<html> <head> <title>Untitled Document</title> <!-- Meta http equivalent was here                                   --> <SCRIPT Language="Javascript"> // Pull-Down Menu Navigation Function   function PageChanger(page) {                document.location= page;            document.NavForm.PullDown.options[0].selected=true;     } </SCRIPT> <base target=_top> <style type="text/css"> <!-- h1 {font-size:xx-large;} h2 {font-size:x-large;} h3 {font-size:large;} h4 {font-size:medium;} h5 {font-size:small;} h6 {font-size:xx-small;}  P.font[size=1] {font-size:xx-small;} P.font[size=2] {font-size:small;} P.font[size=3]{font-size:medium;} P.font[size=4] {font-size:large;} P.font[size=5] {font-size:x-large;} P.font[size=6]{font-size:xx-large;} P.font[size=7]{font-size:300%}  P.font[size=-1] {font-size:smaller;}  P.font[size=+1] {font-size:larger;} P.font[size=+2] {font-size:150%} P.font[size=-2] {font-size:60%} P.font[size=+4]{font-size:400%}  .cell9 {font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; font-size:9px;} .cell10 {font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; font-size:10px;} .cell11 {font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; font-size:11px;} .cell12 {font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; font-size:12px;} .cell13 {font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; font-size:13px;} .cell14 {font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; font-size:14px;} .cell14t {font-family: "Times New Roman", Times, serif; font-size:14px;} .cell18 {font-family: "Times New Roman", Times, serif; font-size:18px;} .cell24 {font-family: "Times New Roman", Times, serif; font-size:24px;}  #space {  font-family: "Courier New", Courier, mono; letter-spacing:0.3em } EM {background-color:#000066; color:white}  .linespace {line-height:1.2}  .alink {font-family: "Times New Roman", Times, serif; color:#989818; text-decoration:none} .atitl {font-family: "Times New Roman", Times, serif; color:#000066; text-decoration:none} .amenu { color:#333300; text-decoration:none} .amenu1 { color:#333300; text-decoration:underline} .alight { color:#E0E1C6; text-decoration:none} .alist { color:#CCCCCC; text-decoration:none; font-size:11px;} .abordo {  font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; color: #990000} UL      { margin-left: 2cm }  UL UL   { text-decoration: underline;           margin-left: .5cm } 		   .imgleft {float:left;} --> </STYLE> </head>  <body bgcolor="#f0f0e4" text="#000066">    <SCRIPT SRC="../../linkslist.js"></script>   <SCRIPT SRC="../../imageslist.js"></script>  <table width=774>   <tr>      <td width=12 class=cell11>&nbsp;</td>     <td class=cell12 colspan="3" align=left valign=middle><a href="../index.htm" class=amenu>&lt;&lt;        SKAZKI</a> </td>     <td width="12">&nbsp;</td>     <td valign="top" width="246" class=cell12>&nbsp;</td>   </tr>   <tr>      <td valign=middle width=12>&nbsp;</td>     <td align="left" valign=middle colspan="3" class=cell14><a href="index.htm" class=abordo>&lt;&lt;        <i>CENDRILLION OU LA PANTOUFLE DE VERRE</i></a></td>     <td width="12">&nbsp;</td>     <td valign="top" width="246" class=cell12>&nbsp;</td>   </tr>   <tr>      <td height="5"></td>     <td><img height="1" width="240" src="images/spacer.gif"></td>     <td></td>     <td></td>     <td></td>     <td><img height="1" width="225" src="images/spacer.gif"></td>   </tr> </table> <p>&nbsp; </p> <p> </p> <div align=center> <p>Cendrillon ou la petite pantoufle de verre<br>   <br>   <img src="images/zolushka03-250.jpg" width="250" height="158"></p> <p>Conte</p></div> <blockquote><blockquote>  <p>Il &eacute;tait une fois un Gentilhomme qui &eacute;pousa en secondes noces    une femme, la plus<br>   hautaine et la plus fi&egrave;re qu'on e&ucirc;t jamais vue. Elle avait deux    filles de son humeur, et qui<br>   lui ressemblaient en toutes choses. Le Mari avait de son c&ocirc;t&eacute; une    jeune fille, mais d'une<br>   douceur et d'une bont&eacute; sans exemple; elle tenait cela de sa M&egrave;re,    qui &eacute;tait la meilleure<br>   personne du monde. Les noces ne furent pas plus t&ocirc;t faites, que la Belle-m&egrave;re    fit &eacute;clater<br>   sa mauvaise humeur; elle ne put souffrir les bonnes qualit&eacute;s de cette    jeune enfant, qui<br>   rendaient ses filles encore plus ha&iuml;ssables. Elle la chargea des plus viles    occupations de<br>   la Maison: c'&eacute;tait elle qui nettoyait la vaisselle et les mont&eacute;es,    qui frottait la chambre de<br>   Madame, et celles de Mesdemoiselles ses filles; elle couchait tout au haut de    la maison,<br>   dans un grenier, sur une m&eacute;chante paillasse, pendant que ses soeurs &eacute;taient    dans des<br>   chambres parquet&eacute;es, o&ugrave; elles avaient des lits des plus &agrave;    la mode, et des miroirs o&ugrave; elles<br>   se voyaient depuis les pieds jusqu'&agrave; la t&ecirc;te. La pauvre fille souffrait    tout avec patience, et<br>   n'osait s'en plaindre &agrave; son p&egrave;re qui l'aurait grond&eacute;e,    parce que sa femme le gouvernait<br>   enti&egrave;rement. Lorsqu'elle avait fait son ouvrage, elle s'allait mettre    au coin de la chemin&eacute;e,<br>   et s'asseoir dans les cendres, ce qui faisait qu'on l'appelait commun&eacute;ment    dans le logis<br>   Cucendron. La cadette, qui n'&eacute;tait pas si malhonn&ecirc;te que son a&icirc;n&eacute;e,    l'appelait Cendrillon;<br>   cependant Cendrillon, avec ses m&eacute;chants habits, ne laissait pas d'&ecirc;tre    cent fois plus belle<br>   que ses soeurs, quoique v&ecirc;tues tr&egrave;s magnifiquement.</p> <p>Il arriva que le fils du Roi donna un bal, et qu'il en pria toutes les personnes    de qualit&eacute;:<br>   nos deux Demoiselles en furent aussi pri&eacute;es, car elles faisaient grande    figure dans le<br>   Pays. Les voil&agrave; bien aises et bien occup&eacute;es &agrave; choisir les    habits et les coiffures qui leur<br>   si&eacute;raient le mieux; nouvelle peine pour Cendrillon, car c'&eacute;tait    elle qui repassait le linge de<br>   ses soeurs et qui godronnait leurs manchettes. On ne parlait que de la mani&egrave;re    dont on<br>   s'habillerait. &quot;Moi, dit l'a&icirc;n&eacute;e, je mettrai mon habit de    velours rouge et ma garniture<br>   d'Angleterre. - Moi, dit la cadette, je n'aurai que ma jupe ordinaire; mais    en r&eacute;compense,<br>   je mettrai mon manteau &agrave; fleurs d'or, et ma barri&egrave;re de diamants,    qui n'est pas des plus<br>   indiff&eacute;rentes.&quot; On envoya querir la bonne coiffeuse, pour dresser    les cornettes &agrave; deux<br>   rangs, et on fit acheter des mouches de la bonne Faiseuse: elles appel&egrave;rent    Cendrillon<br>   pour lui demander son avis, car elle avait le go&ucirc;t bon. Cendrillon les    conseilla le mieux du<br>   monde, et s'offrit m&ecirc;me &agrave; les coiffer; ce qu'elles voulurent bien.    En les coiffant, elles lui<br>   disaient: &quot;Cendrillon, serais-tu bien aise d'aller au Bal? - H&eacute;las,    Mesdemoiselles, vous<br>   vous moquez de moi, ce n'est pas l&agrave; ce qu'il me faut. - Tu as raison,    on rirait bien si on<br>   voyait un Cucendron aller au Bal.&quot; Une autre que Cendrillon les aurait    coiff&eacute;es de<br>   travers; mais elle &eacute;tait bonne, et elle les coiffa parfaitement bien.    Elles furent pr&egrave;s de<br>   deux jours sans manger, tant elles &eacute;taient transport&eacute;es de joie.    On rompit plus de douze<br>   lacets &agrave; force de les serrer pour leur rendre la taille plus menue, et    elles &eacute;taient toujours<br>   devant leur miroir. Enfin l'heureux jour arriva, on partit, et Cendrillon les    suivit des yeux<br>   le plus longtemps qu'elle put; lorsqu'elle ne les vit plus, elle se mit &agrave;    pleurer. Sa Marraine,<br>   qui la vit toute en pleurs, lui demanda ce qu'elle avait. &quot;Je voudrais    bien... je voudrais<br>   bien...&quot; Elle pleurait si fort qu'elle ne put achever. Sa Marraine, qui    &eacute;tait F&eacute;e, lui dit: &quot;Tu<br>   voudrais bien aller au Bal, n'est-ce pas? - H&eacute;las oui, dit Cendrillon    en soupirant. - H&eacute;<br>   bien, seras-tu bonne fille? dit sa Marraine, je t'y ferai aller.&quot; Elle    la mena dans sa<br>   chambre, et lui dit: &quot;Va dans le jardin et apporte-moi une citrouille.&quot;    Cendrillon alla<br>   aussit&ocirc;t cueillir la plus belle qu'elle put trouver, et la porta &agrave;    sa Marraine, ne pouvant<br>   deviner comment cette citrouille la pourrait faire aller au Bal. Sa Marraine    la creusa, et<br>   n'ayant laiss&eacute; que l'&eacute;corce, la frappa de sa baguette, et la citrouille    fut aussit&ocirc;t chang&eacute;e<br>   en un beau carrosse tout dor&eacute;. Ensuite elle alla regarder dans sa sourici&egrave;re,    o&ugrave; elle trouva<br>   six souris toutes en vie; elle dit &agrave; Cendrillon de lever un peu la trappe    de la sourici&egrave;re, et<br>   &agrave; chaque souris qui sortait, elle lui donnait un coup de sa baguette,    et la souris &eacute;tait<br>   aussit&ocirc;t chang&eacute;e en un beau cheval; ce qui fit un bel attelage    de six chevaux, d'un beau<br>   gris de souris pommel&eacute;. Comme elle &eacute;tait en peine de quoi elle    ferait un Cocher: &quot;Je vais<br>   voir, dit Cendrillon, s'il n'y a point quelque rat dans la rati&egrave;re, nous    en ferons un Cocher. -<br>   Tu as raison, dit sa Marraine, va voir.&quot; Cendrillon lui apporta la rati&egrave;re,    o&ugrave; il y avait trois<br>   gros rats. La F&eacute;e en prit un d'entre les trois, &agrave; cause de sa    ma&icirc;tresse barbe, et l'ayant<br>   touch&eacute;, il fut chang&eacute; en un gros Cocher, qui avait une des plus    belles moustaches qu'on<br>   ait jamais vues. Ensuite elle lui dit: &quot;Va dans le jardin, tu y trouveras    six l&eacute;zards derri&egrave;re<br>   l'arrosoir, apporte-les-moi.&quot; Elle ne les eut pas plus t&ocirc;t apport&eacute;s    que la Marraine les<br>   changea en six Laquais, qui mont&egrave;rent aussit&ocirc;t derri&egrave;re    le carrosse avec leurs habits<br>   chamarr&eacute;s, et qui s'y tenaient attach&eacute;s, comme s'ils n'eussent    fait autre chose toute leur<br>   vie. La F&eacute;e dit alors &agrave; Cendrillon: &quot;H&eacute; bien, voil&agrave;    de quoi aller au bal, n'es-tu pas bien<br>   aise? - Oui, mais est-ce que j'irai comme cela avec mes vilains habits?&quot;    Sa Marraine ne<br>   fit que la toucher avec sa baguette, et en m&ecirc;me temps ses habits furent    chang&eacute;s en des<br>   habits de drap d'or et d'argent tout chamarr&eacute;s de pierreries; elle lui    donna ensuite une<br>   paire de pantoufles de verre, les plus jolies du monde. Quand elle fut ainsi    par&eacute;e, elle<br>   monta en carrosse; mais sa Marraine lui recommanda sur toutes choses de ne pas    passer<br>   minuit, l'avertissant que si elle demeurait au Bal un moment davantage, son    carrosse<br>   redeviendrait citrouille, ses chevaux des souris, ses laquais des l&eacute;zards,    et que ses vieux<br>   habits reprendraient leur premi&egrave;re forme. Elle promit &agrave; sa Marraine    qu'elle ne manquerait<br>   pas de sortir du Bal avant minuit. Elle part, ne se sentant pas de joie. Le    Fils du Roi,<br>   qu'on alla avertir qu'il venait d'arriver une grande Princesse qu'on ne connaissait    point,<br>   courut la recevoir; il lui donna la main &agrave; la descente du carrosse, et    la mena dans la salle<br>   o&ugrave; &eacute;tait la compagnie. Il se fit alors un grand silence; on cessa    de danser, et les violons<br>   ne jou&egrave;rent plus, tant on &eacute;tait attentif &agrave; contempler les    grandes beaut&eacute;s de cette<br>   inconnue. On n'entendait qu'un bruit confus: &quot;Ah, qu'elle est belle!&quot;    Le Roi m&ecirc;me, tout<br>   vieux qu'il &eacute;tait, ne laissait pas de la regarder, et de dire tout bas    &agrave; la Reine qu'il y avait<br>   longtemps qu'il n'avait vu une si belle et si aimable personne. Toutes les Dames    &eacute;taient<br>   attentives &agrave; consid&eacute;rer sa coiffure et ses habits, pour en avoir    d&egrave;s le lendemain de<br>   semblables, pourvu qu'il se trouv&acirc;t des &eacute;toffes assez belles, et    des ouvriers assez habiles.<br>   Le Fils du Roi la mit &agrave; la place la plus honorable, et ensuite la prit    pour la mener danser.<br>   Elle dansa avec tant de gr&acirc;ce, qu'on l'admira encore davantage. On apporta    une fort<br>   belle collation, dont le jeune Prince ne mangea point, tant il &eacute;tait    occup&eacute; &agrave; la consid&eacute;rer.<br>   Elle alla s'asseoir aupr&egrave;s de ses soeurs, et leur fit mille honn&ecirc;tet&eacute;s:    elle leur fit part des<br>   oranges et des citrons que le Prince lui avait donn&eacute;s, ce qui les &eacute;tonna    fort, car elles ne la<br>   connaissaient point. Lorsqu'elles causaient ainsi, Cendrillon entendit sonner    onze heures<br>   trois quarts: elle fit aussit&ocirc;t une grande r&eacute;v&eacute;rence &agrave;    la compagnie, et s'en alla le plus vite<br>   qu'elle put. D&egrave;s qu'elle fut arriv&eacute;e, elle alla trouver sa Marraine,    et apr&egrave;s l'avoir<br>   remerci&eacute;e, elle lui dit qu'elle souhaiterait bien aller encore le lendemain    au Bal, parce que<br>   le Fils du Roi l'en avait pri&eacute;e. Comme elle &eacute;tait occup&eacute;e    &agrave; raconter &agrave; sa Marraine tout ce<br>   qui s'&eacute;tait pass&eacute; au Bal, les deux soeurs heurt&egrave;rent &agrave;    la porte; Cendrillon leur alla ouvrir.<br>   &quot;Que vous &ecirc;tes longtemps &agrave; revenir!&quot; leur dit-elle en    b&acirc;illant, en se frottant les yeux, et<br>   en s'&eacute;tendant comme si elle n'e&ucirc;t fait que de se r&eacute;veiller;    elle n'avait cependant pas eu<br>   envie de dormir depuis qu'elles s'&eacute;taient quitt&eacute;es. &quot;Si tu    &eacute;tais venue au Bal, lui dit une de<br>   ses soeurs, tu ne t'y serais pas ennuy&eacute;e: il y est venu la plus belle    Princesse, la plus belle<br>   qu'on puisse jamais voir; elle nous a fait mille civilit&eacute;s, elle nous    a donn&eacute; des oranges et<br>   des citrons.&quot; Cendrillon ne se sentait pas de joie: elle leur demanda le    nom de cette<br>   Princesse; mais elles lui r&eacute;pondirent qu'on ne la connaissait pas, que    le Fils du Roi en<br>   &eacute;tait fort en peine, et qu'il donnerait toutes choses au monde pour savoir    qui elle &eacute;tait.<br>   Cendrillon sourit et leur dit: &quot;Elle &eacute;tait donc bien belle? Mon    Dieu, que vous &ecirc;tes<br>   heureuses, ne pourrais-je point la voir? H&eacute;las! Mademoiselle Javotte,    pr&ecirc;tez-moi votre<br>   habit jaune que vous mettez tous les jours. - Vraiment, dit Mademoiselle Javotte,    je suis<br>   de cet avis! Pr&ecirc;tez votre habit &agrave; un vilain Cucendron comme cela:    il faudrait que je fusse<br>   bien folle.&quot; Cendrillon s'attendait bien &agrave; ce refus, et elle en    fut bien aise, car elle aurait<br>   &eacute;t&eacute; grandement embarrass&eacute;e si sa soeur e&ucirc;t bien voulu    lui pr&ecirc;ter son habit. Le lendemain<br>   les deux soeurs furent au Bal, et Cendrillon aussi, mais encore plus par&eacute;e    que la premi&egrave;re<br>   fois. Le Fils du Roi fut toujours aupr&egrave;s d'elle, et ne cessa de lui conter    des douceurs; la<br>   jeune Demoiselle ne s'ennuyait point, et oublia ce que sa Marraine lui avait    recommand&eacute;;<br>   de sorte qu'elle entendit sonner le premier coup de minuit, lorsqu'elle ne croyait    pas qu'il<br>   f&ucirc;t encore onze heures: elle se leva et s'enfuit aussi l&eacute;g&egrave;rement    qu'aurait fait une biche.<br>   Le Prince la suivit, mais il ne put l'attraper; elle laissa tomber une de ses    pantoufles de<br>   verre, que le Prince ramassa bien soigneusement. Cendrillon arriva chez elle    bien<br>   essouffl&eacute;e, sans carrosse, sans laquais, et avec ses m&eacute;chants    habits, rien ne lui &eacute;tant<br>   rest&eacute; de toute sa magnificence qu'une de ses petites pantoufles, la pareille    de celle qu'elle<br>   avait laiss&eacute; tomber. On demanda aux Gardes de la porte du Palais s'ils    n'avaient point vu<br>   sortir une Princesse; ils dirent qu'ils n'avaient vu sortir personne, qu'une    jeune fille fort<br>   mal v&ecirc;tue, et qui avait plus l'air d'une Paysanne que d'une Demoiselle.    Quand ses deux<br>   soeurs revinrent du Bal, Cendrillon leur demanda si elles s'&eacute;taient encore    bien diverties,<br>   et si la belle Dame y avait &eacute;t&eacute;; elles lui dirent que oui, mais    qu'elle s'&eacute;tait enfuie lorsque<br>   minuit avait sonn&eacute;, et si promptement qu'elle avait laiss&eacute; tomber    une de ses petites<br>   pantoufles de verre, la plus jolie du monde; que le fils du Roi l'avait ramass&eacute;e,    et qu'il<br>   n'avait fait que la regarder pendant tout le reste du Bal, et qu'assur&eacute;ment    il &eacute;tait fort<br>   amoureux de la belle personne &agrave; qui appartenait la petite pantoufle.    Elles dirent vrai, car<br>   peu de jours apr&egrave;s, le fils du Roi fit publier &agrave; son de trompe    qu'il &eacute;pouserait celle dont le<br>   pied serait bien juste &agrave; la pantoufle. On commen&ccedil;a &agrave; l'essayer    aux Princesses, ensuite<br>   aux Duchesses, et &agrave; toute la Cour, mais inutilement. On l'apporta chez    les deux soeurs,<br>   qui firent tout leur possible pour faire entrer leur pied dans la pantoufle,    mais elles ne<br>   purent en venir &agrave; bout. Cendrillon qui les regardait, et qui reconnut    sa pantoufle, dit en<br>   riant: &quot;Que je voie si elle ne me serait pas bonne!&quot; Ses soeurs se    mirent &agrave; rire et &agrave; se<br>   moquer d'elle. Le Gentilhomme qui faisait l'essai de la pantoufle, ayant regard&eacute;<br>   attentivement Cendrillon, et la trouvant fort belle, dit que cela &eacute;tait    juste, et qu'il avait<br>   ordre de l'essayer &agrave; toutes les filles. Il fit asseoir Cendrillon, et    approchant la pantoufle de<br>   son petit pied, il vit qu'elle y entrait sans peine, et qu'elle y &eacute;tait    juste comme de cire.<br>   L'&eacute;tonnement des deux soeurs fut grand, mais plus grand encore quand    Cendrillon tira de<br>   sa poche l'autre petite pantoufle qu'elle mit &agrave; son pied. L&agrave;-dessus    arriva la Marraine, qui<br>   ayant donn&eacute; un coup de sa baguette sur les habits de Cendrillon, les    fit devenir encore<br>   plus magnifiques que tous les autres.</p> <p>Alors ses deux soeurs la reconnurent pour la belle personne qu'elles avaient    vue au Bal.<br>   Elles se jet&egrave;rent &agrave; ses pieds pour lui demander pardon de tous    les mauvais traitements<br>   qu'elles lui avaient fait souffrir. Cendrillon les releva, et leur dit, en les    embrassant, qu'elle<br>   leur pardonnait de bon coeur, et qu'elle les priait de l'aimer bien toujours.    On la mena<br>   chez le jeune Prince, par&eacute;e comme elle &eacute;tait: il la trouva encore    plus belle que jamais, et<br>   peu de jours apr&egrave;s, il l'&eacute;pousa. Cendrillon, qui &eacute;tait    aussi bonne que belle, fit loger ses<br>   deux soeurs au Palais, et les maria d&egrave;s le jour m&ecirc;me &agrave; deux    grands Seigneurs de la Cour.</p> <p>MORALITE</p> <p>La beaut&eacute; pour le sexe est un rare tr&eacute;sor,</p> <p>De l'admirer jamais on ne se lasse;</p> <p>Mais ce qu'on nomme bonne gr&acirc;ce</p> <p>Est sans prix, et vaut mieux encor.</p> <p>C'est ce qu'&agrave; Cendrillon fit avoir sa Marraine,</p> <p>En la dressant, en l'instruisant,</p> <p>Tant et si bien qu'elle en fit une Reine:</p> <p>(Car ainsi sur ce Conte on va moralisant.)</p> <p>Belles, ce don vaut mieux que d'&ecirc;tre bien coiff&eacute;es,</p> <p>Pour engager un coeur, pour en venir &agrave; bout,</p> <p>La bonne gr&acirc;ce est le vrai don des F&eacute;es;</p> <p>Sans elle on ne peut rien, avec elle, on peut tout.</p> <p>AUTRE MORALITE</p> <p>C'est sans doute un grand avantage,</p> <p>D'avoir de l'esprit, du courage,</p> <p>De la naissance, du bon sens,</p> <p>Et d'autres semblables talents, </p> <p>Qu'on re&ccedil;oit du Ciel en partage;</p> <p>Mais vous aurez beau les avoir,</p> <p>Pour votre avancement ce seront choses vaines,</p> <p>Si vous n'avez, pour les faire valoir,</p> <p>Ou des parrains ou des marraines. </p> <p> </p> <p><br> </p> </blockquote></blockquote>  <div align=center> <table width="740" border="0">   <tr>      <td width="89" height="27" valign="top" align=center>&nbsp;</td>     <td width="545" valign="middle" align=center><img src="images/501e250x2.gif" width="500" height="2"></td>     <td width="92" valign="top">&nbsp;</td>   </tr> </table>  </div> <a href="javascript:LinkList();" class=alist>List all links on this page</a>    &nbsp;&nbsp;&nbsp;<a href="javascript:ImageList();" class=alist>List all images on this page</a> </body> </html>   
