<html> <head> <title>Fum&eacute;e et miroirs par Neil Gaiman</title> <meta http-equiv="Content-Type" content="text/html; charset=iso-8859-1"> <script type="text/javascript">  if (document.location==top.location){ self.location=("http://www.pastis.org/jade/cgi-bin/reframe.pl?"+document.location); } </script> <script type="text/javascript"> function ouvrirPopup(lien, largeur, hauteur) { window.open(lien, "_blank","width="+largeur+",height="+hauteur+",scrollbars=auto, resizable=yes"); } </script> <STYLE TYPE="text/css"> BODY { scrollbar-face-color: #990000;  scrollbar-shadow-color: #000000; scrollbar-highlight-color: #FFCC99; scrollbar-3dlight-color: #000000;  scrollbar-darkshadow-color: #000000;  scrollbar-track-color: #FFCC99;  scrollbar-arrow-color: #FFCC99; } </STYLE> </head>  <body bgcolor="#FFFFFF" text="#000000" link="#660000" vlink="#CCCCCC" alink="#999999" leftmargin="0" topmargin="0" marginwidth="0" marginheight="0" background="../novembre/rhony_bie3.gif"> <table width="60%" border="0" cellspacing="0" cellpadding="3" align="center">   <tr>      <td width="10" bgcolor="#CCCCCC">&nbsp;</td>     <td width="60%" align="center" valign="middle" height="5" bgcolor="#CCCCCC">        <p><font size="2" face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" color="#FFFFFF"><b>Miroirs          et fum&eacute;e par Neil Gaiman</b></font></p>     </td>     <td width="10" bgcolor="#CCCCCC">&nbsp;</td>   </tr>   <tr>      <td width="5" bgcolor="#CCCCCC">&nbsp;</td>     <td width="100%" align="left" valign="top" bgcolor="#FFFFFF">        <p align="left"><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size=2 color="#000000"><b><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="1"><b><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">Neil          Gaiman est surtout connu pour les sc&eacute;narios de sa s&eacute;rie          de comics <i>The sandman</i> publi&eacute;s par DC comics au cours des          ann&eacute;es 1990. M&ecirc;lant po&eacute;sie, fantastique et mythologie,          avec des qualit&eacute; d&eacute;criture et une science de la construction          narrative peu commune, Sandman en a fait lun des sc&eacute;naristes de          comics les plus importants de la fin du XX &egrave;me si&egrave;cle, l&eacute;quivalent          dun Alan Moore, dont la reprise chez DC de la s&eacute;rie <i>Swamp Thing</i>          avait marqu&eacute; le d&eacute;but des ann&eacute;es 1980.</font></b></font></b></font>        </p>       <p><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2"><img src="gaiman.jpg" width="200" height="307" align="left">Les          &eacute;ditions Au diable vauvert nous livrent sous une belle couverture          partiellement vernie, &agrave; langlo-saxonne, ce recueil de trente nouvelles          de Neil Gaiman, parus en anglais en 1998. D&eacute;butant par une introduction          dune quarantaine de pages, qui contient une nouvelle, <b><i>Miroirs et          fum&eacute;e</i> </b> se pr&eacute;sente comme une compilation de textes          &eacute;crits sur une quinzaine dann&eacute;es. Alternant nouvelles publi&eacute;es          dans des anthologies de litt&eacute;rature de genre (fantastique bien          s&ucirc;r, mais &eacute;galement science fiction et &eacute;rotisme) et          textes tr&egrave;s courts &eacute;crits sous forme po&eacute;tique, le          recueil soffre &agrave; la lecture dune mani&egrave;re simple et spontan&eacute;e,          comme sencha&icirc;nent les histoires qui se racontent autour du feu.          Neil Gaiman ouvre le recueil avec<i> <b>Le cadeau de mariage</b></i>,          texte quil aurait &eacute;crit comme pr&eacute;sent de noces mais quil          naurait pas os&eacute; remettre en raison de sa connotation trop n&eacute;gative.          Le jour de leur mariage, Gordon et Belinda re&ccedil;oivent, entre autres          cadeaux, une enveloppe contenant un texte intitul&eacute; "&nbsp;le mariage          de Gordon et Belinda.&nbsp;" Leur union suit un cours idyllique, mais          un jour ils ouvrent lenveloppe et commencent &agrave; lire le texte,          qui raconte la dislocation de leur couple. Choqu&eacute;s, ils rangent          lenveloppe, leur mariage continue &agrave; rayonner. Pourtant, de temps          en temps ils ne peuvent pas semp&ecirc;cher daller jeter un coup doeil          au texte, qui continue &agrave; raconter comment leur union se d&eacute;lite.          Dans la r&eacute;alit&eacute;, la carri&egrave;re professionnelle de Gordon          est brillante, Belinda est une femme combl&eacute;e, dans la fiction Gordon          est au ch&ocirc;mage, Belinda est frustr&eacute;e et d&eacute;pressive...          Lunivers imaginaire sav&egrave;re donc &ecirc;tre un catalyseur du quotidien,          dont il grossirait les imperfections. La fiction se nourrissant non pas          ce qui se trouve de lautre c&ocirc;t&eacute; du miroir, mais ce qui sy          refl&egrave;te et que nous pr&eacute;f&eacute;rerions ne pas voir, comme          finit par le comprendre Belinda : <i>"&nbsp;cest le mariage que nous          ne vivons pas. Les malheurs se produisent l&agrave;-bas, sur la page,          et non ici, dans notre vie. Au lieu de vivre cela, nous le lisons, en          sachant que &ccedil;a aurait pu se d&eacute;rouler de cette fa&ccedil;on-l&agrave;          et aussi que &ccedil;a nest pas arriv&eacute;.&nbsp;"</i> </font></p>       <p><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2">Le second texte, <b><i>Chevalerie</i></b>,          nous raconte comment Mrs Withaker, veuve retrait&eacute;e, acquiert le          Saint Graal pour 30 pences dans un d&eacute;p&ocirc;t-vente. Aux id&eacute;aux          chevaleresques qui animent Galaad, venu qu&eacute;rir le calice sacr&eacute;          aupr&egrave;s delle, elle r&eacute;pond avec ses valeurs de savoir-vivre,          de politesse et de bon sens. Le Saint Graal fait bien sur la chemin&eacute;e.          Point. Gaiman joue avec les mythes, quil samuse &agrave; retourner,          comme on le ferait avec un scarab&eacute;e. Ce qui sagite en dessous          est peut-&ecirc;tre moins fascinant, mais tout aussi myst&eacute;rieux          et inqui&eacute;tant. Le 24 d&eacute;cembre au soir, le p&egrave;re No&euml;l          se retrouve ainsi condamn&eacute; &agrave; aller distribuer des cadeaux          ; les diables des boites &agrave; jouet racontent aux enfants des choses          quils ne devraient pas savoir et qui les traumatisent &agrave; vie ;          <b><i>Le balayeur de r&ecirc;ves</i></b> parle peu, rien ne lint&eacute;resse          en dehors des pronostics de sports, mais ne le m&eacute;prisez pas, rester          aimables avec lui o&ugrave; vous finirez la bouche qui tremble et les          yeux fixes comme tous ceux quils ne visite plus, ceux qui vivent chaque          jour dans les rebuts de leurs r&ecirc;ves.</font></p>       <p><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2">Constitu&eacute;e          de formes grammaticales br&egrave;ves, l&eacute;criture de Gaiman donne          une texture sensible aux mythes auxquels il rend hommage, son fantastique          ancr&eacute; dans le quotidien est souvent cr&eacute;dible et singulier.          Dans <b><i>Une fin du monde de plus</i></b>, il nous d&eacute;crit le          r&eacute;veil dun loup-garou, au lendemain dune m&eacute;tamorphose          : <i>"&nbsp;Jai vomi un liquide jaune, fluide et puant ; (...) et des          doigts. C&eacute;tait des doigts plut&ocirc;t menus et p&acirc;les, de          toute &eacute;vidence ceux dun enfant -Merde. Les crampes se sont estomp&eacute;es,          la naus&eacute;e &agrave; recul&eacute;. Je suis rest&eacute; couch&eacute;          par terre avec une bave pestilentielle qui me coulait par la bouche et          par le nez, avec les larmes que lon verse quand on est malade, en train          de s&eacute;cher sur mes joues.&nbsp;"</i> </font></p>       <p><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2">Dune tr&egrave;s          grande force lorsquil donne une relecture moderne de certains contes          populaires auxquels il restitue leur cruaut&eacute; dorigine, comme <b><i>La          route blanche</i></b><i>, <b>La fille des chouettes</b></i> ou limpressionnant          <b><i>Neige, verre et pommes</i></b> -sur lequel je reviendrai- Gaiman          &eacute;choue parfois dans son approche des mythologies modernes. Ses          hommages &agrave; Lovecraft, <i>dans <b>La Sp&eacute;ciale des Shoggoths          &agrave; lancienne</b>, <b>Une fin du monde</b></i>, ne parviennent pas          &agrave; susciter leffroi, peut-&ecirc;tre en raison de leur approche          trop parodique dun style qui se situe d&eacute;j&agrave; &agrave; la          limite de la caricature. Il aurait sans doute &eacute;t&eacute; pr&eacute;f&eacute;rable          d&eacute;carter la plupart des textes po&eacute;tiques, qui affaiblissent          le recueil en le rendant par instant illisible pour des raisons de traduction          (je pense au malheureux <b><i>Le changement de mer</i></b>, ou &agrave;          lintrigant <b><i>Couleurs froides</i></b>). Plusieurs nouvelles, plus          quotidiennes intriguent tout en laissant parfois le lecteur sur sa faim,          peut-&ecirc;tre parce quil sagit de textes trop brefs, et que Gaiman          est moins &agrave; laise lorsquil d&eacute;laisse le fantastique pour          sattacher &agrave; une approche plus r&eacute;aliste. <i>Ainsi <b>Virus</b>,          <b>Saveur</b>, <b>Corps &eacute;trangers</b></i> ou <b><i>Cherchez la          fille</i></b>, qui abordent des th&egrave;mes contemporains, comme les          jeux vid&eacute;os, lali&eacute;nation &agrave; limage, o&ugrave; limplosion          de lidentit&eacute;, paraissent plus timor&eacute;s. </font></p>       <p><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2">Deux textes plus longs,          <b><i>Le bassin aux poissons et autres contes</i></b> et <b><i>Changements</i></b>,          &eacute;voquent avec force lenvers du r&ecirc;ve hollywoodien, pour le          premier, les cons&eacute;quences dune d&eacute;couverte m&eacute;dicale,          pour le second. Antinomiques tant dans leur approche que dans leur forme,          ces deux textes d&eacute;gagent par touches subtiles un insaisissable          sentiment de m&eacute;lancolie. Invit&eacute; par un producteur dans <b><i>Le          bassin aux poissons</i></b> -dinspiration autobiographique- Gaiman se          retrouve dans la position de l&eacute;crivain Barton Fink du film des          fr&egrave;res Coen, &agrave; devoir &eacute;crire les versions successives          dun script dont plus personne ne veut. Livr&eacute; &agrave; lui-m&ecirc;me          d&egrave;s les premi&egrave;res pages, le narrateur assistera, impuissant,          &agrave; la progressive et inexorable dissipation (cest peut-&ecirc;tre          la nouvelle qui illustre le plus le terme "&nbsp;Fum&eacute;e&nbsp;" du          titre du recueil) de la sympathie hypocrite quon lui avait t&eacute;moign&eacute;          ainsi que de ses r&ecirc;ves de cin&eacute;ma. Creuset dillusions, l&eacute;cran          argent&eacute; nest anim&eacute; que par les fant&ocirc;mes des r&ecirc;ves          que lon a plac&eacute; en lui, comme le souligne la rencontre triste          avec le jardinier de lh&ocirc;tel qui a connu l&acirc;ge dor du cin&eacute;ma          muet, et qui d&eacute;c&egrave;de &agrave; la fin du r&eacute;cit. Se          pr&eacute;sentant sous la forme dun synopsis de roman, dont les grandes          lignes sont &eacute;bauch&eacute;es sans &ecirc;tre d&eacute;taill&eacute;es,          <b><i>Changements</i></b> narre sur un rythme beaucoup plus rapide la          d&eacute;couverte par le professeur Rajit dun traitement du cancer, dont          les effets secondaire provoquent un changement de sexe chez ses utilisateurs.          De la m&eacute;diatisation de son inventeur, transform&eacute; en l&eacute;gende          vivante (le texte commence par un r&eacute;sum&eacute; du film hollywoodien          tir&eacute; de la biographie de Rajit) aux profondes mutations socioculturelles          que cette d&eacute;couverte provoque dans le monde (le changement de sexe          comme mode branch&eacute;e du d&eacute;but du XXI &egrave;me si&egrave;cle),          Gaiman met le doigt sur la vitesse &agrave; laquelle se m&eacute;tamorphose          le monde, soulignant au passage le foss&eacute; qui se creuse entre nos          actes et leurs cons&eacute;quences. A la fin du texte Rajit meurt, seul,          atteint dun cancer. Ses derniers mots nous laissent en suspens entre          le g&acirc;tisme et lillumination. </font></p>       <p><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2">Textes les plus aboutis          du recueil, <b><i>Les myst&egrave;res du meurtre</i></b> et <b><i>Neige,          verre et pommes</i></b>, sattaquent &agrave; deux pierre angulaires de          notre culture, la d&eacute;ch&eacute;ance du paradis, dans un cas, le          conte de Blanche neige dans lautre, quils revisitent de mani&egrave;re          marquante. D&eacute;butant de mani&egrave;re anodine et quasi biographique          (un homme que lon imagine &ecirc;tre Gaiman jeune, est coinc&eacute;          &agrave; Los Angeles &agrave; cause de temp&ecirc;tes a&eacute;riennes),          <i>Les Myst&egrave;res du meurtre</i>, nous fait glisser dune promenade          nocturne un soir dinsomnie &agrave; la cit&eacute; des anges en un tour          de force impressionnant : le narrateur rencontre un clochard, &agrave;          qui il accepte doffrir une cigarette, lhomme veut lui payer, refus,          il insiste pour lui raconter une histoire en d&eacute;dommagement. Lhistoire          d&eacute;bute par : <i>"&nbsp;la premi&egrave;re chose dont je me souviens,          ce fut le verbe. Et le verbe &eacute;tait Dieu. Parfois, quand je suis          vraiment d&eacute;prim&eacute;, je me souviens du bruit du Verbe dans          ma t&ecirc;te, en train de me sculpter, de me fa&ccedil;onner, de me donner          la vie.&nbsp;"</i> Interloqu&eacute;, le narrateur se laisse pourtant          fasciner par lhistoire de lenqu&ecirc;te men&eacute;e par Raguel, lange          de la vengeance, sur le premier meurtre. Gaiman parvient a donner une          impressionnante justesse &agrave; une Cit&eacute; c&eacute;leste quil          &eacute;bauche avec sobri&eacute;t&eacute;, r&eacute;duisant des personnages          et leurs actions a une expression simple, primordiale : <i>"&nbsp;J&eacute;tais          dans une pi&egrave;ce -une pi&egrave;ce en argent- et elle ne contenait          rien, rien dautre que moi.&nbsp;"</i> Style minimal, qui trouve dans          ce contexte dorigine du monde une sensibilit&eacute;&nbsp;fragile, &agrave;          la fois touchante et jubilatoire. Nous voyons s&eacute;baucher dans la          Salle les concepts et les r&eacute;alit&eacute;s qui fa&ccedil;onnent          notre univers, avec une clart&eacute; enfantine qui nest pas sans &eacute;voquer          les travaux du dessinateur Jean Effeil sur le m&ecirc;me th&egrave;me.          Lenqu&ecirc;te, qui d&eacute;couvre le dispositif mis en place par Dieu          pour faire na&icirc;tre la vie, hach&eacute;e par les interruptions du          narrateur, sav&egrave;re palpitante. Si ce n&eacute;tait la mise en          ab&icirc;me finale, qui vient &agrave; mon sens mettre un peu maladroitement          une distance avec le texte, cette tr&egrave;s belle pi&egrave;ce tiendrait          sans trop de peine la comparaison avec certains textes de Borges.</font></p>       <p><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2"><i><b>Neige, verre          et pommes</b></i>, relit Blanche Neige en en inversant la perspective.          La narratrice en est ici la belle-m&egrave;re sorci&egrave;re, qui sav&egrave;re          &ecirc;tre victime de sa belle-fille, goule nocturne &agrave; l&eacute;piderme          p&acirc;le. Apr&egrave;s avoir tu&eacute; son p&egrave;re, la cr&eacute;ature          est mise a mort sur les ordres de la narratrice. Son coeur arrach&eacute;          est suspendu au-dessus dun chaudron, mais il continue &agrave; battre,          tandis que les voyageurs qui traversent la for&ecirc;t disparaissent,          jusquau jour o&ugrave; un prince n&eacute;crophile... Ne basculant jamais          dans la parodie, trait&eacute; avec le s&eacute;rieux et la gravit&eacute;          dun conte, <i>Neige, verre et pommes</i>, sav&egrave;re terrifiant.          Il d&eacute;crit le mal de mani&egrave;re &agrave; la fois crue et elliptique          (voir la mort du moine dans la for&ecirc;t&nbsp;: <i>"&nbsp;Elle lenfourcha          et se nourrit. Ce faisant, un filet de liquide noir&acirc;tre commen&ccedil;a          &agrave; d&eacute;gouliner entre ses jambes...&nbsp;"</i>) tout jouant          avec les r&eacute;f&eacute;rences &agrave; la version moderne (&agrave;          propos de Blanche Neige&nbsp;: <i>"&nbsp;Elle avait les yeux noirs comme          le charbon, noirs comme ses cheveux ; ses l&egrave;vres &eacute;taient          plus rouges que le sang</i>&nbsp;<i>"</i>), &agrave; laquelle il restitue          la dimension sexuelle dont elle avait &eacute;t&eacute; expurg&eacute;e.          Il nest pas question ici dinnocence, mais dapp&eacute;tit -un app&eacute;tit          animal- et de manipulation. Les princes ne sont pas charmants <i>(" Sa          virilit&eacute; se retira de moi. Je tendis la main et la touchai, pauvre          chose visqueuse.&nbsp;"</i>) Et les enfants ne sont pas innocents, comme          le sait bien la sorci&egrave;re, qui a elle-m&ecirc;me us&eacute;&nbsp;de          ses charmes pour s&eacute;duire le roi veuf au d&eacute;but du texte.          Comme dans leur version dorigine (avant quils ne soient r&eacute;&eacute;crits          au 19&egrave;me si&egrave;cle) les contes se terminent mal, et <b><i>Neige,          verre et pommes</i></b> ny coupe pas. Ce texte qui conclut le recueil          est une r&eacute;ussite de Neil Gaiman, qui rend hommage au genre avec          audace et vivacit&eacute;.</font></p>       <p><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2">Auteur &agrave; cheval          entre plusieurs m&eacute;diums (il a &eacute;galement r&eacute;dig&eacute;          des sc&eacute;narios de films, dont plusieurs adaptations de ses comics),          est parfois consid&eacute;r&eacute; comme un cr&eacute;ateur de mythes          contemporains (il est possible que son personnage de <i>Death</i> -la          mort ayant le visage dune jeune punk- lui survive.) Ce recueil, parfois          fragile, le restitue &agrave; une plus juste place : Gaiman est un conteur          &agrave; la sensibilit&eacute; singuli&egrave;re, qui fait passer des          mythes et leur permet de survivre &agrave; notre &eacute;poque. Ses qualit&eacute;s          d&eacute;criture sont variables mais son respect dune culture de transmission          orale, populaire et vivante sont intactes et sinc&egrave;res. Elles font          de lui une voix &agrave; suivre parmi les auteurs de langue anglo-saxonne          dont les oeuvres nous parviennent sous des formes de plus en plus diverses.<br>         </font><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2" color="#000000"><b>LT.</b></font></p>       <p align="right"><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="1"><b><font color="#999999">          <i>Miroirs et fum&eacute;e</i> | </font><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="1"><b><font color="#999999">Neil          Gaiman</font></b></font><br>         <font color="#999999"> 448 pages 85 FF / 12,95 E | ISBN 2-84626-007-9          <br>         &eacute;ditions Au diable vauvert<br>         un <a href="http://www.januarymagazine.com/profiles/gaiman.html" target="_blank">entretien</a>          avec Neil Gaiman (en englais) | son <a href="http://www.neilgaiman.com/" target="_blank">site</a></font></b></font></p>       </td>     <td width="5" bgcolor="#CCCCCC">&nbsp;</td>   </tr>   <tr>      <td width="5" bgcolor="#CCCCCC">&nbsp;</td>     <td width="60%" align="left" valign="top" bgcolor="#CCCCCC" height="5">&nbsp;</td>     <td width="5" bgcolor="#CCCCCC">&nbsp;</td>   </tr> </table> <div align="center"><!-- #BeginLibraryItem "/Library/retour.lbi" --><a href="javascript:history.go(-1)"><img src="../fleche.gif" width="56" height="25" border="0"></a><!-- #EndLibraryItem -->  </div> </body> </html> 
