<!-- Vignette StoryServer 4 Tue Apr 22 11:16:22 2003 -->  <html> <head> <title>Le Monde interactif - Manal Khader, Cendrillon palestinienne</title> </head>  <body bgcolor="#ffffff"> <blockquote> <FONT FACE="Verdana" SIZE=-1>  <img src="http://a1692.g.akamai.net/f/1692/2042/1d/medias.lemonde.fr/medias/info/lemonde.gif"      vspace=10 alt="LeMonde.fr"><hr size=1 noshade>  <P> <B><FONT SIZE=+1>Manal Khader, Cendrillon palestinienne</FONT></B>  <P> <font size="-1"><img src="http://a1692.g.akamai.net/f/1692/2042/1d/medias.lemonde.fr/medias/info/fleche1.gif" width="6" height="6" hspace=1 alt=""> LE MONDE | 30.09.02 | 12h09</font>  <P><P><B>Dans le film d&#39;Elia Suleiman, "Intervention divine" la journaliste, qui a grandi &#224; Ramallah, interpr&#232;te une "wonderwoman" qui franchit un barrage isra&#233;lien pour rejoindre son amant.</B><P><P> <P> <P>Elle est, dans le film <I>Intervention divine, </I>du Palestinien Elia Suleiman (en salles le 2&#160;octobre), l&#39;aim&#233;e du personnage principal, interpr&#233;t&#233; dans une veine keatonienne par le cin&#233;aste lui-m&#234;me. Tout &#224; la fois une jeune femme douce interdite par la sombre r&#233;alit&#233; de l&#39;occupation isra&#233;lienne, et une <I>wonderwoman</I> activ&#233;e par l&#39;imagination du cin&#233;aste au service d&#39;une revanche d&#39;autant plus efficace et flamboyante qu&#39;hallucin&#233;e. Gageons que ceux qui verront bient&#244;t sur les &#233;crans Manal Khader ne seront pas pr&#232;s de l&#39;oublier, tandis que, sur une sensationnelle reprise de <I>I Put a Spell on You</I>, de feu Screamin&#39;Jay Hawkins, par Natacha Atlas, elle jette un sort &#224; la soldatesque isra&#233;lienne en traversant &#224; longues et sensuelles enjamb&#233;es le stupide barrage qui la s&#233;pare de son amant.</P> <P>A la crois&#233;e du clip publicitaire, du dessin anim&#233; et d&#39;un avatar moyen-oriental de James Bond, cette sc&#232;ne savoureuse ne r&#233;v&#232;le pas seulement l&#39;humour ravageur d&#39;Elia Suleiman &#224; l&#39;&#233;gard d&#39;une situation politique qui confine au d&#233;sespoir, elle t&#233;moigne aussi du fait que l&#39;occupation n&#39;an&#233;antit ni la vie ni le d&#233;sir, et celui qu&#39;inspire au cin&#233;aste son &#233;lectrisante &#233;g&#233;rie lui ferait manifestement traverser tous les barrages de la terre.</P> <P>D&#39;o&#249; le myst&#232;re Manal Khader, que le film est loin de d&#233;voiler. A Paris pour quelques jours, la jeune femme &#224; l&#39;&#233;l&#233;gance &#233;lanc&#233;e ne correspond pas vraiment &#224; ce que ses apparitions film&#233;es laissent supposer d&#39;elle. N&#233;e en 1968, &#224; J&#233;rusalem, de parents palestiniens de confession orthodoxe, elle a grandi &#224; Ramallah, o&#249; elle a suivi sa scolarit&#233; dans une &#233;cole priv&#233;e tenue par des quakers am&#233;ricains. Elev&#233;e par ses parents dans le souvenir de la terre perdue &#8211; la famille de sa m&#232;re a d&#251; fuir Jaffa du jour au lendemain, lors de la guerre de 1948 &#8211;, elle conserve un souvenir de son enfance que l&#39;amertume n&#39;a pas entach&#233;&#160;: <I>"Paradoxalement, l&#39;atmosph&#232;re &#224; Ramallah n&#39;&#233;tait pas si &#233;touffante que cela au d&#233;but de l&#39;occupation, il y avait m&#234;me place pour une certaine expansion &#233;conomique. J&#39;en conserve un bon souvenir, en d&#233;pit des r&#233;cits de ma m&#232;re, qui pour moi appartenaient &#224; une r&#233;alit&#233; lointaine, f&#233;erique. C&#39;est dans les ann&#233;es 1980 que les choses ont commenc&#233; &#224; changer, sans doute &#224; cause de la maturit&#233;, mais aussi de la pr&#233;sence isra&#233;lienne qui se faisait de plus en plus lourde et oppressante. J&#39;ai senti alors que mon espace vital se r&#233;tr&#233;cissait."</I></P> <P>En 1986, c&#39;est le d&#233;but de la premi&#232;re Intifada. Manal, inscrite &#224; l&#39;universit&#233; de Bir-Zeit, est envoy&#233;e par son p&#232;re, qui craint pour elle, &#224; l&#39;&#233;tranger. Ce sera l&#39;Allemagne, chez un oncle install&#233; de longue date. Elle a dix-sept ans, c&#39;est son premier voyage hors de Palestine. Seule &#224; Berlin, elle est cens&#233;e y &#233;tudier la politique et la sociologie. En fait, elle c&#232;de aux tentations de la ville. Le rappel &#224; l&#39;ordre paternel est sans appel&#160;: elle doit d&#233;m&#233;nager &#224; Bielefeld, en Rh&#233;nanie, o&#249; elle ach&#232;ve ses &#233;tudes de sociologie cinq ans plus tard. Elle envisage alors de s&#39;installer durablement en Allemagne, et, se destinant au journalisme, d&#233;croche un stage dans un journal local.</P><B> <P>ENTR&#201;E DANS LE JOURNALISME</P></B> <P>C&#39;est, encore une fois, compter sans la volont&#233; paternelle. Six ann&#233;es pass&#233;es loin de sa fille ont amplement suffi &#224; M.&#160;Khader, qui profite du retour de l&#39;enfant prodigue au bercail pour lui interdire toute nouvelle escapade. On est en 1992, Manal a vingt-quatre ans et, apr&#232;s avoir go&#251;t&#233; &#224; la vie tr&#233;pidante d&#39;une grande ville occidentale, l&#39;horizon de Ramallah lui para&#238;t plus r&#233;tr&#233;ci que jamais&#160;: <I>"Lorsque je suis retourn&#233;e &#224; Ramallah, le couvre-feu impos&#233; par les Isra&#233;liens commen&#231;ait &#224; 17&#160;heures. En Allemagne, la vie commen&#231;ait pour moi &#224; 20&#160;heures. C&#39;&#233;tait horrible." </I>Qu&#39;&#224; cela ne tienne. La jeune femme va mettre &#224; profit son exp&#233;rience et sa connaissance des langues &#233;trang&#232;res (elle parle au moins arabe, fran&#231;ais, anglais et allemand) pour r&#233;tablir le lien avec l&#39;ext&#233;rieur, en devenant productrice pour la cha&#238;ne de t&#233;l&#233;vision allemande ARD ainsi que pour MBC, une cha&#238;ne satellitaire arabe install&#233;e &#224; Londres.</P> <P>C&#39;est aussi l&#39;occasion pour la jeune femme, bas&#233;e &#224; Tel-Aviv pour les besoins de son m&#233;tier, de se familiariser avec l&#39;h&#233;breu, et partant avec ses locuteurs&#160;: <I>"Je ne connaissais jusqu&#39;alors les Isra&#233;liens que comme occupants et je les d&#233;testais. Le fait de c&#244;toyer des coll&#232;gues isra&#233;liens ou de devoir assister aux enterrements des victimes d&#39;attentats a ind&#233;niablement chang&#233; mon &#233;tat d&#39;esprit et m&#39;a appris &#224; consid&#233;rer ceux d&#39;en face comme des &#234;tres humains. Mon m&#233;tier, avec ce qu&#39;il suppose d&#39;objectivit&#233;, m&#39;a &#233;galement forc&#233;e &#224; infl&#233;chir l&#39;expression passionnelle de la militante palestinienne que je suis et que je reste. Je trouve qu&#39;on est en train de perdre beaucoup de temps dans la solution de ce conflit, qui est simple&#160;: il faut que l&#39;occupation cesse imm&#233;diatement et que deux Etats existent l&#39;un &#224; c&#244;t&#233; de l&#39;autre, m&#234;me si, personnellement, la notion d&#39;Etat a tendance &#224; me rendre claustrophobe."</I></P> <P>Manal Khader a en tout cas beaucoup de m&#233;rite &#224; professer cette opinion, elle qui, r&#233;sidant durant un an &#224; J&#233;rusalem avec son mari, journaliste de l&#39;AFP, s&#39;est vu d&#233;livrer par les autorit&#233;s isra&#233;liennes une autorisation de s&#233;jour qui lui interdisait de demeurer en ville au-del&#224; de minuit. La moderne "Cendrillon", comme elle se nomme aussit&#244;t, a donc d&#251; trafiquer la carte d&#39;identit&#233; d&#39;une amie pour pouvoir vivre avec son prince charmant et donner naissance, en 1996, a sa fille Yasmine.</P> <P>Et le cin&#233;ma dans tout cela&#160;? Il arrive dans la vie de Manal Khader par une voie d&#233;tourn&#233;e, sur une ligne de destin d&#233;nomm&#233;e Elia Suleiman. Elle a fait sa connaissance en 1992, au cours de la pr&#233;sentation d&#39;un de ses films &#224; J&#233;rusalem. Le courant passe, l&#39;amiti&#233; suit, ainsi que l&#39;implication grandissante de la jeune femme dans le processus d&#39;&#233;criture des films du cin&#233;aste.</P> <P>Elia Suleiman finit par lui proposer d&#39;interpr&#233;ter l&#39;h&#233;ro&#239;ne de son nouveau film, dont l&#39;&#233;pisode du passage en force et en charme du barrage isra&#233;lien est directement inspir&#233; de leur histoire commune. D&#39;un naturel plut&#244;t r&#233;serv&#233;, Manal Khader a fini par se piquer au jeu, sans pour autant r&#234;ver de faire carri&#232;re. Ce r&#244;le lui va en tout cas &#224; merveille, elle qui estime que les femmes palestiniennes <I>"sont plus fortes, plus entreprenantes et plus intelligentes que les hommes".</I> Le film, qui n&#39;a pas encore &#233;t&#233; montr&#233; &#224; Ramallah en raison de la d&#233;gradation de la situation politique, vient d&#39;&#234;tre achet&#233; par un distributeur isra&#233;lien, qui donne sans le savoir raison &#224; cette femme trop &#233;prise de sa libert&#233; pour la sacrifier au d&#233;sespoir.</P> <P><B>Jacques Mandelbaum</B></P> <HR>  <P><B>Biographie</B></P> <P> <P><STRONG>1968<BR></STRONG>Naissance &#224; J&#233;rusalem.</P> <P><B>1986<BR></B>Etudie la sociologie en Allemagne.</P> <P><B>1992<BR></B>Journaliste pour la t&#233;l&#233;vision allemande en Palestine et en Isra&#235;l.</P> <P><B>2002<BR></B>Premier r&#244;le au cin&#233;ma dans "Intervention divine", d&#39;Elia Suleiman.</P><p><a href="javascript:window.history.back()"><img src="http://a1692.g.akamai.net/f/1692/2042/1d/medias.lemonde.fr/medias/info/impression/retour.gif" border="0" alt="Retour &agrave; l'article"></a> <p> <FONT SIZE="-1"> <hr size=1 noshade> <span class=unetxt>Droits de <a  class=unetxt href="/article/0,5987,3388--139039-,00.html"><u>reproduction</u></a> et de <a  class=unetxt href="/article/0,5987,3388--139039-,00.html"><u>diffusion</u></a> rservs  <STRONG>Le Monde</STRONG> 2003<br><STRONG>Usage strictement personnel.</STRONG> L'utilisateur du site reconnat avoir pris connaissance de la <a  class=unetxt href="/article/0,5987,3388--139039-,00.html"><u>licence</u></a> de droits d'usage, en accepter et en respecter les dispositions.<BR><a  class=unetxt href="/article/0,5987,3388--139040-,00.html"><u>Politique</u></a> de confidentialit du site. </span><a  class=unetxt href="http://faq.lemonde.fr"><u>Besoin d'aide ? faq.lemonde.fr</u></a></span></FONT> </FONT> </blockquote> <!-- appel  lib_gen_tags_comptage -->  <script> <!-- var gvar=""; //--></script> <script src="http://tag.lemonde.fr/tag/tag.js"></script> <!--[if GTE IE 5]><script Language="JavaScript">//For IE5 try {gotag();}catch(e) {};gvar="O";</script><![endif]--> <SCRIPT LANGUAGE="JavaScript1.4"> <!--//For Netscape 6 if (gvar!="O") {try {gotag();}catch(e) {};gvar="O";} //--></SCRIPT> <SCRIPT LANGUAGE="JavaScript"> <!--//For other with no try-catch if (gvar!="O") {gotag();gvar="O"}//--> </SCRIPT>    <!-- DEBUT / Cybermonitor / START --> <SCRIPT LANGUAGE="JavaScript"><!-- CM_RUBRIQUE="WWW_Imprimer_Article"; CM_CLIENT="lemondev3"; CM_SECTION1=""; // --></SCRIPT> <script language="javascript" src="http://js.cybermonitor.com/lemondev3.js"> </script>	 <NOSCRIPT> <IMG SRC="http://stat3.cybermonitor.com/lemondev3_v?R=WWW_Imprimer_Article&S=total"></NOSCRIPT>     	 		 <script language="JavaScript1.1"> <!-- hsh = new Date(); hsd = document; TAG_COMPTAGE="WWW_Imprimer_Article"; TAG_SITE="&s2=15"; hsi = '<img width="1" height="1" src="http://logc2.xiti.com/hit.xiti?s=43260'+TAG_SITE hsi += '&p='+TAG_COMPTAGE+'&hl=' + hsh.getHours() + 'x' + hsh.getMinutes() + 'x' + hsh.getSeconds(); if(parseFloat(navigator.appVersion)>=4) {Xiti_s=screen;hsi += '&r=' + Xiti_s.width + 'x' + Xiti_s.height + 'x' + Xiti_s.pixelDepth + 'x' + Xiti_s.colorDepth;} hsd.writeln(hsi + '&ref=' + hsd.referrer.replace('&', '$') + '" >'); //--> </script> <noscript> <img width="1" height="1" src="http://logc2.xiti.com/hit.xiti?s=43260&s2=15&p=WWW_Imprimer_Article&" > </noscript>  </body> </html> 
