<HTML> <HEAD> <TITLE>Hocine Ait-Ahmed: &laquo; Bouteflika, c'est le chaos &raquo;</TITLE> <meta http-equiv="Content-Type" content="text/html; charset="> </HEAD> <BODY BGCOLOR="#CCCC99" text="#000000" link="#0000FF" vlink="#800080"> <p><font face="Times New Roman, Times, serif" size="3"><b>Apr&egrave;s les &eacute;meutes    en Kabylie, dans un entretien accord&eacute; &agrave; notre journal, Hocine    A&iuml;t Ahmed, leader historique de l'ind&eacute;pendance alg&eacute;rienne    et pr&eacute;sident du Front des forces socialistes (FFS), d&eacute;nonce l'&laquo;    arbitraire &raquo; du pr&eacute;sident Bouteflika.</b></font></p> <p align="center"><font face="Times New Roman, Times, serif" size="3"><font size="5"><b>&laquo;    Bouteflika, c'est le chaos &raquo;</b></font></font></p> <p><font face="Times New Roman, Times, serif" size="2"><b>Propos recueillis par    Catherine Tardrew, Le Parisien, 6 mai 2001</b></font></p> <p><font face="Times New Roman, Times, serif" size="3"><i>HOCINE A&Iuml;T AHMED,    75 ans, est l'un des derniers chefs historiques de la guerre d'ind&eacute;pendance    alg&eacute;rienne. Pr&eacute;sident du FFS (Front des forces socialistes), c'est    un opposant de toujours au r&eacute;gime en place &agrave; Alger. Candidat aux    &eacute;lections pr&eacute;sidentielles de 1999, il s'est retir&eacute;, la    veille du scrutin, comme les quatre autres adversaires d'Abdelaziz Bouteflika.    Jeudi dernier, &agrave; Alger, &agrave; l'appel de son parti, fortement implant&eacute;    en Kabylie o&ugrave; la tension est &agrave; son paroxysme, des milliers d'Alg&eacute;rois    ont d&eacute;fil&eacute;, aux cris de &laquo; pouvoir assassin &raquo;. Certes,    cette manifestation s'est d&eacute;roul&eacute;e dans le calme. Mais la prochaine    ? Dans l'entretien qu'il accorde &agrave; notre journal, A&iuml;t Ahmed d&eacute;nonce,    sans ambages, la chape de plomb qui, depuis l'ind&eacute;pendance, &eacute;touffe    son pays. Une dictature, dit-il, toujours aux mains des militaires. Et le vieux    dirigeant de r&ecirc;ver &agrave; une &laquo; perestro&iuml;ka &raquo;, seul    moyen de faire tomber un r&eacute;gime indigne. Hier, &agrave; Paris et en province,    plusieurs centaines de personnes ont manifest&eacute; contre la r&eacute;pression    des &eacute;meutes en Kabylie, qui auraient fait au moins une quarantaine de    morts ces deux derni&egrave;res semaines. </i></font></p> <p><font face="Times New Roman, Times, serif" size="3">Hocine A&iuml;t Ahmed :    Nous n'avions pas demand&eacute; d'autorisation pour cette manifestation. Mais    nous savions que les Alg&eacute;riens ne voulaient que manifester leur solidarit&eacute;    avec ceux qui ont exprim&eacute; leur r&eacute;volte en Kabylie et qui ont cri&eacute;    leur ras le bol d'un pouvoir qui n'a g&eacute;n&eacute;r&eacute; jusqu'ici que    mis&egrave;re et violences. L'enjeu &eacute;tait de taille. Il s'agissait de    prouver que nous &eacute;tions capables d'&eacute;viter les d&eacute;bordements.    Les Alg&eacute;riens savent manifester dans le calme lorsqu'il n'y a pas de    provocations. C'est la raison pour laquelle j'avais mis en garde contre toute    provocation d'o&ugrave; qu'elle vienne, car elle aurait pu provoquer un bain    de sang qui aurait enflamm&eacute; le pays tout entier. Le bon d&eacute;roulement    de cette marche montre aussi qu'une rel&egrave;ve politique existe dans notre    pays. </font></p> <p><font face="Times New Roman, Times, serif" size="3"><b>Il ne s'agissait donc    pas, en Kabylie, de revendications purement r&eacute;gionalistes ?</b> </font></p> <p><font face="Times New Roman, Times, serif" size="3">Evidemment ! Le monde entier    a d'ailleurs pu entendre les slogans clam&eacute;s par la jeunesse en Kabylie.    Ils d&eacute;passent, et de beaucoup, le cadre d'une revendication identitaire,    par ailleurs totalement l&eacute;gitime. La r&eacute;volte de ces jeunes ob&eacute;it    &agrave; des causes imm&eacute;diates : l'arbitraire et le droit de vie et de    mort des services de s&eacute;curit&eacute; qui ont d&eacute;clench&eacute;    l'incendie en ex&eacute;cutant le jeune Massinissa (NDLR : un lyc&eacute;en    tu&eacute; par la gendarmerie le 18 avril). Cela ne doit pas faire oublier la    volont&eacute; de certains de faire basculer la Kabylie dans le chaos. Sans    doute pour trouver l&agrave;, le pr&eacute;texte &agrave; normaliser une r&eacute;gion    qui joue un r&ocirc;le de premier plan dans le combat d&eacute;mocratique, comme    elle l'avait fait dans la lutte de lib&eacute;ration. Mais il y a aussi des    causes plus profondes communes &agrave; tout le pays : la paup&eacute;risation    galopante (y compris des classes moyennes), un ch&ocirc;mage qui touche 33 %    de la population&#133; Bref aucun espoir d'avenir. Sans parler de cette guerre    qui n'en finit pas avec ses morts, ses handicap&eacute;s &agrave; vie, ses milliers    de disparus et de d&eacute;plac&eacute;s forc&eacute;s. </font></p> <p><font face="Times New Roman, Times, serif" size="3"><b>Comment envisager une    sortie de crise ? </b></font></p> <p><font face="Times New Roman, Times, serif" size="3">Qui pourrait nier aujourd'hui,    ce que nous avions dit depuis longtemps ? A savoir que la politique du tout-s&eacute;curitaire    ne m&egrave;nerait qu'&agrave; une trag&eacute;die humaine et &agrave; l'impasse.    Il n'y a pas de sortie de crise possible sans lev&eacute;e de l'&eacute;tat    d'urgence, sans retour &agrave; la paix civile, autrement dit, sans solution    politique de la crise. Il y a dans notre pays des potentialit&eacute;s humaines    insoup&ccedil;onn&eacute;es. Mais qui ne peuvent s'exprimer et se mobiliser    tant que le pouvoir s'acharnera &agrave; casser toute expression autonome et    &agrave; diviser les Alg&eacute;riens entre eux. </font></p> <p><font face="Times New Roman, Times, serif" size="3"><b>Quel bilan tirez-vous    des deux ans de pr&eacute;sidence Bouteflika ? </b></font></p> <p><font face="Times New Roman, Times, serif" size="3">On a trop tendance &agrave;    opposer Bouteflika &agrave; l'arm&eacute;e sans voir que les deux sont fondamentalement    d'accord pour maintenir le statu quo et pr&eacute;server le syst&egrave;me.    Bouteflika a &eacute;t&eacute; choisi pour son pass&eacute; de ministre des    Affaires &eacute;trang&egrave;res. Une mani&egrave;re d'emp&ecirc;cher la communaut&eacute;    internationale de regarder ce qui se passe en Alg&eacute;rie. En r&eacute;alit&eacute;,    rien n'a chang&eacute;. C'est le chaos. </font></p> <p><font face="Times New Roman, Times, serif" size="3"><b>Le g&eacute;n&eacute;ral    fran&ccedil;ais Paul Aussaresses vient de reconna&icirc;tre qu'il a tortur&eacute;    et assassin&eacute; pendant la guerre d'Ind&eacute;pendance&#133; </b></font></p> <p><font face="Times New Roman, Times, serif" size="3">La demande de jugement    pour crimes contre l'humanit&eacute; me para&icirc;t un minimum concernant un    &laquo; monstre &raquo; qui reconna&icirc;t avoir lui m&ecirc;me assassin&eacute;    Ali Boumendjel, une grande figure politique, et Larbi Ben M'hidi avec lequel    je partageais tant de choses, affectivement et politiquement. Les prises de    position de Jacques Chirac et Lionel Jospin me paraissent un bon d&eacute;but.    Tous les Alg&eacute;riens savent d&eacute;sormais que l'immunit&eacute; n'existe    pas et que les crimes, t&ocirc;t ou tard, rattrapent leurs auteurs. </font></p> <p>&nbsp;</p> <p> </p> <p><font face="Times New Roman, Times, serif" size="3">Tous droits r&eacute;serv&eacute;s    &quot;Le Parisien&quot;</font></p> <p></p> <p>&nbsp;</p> <p><font face="Times New Roman, Times, serif" size="3"><a href="/farticle/kabylie/emeutes.htm">Retour</a></font></p> <p><font face="Times New Roman, Times, serif" size="3"><a href="/francais.htm">algeria-watch    en francais</a><font color="#000000">&nbsp;</font></font></p> <p>&nbsp;</p> <p align="right"> <font face="Times New Roman, Times, serif" size="3">                 </font></p> <p align="RIGHT">&nbsp;</p>  </BODY> </HTML> 
