<HTML> <HEAD> <META HTTP-EQUIV="Content-Type" CONTENT="text/html; charset=windows-1252"> <META NAME="Generator" CONTENT="Microsoft Word 97"> <TITLE>LES PAULES DE CENDRILLON</TITLE> </HEAD> <BODY BGCOLOR="#FFFFCC" TEXT="#000000" LINK="#0000FF" VLINK="#6600CC" ALINK="#FF0000">  <FONT FACE="Arial" SIZE=4> <P><b>Chronique internationale</b></P> </font> <p><i>La chronique internationale pr&eacute;sente des articles provenant d'intervenants    ou de chercheurs d'autres pays. En ouvrant nos pages &agrave; des auteurs provenant    de l'&eacute;tranger, nous souhaitons faire profiter nos clients d'une information    de pointe qui permettra d'enrichir nos connaissances. L'ASSTSAS n'endosse pas    n&eacute;cessairement le contenu des articles puisqu'un des objectifs est de    trouver de nouvelles id&eacute;es, de confronter ou de confirmer nos fa&ccedil;ons    de faire.</i></p> <p>&nbsp; </p> <P><b>Les &eacute;paules de Cendrillon, loin du conte de f&eacute;es</b></P> <P><B>Niels Stoktoft Overgaard </b>journaliste</P> <P><b>Cet article est paru dans la revue Janus (num&eacute;ro 23-1, 1996, pages    10-11) et est reproduit avec autorisation. Il s'agit d'une revue d'information    en sant&eacute; et en s&eacute;curit&eacute; du travail pour les pays de la    Communaut&eacute; &eacute;conomique europ&eacute;enne. Bien que datant de deux    ans, cet article nous est apparu int&eacute;ressant, car il peut expliquer l'origine    des sympt&ocirc;mes de fatigue au niveau des &eacute;paules lorsque celles-ci    sont sollicit&eacute;es par du travail r&eacute;p&eacute;titif ou statique.</b></P> <B></B> <B>Une nouvelle &eacute;tude danoise d&eacute;montre que certaines fibres  musculaires des &eacute;paules sont sollicit&eacute;es largement et en permanence  dans les travaux monotones et r&eacute;p&eacute;titifs et qu'elles risquent, par  cons&eacute;quent, d'&ecirc;tre soumises &agrave; une surcontrainte.</B>  <P>Jusqu'&agrave; pr&eacute;sent, il a &eacute;t&eacute; difficile de d&eacute;montrer directement pourquoi les abatteurs, les couturi&egrave;res et autres personnes ayant un travail monotone ont mal aux &eacute;paules. Les radiographies, les scanners et les autres images r&eacute;sultant d'examens divers n'expliquent pas les sympt&ocirc;mes pr&eacute;sent&eacute;s, mais un groupe de chercheurs danois est sur le point de donner une explication. Ils ont trouv&eacute; qu'un des muscles importants des &eacute;paules contient une grande quantit&eacute; de fibres musculaires d'un type particulier, portant le nom populaire de fibre de Cendrillon. C'est cette partie du muscle qui travaille du d&eacute;but &agrave; la fin lorsque le muscle est en activit&eacute; tout comme la pauvre fille du conte de f&eacute;es.</P> <P>Mais dans le muscle, l'histoire ne finit pas bien. Quand autant de petites parties du muscle sont constamment en activit&eacute;, elles risquent d'&ecirc;tre soumises &agrave; une surcontrainte. Des chercheurs de l'Institut de l'hygi&egrave;ne et de la s&eacute;curit&eacute; au travail (Arbejdsmilj&oslash;instituttet) ont r&eacute;alis&eacute; des &eacute;tudes tr&egrave;s techniques. Ils ont notamment mesur&eacute; les contractions des muscles avec des &eacute;lectrodes et ont ainsi constat&eacute; que si les muscles subissent une tension constante pendant une demi-heure, il leur faut plus d'une demi-heure pour revenir &agrave; leur &eacute;tat normal et &ecirc;tre &agrave; nouveau performants, m&ecirc;me si dans leur ensemble, les muscles ne se fatiguent pas beaucoup.</P>  <P>&nbsp;</P> <B><P>La fatigue et la surcontrainte</P> </B><P>Chef du projet, la chercheuse et physiologiste Bente Rona Jensen affirme qu'un muscle peut sans probl&egrave;me &ecirc;tre fatigu&eacute; de temps en temps. Mais si cela se produit de fa&ccedil;on r&eacute;p&eacute;t&eacute;e, sans que ce muscle ait la possibilit&eacute; de revenir &agrave; l'&eacute;tat normal, il risque de subir une surcontrainte, explique Bente R. Jensen.</P> <P>Se basant sur cette &eacute;tude, elle indique les aspects &agrave; prendre en consid&eacute;ration sur le lieu de travail : il est important que le travail soit organis&eacute; de fa&ccedil;on &agrave; &eacute;viter que certains muscles ne soient tellement sollicit&eacute;s que cela demande une longue p&eacute;riode de r&eacute;cup&eacute;ration. Les t&acirc;ches doivent &ecirc;tre vari&eacute;es, de sorte que la contrainte soit r&eacute;partie sur diff&eacute;rents muscles. Mais Bente R. Jensen souligne &eacute;galement un &eacute;l&eacute;ment nouveau, &agrave; savoir que la contrainte sur un muscle particulier ne doit pas &ecirc;tre toujours la m&ecirc;me. Il n'est sans doute pas suffisant de passer d'une t&acirc;che &agrave; une autre, en changeant seulement l&eacute;g&egrave;rement la position de la main, du bras ou des &eacute;paules, car dans ce cas, il y a de fortes chances pour que les m&ecirc;mes parties du muscle soient sollicit&eacute;es.</P> <P>Jusqu'&agrave; pr&eacute;sent, certains chercheurs ont cru que diff&eacute;rentes parties du muscle &eacute;taient actives lorsque le muscle se contractait ou se rel&acirc;chait aux rythmes habituels dans les t&acirc;ches r&eacute;p&eacute;titives. Mais notre &eacute;tude prouve que si le sch&eacute;ma moteur et les angles restent pratiquement les m&ecirc;mes. Dans ce cas, ce sont les m&ecirc;mes parties du muscle qui travaillent.</P>  <P>&nbsp;</P> <B><P>Les nerfs et les muscles</P> </B><P>L'&eacute;tude fait partie d'un nouveau rapport &eacute;manant du fonds de l'hygi&egrave;ne et de la s&eacute;curit&eacute; au travail (Arbejdsmilj&oslash;fondet) intitul&eacute; L'activit&eacute; &eacute;lectrique des muscles dans les t&acirc;ches monotones et r&eacute;p&eacute;titives. Bente R. Jensen a r&eacute;alis&eacute; des travaux de recherche avec des chefs de service, notamment le D<SUP>r</SUP> Gisela Sj&oslash;gaard et Marianne Pilegaard, dipl&ocirc;m&eacute;e en sciences, qui travaillent &eacute;galement toutes les deux &agrave; l'Institut de l'hygi&egrave;ne et de la s&eacute;curit&eacute; au travail. (...)</P> <P>La nouvelle &eacute;tude porte sur la relation entre nerfs et muscles, c'est-&agrave;-dire les fonctions neuromusculaires. Bente R. Jensen fait remarquer qu'il y a d'autres fa&ccedil;ons d'&eacute;valuer la contrainte exerc&eacute;e sur les muscles, par exemple d'un point de vue m&eacute;canique ou anatomique ou en tenant compte du m&eacute;tabolisme.</P> <P>Les trois chercheuses ont &eacute;tudi&eacute; les unit&eacute;s motrices des muscles. Ces unit&eacute;s sont les plus petites parties du muscle ayant une fonction autonome. Une unit&eacute; motrice est constitu&eacute;e, d'une part, de fibres musculaires et, d'autre part, d'une cellule nerveuse qui donne l'ordre au muscle de faire quelque chose, par exemple de se contracter. Il y a plusieurs unit&eacute;s motrices qui entrent en action quelle que soit l'activit&eacute; entreprise. Certaines d'entre elles interviennent lorsqu'on doit utiliser beaucoup de force, d'autres, par exemple, pour des travaux de pr&eacute;cision qui demandent peu de force.</P>  <P>&nbsp;</P> <B><P>La surcontrainte l&eacute;g&egrave;re</P> </B><P>Chacun sait qu'un muscle peut &ecirc;tre surcontraint si, par exemple, une personne doit soulever une lourde charge. Par contre, il a &eacute;t&eacute; difficile de faire admettre que des dommages peuvent &eacute;galement r&eacute;sulter d'un travail l&eacute;ger, comme la saisie sur ordinateur et d'autres types de t&acirc;ches monotones et r&eacute;p&eacute;titives, lorsqu'elles sont ex&eacute;cut&eacute;es sur une longue p&eacute;riode. Mais l'&eacute;tude de la fonction des unit&eacute;s motrices peut permettre de donner une explication. Certaines de ces unit&eacute;s sont constamment sollicit&eacute;es lorsqu'on travaille en utilisant peu de force, alors que d'autres ne travaillent pas du tout. Le travail n'est pas &eacute;galement r&eacute;parti et une sollicitation constante peut entra&icirc;ner une surcontrainte des diff&eacute;rentes unit&eacute;s motrices.</P> <P>Les chercheuses ont utilis&eacute; un groupe t&eacute;moin. Ces personnes sont rest&eacute;es assises avec les bras lev&eacute;s l&eacute;g&egrave;rement sur le c&ocirc;t&eacute; pendant une demi-heure. Cela correspond &agrave; la contrainte &agrave; laquelle beaucoup de travailleurs effectuant des t&acirc;ches monotones et r&eacute;p&eacute;titives soumettent leurs &eacute;paules. Apr&egrave;s 30 minutes, elles ont &eacute;t&eacute; autoris&eacute;es &agrave; baisser les bras et ont &eacute;t&eacute; en observation pendant une demi-heure. Entre-temps, les chercheuses ont effectu&eacute; une s&eacute;rie de mesures sur les muscles des &eacute;paules. Pendant la demi-heure o&ugrave; les bras &eacute;taient lev&eacute;s, les muscles ont &eacute;t&eacute; tr&egrave;s sollicit&eacute;s. Cela a &eacute;t&eacute; d&eacute;montr&eacute; par les signaux &eacute;lectriques et confirm&eacute; par le groupe t&eacute;moin.</P>  <P>&nbsp;</P> <B><P>Beaucoup de fibres de Cendrillon</P> </B><P>Dans un des muscles les plus importants de l'&eacute;paule, pas moins de 95 % des unit&eacute;s motrices examin&eacute;es sont constamment actives. C'est beaucoup plus que dans le muscle du bras, o&ugrave; seulement 66 % des unit&eacute;s motrices sont constamment en activit&eacute; pour la m&ecirc;me contrainte. Il y a donc beaucoup plus de fibres de Cendrillon dans le muscle de l'&eacute;paule.</P> <P>Qu'est-ce qui fait la <I>diff&eacute;rence? </I>C'est une bonne question, r&eacute;pond Bente R. Jensen. Cela s'explique en partie par la fa&ccedil;on dont les muscles sont faits pour &ecirc;tre utilis&eacute;s. Est-ce que le muscle de l'&eacute;paule est moins capable de supporter les <I>contraintes constantes li&eacute;es </I>&agrave; un travail monotone et r&eacute;p&eacute;titif? Aucun muscle n'est fait pour ce type de travail!</P>  <P>&nbsp;</P> <B><P>La pleine puissance</P> </B><P>Pour soulever le bras, tous les muscles de l'&eacute;paule n'utilisent que 10 &agrave; 12 % de la force qu'ils peuvent d&eacute;ployer. Mais les mesures des diff&eacute;rentes unit&eacute;s motrices actives montrent qu'elles ne fournissent pas moins de 30 &agrave; 50 % de ce qu'elles sont capables de fournir.</P> <P>Ces chiffres expliquent &eacute;galement le risque accru de surcontrainte.</P>  <P>&nbsp;</P> <B><P>La fatigue</P> </B><P>Quand un muscle commence &agrave; &ecirc;tre fatigu&eacute;, mais qu'il continue &agrave; travailler, il peut se comporter de deux fa&ccedil;ons. La premi&egrave;re possibilit&eacute; est d'activer d'autres unit&eacute;s motrices qui, en fait, ne devraient intervenir que lorsqu'on a besoin de beaucoup de force. En principe, les petites unit&eacute;s motrices qui ont peu de fibres interviennent pour effectuer des mouvements pr&eacute;cis (par exemple la commande des mouvements des yeux). Les unit&eacute;s motrices plus importantes interviennent pour des t&acirc;ches n&eacute;cessitant de la force (par exemple les muscles des cuisses), mais elles n'ont pas autant de pr&eacute;cision.</P> <P>Il n'est pas bon que des unit&eacute;s motrices qui interviennent normalement pour des t&acirc;ches requ&eacute;rant de la force soient activ&eacute;es en raison de la fatigue, car le travail monotone et r&eacute;p&eacute;titif demande souvent de la pr&eacute;cision, d&eacute;clare Bente R. Jensen. L'organisme r&eacute;agit &eacute;galement &agrave; la fatigue en activant certaines unit&eacute;s motrices plus rapidement. Si, par exemple, elles sont normalement activ&eacute;es 10 fois par seconde, on va peut-&ecirc;tre passer &agrave;<I> </I>12 ou 14 fois par seconde. Elles travaillent plus sans que le r&eacute;sultat soit am&eacute;lior&eacute; et, en cons&eacute;quence, il y a un risque accru de surcontrainte et de grande fatigue.</P>  <P>&nbsp;</P> <B><P>Le repos</P> </B><P>Ces deux r&eacute;actions des unit&eacute;s motrices &agrave; la fatigue donnent des r&eacute;sultats diff&eacute;rents lorsque enfin, il y a une possibilit&eacute; de repos. La capacit&eacute; d'activation d'autres unit&eacute;s, plus fortes, est d&eacute;j&agrave; r&eacute;tablie apr&egrave;s environ 10 minutes. Par contre, la fr&eacute;quence d'activation n'est pas revenue au niveau normal apr&egrave;s une demi-heure de repos, m&ecirc;me lorsque le muscle n'a utilis&eacute; que 10 &agrave; 12 % de ses capacit&eacute;s.</P> <P><I>Combien de </i>temps faut-il pour qu'il <I>revienne &agrave; </I>son &eacute;tat normal? Nous ne le savons pas, r&eacute;pond Bente R. Jensen. Nous n'avons pas fait de mesures au-del&agrave; d'une demi-heure.</P>  <B><P>R&eacute;f&eacute;rences</P> </B><P>Sch&eacute;ma d'activit&eacute; des muscles dans les t&acirc;ches monotones et r&eacute;p&eacute;titives, rapport de Bente R. Jensen, Arbejdsmilj&oslash;fondet i Danmark, Table des mati&egrave;res en anglais. </P> <P>Extraits : Jensen, B. R., Pilegaard, M., Sj&oslash;gaard, G.: <I>Electromyograph changes at motor unit level during fatiguing contraction and recovery, </I>Livre d'extraits, International society of biomechanics, Jyv&auml;skyl&auml;, p. 432 et 433.</P> <P>Bente R. Jensen : Institut national de l'hygi&egrave;ne et de la s&eacute;curit&eacute; au travail, Lers&oslash; Parkall&eacute; 105, DK-21&nbsp;00 Copenhague &Oslash; ; t&eacute;l. (45) 39 29 97 11, t&eacute;l&eacute;copieur (45) 39 27 01 07.</P> <B> </B><I><P>Version Internet d'un article de la revue Objectif pr&eacute;vention, vol. 21, n<SUP>o</SUP> 3, page 30.</P></I></BODY> </HTML> 
