote> </blockquote> <font color="#000099"><font size=+1>Prenons ce que Bettelheim nous dit des &laquo;transformations &raquo; dans les contes... Pour lui, elles s'expliquent par le fantasme de</font></font> <br><font color="#000099"><font size=+1>d&eacute;boublement de ceux que j'aime ; je les divise en une part bonne et part mauvaise. Ce fantasme constituerait un moyen d'affronter ma propre ambivalence et l'antagonisme de mes pulsions.</font></font> <br><font color="#000099"><font size=+1>Dans <a href="3contes.htm#le petit chaperon">le Petit Chaperon rouge</a> si, dans le lit de la grand-m&egrave;re, et &agrave; sa place je vois un loup, je pr&eacute;serve ainsi la bont&eacute; grand-maternelle et je reporte mon horreur et ma haine sur le loup.</font></font> <br>&nbsp; <p><font color="#000099"><font size=+1>Plut&ocirc;t voir un vilain loup, nous dit-il, que supporter l'id&eacute;e d'un m&eacute;chante grand-m&egrave;re qui me gronde, parce que j'ai, par exemple mouill&eacute; ma culotte. Je d&eacute;double alors ma grand-m&egrave;re et je me sens mieux.</font></font> <br>&nbsp; <p><font color="#000099"><font size=+1>Il y a l&agrave; un moment ind&eacute;niable d'humour, un fausse innocence du Petit Chaperon rouge qui ferait tout simplement semblant de parler de &laquo; grands yeux &raquo;, &laquo; grande bouche &raquo; &laquo; grand nez &raquo;, alors qu'il faudrait dire gueule, museau, babines, poils... Cette attente, cette fa&ccedil;on de diff&eacute;rer la vision du corps animal a une fonction en elle-m&ecirc;me. Le Petit Chaperon rouge pose des appellations humaines sur les diverses parties de la b&ecirc;te, pour mieux l'explorer, la d&eacute;couvrir, jouir du tout autre un moment tout proche.</font></font> <br>&nbsp; <p><font color="#000099"><font size=+1>La description du loup par le Petit Chaperon rouge est fine et suggestive, elle se limite &agrave; la t&ecirc;te, mais en un sens est, pour l'auditeur du conte, tout aussi &eacute;rotique, livrant le corps enfantin &agrave; un contact avec l'animal, qui animalise en retour lenfant. Ce n'est donc pas seulement la grand-m&egrave;re qui est fantastiquement faite loup, mais la petite fille elle-m&ecirc;me, durant minutes tendues, devient quelque chose en rupture avec la famille et avec la distinction humain/animal. Il y a donc un plaisir pris &agrave; l'audition ou &agrave; la lecture de ce passage isolable du conte tr&egrave;s diff&eacute;rent du &laquo; b&eacute;n&eacute;fice pulsionnel &raquo; que lui reconnait Bettelheim.</font></font> <br>&nbsp; <blockquote> <blockquote> <blockquote> <blockquote> <blockquote> <blockquote><img SRC="chaperon.jpg" height=201 width=247></blockquote> </blockquote> </blockquote> </blockquote> </blockquote> </blockquote>  <br>&nbsp; <br>&nbsp; <p><b><u><font color="#009900"><font size=+2>Les autres &eacute;tats du d&eacute;sir</font></font></u></b> <br>&nbsp; <br>&nbsp; <p><font color="#000099"><font size=+1>Nous &eacute;coutons les contes, nous dit Bettelheim, sans nous rendre compte que les &eacute;v&eacute;nements dont ils parlent sont des &laquo; situations inconscientes &raquo;. Ainsi peuvent-ils nous captiver tout en faisant leur travail th&eacute;rapeutique et normalisateur.</font></font> <br><font color="#000099"><font size=+1>Il s'agit donc d'une mise en sc&egrave;ne de nos pulsions inconscientes. La projection puis l'identification&nbsp; sont les deux imp&eacute;ratifs de cette op&eacute;ration de mise en ordre et de r&eacute;confort par contes interpos&eacute;s.</font></font> <br>&nbsp; <p><font color="#000099"><font size=+1><a href="grandire.htm#besoin">Bettelheim</a> simp1ifie pourtant &agrave; l'extr&ecirc;me lorsqu'il para&icirc;t estimer que l'inconscient du conte est strucrur&eacute; essentiellement par le complexe d'oedipe, et que les d&eacute;sirs qui s'y r&eacute;v&egrave;lent sont les sempiternels &laquo;d&eacute;sir de la m&egrave;re &raquo; et &laquo;d&eacute;sir de tuer le p&egrave;re &raquo;. Lorsqu il estime que les pulsions qui s'y manifestent sont elles-m&ecirc;mes r&eacute;f&eacute;r&eacute;es &agrave; l'Oedipe puisque qualifi&eacute;es de &laquo;pr&eacute;-oedipiennes &raquo;, donc que l'on retrouve pr&eacute;cis&eacute;ment dans tous ces r&eacute;cits l'ordre assign&eacute; par Freud au devenir de la libido : stade oral, stade an latence, puis stade g&eacute;nital.</font></font> <br>&nbsp; <p><font color="#000099"><font size=+1>Plus grave, d'un point de vue th&eacute;orique, Bettelheim est tellement persuad&eacute; de l'omnipr&eacute;sence de l' Oedipe, qu'il parle comme allant de soi d'un complexe d'Oedipe de la fille, sans signaler un instant que ce parall&eacute;lisme n'a rien d'&eacute;vident et que l'application a la fille - sous une forme inverse evidemment de ce que Freud a cru saisir des conflits inconscients du gar&ccedil;on avec les images parentales - n'a toujours &eacute;t&eacute; qu'un point tr&egrave;s discutable&nbsp; largement critiqu&eacute; du vivant m&ecirc;me de Freud, carr&eacute;ment refus&eacute; par un courant contemporain de la psychanalyse qui a tent&eacute; une approche moins phallocentrique de la sexualit&eacute;. Ce th&egrave;me d'un Oedipe f&eacute;minin est plus que probl&eacute;matique. Comment s'op&egrave;re chez la petite fille le &laquo; changement d'objet &raquo; qui la ferait, douloureusement mais n&eacute;cessairement, passer d'un amour de la m&egrave;re &agrave; un conflit avec elle? Et pourquoi s'op&egrave;re-t-il? Ce fantasme de la jalousie de la m&egrave;re qui devient l'objet de haine ne r&eacute;sulte-t-il pas d'une fa&ccedil;on de concevoir filles et femmes comme de purs objet sexuels de la consommation m&acirc;le?</font></font> <br>&nbsp; <p><font color="#000099"><font size=+1>Nous gardons de ces interpr&eacute;tations un sentiment penible d'&eacute;troitesse, comme si toutes les histoires racontaient toujours m&ecirc;me histoire. Se peut-il que tout l'inconscient pr&eacute;sent dans l univers des contes se r&eacute;duise &agrave; des conflits enfants-parents? A ces probl&egrave;mes de personnes, &agrave; cet anthropomorphisme - toute apparitions animales &laquo; voulant dire &raquo; quelque chose d'humain- et enfin &agrave; ce renforcement du phallocentrisme?</font></font> <br>&nbsp; <p><font color="#000099"><font size=+1>Non! les contes sont aussi ouverture : ils comportent presque tous cette trappe vers l'ailleurs, par o&ugrave; notre imagination peut fuir, par o&ugrave; les images inattendues peuvent d&eacute;border. Cette particularit&eacute; permet &agrave; une autre vie de l'inconscient de se trouver se manifester fragmentairement.</font></font> <br>&nbsp; <p><font color="#000099"><font size=+1>Car il y a une autre vie de l'inconscient, d'autres &eacute;tats de d&eacute;sir; il y a un inconscient totalement indiff&eacute;rent &agrave; l'oedipe. Il existe des d&eacute;sirs et du sentir qui &eacute;chappent m&ecirc;me &agrave; l'anthropomorphisme, qui se d&eacute;robent encore &agrave; une expression claire et donc &agrave; une prise de conscience autre qu'imag&eacute;e. Ce d&eacute;sir, ces autres &laquo; sentir&raquo; sont en nous la &laquo; part maudite &raquo;, la part sauvage en tout cas. Cet autre inconscient cherche moins &agrave; s'exprimer qu'&agrave; se r&eacute;aliser et &agrave; se produire.</font></font> <br>&nbsp; <p><font color="#000099"><font size=+1>On trouve dans les contes ces images qui rendent compte d'un inconscient pr&eacute;-individuel, non anthropomorphe, sauvage et m&eacute;canique. En nous, existent des d&eacute;sirs qui ne peuvent &ecirc;tre nomm&eacute;s autrement que &laquo; d&eacute;sir de s'animaliser &raquo;, de devenir arbre ou caillou, ou bien grenouille ou rat... et qui n'ont rien &agrave; voir avec tel ou tel stade de la libido, &laquo; d&eacute;sir de traverser plusieurs apparences&raquo;, qui n'a rien &agrave; voir avec un fantasme de toute-puissance.</font></font> <br>&nbsp; <p><font color="#000099"><font size=+1>Le plaisir que procurent les contes et cette puissance g&eacute;n&eacute;rale de conviction qu'ils ont toujours s'expliquent aussi par cet accord avec cet inconscient non oedipien qu'il faut &agrave; tout prix &eacute;viter de traduire (ou plut&ocirc;t d'adapter) en termes de complexe d'Oedipe. Laisser la for&ecirc;t rester la for&ecirc;t et le loup, la b&ecirc;te sauvage.</font></font> <br>&nbsp; <br>&nbsp; <br>&nbsp; <br>&nbsp; <br>&nbsp; <br>&nbsp; <br>&nbsp; <br>&nbsp; <br>&nbsp; <br>&nbsp; <table BORDER=0 COLS=3 WIDTH="100%" > <tr> <td></td>  <td ALIGN=CENTER VALIGN=CENTER><a href="Homepage.htm"><img SRC="home02.gif" BORDER=0 height=50 width=54></a><b><u><font color="#CC33CC"><font size=+2>Homepage</font></font></u></b></td>  <td></td> </tr>  <tr> <td ALIGN=LEFT><a href="3contes.htm"><img SRC="9bk04c.gif" BORDER=0 height=32 width=64></a><b><u><font color="#CC33CC"><font size=+1>Pr&eacute;c&eacute;dente</font></font></u></b></td>  <td></td>  <td ALIGN=RIGHT><a href="bibliographie.htm"><img SRC="9nx01a.gif" BORDER=0 height=32 width=64></a><b><u><font color="#CC33CC"><font size=+1>Suivante</font></font></u></b></td> </tr> </table>  <br>&nbsp; <br>&nbsp; <br>&nbsp; <br>&nbsp; <blockquote> <blockquote> <blockquote> <blockquote> <blockquote> <blockquote> <blockquote> <blockquote> <blockquote> <blockquote> <blockquote> <blockquote> <blockquote><b><u><font color="#CC33CC"><font size=+2></font></font></u></b>&nbsp;</blockquote> </blockquote> </blockquote> </blockquote> </blockquote> </blockquote> </blockquote> </blockquote> </blockquote> </blockquote> </blockquote> </blockquote> </blockquote>  <br>&nbsp; <br>&nbsp; <br>&nbsp; <br>&nbsp; <blockquote><b><u><font color="#CC33CC"><font size=+1></font></font></u></b>&nbsp;</blockquote>  </body> </html> 
