<html> <head> <title>blanc comme neige</title> <meta http-equiv="Content-Type" content="text/html; charset=iso-8859-1"> </head>  <body bgcolor="#FFFFFF" text="#000000" link="#990066" vlink="#990066" alink="#990066"> <table width="99%" border="0" cellspacing="0" cellpadding="10" align="center" height="376">   <tr>      <td width="36%" height="67">        <p align="left"><font face="Garamond" size="3" color="#990066"><i><font size="5">breathing          under water...<br>         ... living under glass</font></i></font></p>       <p align="left"><font face="Garamond" size="3" color="#990066">(un journal          online) </font></p>     </td>     <td width="64%" height="67">&nbsp;</td>   </tr>   <tr>      <td width="36%" height="330">        <p><img src="images/blowcat.jpg" width="262" height="239"></p>       <p align="center"><font size="2" face="Garamond"><a href="index.html" target="_self">index</a>          -<a href="ego.htm"> ego</a> - <a href="journal.htm" target="_self">journal</a>          - miroirs -<a href="liens.htm"> liens</a> - <a href="mailto:mi4ou@hotmail.com">&eacute;crire</a>          </font></p>     </td>     <td width="64%" height="330">        <p><i><font size="4" face="Garamond" color="#000000">13-10-01, bis</font></i></p>       <p><font face="Garamond" color="#000000" size="4"><i>et cendrillon aura          retrouv&eacute; ses chaussons de vair</i></font></p>       <p><font face="Garamond">mes cheveux grand marnier qui tombent en m&egrave;ches          sur le carrelage blanc. on ne dira pas que &ccedil;a ne fait pas un dr&ocirc;le          d'effet. toujours l'impression que c'est en eux que r&eacute;side &agrave;          elle seule la moiti&eacute; de mon identit&eacute;. n'est pas princesse          qui veut. &agrave; la sortie, je partage mes viennoiseries avec un jeune          homme triste. il a les yeux verts. il me dit qu'il vient de bosnie, qu'il          n'a nulle part o&ugrave; aller. il parle tr&egrave;s doucement. il sait          bien qu'il ne pourra pas mendier &eacute;ternellement. je me sens tellement          idiote, avec mon brushing parfait et mes consid&eacute;rations esth&eacute;tiques          sur tout. en m&ecirc;me temps, je n'ai jamais &eacute;t&eacute; aveugle          &agrave; &ccedil;a. j'ai toujours eu conscience de ma chance. &ccedil;a          me rend tellement am&egrave;re parfois. et tellement tendre dessous. <i>la          plaie merveilleuse</i>, c'est aussi &ccedil;a, ce foss&eacute; entre l'id&eacute;al          fantasm&eacute; et l'affreuse r&eacute;alit&eacute;. </font></p>       </td>   </tr> </table> <table width="99%" border="0" cellspacing="0" cellpadding="10" align="center" height="621">   <tr>     <td height="605">        <p><font face="Garamond">la petite femme entre, d&eacute;pose son manteau          au vestiaire. c'est une habitu&eacute;e, elle conna&icirc;t. &ccedil;a          va bien madame X ? &ccedil;a va bien, ma fille et son mari arrivent demain,          avec le petit, qui est n&eacute; le mois dernier... elle passe les deux          bras dans la blouse, s'assoit, penche la t&ecirc;te. un peu plus en arri&egrave;re,          merci. &eacute;mail blanc, dur, froid. et puis le jet d'eau. chaud. tr&egrave;s          chaud. vous avez une petite mine tout de m&ecirc;me ! oh, c'est mon mari,          toujours ronchon vous savez bien, et puis il ne pense vraiment qu'&agrave;          lui ces temps-ci... elle parle. elle parle encore. le bruit de l'eau qui          coule couvre ses paroles, les entra&icirc;ne dans le siphon. glougloutements.          &eacute;coulements. allez, mettez vous &agrave; l'aise, venez donc par          ici. un autre fauteuil, en face d'une glace. son visage, trop p&acirc;le,          traits trop tir&eacute;s. la fatigue. les cris. l'ennui. je sais bien          que je devrais faire des efforts aussi. quand il s'&eacute;nerve je m'&eacute;nerve          encore plus. c'est dur. c'est idiot. je n'aurais pas du le menacer comme          &ccedil;a hier soir. pas du. cliqu&egrave;tements, bruits de mains qui          s'affairent. brouhaha alentour, doux, long, un cocon. c'est mignon, ces          d&eacute;corations pour halloween ! oui, &ccedil;a met de la gaiet&eacute;.          c'est une tradition nouvelle en france, n'est-ce pas, on a piqu&eacute;          &ccedil;a aux am&eacute;ricains je crois. oh oui, mais tout est commercial,          malheureusement, aujourd'hui. toujours ce bruit, diffus, de plus en plus          diffus, et qui rassure. ces mains qui dansent autour de sa t&ecirc;te.          on s'occupe d'elle. on la rend belle. la glace reprend des couleurs. elle          secoue la t&ecirc;te. elle s'excusera, ce soir, c'est promis. il ne lui          en voudra pas. la pens&eacute;e de passer le weekend comme pr&eacute;vu          la r&eacute;chauffe &agrave; nouveau. elle se l&egrave;ve. se regarde          dans la glace, encore. elle a l'air plus jeune, moins triste. c'est le          brushing, vous savez, le volume. elle hoche la t&ecirc;te. oui oui. en          effet. oh, faire des cr&ecirc;pes pour manger en famille, demain soir,          voil&agrave; qui serait une bonne id&eacute;e. penser &agrave; acheter          du lait en sortant. elle secoue la t&ecirc;te de bonheur, sourit. on lui          retire la longue blouse bleue. elle reprend son manteau, sort un ch&eacute;quier          de son sac, en faisant tinter ses bracelets. &ccedil;a fait du bien de          vous voir, dites donc, de parler un peu. on prend rendez-vous pour une          nouvelle couleur le mois prochain ? mon fils cadet se marie. </font></p>       <p><font face="Garamond">elle gigote de plaisir en parlant &agrave; la coiffeuse          maintenant. et puis elle me voit. s'approche, se penche vers moi, me dit          avec entrain, j'avais les cheveux longs comme vous quand j'&eacute;tais          jeune, ne les coupez donc pas ou vous finirez vieille comme moi ! elle          laisse &eacute;clater son rire, &agrave; peine remis, mais tellement tendre.          je la regarde, doucement, et lui rend son sourire.</font></p>       <p><font face="Garamond">...</font></p>       <p><font face="Garamond">achet&eacute; des livres. <u>les confessions d'un          masque</u> (mishima), <u>pierre ou les ambiguit&eacute;s</u> (melville).          encore sur le fond de la r&eacute;tine l'herbe tr&egrave;s verte des aubes          tr&egrave;s blanches de Pola X. j'&eacute;coute Placebo, je pense &agrave;          A qui a laiss&eacute; des tas de messages sur mon r&eacute;pondeur, et          que, &eacute;tonnament, je n'ai pas rappel&eacute;. est-ce que l'on s'aime          mieux de loin ? je n'ai pas envie de r&eacute;pondre &agrave; &ccedil;a.          je me dis que lorsqu'on lira mon journal &agrave; la plus pure, la plus          exigente des lumi&egrave;res, on aura l'impression que cendrillon a retrouv&eacute;          ses chaussons de vair. </font></p>       <p><font face="Garamond"><a href="oct13.htm" target="_self">avant</a> -          <a href="journal.htm" target="_self">journal</a> - <a href="mailto:kinjiki@free.fr">&eacute;crire</a>          - <a href="oct14.htm" target="_self">apr&egrave;s</a></font></p>       <p>&nbsp;</p>       <p>&nbsp;</p>     </td>   </tr> </table> </body> </html> 
