<!DOCTYPE HTML PUBLIC  "-//IETF//DTD HTML//EN"> <HTML> <HEAD>   <TITLE>29</TITLE>   <LINK REV="made" HREF="mailto:webmaster@haitiwebs.com">   <META name="generator" content="Album Express 2.0"> </HEAD>  <Body BGCOLOR="#000000" TEXT="#000000" LINK="#0000FF" VLINK="#800080"> <table width="600" border="0" cellspacing="0" cellpadding="0" align="center">   <tr>        <td height="33"><div align="center"><font size="6" face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif"><b><font color="#ffcc00">M&eacute;moire          de Femmes</font></b></font></div></td>     </tr>     <tr>        <td height="5">          <table width="100%" border="0" cellspacing="0" cellpadding="0">           <tr>              <td height="4" valign="bottom" colspan="3" bgcolor="#FFD000">                <div align="center"><b><img src="http://www.haitiwebs.com/haitiwebs/images/blnk.gif" width="1" height="5"></b></div>             </td>           </tr>         </table>       </td>     </tr>   </table>  <TABLE ALIGN="Center" BORDER="0" WIDTH="600" cellpadding="0" cellspacing="0" bgcolor="#FFFFFF">   <TR><TD ALIGN="Center" VALIGN="top">   <A HREF="28.htm"><IMG SRC="../images/arrowprev.gif" WIDTH="73" HEIGHT="18" BORDER="0" ALT="Previous picture"></A> &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<A HREF="index.htm"><IMG SRC="../images/index.gif" WIDTH="73" HEIGHT="18" BORDER="0" ALT="Index page"></A>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<A HREF="30.htm"><IMG SRC="../images/arrownext.gif" WIDTH="74" HEIGHT="18" BORDER="0" ALT="Next picture"></A><BR> <!--MiddlePage-->    <HR width="600" color="#FFCC00">       <B><font size="4" face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" color="#0000FF">Lumane Casimir</font></B>        <br>       <br>       <table width="600" border="0" cellspacing="10" cellpadding="0">         <tr>           <td width="150" valign="top"><img src="../images/29.jpg" width="150" height="258" border="0" alt="29.jpg (150x258; 7220 bytes)">            </td>           <td width="400" valign="top">             <p>? - ?              <p><i>&#171;Une artiste &agrave; l'expression plus authentiquement                ha&iuml;tienne, membre du Trio Astoria que dirigeait Jacques Nelson,                commence &agrave; &eacute;veiller l'int&eacute;r&ecirc;t. Chez Mme                Ludovic Boucard, rue Lafleur Ducheine, elle vient parfois chanter                et pincer la guitare pour le plaisir de la ma&icirc;tresse de c&eacute;ans                et les passants, intrigu&eacute;s par son timbre &eacute;clatant,                se groupent devant la maison pour l'entendre... C'est l'aurore d'une                c&eacute;l&eacute;brit&eacute; qui bient&ocirc;t conf&eacute;rera                &agrave; la chanteuse Lumane Casimir, <b>premi&egrave;re Ha&iuml;tienne                guitariste,</b> le titre enviable de premi&egrave;re vedette du                chant en Ha&iuml;ti. Aux festivit&eacute;s qui marquent l'inauguration                de la nouvelle ville frontali&egrave;re de Bellad&egrave;re en 1948,                la chanteuse &eacute;meut son auditoire par sa voix bouleversante.                Le succ&egrave;s, durant l'Exposition, des chansons folkloriques                <b>Panama m tonbe, Papa Gede b&egrave;l gason, </b>et <b>Caroline                Acaau, </b>harmonis&eacute;es et orchestr&eacute;es par Antalcidas                Murat du Jazz des Jeunes, et que le chanteur porto-ricain Daniel                Santos divulguera aux quatre coins du continent, lui apportent la                cons&eacute;cration&#187;<sup>(1)</sup>. </i>              <p>              <p>Les rapports sur sa vie confinent si souvent &agrave; la l&eacute;gende                et si peu bavardes nous paraissent, par ailleurs, les traces de                son existence authentique que, n'e&ucirc;t &eacute;t&eacute; le                cr&eacute;dit implicite accord&eacute; &agrave; certaines formes                de t&eacute;moignage, on serait en droit de ne voir en Lumane qu'un                pieux et pur produit d'un mirage collectif. Tr&egrave;s peu de choses                en effet demeurent aujourd'hui d'elle, en dehors de ce qu'elle &eacute;tait                une &#171;paysanne &agrave; la voix d'or&#187; dont les chansons                resteront &#171;<i>dans les m&eacute;moires comme les airs les plus                &eacute;vocateurs des heures d'enchantement de l'Exposition du Bicentenaire</i>&#187;                <sup>(2).</sup> Et malgr&eacute; notre rencontre de certaines personnes                l'ayant un peu connue, et plus souvent vue sur sc&egrave;ne, esquisser                un parcours lin&eacute;aire de Lumane ne peut tenir que d'une r&eacute;elle                gageure qu'apr&egrave;s maintes infructueuses tentatives nous renon&ccedil;ons                humblement &agrave; relever.              <p>Sa guitare sous les bras, elle serait vue &agrave; Port-au-Prince                autour de ses 14 ans, fra&icirc;chement d&eacute;barqu&eacute;e                des Gona&iuml;ves. Menant l'existence typique des artistes fauch&eacute;s,                c'est au Champ de Mars, &agrave; l'un de ces attroupements que ne                manquaient pas de provoquer ses concerts de rue improvis&eacute;s,                qu'elle se serait fait rep&eacute;rer par le peintre Alix Roy qui                s'empresse de l'introduire aupr&egrave;s de sa tante Lina Mathon                Blanchet. Le diagnostic du ma&icirc;tre est imm&eacute;diat : son                talent est incontestable et il ne faut pas plus pour que Lumane                soit aussit&ocirc;t compt&eacute;e de la Troupe de Lina. &#171;Officieusement&#187;,                nous confie l'une de nos sources car, si par ailleurs Lumane tient                sans conteste la sc&egrave;ne avec le fameux Jazz des Jeunes, Lina,                jouant sans nul doute de cet art, si utile aux succ&egrave;s d'&eacute;poque                et si particulier &agrave; elle, de rendre &eacute;tonnament fructueux                le c&ocirc;toiement de mondes de nature diverse et &agrave; priori                antagoniques, la produira dans ses concerts surtout en interm&egrave;de,                accompagn&eacute;e de l'indomptable et impr&eacute;sivible Ti Roro.                Car enfin qui est-elle? De balbutiements et de souvenirs diffus,                il ressort &agrave; peu pr&egrave;s ceci : apparemment de souche                floue et modeste donc par cons&eacute;quent peu int&eacute;ressante                pour un certain milieu, la perception d'elle oscille entre celle                d'une fille de rue et celle, pas plus recommandable, d'une fille                &agrave; vie affective et sentimentale instable &#151; on rapporte,                incidemment, qu'autour de 1949, elle aurait &eacute;pous&eacute;                un nomm&eacute; Jean-Bart mais d'un &eacute;lan et de noces somme                toute de dur&eacute;e br&egrave;ve. On a la certitude qu'elle &eacute;crivait                elle-m&ecirc;me nombre de ses chansons, qu'elle &eacute;tait toujours                &agrave; court d'argent et qu'elle n'arr&ecirc;tait jamais de boire...                On se rappelle tout particuli&egrave;rement son maintien et son                air un peu rev&ecirc;ches, la vivacit&eacute; de ses propos envers                qui s'aventurait &agrave; l'aborder &agrave; rebrousse-poil, tout                cela rehauss&eacute; de l'excentricit&eacute; de chaussures de tennis                &agrave; homme blanches et de ce large chapeau fleuri dont sur sc&egrave;ne,                et m&ecirc;me dans les repr&eacute;sentations de la troupe &agrave;                l'&eacute;tranger, elle ne consentait que difficilement, pour ne                pas dire jamais, &agrave; se d&eacute;prendre.              <p>Si l'on s'en tient &agrave; l'ann&eacute;e 1953, avanc&eacute;e                comme ann&eacute;e de sa mort, le passage de Lumane dans la chanson                ha&iuml;tienne semble, tout compte fait, n'avoir &eacute;t&eacute;                que de tr&egrave;s courte dur&eacute;e. On veut qu'elle ait connu                vers la fin de sa vie l'abandon et la plus grande mis&egrave;re                et qu'elle soit morte tuberculeuse, dans une cahute &agrave; &#171;F&ograve;                Senkl&egrave;&#187;. D'autres voix insistent que Lina &#151; ou                une autre main secourable &#151; l'aurait assist&eacute;e dans ses                derniers moments et qu'elle serait morte &agrave; l'h&ocirc;pital.                Une derni&egrave;re version, celle-l&agrave; tout aussi plausible,                soutient qu'elle serait morte tr&egrave;s jeune &#151; environ 35                ans &#151; d'usage abusif d'alcool et de la vie peu rang&eacute;e                et d&eacute;finitivement &eacute;puisante qu'elle menait.              <p>La vie de Lumane, tout comme sa mort, a &eacute;t&eacute; celle                des grands, d'une densit&eacute; imprenable. D'elle demeurent le                plus important, ces chansons si merveilleusement tenaces, des bribes                que visiblement nous n'avons pas encore pris le temps de recoller                et port&eacute; par la voix d'&eacute;pigone d'une Carole D&eacute;mesmin                &agrave; son sommet, cet hommage de l'&eacute;crivain-conteur Koralen                :              <p>              <p align="center">Si Lakansy&egrave;l te gen vwa              <p align="center">Si lakansy&egrave;l te ka chante              <p align="center">Se tankou Lim&agrave;n li ta chante              <p align="center">Kote Lim&agrave;n pran lavwa              <p align="center">Gen yon toubiyon ki leve              <p align="center">Mande pye palmis yo danse              <p align="center">Ep&ograve;k sa a se nan tan Bisantn&egrave;              <p align="center">Si ou f&egrave;t avany&egrave;              <p align="center">Ou pa sa konnen              <p align="center">Kouman ayisyen te fou pou li              <p align="center">Kouman yo te renmen              <p align="center">Lim&agrave;n Kazimi.              <p align="center">              <p align="center">Yon tifi, yon ti k&ograve;m&egrave; pwovens              <p align="center">Ki rive P&ograve;toprens              <p align="center">Vini chache lavi              <p align="center">Yon tifi, san fanmi san zanmi              <p align="center">Yon gita anba bra l              <p align="center">Ak yon espwa nan vwa l              <p align="center">L&egrave; l kanpe, l&egrave; l kanpe pou l chante              <p align="center">Wosiy&ograve;l k ap pase vin poze pou tande              <p align="center">Se konsa anvan 1 an pase              <p align="center">B&egrave;l&egrave; kou Bwav&egrave;na se de li y                ap pale.              <p align="center">Nan yon ti kay san limy&egrave;              <p align="center">Ki te nan lakou F&ograve; Senkl&egrave;              <p align="center">Genyen yon fi ki pwatrin&egrave;              <p align="center">Se la yo di l remize              <p align="center">Gen yon s&egrave;l moun k ap okipe l              <p align="center">E se pa toulejou l vini              <p align="center">Se de twa timoun nan vwazinay              <p align="center">Ki konn f&egrave; ti goutay              <p align="center">Pou ba li manje              <p align="center">San konnen se yon d&egrave;nye zanmi              <p align="center">Se yon d&egrave;nye fanmi:              <p align="center">Lim&agrave;m Cazimi              <p align="center">              <p align="center">L&egrave; l mouri, lant&egrave;man l ap chante              <p align="center">Tout moun li te f&egrave; byen yo youn pa prezante              <p align="center">Men se te yon jounen san sol&egrave;y              <p align="center">Sy&egrave;l la t ape kriye tout nyaj yo te pran                d&egrave;y              <p align="center">Pye lorye ki gen sou plas Sent&agrave;n              <p align="center">Yo pliye yo panche pou yo salye Lim&agrave;n              <p align="center">E nan van, nan van ki t ap pase              <p align="center">Gen moun ki f&egrave; s&egrave;man yo tande l ap                chante:              <p align="center">Papa Gede b&egrave;l gason              <p align="center">Gede Nibo b&egrave;l gason              <p align="center">...              <p align="center"><i>....</i>(1) Georges Corvington, op.cit. p321.            </td>         </tr>       </table>       <P>&nbsp;       <P>    <HR width="600" color="#FFCC00">    <A HREF="28.htm"><IMG SRC="../images/arrowprev.gif" WIDTH="73" HEIGHT="18" BORDER="0" ALT="Previous picture"></A> &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<A HREF="index.htm"><IMG SRC="../images/index.gif" WIDTH="73" HEIGHT="18" BORDER="0" ALT="Index page"></A>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<A HREF="30.htm"><IMG SRC="../images/arrownext.gif" WIDTH="74" HEIGHT="18" BORDER="0" ALT="Next picture"></A><BR> <!--MiddlePage-->    <HR width="600" color="#FFCC00">        <P> <font size="-2" face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif">Created          by <A HREF="mailto:webmaster@haitiwebs.com">haitiwebs.com</A> on <B>June 17, 2000</B>          <font size="-2" face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif">Homepage          at <A HREF="http://www.haitiwebs.com">http://www.haitiwebs.com</A> </font> </FONT>      </TD></TR></TABLE>  </BODY> </HTML>  
