<HTML> <HEAD> <TITLE> nos amours - Chaos familial et confusion des sentiments</TITLE> <link REL="STYLESHEET" HREF="2_style.css"> </HEAD> <BODY TEXT = #451E88> <script> open("2_onglet1.htm","onglets","toolbar=1,location=1,directories=1,status=1,menubar=1,scrollbars=0"); </script> <A NAME="top"></A> <TABLE WIDTH="640" BORDER="0" CELLPADDING="6" CELLSPACING="0"> <TR><TD COLSPAN="2"> <FONT SIZE="+1"><B>Traverses thmatiques</B></FONT><BR>       <BR>     </TD></TR> <TR><TD VALIGN ="top"><FONT SIZE="+1">Chaos familial et confusion des sentiments</FONT><BR><BR><BR> <B>Auteur : Xavier REMIS, professeur au lyce Henri-Poincar, Nancy</B></TD>     <TD ALIGN="RIGHT" VALIGN ="top"><img src="data/2_2_4.jpg" border="0"></TD>   </TR></TABLE> <TABLE WIDTH="640" BORDER="0" CELLPADDING="6" CELLSPACING="0"> <TR><TD VALIGN ="top"> <A HREF="#1">Suzanne et son frre</A><BR> <A HREF="#2">La mre et le fils</A><BR> <A HREF="#3">Suzanne et son pre</A><BR> <A HREF="#4">La responsabilit du pre</A><BR> </TD> <TR><TD>  Dans les pages qu'il consacre au film <I> nos amours</I> dans son ouvrage sur Maurice Pialat, Jol Magny met l'accent sur &nbsp;le huis clos de l'inceste&nbsp; dans la promiscuit de l'appartement familial.<BR> L'analyse de quelques scnes,  partir du dcoupage plan par plan, permet de confirmer et d'approfondir ce point de vue en largissant la rflexion au chaos d'une famille o, aprs le dpart du pre, plus personne ne sait quelle est sa place.  </TD><TD></TD></TR>  <TR><TD><A NAME="1"></A><TD ALIGN="RIGHT"><A HREF="#top"><IMG SRC="data/2_top.gif" BORDER="0"></A></TD></TR> <TR><TD> <FONT SIZE="+1"><B>Suzanne et son frre</B></FONT><BR>  La tentation incestueuse (car l'inceste n'est pas consomm) est particulirement vidente pour Robert, beaucoup plus discrte et subtile entre le pre et la fille.<BR> L'attitude de Robert est particulirement trouble. Ds le prgnrique (plan 3), alors que le spectateur ignore les liens familiaux qui l'unissent  Suzanne, il regarde l'armature en dessous de sa robe de scne. Au plan n8, il la contemple adosse au bastingage et dit &nbsp;<I>Elle est belle, ma sur&nbsp;!&nbsp;</I>.<BR> Dans les scnes o ils se battent, sa violence est plus celle d'un amant jaloux que celle d'un frre crivain, ce qu'il prtend devenir,  l'esprit ouvert. Il emploie des termes orduriers &nbsp;<I>Salope Tu t'es bien fait bourrer</I>&nbsp; et refuse  sa sur toute sexualit.<BR> La scne la plus claire correspond aux plan 237 et suivants. Robert se lve pour aller s'asseoir  la place qu'occupait Michel dans les plans prcdents. Michel a donc chang de place (faux raccord ou ellipse&nbsp;?). Cette nouvelle rpartition des personnages autour de la table permet  Pialat de donner  la discussion entre Robert et Suzanne une trs forte charge incestueuse. Robert occupe la place du futur amant de Suzanne et le contenu des dialogues est trs explicite.<BR> </TD>     <TD ALIGN="CENTER"> <img src="Data/2_0_24.jpg" width="150" height="112"><BR><BR>       <img src="Data/2_0_287.jpg" width="150" height="112"><BR><BR>       <img src="Data/2_0_230.jpg" width="150" height="112">        </TD>   </TR>  <TR><TD><A NAME="2"></A><TD ALIGN="RIGHT"><A HREF="#top"><IMG SRC="data/2_top.gif" BORDER="0"></A></TD></TR> <TR><TD> <FONT SIZE="+1"><B>La mre et le fils</B></FONT><BR>  La sexualit de Robert est d'ailleurs problmatique, Pialat le souligne frquemment. Il fait des allusion claires  son homosexualit. Suzanne lui dit &nbsp;<I>T'es qu'un pd, toi&nbsp;!&nbsp;</I> dans le plan 176 et le pre lance  Jacques, dans le plan 251, une phrase trs quivoque&nbsp;: &nbsp;<I>J'ai l'impression que mon fils, il vous pouse autant que votre sur&nbsp;</I>.<BR> Les rapports mre/fils ne sont pas, non plus, des plus simples. Dans la premire scne de violence (plans 124  132), Robert prend sa mre dans ses bras pour calmer son hystrie tout en enlevant sa blouse blanche. Il rpte ainsi le geste de son pre quand celui-ci lui annonce se rendre  la bourse du travail (plan 60). Le corps  corps entre le fils et la mre cre un malaise certain chez le spectateur.<BR> Dans son long dialogue avec Jean-Pierre, Robert claire ses rapports avec sa mre et sa sur (plans 180  189). Ses propos sont stupfiants dans la bouche d'un intellectuel&nbsp;: &nbsp;<I>Je suis dans une position pas trs agrable. Je suis pas seul&nbsp;: il y a ma mre. Et pour ma mre, il y a qu'une chose qui compte, c'est le mariage C'est qu'une fille soit vierge au mariage</I>&nbsp;. Il dfend le point de vue castrateur de sa mre dont la frigidit ne fait gure de doute. Robert ajoute&nbsp;: &nbsp;<I>J'aime beaucoup ma sur mais je protgerai toujours ma mre.&nbsp;</I>.<BR> Est-ce le rle d'un fils de protger sa mre&nbsp;? Est-ce son rle de remplacer le pre auprs de sa sur&nbsp;?<BR> Plus personne n'est  sa place depuis le dpart du pre. En partant, il a cass la cellule familiale et amplifi les malaises. Les personnages, qui, dj, jouaient un rle, ne savent dsormais plus quel rle jouer.<BR> La responsabilit du pre est lourde.<BR> </TD><TD ALIGN="CENTER"> <IMG SRC="data/2_0_176.jpg" BORDER="0"><BR><BR> <IMG SRC="data/2_0_124.jpg" BORDER="0"><BR><BR> <IMG SRC="data/2_0_128.jpg" BORDER="0"><BR><BR> <IMG SRC="data/2_0_185.jpg" BORDER="0"><BR> </TD></TR>  <TR><TD><A NAME="3"></A><TD ALIGN="RIGHT"><A HREF="#top"><IMG SRC="data/2_top.gif" BORDER="0"></A></TD></TR> <TR><TD> <FONT SIZE="+1"><B>Suzanne et son pre</B></FONT><BR>  Avec le pre, la charge incestueuse est plus subtile et mme discutable.<BR> Pialat a sem le trouble par quelques plans ambigus.<BR> Quant Suzanne est au lit avec Martine (plans 52 et suivants), son pre ouvre la porte (plan 54). La position de sa main et d'un doigt peuvent ouvrir la voie  une interprtation sexuelle peut tre exagre, mais les dialogues sont sexuellement ambigus&nbsp;:<BR> Suzanne&nbsp;: &nbsp;<I>Elle te trouve mignon, Martine, elle trouve que t'as de beaux yeux&nbsp;</I><BR> Le pre&nbsp;: &nbsp;<I>Tu veux que je vienne dans le lit&nbsp;?</I>&nbsp; <BR> C'est  sa fille qu'il rpond.<BR> Dans la scne qui suit (plan 57), au moment o le pre boit un bol de caf, Suzanne traverse le couloir derrire lui, en tenue lgre. Le pre annonce  Robert qu'il va  la bourse du travail et que Maman sait toujours tout (phrase trs ironique quand on connat la suite).<BR> Les scnes les plus significatives sur les relations pre/fille se suivent dans la mme partie du film (bobine 2).<BR> Le pre prend conscience de l'veil de la sexualit de Suzanne quand elle lui demande la permission de sortir le soir et qu'il la gifle (plan 68) car elle lui a forc la main. Finalement, il ne s'oppose pas  sa sortie. Quand les amis de Suzanne viennent la chercher (plan 77  83), le pre se lave interminablement les mains pendant toute la dure de la scne, alors qu'ils sortent de table&nbsp;! Comment interprter cela&nbsp;? Est-ce Ponce Pilate qui se lave les mains de la vie sexuelle de sa fille, ou essaie-t-il de se laver d'un dsir inavou&nbsp;? C'est sa femme qui lui tend la serviette pour s'essuyer, aprs qu'il la lui a demande.<BR> Au retour de Suzanne (plans 87  100), se droule la scne de la fossette, scne la plus tendre du film entre le pre et la fille. Ils parlent de sexualit sans en prononcer les mots. Le pre constate que sa fille a grandi, a chang et c'est ce moment qu'il choisit pour annoncer son dpart. C'est d'une totale irresponsabilit. Il ose dire  sa fille, qui s'tonne, qu'elle a son frre. &nbsp;<I>Mais un frre, a suffit pas</I>&nbsp; rtorque-t-elle avec justesse. Mais la dcision du pre est irrvocable, il dmissionne. Sans explication, il part. Il ne dit pas clairement pourquoi.  Suzanne qui le questionne, &nbsp;<I>T'as une bonne femme, c'est pour a&nbsp;?&nbsp;</I>, il ne rpond pas et le film n'apporte aucune lumire.<BR> L'hypothse qu'il fuit le dsir, peut-tre inconscient, qu'il prouve pour sa fille ne peut tre totalement carte. Le film offre des pistes mais aucune certitude sur ce sujet.<BR> L'hostilit que la mre prouve pour sa fille, y compris pour son corps qu'elle lui reproche de montrer (plan 105), &nbsp;<I>Tu pourrais pas mettre une chemise de nuit&nbsp;! C'est dgotant&nbsp; de dormir comme a&nbsp;!&nbsp;</I>, est-elle le fruit d'une jalousie de femme&nbsp;?<BR> </TD><TD ALIGN="CENTER"> <IMG SRC="data/2_0_48.jpg" BORDER="0"><BR><BR> <IMG SRC="data/2_0_53.jpg" BORDER="0"><BR><BR> <IMG SRC="data/2_0_82.jpg" BORDER="0"><BR><BR> <IMG SRC="data/2_0_94.jpg" BORDER="0"><BR> </TD></TR>  <TR><TD><A NAME="4"></A><TD ALIGN="RIGHT"><A HREF="#top"><IMG SRC="data/2_top.gif" BORDER="0"></A></TD></TR> <TR><TD> <FONT SIZE="+1"><B>La responsabilit du pre</B></FONT><BR>  Le film comporte beaucoup de non-dits, d'ellipses. Il est ouvert et donc permet de nombreuses interprtations. Une chose est sure&nbsp;: l'incommunicabilit entre les personnages est profonde, ce qui explique la violence, les coups et la dtresse de Suzanne. Les personnages confondent vie et thtre et cela engendre le dsordre. N'oublions pas que le film s'ouvre sur une rptition d'<I>On ne badine pas avec l'amour</I>. En jouant, en changeant de rle, ils se croient libres, confondant libert et chaos. Le seul personnage qui ne joue pas, qui ne badine pas avec ses sentiments, c'est Luc, l'incompris, l'amoureux sincre rejet.<BR> Le pre lui-mme joue. Il joue au copain quand il propose de venir au lit avec les filles (plans 52-57). Il joue au chef de famille, une place qu'il a pourtant renonc  tenir, quand il fait irruption pour faire visiter l'appartement en plein repas. Il s'invite, fait la morale  tout le monde et engendre la violence car il ne respecte pas les autres. Il se place au-dessus de la loi.<BR> Le film dpeint ce chaos. Au centre, se trouve Suzanne, personnage pivot vers lequel convergent tous les dsirs (&nbsp;<I>Elle est belle, ma sur&nbsp;</I>). Chacun veut jouer avec elle, sauf Luc. Comme une sirne, elle attire les hommes qui papillonnent autour d'elle mais ils restent autour car elle refuse qu'ils entrent dans son secret&nbsp;: l'impuissance  vivre un vritable amour. Elle ignore ce que c'est et son pre ne le lui apprend pas. Elle est incapable d'aimer, dit-il&nbsp;: et lui, a-t-il su&nbsp;?<BR> La fin du film est souffrance et solitude&nbsp;: souffrance de Suzanne qui continue sa collection d'amants, solitude du pre qui s'enfonce dans un tunnel. <BR> </TD><TD ALIGN="CENTER"> <IMG SRC="data/2_0_50.jpg" BORDER="0"><BR><BR> <IMG SRC="data/2_0_53.jpg" BORDER="0"><BR> </TD></TR>  <TR><TD ALIGN="RIGHT" COLSPAN="2"><A HREF="#top"><IMG SRC="data/2_top.gif" BORDER="0"></A></TD></TR> </TABLE> <P><FONT SIZE="-2" face="verdana"> MEN, CNDP, droits de reproduction rservs. Limitation  l'usage non commercial, individuel et scolaire<br>Mai 2001<br></FONT> </BODY></HTML>  
