<HTML>   <HEAD>   <META NAME="GENERATOR" CONTENT="Adobe PageMill 3.0 Mac">   <TITLE>Nouvelles CSN 489 - Les CJM: le chaos &eacute;rig&eacute; en syst&egrave;me !</TITLE> </HEAD> <BODY BGCOLOR="#f8e9e1">  <H3><FONT FACE="Arial"><A HREF="../../Pageshtml/NCSNFrSet.html"><IMG  SRC="../../Btn2/BtnNCSN2.gif" WIDTH="135" HEIGHT="51" ALIGN="BOTTOM" BORDER="0" NATURALSIZEFLAG="3"></A></FONT><FONT COLOR="#c93828"  FACE="Arial"> 489</FONT><FONT SIZE="+2" FACE="Arial"> <IMG SRC="Une489thmb.jpg" WIDTH="96" HEIGHT="134" ALIGN="BOTTOM" BORDER="1" NATURALSIZEFLAG="3"></FONT><FONT  FACE="Arial"></FONT></H3>  <H3><FONT FACE="Arial"></FONT><A NAME="anchor90816"></A></H3>  <H3><CENTER><FONT FACE="Arial"></FONT><TABLE WIDTH="400" BORDER="0" CELLSPACING="2" CELLPADDING="3">   <TR>     <TD WIDTH="100%">       <P><CENTER>&nbsp;<FONT FACE="Utopia"><IMG SRC="ScExecCJM489.jpg"       WIDTH="400" HEIGHT="263" ALIGN="BOTTOM" BORDER="0" NATURALSIZEFLAG="3"></FONT></CENTER></P>        <H5><CENTER><FONT FACE="Utopia">Le nouvel ex&eacute;cutif int&eacute;rimaire       du STTCJM-CSN.</FONT></CENTER></H5>     </TD>   </TR> </TABLE></CENTER></H3>  <P><CENTER><FONT FACE="Arial"></FONT>&nbsp;</CENTER></P>  <H3><CENTER><FONT FACE="Arial">Les Centres jeunesse de Montr&eacute;al</FONT></CENTER></H3>  <H2><CENTER><FONT COLOR="#964b00" FACE="Arial">Le chaos &eacute;rig&eacute; en syst&egrave;me !</FONT></CENTER></H2>  <P><CENTER><A HREF="mailto:henri.goulet@csn.qc.ca"><B><I><FONT  FACE="Arial">Henri Goulet</FONT></I></B></A></CENTER></P>  <BLOCKQUOTE>   <H4><FONT FACE="Arial">Les Centres jeunesse de Montr&eacute;al   (CJM) c&eacute;l&eacute;breront leur dixi&egrave;me anniversaire   en 2002. Une bien br&egrave;ve histoire qui a toutefois &eacute;t&eacute;   ponctu&eacute;e de nombreux rebondissements, surtout depuis les   trois derni&egrave;res ann&eacute;es. En effet, depuis la d&eacute;sormais   c&eacute;l&egrave;bre saga de la fermeture du centre de r&eacute;adaptation   Boscoville en 1998, en passant par la toute r&eacute;cente enqu&ecirc;te   minist&eacute;rielle de l'automne dernier - provoquant la d&eacute;mission   du directeur g&eacute;n&eacute;ral, Yvon Gu&eacute;rard -, puis   par la demande de mise sous tutelle effectu&eacute;e par la coalition   syndicale en janvier dernier, les &eacute;v&eacute;nements se   bousculent et font la preuve par l'absurde de l'&eacute;chec   le plus total d'une philosophie de gestion qui a oubli&eacute;   la mission premi&egrave;re de l'organisme : les services directs   &agrave; plus de 8000 jeunes et familles en d&eacute;tresse.</FONT></H4> </BLOCKQUOTE>  <P><B><FONT COLOR="#c93828" SIZE="-1" FACE="Arial">Depuis sa cr&eacute;ation en 1992</FONT></B><FONT SIZE="-1" FACE="Arial">, ce nouvel organisme recevait le mandat d'assurer tous les services psychosociaux et de r&eacute;adaptation aux enfants en difficult&eacute;. Auparavant, ils relevaient de plusieurs organismes autonomes et du CSSSMM. T&acirc;che hercul&eacute;enne s'il en est une, le tout nouveau conseil d'administration s'est imm&eacute;diatement mis au travail pour regrouper, sous une m&ecirc;me entit&eacute;, pas moins de treize &eacute;tablissements diff&eacute;rents, chacun poss&eacute;dant un enracinement g&eacute;ographique particulier, une tradition clinique bien sp&eacute;cifique, un personnel depuis longtemps habitu&eacute; &agrave; fonctionner localement en &eacute;quipes multidisciplinaires et une facilit&eacute; d'adaptation des programmes selon les besoins du moment. Jusqu'&agrave; l'imposition du &quot; virage milieu &quot; en 1998, l'int&eacute;gration s'est relativement bien d&eacute;roul&eacute;e. Depuis, c'est le cauchemar.</FONT></P>  <H4><FONT SIZE="-1" FACE="Arial">G&eacute;nocide institutionnel</FONT></H4>  <P><FONT SIZE="-1" FACE="Arial">La nouvelle philosophie impos&eacute;e par l'ancien directeur, Yvon Gu&eacute;rard, a laiss&eacute; une organisation en lambeaux. La pierre angulaire de cette philosophie s'est articul&eacute;e autour d'un concept, le &quot; virage milieu &quot;, visant ni plus ni moins &agrave; faire table rase de tout ce qui existait avant. L'enqu&ecirc;te minist&eacute;rielle publi&eacute;e en novembre 2000 - le rapport Bartkowiak -, r&eacute;v&egrave;le que le directeur g&eacute;n&eacute;ral a d&eacute;lib&eacute;r&eacute;ment cherch&eacute; &agrave; provoquer le chaos pour r&eacute;former l'institution : &quot; Il faut rendre impossible le retour en arri&egrave;re, &eacute;crivait-il. L'organisation se fossilise, compte tenu de la r&eacute;sistance naturelle au changement. Pourtant, il existe un moyen de sortir de cette impasse : d&eacute;truire le syst&egrave;me de fa&ccedil;on cr&eacute;atrice sans parachute aucun. Il s'agit de poser un geste d'anarchie &eacute;thique. &quot; Les r&eacute;sultats ne se feront pas attendre. Toutes les barri&egrave;res traditionnelles &eacute;clatent et le d&eacute;racinement prend les allures d'un g&eacute;nocide institutionnel. En quittant le bateau en d&eacute;cembre dernier, Yvon Gu&eacute;rard a l&eacute;gu&eacute; tout un h&eacute;ritage : un organisme en &eacute;quilibre budg&eacute;taire... mais cribl&eacute; de conflits.</FONT></P>  <P><FONT SIZE="-1" FACE="Arial">&Agrave; bout de souffle</FONT></P>  <P><FONT SIZE="-1" FACE="Arial">&quot; On vit des moments tr&egrave;s difficiles, d&eacute;clarait le 20 f&eacute;vrier la directrice g&eacute;n&eacute;rale par int&eacute;rim, Mme Pierrette Lalonde, aux membres du conseil d'administration. Il faut faire une pause, prendre du recul, s'arr&ecirc;ter quelque temps pour r&eacute;gler la question des n&eacute;gociations locales afin de r&eacute;tablir un meilleur climat de travail. On ne peut plus continuer les plans d'action, les chantiers cliniques et autres comit&eacute;s sans la collaboration de tous les intervenants. &quot; Cette analyse exprime bien l'&eacute;tat de d&eacute;sarroi qui r&egrave;gne chez les membres - b&eacute;n&eacute;voles - du conseil d'administration qui souhaiteraient bien pouvoir concentrer leurs &eacute;nergies sur la mission premi&egrave;re de l'organisme. On est loin du jardin de roses promis par l'ancien directeur g&eacute;n&eacute;ral.</FONT></P>  <H4><FONT SIZE="-1" FACE="Arial">La tactique de la terre br&ucirc;l&eacute;e</FONT></H4>  <P><FONT SIZE="-1" FACE="Arial">Entre janvier et octobre 1998, pas moins de 1000 employ&eacute;s changent de port d'attache. Deux mille enfants devront changer d'intervenant principal en moins de deux ans. Le rapport Bartkowiak est lapidaire : des dossiers-clients sont oubli&eacute;s et ne font l'objet d'aucune intervention durant une ann&eacute;e enti&egrave;re.</FONT></P>  <P><FONT SIZE="-1" FACE="Arial">Le pr&eacute;sident int&eacute;rimaire du nouveau Syndicat des travailleuses et travailleurs des Centres jeunesse de Montr&eacute;al (STTCJM-CSN), Daniel Searle, est cat&eacute;gorique : &quot; En faisant tabula rasa de toutes les expertises accumul&eacute;es depuis des ann&eacute;es, en imposant la dispersion des &eacute;quipes de travail, en introduisant des formules suicidaires comme la mixit&eacute; o&ugrave; on m&eacute;lange des gars avec des filles et des enfants avec des adolescents, les administrateurs ont peut-&ecirc;tre atteint leur damn&eacute; &eacute;quilibre budg&eacute;taire, mais ils ont foutu le bordel le plus total dans l'organisation. &quot;</FONT></P>  <P><FONT SIZE="-1" FACE="Arial">Pour cet &eacute;ducateur cumulant une bonne vingtaine d'ann&eacute;es d'exp&eacute;rience en r&eacute;adaptation aupr&egrave;s des jeunes et partisan de la mise sous tutelle de l'organisme, il est &eacute;tonnant de constater que les intervenants parlent encore avec passion de leur travail et qu'ils soient encore anim&eacute;s d'une &eacute;nergie et d'une vitalit&eacute; impressionnantes. Sauf que la lassitude saute aux yeux. &quot;S'il y a un tel d&eacute;ficit d'espoir chez les intervenants, c'est parce qu'il y a un profond d&eacute;ficit de leadership. &quot;</FONT></P>  <H4><FONT SIZE="-1" FACE="Arial">Client&egrave;le et personnel d&eacute;boussol&eacute;s</FONT></H4>  <P><FONT SIZE="-1" FACE="Arial">Le rapport Bartkowiak confirme ce d&eacute;sarroi : &quot; Ce sont les agents sociaux affect&eacute;s aux centres jeunesse qui connaissent le plus haut taux de d&eacute;tresse psychologique dans le r&eacute;seau de la sant&eacute; et des services sociaux. Les caract&eacute;ristiques de la t&acirc;che des agents sociaux justifient la n&eacute;cessit&eacute; d'accorder au soutien professionnel une place pr&eacute;pond&eacute;rante. &quot;</FONT></P>  <P><FONT SIZE="-1" FACE="Arial">Bernard Gigu&egrave;re, &eacute;ducateur &agrave; Cit&eacute; des Prairies et secr&eacute;taire du STTCJM, est intarissable sur les cons&eacute;quences n&eacute;fastes de cette gestion technocratique &eacute;rig&eacute;e en dictature : &quot; La direction g&egrave;re des tableaux de bord. Elle plaque une th&eacute;orie clinique sur une r&eacute;organisation administrative sans vision &agrave; long terme et sans consid&eacute;ration pour les intervenants. Pourtant, les cons&eacute;quences sont tellement &eacute;videntes : perte du sentiment d'appartenance, perte de l'identit&eacute; professionnelle, perte de motivation et de mobilisation. L'effet sur les jeunes est direct. Taux de placement plus &eacute;lev&eacute;, dur&eacute;e moyenne de s&eacute;jour plus longue, non-fermeture de dossiers et taux plus &eacute;lev&eacute; de &quot;udiciarisation&quot;. &quot;</FONT></P>  <P><FONT SIZE="-1" FACE="Arial">Il insiste aussi sur l'importance de la continuit&eacute; des interventions aupr&egrave;s d'un m&ecirc;me jeune. Seules la continuit&eacute; et la stabilit&eacute; sont en mesure d'assurer l'encadrement professionnel n&eacute;cessaire en r&eacute;adaptation et en r&eacute;habilitation. Selon lui et, selon les enqu&ecirc;tes effectu&eacute;es depuis deux ans aux CJM, cette base n'est pas pr&eacute;sente.</FONT></P>  <H4><FONT SIZE="-1" FACE="Arial">R&eacute;tablir la confiance</FONT></H4>  <P><FONT SIZE="-1" FACE="Arial">Au conseil d'administration du 20 mars, un revirement semblait se dessiner. Le processus de s&eacute;lection d'un nouveau directeur g&eacute;n&eacute;ral a &eacute;t&eacute; enclench&eacute; et 14 des 17 comit&eacute;s mis en place pour corriger la situation de crise sont &quot; en mode hold &quot; &agrave; cause du boycott lanc&eacute; par les organisations syndicales. La m&eacute;diation est amorc&eacute;e et le conseil d'administration semble d&eacute;cid&eacute; &agrave; suivre de pr&egrave;s son d&eacute;roulement. Malgr&eacute; les implications s&eacute;rieuses d'une telle halte, tout porte &agrave; croire que les administrateurs sont &agrave; pr&eacute;sent d&eacute;termin&eacute;s &agrave; r&eacute;tablir le climat de confiance, t&acirc;che qui va n&eacute;cessiter patience, doigt&eacute; et &eacute;coute parce que les blessures sont profondes.</FONT><FONT FACE="Arial"></FONT></P>  <P><FONT FACE="Arial"><HR ALIGN=LEFT></FONT></P>  <P><FONT FACE="Arial"></FONT><A NAME="anchor97191"></A></P>  <H2><FONT COLOR="#205453" FACE="Arial">Des constats alarmants</FONT></H2>  <H4><FONT FACE="Arial">Les membres du comit&eacute; ex&eacute;cutif int&eacute;rimaire du tout nouveau syndicat cumulent une longue exp&eacute;rience aux CJM. Ils se sont rendus disponibles pour analyser la situation.</FONT></H4>  <P><CENTER><B><FONT COLOR="#c93828" FACE="Arial">&Eacute;ric P&eacute;loquin, &eacute;ducateur et vice-pr&eacute;sident, clinique (Foyer Wilfrid-Saint-Louis)</FONT></B></CENTER></P>  <P><FONT FACE="Arial">&quot; Le sous-financement des CJM est &eacute;vident. Le manque de personnel en r&eacute;adaptation occasionne des surcro&icirc;ts de travail. On a demand&eacute; au minist&egrave;re d'injecter de l'argent. La r&eacute;ponse a &eacute;t&eacute; non. Devant ce refus, une r&eacute;organisation s'impose mais, cette fois, pour accentuer les services &agrave; la client&egrave;le et pour soulager le fardeau des intervenants. &quot;</FONT></P>  <P><CENTER><B><FONT COLOR="#c93828" FACE="Arial">&Eacute;ric Bouchard, agent de relations humaines et vice-pr&eacute;sident, psycho-social</FONT></B></CENTER></P>  <P><FONT FACE="Arial">&quot; La surcharge de travail est un probl&egrave;me crucial. Pour faire un travail de qualit&eacute;, une moyenne de 12 &agrave; 15 dossiers est acceptable. Actuellement, elle tourne autour de 25 dossiers. L'engorgement, les listes d'attente, la non-fermeture des dossiers nous grugent constamment. La qualit&eacute; des services est sacrifi&eacute;e au profit de priorit&eacute;s purement administratives. On mise sur le curatif et sur l'image. Sauf que les probl&egrave;mes des jeunes ne se r&egrave;glent pas pour autant. Les m&ecirc;mes jeunes nous reviennent constamment, accentuant le sentiment d'&eacute;chec chez les intervenants. &quot;</FONT></P>  <P><CENTER><B><FONT COLOR="#c93828" FACE="Arial">Louis Carlo Cantave, cuisinier et vice-pr&eacute;sident, soutien (Mont Saint-Antoine)</FONT></B></CENTER></P>  <P><FONT FACE="Arial">&quot; L'employeur cherche &agrave; imposer un seul et m&ecirc;me beau portrait de famille. Cette volont&eacute; maladive de standardisation ne marche pas. Il est impossible de fonctionner exactement de la m&ecirc;me fa&ccedil;on partout. J'ai travaill&eacute; &agrave; Villa Notre-Dame-de-Gr&acirc;ce, &agrave; Dominique-Savio et au Mont Saint-Antoine. &Agrave; chaque place, il y a des particularit&eacute;s, mais on impose la normalisation. &quot;</FONT></P>  <P><CENTER><B><FONT COLOR="#c93828" FACE="Arial">Claire Langlois, &eacute;ducatrice et tr&eacute;sori&egrave;re (Rosalie-Jett&eacute;)</FONT></B></CENTER></P>  <P><FONT FACE="Arial">&quot; Le non-respect de la client&egrave;le et du personnel r&eacute;sume bien l'attitude de la direction. Il n'y aucune place pour l'&eacute;coute. On ne tient pas compte de l'expertise des intervenants, comme s'ils n'&eacute;taient pas concern&eacute;s par les transformations et les r&eacute;organisations. Tout se passe comme si on avait oubli&eacute; la mission de l'organisme. On administre les CJM comme une shop : un trou, une vis. Il n'y a plus d'int&eacute;r&ecirc;t pour parler des jeunes. &Agrave; cause du d&eacute;sarroi qui r&egrave;gne, l'int&eacute;r&ecirc;t pour la r&eacute;union d'&eacute;quipe hebdomadaire est disparu. &quot;</FONT></P>  <P><CENTER><B><FONT COLOR="#c93828" FACE="Arial">Marielle Beaulieu, &eacute;ducatrice et pr&eacute;sidente, comit&eacute; liste de rappel (Mainbourg)</FONT></B></CENTER></P>  <P><FONT FACE="Arial">&quot; La pr&eacute;carit&eacute; a des r&eacute;percussions directes sur les services. C'est une forme de non-respect des jeunes parce que la dur&eacute;e des interventions est trop courte. Manque de respect aussi pour le personnel parce que les d&eacute;placements sont tellement fr&eacute;quents que le suivi devient impossible. Cette instabilit&eacute; est source de frustrations, autant chez les jeunes que chez le personnel. Recevoir un t&eacute;l&eacute;phone &agrave; 5 heures du matin pour se pr&eacute;senter au travail &agrave; 7 heures, on ne peut pas s'attendre &agrave; ce qu'une personne fonctionne comme &ccedil;a &agrave; longueur d'ann&eacute;e. &quot;</FONT></P>  <P><CENTER><B><FONT COLOR="#c93828" FACE="Arial">H&eacute;l&egrave;ne Pilote, &eacute;ducatrice et vice-pr&eacute;sidente, action-information (Habitat Soleil)</FONT></B></CENTER></P>  <P><FONT FACE="Arial">&quot; Fusions et nouvelles orientations ont &eacute;t&eacute; impos&eacute;es par l'administration. On a refus&eacute; de consid&eacute;rer notre expertise, accentuant la d&eacute;motivation au travail. La d&eacute;tresse est profonde et l'absent&eacute;isme est chronique. Les demandes de cong&eacute; se multiplient. La profession n'attire plus les jeunes. Il y a des d&eacute;parts &agrave; r&eacute;p&eacute;tition, surtout vers le milieu scolaire o&ugrave; le travail est plus encadr&eacute;. Les intervenants sont surtout occup&eacute;s &agrave; se chercher des portes de sortie.&quot;</FONT></P>  <P><CENTER><B><FONT COLOR="#c93828" FACE="Arial">Jos&eacute;e Ayotte, &eacute;ducatrice et vice-pr&eacute;sidente (Mainbourg)</FONT></B></CENTER></P>  <P><FONT FACE="Arial">&quot; La planification &agrave; long terme n'existe tout simplement pas. C'est l'improvisation constante qui exprime le mieux la philosophie de gestion des administrateurs. On nous a dit clairement qu'il fallait oublier tout ce qu'on avait fait, que nos pratiques n'&eacute;taient pas bonnes. Pour un professionnel qui croit &agrave; son travail, ce n'est pas tr&egrave;s valorisant et surtout pas tr&egrave;s respectueux. &quot;</FONT></P>  <P><B><FONT COLOR="#c93828" FACE="Arial">Jean-Philippe Grad est &eacute;ducateur &agrave; Cit&eacute; des Prairies </FONT></B><FONT  FACE="Arial">et repr&eacute;sente la mission jeunesse &agrave; la F&eacute;d&eacute;ration de la sant&eacute; et des services sociaux (FSSS-CSN). Pour lui, la crise s'explique par le mod&egrave;le de gestion : &quot; Ils ont standardis&eacute; les programmes et ont cherch&eacute; &agrave; normaliser des mod&egrave;les d'intervention, &eacute;liminant ainsi ceux qui avaient fait leur preuve dans les diff&eacute;rents centres. Ils ont tout chamboul&eacute; et r&eacute;organis&eacute; &agrave; leur fa&ccedil;on. Ils ont d&eacute;racin&eacute; des cultures, des fa&ccedil;ons de faire sp&eacute;cifiques &agrave; chaque &eacute;tablissement. Ensuite est venue la fr&eacute;n&eacute;sie des regroupements. Ils ont regroup&eacute; les jeunes en deux groupes d'&acirc;ge, les 6-12 ans et les 12 ans et plus, de sorte qu'on se retrouve aujourd'hui avec un jeune de 12 ans dans la m&ecirc;me unit&eacute; qu'un jeune de 18 ans. Ils ont aussi impos&eacute; la mixit&eacute;, des gars avec des filles. Tout &ccedil;a sans consulter les intervenants et sans m&ecirc;me demander l'avis du conseil d'administration. L'&eacute;chec &eacute;tait in&eacute;vitable. &quot;</FONT></P>  <P><B><FONT COLOR="#c93828" FACE="Arial">Marie-Claude Bourdages, responsable du comit&eacute; liste de rappel CSN</FONT></B><FONT  FACE="Arial">. Jeune &eacute;ducatrice, cinq ans d'exp&eacute;rience, elle est toujours sur la liste de rappel. Elle travaille actuellement au site D&eacute;carie, anciennement Villa Notre-Dame-de-Gr&acirc;ce, centre ferm&eacute; il y a quatre ans et rouvert r&eacute;cemment par manque de places en h&eacute;bergement pour les jeunes filles de 12 &agrave; 18 ans.</FONT></P>  <P><FONT FACE="Arial">&quot; L'instabilit&eacute; est chronique. Le personnel est en constant mouvement. &Ecirc;tre sur la liste de rappel, &ccedil;a peut vouloir dire travailler cinq jours aupr&egrave;s de cinq client&egrave;les diff&eacute;rentes et dans cinq unit&eacute;s diff&eacute;rentes, situ&eacute;es aux quatre coins du territoire. Une journ&eacute;e en encadrement intensif avec des filles, l'autre en globalisant avec des gar&ccedil;ons. Une journ&eacute;e &agrave; l'&eacute;cole comme &eacute;ducateur &agrave; l'externe, l'autre comme &eacute;ducateur scolaire. Le suivi et la continuit&eacute; sont inexistants. Si le personnel r&eacute;gulier est &eacute;puis&eacute;, imaginez les gens qui sont sur la liste de rappel ! On peut se faire appeler de 5 heures le matin &agrave; 11 heures le soir, 7 jours sur 7, pour travailler de Pierrefonds &agrave; Pointe-aux-Trembles. Je ne sais pas encore si je vais rester au CJM. &quot;</FONT></P>  <P><FONT FACE="Arial"><HR ALIGN=LEFT></FONT></P>  <P><FONT FACE="Arial"></FONT><A NAME="anchor97864"></A></P>  <H2><FONT COLOR="#205453" FACE="Arial">Portrait des Centres jeunesse de Montr&eacute;al</FONT></H2>  <H4><FONT FACE="Arial">Les CJM sont le r&eacute;sultat de la fusion de 13 &eacute;tablissements, comprenant le Centre des services sociaux du Montr&eacute;al m&eacute;tropolitain et les principaux centres de r&eacute;adaptation suivants :</FONT></H4>  <P><FONT FACE="Arial">- Boscoville (ferm&eacute; en 1998, maintenant rouvert pour location d'espaces aux CJM de la Mont&eacute;r&eacute;gie et des Laurentides)</FONT></P>  <P><FONT FACE="Arial">- Carrefour des jeunes de Montr&eacute;al</FONT></P>  <P><FONT FACE="Arial">- Cit&eacute; des Prairies</FONT></P>  <P><FONT FACE="Arial">- Dominique-Savio</FONT></P>  <P><FONT FACE="Arial">- Mainbourg (ferm&eacute; et fusionn&eacute; &agrave; Dominique-Savio)</FONT></P>  <P><FONT FACE="Arial">- Habitat Soleil</FONT></P>  <P><FONT FACE="Arial">- La Clairi&egrave;re</FONT></P>  <P><FONT FACE="Arial">- Marie-Vincent</FONT></P>  <P><FONT FACE="Arial">- Mont Saint-Antoine</FONT></P>  <P><FONT FACE="Arial">- Rose-Virginie-Pelletier</FONT></P>  <P><FONT FACE="Arial">- Villa Notre-Dame-de-Gr&acirc;ce</FONT></P>  <P><FONT FACE="Arial">- Rosalie-Jett&eacute; (centre de r&eacute;adaptation pour m&egrave;res en difficult&eacute; d'adaptation)</FONT></P>  <P><FONT FACE="Arial">Les CJM g&egrave;rent aussi les ressources interm&eacute;diaires : 23 foyers de groupes publics et une vingtaine de foyers priv&eacute;s qui sous-traitent les services aux CJM.</FONT></P>  <P><FONT FACE="Arial">Quelque 2800 employ&eacute;-es oeuvrent dans les CJM. Environ 1800 interviennent directement aupr&egrave;s des jeunes en difficult&eacute; &agrave; titre d'intervenants sociaux (520), d'&eacute;ducateurs sp&eacute;cialis&eacute;s (1200) et de professionnels (75). Le personnel comprend aussi 400 employ&eacute;es de bureau et 600 employ&eacute;s de soutien.</FONT></P>  <P><FONT FACE="Arial">Avant le vote ordonn&eacute; en juin dernier, 21 unit&eacute;s syndicales diff&eacute;rentes &eacute;taient reconnues aux CJM. &Agrave; la suite de ce vote o&ugrave; la CSN est sortie largement majoritaire, il existe dor&eacute;navant un seul grand syndicat en trois sections (clinique, soutien et employ&eacute;es de bureau). Actuellement, il y a contestation sur ce regroupement en trois unit&eacute;s. L'appel doit &ecirc;tre entendu en mai et juin.</FONT></P>  <P><FONT FACE="Arial"><HR ALIGN=LEFT></FONT></P>  <P><FONT FACE="Arial"></FONT><A NAME="anchor98637"></A></P>  <H3><CENTER><FONT FACE="Arial">Forum sur les services sociaux &agrave; la jeunesse</FONT></CENTER></H3>  <H2><CENTER><FONT COLOR="#205453" FACE="Arial">La politique CSN &eacute;labor&eacute;e par la base</FONT></CENTER></H2>  <P><CENTER><A HREF="mailto:benoit.aubry@csn.qc.ca"><B><I><FONT  FACE="Arial">Benoit Aubry</FONT></I></B></A></CENTER></P>  <BLOCKQUOTE>   <H4><FONT FACE="Arial">Ce sont les travailleuses et les travailleurs   directement impliqu&eacute;s dans les services sociaux &agrave;   la jeunesse qui ont fa&ccedil;onn&eacute; la base de la politique   qu'entend adopter la CSN en cette mati&egrave;re.</FONT></H4> </BLOCKQUOTE>  <H4><CENTER><FONT FACE="Arial"></FONT><TABLE WIDTH="400" BORDER="0" CELLSPACING="2" CELLPADDING="3">   <TR>     <TD WIDTH="100%">       <P><CENTER>&nbsp;<IMG SRC="ScForumJeunesse489.jpg" WIDTH="400"       HEIGHT="268" ALIGN="BOTTOM" BORDER="0" NATURALSIZEFLAG="3"></CENTER></P>        <H5><CENTER>Discussions en atelier au Forum CSN sur les services       sociaux &agrave; la jeunesse.</CENTER></H5>     </TD>   </TR> </TABLE></CENTER></H4>  <P><B><FONT COLOR="#c93828" SIZE="+1" FACE="Arial">Au cours d'un forum</FONT></B><FONT FACE="Arial"> r&eacute;unissant des d&eacute;l&eacute;gu&eacute;-es des syndicats de la F&eacute;d&eacute;ration de la sant&eacute; et des services sociaux (FSSS) et de la F&eacute;d&eacute;ration des professionn&egrave;les (FP), les 15 et 16 mars &agrave; Montr&eacute;al, quelques centaines de participant-es ont d&eacute;battu en profondeur des multiples aspects de ce dossier particuli&egrave;rement lourd de cons&eacute;quences.</FONT></P>  <P><FONT FACE="Arial">Six th&egrave;mes ont &eacute;t&eacute; privil&eacute;gi&eacute;s: les probl&egrave;mes sociaux, une question de sant&eacute;; l'organisation des services sociaux &agrave; la jeunesse et la question des structures; les services de premi&egrave;re ligne et l'approche pr&eacute;vention-promotion: la question des CLSC; l'intervention psychosociale, la protection de la jeunesse et les jeunes contrevenants; la r&eacute;adaptation: une mission &agrave; maintenir et des services &agrave; consolider; les ressources humaines: organisation du travail, soutien clinique et formation.</FONT></P>  <P><FONT FACE="Arial">Ces travailleuses et travailleurs oeuvrant en centres jeunesse, CLSC, r&eacute;gies r&eacute;gionales, CDPDJ (Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse) et ailleurs, ont mis cartes sur table. Ils ont d&eacute;cri&eacute; le pi&egrave;tre sort maintenant r&eacute;serv&eacute; &agrave; une certaine jeunesse &eacute;prouvant de graves difficult&eacute;s et leurs conditions de travail relevant souvent de la haute voltige. D'autre part, ils ont d&eacute;sign&eacute; les pistes de redressement souhait&eacute;es, indispensables &agrave; la mise en place d'une politique gouvernementale plus coh&eacute;rente.</FONT></P>  <H4><FONT FACE="Arial">La r&eacute;alit&eacute; des services</FONT></H4>  <P><FONT FACE="Arial"><IMG SRC="ScLavioletteForum489.jpg" WIDTH="100" HEIGHT="149" ALIGN="LEFT" BORDER="0" NATURALSIZEFLAG="3">Le pr&eacute;sident de la CSN, Marc Laviolette, a not&eacute;: &quot;... il est permis de se demander s&eacute;rieusement comment les g&eacute;n&eacute;rations &agrave; venir jugeront notre soci&eacute;t&eacute;, si on ne s'attaque pas au plus vite &agrave; la pauvret&eacute; et &agrave; la d&eacute;gradation des services sociaux &agrave; la jeunesse. [...] Cet outil (le forum) est essentiel pour la CSN parce qu'il nous permettra d'&ecirc;tre pro-actif, de prendre position sur l'ensemble de la situation dans les services sociaux &agrave; la jeunesse. Vos f&eacute;d&eacute;rations et la CSN pourront dor&eacute;navant intervenir avec une plus grande coh&eacute;rence et une plus grande cr&eacute;dibilit&eacute;, parce que la politique est fond&eacute;e sur la r&eacute;alit&eacute; des service.&quot;</FONT></P>  <P><FONT FACE="Arial">Louis Roy, pr&eacute;sident de la FSSS, a encha&icirc;n&eacute;: &quot;Vous voulez qu'on monte le ton? Vous voulez changer de direction, lutter contre le courant? C'est ce que nous ferons tous ensemble, nous, les &quot;survivors&quot;, avec toute l'&eacute;nergie qu'il nous reste.&quot;</FONT></P>  <P><FONT FACE="Arial">Pour Michel Tremblay, pr&eacute;sident de la FP, &quot;c'est assez la &quot;structurite&quot;, assez les protocoles sur papier, assez l'appauvrissement des familles, assez le citron press&eacute; dans les &eacute;coles, assez les compressions, assez les coupures. Les listes d'attente actuelles sont inacceptables. Les conditions de travail actuelles sont inacceptables. Le gouvernement a des obligations qu'il doit respecter&quot;.</FONT></P>  <P><FONT FACE="Arial">La vice-pr&eacute;sidente de la CSN, Denise Boucher, avait donn&eacute; le ton, en d&eacute;but de forum, en constatant que &quot;les interventions gouvernementales sont faites de fa&ccedil;on &eacute;clat&eacute;e, sans vision d'ensemble. On assiste plus souvent qu'autrement &agrave; de la gestion de crises&quot;.</FONT></P>  <P><FONT FACE="Arial">Au cours des prochains mois, le projet de politique, amorc&eacute; il y a deux ans, et davantage &eacute;labor&eacute; par le forum, sera achemin&eacute; vers les instances de la FSSS et de la FP, pour finalement &ecirc;tre ent&eacute;rin&eacute; par le conseil conf&eacute;d&eacute;ral.</FONT></P>  <P><FONT FACE="Arial">Tout le processus de r&eacute;vision de cette politique et l'ensemble des travaux du comit&eacute; ad hoc ont &eacute;t&eacute; coordonn&eacute;s par H&eacute;l&egrave;ne Choquette, du Service des relations du travail de la CSN.</FONT></P>  <H3><FONT COLOR="#c93828" FACE="Arial"><HR ALIGN=LEFT></FONT></H3>  <H4><FONT FACE="Arial">Retour &agrave; la page d'accueil de <I><A HREF="../../Pageshtml/NCSNFrSet.html">Nouvelles CSN</A></I></FONT></H4>  <H4><A HREF="../../index.html" TARGET="_blank"><FONT FACE="Arial"><IMG  SRC="../../Btn2/FlecheHP.gif" WIDTH="60" HEIGHT="47" ALIGN="BOTTOM" BORDER="0" NATURALSIZEFLAG="3"></FONT></A></H4>  </BODY> </HTML> 
