<html> <head> <title>La loi du chaos grandissant</title> </head> <body bgcolor=#ffffff text=#000000> <tt> <hr noshade size=4> <center><font size=+4><strong>Les quatre lois de  Small</strong></font><br> <font size=+2>1- La loi du chaos grandissant</font></center> <hr noshade> <tt><font size=+1><p><strong> Les ordinateurs sont l'image mme de la rigueur, n'est-ce pas ?  De fidles serviteurs suivant  la lettre les instructions qui leur sont fournies.  L'image qu'un informaticien aimerait pouvoir donner de son mtier est celle d'un horloger mouvant d'invisible rouages logiciels dans un ordre et une prcision absolue... Alors que dans la ralit, l'informaticien se sent plutt dans la peau du directeur de l'annexe psychiatrique d'un zoo!  Pourquoi l'ordre numrique dgnre-t-il si souvent en chaos ? C'est ce que nous apprend la Seconde loi de Small... </strong>  <p><hr noshade><strong><font size=+2 face=helvetica>Machines, mes compagnes</font></strong><hr noshade><p>&nbsp;&nbsp;  Afin de vous expliquer pourquoi j'ai formul ma Seconde loi, je dois vous ennuyer un moment et vous raconter un peu ma vie.  Sachez que la Seconde loi n'est pas ne de grandes thories fumeuses, mais bien de mes observations directes et de mon exprience avec les ordinateurs. <p>&nbsp;&nbsp;  Je frquente les ordinateurs depuis...  voyons... 1972, depuis ma Quatrime. Cela fait donc 22 ans que j'ai rencontr pour la premire fois un terminal Teletype dot d'une "mmoire de masse" constitue d'un lecteur et d'un perforateur de bandes de papier. J'ai  prsent 35 ans, ce qui fait que j'ai pass 60% de ma vie en compagnie des ordinateurs. <p>&nbsp;&nbsp;  Depuis 1980, la frquentation est passe du passe-temps au gagne-pain (gagne-miettes tant hlas parfois un terme plus appropri).  Pendant ces vingt-et-un ans, j'ai crit moult programmes. forant souvent les machines  faire des choses pour lesquelles elles n'taient pas conues, ou encore contournant des restrictions qui me dplaisaient. J'ai d apprendre de nombreux langages. La plupart du temps, je programme en assembleur et en BASIC, mais l'ai touch  diffrents autres langages : APL, C, Fortran (toujours un bon choix pour faire mouliner un Cray), voire Pascal (beuh !). Sans compter qu'il m'a fallu m'imprgner des spcificits des matriels sur lesquels je travallais.  <p><hr noshade><strong><font size=+2 face=helvetica>Des monceaux de donnes</font></strong><hr noshade><p>&nbsp;&nbsp;  Tous ces programmes reprsentent des monceaux de donnes brutes. Centains d'entre eux sont trs longs. Spectre GCR compte quelque 25 000 lignes de code, mais j'en ai crit en ralit beaucoup plus. puisqu'il faut tenir compte des trs nombreuses lignes supprimes ou remplaces, des "chafaudages" de test (c'est--dire les routines que l'on crit pour pouvoir tester un programme en cours d'criture). En outre, certaines parties du code ont t limines pour cause d'obsolescence : lorsque j'ai supprim le support des ROM 64 k, qui n'intressent plus personne, ce sont au moins 10 000 lignes qui ont sautes. Au total, Spectre reprsente au bas mot 50 000 lignes. Et ce n'est qu'un seul des produits que j'ai raliss au cours de toutes ces annes! <p>&nbsp;&nbsp;  Pour mieux voir ce que reprsente ce chiffre, disons que ces lignes sont du code source (lisible par un humain), ce qui n'est gure diffrent d'un texte (mettons une lettre quelconque) saisi  l'aide d'un diteur.  raison de 55 lignes par page, cela fait 909 pages. Ce qui ne semble pas norme, sauf lorsque je l'imprime. Pour produire un programme excutable, je fais passer ce code source dans un programme appel assembleur, qui engendre des instructions en langage-machine 68000 (pour ST) ou 68030 (pour TT ou Falcon). Centes, je ne prtends pas que mes programmes battent les records de taille, mais enfin, a fait tout de mme un nombre impressionnant de frappes au clavier (avec deux doigts !) <p>&nbsp;&nbsp;  Toutes ces lignes de code source se sont donc accumules au fil des annes. Et le code source est un fichier de texte, c'est--dire des donnes. Il n'y a pas de diffrence fondamentale entre ces fichiers et des fichiers provenant d'une base de donnes ou d'un compilateur. Toutes ces donnes sont en fait des alignements d'octets mis bout  bout dans des fichiers. (Il y a mme une autre loi de l'informatique qui dit que les donnes s'accumulent toujours jusqu' emplir la totalit de l'espace disque disponible...)  Et on aboutit toujours  un tas de bits, des zros et des uns arrangs dans un certain ordre. Le binaire n'est d'ailleurs pas la meilleure faon de manipuler des donnes numrique, et on aura un jour des ordinateurs qui emploient plus de deux tats pour reprsenter l'information. <p>&nbsp;&nbsp;  J'estime avoir crit au moins 50 mgaoctets (Mo) de code source durant ces 21 ans. Le source de Spectre GCR fait  lui seul 4 Mo, et j'ai ralis plusieurs projets de cette ampleur: la ROM du lecteur de disque dur d'un systme nomm L. E., crit en langage machine 780: le code du systme UDC, constitu de huit 780 en parallle (extrmement difficiles  synchroniser !), et quelques tonnes de code en assembleur Cyber pour. . . euh. . . pouvoir accder  des choses qui m'intressaient, du temps o j'tais tudiant.  (Je suis prudent car j'ignore quels sont les dlais de prescription pour les dlits informatiques.) <p>&nbsp;&nbsp;   <p><hr noshade><strong><font size=+2 face=helvetica>Monceaux, certes, mais organiss</font></strong><hr noshade><p>&nbsp;&nbsp;  Donc, Si vous utilisez une application quelconque, que ce soit un diteur, une base de donnes, un tableur ou un programme de PAO, vous engendrez vous aussi,  chaque usage, une grande quantit de donnes. Oui sont stockees comme une suite d'octets dans des fichiers. L'un des critres de performance des ordinateurs est prcisment leur aptitude  manipuler des volumes sans cesse croissants de donnes. Le disque dur des clones PC bon march de milieu de gamme passe actuellement de 170 Mo  330 Mo. <p>&nbsp;&nbsp;  Tout dpend de l'usage qu'on en fait. Moi, j'ai d ajouter  mon PC un second disque dur de 170 Mo (j'ai pris un Conner  interface IDE) parce que mon fils avait sauv trop de "films de cinmitrailleuse" dans le jeu X-Wing de Lucas Art (excellent jeu, mrite largement le dtour).  Mais peut-tre avez-vous des usages plus srieux pour vos disques. <p>&nbsp;&nbsp;  Quand on dbute en informatique, il faut toujours se rappeler que les ordinateurs manipulent toutes les donnes comme des nombres. Ce sont les gens qui donnent  ces nombres des significations. Ainsi, les micro-ordinateurs utilisent tous le code ASCII (American Standard Code for Information Interchange, code amricain standard pour l'change d'informations).  Ce code spcifie par exemple que la lettre A est reprsente par le chiffre 65. Vous appuyez sur la touche A, l'ordinateur "voit" 65. Pour chaque type d'information, un codage, normalis ou non, entre enjeu. <p>&nbsp;&nbsp;  Et c'est l qu'intervient la Seconde loi de Small. Si, comme c'est le cas pour beaucoup d'entre vous, vous manipulez beaucoup de donnes, vous la connaissez dj intuitivement. Si vous n'avez pas encore trop bidouill, vous ne tarderez pas  la voir se manifester...<p>  <center><table border=1 width=80% bgcolor=#77DDFF><tr><td> <font size=+1><center> <font size=+2 face=helvetica>Deuxieme Loi De Small</font><br> (dite "Loi du chaos grandissant")</center> <p> "Dans un ensemble de donnes informatique, le dsordre va touours en augmentant. Toute tentaive de rparation ne fait qu'augmenter encore le dsordre." </font></td></tr></table></center><br>   En fait, cette loi affirme que les donnes informatiques ont toujours tendance  dgnrer et  se corrompre spontanment. Au bout d'un certain temps, vos bits bien ordonns se sont mus en un chaos parfaitement alatoire : vos donnes sont alors perdues. J'en vois qui sourient et qui haussent les paules. Allez-y, moquez-vous !  Mais croyez-moi, en 21 ans, j'ai vu ce phnomne se manifester si souvent que je ne crois pas  un simple hasard. Comme dit le vieux dicton: "La premire fois, c'est une coincidence, la deuxime, a pourrait encore l'tre, mais la troisime, c'est manifestement du sabotage." <p>&nbsp;&nbsp;  La Seconde loi se manifeste en particulier dans de trs vastes volumes de donnes. Mme dans des disques ou des bandes certifies, des dfauts apparaissent sous forme de "trous" dans la couche d'oxyde du mdia, trous dans lesquels "tombent" des bits malchanceux. Et parfois, le logiciel ne dtecte pas ces bits manquants. Quand vous accumulez des traoctets de donnes, ce qui arrive assez vite dans les entreprises, vous marchez sur la corde raide. <p>&nbsp;&nbsp;  Tenez, le travail que j'ai fait la nuit dernire sur Spectre 3.1 en est un parfait exemple.  un cer tain moment, j'ai examin le fichier principal (qui contenait jadis la totalit de Spectre, jusqu' ce qu'il devienne beaucoup trop long, et que j'ai d clater en une vingtaine de petits fichiers et un gros fichier principal). Ledit fichier faisait 80 Ko.  Impossible, me suis-je immdiatement dit, ce fichier devrait faire 400 Ko. J'ai charg le fichier dans un diteur, et naturellement, il se terminait au milieu d'une ligne. Les quatre cinquimes du fichier avaient disparu, et impossible de savoir o et quand. Il me faut  prsent fouiller dans mes sauvegardes, et en trouver une valide de ce fichier. Mais c'est un norme problme: comment savez-vous si vos fichiers sont devenus dfectueux ? Quand vous avez dix disques rpartis sur de nombreuses machines, sans compter de nombreuses cartouches Syquest de 44 Mo, c'est un problme qui est loin d'tre trivial. Je ne sais plus o se trouvent la moiti des fichiers que je suis sr d'avoir "quelque part". <p>&nbsp;&nbsp;  Cette corruption d'un fichier vital, est-ce un accident ? Pas vraiment. En crant une structure de donnes informatiques, comme un fichier, vous allez  l'encontre des tendances profondes de l'univers : vous crez une structure non alatoire. C'est jeter un dfi  l'univers, qui se vengera tt ou tard.  <p><hr noshade><strong><font size=+2 face=helvetica>Thermodynamique</font></strong><hr noshade><p>&nbsp;&nbsp;  La Seconde loi de Small drive en fait de la seconde loi de la thermodynamique, qui dit que "l'entropie de l'univers ne peut que crotre. " La thermodynamique est (plus ou moins> l'tude de la chaleur et des transferts de chaleurs et d'nergie. Quant  l'entropie, c'est une mesure du chaos, du caractre alatoire, d'un systme.  La seconde loi de la thermodynamique dit que l'nergie utilisable dans l'univers ne peut que dcrotre. Qu'est-ce que l'nergie utilisable ?  C'est celle qui dcoule d'un certain ordre, et que l'on peut utiliser en anantissant cet ordre, donc en augmentant l'entropie. <p>&nbsp;&nbsp;  Prenons un exemple bien connu : il s'agit d'une exprience prouvant l'quivalence entre travail et chaleur. Vous prenez un baquet d'eau sur une table. Vous y plongez une roue  aube d'axe vertical, axe qui dpasse en haut du baquet. Sur l'axe de cette roue  aube, vous enroulez une ficelle qui est reli  un poids pouvant tomber de la table. Vous calfeutrez soigneusement le baquet et vous y mettez un thermomtre. Bon, maintenant, faites tomber le poids. Il tire la ficelle, qui fait tourner la roue  aube. En tournant, les aubes agitent l'eau, y crent des frictions et la rchauffent. Le thermomtre montre une lvation de temprature. Le travail fourni par la chute du poids chauffe l'eau, d'o travail gale chaleur, c'est-y pas beau la science, hmmm ? <p>&nbsp;&nbsp;  Mais si vous faites chauffer l'eau, les pales ne se mettent pas  tourner. Tiens donc, l'quivalence est donc  sens unique ! Pourquoi ? Parce qu'en consommant du travail pour faire de la chaleur, vous augmentez l'entropie (vous ajoutez du chaos a l'univers), ce qui est permis. Mais prendre de la chaleur et en faire du travail, cela ferait diminuer l'entropie, et a, c'est Niet!  Sinon, les bateaux pourraient naviguer en extrayant leur nergie de la chaleur de l'ocan et en laissant derrire eux un sillage de glaons... <p>&nbsp;&nbsp;  Ce qui est par contre autoris, c'est d'utiliser une diffrence de temprature pour produire un travail. Les pales immerges dans l'eau sont toutes  la mme temprature, et donc, pas de diffrence  utiliser. Mais si maintenant, vous les mettez dans un jet de vapeur, avec de l'eau chaude d'un ct et un refroidisseur de l'autre, a marche, les pales tournent. En augmentant l'entropie. Car l aussi, vous dtruisez de l'ordre. Vous aviez de l'eau chaude d'un ct (la source de vapeur), de l'eau froide de l'autre (le refroidisseur), et vous faites tendre les deux vers une tideur uniforme et insipide. Et cette eau tide ne se scindera pas spontanment en une masse d'eau chaude et une d'eau froide : quand le dsordre s'installe, on ne le chasse pas Si facilement. Si vous prenez un litre d'eau a 100 degrs et un  0 degrs, vous avez la mme nergie que dans deux litres d'eau  50 degrs.  Mais dans le premier cs, cette nergie est utilisable en partie, grce  la diffrence de temprature. Dans l'autre, elle ne l'est pas. <p>&nbsp;&nbsp;  a va, vous suivez ? Bravo, vous venez juste d'avaler votre premire leon de thermodynamique. <p>&nbsp;&nbsp;  Le destin ultime de l'univers sera peut-tre, dans 15 milliards d'annes, une temprature uniforme partout, sans source de chaleur, sans la moindre diffrence de temprature  utiliser, une entropie maximale. Heureusement, des gens comme Stephen Hawking affirme que l'univers est suffisamment dense pour que ce jour n'arrive jamais : d'ici l, il se sera de nouveau contract jusqu' ce que survienne un nouveau Big Bang.  Et il y a aussi la thorie de la cration continue de matire, qui drive de la physique quantique, et qui rend suffisamment bien compte de l'tat actuel de l'univers pour tre prise en considration, et qui dit que l'univers est en expansion et en cration continue. (Votre choix dpend en grande partie de votre religion.)  <p><hr noshade><strong><font size=+2 face=helvetica>Barrage</font></strong><hr noshade><p>&nbsp;&nbsp;  Le concept de diffrence de temprature pouvant produire de l'nergie est parfois dlicat a apprhender. Aussi, permettez-moi de vous proposer une analogie, celle du barrage hydro-lectrique. Un barrage, c'est un mur de bton retenant de l'eau. Au pied du barrage se situe le lit original du cours d'eau barre. Les ingnieurs installent un norme tuyau entre le lac artificiel et le lit de la rivire, et ils y intercalent une turbine. L'eau s'engouffre dans cette "conduite force"  une pression norme, et fournit une nergie considrable  une turbine, qui fait tourner un alternateur produisant de l'lectricit. On parle souvent de "production d'nergie", mais jamais de cration. La premire loi de la thermodynamique dit qu'on ne peut crer de l'nergie, et qu'on ne peut qu'en transfrer (ici, entre l'eau et le gnrateur lectrique). La pression est d'autant plus forte que le niveau d'eau est plus haut dans la retenue. On exploite en fait la diffrence de hauteur entre le lac artificiel et le lit du cours d'eau pour extraire de l'nergie. <p>&nbsp;&nbsp;  Mais imaginez qu'une scheresse fasse baisser le niveau du lac  un point tel qu'il n'y ait plus de diffrence de niveau entre le lac et le lit original. Plus de diffrence de hauteur, plus moyen d'extraire l'nergie de l'eau. <p>&nbsp;&nbsp;   ce propos, Si vous avez l'occasion de visiter un barrage hydrolectrique, ne vous en privez pas. J'ai eu l'occasion de visiter le Hoover Dam, pas trs loin de chez moi. Le clou de la visite est le moment o l'on monte sur l'norme conduite amenant l'eau aux turbines, o rugissent les torrents d'eau qui s'y engouffrent depuis le sommet du barrage. On prouve alors la mme sensation que dans une fuse qui dcolle, avec toute cette nergie brute qui circule sous vos pieds... C'est le genre d'effets spciaux que les cinastes voudraient bien arriver  crer lorsque l'Enterprise fonce  vitesse maximum. mais ils sont loin du compte compars  cette force naturelle. Le Hoover Dam est, a mon avis, une des merveilles du monde, car il montre ce que les hommes sont capables de crer quand ils ont le courage de le faire et qu'on ne les enquiquine pas  leur faire remplir des formulaires de l'Agence 'pour la protection de l'environnement.  (De nos jours, les lois sur l'impact sur l'environnement interdiraient ce genre de projet.) <p>&nbsp;&nbsp;  <p><hr noshade><strong><font size=+2 face=helvetica>Rserve d'nergie</font></strong><hr noshade><p>&nbsp;&nbsp;  Autre exemple: une pierre chauffe au feu reprsente une rserve d'nergie parce qu'elle est plus chaude que son entourage, et peut donc rayonner de l'nergie sous forme de chaleur. Cette diffrence est ce que les scientifiques nomment parfois "un delta", symbolis par un triangle. Si vous laissez la pierre se refroidir (en rchauffant la pice), la pice et la pierre se trouvent  la mme temprature, et l'entropie est maximale. La situation n'voluera plus. Le delta est devenu nul. <p>&nbsp;&nbsp;  Tout ceci s'applique parfaitement  l'informatique. Prenez un disque dur de ST absolument parfait. La table des partitions et les deux tables d'allocations de fichiers de chaque partition sont parfaitement en ordre, et, pour peu que le disque ait t dfragment par un utilitaire adquat, les fichiers sont tous sur des secteurs conscutifs, sans intervalle vide disgracieux.  Enfin, tous les fichiers sont lisibles, et contiennent bien ce qu'ils sont cense contenir. (Je ne suis mme pas sr d'avoir un jour entrevu pareil spectacle dnique. Mais c'est assurment la faon dont les choses devraient tre.) <p>&nbsp;&nbsp;  Toutes ces donnes sur votre disque dur sont, pour reprendre mon analogie, similaire  un barrage rempli  ras bord. Le potentiel (le delta> est  son maximum. et l'nergie accumule est norme. <p>&nbsp;&nbsp;  Si la seconde loi de la thermodynamique s appliquait  ce disque, vous auriez une situation trs instable. Vous auriez un haut niveau d'nergie (le disque bien ordonn) dans un environnement  bas niveau (l'tat naturel chaotique de l'oxyde sur le disque). Et de mme que l'eau n'attend que la moindre fissure pour s'couler, en dtruisant le barrage si ncessaire, vos donnes n'attendraient que la moindre occasion pour retourner au chaos primitif, en bousillant votre disque au passage. <p>&nbsp;&nbsp;  Car l'tat naturel de l'univers est le chaos. Et l'tat naturel des donnes est le hasard total. Un disque  peine fabriqu n'est pas naturellement format. Les particules magntiques y sont orientes dans tous les sens, sans qu'on puisse y distinguer le moindre ordonnancement. Or, le disque dur soigneusement rempli est  un tat minimal d'entropie. ce que l'univers dteste, comme l'explique la seconde loi de la thermodynamique. <p>&nbsp;&nbsp;  Et je vous garantie que ds que vous accdez  votre beau disque parfait bien propre, celui-ci s efforcera de retourner  l'tat sauvage au plus vite, nivelant le delta, par un plantage si ncessaire. C'est ce comportement, maintes fois observ empiriquement, qui est formalis dans ma Seconde loi. <p>&nbsp;&nbsp;  Ne croyez pas que l'analogie entre un haut niveau d'organisation des donnes et un haut niveau d'nergie soit tire par les cheveux. En fait, c'est  peu prs ce que dit la troisime loi de la thermodynamique. Applique aux structures cristallines (c'est--dire des molcules organises en grilles, comme le diamant), elle dit que l'univers ne les apprcie gure, et prfrerait voir ces molcules retourner  l'tat de bouillie informe. Si vous prenez un cristal et que vous le chauffez, vous allez obtenir cette bouillie en disloquant les grilles, et vous allez augmenter l'entropie de la substance en question. Or, qu'est-ce qu'une structure de donnes, sinon un agencement de particules magntiques sur un support, particules qui sont naturellement en dsordre ? C'est l'quivalent logiciel d'un cristal.  L'entropie ne peut que crotre, le cristal ne peut que se disloquer, les donnes ne peuvent que se corrompre. Ce qui est une faon scientifique de dire: "La vie est une chiennerie, et en plus, quand vous crevez, la nature applaudit."   <p><hr noshade><strong><font size=+2 face=helvetica>J'ai voulu violer la loi</font></strong><hr noshade><p>&nbsp;&nbsp;  Je vous donne des conseils, je vous dis que ma Seconde loi est intuitivement vidente, que je l'ai toujours su... En fait, en un instant d'garement et de na&iulm;vet, j'ai tent de la violer, avec le brillant succs qu'on imagine. Que je vous raconte. <p>&nbsp;&nbsp;  Il y a quelque temps, j'ai dcid que les diffrentes versions de la vingtaine de fichiers de Spectre 3. 1 commenaient  devenir ingrables. L'horodatage des fichiers par l'horloge interne du ST ne marche pas trs bien pour moi (pour une raison que j'ai mis un bon bout de temps  dcouvrir). Et souvent, il me fallait aller compulser les diffrentes versions d'un fichier pour savoir laquelle tait la bonne, la dernire!  J'ai alors dcid, btement, sans rflchir, de crer le disque dur parfait bien propre. J'ai donc pris un disque neuf mais dj rod, qui avait assez tourn pour avoir dpass le stade de la mortalit infantile. Et j'ai commenc  mettre chaque fichier  l'endroit appropri, accompagn de commentaires et de documentations.  J'ai cr des dossiers, un par version de Spectre: "1.51", "1 .75","1.9F","2. 3K", "2.65", "2.65C", "3. O", "3.1Dev", plus toutes les versions intermdiaires que seuls ont vues les btatesteurs. (Chaque saut de numro de version constitue autant de sueur et de larmes passes en test et en dbogage). <p>&nbsp;&nbsp;  Pendant des jours et des jours, j'ai fouill dans mes disquettes et mes cartouches Syquest. J'ai exhum de vieilles versions, les ai vrifies, copies dans les bons dossiers. Un boulot fastidieux et rbarbatif o j'ai dpens beaucoup d'nergie et de Pepsi. <p>&nbsp;&nbsp;  Dans chaque dossier, j'ai tout vrifi en assemblant les fichiers et en recrant la version correspondante de Spectre, que j'ai ensuite compare aux disques de productions, dont Sandy a t assez maligne pour garder un exemplaire pour chaque version, me faisant menacer des pires chtiments si je ne les lui rendais pas promptement. Et chaque dossier a ensuite reu un fichier de documentation. <p>&nbsp;&nbsp;  		Etais-je sot : j'ai mme pouss le vice jusqu' inclure sur ce disque les 19 versions bta de Spectre 3. O. Puisque j'tais en train de faire LE disque parfait, autant les y mettre, n'est-ce pas ? Aprs tout, certaines applications Apple avaient montr une fcheuse propension  tourner sur une version bta mais pas sur la suivante (comme Pagemaker qui s'tait mis  planter sur l'avant-dernire version bta de Spectre 3. 0 -un mauvais souvenir, il nous a fallu supprimer ce bogue en un temps record). <p>&nbsp;&nbsp;  J'ai aussi rcupr ici et l des fichiers divers, comme des docs sur le clavier du Macintosh et les codes qu'il mettait. Comme les autres, il aboutirent dans des dossiers soigneusement documents. Inutile de dire que tout cela a pris un grand nombre de mgaoctets. <p>&nbsp;&nbsp;  Pour tre sr d'viter les corruptions spontanes de fichiers, j'ai pass les fichiers  l'utitaire ARC. ARC compresse les fichiers, mais surtout, il calcule un CRC (Cyclic Reduncant Check, somme de contrle redondant cyclique) pour chaque fichier. Il s'agit d'une sorte de signature du fichier, obtenue en calculant un polynme avec chaque octet du fichier.  Modifier un simple bit ou intervertir deux octet modifie le CRC, et il est presque impossible de modifier accidentellement le fichier en conservant le mme CRC. J'ai donc fait une liste de tous les fichiers avec leur CRC. En cas de doute sur l'intgrit d'un fichier, je pouvais recalculer son CRC et voir s'il correspondait  celui de la liste. <p>&nbsp;&nbsp;  Enfin, j'ai relanc un programme qui recalculait le CRC pour chacun des 1500 fichiers et le revrifiait par rappon  la liste. J'ai imprim les fichiers de documentation pour en conserver une version sur papier. <p>&nbsp;&nbsp;  Poussant un soupir satisfait, je me suis tir.  empli de la batitude du devoir accompli. Je savais o se trouvait chaque fichier  cette seconde prcise, et tait certain de son intgrit. Il ne restait plus qu'a faire une sauvegarde de ce petit bijou d'ordre et de rigueur, qu'il m'avait fallu un bon mois pour fignoler... <p>&nbsp;&nbsp;  En organisant ainsi tant de donnes, j'avais naturellement rempli mon barrage  ras bord, crant une situation d'entropie minimale et d'organisation maximale. J'avais dfi les lois du chaos et viol la seconde loi de la thermodynamique applique  l'informatique. J'avais construit un chteau de cartes de vingt mtres de haut. <p>&nbsp;&nbsp;  L'univers n'attendait que l'occasion de m'apprendre  vivre. Notez bien qu'avec l'astuce des CRC, le coup classique de la corruption sournoise des fichiers devenait impossible, car j'aurais pu le dtecter. Il ne restait plus qu'une possibilit. <p>&nbsp;&nbsp;  Comme vous le savez si vous avez lu mon article prcdent, les lois de l'univers qui le vouent au chaos se mirent en oeuvre par l'intermdiaire de la mcanique quantique, et engendrrent un continuum spatio-temporel dans lequel tait inscrit mon tragique destin. Le destin en question consistant bien sr  recevoir le fameux chteau de cartes sur la tte afin de niveler cet arrogant delta de haute organisation. <p>&nbsp;&nbsp;  Innocemment, j'ai teint le systme pour y connecter un lecteur de bande magntique. J'ai mis le lecteur et j'ai rallum. <p>&nbsp;&nbsp;  Le disque dur n'a pas ragit l'allumage. <p>&nbsp;&nbsp;  Mes cheveux se sont dresss sur ma tte et j'ai t pris de sueurs froides. <p>&nbsp;&nbsp;  Pendant une semaine, j'ai tout essay pour ressusciter ce disque. J'ai remplac son circuit imprim interne, son alimentation, je l'ai fait tourner  la main, je l'ai secou pour dcoller les ttes, enfin tout. En vain. Il tait mort. Et je n'avais pas de sauvegarde. C'tait la seule possibilit, elle s'tait ralise. Le delta avait t nivel d'un coup. Paf. <p>&nbsp;&nbsp;  Meuh non, dites-vous, j'ai malencontreusement envoy une dcharge d'lectricit statique a ce pauvre disque, ou alors c'est le cble SCSI qui n'tait pas bon, ou encore l'alimentation qui a claqu a l'allumage et a bousill le disque... Ben voyons. Non, dsol, a ne prend plus, les concidences, j'en ai trop vues. C'taient les lois inexorables de l'univers qui venaient de frapper. <p>&nbsp;&nbsp;  Depuis lors, j'ai pris l'habitude de ne jamais faire d'effort pour organiser mon disque dur. Oh, certes, je sais plus ou moins o sont mes fichiers, mais je me garde bien de trop augmenter mon niveau d'organisation, et d'attirer l'attention des implacables gardiens des lois de l'entropie. En outre, je laisse toujours une partition a l'tat de chaos complet sur mon disque.  Ce sacrifice aux dieux du dsordre m'a jusqu' prsent vit leurs foudres. <p>&nbsp;&nbsp;  Je sais, je sais, a a l'air idiot. Mais en tout cas, a marche. Mon taux de pannes de disques est a son niveau historique le plus bas. Un de mes lecteurs, un Syquest souffrant d'un problme de moteur de rotation, a mme eu l'extrme obligeance d'avoir une embellie finale et de se remettre a fonctionner, ce qui m'a permis d'y rcuprer des mgaoctets de donnes prises sur des serveurs tlmatiques, au prix d'innombrables heures de tlchargement. Le Syquest a ensuite dfinitivement rendu l'me, cinq minutes aprs que j'y ai rcupr le dernier fichier. De quoi se poser des questions, non ? <p>&nbsp;&nbsp;  Tout ceci a des implications qui m'effraient.  Je constate que les concentrations de donnes souffrent. C'est peut-tre d en partie aux limites de la technologie que l'on repousse sans cesse. Mme avec un taux de fiabilit de 99,9%, il y a un gars sur mille (moi!)  qui choient les rebuts. Certes, Atari ne teste pas ses machines  100%, ce qui est reflt par leur prix modique. Mais j'ai aussi trouv des fichiers corrompus sans raison apparente sur des 486 ou des Macintosh fort coteux. Tenez, prs de chaque Mac, nous gardons un kit d'installation, parce que nous devons rgulirement recharger le System et le Finder...  <p><hr noshade><strong><font size=+2 face=helvetica>Stockage visible</font></strong><hr noshade><p>&nbsp;&nbsp;  Mon seul espoir est notre lecteur de disque WORM (Write Once, Read Many) connect  une vieille machine AT&T. C'est un disque sur lequel tout ce qu'on crit est dfinitivement enregistr, littralement grav au laser. Mais tt ou tard, ce lecteur tombera en panne, ou bien ce sera l'AT&T. Les circuits imprims ont une limite d'ge de dix ans. Pass ce temps, des fissures commencent  y apparatre en raison des trop nombreux cycles thermiques (chauffement t l'allumage, refroidissement  l'extinction) qui dilatent et contractent les pistes de cuivre dans les cartes. Je suis persuad que si cela devient un jour ncessaire, un lment irremplaable tombera en panne, me privant du disque WORM. <p>&nbsp;&nbsp;  J'en viens  considrer des mdias o l'information est stocke sous forme visible, macroscopique, comme les bandes de papier perfores. Les bits sur les surtaces magntiques sont sujets aux alas de la physique quantique, dont les trous des bandes de papiers n'ont cure.  Les lecteurs de bandes  haute vitesse sont assez rapides, et se trouvent dans les surplus pour un prix drisoire. <p>&nbsp;&nbsp;  En tout cas, vitez comme la peste de btir comme moi des chteaux de cartes informa tiques, des disques durs hyper-organiss vous attireriez immanquablement quelque catastrophe. Ne hissez pas votre potentiel d'ordre trop haut, vous vous feriez remarquer.  Ne soyez pas le cristal que l'univers brle de faire fondre. Et n'oubliez pas que les Seigneurs du Chaos aiment qu'on leur consacre une zone dlibrment laisse  l'tat sauvage sur un disque dur. <p>&nbsp;&nbsp;  Il faut galement que vous sachiez qu' partir de 20 Mo de donnes, vous avez au moins un fichier vrol. Pouvez-vous trouver lequel ? Non, hein ? J'en tais sr. <p>&nbsp;&nbsp;  Rassurez-vous, vous n tes pas les seuls. Les publicits d'utilitaires pour Macintosh affirment que 500A des Macs souffrent de rpertoires vrols. Les Macs utilisent non pas une simple table de rpertoire, mais une structure arborescente complexe, un Bqree, qui peut facilement tre endommag. Si vous avez un Spectre, procurez-votis les Norton Utilities pour Mac, vous en aurez besoin. <p>&nbsp;&nbsp;  Quant aux PC... Une fois, je rassemblais d'anciens articles pour une disqueffe destine  ST-Mag, quand soudain, au milieu d'un article que je relisais, je vis apparatre des donnes binaires venues de Dieu sait o. L'original avait disparu. Heureusement, un ami avait gard une copie de cet article, et j'ai pu finalement envoyer cette disquette. [<strong>NdT</strong> : <em>Rassure-toi, Dave, les Postes nous l'ont paume, tu n'as plus qu'a la refaire. Eh Si.</em>] <p>&nbsp;&nbsp;  Bret n'allez pas  l'encontre des lois de l'univers, ou il vous en cuira coutez vos anciens, jeunes prsomptueux. Ils ont souffert pour vous. Faites comme moi: suivez le courant, prenez vos dispositions, sinon vous vous en mordrez les doigts <p> <div align=right><strong>Traduction et adaptation Password 90</strong> </div>  </font></tt> <hr noshade size=4> <a href="sommaire.html">Sommaire</a> </body> </html> 
