<!DOCTYPE HTML PUBLIC "-//W3C//DTD HTML 3.2 Final//FR">    <HTML>  <HEAD>  	<TITLE>La traduction tchque de Cendrillon</TITLE>  	<meta http-equiv="Content-Type" content="text/html; charset=ISO-8859-1">    </HEAD>    <body bgcolor="White" text="Black" link="Blue" vlink="Blue">  <code><a name="#debut"></a>La lisibilit dans la traduction tchque de Cendrillon<hr align="LEFT" size="2" width="450" color="Black" noshade>  La littrature enfantine est, dans un certain sens, une sorte spcifique de la littrature. Pour trouver la nature de cette spcificit, nous pouvons prendre pour le point de dpart la dfinition de la littrature propose par Roman Jakobson. Celui-ci dfinit la littrature comme un acte de communication. Lors de cette communication, un message est transmis entre un metteur et un rcepteur :<br> EMETTEUR > MESSAGE > RECEPTEUR<br> Le message est encod dans un code commun  tous les deux participants de la communication. Pour que la communication soit ralisable, le message doit tre dcodable pour son rcepteur. Dans le cas de la littrature enfantine, le message est transmis entre un metteur adulte et un rcepteur enfantin. Il sagit donc dune littrature qui a un destinataire spcifique. Mais la spcificit de la littrature enfantine se trouve dans le texte littraire mme, cest--dire dans le message. La forme et le contenu de ce message sont accessibles au lecteur enfantin. Les psychologues parlent de la lisibilit. Cette lisibilit est dfinit comme une qualit perceptive dun crit. Elle est lie au contenu du texte,  sa forme et aux caractristiques du lecteur.<br> La lisibilit se manifeste dans les deux niveaux du texte littraire : dans le niveau linguistique et dans le niveau thmatique. Le vocabulaire des livres pour enfants est concret, quotidien, les termes abstraits sont rares. Les phrases simples et les propositions juxtaposes prdominent dans la syntaxe. Les motifs dynamiques qui font progresser laction sont plus nombreux que les motifs statiques (descriptions, commentaires). A la diffrence de lanticipation du lecteur, la lisibilit ne doit pas tre ncessairement intentionnelle. Cest pourquoi Frantiek Tenck divise la littrature enfantine en intentionnelle et non-intentionnelle.<br> Le principe fondamental de la traduction est celui dquivalence. Le contenu et la fonction du texte traduit devraient tre quivalents au contenu et  la fonction du texte original. Voil pourquoi la lisibilit, le trait spcifique de chaque ouvrage pour enfants, devrait tre prsente aussi dans la traduction. Mais celui qui traduit pour les enfants est gnralement adulte. Le texte quil traduit ne lui est donc pas destin. Lacte de communication entre adulte et enfant se trouve coup par un lment tranger.<br> E (adulte) > M1 > T (adulte) > M2 > R (enfant)<br> Pour garder la lisibilit du texte le traducteur adopte diffrents procds qui assurent que loeuvre soit lisible mme aux enfants de la langue et de la culture diffrentes.<br> Lanalyse de la traduction tchque du conte merveilleux Cendrillon montrera de quels procds il sagit.<br> Les Contes de ma mre Loye ont t publis pour la premire fois en 1697. Leur succs a t norme et il ne sest pas dmanti jusqu nos jours. Marc Soriano attribue ce succs au style sobre et fficace de louvrage,  lavance accord aux besoins de lenfance. Et cest Frantiek Hrubn, lun des plus grands potes pour enfants tchque, qui a traduit en tchque cette oeuvre classique de la littrature enfantine.<br> Lors de sa traduction, le conte Cendrillon a subi des changements qui relvent le souci du traducteur de simplifier pour lenfant tchque la rception de loeuvre. En respectant les capacits perceptives de lenfant le traducteur renforce la lisibilit du conte merveilleux dans le nouveau contexte.<br> En ce qui concerne le niveau linguistique du texte, le traducteur traduit certaines expressions par des tournures populaires, il utilise souvent des comparaisons :<br> Il fit asseoir Cendrillon, et approchant la pantoufle de son petit pied, il vit quelle y entroit sans peine [...] || Posadil Popelku, nastavil strevicek a jej nozka do neho vjela jako po msle. [PH 157/104] <br> Certaines phrases ne sont pas traduites littralement, mais leur traduction respecte la tradition des contes merveilleux du pays darrive. Cest surtout le cas de la formule initiale du conte :<br> Il estoit une fois un Gentilhomme qui pousa en secondes nopces une femme [...] || Byl jednou jeden velmoz a ten se podruh ozenil. [PH 151/99]<br> Mais les expressions caractristiques pour les contes merveilleux tchques apparraissent aussi dans la traduction dautres expressions :<br> L-dessus arriva la Marraine [...] || Ale kde se vzala tu se vzala, hned tu byla kmotricka [PH 157/104]<br> Linfluence de la tradition du pays se manifeste aussi dans la traduction des noms propres. Il serait difficile de traduire le nom de Cendrillon autrement que par Popelka.<br> Dans la syntaxe, Frantiek Hrubn limine les phrases complexes. Il les remplace soit par les phrases simples, soit il substitue les propositions subordonnes par les propositions juxtaposes :<br> [...] la pauvre fille souffroit tout avec patience, et nosoit sen plaindre  son pre qui lauroit gronde, parce que sa femme le gouvernoit entirement. || Uboh dvka to vechno trpelive snela a neodvzila se postezovat si otci, jete by j vyhuboval, nov zena ho docela ovldla. [PH 151/99]<br> Les changements qui touchent le niveau thmatique ne sont pas nombreux. Ils concernent surtout la transposition de la ralit trop loigne de la ralit quotidienne des petits lecteurs. Le traducteur cherche surtout  viter les notes en bas de page. Celles-ci alourdissent le texte. Par exemple la phrase :<br> On envoya querir la bonne coffeuse pour dresser les cornettes  deux rangs et on fit acheter des mouches de la bonne Faiseuse [...]<br> est explique dans le texte franais par la note : Ce sont les modes du temps o lauteur crivait. La version tchque, au contraire, nexige aucune explication :<br> Poslaly pro vyhlenho kadernka a u nejlepch dodavatelu daly nakoupit pudru, vonavek a krmu. [PH 152/100]<br> Les changements cits prouvent que le traducteur travaille consciement avec la notion de lisibilit. La remarque par laquelle Frantiek Hrubn a accompagn sa traduction semble confirmer cette prsupposition :<br> At mi odbornci odpust, ze jsem se, i kdyz je preklad presn, nedrzel vzdycky Perraultova stylu a nekter odstavce zduvernil tm, ze jsem se oprel pri konecn prave o nai pohdkovou tradici. Jsem presvedcen, ze jsem tm Perraultovy neublzil.<p>  LITTERATURE<br> primaire :<br> [PH]<br> Perrault, Charles : Contes de ma mre Loye. Editions de Cluny, Paris 1948.<br> Perrault, Charles : Pohdky matky Husy. Prel. a poznmku napsal Frantiek Hrubn. Praha, Albatros 1972.<br>  secondaire :<br> Dictionnaire de psychologie. Publi sous la direction de Roland Doron et Franoise Parot. PUF, Paris 1991.<br> Jakobson, Roman : Essais de linguistique gnrale. Traduit de langlais et prfac par Nicolas Ruwet. Les ditions de minuit, Paris 1971.<br> Soriano, Marc : Guide de littrature pour la jeunesse. Courants, problmes, choix dauteurs. Flammarion, Paris 1975.<br> Tenck Frantiek : Cetba mldeze v poctcch obrozen. SNDK, Praha 1962.<br>   <p align="right">Copyright 2000 Ludek Janda<p>  Janda, Ludek: La lisibilit dans la traduction tchque de "Cendrillon".<br>  <li><a href="#debut">retour au dbut du document</a>  </code>  </BODY></HTML> 
