<html>  <head> <meta http-equiv="Content-Type" content="text/html; charset=gb2312"> <meta name="GENERATOR" content="Microsoft FrontPage 3.0"> <title>ҹ</title> </head>  <body bgcolor="066aaa" text="#FFFFFF"> <div align="left"> </div>  <hr> <font NAME="Times New Roman"><TBODY> <div align="center"><center>  <table border="0" background="../../../LIN/Bk01.jpg" width="517">   <tr>     <td width="122">           <p align="center"><font color="#FFFFFF" name="Times New Roman">ͯ</font><font color="#FFFFFF">              Contes<b> </b></font>         </td>         <td width="387"><strong><font color="#FFFFFF">Perrault</font><font face="Times New Roman"     NAME="Times New Roman" color="#004080"> </font></font><font face="Times New Roman" color="#FFCC99">Cendrillon            ou la petite pantoufle de verre </font></strong><font name="Times New Roman" color="#FFCC99"></font></td>   </tr>   <tr>     <td width="122"></td>     <td width="387"><font face="ռп" NAME="Times New Roman" color="#004080"><big><big>           <p     align="center"></big></big></font><font color="#FFFFFF" face="Times New Roman" name="Times New Roman">(</font><font color="#FFFFFF" name="Times New Roman"></font><font color="#FFFFFF" face="Times New Roman" name="Times New Roman">)              </font><font color="#FFFFFF" name="Times New Roman"></font><font color="#004080"     face="Times New Roman" NAME="Times New Roman">: </font><big><big><font name="Times New Roman" face="" color="#FFCC99">ҹ</font></big></big>         </td>   </tr> </table> </center></div><TBODY> <font face="Times New Roman">  <p>Il &eacute;tait une fois un Gentilhomme qui &eacute;pousa en secondes noces une femme,  la plus hautaine et la plus fi&egrave;re qu'on e&ucirc;t jamais vue. Elle avait deux  filles de son humeur, et qui lui ressemblaient en toutes choses. Le Mari avait de son c&ocirc;t&eacute;  une jeune fille, mais d'une douceur et d'une bont&eacute; sans exemple; elle tenait cela  de sa M&egrave;re, qui &eacute;tait la meilleure personne du monde. Les noces ne furent  pas plus t&ocirc;t faites, que la Belle-m&egrave;re fit &eacute;clater sa mauvaise humeur;  elle ne put souffrir les bonnes qualit&eacute;s de cette jeune enfant, qui rendaient ses  filles encore plus ha&iuml;ssables. Elle la chargea des plus viles occupations de la  Maison: c'&eacute;tait elle qui nettoyait la vaisselle et les mont&eacute;es, qui frottait  la chambre de Madame, et celles de Mesdemoiselles ses filles; elle couchait tout au haut  de la maison, dans un grenier, sur une m&eacute;chante paillasse, pendant que ses soeurs  &eacute;taient dans des chambres parquet&eacute;es, o&ugrave; elles avaient des lits des  plus &agrave; la mode, et des miroirs o&ugrave; elles se voyaient depuis les pieds jusqu'&agrave;  la t&ecirc;te. La pauvre fille souffrait tout avec patience, et n'osait s'en plaindre  &agrave; son p&egrave;re qui l'aurait grond&eacute;e, parce que sa femme le gouvernait  enti&egrave;rement. Lorsqu'elle avait fait son ouvrage, elle s'allait mettre au coin de la  chemin&eacute;e, et s'asseoir dans les cendres, ce qui faisait qu'on l'appelait commun&eacute;ment  dans le logis Cucendron. La cadette, qui n'&eacute;tait pas si malhonn&ecirc;te que son a&icirc;n&eacute;e,  l'appelait Cendrillon; cependant Cendrillon, avec ses m&eacute;chants habits, ne laissait  pas d'&ecirc;tre cent fois plus belle que ses soeurs, quoique v&ecirc;tues tr&egrave;s  magnifiquement. </font></p>  <p><font face="Times New Roman">Il arriva que le fils du Roi donna un bal, et qu'il en  pria toutes les personnes de qualit&eacute;: nos deux Demoiselles en furent aussi pri&eacute;es,  car elles faisaient grande figure dans le Pays. Les voil&agrave; bien aises et bien occup&eacute;es  &agrave; choisir les habits et les coiffures qui leur si&eacute;raient le mieux; nouvelle  peine pour Cendrillon, car c'&eacute;tait elle qui repassait le linge de ses soeurs et qui  godronnait leurs manchettes. On ne parlait que de la mani&egrave;re dont on s'habillerait.  &quot;Moi, dit l'a&icirc;n&eacute;e, je mettrai mon habit de velours rouge et ma garniture  d'Angleterre. - Moi, dit la cadette, je n'aurai que ma jupe ordinaire; mais en r&eacute;compense,  je mettrai mon manteau &agrave; fleurs d'or, et ma barri&egrave;re de diamants, qui n'est  pas des plus indiff&eacute;rentes.&quot; On envoya querir la bonne coiffeuse, pour dresser  les cornettes &agrave; deux rangs, et on fit acheter des mouches de la bonne Faiseuse:  elles appel&egrave;rent Cendrillon pour lui demander son avis, car elle avait le go&ucirc;t  bon. Cendrillon les conseilla le mieux du monde, et s'offrit m&ecirc;me &agrave; les  coiffer; ce qu'elles voulurent bien. En les coiffant, elles lui disaient:  &quot;Cendrillon, serais-tu bien aise d'aller au Bal? - H&eacute;las, Mesdemoiselles, vous  vous moquez de moi, ce n'est pas l&agrave; ce qu'il me faut. - Tu as raison, on rirait  bien si on voyait un Cucendron aller au Bal.&quot; Une autre que Cendrillon les aurait  coiff&eacute;es de travers; mais elle &eacute;tait bonne, et elle les coiffa parfaitement  bien. Elles furent pr&egrave;s de deux jours sans manger, tant elles &eacute;taient  transport&eacute;es de joie. On rompit plus de douze lacets &agrave; force de les serrer  pour leur rendre la taille plus menue, et elles &eacute;taient toujours devant leur  miroir. Enfin l'heureux jour arriva, on partit, et Cendrillon les suivit des yeux le plus  longtemps qu'elle put; lorsqu'elle ne les vit plus, elle se mit &agrave; pleurer. Sa  Marraine, qui la vit toute en pleurs, lui demanda ce qu'elle avait. &quot;Je voudrais bien</font>  <font face="Times New Roman">je voudrais bien</font><font face="Times New Roman">&quot;  Elle pleurait si fort qu'elle ne put achever. Sa Marraine, qui &eacute;tait F&eacute;e,  lui dit: &quot;Tu voudrais bien aller au Bal, n'est-ce pas? - H&eacute;las oui, dit  Cendrillon en soupirant. - H&eacute; bien, seras-tu bonne fille? dit sa Marraine, je t'y  ferai aller.&quot; Elle la mena dans sa chambre, et lui dit: &quot;Va dans le jardin et  apporte-moi une citrouille.&quot; Cendrillon alla aussit&ocirc;t cueillir la plus belle  qu'elle put trouver, et la porta &agrave; sa Marraine, ne pouvant deviner comment cette  citrouille la pourrait faire aller au Bal. Sa Marraine la creusa, et n'ayant laiss&eacute;  que l'&eacute;corce, la frappa de sa baguette, et la citrouille fut aussit&ocirc;t chang&eacute;e  en un beau carrosse tout dor&eacute;. Ensuite elle alla regarder dans sa sourici&egrave;re,  o&ugrave; elle trouva six souris toutes en vie; elle dit &agrave; Cendrillon de lever un  peu la trappe de la sourici&egrave;re, et &agrave; chaque souris qui sortait, elle lui  donnait un coup de sa baguette, et la souris &eacute;tait aussit&ocirc;t chang&eacute;e en  un beau cheval; ce qui fit un bel attelage de six chevaux, d'un beau gris de souris pommel&eacute;.  Comme elle &eacute;tait en peine de quoi elle ferait un Cocher: &quot;Je vais voir, dit  Cendrillon, s'il n'y a point quelque rat dans la rati&egrave;re, nous en ferons un Cocher.  - Tu as raison, dit sa Marraine, va voir.&quot; Cendrillon lui apporta la rati&egrave;re,  o&ugrave; il y avait trois gros rats. La F&eacute;e en prit un d'entre les trois, &agrave;  cause de sa ma&icirc;tresse barbe, et l'ayant touch&eacute;, il fut chang&eacute; en un  gros Cocher, qui avait une des plus belles moustaches qu'on ait jamais vues. Ensuite elle  lui dit: &quot;Va dans le jardin, tu y trouveras six l&eacute;zards derri&egrave;re  l'arrosoir, apporte-les-moi.&quot; Elle ne les eut pas plus t&ocirc;t apport&eacute;s que  la Marraine les changea en six Laquais, qui mont&egrave;rent aussit&ocirc;t derri&egrave;re  le carrosse avec leurs habits chamarr&eacute;s, et qui s'y tenaient attach&eacute;s, comme  s'ils n'eussent fait autre chose toute leur vie. La F&eacute;e dit alors &agrave;  Cendrillon: &quot;H&eacute; bien, voil&agrave; de quoi aller au bal, n'es-tu pas bien  aise? - Oui, mais est-ce que j'irai comme cela avec mes vilains habits?&quot; Sa Marraine  ne fit que la toucher avec sa baguette, et en m&ecirc;me temps ses habits furent chang&eacute;s  en des habits de drap d'or et d'argent tout chamarr&eacute;s de pierreries; elle lui donna  ensuite une paire de pantoufles de verre, les plus jolies du monde. Quand elle fut ainsi  par&eacute;e, elle monta en carrosse; mais sa Marraine lui recommanda sur toutes choses de  ne pas passer minuit, l'avertissant que si elle demeurait au Bal un moment davantage, son  carrosse redeviendrait citrouille, ses chevaux des souris, ses laquais des l&eacute;zards,  et que ses vieux habits reprendraient leur premi&egrave;re forme. Elle promit &agrave; sa  Marraine qu'elle ne manquerait pas de sortir du Bal avant minuit. Elle part, ne se sentant  pas de joie. Le Fils du Roi, qu'on alla avertir qu'il venait d'arriver une grande  Princesse qu'on ne connaissait point, courut la recevoir; il lui donna la main &agrave; la  descente du carrosse, et la mena dans la salle o&ugrave; &eacute;tait la compagnie. Il se  fit alors un grand silence; on cessa de danser, et les violons ne jou&egrave;rent plus,  tant on &eacute;tait attentif &agrave; contempler les grandes beaut&eacute;s de cette  inconnue. On n'entendait qu'un bruit confus: &quot;Ah, qu'elle est belle!&quot; Le Roi m&ecirc;me,  tout vieux qu'il &eacute;tait, ne laissait pas de la regarder, et de dire tout bas  &agrave; la Reine qu'il y avait longtemps qu'il n'avait vu une si belle et si aimable  personne. Toutes les Dames &eacute;taient attentives &agrave; consid&eacute;rer sa  coiffure et ses habits, pour en avoir d&egrave;s le lendemain de semblables, pourvu qu'il  se trouv&acirc;t des &eacute;toffes assez belles, et des ouvriers assez habiles. Le Fils  du Roi la mit &agrave; la place la plus honorable, et ensuite la prit pour la mener  danser. Elle dansa avec tant de gr&acirc;ce, qu'on l'admira encore davantage. On apporta  une fort belle collation, dont le jeune Prince ne mangea point, tant il &eacute;tait occup&eacute;  &agrave; la consid&eacute;rer. Elle alla s'asseoir aupr&egrave;s de ses soeurs, et leur  fit mille honn&ecirc;tet&eacute;s: elle leur fit part des oranges et des citrons que le  Prince lui avait donn&eacute;s, ce qui les &eacute;tonna fort, car elles ne la  connaissaient point. Lorsqu'elles causaient ainsi, Cendrillon entendit sonner onze heures  trois quarts: elle fit aussit&ocirc;t une grande r&eacute;v&eacute;rence &agrave; la  compagnie, et s'en alla le plus vite qu'elle put. D&egrave;s qu'elle fut arriv&eacute;e,  elle alla trouver sa Marraine, et apr&egrave;s l'avoir remerci&eacute;e, elle lui dit  qu'elle souhaiterait bien aller encore le lendemain au Bal, parce que le Fils du Roi l'en  avait pri&eacute;e. Comme elle &eacute;tait occup&eacute;e &agrave; raconter &agrave; sa  Marraine tout ce qui s'&eacute;tait pass&eacute; au Bal, les deux soeurs heurt&egrave;rent  &agrave; la porte; Cendrillon leur alla ouvrir. &quot;Que vous &ecirc;tes longtemps  &agrave; revenir!&quot; leur dit-elle en b&acirc;illant, en se frottant les yeux, et en s'&eacute;tendant  comme si elle n'e&ucirc;t fait que de se r&eacute;veiller; elle n'avait cependant pas eu  envie de dormir depuis qu'elles s'&eacute;taient quitt&eacute;es. &quot;Si tu &eacute;tais  venue au Bal, lui dit une de ses soeurs, tu ne t'y serais pas ennuy&eacute;e: il y est  venu la plus belle Princesse, la plus belle qu'on puisse jamais voir; elle nous a fait  mille civilit&eacute;s, elle nous a donn&eacute; des oranges et des citrons.&quot;  Cendrillon ne se sentait pas de joie: elle leur demanda le nom de cette Princesse; mais  elles lui r&eacute;pondirent qu'on ne la connaissait pas, que le Fils du Roi en &eacute;tait  fort en peine, et qu'il donnerait toutes choses au monde pour savoir qui elle &eacute;tait.  Cendrillon sourit et leur dit: &quot;Elle &eacute;tait donc bien belle? Mon Dieu, que vous  &ecirc;tes heureuses, ne pourrais-je point la voir? H&eacute;las! Mademoiselle Javotte, pr&ecirc;tez-moi  votre habit jaune que vous mettez tous les jours. - Vraiment, dit Mademoiselle Javotte, je  suis de cet avis! Pr&ecirc;tez votre habit &agrave; un vilain Cucendron comme cela: il  faudrait que je fusse bien folle.&quot; Cendrillon s'attendait bien &agrave; ce refus, et  elle en fut bien aise, car elle aurait &eacute;t&eacute; grandement embarrass&eacute;e si  sa soeur e&ucirc;t bien voulu lui pr&ecirc;ter son habit. Le lendemain les deux soeurs  furent au Bal, et Cendrillon aussi, mais encore plus par&eacute;e que la premi&egrave;re  fois. Le Fils du Roi fut toujours aupr&egrave;s d'elle, et ne cessa de lui conter des  douceurs; la jeune Demoiselle ne s'ennuyait point, et oublia ce que sa Marraine lui avait  recommand&eacute;; de sorte qu'elle entendit sonner le premier coup de minuit, lorsqu'elle  ne croyait pas qu'il f&ucirc;t encore onze heures: elle se leva et s'enfuit aussi l&eacute;g&egrave;rement  qu'aurait fait une biche. Le Prince la suivit, mais il ne put l'attraper; elle laissa  tomber une de ses pantoufles de verre, que le Prince ramassa bien soigneusement.  Cendrillon arriva chez elle bien essouffl&eacute;e, sans carrosse, sans laquais, et avec  ses m&eacute;chants habits, rien ne lui &eacute;tant rest&eacute; de toute sa magnificence  qu'une de ses petites pantoufles, la pareille de celle qu'elle avait laiss&eacute; tomber.  On demanda aux Gardes de la porte du Palais s'ils n'avaient point vu sortir une Princesse;  ils dirent qu'ils n'avaient vu sortir personne, qu'une jeune fille fort mal v&ecirc;tue,  et qui avait plus l'air d'une Paysanne que d'une Demoiselle. Quand ses deux soeurs  revinrent du Bal, Cendrillon leur demanda si elles s'&eacute;taient encore bien diverties,  et si la belle Dame y avait &eacute;t&eacute;; elles lui dirent que oui, mais qu'elle s'&eacute;tait  enfuie lorsque minuit avait sonn&eacute;, et si promptement qu'elle avait laiss&eacute;  tomber une de ses petites pantoufles de verre, la plus jolie du monde; que le fils du Roi  l'avait ramass&eacute;e, et qu'il n'avait fait que la regarder pendant tout le reste du  Bal, et qu'assur&eacute;ment il &eacute;tait fort amoureux de la belle personne &agrave;  qui appartenait la petite pantoufle. Elles dirent vrai, car peu de jours apr&egrave;s, le  fils du Roi fit publier &agrave; son de trompe qu'il &eacute;pouserait celle dont le pied  serait bien juste &agrave; la pantoufle. On commen&ccedil;a &agrave; l'essayer aux  Princesses, ensuite aux Duchesses, et &agrave; toute la Cour, mais inutilement. On  l'apporta chez les deux soeurs, qui firent tout leur possible pour faire entrer leur pied  dans la pantoufle, mais elles ne purent en venir &agrave; bout. Cendrillon qui les  regardait, et qui reconnut sa pantoufle, dit en riant: &quot;Que je voie si elle ne me  serait pas bonne!&quot; Ses soeurs se mirent &agrave; rire et &agrave; se moquer d'elle.  Le Gentilhomme qui faisait l'essai de la pantoufle, ayant regard&eacute; attentivement  Cendrillon, et la trouvant fort belle, dit que cela &eacute;tait juste, et qu'il avait  ordre de l'essayer &agrave; toutes les filles. Il fit asseoir Cendrillon, et approchant la  pantoufle de son petit pied, il vit qu'elle y entrait sans peine, et qu'elle y &eacute;tait  juste comme de cire. L'&eacute;tonnement des deux soeurs fut grand, mais plus grand encore  quand Cendrillon tira de sa poche l'autre petite pantoufle qu'elle mit &agrave; son pied.  L&agrave;-dessus arriva la Marraine, qui ayant donn&eacute; un coup de sa baguette sur les  habits de Cendrillon, les fit devenir encore plus magnifiques que tous les autres. </font></p>  <p align="justify"><font face="Times New Roman">Alors ses deux soeurs la reconnurent pour  la belle personne qu'elles avaient vue au Bal. Elles se jet&egrave;rent &agrave; ses pieds  pour lui demander pardon de tous les mauvais traitements qu'elles lui avaient fait  souffrir. Cendrillon les releva, et leur dit, en les embrassant, qu'elle leur pardonnait  de bon coeur, et qu'elle les priait de l'aimer bien toujours. On la mena chez le jeune  Prince, par&eacute;e comme elle &eacute;tait: il la trouva encore plus belle que jamais,  et peu de jours apr&egrave;s, il l'&eacute;pousa. Cendrillon, qui &eacute;tait aussi bonne  que belle, fit loger ses deux soeurs au Palais, et les maria d&egrave;s le jour m&ecirc;me  &agrave; deux grands Seigneurs de la Cour. </font></p>  <p align="center"><font face="Times New Roman">MORALITE <br> <br> La beaut&eacute; pour le sexe est un rare tr&eacute;sor, <br> De l'admirer jamais on ne se lasse; <br> Mais ce qu'on nomme bonne gr&acirc;ce <br> Est sans prix, et vaut mieux encor. <br> C'est ce qu'&agrave; Cendrillon fit avoir sa Marraine, <br> En la dressant, en l'instruisant, <br> Tant et si bien qu'elle en fit une Reine: <br> (Car ainsi sur ce Conte on va moralisant.) <br> Belles, ce don vaut mieux que d'&ecirc;tre bien coiff&eacute;es, <br> Pour engager un coeur, pour en venir &agrave; bout, <br> La bonne gr&acirc;ce est le vrai don des F&eacute;es; <br> Sans elle on ne peut rien, avec elle, on peut tout. <br> <br> AUTRE MORALITE <br> <br> C'est sans doute un grand avantage, <br> D'avoir de l'esprit, du courage, <br> De la naissance, du bon sens, <br> Et d'autres semblables talents, <br> Qu'on re&ccedil;oit du Ciel en partage; <br> Mais vous aurez beau les avoir, <br> Pour votre avancement ce seront choses vaines, <br> Si vous n'avez, pour les faire valoir, <br> Ou des parrains ou des marraines. </font></p>  <hr> </body> </html> 
