<HTML> <HEAD>    <TITLE>Grroaaar !</TITLE>    <X-SAS-WINDOW TOP=0 BOTTOM=457 LEFT=0 RIGHT=785> <META content="text/html; charset=windows-1252"     http-equiv=Content-Type> </HEAD> <BODY BGCOLOR="#FFFFFF" LINK="#000000" VLINK="#C0C0C0">  <P ALIGN=RIGHT><FONT SIZE="-2" FACE="Abadi MT Condensed Extra Bold" COLOR="#000000">Cahier pour l'Analyse filmique de s&eacute;miologie structurante</FONT></P>  <P ALIGN=RIGHT><FONT SIZE="-2" FACE="Abadi MT Condensed Extra Bold" COLOR="#000000">(&copy; tous droits r&eacute;serv&eacute;s)</FONT> </P>  <P><FONT SIZE="+3" FACE="Garamond" COLOR="#D6D600"> <HR SIZE="4" NOSHADE> </FONT></P>  <P><FONT SIZE="+4" FACE="Garamond" COLOR="#D6D600">#</FONT><FONT SIZE="+4" FACE="Garamond" COLOR="#FFFF00"> </FONT><U><FONT SIZE="+4" FACE="Garamond" COLOR="#D6D600">Godzilla contre Casimir</FONT></U> </P>  <P>&nbsp;</P>  <P>&nbsp;</P>  <BLOCKQUOTE><BLOCKQUOTE><P><TABLE BORDER=0 CELLSPACING=0 WIDTH="90%">    <TR>       <TD VALIGN=bottom align="left" WIDTH="30%">          <P><FONT SIZE="+1" FACE="Garamond"><IMG SRC="godz_casi.jpg"          X-SAS-UseImageWidth X-SAS-UseImageHeight          ALIGN=bottom></FONT>       </TD><TD VALIGN=bottom align="left" WIDTH="2%">          <P>&nbsp;       </TD><TD VALIGN=bottom align="left" WIDTH="58%">          <P><FONT SIZE="+1" FACE="Garamond">Jap (1h56).          </FONT><B><FONT SIZE="+1" FACE="Garamond">R&eacute;alisation          et sc&eacute;nario</FONT></B><FONT SIZE="+1"          FACE="Garamond"> : Yapa Foto </FONT><B><FONT SIZE="+1"          FACE="Garamond">Image</FONT></B><FONT SIZE="+1"          FACE="Garamond"> : Floue. </FONT><B><FONT SIZE="+1"          FACE="Garamond">Son</FONT></B><FONT SIZE="+1"          FACE="Garamond"> : Oui. </FONT><B><FONT SIZE="+1"          FACE="Garamond">D&eacute;cors</FONT></B><FONT SIZE="+1"          FACE="Garamond"> : Playmobil System. </FONT><B><FONT          SIZE="+1" FACE="Garamond">Montage</FONT></B><FONT SIZE="+1"          FACE="Garamond"> : Izi Formi. </FONT><B><FONT SIZE="+1"          FACE="Garamond">Avec</FONT></B><FONT SIZE="+1"          FACE="Garamond"> : Prof Sato (Lui-m&ecirc;me), Godzilla (Le          gros l&eacute;zard vert), Casimir (Le grand niais en          orange), Michel Galabru (l'agent de police). </FONT><B><FONT          SIZE="+1" FACE="Garamond">Prod.</FONT></B><FONT SIZE="+1"          FACE="Garamond"> : Tojo Films </FONT><B><FONT SIZE="+1"          FACE="Garamond">Distr.</FONT></B><FONT SIZE="+1"          FACE="Garamond"> : Soulman-Teaux. </FONT>       </TD></TR> </TABLE></P>  <P>&nbsp;</P>  <P><FONT SIZE="+1" FACE="Garamond">L'un des attraits du pr&eacute;c&eacute;dent film de Yapa Foto (</FONT><I><FONT SIZE="+1" FACE="Garamond">Godzilla Contre le Dasein Venu De L'Espace</FONT></I><FONT SIZE="+1" FACE="Garamond">, 1997), et non le moindre, &eacute;tait d'offrir aux regards curieux un Godzilla acteur &agrave; peu pr&egrave;s d&eacute;fait de cette aura mystique dont m&ecirc;me ses ennemis le nimbent. Godzilla ainsi dirig&eacute;, naturalis&eacute;, finalement humanis&eacute;, nous touchait plus ou autrement que lors des trop rares apparitions &agrave; la t&eacute;l&eacute;vision, tirant souvent vers un burlesque gestuel, dont il nous gratifia dans les nombreux films o&ugrave; il latte des cloportes mutants &agrave; tour de bras. Vu par en dessous, parce qu'il est pas mal grand, Godzilla pr&ecirc;tait sa voix &agrave; un beau texte de Michel Sardou, avant de montrer qu'il avait, parfois, la t&ecirc;te pr&egrave;s du bonnet (par exemple quand il d&eacute;truit Tokyo &agrave; cause du poil &agrave; gratter que le professeur Sato a mis dans ses pantoufles). Nous &eacute;tions donc de la m&ecirc;me plan&egrave;te que lui. </FONT></P>  <P><FONT SIZE="+1" FACE="Garamond">Yapa Foto fait lui-m&ecirc;me la liaison avec l'oeuvre post&eacute;rieure. Juste avant le g&eacute;n&eacute;rique final, il annonce &#171; Godzilla Vs Casimir, The Revenge ! &#187; et encourage les gens &agrave; r&eacute;server leurs places tout de suite. L'effet feuilleton est garanti par la pr&eacute;sence de Godzilla, m&ecirc;me s'il se se bat cette fois contre Casimir, qui lui essaie d'obtenir un visa de sortie du territoire. Dans le r&ocirc;le du scientifique largu&eacute; qui d&eacute;couvre la th&eacute;orie du si&egrave;cle avec un bec bunsen et du papier tue-mouches, Tournesol est ici relay&eacute; par Sato. La nouveaut&eacute;, c'est que Sato n'attend pas que la moiti&eacute; de la population soit d&eacute;cim&eacute;e pour se dire &#171; il faut faire quelque chose &#187;. Il articule lentement et expose ses projets d&egrave;s les premi&egrave;res minutes du film (alors que Godzilla roupille encore sagement au fond de sa fosse oc&eacute;anique). </FONT></P>  <P><FONT SIZE="+1" FACE="Garamond">Mani&egrave;re aussi de porter, d'assumer de la voix et du corps ce sujet qui lui est ici plus cher que jamais : la parole. La parole fait l'humain. Son usage particulier par chacun d&eacute;finit ici quatre personnages. Celui de Sato, anonyme, &eacute;nonce clair et d&eacute;li&eacute;, tel Jean-Pierre Gaillard &acirc;nnonant les cours de la Bourse. Belle voix blanche et raisonn&eacute;e, grain net, diction parfaite, rare au cin&eacute;ma (au th&eacute;&acirc;tre, peut-&ecirc;tre - oui, peut-&ecirc;tre, c'est assez fin, ce que je dis, je trouve). Par lui passent beaucoup des citations emprunt&eacute;es &agrave; divers &eacute;crivains et philosophes. La liste en est fournie par le dossier de presse ; ce n'&eacute;tait donc pas du flan, m&ecirc;me si j'ai rien entrav&eacute;. </FONT></P>  <P><FONT SIZE="+1" FACE="Garamond">Godzilla fait ici le rabat-joie grisaille, ronchonne, aplatit des maisons ; son verbe est d&eacute;fensif et fataliste, et ses coups de latte aussi. Toujours sur son dos et le fulguro-poingissant de mani&egrave;re &eacute;hont&eacute;e, Casimir, alias Tim&eacute;e (tr&egrave;s platonicien !), manie d'une voix gourmande une langue plus triviale (du style : &#171; Grosse burne aux yeux brid&eacute;s, tu vas voir comment je vais t'agrandir l'anus &agrave; coups de boule ! &#187;). Et puis au trio marivaudant vient se joindre un quatri&egrave;me larron, d'abord intrus, puis franchement importun et t&ecirc;te de Turc : c'est l'agent de police, marcheur solitaire dont les seuls mots seront longtemps pour demander si les papiers du v&eacute;hicule sont en r&egrave;gle - parole utilitaire.</FONT></P>  <P><FONT SIZE="+1" FACE="Garamond">Tout se joue dans le salon d'un appartement parisien. Enfin non, c'est plut&ocirc;t au Japon, mais la g&eacute;ographie, moi tu sais... Cette petite baston ludique a quelque chose de Rohmer dans sa fa&ccedil;on de prendre au s&eacute;rieux le doublage ex&eacute;crable qui rend les r&eacute;parties &agrave; la fois surprenantes et hors de propos. Et autre chose de Bergman dans la gravit&eacute;, jamais loin d'&ecirc;tre bouffonne, qui s'y installe peu &agrave; peu comme un convive impr&eacute;vu (qui finira par p&eacute;ter &agrave; table et Bergman n'en pourra plus de pouffer). Mais ce cin&eacute;ma-l&agrave;, non contr&ocirc;l&eacute;, fourmillant de maquettes et de figurants sous des d&eacute;guisement en sac poubelle, tient &agrave; rester le plus longtemps qu'il peut dans les salles en b&eacute;n&eacute;ficiant de la bienveillance du public. Les rares fois o&ugrave; Yapa Foto donne l'impression d'avoir r&eacute;ussi une sc&egrave;ne, c'est forc&eacute;ment par hasard. </FONT></P>  <P><FONT SIZE="+1" FACE="Garamond">D'aucuns pr&eacute;tendent que c'est pour signifier, ou insinuer quelque chose. Ce qui est rh&eacute;toriquement habile, quoiqu'un peu &eacute;cul&eacute;. On pense &agrave; ces fameux indices du d&eacute;but du film: Godzilla, assis sur ses chiottes, d&eacute;couvrant qu'il n'y a plus de PQ. Ce qui le rend humain, profondemment autre, cool aussi, un sauvage dans son genre, pas seulement un yorkshire un peu hargneux qui cracherait des ogives nucl&eacute;aires (voir </FONT><I><FONT SIZE="+1" FACE="Garamond">Godzilla contre le kiki &agrave; sa maman</FONT></I><FONT SIZE="+1" FACE="Garamond">). L'autre cinglante image est celle o&ugrave; Casimir et Godzilla jouent &agrave; celui qui rira aura une tapette. L&agrave; se joue tout le film avec ce rire &eacute;norme contenu qui plonge au plus profond de nous, au troisi&egrave;me sous-sol, juste &agrave; c&ocirc;t&eacute; du box de la Part Maudite. L'illusion que Godzilla et Casimir jouent leur propre r&ocirc;le laisse alors place &agrave; cette qu&ecirc;te universelle et douloureuse qui est le nerf du film : la r&eacute;conciliation du geste et de la parole, qui acc&egrave;de &agrave; son apex lorsque Godzilla scande en pi&eacute;tinant une palanqu&eacute;e de niakou&eacute;s &#171; Godzilla t&eacute;l&eacute;phone maison ! &#187;. Joli programme de cin&eacute;ma, finement conclu par le chant si humain du rossignol de Saint-Sa&euml;ns. De la musique apr&egrave;s toute chose. </FONT> </P>  <P>&nbsp;</P>  <P ALIGN=RIGHT><B>&nbsp;</B></P>  <P ALIGN=RIGHT><B>Lasal Obskur</B></P></BLOCKQUOTE>  <P>&nbsp;</P>  <BLOCKQUOTE><P><FONT SIZE="+1" FACE="Garamond"> <HR WIDTH="90%"> </FONT></P>  <BLOCKQUOTE><P><FONT SIZE="+1" FACE="Garamond"><A HREF="../cahier.htm">Analyse</A></FONT><FONT SIZE="+1" FACE="Garamond">| </FONT><FONT SIZE="+1" FACE="Garamond"><A HREF="../../commun.htm">Communication</A></FONT><FONT SIZE="+1" FACE="Garamond"> | </FONT><FONT SIZE="+1" FACE="Garamond"><A HREF="../../index.htm">Case d&eacute;part</A></FONT><FONT SIZE="+1" FACE="Garamond">&nbsp; </FONT></P></BLOCKQUOTE></BLOCKQUOTE></BLOCKQUOTE> </BODY> </HTML> 
