<html>  <head> <title>LART MAGIQUE DANDR BRETON</title> <meta name="GENERATOR" content="Microsoft FrontPage 3.0">   <meta name="Microsoft Theme" content="none"><meta name="Microsoft Border" content="tl, default"></head>  <body bgcolor="#C0C0C0"><!--msnavigation--><table border="0" cellpadding="0" cellspacing="0" width="100%"><tr><td><font face="arial, helvetica" mstheme>  <p align="center"><font face="Arial" color="#0000FF"><a href="index.html">ACCUEIL</a> &nbsp;&nbsp; <a href="sommaire.html">SOMMAIRE</a> &nbsp;&nbsp; <a href="auteurs.html">LES AUTEURS</a> &nbsp;&nbsp; <a href="recits.html">RCITS</a> &nbsp;&nbsp; <a href="poemes.html">POMES</a><br /> </font><font face="Arial" color="#FFFFFF">&nbsp;&nbsp; <a href="recherches.html">RECHERCHES</a> &nbsp;&nbsp;<a href="ouvert.html">ARTS PLASTIQUES</a>&nbsp; <a href="themes.html">THEMES</a> &nbsp;&nbsp;&nbsp; <a href="informations.html">INFORMATIONS</a> &nbsp;&nbsp; <a href="liens.html">LIENS</a> </font></p>  <p align="center">&nbsp;</p> </font mstheme></td></tr><!--msnavigation--></table><!--msnavigation--><table border="0" cellpadding="0" cellspacing="0" width="100%"><tr><td valign="top" width="1%"><font face="arial, helvetica" mstheme> </font mstheme></td><td valign="top" width="24"></td><!--msnavigation--><td valign="top">  <table border="0" cellpadding="3" width="100%">   <tr>     <td align="right" valign="top" width="3%"></td>     <td valign="top" width="93%" bgcolor="#FFFFFF"><p align="right"><a href="breton.htm"><font face="Garamond">Retour page Breton</font></a></p>     <h1 align="center" style="text-align:center"><strong><font face="Garamond"><span lang="FR" style="font-weight: normal">ANDR BRETON DANS SON ATELIER, <br>     OU LART MAGIQUE<o:p></o:p></span></font></strong></h1>     <h1 align="center" style="text-align:center"><font face="Garamond"><i><span lang="FR" style="font-weight: normal">&nbsp;<o:p></span></i></font><img src="breton-atelier.jpg" alt="breton-atelier.jpg (16086 Byte)" WIDTH="350" HEIGHT="216"></h1>     <p align="center" style="text-align:center"><span lang="FR" style="font-weight: normal"><small><font face="Garamond"><i>&nbsp;</i></font></small></span></p>     <p class="MsoNormal" align="left" style="text-align:center"><span lang="FR"><font face="Garamond">Prononces en dcembre 1945 et janvier 1946, les confrences dHati     nous permettent de dcouvrir un Andr Breton passionn par lart moderne et     pdagogue, dsireux douvrir  tous les trsors de la cration littraire et     picturale.</font></span></p>     <p class="MsoBodyText"><span lang="FR" style="font-family: Verdana;mso-ansi-language:FR"><font face="Garamond">Breton sy rvle soucieux de transmettre au plus grande nombre,     conscient que cest justement lveil du plus grand nombre qui permettra, via lart,     un bouleversement social.<o:p></o:p></font></span></p>     <p class="MsoBodyText"><span lang="FR" style="font-family: Verdana;mso-ansi-language:FR"><font face="Garamond">A un moment, il dclare (que les anti-muses se bouchent les oreilles     !)&nbsp;: &nbsp;Hati manque de muses, de collections dart et cest tout un ct     de lexpression humaine qui vous est drob, du moins dont ne pouvez-vous prendre une     connaissance directe&nbsp;.<o:p></o:p></font></span></p>     <p class="MsoBodyText"><span lang="FR" style="font-family: Verdana;mso-ansi-language:FR"><font face="Garamond">Mais, comme je disais plus haut, ce qui impressionne dans ces pages, ce     sont les capacits pdagogiques de Breton, son dsir de transmettre un savoir et de     faire visiter son propre muse, comme plusieurs pages sur lart primitif en     tmoignent&nbsp;:<o:p></o:p></font></span></p>     <p class="MsoBodyText"><i><span lang="FR" style="font-family:Verdana;mso-ansi-language:FR"><font face="Garamond">De la magnifique sculpture primitive originaire dAfrique, dont voici un     exemple de premier ordre, cest une tte pahouine du Gabon (Afrique quitoriale), aussi     bien que de la sculpture des les du Pacifique,  laquelle viendront plus tard     sadjoindre certains spcimens de lart indien et esquimau, il semble bien quau     dbut du XX sicle les artistes europens se soient fait encore une ide sommaire.     Apollinaire, confident et ami de Picasso, en parle avec une certaine condescendance     amuse&nbsp;: il &nbsp;admire, dit-il, avec quel art&#133; dans ces &#156;uvres     grotesques et grossirement mystiques&#133; les imagiers de la Guine et du Congo     arrivaient &#150; coutez bien &#150;  reproduire la figure humaine en <b>nutilisant     aucun lment emprunt  la vision directe</b>&nbsp;. Une certaine arrire-pense     de supriorit peu justifiable se manifeste  travers ces lignes pourtant perspicaces.     Il faudra,  partir de l, des annes et aussi une nouvelle gnration artistique     pour que cet art, dit longtemps <b>art sauvage</b> et que faute de mieux on appelle     aujourdhui <b>art primitif</b>, soit considr avec toute la gravit requise&nbsp;;     pour quon cesse de sintresser  ses productions distraitement et en vrac&nbsp;;     pour quon sefforce, avec laide de lethnographie, de les comprendre, en les situant     dans le lieu o elles ont pris naissance et, autant que possible, dans leur temps&nbsp;;     en proposant aussi certains critres qui permettent dtablir une hirarchie parmi     elles, de prfrer telle pice  telle autre.<o:p></o:p></font></span></i></p>     <p class="MsoBodyText"><i><span lang="FR" style="font-family:Verdana;mso-ansi-language:FR"><font face="Garamond">Voici maintenant une statuette de la Cte-dIvoire, dun parfait     accomplissement plastique. Cette &#156;uvre, comme la prcdente, est le produit achev     des rgions littorales du golfe de Guine. Elles proviennent dune rgion de fort     dense, o latmosphre est constamment humide, o, comme la not lethnologie, la     population est inquite, plus occupe de chasse que dagriculture, o tout concourt     aussi  renforcer le besoin de prcautions religieuses et magiques,  dvelopper les     habitudes dobservation.</font></span></i></p>     <p class="MsoBodyText"><i><span lang="FR" style="font-family:Verdana;mso-ansi-language:FR"><font face="Garamond">En parfait contraste avec loeuvre prcdente, observez ce masque     funraire Mgall, de la rgion de lOugou, et voyez quel cart il marque, dans la     voie de la stylisation, avec la vision naturaliste. Quy a-t-il de plus surraliste     quune oeuvre semblable ?</font></span></i></p>     <p class="MsoBodyText"><i><span lang="FR" style="font-family:Verdana;mso-ansi-language:FR"><font face="Garamond"><o:p></o:p></font></span></i></p>     <p align="center" style="text-align:center"><span lang="FR" style="font-weight: normal"><small><font face="Garamond"><i>&nbsp;</i></font></small></span></p>     <h1 align="center" style="text-align:center"><small><font face="Garamond"><i><span lang="FR" style="font-weight: normal">Le 42, rue Fontaine reprsente lun des espaces     majeurs de la cration surraliste. Par lassemblage de ftiches, de masques, de     tableaux et de livres, Breton a fait de ces 80 m2 un lieu de dsirs, quil serait     criminel de disperser. Jean-Claude Blachre, universitaire spcialiste de Breton, nous     prsente lart magique du pote dans son livre </span><span lang="FR">Les Totems     dAndr Breton </span><span lang="FR" style="font-weight:normal">paru chez LHarmattan     en 1996. Quelques extraits&#133;.<o:p></o:p></span></i></font></small></h1>     <h1><small><font face="Garamond"><span lang="FR">&nbsp;<o:p></o:p></span></font></small></h1>     <h1><em><small><font face="Garamond"><span lang="FR">Un rapport passionnel</span></font></small></em></h1>     <p class="MsoNormal"><font face="Garamond"><span lang="FR" style="mso-ansi-language:FR">Le     dnombrement des pices acquises ou revendues peut bien aiguiser lapptit des     chercheurs ou exciter la curiosit&nbsp;: il ne concerne pas la nature de la relation     potique. Dailleurs, lexercice mme de linventaire est vain&nbsp;: Breton a     entretenu des rapports passionnels avec ses objets, comme avec une femme. Pendant un grand     demi-sicle, il a achet par coup de foudre, traquant la beaut insolite  travers     lEurope et le Nouveau Monde. Il a revendu par dchirement, vivant chaque sparation     comme une rupture, et non pas comme une &nbsp;affaire&nbsp;. Il a peupl ses maisons     (rue Fontaine, Saint-Cirq Lapopie) au gr de ses passions.<o:p></span></font></p>     <p class="MsoNormal" align="center"><img src="breton-eskimo.jpg" alt="breton-eskimo.jpg (21917 Byte)" WIDTH="350" HEIGHT="427"></p>     <p class="MsoNormal" align="center"><font face="Garamond"><em>Masque eskimo, collection     Breton</em></font></p>     <p class="MsoNormal">&nbsp;</p>     <h1><em><small><font face="Garamond"><span lang="FR">Adresse aux marchands</span></font></small></em></h1>     <p class="MsoNormal"><font face="Garamond"><span lang="FR" style="mso-ansi-language:FR">Les     marchands mritent le mpris&nbsp;: &nbsp;leur talent majeur est de savoir sonder une     poche&nbsp;. Ils tiennent commerce de vanit, exploitent la sottise&nbsp;; ils ne     voient dans la pice  vendre que loccasion de &nbsp;vider&nbsp; ladite poche     &nbsp;par pure concession au snobisme&nbsp;. Plus encore que le muse, ils suscitent     le dsir&nbsp;: leurs objets sont disponibles. Mais lobstacle quils dressent<span style="mso-spacerun: yes">&nbsp; </span>est pire que la vitrine. Largent dsacralise     lamour comme la vnalit tue le dsir&nbsp;: ce qui est vrai de la sexualit     surraliste lest du rapport  lobjet sauvage. Loin des pitinements devant le     muse de lHomme, la jouissance personnelle du masque arrach au marchand apparat     comme la seule approche tolrable. La collection de la rue Fontaine est la rponse que     Breton oppose  la froideur des vitrines,  lodeur de deuil qui mane des muses,     comme le notait Julien Gracq dans ses <i>Lettrines&nbsp;</i>; le contact intime avec     lobjet constitue sa rplique au cynisme des marchands du temple.<o:p></o:p></span></font></p>     <p class="MsoNormal" align="center"><font face="Garamond"><span lang="FR" style="mso-ansi-language:FR">&nbsp;<o:p></o:p></span></font><img src="breton-poupee-hopie.jpg" alt="breton-poupee-hopie.jpg (23454 Byte)" WIDTH="350" HEIGHT="451"></p>     <p class="MsoNormal" align="center"><em><font face="Garamond">Poupe hopi, collection     Breton</font></em></p>     <h1><em><small><font face="Garamond"><span lang="FR">Enrichi par le commerce des     &#156;uvres dart, Andr Breton&nbsp;?</span></font></small></em></h1>     <p class="MsoNormal"><font face="Garamond"><span lang="FR" style="mso-ansi-language:FR">Breton,     n&#146;en dplaise  ses dtracteurs, ne s&#146;est pas enrichi avec ses ftiches.     L&#146;enjeu de son commerce d&#146;esprit avec l&#146;objet sauvage tait d&#146;un     autre ordre (...). Jacqueline Lamba reproche mme  Breton, dans les annes de misre,     de s&#146;tre refus  vendre.<o:p></o:p></span></font></p>     <p class="MsoNormal"><font face="Garamond"><span lang="FR" style="mso-ansi-language:FR">&nbsp;<o:p></o:p></span></font></p>     <h1><em><small><font face="Garamond"><span lang="FR">La cuillre, aux enchres elle     aussi</span></font></small></em></h1>     <p class="MsoNormal"><font face="Garamond"><span lang="FR" style="mso-ansi-language:FR">Dans     <i>Lamour fou</i>, Breton relate lhistoire de la &nbsp;cuillre-Cendrillon&nbsp;,     objet d&nbsp;xcution paysanne&nbsp; (fort semblable dailleurs  nombre     dobjets sauvages  manches zoomorphes, sculpts par les Indiens Tlimkit et prsents      la vente luard-Breton, de 1931). Breton avait rv dun objet improbable (un     &nbsp;Cendrier Cendrillon&nbsp;). Il avait rclam, en vain,  Giacometti de lui     fabriquer &nbsp;une petite pantoufle qui ft en principe la pantoufle perdue de     Cendrillon&nbsp;. Une promenade au March aux Puces lui procure cette cuillre&nbsp;:     demble, la trouvaille remplit un &nbsp;manque&nbsp;. Lhistoire de la collection     de Breton &#150; cest--dire la succession des acquisitions &#150; nest pas tisse     dautre chose que dune suite de trouvailles o lobjet vient remplir une place ds     longtemps marque dans limaginaire du pote.<o:p></o:p></span></font></p>     <p class="MsoNormal" align="center"><font face="Garamond"><span lang="FR" style="mso-ansi-language:FR">&nbsp;<o:p></o:p></span></font><img src="breton-cuillere.jpg" alt="breton-cuillere.jpg (11151 Byte)" WIDTH="350" HEIGHT="186"></p>     <p class="MsoNormal" align="center">&nbsp;</p>     <h1><em><small><font face="Garamond"><span lang="FR">Le 42, rue Fontaine&nbsp;ou le     &nbsp;vrai savoir&nbsp;</span></font></small></em></h1>     <p class="MsoNormal"><font face="Garamond"><span lang="FR" style="mso-ansi-language:FR">Une     visite  lappartement de Breton suffit  comprendre que lordonnateur a voulu     composer un gigantesque pentacle, o les signes occupent des position symboliques, o     les signifis sont engendrs par les rapprochements et les oppositions. (&#133;)     Lapproche quil privilgie nest pas dordre intellectuel. Elle est plutt une     indiscrtion, comme dun qui se glisse dans une conversation, avant dy prendre part      son tour. Elle est constitutive dun savoir affectif, dun &nbsp;vrai savoir&nbsp;     o lobjet tribal parle de lui-mme et des nergies magiques qui laniment, en mme     temps quil libre la parole de celui qui sait accueillir ces nergies. (&#133;) Il     faut inventer le mouvement perptuel &#150; cest--dire changer souvent les objets de     place&nbsp;; il faut rserver les droits du mystre, afin que le masque continue de     manifester quil nest pas de notre monde, quil est mme le signe visible de ses     limites. Breton le reconnat&nbsp;; lobjet &nbsp;me touche particulirement&nbsp;,     dit-il, &nbsp;dans la mesure mme o je nen connais ni lorigine ni les     fins&nbsp;. Il insiste souvent sur l<i>aura</i> (&nbsp;telle quelle laisse toutes     marges  linterprtation&nbsp;), sur ce &nbsp;halo&nbsp; quil faut savoir ne     pas dissiper.<o:p></span></font></p>     <p class="MsoNormal"><font face="Garamond"><span lang="FR" style="font-weight: normal">Jean-Claude     Blachre,<i> </span><span lang="FR">Les Totems dAndr Breton</span></i></font></p>     <p class="MsoNormal">&nbsp;</p>     <p class="MsoNormal" align="center"><font face="Garamond"><span lang="FR" style="mso-ansi-language:FR">&nbsp;<o:p></span></font><img src="breton-atelier-2.jpg" alt="breton-atelier-2.jpg (21305 Byte)" WIDTH="350" HEIGHT="448"></p>     <p class="MsoNormal"><font face="Garamond"><span lang="FR" style="mso-ansi-language:FR">&nbsp;<o:p></o:p></span></font></p>     <p class="MsoNormal"><font face="Garamond"><span lang="FR" style="mso-ansi-language:FR">@     LHarmattan, 1996<o:p></o:p></span></font></td>     <td width="4%"></td>   </tr> </table> &nbsp;<!--msnavigation--></td></tr><!--msnavigation--></table></body> </html> 
