<HTML> <HEAD> <TITLE>Cinergie N&deg;52 Gros plan (juillet-ao&ucirc;t 2001) </TITLE> <META name="description" content="cinergie, magazine, critique, cin&eacute;ma, personnalit&eacute;s, actualit&eacute;, film, films, movies, Belgique, Belge, Belgium"> <META name="description" content="cinergie, magazine, critique, cin&eacute;ma, personnalit&eacute;s, actualit&eacute;, film, films, movies, Belgique, Belge, Belgium">  <script language="JavaScript"> <!-- function MM_swapImgRestore() { //v3.0   var i,x,a=document.MM_sr; for(i=0;a&&i<a.length&&(x=a[i])&&x.oSrc;i++) x.src=x.oSrc; }  function MM_preloadImages() { //v3.0   var d=document; if(d.images){ if(!d.MM_p) d.MM_p=new Array();     var i,j=d.MM_p.length,a=MM_preloadImages.arguments; for(i=0; i<a.length; i++)     if (a[i].indexOf("#")!=0){ d.MM_p[j]=new Image; d.MM_p[j++].src=a[i];}} }  function MM_findObj(n, d) { //v3.0   var p,i,x;  if(!d) d=document; if((p=n.indexOf("?"))>0&&parent.frames.length) {     d=parent.frames[n.substring(p+1)].document; n=n.substring(0,p);}   if(!(x=d[n])&&d.all) x=d.all[n]; for (i=0;!x&&i<d.forms.length;i++) x=d.forms[i][n];   for(i=0;!x&&d.layers&&i<d.layers.length;i++) x=MM_findObj(n,d.layers[i].document); return x; }  function MM_swapImage() { //v3.0   var i,j=0,x,a=MM_swapImage.arguments; document.MM_sr=new Array; for(i=0;i<(a.length-2);i+=3)    if ((x=MM_findObj(a[i]))!=null){document.MM_sr[j++]=x; if(!x.oSrc) x.oSrc=x.src; x.src=a[i+2];} } //--> </script>  <link rel="stylesheet" href="../webzine.css" type="text/css"></HEAD>  <BODY Text="#FEF3C7" bgcolor="#AB143A" link="#F8CB16" vlink="#00FFFF" alink="#00FF33"  leftmargin="50" topmargin="50" onLoad="MM_preloadImages('yves1.jpg','kita2.jpg')"> <A NAME="0"></A> <P>  <table width=700>   <tr align=left> <!-- colonne 1 : index g&eacute;n&eacute;ral, boutons ==================== -->     <td width=15% valign=TOP align=LEFT>       <a href="../../index.html"><img src="../images/accueil.gif" alt="Accueil" align=LEFT border="0" width="103" height="16"></a><br clear=all>       <a href="index.html"><img src="../images/sommaire.gif" alt="Sommaire" align=LEFT border="0" width="103" height="16"></a><br clear=all> <a href="grosplan.html"><B><I><CENTER>GROS PLAN</CENTER>       </I></B></a><a href="filmmois.html"><img src="../images/ensalle.gif" alt="En Salles" align=LEFT border="0" width="103" height="16"></a><br clear=all>       <a href="mediatic.html"><img src="../images/media.gif" alt="M&eacute;diatics" align=LEFT border="0" width="103" height="16"></a><br clear=all>       <a href="bobines.html"><img src="../images/bobines.gif" alt="BOBINES" align=LEFT border="0" width="103" height="16"></a>       <br clear=all>    <a href="tournage.html"><img src="../images/tournages.gif" alt="TOURNAGE" align=LEFT border="0" width="103" height="16"></a><br clear=all>         <a href="express.html"><img src="../images/express.gif" alt="E-xpress" align=LEFT border="0" width="103" height="16"></a><br clear=all>         <a href="emoi.html"><img src="../images/emoi.gif" alt="E-MOI" align=LEFT border="0" width="103" height="16"></a><br clear=all>         <a href="focus.html"><img src="../images/focus.gif" alt="FOCUS" align=LEFT border="0" width="103" height="16"></a><br clear=all> <a href="repertoires.html"><img src="../images/repertoires.gif" alt="R&eacute;pertoires" align=LEFT border="0" width="103" height="16"></a><br clear=all>     </td>      <TD WIDTH="95%">        <table border="0" align="center">         <tr>           <td><a name="1a" href="#1" onMouseOut="MM_swapImgRestore()" onMouseOver="MM_swapImage('image1','','kita2.jpg',1)"><img name="image1" border="0" src="kita1.jpg" width="130" height="130"></a></td>           <td><a name="2a" href="#2" onMouseOut="MM_swapImgRestore()" onMouseOver="MM_swapImage('image2','','yves1.jpg',1)"><img name="image2" border="0" src="yves2.jpg" width="130" height="130"></a></td>         </tr>         <tr> <td><B>cliq&nbsp;!</B></td>          </tr>       </table>  <h1><a name="1" href="#1a">Kita Bauchet </A></h1>        <p>&Ccedil;a fait un moment qu'on voulait cerner la personnalit&eacute;&#160;de          <a href="../../annuaire/realisateurs/kita_bauchet.htm">Kita Bauchet</a>,          qui nous avait enchant&eacute;s avec <a href="../arch01/court.html#1c"><b>Violette          et Framboise</b></a>. Violette (fabuleuse Rapha&euml;lle Bruneau), sorte          de personnage lunaire &agrave; la Antoine Doinel dont les m&eacute;saventures          davantage que les aventures nous font d&eacute;couvrir le monde, d'une          sc&egrave;ne &agrave; l'autre, d'une ligne de fuite &agrave; l'autre,          en un mot la com&eacute;die sociale avec la l&eacute;g&egrave;ret&eacute;          d'un Mozart composant le <i>Trio des quilles</i> (K.498). Le bon tempo,          voil&agrave; comment nous caract&eacute;riserions le cin&eacute;ma de          Kita Bauchet. Imaginez notre impatience lorsque nous avons vu d&eacute;barquer          une jolie rousse aux yeux vert clair chauss&eacute;s de lunettes ovales,          le regard attentif, moul&eacute;e dans un tee-shirt violet &eacute;chancr&eacute;          avec le dessin d'un chat, "Cat Burglar&#160;", made in Qu&eacute;bec.          &Agrave; chaque main une bague, l'une ovale en argent et l'autre noire          en bois. Kita est une enfant de mai 68, elle est n&eacute;e en d&eacute;cembre          de cette ann&eacute;e-l&agrave;. Son p&egrave;re, militant CGT, &eacute;tait          un m&eacute;tallo engag&eacute; dans les gr&egrave;ves. "&#160;<i>Mon          premier souvenir de cin&eacute;ma, vers l'&acirc;ge de quatre ans, est          </i><b>Jour de f&ecirc;te</b><i> de Jacques Tati. Mon p&egrave;re &eacute;tait          tr&egrave;s enthousiaste &agrave; l'id&eacute;e de nous faire d&eacute;couvrir          ce film, alors qu'il est loin d'&ecirc;tre un cin&eacute;phile averti.</i>&#160;"          N&eacute;e &agrave; Paris, Kita passe son enfance en banlieue, &agrave;          Marne-la-Vall&eacute;e. "&#160;<i>J'ai toujours eu envie de faire du cin&eacute;ma,          </i>nous confie-t-elle. <i>Ayant eu une &eacute;ducation un peu s&eacute;v&egrave;re,          la seule chose que j'avais le droit de faire &eacute;tait d'aller au cin&eacute;ma          dans une salle qui passait cinq films par week-end, &agrave; des prix          proches de ceux pratiqu&eacute;s par la Cin&eacute;math&egrave;que fran&ccedil;aise.          J'avais le droit de voir tous les films. Donc, d&egrave;s l'&acirc;ge          de douze-treize ans, je passais tous mes week-ends dans cette salle et          j'animais le cin&eacute;-club du lyc&eacute;e Claude Debussy &agrave;          l'instigation de ma prof d'histoire, aui &eacute;tait une amie de Sophie          Tatischeff, la fille de Tati&#160;"</i>. Quand on vous parlait de l'incidence          des co&iuml;ncidences&#160;! D'autant qu'&eacute;migrant dans une &eacute;cole          parisienne, elle se lie d'amiti&eacute; avec Alice De Poncheville, qu'elle          retrouvera - voyez comment le hasard joue aux d&eacute;s -&agrave; l'Universit&eacute;          et qui fera ses d&eacute;buts de com&eacute;dienne dans les films de Rivette,          T&eacute;chin&eacute; et Grandperret. Elles y &eacute;tudient de concert          le chinois, en Langue et Civilisation orientale &agrave; Paris VII. Le          dessin de ce dessein&#160;? "&#160;<i>A l'&acirc;ge de quinze ans, j'ai          eu la chance d'aller &agrave; P&eacute;kin</i>, poursuit-elle en allumant          une cigarette qu'elle extrait d'un paquet de Malhboro et cherchant dans          un panoramique fil&eacute; du plus bel effet un cendrier absent, <i>dans          le cadre d'un &eacute;change entre &eacute;tudiants fran&ccedil;ais et          chinois. Rentrant de Chine, je me teins les cheveux en noir, les cheveux          coup&eacute;s au carr&eacute;, la totale donc&#160;! J'&eacute;tais tr&egrave;s          bonne en chinois et c'est gr&acirc;ce &agrave; cela que j'ai d&eacute;croch&eacute;          mon bac. En 1988, je suis repartie &agrave; P&eacute;kin pour voir si          je ne pouvais pas poursuivre mes &eacute;tudes en Chine et en 1989, au          moment o&ugrave; j'allais d&eacute;poser mon dossier, il y a eu Tien Anmen.          Au d&eacute;but j'ai trouv&eacute; &ccedil;a fantastique, puis lorsque          la r&eacute;pression s'est abattue sur les &eacute;tudiants, j'ai tout          arr&ecirc;t&eacute; et me suis dit&#160;: hou la la, qu'est-ce que je          vais faire&#160;? Alice De Poncheville m'a fait comprendre que le cin&eacute;ma          &eacute;tait une r&eacute;alit&eacute;, qu'on pouvait en faire un m&eacute;tier          </i>(la grammaire des co&iuml;ncidences continue ses d&eacute;clinaisons.          Du pass&eacute; simple &agrave; l'avenir compos&eacute;. La m&egrave;re          d'Alice de Poncherville, Marie Jadoul, r&eacute;alise des documentaires)<i>.          Alice commen&ccedil;ait &agrave; faire des courts m&eacute;trages, ce          qui m'a permis d'&ecirc;tre scripte sur son premier film. Sans compter          qu'&agrave; l'universit&eacute; Je suivais les cours de Jean Douchet qui          m'a fait d&eacute;couvrir les ressorts de la fiction&#160;".</i> Voil&agrave;          donc Violette, pardon, Kita &agrave; l'<a href="../../annuaire/ecoles.html">INSAS</a>,          avec la ferme volont&eacute; de faire du documentaire.<i> "&#160;J'aimais          beaucoup le cin&eacute;ma du r&eacute;el. J'aime beaucoup </i><b>la Promesse          </b><i>des <a href="../../annuaire/realisateurs/dardenne.htm">Dardenne</a>,          c'est un chef-d'oeuvre. J'aime beaucoup Robert Kramer et en fiction Maurice          Pialat.&#160;" </i>Celui-ci lui vaudra les foudres paternelles. Ayant          entra&icirc;n&eacute; la famille voir <b>&Agrave; nos amours</b>, elle          re&ccedil;ut une gifle oedipienne (comme dans le film). Pan. "&#160;<i>C'est          mon souvenir le plus frappant&#160;; mais je me suis dit&#160;: putain,          le cin&eacute;ma a un impact r&eacute;el.</i> (Mais oui, il faut souffrir          pour cr&eacute;er des Violette&#160;!) <i>&Agrave; l'INSAS, j'ai tout          de suite trouv&eacute; le professeur avec qui j'allais dialoguer pendant          mes quatre ann&eacute;es d'&eacute;tudes&#160;: <a href="../../annuaire/realisateurs/thierry_odeyn.htm">Thierry          Odeyn</a>, grand cin&eacute;phile doubl&eacute; d'un grand bibliophile.          Je voulais faire du documentaire et c'est &ccedil;a le paradoxe&#160;:          je fais de la fiction</i>. <b>Jo&euml;lle, au-del&agrave; de l'eau</b>,          <i>r&eacute;alis&eacute; en 1994, a &eacute;t&eacute; mon premier film.          L'histoire d'une femme de m&eacute;nage de service dans une piscine qui          attend que tout le monde soit parti pour s'offrir une baignade &agrave;          la d&eacute;rob&eacute;e, pour montrer que m&ecirc;me si tu peux &ecirc;tre          &eacute;cras&eacute; par un quotidien pesant tu as toujours un espace          de libert&eacute;. C'est &agrave; toi de le prendre</i>.&#160;" Deleuzienne,          notre Kita, la ligne de fuite&#160;comme figure de style&#160;! Pas seulement.          Elle a toujours ador&eacute; Truffaut et les courts m&eacute;trages de          la Nouvelle Vague&#160;: <b>Tous les gar&ccedil;ons s'appellent Patrick,          Histoire d'eau</b> et <b>Charlotte et son jules</b>. Alors que les longs          m&eacute;trages l'impressionnaient tellement qu'ils lui paraissaient inaccessibles.          Elle r&eacute;fl&eacute;chit, &eacute;crase son m&eacute;got dans notre          cendrier en verre et poursuit&#160;: "<i>&#160;Je suis une fan d'Antoine          Doisnel et Violette lui ressemble un peu. En un mot je me suis retrouv&eacute;e          en fiction &agrave; l'INSAS et </i><b>Violette et Framboise </b>(Framboise&#160;?          Avanie et framboise de Boby Lapointe&#160;? ou Framboise&#160;?, Surnom          qu'avait donn&eacute; Fran&ccedil;ois Truffaut &agrave; Fran&ccedil;oise          Dorleac pendant le tournage de <b>la Peau douce</b>), <i>je l'ai r&eacute;alis&eacute;          par esprit de contradiction. J'&eacute;tais la banlieusarde engag&eacute;e.          J'&eacute;tais toujours sur la br&egrave;che et certains me prenaient          pour le porte-drapeau du cin&eacute;ma social. N'ayant pas envie de coller          &agrave; l'image qu'on me colle dessus je vais rappeler que Godard, avant          de faire ses films politiques, avait fait des films comme </i><b>Tous          les gar&ccedil;ons s'appellent Patrick</b><i> ou que <a href="../../annuaire/realisateurs/chantal_akerman.htm">Chantal          Akerman</a> est aussi l'auteur de </i><b>J'ai faim, j'ai froid </b><i>que          Thierry Odeyn m'a fait d&eacute;couvrir&#160;!. Il y a moyen de faire          des films l&eacute;gers qui traitent de l'int&eacute;riorit&eacute; d'un          personnage, voire de choses graves&#160;</i>". Et Raph&#160;! Et Raph&#160;!          Et Raph&#160;! (coeur des supporters de Violette Bruneau). Kita pr&eacute;cise          en rallumant une Malborho&#160;: "&#160;<b>Violette et Framboise</b> <i>n'aurait          jamais &eacute;t&eacute; r&eacute;alis&eacute; sans la rencontre avec          Rapha&euml;lle et le travail avec Anne-Laure Guegan au montage. Il fallait          une interpr&egrave;te qui ait beaucoup de fra&icirc;cheur tout en n'&eacute;tant          pas mi&egrave;vre. Raph arrive &agrave; faire &ccedil;a. Anne-Laure a          su trouver le rythme appropri&eacute; parce qu'il ne fallait pas que le          film ressemble &agrave; une sitcom. J'ai voulu faire une histoire qui          rassemble ce que j'entendais autour de moi ou que j'ai entendu. Et puis          il y a eu le soutien de Thierry Odeyn qui croyait au projet.&#160;</i>"          Suit, en 1997, <a href="../arch01/court.html#1c"><b>le Temps d'un souffl&eacute;</b></a>,          (sc&eacute;nario d'Arnaud Demuynck), film musical et kal&eacute;idoscopique          qui surfe de sc&egrave;nes en sc&egrave;nes sur le fil de l'inspiration          d'un pianiste mythomane (voir index webzine) et, deux ans plus tard, <a href="mediatic.html#Heading7"><b>Violette          au travail</b></a> avec cette part autobiographique qui sert d'embrayeur          de fiction &agrave; Kita. Nous avons le souvenir de l'avoir crois&eacute;e          lorsqu'elle &eacute;tait ouvreuse de cin&eacute;ma comme Violette&#160;:          "<i>Quand tu es ouvreuse</i>, pr&eacute;cise-t-elle avec un brin d'amertume,          d'une voix basse, ostensiblement lasse, <i>tu es pay&eacute;e au pourboire,          tu pars avec trois cents francs en poche &agrave; minuit, c'est dur quand          tu n'as que &ccedil;a pour vivre. Mais je ne suis pas capable de l'&eacute;crire          comme je l'ai v&eacute;cu, les bras ballants, les pieds tra&icirc;nants.          Je ne peux pas, Il faut que je transpose, il faut un plus. Que je trouve          en co-&eacute;crivant mes sc&eacute;narios avec Jos&eacute; Rojo parce          qu'on a une forme d'humour assez semblable.</i>&#160;" Elle pose sa tasse          de caf&eacute; noir (avec sucre et sans lait), et, apr&egrave;s une pause          musicale, nous confie avoir un projet de long-m&eacute;trage de fiction          dans la veine des Violette, d&eacute;tournant avec l&eacute;g&egrave;ret&eacute;,          humour et impertinence les situations p&eacute;nibles du quotidien. Nous          sommes impatients de d&eacute;couvrir &ccedil;a&#160;!</p>  <h1><a name="2" href="#2a">Yves Hanchar</A></h1>        <p>N&eacute; &agrave; Huy en 1960, on pourrait croire qu'<a href="../../annuaire/realisateurs/yves_hanchar.htm">Yves          Hanchar</a> coule une enfance heureuse, en bord de Meuse. Et bien, non.          Il fait le trajet entre la plus petite ville du royaume et la plus grande&#160;!          Il arrive donc &agrave; l'&acirc;ge de trois ans &agrave; Bruxelles et          ne d&eacute;couvre, bon sang de bois, le cin&eacute;ma qu'&agrave; l'&acirc;ge          de treize ans. Le bel &acirc;ge pour en tomber amoureux. "&#160;<b>Moby          Dick</b> <i>de John Huston m'a beaucoup marqu&eacute;. C'&eacute;tait          la premi&egrave;re fois que j'allais dans une salle. C'&eacute;tait tr&egrave;s          impressionnant avec un c&ocirc;t&eacute; un peu irr&eacute;el qui consistait          &agrave; entrer dans une salle sombre au moment o&ugrave; la lumi&egrave;re          bascule. C'est un moment magique que l'on revit quand on a des enfants.          La premi&egrave;re fois que j'ai &eacute;t&eacute; avec ma fille au cin&eacute;ma,          elle devait avoir trois ans. Lorsque les lumi&egrave;res de la salle se          sont &eacute;teintes et que l'&eacute;cran s'est allum&eacute;, les bras          lui en sont tomb&eacute;s. C'est la m&ecirc;me impression que j'avais          eu moi-m&ecirc;me.</i>&#160;" A ce moment pr&eacute;cis, un bruit &eacute;pouvantable,          genre marteau piqueur anim&eacute; par un frappadingue de hip hop survolt&eacute;,          &eacute;clabousse nos oreilles et le micro de notre enregistreur. Le croiriez-vous,          notre fax (qui ne passerait pas le contr&ocirc;le technique si c'&eacute;tait          une automobile) tressaute comme s'il avait le feu aux fesses et - sliouuuuufff          - &ccedil;a se termine par un chuintement d'asmathique tandis que des          feuilles &eacute;mergent, se recroquevillent, s'enroulent, sortant avec          des mots gribouill&eacute;s dessus. Hips, Hips, un hoquet comme le perroquet          du Capitaine Kraddock, pardon, Haddock, et les feuilles s'&eacute;talent          sous l'oeil stup&eacute;fait de notre invit&eacute; qui vient d'assister          &agrave; un dessin anim&eacute; en live.<br>         Poursuivons. Yves Hanchar fr&eacute;quente le lyc&eacute;e Fernand Blum,          c&eacute;l&egrave;bre pour avoir compt&eacute; <a href="../../annuaire/realisateurs/andre_delvaux.htm">Andr&eacute;          Delvaux</a> comme professeur en langues germaniques et <a href="../../annuaire/realisateurs/boris_lehman.htm">Boris          Lehman</a> parmi ses &eacute;tudiants. Apr&egrave;s avoir d&eacute;couvert          le cin&eacute;ma gr&acirc;ce au d&eacute;fi du capitaine Achab, Yves pratique          le th&eacute;&acirc;tre avec des amis avec lesquels il d&eacute;niche,          dans une cave de l'Ath&eacute;n&eacute;e, une salle de cin&eacute;ma qui          servait de cin&eacute;-club &agrave; l'&eacute;poque o&ugrave; Andr&eacute;          Delvaux &eacute;tait professeur. "<i>On d&eacute;cide de reprendre ce          cin&eacute;-club, d'organiser des projections hebdomadaires de films.          Un jour dans une armoire, on tombe sur un film r&eacute;alis&eacute; par          Delvaux et qui tra&icirc;nait l&agrave; dans la poussi&egrave;re, son          premier film en noir et blanc, en 16mm inversible. C'est un film sans          bande-son. On l'a projet&eacute; dans la salle et &ccedil;a nous a donn&eacute;          envie de faire du cin&eacute;ma. Avant de voir ce film qui s'appelai</i>t          <b>Yves boit du lait</b>, <i>si je me souviens bien, l'id&eacute;e de          faire du cin&eacute;ma nous paraissait inaccessible. A l'&eacute;poque,          on projetait des films de Kubrick, de Truffaut etc. Cela devait se passer          vers 1975. Delvaux filmait des endroits qu'on connaissait tr&egrave;s          bien, comme l'&eacute;cole et ses alentours. En voyant &ccedil;a, on s'est          dit&#160;: si Delvaux l'a fait pourquoi pas nous&#160;? Et donc on a commenc&eacute;          &agrave; r&eacute;aliser des bandes en super 8. Des sc&eacute;narios rudimentaires          mais qui nous apprenaient plein de choses. Par ailleurs, on s'occupait          d'un journal et d'activit&eacute;s th&eacute;&acirc;trales. On avait install&eacute;          un v&eacute;ritable trust dans cette &eacute;cole qui nous servait aussi          de justification pour brosser les cours</i>&#160;"&#160;(rires). A la          sortie de l'Ath&eacute;n&eacute;e, Yves commence l'INSAS. N'y trouvant          pas son compte, la premi&egrave;re ann&eacute;e, il s'inscrit &agrave;          l'ULB en philologie romane. La textualit&eacute; le renvoie bien vite          &agrave; l'image, lui fait d&eacute;couvrir que son "&#160;Knack&#160;"          &agrave; lui c'est le cin&eacute;ma. Du coup, en 1981, il d&eacute;cide          de r&eacute;aliser un court m&eacute;trage &agrave; l'ext&eacute;rieur          de l'&eacute;cole, autofinanc&eacute;, tourn&eacute; de fa&ccedil;on h&eacute;ro&iuml;que          avec de la pellicule inversible p&eacute;rim&eacute;e de la RTBF et en          soudoyant Bernard Litinsky &agrave; coups de vodka. "&#160;<i>On est parti          tourner </i><b>la Mort de Monsieur Goulouja</b> <i>sur le plateau de Herve,          avec Angelo Abazouglou, en dressant des tentes dans un pr&eacute; &agrave;          vaches. On avait l'impression d'&ecirc;tre les gitans du tournage. Evidemment,          j'ai pass&eacute; beaucoup de temps &agrave; terminer le film tant &agrave;          l'&eacute;tape du montage que du mixage&#160;</i>". Sur les conseils avis&eacute;s          d'Hadelin Trinon (membre de l'Oulipo, comme Perec) il lit <b>la Vie mode          d'emploi </b>et d&eacute;cide, sans complexe, d'en appliquer le principe          &agrave; <b>Voisinage</b>, son film de fin d'&eacute;tudes, r&eacute;alis&eacute;          en une nuit, qui sera nomm&eacute; &agrave; l'Oscar du court m&eacute;trage          en 1986. Sorti de l'<a href="../../annuaire/ecoles.html">INSAS</a>, il          effectue son service civil au Centre audiovisuel de l'Universit&eacute;          Libre de Bruxelles. Ce qui l'am&egrave;nera &agrave; &ecirc;tre engag&eacute;          pour donner cours &agrave; l'<a href="../../annuaire/ecoles.html">ELICIT</a>          qui venait de se cr&eacute;er. En 1987, il r&eacute;alise <b>Triste</b>,          un court m&eacute;trage pas triste du tout (dans une rue des Marolles,          une femme appelle son ami et finit par ameuter tout le voisinage) et s'implique          &agrave; l' <A HREF="../../annuaire/producteurs.html#Heading2c">AJC</a>.          "&#160;<i>Anouchka Dewarichet m'a demand&eacute; de faire partie du comit&eacute;          de lecture de l'AJC. J'y ai rencontr&eacute; <a href="../../annuaire/realisateurs/harry_cleven.htm" target="_blank">Harry          Cleven</a>, <a href="../../annuaire/realisateurs/eve_bonfanti.htm">Eve          Bonfanti</a>, etc. C'&eacute;tait une &eacute;poque pleine de tensions          - <a href="../../annuaire/realisateurs/remi_hatzfeld.htm">R&eacute;mi          Hatzfeld</a> ruait dans les brancards - mais en m&ecirc;me temps c'&eacute;tait          une &eacute;poque tr&egrave;s dynamique. Il y avait des exigences de qualit&eacute;,          on travaillait davantage la pr&eacute;production, le sc&eacute;nario,          le casting. Cela a &eacute;t&eacute; un vrai tremplin pour les gens qui          voulaient continuer &agrave; r&eacute;aliser des films, courts ou longs.          L'AJC jouait bien le r&ocirc;le transitoire entre les &eacute;coles de          cin&eacute;ma et le milieu professionnel. Par ailleurs, c'&eacute;tait          un cin&eacute;ma plus construit que celui pratiqu&eacute; dans l'urgence          o&ugrave; on a un peu l'impression que les gens &eacute;crivent avec leur          DV-cam&#160;</i>" Ensuite, Yves tourne <b>la Partie d'&eacute;checs </b>en          1994, son premier long m&eacute;trage de fiction dont l'intrigue se passe          au si&egrave;cle dernier et offre des r&ocirc;les &agrave; Denis Lavant,          Pierre Richard (en contre-emploi) et Catherine Deneuve (rempla&ccedil;ant          &agrave; l'escarpin lev&eacute; Charlotte Rampling tomb&eacute;e malade          au d&eacute;but du tournage). Par souci du th&eacute;&acirc;tre et des          com&eacute;diens, Yves Hanchar reprend en 1995 la direction de l'&eacute;cole          <a href="../../annuaire/ecoles.html"><i>Parallax </i></a>qu'il co-dirige          l'ann&eacute;e suivante avec Harry Cleven. Il s'agit d'apprendre le jeu          face &agrave; la cam&eacute;ra, la justesse et la sinc&eacute;rit&eacute;          de l'acteur face au personnage qu'il incarne (trois ann&eacute;es en cours          du jour avec aussi des cours du soir donn&eacute;s en alternance par <a href="../../annuaire/realisateurs/kita_bauchet.htm">Kita          Bauchet</a> et <a href="../../annuaire/realisateurs/stephane_vuillet.htm">St&eacute;phane          Vuillet</a> et des stages d'&eacute;t&eacute; donn&eacute;s par <a href="../../annuaire/realisateurs/martine_doyen.htm">Martine          Doyen</a>, <a href="../../annuaire/realisateurs/pierre_paul_renders.htm">Pierre-Paul          Renders</a> et Yves Hanchar lui-m&ecirc;me, qui se passent du 15 juillet          &agrave; fin ao&ucirc;t). Enfin, le 15 septembre, sort <a href="../revue43/vacance.html"><b>En          vacances</b></a>, le second long m&eacute;trage d'Yves Hanchar distribu&eacute;          par <a href="../../annuaire/dist.html#RTFToC23b">CNC</a>. "&#160;<i>L'id&eacute;e          m'est venue du fait que j'avais eu le bonheur d'avoir une petite fille,          Rapha&euml;lle, qui commen&ccedil;ait &agrave; regarder les films &agrave;          la t&eacute;l&eacute;, et donc j'ai pens&eacute; &agrave; r&eacute;aliser          un film qui serait moins pessimiste que </i><b>la Partie d'&eacute;checs</b><i>.</i>&#160;"<br> Circonspect, il sort une cigarette d'un paquet froiss&eacute;. Cherchant d&eacute;sesp&eacute;r&eacute;ment un cendrier, il murmure, en observant notre r&eacute;action et du coin de l'oeil celle de notre fax&#160;: "&#160;Je ne d&eacute;range pas&#160;?&#160;" Non, non (que disait Freud de la d&eacute;n&eacute;gation&#160;?). "&#160;<i>Cela m'aide beaucoup d'&eacute;crire en pensant pour quelqu'un,</i> poursuit-il en aspirant la fum&eacute;e de sa cigarette, <i>d'avoir un interlocuteur mental et les personnes privil&eacute;gi&eacute;es sont les gens qui te sont proches. J'ai donc pens&eacute; &agrave; &eacute;crire un film pour Rapha&euml;lle et les p&eacute;riodes de vacances sont les plus chouettes de la vie. De l&agrave; est venue l'id&eacute;e du temps qui passe sur une dizaine d'ann&eacute;es dont on ne retient que la p&eacute;riode des vacances. Jacky Cukier, qui m'a aid&eacute; &agrave; revoir le sc&eacute;nario, a jou&eacute; le r&ocirc;le de regard ext&eacute;rieur.&#160;" </i>Et le pitch&#160;? The pitch&#160;! "&#160;<i>C'est l'observation de l'influence du temps sur des personnages. En quoi cela les modifie. Il y a un c&ocirc;t&eacute; intrigue multiple &agrave; la Perec. J'ai essay&eacute; d'installer une esp&egrave;ce d'&eacute;motion croissante &agrave; l'int&eacute;rieur du film. J'avais beaucoup d'&eacute;poques, de personnages, de lieux. C'est assez dur parce qu' il y a douze personnages qui ont une importance &eacute;quivalente.&#160;"</i><br> Les projets&#160;? <b>Un monde nouveau</b>, un long m&eacute;trage qui en est au stade de l'&eacute;criture. A suivre, donc.  </p> <h3> <A HREF="#0"><IMG ALIGN=bottom SRC="../images/id.gif" ALT="[index/page]" border=0 width="20" height="20"></A>             </h3>       <CENTER>         <!-- Pied de page ========================================= --> <IMG SRC="../../images/emailed.gif" WIDTH="45" HEIGHT="52">         <a href="mailto:info@cinergie.be"> <font size=-2>&#169; Cinergie, asbl</font></A>         <hr>       </CENTER> </td> </tr> </table> </BODY> </HTML>  
