{\rtf1\ansi\ansicpg1252\uc1 \deff4\deflang1036\deflangfe1036{\fonttbl{\f0\froman\fcharset0\fprq2{\*\panose 02020603050405020304}Times New Roman;}{\f4\froman\fcharset0\fprq2{\*\panose 02020603050405020304}Times;} {\f5\fswiss\fcharset0\fprq2{\*\panose 00000000000000000000}Helvetica;}{\f7\fswiss\fcharset0\fprq2{\*\panose 00000000000000000000}Geneva{\*\falt Arial};}{\f335\froman\fcharset238\fprq2 Times New Roman CE;} {\f336\froman\fcharset204\fprq2 Times New Roman Cyr;}{\f338\froman\fcharset161\fprq2 Times New Roman Greek;}{\f339\froman\fcharset162\fprq2 Times New Roman Tur;}{\f340\froman\fcharset177\fprq2 Times New Roman (Hebrew);} {\f341\froman\fcharset178\fprq2 Times New Roman (Arabic);}{\f342\froman\fcharset186\fprq2 Times New Roman Baltic;}}{\colortbl;\red0\green0\blue0;\red0\green0\blue255;\red0\green255\blue255;\red0\green255\blue0;\red255\green0\blue255;\red255\green0\blue0; \red255\green255\blue0;\red255\green255\blue255;\red0\green0\blue128;\red0\green128\blue128;\red0\green128\blue0;\red128\green0\blue128;\red128\green0\blue0;\red128\green128\blue0;\red128\green128\blue128;\red192\green192\blue192;}{\stylesheet{ \ql \li0\ri0\sl240\slmult0\widctlpar\faauto\rin0\lin0\itap0 \f4\fs24\cf1\lang1033\langfe1036\cgrid\langnp1033\langfenp1036 \snext0 Normal;}{\*\cs10 \additive Default Paragraph Font;}}{\info{\author pilorget}{\operator pilorget} {\creatim\yr2003\mo1\dy15\hr11\min45}{\revtim\yr2003\mo1\dy15\hr12\min8}{\version2}{\edmins13}{\nofpages4}{\nofwords1974}{\nofchars11253}{\*\company MAE}{\nofcharsws13819}{\vern8269}}\paperw11900\paperh16840\margl1100\margr1100\margt1220\margb1220  \facingp\widowctrl\ftnbj\aenddoc\hyphhotz0\aftnnar\noxlattoyen\expshrtn\noultrlspc\dntblnsbdb\nospaceforul\hyphcaps0\horzdoc\dghspace120\dgvspace120\dghorigin1701\dgvorigin1984\dghshow0\dgvshow3\jcompress\viewkind1\viewscale100\nolnhtadjtbl \fet0\sectd  \linex0\headery709\footery709\colsx709\sectdefaultcl {\*\pnseclvl1\pnucrm\pnstart1\pnindent720\pnhang{\pntxta .}}{\*\pnseclvl2\pnucltr\pnstart1\pnindent720\pnhang{\pntxta .}}{\*\pnseclvl3\pndec\pnstart1\pnindent720\pnhang{\pntxta .}}{\*\pnseclvl4 \pnlcltr\pnstart1\pnindent720\pnhang{\pntxta )}}{\*\pnseclvl5\pndec\pnstart1\pnindent720\pnhang{\pntxtb (}{\pntxta )}}{\*\pnseclvl6\pnlcltr\pnstart1\pnindent720\pnhang{\pntxtb (}{\pntxta )}}{\*\pnseclvl7\pnlcrm\pnstart1\pnindent720\pnhang{\pntxtb (} {\pntxta )}}{\*\pnseclvl8\pnlcltr\pnstart1\pnindent720\pnhang{\pntxtb (}{\pntxta )}}{\*\pnseclvl9\pnlcrm\pnstart1\pnindent720\pnhang{\pntxtb (}{\pntxta )}}\pard\plain \ql \li0\ri0\sl240\slmult0\widctlpar\faauto\rin0\lin0\itap0  \f4\fs24\cf1\lang1033\langfe1036\cgrid\langnp1033\langfenp1036 {\f5\fs20  \par }\pard \qc \li0\ri0\sl240\slmult0\widctlpar\faauto\rin0\lin0\itap0 {\f5\fs144  \par CENDRILLON \par  \par  \par  \par  \par CHARLES PERRAULT}{\f5\fs20  \par }\pard \ql \li0\ri0\sl240\slmult0\widctlpar\faauto\rin0\lin0\itap0 {\f5\fs20  \par  \par  \par  \par  \par  \par  \par  \par  \par  \par }\pard \qc \li0\ri0\sl240\slmult0\widctlpar\faauto\rin0\lin0\itap0 {\f7\fs20 CENDRILLON OU LA PETITE PANTOUFLE DE VERRE \par  \par CONTE \par }\pard \qj \li0\ri0\sl240\slmult0\widctlpar\faauto\rin0\lin0\itap0 {\f7\fs20  \par Il \'e9tait une fois un Gentilhomme qui \'e9pousa en secondes noces une femme, la plus hautaine et la plus fi\'e8re qu'on e\'fbt jamais vue. Elle avait deux filles de son humeur, et qui lui ressemblaient en toutes choses. Le Mari avait de son c\'f4t\'e9  une jeune fille, mais d'une douceur et d'une bont\'e9 sans exemple ; elle tenait cela de sa M\'e8re, qui \'e9tait la meilleure personne du monde. Les noces ne furent pas plus t\'f4t faites, que la Belle-m\'e8re fit \'e9 clater sa mauvaise humeur; elle ne put souffrir les bonnes qualit\'e9s de cette jeune enfant, qui rendaient ses filles encore plus ha\'efssables. Elle la chargea des plus viles occupations de la Maison: c'\'e9tait elle qui  nettoyait la vaisselle et les mont\'e9es, qui frottait la chambre de Madame, et celles de Mesdemoiselles ses filles ; elle couchait tout au haut de la maison, dans un grenier, sur une m\'e9chante paillasse, pendant que ses soeurs \'e9 taient dans des chambres parquet\'e9es, o\'f9 elles avaient des lits des plus \'e0 la mode, et des miroirs o\'f9 elles se voyaient depuis les pieds jusqu'\'e0 la t\'eate. La pauvre rifle souffrait tout avec patience, et n'osait s'en plaindre \'e0 son p \'e8re qui l'aurait grond\'e9e, parce que sa femme le gouvernait enti\'e8rement. \par Lorsqu'elle avait fait son ouvrage, elle s'allait mettre au coin de la chemin\'e9e, et s'asseoir dans les cendres, ce qui faisait qu'on l'appelait commun\'e9ment dans le logis Culcendron. La cadette, qui n'\'e9tait pas si malhonn\'eate que son a\'een\'e9 e, l'appelait Cendrillon; cependant Cendrillon, avec ses m\'e9chants habits, ne laissait pas d'\'eatre cent fois plus belle que ses soeurs, quoique v\'eatues tr\'e8s magnifiquement. \par Il arriva que le Fils du Roi donna un bal, et qu'il en pria toutes les personnes de qualit\'e9 : nos deux Demoiselles en furent aussi pri\'e9es, car elles faisaient grande figure dans le Pays. Les voil\'e0 bien aises et bien occup\'e9es \'e0  choisir les habits et les coiffures qui leur si\'e9raient le mieux ; nouvelle peine pour Cendrillon, car c'\'e9tait elle qui repassait le linge de ses soeurs et qui godronnait leurs manchettes. On ne parlait que de la mani\'e8 re dont on s'habillerait. Moi, dit l'a\'een\'e9e, je mettrai mon habit de velours rouge et ma garniture d'Angleterre. Moi, dit la cadette, je n'aurai que ma jupe ordinaire; mais en r\'e9compense, je mettrai mon manteau \'e0 fleurs d'or et ma barri\'e8 re de diamants, qui n'est pas des plus indiff\'e9rentes. \par On envoya qu\'e9rir la bonne coiffeuse, pour dresser les cornettes \'e0 deux rangs, et on fit acheter des mouches de la bonne Faiseuse : elles appel\'e8rent Cendrillon pour lui demander son avis, car elle avait le go\'fb t bon. Cendrillon les conseilla le mieux du monde, et s'offrit m\'eame \'e0 les coiffer ; ce qu'elles voulurent bien. En les coiffant, elles lui disaient: Cendrillon, serais-tu bien aise d'aller au Bal ? H\'e9 las, Mesdemoiselles, vous vous moquez de moi, ce n'est pas l\'e0 ce qu'il me faut. Tu as raison, on rirait bien si on voyait un Culcendron aller au Bal. Une autre que Cendrillon les aurait coiff\'e9es de travers ; mais elle \'e9tait bon ne, et elle les coiffa parfaitement bien. Elles furent transport\'e9es de joie. On rompit plus de douze lacets \'e0 force de les serrer pour leur rendre la taille plus menue, et elles \'e9 taient toujours devant leur miroir. Enfin l'heureux jour arriva, on partit, et Cendrillon les suivit des yeux le plus longtemps qu'elle put ; lorsqu'elle ne les vit plus, elle se mit \'e0  pleurer. Sa Marraine qui la vit toute en pleurs, lui demanda ce qu'elle avait. Je voudrais bien... je voudrais bien... Elle pleurait si fort qu'elle ne put achever. Sa Marraine, qui \'e9tait F\'e9 e, lui dit : Tu voudrais bien aller au Bal, n'est-ce pas ? H\'e9las oui, dit Cendrillon en soupirant. H\'e9 bien, seras-tu bonne fille ? dit sa Marraine, je t'y ferai aller. Elle la mena dans sa chambre, et lui dit : \par Va dans le jardin et apporte-moi une citrouille. Cendrillon alla aussit\'f4t cueillir la plus belle qu'elle put trouver, et la porta \'e0  sa Marraine, ne pouvant deviner comment cette citrouille la pourrait faire aller au Bal. Sa Marraine la creusa, et n'ayant laiss\'e9 que l'\'e9corce, la frappa de sa baguette, et la citrouille fut aussit\'f4t chang\'e9e en un beau carrosse tout dor\'e9 . Ensuite elle alla regarder dans sa sourici\'e8re, o\'f9 elle trouva six souris toutes envie; elle dit \'e0 Cendrillon de lever un peu la trappe de la sourici\'e8re, et \'e0 chaque souris qui sortait, elle lui donnait un coup de baguette, et la souris  \'e9tait aussit\'f4t chang\'e9e en un beau cheval ; ce qui fit un bel attelage de six chevaux, d'un beau gris de souris pommel\'e9. Comme elle \'e9tait en peine de quoi elle ferai t un Cocher : Je vais voir, dit Cendrillon, s'il n'y a point quelque rat dans la rati\'e8re, nous en ferons un Cocher. Tu as raison, dit sa Marraine, va voir. Cendrillon lui apporta la rati\'e8re, o\'f9 il y avait trois gros rats. La F\'e9 e en prit un d'entre les trois, \'e0 cause de sa ma\'eetresse barbe, et l'ayant touch\'e9, il fut chang\'e9 en un gros Cocher, qui avait une des plus belles moustaches qu'on ait jamais vues. Ensuite elle lui dit : Va dans le jardin, tu y trouveras six l \'e9zards derri\'e8re l'arrosoir, apporte les-moi. Elle ne les eut pas plus t\'f4t apport\'e9s que la Marraine les changea en six Laquais, qui mont\'e8rent aussit\'f4t derri\'e8re le carrosse avec leurs habits chamarr\'e9s, et qui s'y tenaient attach\'e9 s, comme s'ils n'eussent fait autre chose toute leur vie. La F\'e9e dit alors \'e0 Cendrillon : H\'e9 bien, voil\'e0 de quoi aller au Bal, n'es-tu pas bien aise ? \par Oui, mais est-ce que j'irai comme cela avec mes vilains habits? Sa Marraine ne fit que la toucher avec sa baguette, et en m\'eame temps ses habits furent chang\'e9s en des habits de drap d'or et d'argent tout chamarr\'e9 s de pierreries ; elle lui donna ensuite une paire de pantoufles de verre, les plus jolies du monde. Quand elle fut ainsi par\'e9e, elle monta en carrosse; mais sa Marraine lui recommanda sur toutes choses de ne pas passer min uit, l'avertissant que si elle demeurait au Bal un moment davantage, son carrosse redeviendrait citrouille, ses chevaux des souris, ses laquais des l\'e9zards, et que ses vieux habits reprendraient leur premi\'e8re forme. Elle promit \'e0  sa Marraine qu'elle ne man querait pas de sortir du Bal avant minuit. Elle part, ne se sentant pas de joie. Le Fils du Roi, qu'on alla avertir qu'il venait d'arriver une grande Princesse qu'on ne connaissait point, courut la recevoir ; il lui donna la main \'e0  la descente du carrosse, et la mena dans la salle o\'f9 \'e9tait la compagnie. Il se fit alors un grand silence; on cessa de danser et les violons ne jou\'e8rent plus, tant on \'e9tait attentif \'e0 contempler les grandes beaut\'e9 s de cette inconnue. On n'entendait qu'un bruit confus: Ah, qu'elle est belle ! Le Roi m\'eame, tout vieux qu'il \'e9tait, ne laissait pas de la regarder et de dire tout bas \'e0  la Reine qu'il y avait longtemps qu'il n'avait vu une si belle et si aimable personne. Toutes les Dames \'e9taient attentives \'e0 consid\'e9rer sa coiffure et ses habits, pour en avoir d\'e8s le lendemain de semblables, pourvu qu'il se trouv\'e2t des  \'e9toffes assez belles, et des ouvriers assez habiles. Le Fils du Roi la mit \'e0 la place la plus honorable, et ensuite la prit pour la mener danser. Elle dansa avec tant de gr\'e2 ce, qu'on l'admira encore davantage. On apporta une fort belle collation, dont le jeune Prince ne mangea point, tant il \'e9tait occup\'e9 \'e0 la consid\'e9rer. Elle alla s'asseoir aupr\'e8s de ses soeurs, et leur fit mille honn\'eatet\'e9 s : elle leur fit part des oranges et des citrons que le Prince lui avait donn\'e9s, ce qui les \'e9tonna fort, car elles ne la connaissaient point. Lorsqu'elles causaient ainsi, Cendrillon entendit sonner onze heures trois quarts : elle fit aussit\'f4 t une grande r\'e9v\'e9rence \'e0 la compagnie, et s'en alla le plus vite qu'elle put. D\'e8s qu'elle fut arriv\'e9e, elle alla trouver sa Marraine, et apr\'e8s l'avoir remerci\'e9 e, elle lui dit qu'elle souhaiterait bien aller encore le lendemain au Bal, parce que le Fils du Roi l'en avait pri\'e9e. Comme elle \'e9tait occup\'e9e \'e0 raconter \'e0 sa Marraine tout ce qui s'\'e9tait pass\'e9 au Bal, les deux soeurs heurt\'e8rent  \'e0 la porte ; Cendrillon leur alla ouvrir. Que vous \'eates longtemps \'e0 revenir ! leur dit-elle en b\'e2illant, et se frottant les yeux, et en s'\'e9tendant comme si elle n'e\'fbt fait que de se r\'e9 veiller; elle n'avait cependant pas eu envie de dormir depuis qu'elles s'\'e9taient quitt\'e9es. Si tu \'e9tais venue au Bal, lui dit une de ses soeurs, tu ne t'y serais pas ennuy\'e9e : il y est venu la plus belle Princesse, la plus belle qu'on puisse ja mais voir, elle nous a fait mille civilit\'e9s, elle nous a donn\'e9 des oranges et des citrons. Cendrillon ne se sentait pas de joie: elle leur demanda le nom de cette Princesse ; mais elles lui r\'e9 pondirent qu'on ne la connaissait pas, que le Fils du Roi en \'e9tait fort en peine, et qu'il donnerait toutes choses au monde pour savoir qui elle \'e9tait. Cendrillon sourit et leur dit : Elle \'e9tait donc bien belle ? Mon Dieu, que vous \'ea tes heureuses, ne pourrais-je point la voir ? H\'e9las ! Mademoiselle Javotte, pr\'eatez-moi votre habit jaune que vous mettez tous les jours. Vraiment, dit Mademoiselle Javotte, je suis de cet avis, pr\'eatez votre habit \'e0  un vilain Culcendron comme cela: il faudrait que je fusse bien folle. Cendrillon s'attendait bien \'e0 ce refus, et elle en fut bien aise, car elle aurait \'e9t\'e9 grandement embarrass\'e9e si sa soeur e\'fbt bien voulu lui pr\'ea ter son habit. Le lendemain les deux soeurs furent au Bal, et Cendrillon aussi, mais encore plus par\'e9e que la premi\'e8re fois. Le Fils du Roi fut toujours aupr\'e8s d'elle, et n e cessa de lui conter des douceurs ; la jeune Demoiselle ne s'ennuyait point, et oublia ce que sa Marraine lui avait recommand\'e9, de sorte qu'elle entendit sonner le premier coup de minuit, lorsqu'elle ne croyait pas qu'il f\'fbt encore onze heures :  \par elle se leva et s'enfuit aussi l\'e9g\'e8 rement qu'aurait fait une biche : le Prince la suivit, mais il ne put l'attraper ; elle laissa tomber une de ses pantoufles de verre, que le Prince ramassa bien soigneusement. Cendrillon arriva chez elle bien essouffl\'e9e, sans carr osse, sans laquais, et avec ses m\'e9chants habits, rien ne lui \'e9tant rest\'e9 de toute sa magnificence qu'une de ses petites pantoufles, la pareille de celle qu'elle avait laiss\'e9 e tomber. On demanda aux Gardes de la porte du Palais s'ils n'avaient point vu sortir une Princesse ; ils dirent qu'ils n'avaient vu sortir personne, qu'une jeune fille fort mal v\'ea tue, et qui avait plus l'air d'une Paysanne que d'une Demoiselle. Quand ses deux soeurs revinrent du Bal, Cendrillon leur demanda si elles s'\'e9taient encore bien diverties, et si la belle Dame y avait \'e9t\'e9  ; elles lui dirent que oui, mais qu'elle s'\'e9tait enfuie lorsque minuit avait sonn\'e9, et si promptement qu'elle avait laiss\'e9 tomber une de ses petites pantoufles de verre, la plus jolie du monde ; que le Fils du Roi l'avait ramass\'e9 e, et qu'il n'avait fait que la regarder pendant tout le reste du Bal, et qu'assur\'e9ment il \'e9tait fort amoureux de la belle personne \'e0 qui appartenait la petite pantoufle. Elles dirent vrai, car peu de jours apr\'e8s, le Fils du Roi fit publier  \'e0 son de trompe qu'il \'e9pouserait celle dont le pied serait bien juste \'e0 la pantoufle. On commen\'e7a \'e0 l'essayer aux Princesses, ensuite aux Duchesses, et \'e0  toute la Cour, mais inutilement. On l'apporta chez les deux soeurs, qui firent tout leur possible pour faire entrer leur pied dans la pantoufle, mais elles ne purent en venir \'e0  bout. Cendrillon qui les regardait, et qui reconnut sa pantoufle, dit en riant : Que je voie si elle ne me serait pas bonne, ses soeurs se mirent \'e0 rire et \'e0 se moquer d'elle. Le Gentilhomme qui faisait l'essai de la pantoufle, ayant regard\'e9  attentivement Cendrillon, et la trouvant fort belle, dit que cela \'e9tait juste, et qu'il avait ordre de l'essayer \'e0 toutes les filles. Il fit asseoir Cendrillon, et approchant la pantoufle de s on petit pied, il vit qu'elle y entrait sans peine, et qu'elle y \'e9tait juste comme de cire. L'\'e9tonnement des deux soeurs fut grand, mais plus grand encore quand Cendrillon tira de sa poche l'autre petite pantoufle qu'elle mit \'e0 son pied. L\'e0 -dessus arriva la Marraine, qui ayant donn\'e9 un coup de sa baguette sur les habits de Cendrillon, les fit devenir encore plus magnifiques que tous les autres. \par Alors ses deux soeurs la reconnurent pour la belle personne qu'elles avaient vue au Bal. Elles se jet\'e8rent \'e0 ses p ieds pour lui demander pardon de tous les mauvais traitements qu'elles lui avaient fait souffrir. Cendrillon les releva, et leur dit, en les embrassant, qu'elle leur pardonnait de bon coeur, et qu'elle les priait de l'aimer bien toujours. On la mena chez  le jeune Prince, par\'e9e comme elle l'\'e9tait : il la trouva encore plus belle que jamais, et peu de jours apr\'e8s, il l'\'e9pousa. Cendrillon qui \'e9tait aussi bonne que belle, fit loger ses deux soeurs au Palais, et les maria d\'e8s le jour m\'eame  \'e0 deux grands Seigneurs de la Cour. \par  \par MORALIT\'c9 \par La beaut\'e9 pour le sexe est un rare tr\'e9sor  \par De l'admirer jamais on ne se lasse ;  \par Mais ce qu'on nomme bonne gr\'e2ce  \par Est sans prix, et vaut mieux encor \par C'est ce qu'\'e0 Cendrillon fit savoir sa Marraine,  \par En la dressant, en linstruisant,  \par Tant et si bien qu'elle en fit une Reine. \par (Car ainsi sur ce Conte on va moralisant. ) \par Belles, ce don vaut mieux que d'\'eatre bien coiff\'e9es,  \par Pour engager un coeur pour en venir \'e0 bout,  \par La bonne gr\'e2ce est le vrai don des F\'e9es ;  \par Sans elle on ne peut rien, avec elle, on peut tout. \par  \par AUTRE MORALIT\'c9 \par c'est sans doute un grand avantage, D'avoir de l'esprit, du courage, De la naissance, du bon sens, Et d'autres semblables talents, Qu'on re\'e7oit du ciel en partage ; Mais vous aurez beau le s avoir. Pour votre avancement ce seront choses vaines, Si vous n'avez, pour les faire valoir. Ou des parrains ou des marraines. \par }\pard \ql \li0\ri0\sl240\slmult0\widctlpar\faauto\rin0\lin0\itap0 {\f5\fs20  \par  \par }{\f7\fs20  \par }} 
