<!DOCTYPE HTML PUBLIC "-//W3C//DTD HTML 3.2//EN"> <!--This file created 3/10/97 16:51 by Claris Home Page version 2.0b1--> <HTML> <HEAD>    <TITLE>CHAOS DEBOUT</TITLE>    <META NAME=GENERATOR CONTENT="Claris Home Page 2.0b1">    <X-SAS-WINDOW TOP=73 BOTTOM=733 LEFT=35 RIGHT=1001>    <META NAME="Author" CONTENT=""> </HEAD> <BODY BGCOLOR="#FFFFFF" LINK="#0000EE" VLINK="#551A8B">  <P><CENTER><TABLE  CELLSPACING=0 CELLPADDING=0 WIDTH="100%">    <TR>       <TD VALIGN=top WIDTH="20%">          <P><CENTER><A HREF="../../index.html"><IMG          SRC="../../../icons/back.gif" ALT="Retour au sommaire"          WIDTH=46 HEIGHT=46 BORDER=0 ALIGN=bottom hspace=20></A>          </CENTER></P>                    <P><CENTER><B><TT><FONT SIZE="+1"          COLOR="#FF9520">R</FONT></TT></B><TT><FONT          COLOR="#000000">etour au sommaire</FONT></TT></CENTER>       </TD><TD VALIGN=top WIDTH="20%">          <P><CENTER><A HREF="#invites"><IMG          SRC="../../../icons/oeil.gif" ALT="Invit&Egrave;s" WIDTH=40          HEIGHT=46 BORDER=0 ALIGN=bottom hspace=20></A></CENTER></P>                    <P><CENTER><B><TT><FONT SIZE="+1"          COLOR="#FF9520">T</FONT></TT></B><TT><FONT          COLOR="#000000">&eacute;moignages des          invit&eacute;s</FONT></TT></CENTER>       </TD><TD VALIGN=top WIDTH="20%">          <P><CENTER><A HREF="#externes"><IMG          SRC="../../../icons/out.gif" WIDTH=40 HEIGHT=46 BORDER=0          ALIGN=bottom hspace=20></A></CENTER></P>                    <P><CENTER><B><TT><FONT SIZE="+1"          COLOR="#FF9520">C</FONT></TT></B><TT><FONT          COLOR="#000000">ritiques des <BR> professionnels</FONT></TT>          </CENTER>       </TD><TD VALIGN=top WIDTH="20%">          <P><CENTER><A HREF="#internes"><IMG          SRC="../../../icons/In.gif" WIDTH=40 HEIGHT=46 BORDER=0          ALIGN=bottom hspace=20></A></CENTER></P>                    <P><CENTER><B><TT><FONT SIZE="+1"          COLOR="#FF9520">R</FONT></TT></B><TT><FONT          COLOR="#000000">&eacute;ponse <BR>des          artistes</FONT></TT></CENTER> </TD><TD VALIGN=top WIDTH="20%">          <P><CENTER><A HREF="#dosspresse"><IMG          SRC="../../../icons/dosspresse.gif" WIDTH=40 HEIGHT=46 BORDER=0          ALIGN=bottom hspace=20></A></CENTER></P>          <P><CENTER><B><TT><FONT SIZE="+1"          COLOR="#FF9520">D</FONT></TT></B><TT><FONT          COLOR="#000000">ossier de <BR> presse          </FONT></TT></CENTER>     </TD></TR> </TABLE></CENTER></P>  <P><CENTER><TABLE BORDER=1 CELLSPACING=0 CELLPADDING=1 WIDTH="100%">    <TR>       <TH COLSPAN=2 bgcolor="#FF9520" WIDTH="100%">          <P><TT><FONT SIZE="+4" COLOR="#000000">Chaos debout</FONT><FONT          SIZE="-2" COLOR="#000000"> </FONT></TT></P>                    <P><TT><FONT COLOR="#000000">V&eacute;ronique OLMI</FONT></TT>       </TH></TR>    <TR>       <TD ROWSPAN=2 align=LEFT WIDTH="50%">          <P><TT><FONT SIZE="-1">Mise en sc&egrave;ne&nbsp;: Jacques LASSALLE, D&eacute;cors&nbsp;: Alain Chambon, Costumes&nbsp;: Alain Chambon, Lumi&egrave;re&nbsp;: Franck Th&eacute;venon, Assistante &agrave; la mise en sc&egrave;ne Anne gratadour, Avec&nbsp;: Pascal Elso, Mich&egrave;le Gleizer, Anouk Grinberg et Dimitri Rataud</FONT></TT>       </TD><TD align=LEFT WIDTH="50%">          <P><B><TT><FONT COLOR="#FF9520">Genre :          </FONT></TT></B><TT><FONT          COLOR="#000000">Th&eacute;&acirc;tre, Contemporain</FONT></TT></P>                    <P>          <HR>          <TT>du 14/07/98 au 28/07/98 &agrave; 19:00 sauf les jeudi 16 et mercredi 22 juillet rel&acirc;che<BR></TT>       </TD></TR>    <TR><TD WIDTH="50%">          <P><B><TT><FONT SIZE="-1" COLOR="#FF9520">Tarifs :          </FONT></TT></B><TT><FONT SIZE="-1"          COLOR="#000000">Adulte r&eacute;duit&nbsp;:110F, Adulte normal&nbsp;:130F, Enfant r&eacute;duit&nbsp;:F, Enfant normal&nbsp;: F</FONT></TT>       </TD></TR>    <TR>       <TD COLSPAN=2 WIDTH="100%">          <P><CENTER><B><TT><FONT SIZE="+3"          COLOR="#FF9520">PLANNING</FONT></TT></B></CENTER>       </TD></TR>  <TR>         <TD WIDTH="50%">         <P><B><TT><FONT COLOR="#FF9520"><FONTSIZE=+1>non disponible</B></FONT><TT>         </TD><TD WIDTH="50%">         <P><TT>du 25/11/98 au 28/11/98&quot;horaires variables&quot;<TT>         </TD></TR> <TR>         <TD WIDTH="50%">         <P><B><TT><FONT COLOR="#FF9520"><FONTSIZE=+1>Salle Beno&icirc;t XII</B></FONT><TT>         </TD><TD WIDTH="50%">         <P><TT>du 14/07/98 au 28/07/98 &agrave; 19:00 sauf les jeudi 16 et mercredi 22 juillet rel&acirc;che<BR><TT>         </TD></TR> <TR>         <TD WIDTH="50%">         <P><B><TT><FONT COLOR="#FF9520"><FONTSIZE=+1>Les Abbesses</B></FONT><TT>         </TD><TD WIDTH="50%">         <P><TT>du 29/09/98 au 24/10/98 &agrave; 20:30 sauf les lundis jours de rel&acirc;che, re&acirc;che exceptionnelle le dimanche 4 Octobre<BR>&quot;horaires variables&quot;<TT>         </TD></TR>   <TR>       <TD COLSPAN=2 WIDTH="100%">          <P><B><TT><FONT COLOR="#FF9520">En ce moment :          <FONTSIZE=+1>Salle Beno&icirc;t XII</FONT></TT></B></P>                    <P><TT><FONT SIZE="+1"          COLOR="#000000">Avignon,</FONT></TT></P>                    <P><TT><FONT SIZE="+1" COLOR="#000000">R&eacute;servation au          : 0490141414</FONT></TT>       </TD></TR>    <TR>       <TD VALIGN=top COLSPAN=2 align=CENTER WIDTH="100%">          <P><CENTER><TABLE  CELLSPACING=0 CELLPADDING=0 WIDTH="100%"          HEIGHT="100%">             <TR>                <TD VALIGN=top align=CENTER WIDTH=125>                   <P><CENTER><IMG SRC="../../../icons/fleche.gif"                   WIDTH=118 HEIGHT=81 ALIGN=bottom></CENTER>                </TD><TD VALIGN=top align=LEFT WIDTH="100%">                   <P><B><TT>Nous sommes en 1995, dans un vieil appartement communautaire de Moscou, au moment de la guerre de Tch&eacute;tch&eacute;nie, dans une kommunalka qui, &agrave; l'image de l'ex-Union Sovi&eacute;tique, porte une histoire tiss&eacute;e de secrets, de trahisons, de r&eacute;sistances individuelles et d'amour absolu. Certains personnages de la pi&egrave;ce sont &quot; pr&eacute;sents invisibles&quot;, d'autres confrontent sous nos yeux leur parcours&nbsp;: Babouchka, 65 ans, ancienne d&eacute;port&eacute;e, Iouri, 25 ans, qui revient de Tch&eacute;tch&eacute;nie, Katia, sa femme, Gricha, jeune voyou qui sera envoy&eacute; sur le front tch&eacute;tch&eacute;ne lors de son service militaire. En &eacute;num&eacute;rant les personnages, le contenu de la pi&egrave;ce semble se d&eacute;voiler&nbsp;: une histoire d'amour sur fond de guerre. Une guerre que nous ne verrons pas, qu'aucun t&eacute;moin direct ne nous racontera vraiment, une guerre cach&eacute;e, fantasm&eacute;e, mais omnipr&eacute;sente. Si loin de ce &quot;conflit interne&quot; entre la Russie et la Tch&eacute;tch&eacute;nie, nous demeurons nous, occidentaux, spectateurs de guerre et de th&eacute;&acirc;tre de guerre. Entre d&eacute;sir et r&eacute;pulsion, peur et violence, mort et survie, les personnages de Chaos debout tissent leurs liens de transmission et de filiation, et nous rappellent que le pr&eacute;sent ne s'invente qu'en consid&eacute;ration du pass&eacute;.<BR><BR>A premi&egrave;re vue, on pourrait penser que Chaos debout est une pi&egrave;ce sur la Russie et la guerre en Tch&eacute;tch&eacute;nie. Ce serait faux. La Tch&eacute;tch&eacute;nie&nbsp;? J'ai refus&eacute; par deux fois de m'y rendre. Moscou? Connais pas. Alors&nbsp;? Alors, Chaos debout n'est pas une pi&egrave;ce sur la guerre, mais sur le retentissement de la guerre. Il n'y est question ni d'h&eacute;ro&iuml;sme, ni de barbarie, mais de leurs fantasmes&nbsp;; c'est une interrogation sur le regard, celui que chacun porte sur la r&eacute;alit&eacute; de l'autre. La seule v&eacute;rit&eacute; et la derni&egrave;re utopie possible, c'est l'amour d'une femme pour un homme.<BR>Cette r&eacute;sistance la maintient debout.<BR>V&eacute;ronique Olmi</TT></B>                </TD></TR>          </TABLE></CENTER>       </TD></TR> </TABLE></CENTER></P>    <P><A NAME="invites"></A><IMG SRC="../../../icons/invites.gif"                 WIDTH=207 HEIGHT=46 ALIGN=bottom></P><BLOCKQUOTE><BLOCKQUOTE><P><FONT COLOR="#000000">Me voici devant un grand moment du &quot;In&quot;: la cr&eacute;ation d'une pi&egrave;ce de V&eacute;ronique Olmi, mise en sc&egrave;ne par Jacques Lassalle, avec Anouk Grimberg. Tant de talents m'intimident et me disposent au mieux. Le d&eacute;cor, la grande pi&egrave;ce d'une &quot;kommunalka&quot;, un appartement collectif de Moscou, est naturaliste, minutieux. La sc&egrave;ne est &eacute;quip&eacute;e en gaz, eau, &eacute;lectricit&eacute;. L'histoire commence, celle de Katia, amoureuse d'un soldat rentr&eacute; de Tch&eacute;tch&eacute;nie bless&eacute; &agrave; la jambe, totalement transform&eacute;, absent, se so&ucirc;lant avec une vodka de synth&egrave;se. Katia, c'est Anouk Grimberg.<BR>Elle est bless&eacute;e, elle a un pansement sur l'oeil, nous pr&eacute;venait-on &agrave; la caisse. Peu importe, cela convient au r&ocirc;le et pour moi Anouk Grimberg a toujours jou&eacute; les femmes-enfant cass&eacute;es en mille morceaux, tr&eacute;pignant, v&ecirc;tements d&eacute;faits, se faisant avoir, toucher les seins, la bouche, le sexe par tout le monde. Je retrouve sa voix pleine de chuintements, avec ses &quot;r&quot; liquides, gonfl&eacute;e de petits sanglots, extraordinairement mobile, sinc&egrave;re comme des petits appels au secours. Elle bouge sur sc&egrave;ne aussi facilement que sa voix, avec des petites jambes plaintives. Le r&ocirc;le, para&icirc;t-il, a &eacute;t&eacute; &eacute;crit pour elle, et en effet les autres acteurs sont &agrave; son service. Elle seule illumine la sc&egrave;ne, comme elle illumine, vers la fin de la pi&egrave;ce, l'int&eacute;rieur de sa chemise de nuit o&ugrave; elle guette la grossesse.<BR>Que dire&nbsp;? Le texte m'a rappel&eacute; bien des films sovi&eacute;tiques, des pi&egrave;ces de Tchekhov o&ugrave; r&egrave;gnent la lassitude, le ressassement, les souvenirs rancis, o&ugrave; l'espoir s&egrave;che sur pied; des personnages loin de tout, de leur propre vie, des Bovary sans m&ecirc;me une situation de femme de m&eacute;decin, sans Rodolphe et sans le g&eacute;nie du terroir fran&ccedil;ais, sans m&ecirc;me d'autres r&ecirc;ves que celui de sortir d'un clapier. La pi&egrave;ce m'a paru un peu lente, triste, toujours lente, toujours triste, sans &ecirc;tre ni longue ni lassante, mais sans moments forts, sans aboutissement. La fin, o&ugrave; le couple quelque peu r&eacute;tabli attend un vrai enfant en buvant de la vraie vodka, est, &agrave; mon go&ucirc;t, exp&eacute;di&eacute;e. Par l'exp&eacute;rience du metteur en sc&egrave;ne et de l'actrice principale, bien des &eacute;cueils auront &eacute;t&eacute; &eacute;vit&eacute;s, mais le texte ressemble trop souvent &agrave; la petite foul&eacute;e du matin d'une dramaturge appliqu&eacute;e, semant quelques couplets bien tourn&eacute;s dans un tissu trop l&acirc;che. Pour donner une vraie force au m&ecirc;me texte, il aurait peut-&ecirc;tre fallu un d&eacute;cor moins sage, des acteurs russes surtitr&eacute;s. A d&eacute;faut, l'ensemble sentait trop l'hommage renouvel&eacute;, &eacute;mu mais poli, de la vieille France cart&eacute;sienne &agrave; l'&eacute;ternel pathos russe.<BR> </FONT><B><TT><FONT COLOR="#FF9520">Dalibor Frioux </FONT></TT></B></P></BLOCKQUOTE></BLOCKQUOTE> <P> <HR WIDTH="100%"></P>  <BLOCKQUOTE><BLOCKQUOTE><P><FONT COLOR="#000000">Je m'installe, le d&eacute;cor est l&agrave; sous mes yeux, un int&eacute;rieur d'appartement, une grande cuisine, une pi&egrave;ce o&ugrave; l'on vit. J'attends l'arriv&eacute;e des com&eacute;diens. Babouchka arrive, ce n'est pas un personnage, c'est quelqu'un qui prend son caf&eacute;. Avec ce cloporte qu'elle poursuit et &eacute;crase, me voil&agrave; plong&eacute;e dans le quotidien de cette vieille femme. Une autre la rejoint, plus jeune, maugr&eacute;ant dans le petit matin, se tortillant d'un pied sur l'autre en attendant que le caf&eacute; dans la casserole soit chaud. Puis sa parole se fait plus claire, la nuit, dit-elle, a &eacute;t&eacute; mauvaise, comme d'autres nuits auparavant: son homme, &agrave; c&ocirc;t&eacute; d'elle, comme tous les soirs, s'est endormi, l'a ignor&eacute;e. Elle a tant attendu son retour de la guerre; mais l'homme qui est revenu n'est plus le m&ecirc;me. Le voil&agrave;, justement qui se l&egrave;ve, ils &eacute;changent des mots maladroits, elle souffrant de le sentir loin d'elle, lui, enferm&eacute; dans son mutisme. Au milieu de la mis&egrave;re du quotidien, de ses odeurs, de ses manques, de ses &eacute;vidences, ne subsiste plus que l'amour de cette femme pour son mari, qui ne l'entend pas, qui ne la voit pas, qui la rejette. Elle accepte tout, reste, continue &agrave; l'aimer.<BR>Je suis ballott&eacute;e entre le d&eacute;go&ucirc;t face &agrave; cette existence abjecte, face &agrave; ce d&eacute;sespoir, et la beaut&eacute; de ces sentiments qui se disent en filigrane par instants, ou qui s'imposent par des cris et des phrases d'une simplicit&eacute; touchante. Par moments, je n'en peux plus, j'&eacute;touffe, mon ventre se noue, c'est insoutenable ces vies qui prennent formes devant moi pour mieux s'effondrer, comment font-ils pour tenir encore debout? Je pourrais dire stop, arr&ecirc;tez, c'est trop, mais non, la vie continue sur sc&egrave;ne, nous guide imperceptiblement, dans le noir, vers l'espoir.<BR>Mais je suis surprise, c'est presque un happy end, la rupture est brutale, je n'ai pas vu les personnages grandirent, j'ai du mal &agrave; y croire. Je vois alors des com&eacute;diens qui jouent des personnages qui eux-m&ecirc;mes jouent la com&eacute;die de l'espoir. J'ai appr&eacute;ci&eacute; le texte, le d&eacute;cor, le jeu des acteurs tout en nuances, le tout dans une grande simplicit&eacute;, je suis sortie, la gorge serr&eacute;e.<BR> </FONT><B><TT><FONT COLOR="#FF9520">Sophie Reine </FONT></TT></B></P></BLOCKQUOTE></BLOCKQUOTE> <P> <HR WIDTH="100%"></P>  <BLOCKQUOTE><BLOCKQUOTE><P><FONT COLOR="#000000">Toute l'action se passe dans un appartement communautaire de Moscou en 1995. Pour moi, c'est d&eacute;j&agrave; l'occasion d'imaginer ce que peut &ecirc;tre le quotidien en ex-URSS, tout &agrave; fait diff&eacute;rent que ce qu'on voit au journal t&eacute;l&eacute;vis&eacute;. L&agrave; se confrontent 4 personnes: Babouchka 65 ans ancienne d&eacute;port&eacute;e, Iouri 25 ans qui revient de la guerrre de Tch&eacute;tch&eacute;nie et qui n'a plus envie de rien, sa femme Katia et Gricha, jeune voyou qui sera envoy&eacute; en Tch&eacute;tch&eacute;nie pour son service militaire. Tensions dans cet univers clos qui montent de plus en plus avant de craquer &eacute;motionnellement et de repartir sur de nouvelles bases. J'ai surtout appr&eacute;ci&eacute; la rigueur et la duret&eacute; avec laquelle Babouchka avoue que ses parents ont &eacute;t&eacute; tu&eacute;s par d&eacute;nonciation du p&egrave;re de Iouri qui vit toujours immobilis&eacute; dans une chambre voisine du m&ecirc;me appartement. Le jeu naturel des com&eacute;diens et les choix musicaux rendent ce texte cinglant, br&ucirc;lant d'&eacute;motion.<BR> </FONT><B><TT><FONT COLOR="#FF9520">Stephanie Cnudde </FONT></TT></B></P></BLOCKQUOTE></BLOCKQUOTE> <P> <HR WIDTH="100%"></P>     </BLOCKQUOTE>   </BLOCKQUOTE>     <P>         <P><A NAME="dosspresse"></A>            <IMG SRC="../../../icons/dosspressegd.gif"                 WIDTH=207 HEIGHT=46 ALIGN=bottom></P>         <BLOCKQUOTE><BLOCKQUOTE>L'enveloppe de papier kraft<BR>Un matin de mai 97, je trouvai au courrier une de ces grandes enveloppes en papier kraft que l'on consid&egrave;re &agrave; deux fois avant de les ouvrir. Cette enveloppe-l&agrave; contenait deux pi&egrave;ces de V&eacute;ronique Olmi. Une lettre de Anouk Grinberg les accompagnait. L'auteur les lui avait adress&eacute;es. Elle les aimait bien. Elle pensait que peut-&ecirc;tre l'une ou l'autre pourrait nous donner l'occasion de nous retrouver sur la sc&egrave;ne comme nous nous l'&eacute;tions promis quelques temps auparavant. Oui, nous retrouver pour la premi&egrave;re fois depuis ce jour de printemps 78 o&ugrave; j'avais demand&eacute; &agrave; ses parents si je pouvais la distraire quelques heures en fin de trimestre de sa classe de seconde au lyc&eacute;e, pour cr&eacute;er Remagen, d'apr&egrave;s L'Excursion des jeunes filles qui ne sont plus d'Anna Seghers avec Agathe Alexis, Fran&ccedil;ois Lebrun, Elsa Pierce, Anna Prucnal, Emmanuelle Riva, Emmanuelle Stohl, Yannis Kokkos et moi au Festival d'Avignon, salle Benoit XII d'abord et ensuite au Th&eacute;&acirc;tre de St Denis, chez Ren&eacute; Gonzales qui avait d&eacute;croch&eacute; une fois de plus le label Festival d'Automne.<BR>A l'&eacute;poque, je tremblais &agrave; l'id&eacute;e de poser la question de son engagement, comme si j'avais eu &agrave; demander la main d'Anouk, et je fus presque d&eacute;concert&eacute;, lorsque Michel Vinaver, son p&egrave;re, m'a r&eacute;v&eacute;l&eacute; des ann&eacute;es plus tard qu'il s'&eacute;tait bien amus&eacute;, de mes scrupules et de mes inqui&eacute;tudes, lui qui ne voyait aucune raison de temp&eacute;rer de la moindre r&eacute;serve le plaisir qu'il avait de m'accorder l'autorisation que je lui demandais. Au th&eacute;&acirc;tre, aujourd'hui, il arrive de plus en plus souvent que les auteurs, les actrices surtout, fassent signe aux metteurs en sc&egrave;ne. C'est un peu comme au bal, quand ce sont les dames qui invitent les messieurs &agrave; boucler le tour de valse. On parle d'importantes mutations dans le th&eacute;&acirc;tre &agrave; venir. Prenons-y garde&nbsp;: en voil&agrave; sans doute. Le mercenaire,&quot; ce metteur en sc&egrave;ne-invit&eacute; &quot;, que je me suis r&eacute;sign&eacute; &agrave; devenir apr&egrave;s des lustres de th&eacute;&acirc;tre public, envisage certains jours sa propre &eacute;volution avec les d&eacute;licieux effrois de quelqu'un qui se souvient du reniement de Galil&eacute;e.<BR><BR>La premi&egrave;re des deux pi&egrave;ces de V&eacute;ronique Olmi avait pour titre Les Nuits sans lune la seconde Chaos debout. Je les lus d'un trait toutes les deux. Cela ne m'arrive pas souvent avec les textes de th&eacute;&acirc;tre. Mais ici, la force des situations, le relief des personnages, la crudit&eacute; sans complaisance des dialogues, la progression intelligemment m&eacute;nag&eacute;e de l'action, for&ccedil;aient l'int&eacute;r&ecirc;t. Des formes dramatiques, somme toute traditionnelles, retrouvaient l'&eacute;vidence d'une n&eacute;cessit&eacute;, la fra&icirc;cheur d'une urgence qui n'aurait pas eu le temps de sacrifier aux contorsions formelles. Surtout, de l'infirmerie-prison des Nuits sans lune &agrave; l'appartement communautaire de Moscou eltsinien de Chaos debout, sans oublier les meubles d'exil du Passage, que j'avais lu dans la foul&eacute;e. Je d&eacute;couvrais l'unit&eacute;, apr&egrave;s tout sid&eacute;rante chez un si jeune auteur, d'une dramaturgie de l'enfermement, d'une th&eacute;matique du couple morcel&eacute;, m&egrave;re-fils autant que mari et femme, dans un monde o&ugrave; les caresses ne peuvent que mordre et balafrer, o&ugrave; la tendresse surgit, sans crier gare, entre les coups.<BR><BR>Cela ne va pas de soi pour quelqu'un de ma g&eacute;n&eacute;ration, de mettre en sc&egrave;ne le texte d'un jeune auteur de maintenant. Il y a les feux, mal &eacute;teints, de son propre rapport &agrave; l'&eacute;critureIl y a le sentiment du temps qui acc&eacute;l&egrave;re sa course et toutes ces voix d'autrefois qui vous appellent quand, dans le th&eacute;&acirc;tre vide, la sc&egrave;ne se peuple-illusion&nbsp;? r&eacute;alit&eacute;&nbsp;?- de chers fant&ocirc;mes en qu&ecirc;te d'incarnation. Mais cette fois, je n'h&eacute;sitai pas. Et puisqu'il fallait choisir, je choisis Chaos debout dont la plus grande amplitude romanesque, le plus grand d&eacute;tour fictionnel, lib&eacute;raient davantage, peut-&ecirc;tre, l'imaginaire sc&eacute;nique. Enfin, comment ne pas saisir cette occasion de t&eacute;moigner de l'int&eacute;r&ecirc;t que nous portons &agrave; la Russie d'aujourd'hui, cette Russie o&ugrave; nous aurons connu de si bouleversants s&eacute;jours, cette Russie dont l'avenir &eacute;cartel&eacute;, semble-t-il, entre guerre d'Afganisthan et guerre de Tch&eacute;tch&eacute;nie, mis&egrave;re, affairisme et mafia, inqui&egrave;te &agrave; si bon droit ses amis europ&eacute;ens.<BR><BR>Le projet, une fois d&eacute;clar&eacute;, prit tr&egrave;s vite forme. Bernard Faivre d'Arcier m'appelait au m&ecirc;me moment, pour me demander o&ugrave; j'en &eacute;tais de mes d&eacute;clarations d'adieu au th&eacute;&acirc;tre &agrave; la fin du festival 94Il n'est pas facile d&eacute;cid&eacute;ment de vivre en v&eacute;rit&eacute;, de vivre absolument nos sinc&eacute;rit&eacute;s, m&ecirc;me quand elle sont d'apparence contradictoire. Tant pis pour qui rira. Alceste &agrave; ce qu'on dit, n'est pas moins plaisant que Tartuffe. Je parlai donc &agrave; BFA de Chaos debout. Il prit date pour le Festival 98. Et ce serait pour m&eacute;moire, bien s&ucirc;r, salle Beno&icirc;t XII. G&eacute;rard Violette qui se souvenait de notre collaboration entre TNS et Th&eacute;&acirc;tre de la Ville, pour Tartuffe, pour Le Mariage des morts de Jean-Pierre Sarrazac, accepta d'ouvrir avec nous la saison de la seconde salle des Abbesses.<BR>Comme au plus beau temps de notre th&eacute;&acirc;tre du quotidien &agrave; Vitry, je retrouve Alain Chambon (sc&eacute;nographie et costumes), Franck Th&eacute;venon (lumi&egrave;re), Daniel Girard (son).<BR>En rupture de La Cagnotte &agrave; H&eacute;bertot, Anne Gratadour m'assiste de nouveau. Et Michel Gleizer, Pascal Elso (depuis Alors voil&agrave; de Michel Piccoli, le plus beau film. d'acteur de l'histoire du cin&eacute;ma depuis Laughton et sa Nuit du chasseur), Dimitri Rataud (depuis ma classe au conservatoire et aussi son r&ocirc;le du Passage de V&eacute;ronique Olmi, d&eacute;j&agrave; &agrave; Vidy-Lausanne, sous la direction de Brigitte Jaques) rejoignent Anouk.<BR>On attendait peut-&ecirc;tre de mon pr&eacute;ambule une mise en perspective de la pi&egrave;ce, une analyse comment&eacute;e de son argument. J'ai pr&eacute;f&eacute;r&eacute; vagabonder autour de la naissance d'un projet, avec le risque, quelle horreur, de c&eacute;der &agrave; la tentation de l'incidente biographique. C'est que sans doute, la travers&eacute;e ind&eacute;cise de cette fin de si&egrave;cle, avec vue carr&eacute;ment floue sur nos th&eacute;&acirc;tres, tant publics que priv&eacute;s, me rend encore plus n&eacute;cessaire d'affirmer qu'entre montage financier, mondialisation des march&eacute;s, strat&eacute;gie de carri&egrave;re, il reste une place pour la coh&eacute;rence des fid&eacute;lit&eacute;s, la transparence citoyenne des productions, l'exigence de l'amiti&eacute;.<BR>Jacques Lassalle Avril 1998<BR><BR>Rep&egrave;res Biographiques<BR><BR>Jacques Lassalle&nbsp;: metteur en sc&egrave;ne<BR>Jacques Lassalle a fond&eacute; le Studio-Th&eacute;&acirc;tre de Vitry en 1967Il y a men&eacute; pendant plus de 15 ans un travail sur le r&eacute;pertoire classique&nbsp;: Moli&egrave;re, Marivaux, Goldoni, Shakespeare, Boccace, B&uuml;chner... avant de s'orienter vers l'&eacute;criture et la mise en sc&egrave;ne de textes contemporains&nbsp;: Vinaver, Kundera, Kroetz et ses propres pi&egrave;ces&nbsp;: Un Couple pour l'hiver, Jonathan des ann&eacute;es 30, Un Dimanche ind&eacute;cis dans la vie dAnna, Avis de recherche... Nomm&eacute; directeur du Th&eacute;&acirc;tre national de Strasbourg en 1983, il a mont&eacute;, entre autres, Tartuffe de Moli&egrave;re en 1983, L'Heureux Stratag&egrave;me de Marivaux en 1984, Emilia Galotti de Lessing en 1985, La Cl&eacute; de Labiche en 1986, Rosmerholm d'Ibsen en 1987, Amphitryon de Moli&egrave;re en 1988, La Bonne M&egrave;re de Goldoni en 1989, B&eacute;r&eacute;nice de Racine en 1990, Le Mariage forc&eacute; et le Cocu imaginaire de Moli&egrave;re en 1991...<BR>Administrateur de la Com&eacute;die Fran&ccedil;aise de 1990 &agrave; 1993, il a mis en sc&egrave;ne, avec les Com&eacute;diens du Fran&ccedil;ais, La Fausse suivante de Marivaux, Un Mari d'Italo Svevo, La Serva Amorosa de Goldoni, Elle est l&agrave; et Le Silence de Nathalie Sarraute, Don Juan de Moli&egrave;re...<BR>Depuis 1994, avec sa compagnie &quot; Pour M&eacute;moire &quot;, il a mont&eacute; Andromaque d'Euripide &agrave; Avignon, Le Malade imaginaire de Moli&egrave;re &agrave; Venise, La Cerisaie de Tchekhov &agrave; Oslo, L'Homme difficile de Hugo von Hofmannsthal &agrave; Lausanne et Paris, Tout comme il faut de Pirandello &agrave; Paris. R&eacute;cemment, il vient de monter au Th&eacute;&acirc;tre H&eacute;bertot La Cagnotte d'Eug&egrave;ne Labiche. Parall&egrave;lement &agrave; son travaII de mise en sc&egrave;ne, Jacques Lassalle se consacre depuis plus de 25 ans &agrave; l'enseignement. Il a, depuis 1994, retrouv&eacute; sa classe au Conservatoire National Sup&eacute;rieur d'Art Dramatique de Paris, quitt&eacute;e en 1983 pour le TNS.<BR><BR>V&eacute;ronique Olmi: auteur<BR>Ce jeune auteur a suivi des &eacute;tudes d'art dramatique avant d'&ecirc;tre l'assistante de Gabriel Garran, puis celle de Jean-Louis Bourdon. Elle a interpr&eacute;t&eacute; elle-m&ecirc;me ses premiers textes&nbsp;: A demain Modigliani et Le Diable (d'apr&egrave;s Marina Tsveta&euml;va). En juin 1997, Gabriel Garran a mis en sc&egrave;ne Eternel quotidien aux Rencontres de la Cartoucherie de Vincennes. A ce jour, elle a publi&eacute; Le Passage que Brigitte Jaques a mis en sc&egrave;ne au Th&eacute;&acirc;tre Vidy de Lausanne en janvier 1998, Nuits sans lune et enfin Chaos debout. Ses deux derniers textes sont La Jouissance du scorpion, pour lequel elle a b&eacute;n&eacute;fici&eacute; d'une bourse d'encouragement &agrave; l'&eacute;criture du CNL et d'une r&eacute;sidence &agrave; la Chartreuse de Villeneuve-lez-Avignon et Point &agrave; la Ligne que Philippe Adrien mettra en sc&egrave;ne en novembre 1998. Un recueII de nouvelles &quot;Priv&eacute;e&quot; sera publi&eacute; aux &eacute;ditions de l'Arche &agrave; l'automne prochain.</BLOCKQUOTE></BLOCKQUOTE>          <P> <HR WIDTH="100%"></P>  </P>        <P><CENTER><TABLE  CELLSPACING=0 CELLPADDING=0 WIDTH="100%">    <TR>       <TD VALIGN=top WIDTH="20%">          <P><CENTER><A HREF="../../index.html"><IMG          SRC="../../../icons/back.gif" ALT="Retour au sommaire"          WIDTH=46 HEIGHT=46 BORDER=0 ALIGN=bottom hspace=20></A>          </CENTER></P>                    <P><CENTER><B><TT><FONT SIZE="+1"          COLOR="#FF9520">R</FONT></TT></B><TT><FONT          COLOR="#000000">etour au sommaire</FONT></TT></CENTER>       </TD><TD VALIGN=top WIDTH="20%">          <P><CENTER><A HREF="#invites"><IMG          SRC="../../../icons/oeil.gif" ALT="Invit&Egrave;s" WIDTH=40          HEIGHT=46 BORDER=0 ALIGN=bottom hspace=20></A></CENTER></P>                    <P><CENTER><B><TT><FONT SIZE="+1"          COLOR="#FF9520">T</FONT></TT></B><TT><FONT          COLOR="#000000">&eacute;moignage des          invit&eacute;s</FONT></TT></CENTER>       </TD><TD VALIGN=top WIDTH="20%">          <P><CENTER><A HREF="#externes"><IMG          SRC="../../../icons/out.gif" WIDTH=40 HEIGHT=46 BORDER=0          ALIGN=bottom hspace=20></A></CENTER></P>                    <P><CENTER><B><TT><FONT SIZE="+1"          COLOR="#FF9520">C</FONT></TT></B><TT><FONT          COLOR="#000000">ritiques des professionnels</FONT></TT>          </CENTER>       </TD><TD VALIGN=top WIDTH="20%">          <P><CENTER><A HREF="#internes"><IMG          SRC="../../../icons/In.gif" WIDTH=40 HEIGHT=46 BORDER=0          ALIGN=bottom hspace=20></A></CENTER></P>                    <P><CENTER><B><TT><FONT SIZE="+1"          COLOR="#FF9520">R</FONT></TT></B><TT><FONT          COLOR="#000000">&eacute;ponse des <BR>          artistes</FONT></TT></CENTER> </TD><TD VALIGN=top WIDTH="20%">          <P><CENTER><A HREF="#dosspresse"><IMG          SRC="../../../icons/dosspresse.gif" WIDTH=40 HEIGHT=46 BORDER=0          ALIGN=bottom hspace=20></A></CENTER></P>          <P><CENTER><B><TT><FONT SIZE="+1"          COLOR="#FF9520">D</FONT></TT></B><TT><FONT          COLOR="#000000">ossier de <BR> presse          </FONT></TT></CENTER>       </TD></TR> </TABLE></CENTER></P> </BODY> </HTML> 
