<!DOCTYPE html PUBLIC "-//W3C//DTD HTML 4.0 Transitional//EN" "http://www.w3.org/TR/REC-html40/loose.dtd">  <html>   <head> <!--  -->     <title>Hors Champ (Cinma) No-classicisme hollywoodien et dshistorisation</title>     <meta http-equiv="Content-Type" content="text/html; charset=iso-8859-1">     <meta name="author" content="Jean-Philippe Gravel">     <meta name="keywords" content="hors, champ, horschamp, hors-champ">     <meta name="description" content="No-classicisme hollywoodien et dshistorisation"> <!--  -->     <link rel="stylesheet" href="horschamp-article.css" type="text/css">   </head>    <body bottommargin="0" leftmargin="0" marginheight="0" marginwidth="0" bgcolor="#666666" text="#000000" link="#000000" vlink="#000000" alink="#000000"> <!--  --> <!-- table principale -->     <table width="100%" border="0" cellspacing="0" cellpadding="0" align="center">       <tbody> <!-- en-tte Hors Champ --> 	<tr> 	  <td rowspan="1" colspan="1" width="50%"></td>	   	  <td rowspan="1" colspan="1" bgcolor="#cccccc"> <img src="IMG/tit_hors.gif" alt="logo Hors Champ" height="80" width="112" border="0"></td> 	  <td rowspan="1" colspan="1" width="50%"></td>	   	</tr> 	<tr> 	  <td rowspan="1" colspan="1" width="50%"></td>	   	  <td rowspan="1" colspan="1"> <!-- cadre noir (extrieur) --> 	    <table border="0" cellspacing="0" cellpadding="1" bgcolor="#000000"> 	      <tbody> 		<tr> 		  <td> <!-- cadre noir (intrieur) --> 		    <table width="634" border="0" cellspacing="0" cellpadding="0" bgcolor="#ffffff"> 		      <tbody> <!-- menu haut --> 			<tr> 			  <td rowspan="1" colspan="1" align="center"> 			      <font size="2">&nbsp;</font> 			      <font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"> 			      <a href="http://www.horschamp.qc.ca/">Sommaire</a> <!--  --> 			      &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<a href="article.php3?id_article=9">Abonnement</a> <!--  --> <!--  --> 			      &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<a href="rubrique.php3?id_rubrique=1">Cinma</a> <!--  --> <!--  --> 			      &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<a href="rubrique.php3?id_rubrique=2">Mdias et Socit</a> <!--  --> <!--  --> 			      &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<a href="article.php3?id_article=104">Br&egrave;ves</a> <!--  --> <!--  --> 			      &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<a href="article.php3?id_article=10">Liens</a> <!--  --> <!--  --> 			      &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<a href="article.php3?id_article=11">Courrier</a> <!--  --> 			    </font> 			  </td> 			</tr> <!-- filet horizontal --> 			<tr> 			  <td bgcolor="black"><img src="IMG/1px.gif" height="1" width="1"></td> 			</tr> <!-- nom rubrique actuelle sur fond rouge --> <!-- 			 --> 			<tr bgcolor="#CC0001"> 			  <td> 			    <b class="whitebolder">&nbsp;&nbsp;<font 				face="Arial, Helvetica, sans-serif" 				size="4" color="#FFFFFF">Cinma</font></b> 			  </td> 			</tr> <!-- 			 -->  <!-- corps --> 			<tr> 			  <td> 			    <table width="100%" border="0" cellspacing="0" cellpadding="20"> 			      <tbody> <!-- titre, sous-titre, auteur(e)(s) --> <!--  --> 					<tr> 					    <td rowspan="1" colspan="1" valign="top" width="234"> <!--  --> </td>   					    <td rowspan="1" colspan="1" align="right" valign="top" width="100%"> 					    <p class="para-titre" align="right"><b>N&Eacute;O-CLASSICISME HOLLYWOODIEN ET D&Eacute;SHISTORISATION<br> 					        </b></p> 					    <p align="right"><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2"><br>par<b><i> <!--  --> 						  Jean-Philippe Gravel<br> <!--  --> 						  </b></i></font> 					      <font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="1">septembre 1998</font></p> 					  </td> 					</tr> 					<tr> 					  <td rowspan="1" colspan="2"> <!-- chapeau --> 					     <!-- texte --> 					    <p class="spip" align="left"><p class="spip">Au dbut d' <b class="spip"> tout jamais</b> (vf. d' <b class="spip">Ever After</b> ), une vieille aristocrate du dbut du XIXe sicle (Jeanne Moreau) annonce  nul autre que les frres Grimm - nous sommes au dbut du XIXe sicle - qu'elle leur contera l'histoire de la &nbsp;vraie&nbsp; Cendrillon. Le film recule alors de trois sicles et le rcit commence... Rien de nouveau dans ce procd narratif qui consiste  dvelopper quelque prologue au rcit, question de bien ancrer le sempiternel &nbsp;il tait une fois&nbsp; dans le contexte d'une narration orale, qui se rclame - a fait partie du procd - d'un rel lointain. Prsenter ainsi au spectateur une variante &nbsp;qui ferait vrai&nbsp; sur le compte de Cendrillon l'avertit surtout qu'il n'y trouvera point de Carrosses-Citrouilles et de marraines-fes (bien qu'on y trouvera  leur place Lonard de Vinci, ce qui est dj pas mal), et qu'on tentera de respecter un tant soit peu le cadre historique - avec ses personnages-clefs - du conte. </p> <p class="spip">Cependant, malgr l'autorit dont se rclame Jeanne Moreau, force est de constater que sa mmoire prouve de srieux rats. Comme les vnements relats concident avec l'arrive de Lonard de Vinci  la cour de Franois 1er, on peut les situer en 1516 exactement. Or Danielle (Drew Barrimore, la vraie Cendrillon), qui a alors 18 ans, dvore un livre qu'elle dtient depuis 10 ans - dernier cadeau de feu son pre - qui n'est nul autre qu'Utopia, de Thomas More, publi dans les faits en 1516 galement... Autre dtail, qui ne fait qu'aggraver la situation, cette vraie Cendrillon semble, selon toutes apparences, tomber amoureuse du prince Henri (Dougray Scott), qui ne naquit qu'en 1519&nbsp;!&nbsp;!&nbsp;! Et je ne parle pas de ce pauvre Lonard de Vinci qui, sitt arriv en France, se fait dvaliser par des gitans en voie de lui voler sa joconde, qu'il trimballe enroule dans un tui cylindrique - alors que l'original ft peint sur du bois. </p> <p class="spip">Naturellement, comme nous avons tout de mme affaire  un conte de fes,  une nime histoire de Princes Charmants, recenser de telles erreurs ne peut tre que mesquin. Pourquoi, en somme, faudrait-il se casser la tte  inventer de toutes pices des allgories alors que l'histoire regorge de noms illustres qui ne demandent qu' tre vids de leur substance pour servir d'automates du grand Conte Hollywoodien&nbsp;? Et naturellement, ce qui compte dans ce spectacle, son objet premier,  part le fric, demeure l'authenticit de l'motion. Mais il reste que mme face aux plus sommaires notions d'histoires, assister  l'enchanement de ces perles grosses comme le bras, le caractre historiquement chti que rvle en l'occasion ce genre de bourdes, ne semble pas avoir de prcdent nulle part ailleurs qu'au cinma, qui fait preuve alors d'une incomptence de politicien dmagogue. Comme si on prparait  l'intention d'une horde d'analphabtes des publications  l'orthographe approximatif, question de ne pas trop les effaroucher avec les complications du langage... Ce dont il y aurait lgitimement de quoi s'offusquer. </p> <p class="spip">En tous les cas, tre sensible  ce genre d'erreurs, c'est forcment constater l'incroyable marge de licence que s'accorde le cinma hollywoodien quant aux contextes qu'il glane ici et l dans les autres cultures. On constate alors que les productions du cinma d'poque hollywoodien cde de plus en plus grandes parts de ce qui lui reste de soui du vridique aux approximations - le terme est faible - du vraisemblable. </p> <p class="spip">Cette capacit inpuisable  triturer le fil et le dtail de l'histoire, pour les plier aux exigences spcifiques du conte - cette totale absence de gne (y'a plus rien de sacr) devant l'utilisation comme personnages fictifs de figures relles (Lonard de Vinci en sous Merlin scientifique), donc comme des apparences de plus, relve-t-elle simplement de la navet, ou participe-t-elle d'une entreprise de dmontage beaucoup plus sournoise&nbsp;? </p> <p class="spip">Car <b class="spip">Ever After</b> n'est pas le seul cas de cette espce&nbsp;: il confirme un tat de fait qui dvoile une pratique courante, un fait qui relve de la majorit, voire l'unanimit de la production hollywoodienne. Lorsque <b class="spip">The man in the Iron Mask</b> se termine en mentionnant que le rgne de Louis XIV (incarn par Leonardo di Caprio) ft un &nbsp;rgne de paix&nbsp;, il commet une entorse majeure  l'histoire qui ne sert qu' prserver la logique de conte romanesque dont il relve, et qui exige une note finale paisible (mais  quel prix&nbsp;?). Cela ne serait sans doute pas si grave si la sortie de ce genre de film n'tait souvent accompagne de la publication d'ouvrages appuyant la vracit de leur propos... </p> <p class="spip">C'est aussi le mme genre de mystification qui ft saluer par une certaine frange de la critique le film <b class="spip">Titanic</b> comme un bon compte-rendu des conflits de classe au dbut du sicle, et cela malgr la reprsentation minemment folklorique et archtypale dont bnficient les passagers proltaires de l'infortun bateau -comme une horde roturire baignant dans une atmosphre de carnaval et de clbration permanente, sans autrement faire mention, par exemple, des luttes syndicales qui faisaient rage  l'poque. </p> <p class="spip">Ainsi en gommant la ralit de l'poque de tout ce qui ne pourrait pas se conformer  leur logique de conte difiant, l'invitable happy-end par lequel se rsoudent leurs intrigues - pourtant situes la plupart du temps  une poque historiquement transitoire,  l'image du Titanic coulant avec les idaux d'une technologie toute-puissante qui est pourtant plus prgnante que jamais aujourd'hui - ces films s'empressent de refermer la brche des questions qu'ils ont vits comme s'il n'y avait plus rien  en dire, et qu'il n'tait pas ncessaire au spectateur de les approfondir de lui-mme. Car on sait bien qu'aprs les happy-end, il ne se passe plus rien. </p> <p class="spip">Cependant la rduction des faits historiques au statut de livres d'images vides accompagne un ajustement du propos vers un discours qui, ne nous y trompons pas, occuppe une fonction bien prcise. La logique du conte, et le patron qu'il calque  partir du scnario-type de l'amour courtois (soit de la rencontre entre deux personnages situs  des niveaux opposs de l'chelle sociale), tant tout juste assez moderniss pour se plier  la dfense d'un certain individualisme picurien majoritairement prn par le discours publicitaire. On ne s'tonnera pas que a soit d'abord au hros roturier de cette alliance illgitime que ces valeurs reviennent&nbsp;: ainsi la philosophie de Leonardo di Caprio, dans <b class="spip">Titanic</b>, consiste-t-elle  &nbsp;faire en sorte que chaque jour compte&nbsp;, tout comme le Henri d' <b class="spip">Ever After</b>, ennuy par les artifices de la royaut qui se veut son hritage, dcouvre chez la souillon Drew Barrymore une &nbsp;intensit de vivre rencontre chez personne d'autre&nbsp;. Ainsi le reprsentant des valeurs individualistes contemporaines s'impose-t-il en hros moderne, comme celui qui a su dire non au carcan de l'avenir et de l'hritage que sa classe lui lgue. Cette figure du hros individualiste voyage, de <b class="spip">Titanic</b>  <b class="spip">Ever After</b>,  travers tous les ges de l'histoire, comme une figure permanente, universelle et dshistoricisante. En consquence, l'histoire est neutralise au point de ne plus exister&nbsp;: son paysage n'est plus hant que par des strotypes modernes&nbsp;: et toutes les luttes de l'histoire se rduisent au devenir de quelques ternels combattants de la cause de cet individualisme digne d'une pub de coca-cola. </p> <p class="spip">Dans ce domaine, il n'y a pas de doute que la mmoire troue de Jeanne Moreau ressemble  celle du cinma hollywoodien&nbsp;: parseme de trous gigantesques qu'il faudrait contourner au nom de la sacro-sainte et ternelle authenticit du sentiment, prouv ici et maintenant, par le spectateur. Et, comme on sait, ces films cherchent bien  souligner qu'ils s'attardent  des poques barbares qui font bien d'tre rvolues&nbsp;: aujourd'hui chacun est libre de faire en sorte que &nbsp;chaque jour compte&nbsp;, en un monde dlest de son esprit de caste. Vraiment&nbsp;?&nbsp;?&nbsp;? </p> <p class="spip">Je me dois d'avouer que ce sont ces travers qui m'incitent  consommer rgulirement ce genre de cinma, malgr la haine que je lui voue. Les travers du cinma d'poque, no-classique hollywoodien, m'apparassent comme particulirement dommageables au sens o, contrairement par exemple au cinma fantastique (dont l'cart avec le rel est manifeste d'emble), les constructions fantasmatiques de ce cinma continuent de prtendre  une certaine vracit dans leurs rfrences. Milan Kundera avait bien raison lorsqu'il prvoyait qu'&nbsp;avant de tomber dans l'oubli, nous serons changs en kitsch&nbsp;&nbsp;: le cinma d'poque hollywoodien ne pourrait pas en offrir de preuve plus vivante.</p>  				          </td> 					</tr> <!-- notes --> 		                         <!--  -->  			      </tbody> 			    </table> 			  </td> 			</tr> <!-- filet horizontal --> 			<tr> 			  <td rowspan="1" valign="middle" bgcolor="black" 			    height="1"></td> 			</tr> <!-- menu bas --> 			<tr> 			  <td align="center"> 			    <font size="2">&nbsp;</font> 			    <font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"> 			      <a href="http://www.horschamp.qc.ca">Sommaire</a> <!--  --> 			      &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<a href="article.php3?id_article=9">Abonnement</a> <!--  --> <!--  --> 			      &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<a href="rubrique.php3?id_rubrique=1">Cinma</a> <!--  --> <!--  --> 			      &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<a href="rubrique.php3?id_rubrique=2">Mdias et Socit</a> <!--  --> <!--  --> 			      &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<a href="article.php3?id_article=104">Br&egrave;ves</a> <!--  --> <!--  --> 			      &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<a href="article.php3?id_article=10">Liens</a> <!--  --> <!--  --> 			      &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<a href="article.php3?id_article=11">Courrier</a> <!--  --> 			    </font> 			  </td> 			</tr>  		      </tbody> 		    </table> 		  </td> 		</tr> 	      </tbody> 	    </table> 	  </td> 	  <td rowspan="1" colspan="1" width="50%"></td>	   	</tr>       </tbody>     </table> <!--  -->   </body> </html> <!-- Keep this comment at the end of the file Local variables: mode: sgml sgml-omittag:nil sgml-shorttag:nil End: --> 
