<HTML> <!-- Date de cration: 20/04/2001 --> <HEAD> <META http-equiv="Content-Type" content="text/html; charset=iso-8859-1"> <TITLE>Conte tropical : le Cousin  la mode de Guadeloupe.</TITLE> <META NAME="Description" CONTENT="Comment Casimir devint mon cousin aux approches de la soixantaine."> <META NAME="Keywords" CONTENT="amiti,gnrosit,fidlit"> <META NAME="Author" CONTENT="Paul MOMBELLI"> <META NAME="Generator" CONTENT="WebExpert 2000"> </HEAD> <BODY BGCOLOR="#CCE100" TEXT="#000000" LINK="#0000FF" VLINK="#800080" ALINK="#FF0000" STYLE="scrollbar-base-color:#009900;scrollbar-arrow-color:#99FF66;scrollbar-highlight-color:#66CC66;scrollbar-shadow-color:#FFFFCC;scrollbar-dark-shadow-color:#663300"> <img src="images/caloucontes.gif" border="0" width="269" height="48" alt="La libre littrature franaise des Amriques"> <script language="JavaScript1.1"> <!-- hsh = new Date(); hsd = document; hsi = '<a href="http://www.xiti.com/xiti.asp?s=30130"'; hsi += ' TARGET="_top"><img width="39" height="25" border=0 '; hsi += 'src="http://logv6.xiti.com/hit.xiti?s=30130'; hsi += '&p='; hsi += '&hl=' + hsh.getHours() + 'x' + hsh.getMinutes() + 'x' + hsh.getSeconds(); if(parseFloat(navigator.appVersion)>=4) {Xiti_s=screen;hsi += '&r=' + Xiti_s.width + 'x' + Xiti_s.height + 'x' + Xiti_s.pixelDepth + 'x' + Xiti_s.colorDepth;} hsd.writeln(hsi + '&ref=' + hsd.referrer.replace('&', '$') + '" title="Mesurez votre audience"></a>'); //--> </script> <noscript> <a href="http://www.xiti.com/xiti.asp?s=30130" TARGET="_top"><img width="39" height="25" border=0 src="http://logv6.xiti.com/hit.xiti?s=30130&p=&" title="Mesurez votre audience"></a> </noscript> <HR SIZE=3 WIDTH=100%> <BR> <BR> <br> <br> <br> <DIV ALIGN="center"><FONT FACE="Georgia" SIZE="7"><B><I>Un cousin  la mode de Guadeloupe</I></B></FONT></DIV>. <BR> <BR> <BR> <FONT FACE="Georgia" SIZE="4"><I>Gnreux pays que cette merveilleuse Guadeloupe ! En plus de son climat tropical bien tempr, de ses plages si varies mais toujours belles, de ses beauts naturelles, minrales et vgtales, elle vous offre galement des parents supplmentaires, des cousins tropicaux beaucoup plus bronzs que vous ne le serez jamais.<BR> <BR> Casimir est maon, un adepte de la maonnerie traditionnelle comme on n'en trouve plus en Mtropole. Ici, on sait encore vous btir un cadre de porte sans pr-cadre ! Il est venu chez nous, avec son beau-frre, pour construire le gros uvre de notre premier bungalow, celui que l'on rserve aux parents et aux amis de passage. Il faisait bien chaud pour travailler au soleil, quand l'astre tait dj haut dans le ciel. Patricia, mon pouse, leur donnait  chacun une bouteille d'eau glace dans le conglateur, qui leur servait de source d'eau frache pendant toute la journe. Bien peu de chose, en somme. Un peu d'eau, un peu d'attention pour penser  la mettre  refroidir la veille... C'tait aussi l'occasion de leur dire bonjour et quelques mots gentils, ce qui n'est pas difficile avec des gens si aimables !<BR> <BR>  mon tour, je venais leur dire bonjour et discuter quelques instants avec eux. Casimir est le sourire fait homme, mais sa pratique quotidienne du crole et son fort accent local, rendait nos conversations difficiles. Finalement, nous changions plus de sourires que de paroles et ce n'tait pas plus mal, les mots ont si peu d'importance, les sourires sont beaucoup plus prcieux.<BR>  <BR> En milieu de journe, Patricia leur offrait une boisson en bouteille, jamais d'alcool car le Guadeloupen est sobre pendant son labeur. Il est vrai que le soleil ne pardonnerait pas un cart de ce ct. Et puis le Ti-punch est rserv aux soires, quand la temprature s'est un peu rafrachie et que l'on se retrouve entre amis. Ces quelques bouteilles taient encore bien peu de chose, pour des gens qui donnaient leur sueur sans compter pour que le bungalow soit prt dans les dlais, pour qu'il soit bien ralis et qu'il soit un objet de fiert pour eux et pour nous.<BR> <BR> Casimir ne voulant pas tre en reste, devant ses petites attentions quotidiennes de Patricia, commena  lui apporter des fruits et des lgumes de son jardin. Des choses bizarres que l'on ne savait pas par quel bout prendre et d'autres dlicieuses dont le mode d'emploi tait plus vident.<BR>  Un cadeau en appelle un autre et Patricia guetta les occasions pour en offrir  son tour, avec un prtexte qui permettait d'viter de transformer l'opration en un troc sordide : tu me donnes un beau fruit que tu as cultiv avec amour et moi je te donne, en change, un vilain petit produit manufactur qui encombre les gondoles des Super-marchs. <BR> Les bons indignes apportent des fruits et des lgumes frais, plein de vitamines,  l'explorateur blanc, qui leur donne en retour quelques poignes de verroteries qu'il a apportes pour cet usage.<BR>  <BR> Peu  peu, la prsence de ces deux hommes discrets et amicaux, sur notre territoire intime, nous tait devenue coutumire. Peu  peu, les rares mots changs nous les avaient rendus plus familiers. Ce n'taient plus simplement des maons, mais des pres de famille, avec leurs joies simples et leurs petits problmes.<BR>  Casimir est musicien, maon pour gagner sa vie, trompettiste pour que celle-ci vaille la peine d'tre vcue. Quand sa journe de travail rtribue est acheve, qu'il s'est occup de ses fruits et de ses lgumes, qu'il a soign ses btes et dplac leurs piquets, alors il joue de la trompette et son me s'envole. Certes, il vit dans une le paradisiaque, certes, il a une femme adorable et de beaux enfants qui ne lui donnent pas de gros soucis, mais qu'il est bon de s'vader quand mme, de temps en temps, sur un air de mambo ou de bolro. Car Casimir n'est pas un adepte du Zouk ou des rythmes modernes, c'est un amateur de musique traditionnelle.<BR>  Que la vie serait belle alors, si ce nouveau dentier ne le gnait pas pour mettre ses notes. C'est que la trompette est un instrument difficile, ce n'est pas une bote pleine de notes, comme un piano, il faut les fabriquer ces notes, les crer avec ses lvres, sa bouche, son thorax et la colonne d'air qu'il renferme. Et au milieu de tout cela il y a les dents. Ces vieilles dents n'taient pas trs belles, mais elles s'taient habitues  sa musique. Par contre, les nouvelles, les toutes neuves, elles sont l o il ne faut pas, quand il ne faut pas, et Casimir est malheureux de ne plus matriser son instrument aussi parfaitement qu'avant. Parfois, il parle d'arrter de jouer, mais le vent peut-il cesser de souffler sur le morne Montmain, d'o, par temps trs, trs clair, on peut voir l'Afrique ? <BR> Malgr ce lger handicap, Casimir nous invita un soir  venir l'entendre jouer dans un bal, ce que nous acceptmes avec joie. Nous tions curieux d'entendre notre amical maon s'exprimer dans son art.<BR> <BR>  vingt heures trente, nous voil entrant dans la grande salle du collge de Sainte-Anne, transforme en salle de bal pour la circonstance. Le bal se donnait au profit de l'association Renaissance, qui s'occupe des personnes du troisime ge de la commune, ce qui nous garantissait une soire paisible. Et l, surprise ! Au lieu du petit orchestre minable, que l'on attendait, nous dcouvrmes une superbe formation de douze musiciens. Deux trompettes, Casimir et son fils cadet, un saxophone tnor, deux guitares lectriques, un synthtiseur, un accordon, trois percussions, deux chanteurs participant galement  la rythmique. Et tout cela sonnait merveilleusement bien, peut-tre un peu fort  la place d'honneur o nous tions assis avec Sylvie, l'pouse de Casimir - juste devant les baffles - mais il ne faut pas bouder son plaisir !<BR> <BR> Le rpertoire guadeloupen traditionnel dfila tout au long de la soire, en partie compos de morceaux faisant appel aux cuivres (bguines, mazurka, tango et autres rythmes cubains...), en partie compos de quadrilles, qui se jouent sans cuivre, mais avec l'accordon. <BR> Le quadrille est sans doute un hritage de l'poque des plantations, on la retrouve chez les Cajuns qui l'ont conserv de la mme poque. Cette danse se droule suivant un crmonial organis par un chanteur (plutt un hurleur) et met en scne des groupes de huit danseurs excutant une sorte de mimodrame.<BR> Naturellement, le public n'tait pas trs jeune, organisation oblige. Les dames, souvent en costumes traditionnels, s'excutaient avec beaucoup de grce et de srieux. Les hommes, en pantalons noirs et chemises blanches, avaient un peu plus d'exubrance et de gat. Ces attitudes contrastes refltaient bien la civilisation du " poteau mitan " qui a encore de beaux jours  vivre sur l'le.<BR> <BR> Tout au long de la soire, notre ami Casimir n'avait d'yeux que pour nous, s'inquitant sans cesse de notre bien-tre et de nos apprciations sur sa musique. Nous emes aucun mal  le rassurer, car nous tions rellement sduits. <BR>   une heure et demie, du matin, nous nous sparmes de la famille de Casimir, lequel dans un lan de lyrisme spontan, nous dclara avec motion que nous tions dsormais parents. Des cousins, tiens oui, des cousins ! <BR> Nous voil donc nantis de cousins guadeloupens, nous qui avons laiss toute notre famille sur l'autre rive de l'Atlantique. Mais ce n'est pas tout d'avoir des cousins, encore faut-il que nous connaissions le reste de la famille, les amis, les voisins, et que nous soyons connus d'eux. Une occasion devait se prsenter assez rapidement : l'anniversaire de Casimir. <BR> <BR> Ah, l'anniversaire de Casimir, quelle fte ! S'il y a une chose que les Antillais savent bien faire, c'est recevoir. Ils le font avec simplicit, avec gnrosit et avec beaucoup de chaleur humaine. <BR> Patricia et moi tions un peu tendus, comment le reste de la proche famille de Casimir et de Sylvie allait nous recevoir ? La fille ane, le fils an, que nous ne connaissions pas encore - le cadet des garons, joueur de trompette nous tant dj familier - et la fille d'avant le mariage, dont nous ignorions mme l'existence jusqu'ici Les amis, les voisins, dans le fond, on s'en moquait un peu, mais les enfants, les petits-enfants, tous ces petits-cousins que nous ne connaissions pas encore !<BR> <BR> La rponse vint trs vite, avec une simplicit lumineuse, le cercle de famille s'largit tout naturellement pour nous laisser notre place, nous tions les cousins de Casimir et de Sylvie, la chose tait indiscutable, nous tions donc galement parents avec leurs enfants. Quelques heures plus tard, on nous aurait bien tonns en mettant en doute, devant nous, cette parent si rcente. L'accueil de tous avait t si naturel ! Bonjour cousins, on s'embrasse et tout est dit.<BR> Pour les voisins et les amis, les choses n'taient sans doute pas aussi simples. Des cousins aussi clairs de peau ! Des Mtros, en plus ! Ce que nous nous dfendons d'tre, puisque nous ne sommes pas de passage, nous sommes revenus au pays pour y vivre et pour y mourir. Mais qui parle de mourir quand des Guadeloupens dansent et boivent du rhum pour fter l'anniversaire de ce brave Casimir, notre cousin de Guadeloupe, que tous aiment comme nous l'aimons ?<BR> <BR> <BR> <A HREF="index.html" target="_top">Retour  la page d'accueil</A><BR> <br> <br> <A HREF="http://www.caloucaera.net/index.html" target="_top">Retour au Site Portail</A><BR> </i></font> </BODY> </HTML> 
