<HTML> <HEAD>   <!-- Created with AOLpress/2.0 -->   <TITLE>c29 :Donadieu</TITLE> </HEAD> <BODY BGCOLOR="#ffffff"> <P> <A href="pa.htm"><IMG align="bottom" alt="vers la page d'accueil du courrier de l'environnement de l'inra"     SRC="images/paccrou.gif"></A> &nbsp;<A NAME="haut"> &nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp; &nbsp; &nbsp;&nbsp; &nbsp;</A>    <HR> <H2>   Disneyland Paris est-il un paysage ? </H2> <P> <IMG SRC="images/egcarmin.gif" WIDTH="84" HEIGHT="61" ALIGN="Right"> <UL>   <LI>     <B>par Pierre Donadieu</B><BR>     <SMALL>Ecole nationale sup&eacute;rieure du paysage, 4, rue Hardy, 78009     Versailles.</SMALL> </UL> <H4>   <A HREF="#lam">La mort impossible</A><BR>   <A HREF="#dur">Du r&ecirc;ve au r&eacute;el</A><BR>   <A HREF="#lec">Le concept de Disneyland Paris : cinq horizons &agrave;   illustrer</A><BR>   <A HREF="#sen">Sensations successives : l'effet jardin</A><BR>   <A HREF="#dis">Disneyland : un paysage contemporain</A><BR>   <A HREF="#fin">Fin de l'imp&eacute;rialisme du regard</A> </H4> <P>   <HR> <P> Apr&egrave;s Disneyland en Californie, Waltdisneyworld en Floride et Tokyodisneyland, Eurodisney (qui deviendra Disneyland Paris) a &eacute;t&eacute; inaugur&eacute;, en 1992, &agrave; l'est de Paris. Le succ&egrave;s populaire de ces parcs d'attractions n&#146;a jamais &eacute;t&eacute; d&eacute;menti malgr&eacute; les critiques de leurs d&eacute;tracteurs. M&ecirc;me si les visiteurs, enfants comme adultes, savent que, pour chaque attraction, ils auront &agrave; attendre pendant parfois des heures, sous le soleil ou la pluie, ils ne cessent de venir et parfois de revenir. Pourquoi cette fascination durable pour un monde imaginaire et, en m&ecirc;me temps, tr&egrave;s r&eacute;el ? Je voudrais d&eacute;velopper ici l'id&eacute;e que ces parcs contemporains fonctionnent pour le public, non seulement &agrave; la mani&egrave;re des jardins, mais comme des paysages. <H4>   <A HREF="#haut">[R] </A><A NAME="lam">La mort impossible</A> </H4> <P> Dans les soci&eacute;t&eacute;s occidentales qui, depuis des si&egrave;cles, ont d&eacute;velopp&eacute; l'art pictural du paysage, la qualit&eacute; de paysage est attribu&eacute;e &agrave; la fois &agrave; des espaces et &agrave; leurs repr&eacute;sentations. Le Mont-Saint-Michel, l'&icirc;le de la Cit&eacute; &agrave; Paris, le cirque de Gavarnie ou le Vieux Port &agrave; Marseille sont, par l'art souvent conjugu&eacute; des peintres, des photographes, des &eacute;crivains et des po&egrave;tes, devenus des sites c&eacute;l&egrave;bres et des hauts-lieux offerts aux regards des touristes avides de sensations. Car, c'est bien sous nos regards que naissent et meurent les paysages c&eacute;l&egrave;bres. Ils ne s&#146;&eacute;teignent pas en fait mais, us&eacute;s et fatigu&eacute;s, ils entrent dans les mus&eacute;es et les conservatoires comme reliques du patrimoine culturel, comme rep&egrave;res de la m&eacute;moire, comme lieux d'identification des soci&eacute;t&eacute;s de plus en plus nomades et en qu&ecirc;te de racines. Ils n'ont pas, par contre, la propri&eacute;t&eacute; du monument qui a &eacute;t&eacute; &eacute;difi&eacute; pour comm&eacute;morer et qu'il suffit de rajeunir pour lui assurer l'&eacute;ternit&eacute;.<BR> Quand ce destin de c&eacute;l&eacute;bration du souvenir ou du patrimoine est attribu&eacute;, non &agrave; des &eacute;difices, mais &agrave; des marais salants, &agrave; des for&ecirc;ts ou &agrave; des prairies, il faut alors affronter le difficile probl&egrave;me de la p&eacute;rennit&eacute; des pratiques qui produisent ces lieux vou&eacute;s, malgr&eacute; eux, &agrave; l'&eacute;ternit&eacute; : comment figer, sinon dans l'artifice des mus&eacute;es et des c&eacute;l&eacute;brations, ce qui par nature &eacute;conomique et sociale &eacute;volue sans cesse ? <BR> Plut&ocirc;t que de vouloir immobiliser ce qui n'a nulle vocation pour cela, il est plus prometteur de s'int&eacute;resser aux lieux de loisirs qui, d&egrave;s leur naissance, sont faits pour exister sous et par le regard des publics et assumeront peut-&ecirc;tre, de ce fait, plus sereinement leur fin. <H4>   <A HREF="#haut">[R] </A><A NAME="dur">Du r&ecirc;ve au r&eacute;el</A> </H4> <P> A l'origine, le monde imaginaire de Walt Disney est celui de l'invention d'un univers merveilleux autour de f&iuml;gures symboliques : Oswald le lapin chanceux, Mickey et Minnie, les souris honn&ecirc;tes et courageuses, Blanche-Neige symbole de gr&acirc;ce et de fragilit&eacute; ou Peter Pan, &eacute;ternel enfant espi&egrave;gle.<BR> Issus des contes fran&ccedil;ais (Perrault), allemands (les fr&egrave;res Grimm), anglais (J.M. Barrie pour Peter Pan) ou italiens (Carlo Collodi pour Pinocchio), les personnages repr&eacute;sent&eacute;s par Walt Disney rendent visibles l'affrontement des valeurs universelles : le bien et le mal, la beaut&eacute; et la laideur ou la g&eacute;n&eacute;rosit&eacute; et la cruaut&eacute;. La reine, belle-m&egrave;re de Blanche-Neige, est jalouse de la beaut&eacute; de sa belle-fille. Poursuivi par le crocodile, le capitaine Crochet traque en vain Peter Pan comme le loup affam&eacute;, les trois petits cochons. Dans le monde merveilleux du conte, la beaut&eacute;, la justice, la g&eacute;n&eacute;rosit&eacute; et la ruse triomphent toujours de la laideur, de la cupidit&eacute; et de la m&eacute;chancet&eacute;.<BR> A Disneyland Paris, ce monde laiss&eacute; ordinairement &agrave; l'imagination du lecteur de contes ou du spectateur de dessins anim&eacute;s devient r&eacute;el et tangible. Gr&acirc;ce aux talents des <I>imaginers </I>qui imaginent, con&ccedil;oivent et r&eacute;alisent, le ch&acirc;teau de la Belle-au-Bois-Dormant sort de la terre briarde, le banyan de la cabane des Robinson et les cavernes des flibustiers deviennent r&eacute;alit&eacute;s souterraines. En quoi cet univers fascinant rel&egrave;ve-t-il non seulement de la notion de jardin mais aussi de celle de paysage ? <H4>   <A HREF="#haut">[R] </A><A NAME="lec">Le concept de Disneyland Paris : cinq   horizons &agrave; illustrer</A> </H4> <P> Le premier niveau d'interpr&eacute;tation du parc est celui de l'illustration de cinq pays imaginaires : Main Street, la grande rue d'une ville am&eacute;ricaine au d&eacute;but du si&egrave;cle, Frontierland, &eacute;vocation de la conqu&ecirc;te de l'Ouest &agrave; travers les fortins assi&eacute;g&eacute;s par les Indiens et l'&eacute;trange &icirc;le-montagne de &#171; Big Thunder Mountain &#187;, Fantasyland, paradis des contes de f&eacute;es, Adventurland, univers du risque et du danger et Discoveryland, monde de l'utopie du troisi&egrave;me mill&eacute;naire. Litt&eacute;ralement, c'est le niveau ordinaire du spectacle de foire, du factice et du toc, que l'on ressent entre deux attractions, quand le spectateur est dans les coulisses du th&eacute;&acirc;tre, c&ocirc;toie les peluches g&eacute;antes de Mickey et de Pluto et se gave de pop-corn et de Coca-Cola. Le voyage dans le pass&eacute; ou dans le futur ne commence qu&#146;avec l&#146;attraction ; le temps adh&egrave;re alors au lieu, le temps d&#146;une courte terreur, d'un d&eacute;licieux frisson ou d'une irr&eacute;pressible peur.<BR> Sublime parfois : ce mot qui d&eacute;signait un sentiment d'inqui&eacute;tante et affolante panique du voyageur alpestre du XVIIIe si&egrave;cle au bord de l'ab&icirc;me, s'applique parfois ici dans ces lieux paradoxaux, &agrave; qui sait ou peut - comme les enfants - s'abandonner &agrave; l&#146;ivresse des sens et &agrave; la fascination des apparences. Le premier niveau d'appr&eacute;hension d'Eurodisney implique le d&eacute;cor et ses &eacute;vocations exotiques ou futuristes, suppose un transport virtuel du visiteur, un aller-et-retour entre l'ici et le l&agrave;-bas, succession d'instants envo&ucirc;tants et de d&eacute;grisements brutaux, de moments d&eacute;cevants et de qu&ecirc;tes de sensations. Voyage litt&eacute;ral donc &agrave; la mesure des d&eacute;cors artificiels, des figurants costum&eacute;s et des effets d'op&eacute;rette, mais vraies sensations de d&eacute;paysement et authentiques plaisirs du visiteur, m&ecirc;me s'ils sont souvent convenus. <H4>   <A HREF="#haut">[R] </A><A NAME="sen">Sensations successives : l'effet   jardin</A> </H4> <P> Le second niveau d'interpr&eacute;tation du parc tient &agrave; une cr&eacute;ation de lieux et d'ambiances qui, dans chaque temps du parcours d'attraction, emportent le spectateur dans un registre d'&eacute;motions plus ou moins inattendues. Pl&eacute;biscit&eacute; par les plus jeunes, interdit aux femmes enceintes et aux fragiles du coeur, Space Moutain emprunte &agrave; Jules Verne le canon pour voyager vers la lune : vertige garanti dans les profondeurs galactiques. M&ecirc;mes &eacute;motions tr&eacute;pidantes en empruntant le train fou de la mine de Big Thunder Mountain ou en s'abandonnant aux abysses cosmiques de Startours. Le frisson est de rigueur pour ces aventuriers d'un instant, venus de l'Europe enti&egrave;re, pour quelques minutes d'&eacute;motions inoubliables.<BR> Les parcours d'aventures - les pirates des Cara&iuml;bes, Adventure Isle ou la cabane de Robinson - suscitent des effrois un peu plus temp&eacute;r&eacute;s que les vertiges de la vitesse et dans des d&eacute;cors exotiques historiquement dat&eacute;s. Sur l'itin&eacute;raire de l&#146;Ile au tr&eacute;sor, le public n'est pas convi&eacute; &agrave; une promenade touristique, mais explore r&eacute;ellement des confins inconnus entre chutes d'eau assourdissantes, crevasses b&eacute;antes, puits sans fond et squelettes encha&icirc;n&eacute;s. Au cours du voyage chez les pirates des Cara&iuml;bes, la bataille fait vraiment rage : les boulets de canon pleuvent autour des barques et les incendies d&eacute;vorent les fortins conquis ; ici on vend aux ench&egrave;res de jeunes captives et l&agrave; les boucaniers comptent leurs butins somptueux.<BR> Effac&eacute;e au cours du temps de l'attente, la s&eacute;paration entre sc&egrave;ne et spectacle est r&eacute;tablie dans de courts itin&eacute;raires remarquables de r&eacute;alisme et toujours riches d'effets sp&eacute;ciaux. Dans le Manoir hant&eacute;, lugubre demeure grise dominant la rivi&egrave;re du Far-West, le visiteur voit soudain les murs s'&eacute;tirer et les tableaux s'allonger. Il s'enfonce alors dans les t&eacute;n&egrave;bres &agrave; bord de petits v&eacute;hicules noirs comme des insectes macabres, qui vont le porter dans un univers d'hallucinations atroces. La rapide succession au cours de la journ&eacute;e de ces courtes et fortes exp&eacute;riences n'est pas sans rappeler les parcours des vrais jardins comme les bosquets de Versailles ou les parcs de Bagatelle ou des Buttes-Chaumont : pelouses lumineuses et sereines, grottes sombres, visqueuses et froides, labyrinthes angoissants, cascades pittoresques, etc. Surprises, enchantements, d&eacute;lices : autant d'&eacute;motions que l'amateur de jardins attend de ces lieux faits pour et par les sens.<BR> Au second niveau de perception du site, Disneyland fonctionne donc comme un vaste jardin ponctu&eacute; de lieux de sensations plus ou moins fortes. Il illustre des paysages de l'&eacute;pop&eacute;e am&eacute;ricaine, des contes de la vieille Europe et les fictions du troisi&egrave;me mill&eacute;naire. En reliant le pass&eacute; et le futur, l'ancien et le nouveau continent, le parc se pr&eacute;sente plut&ocirc;t comme un lieu symbolique de c&eacute;l&eacute;bration interculturelle. A l'am&eacute;ricaine : Parade Disney conclut chaque journ&eacute;e par une apoth&eacute;ose musicale et visuelle sous les yeux enchant&eacute;s d'un public combl&eacute;. Certes il s'agit d'un divertissement de masse et sa popularit&eacute; le disqualifie aux yeux des esth&egrave;tes. Fabriqu&eacute; pour et par l'imagination, il appartient bien &agrave; l'univers du jardin, mais &agrave; un univers r&eacute;volu : celui o&ugrave; ces petits paradis dans les parcs des demeures aristocratiques &eacute;taient peupl&eacute;s d'automates et de figures surprenantes faites pour &eacute;merveiller. <H4>   <A HREF="#haut">[R] </A><A NAME="dis">Disneyland : un paysage contemporain</A> </H4> <P> Relation sensible &agrave; l'espace et &agrave; la nature, l&#146;id&eacute;e de paysage passe n&eacute;cessairement par le regard sur les espaces et les objets qui le composent. Leur donnant qualit&eacute;s et valeurs esth&eacute;tiques et symboliques, elle fait passer des faits de nature ou de soci&eacute;t&eacute; &agrave; des faits de culture ; ceux-ci rel&egrave;vent du go&ucirc;t et &eacute;voluent plus ou moins rapidement selon les modes.<BR> Des faits de nature : l'eau des rivi&egrave;res de Frontierland et les milliers d'arbres plant&eacute;s dans le parc &agrave; la place des champs de betterave de ce morceau de Brie font allusion &agrave; des r&eacute;f&eacute;rents collectifs ; l'eau, par exemple, aux rivi&egrave;res de l'Ouest am&eacute;ricain au moment de la ru&eacute;e vers l'or, le Rio Grande, le Colorado et le Sacramento. Les arbres - le thuya, l'&eacute;pic&eacute;a du Colorado, le s&eacute;quoia - &eacute;voquent autant les for&ecirc;ts d'Am&eacute;rique du Nord que celles d'Europe (le tilleul, l'&eacute;pic&eacute;a de Serbie) ou du Proche Orient (le c&egrave;dre). L'allusion devient m&eacute;tonymique quand elle remplace la for&ecirc;t par l'arbre ou le Canada par le tsuga, ou bien all&eacute;gorique avec le banyan artificiel de 27 m de haut, arbre mythique de l'Asie qui d&eacute;ploie son labyrinthe de racines pour la famille Robinson &agrave; proximit&eacute; de l'&eacute;pave cass&eacute;e du bateau naufrag&eacute;.<BR> Un fait architectural : le ch&acirc;teau de la Belle-au-Bois-Dormant, orn&eacute; de seize tourelles bleues et or surmont&eacute;es d'oriflammes et de girouettes appara&icirc;t comme un hybride fantaisiste inspir&eacute; des contes de Perrault et des enluminures moyen&acirc;geuses des fr&egrave;res Limbourg. Mais c'est un authentique d&eacute;cor de 45 m, qui h&eacute;berge dans ses souterrains un vrai-faux dragon de deux tonnes. Le conte est &agrave; port&eacute;e imm&eacute;diate d'imagination : la belle Aurore, endormie par l&#146;ignoble f&eacute;e Mal&eacute;fice attend, quelque part, le baiser du Prince.<BR> Le parc Disney offre ainsi des voyages imaginaires par des effets successifs de sas qui mettent le visiteur en situation de spectateur, statut qui n'est pas inn&eacute; ! La p&eacute;n&eacute;tration sur le site se fait par un d&eacute;dale de couloirs et de tapis roulants qui sont d&eacute;j&agrave; des rites oblig&eacute;s de passage. Le franchissement individualis&eacute; des billetteries donne acc&egrave;s &agrave; l'&icirc;le enchant&eacute;e par Main Street qui prend alors valeur de cadre initiatique. Mais l'espace du choix de l'attraction, de la consommation et de la foule n'est qu'une antichambre, un forum d'acc&egrave;s aux attractions, un temps d'h&eacute;sitation avant ou de d&eacute;tente apr&egrave;s, puis vient le moment de l'attente patiente, du supplice accept&eacute; : troisi&egrave;me sas o&ugrave; la tension monte comme avant l'ouverture retard&eacute;e du rideau de th&eacute;&acirc;tre. Sage entre les barri&egrave;res, le spectateur en pr&eacute;paration piaffe int&eacute;rieurement. Il est &agrave; point. L'espace-temps de la repr&eacute;sentation est alors une plong&eacute;e dans un r&eacute;el au del&agrave; du r&eacute;el : l'initi&eacute; en ressort pantelant, &eacute;mu ou d&eacute;&ccedil;u. <H4>   <A HREF="#haut">[R] </A><A NAME="fin">Fin de l'imp&eacute;rialisme du   regard</A> </H4> <P> Ce que les contemporains cultiv&eacute;s de Poussin, Turner, Corot, Pissaro ou C&eacute;zanne &eacute;prouvaient devant les paysages de ces peintres, les visiteurs de Disneyland le ressentent sans doute, en partie, au cours de chaque attraction. En effet, les promoteurs du parc qui ne proposent aucune allusion &agrave; des mythologies antiques ou &agrave; des genres picturaux ont choisi leurs r&eacute;f&eacute;rents imaginaires dans l'univers f&eacute;cond des mythes am&eacute;ricains, des contes et l&eacute;gendes europ&eacute;ens ou orientaux et des utopies futuristes. A la place des images classiques, picturales ou litt&eacute;raires, les promoteurs ont produit le parc comme une succession d'espaces-temps &agrave; quatre dimensions, comparable &agrave; une promenade libre dans un vrai jardin. Le visiteur compose lui-m&ecirc;me son menu selon ses go&ucirc;ts et repart avec un &eacute;chantillon personnalis&eacute; du parc.<BR> C'est &agrave; ce titre que Disneyland rel&egrave;ve bien de la notion contemporaine de paysage. Il est un territoire o&ugrave; s'&eacute;changent, sur un march&eacute; de biens symboliques, des services essentiels : ceux de la jouissance imm&eacute;diate, concentr&eacute;e et diversifi&eacute;e du sens des formes donn&eacute;es &agrave; percevoir. Formes visuelles certes, mais aussi sonores et tactiles.<BR> L'invention d&#146;univers multisensoriels o&ugrave; le regard n'est plus despotique et o&ugrave; les autres sens concourent &agrave; produire les &eacute;motions est une mutation remarquable dans les pratiques actuelles du loisir de masse. Les sons, les odeurs et les sensations tactiles jouent un r&ocirc;le capital pour cr&eacute;er, &agrave; partir d&#146;ambiances voulues, des espaces imaginaires. Le corps sensible, &agrave; nouveau en possession de toutes ses facult&eacute;s pour r&eacute;agir au monde ambiant et s'y red&eacute;finir, n'est plus amput&eacute; par la dictature du regard. En ce sens, l'apport des parcs d'attraction comme Disneyland Paris est irrempla&ccedil;able pour la culture populaire contemporaine, mais n'est pas in&eacute;puisable. <P> <A HREF="#haut">[R]</A> <IMG SRC="images/edbleu4.gif" WIDTH="84" HEIGHT="61"     > <P>   <HR> <A href="pa.htm"><IMG align="bottom" alt="vers la page d'accueil du courrier de l'environnement de l'inra"     SRC="images/paccrou.gif"></A> <P> <P> </BODY></HTML> 
