<!DOCTYPE html PUBLIC "-//W3C//DTD HTML 4.0 Transitional//EN" "http://www.w3.org/TR/REC-html40/loose.dtd">  <html>   <head> <!--  -->     <title>Hors Champ (Mdias et Socit) Droit de parole&nbsp;:&nbsp;LE CHAOS DES OPINIONS</title>     <meta http-equiv="Content-Type" content="text/html; charset=iso-8859-1">     <meta name="author" content="Nicolas Renaud">     <meta name="keywords" content="hors, champ, horschamp, hors-champ">     <meta name="description" content="LE CHAOS DES OPINIONS"> <!--  -->     <link rel="stylesheet" href="horschamp-article.css" type="text/css">   </head>    <body bottommargin="0" leftmargin="0" marginheight="0" marginwidth="0" bgcolor="#666666" text="#000000" link="#000000" vlink="#000000" alink="#000000"> <!--  --> <!-- table principale -->     <table width="100%" border="0" cellspacing="0" cellpadding="0" align="center">       <tbody> <!-- en-tte Hors Champ --> 	<tr> 	  <td rowspan="1" colspan="1" width="50%"></td>	   	  <td rowspan="1" colspan="1" bgcolor="#cccccc"> <img src="IMG/tit_hors.gif" alt="logo Hors Champ" height="80" width="112" border="0"></td> 	  <td rowspan="1" colspan="1" width="50%"></td>	   	</tr> 	<tr> 	  <td rowspan="1" colspan="1" width="50%"></td>	   	  <td rowspan="1" colspan="1"> <!-- cadre noir (extrieur) --> 	    <table border="0" cellspacing="0" cellpadding="1" bgcolor="#000000"> 	      <tbody> 		<tr> 		  <td> <!-- cadre noir (intrieur) --> 		    <table width="634" border="0" cellspacing="0" cellpadding="0" bgcolor="#ffffff"> 		      <tbody> <!-- menu haut --> 			<tr> 			  <td rowspan="1" colspan="1" align="center"> 			      <font size="2">&nbsp;</font> 			      <font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"> 			      <a href="http://www.horschamp.qc.ca/">Sommaire</a> <!--  --> 			      &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<a href="article.php3?id_article=9">Abonnement</a> <!--  --> <!--  --> 			      &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<a href="rubrique.php3?id_rubrique=1">Cinma</a> <!--  --> <!--  --> 			      &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<a href="rubrique.php3?id_rubrique=2">Mdias et Socit</a> <!--  --> <!--  --> 			      &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<a href="article.php3?id_article=104">Br&egrave;ves</a> <!--  --> <!--  --> 			      &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<a href="article.php3?id_article=10">Liens</a> <!--  --> <!--  --> 			      &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<a href="article.php3?id_article=11">Courrier</a> <!--  --> 			    </font> 			  </td> 			</tr> <!-- filet horizontal --> 			<tr> 			  <td bgcolor="black"><img src="IMG/1px.gif" height="1" width="1"></td> 			</tr> <!-- nom rubrique actuelle sur fond rouge --> <!-- 			 --> 			<tr bgcolor="#CC0001"> 			  <td> 			    <b class="whitebolder">&nbsp;&nbsp;<font 				face="Arial, Helvetica, sans-serif" 				size="4" color="#FFFFFF">Mdias et Socit</font></b> 			  </td> 			</tr> <!-- 			 -->  <!-- corps --> 			<tr> 			  <td> 			    <table width="100%" border="0" cellspacing="0" cellpadding="20"> 			      <tbody> <!-- titre, sous-titre, auteur(e)(s) --> <!--  --> 					<tr> 					    <td rowspan="1" colspan="1" valign="top" width="234"> <!--  --> <img src='IMG/gif/doc-277.gif' border=0 width='147' height='152'> <!--  --> </td>   					    <td rowspan="1" colspan="1" align="right" valign="top" width="100%"> 					    <p class="para-titre" align="right"><b>Droit de parole<br><br>LE CHAOS DES OPINIONS<br> 					        </b></p> 					    <p align="right"><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2"><br>par<b><i> <!--  --> 						  <a href="mailto:nicolas@horschamp.qc.ca">Nicolas Renaud</a><!-- nicolas@horschamp.qc.ca --><br> <!--  --> 						  </b></i></font> 					      <font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="1">f&eacute;vrier 2003</font></p> 					  </td> 					</tr> 					<tr> 					  <td rowspan="1" colspan="2"> <!-- chapeau --> 					     <!-- texte --> 					    <p class="spip" align="left"><p class="spip"><i class="spip">Droit de parole</i> est la seule mission voue aux dbats, impliquant une diversit reprsentative d'intervenants,  la tlvision publique au Qubec. On formule une question sur des enjeux importants de l'actualit et on invite des gens pour en dbattre, spars en deux groupes aux vues opposes. </p> <p class="spip">Toutefois l'animatrice, Anne-Marie Dussault, incapable de diriger rellement un dbat, fait de l'mission l'exemple parfait du dialogue de sourds que la tlvision sait mettre en place. On mise sur le seul mrite de tenir un dbat mais mettant tout en uvre dans la forme et le protocole pour que rien n'en ressorte, pour que la vrit et la comprhension en soient d'autant plus dilues dans la multiplicit des voix. Anne-Marie Dussault n'est pas la seule responsable, on regrette surtout son incapacit  surmonter la forme contraignante du dbat mdiatis, le mme problme qu'prouvent les prsentateurs des nouvelles lorsqu'il y a table ronde avec des &nbsp;experts&nbsp;, et qu'il s'avre impossible d'clairer quoi que ce soit dans l'quivalence de toutes les interventions contradictoires. </p> <p class="spip">C'est justement la dontologie prescrite par &nbsp;le droit de parole&nbsp; qui mine chez les animateurs de la tlvision la possibilit de donner une forme sense aux dbats, d'en faire valoir le potentiel d'information et de rflexion sur un enjeu. Ce droit paralyse le jugement et le discernement, offrant aux fous comme aux sains d'esprit le mme statut d'interlocuteur crdible. Seuls ceux qui contreviennent au protocole (par exemple la monopolisation excessive de la parole ou l'emportement motif) sont rappels  l'ordre. </p> <p class="spip">La guerre en Irak tait le sujet  <i class="spip">Droit de parole</i> le 14 fvrier. Tant qu'on garde une bonne tenue, on peut dire n'importe quoi et l'animatrice renvoie la balle d'un camp  l'autre. S'il arrive que de vraies discussions surgissent entre les participants, qu'ils s'affrontent sur une question cruciale, peut-on esprer qu'on en vienne  une synthse, qu'ils livrent le fond rel de leur pense, que l'un d'eux apporte une information valide qui permette de trancher, bref que l'on donne au tlspectateur au moins assez de matire pour rflchir et former une opinion&nbsp;? Mais non&nbsp;! Quand ce n'est pas l'animatrice qui intervient pour donner la parole  un autre participant, qui nous amne dans une autre direction sans gards pour ce qui tait engag, c'est la pause publicitaire qui vient tout arrter&nbsp;! D'ailleurs le fait qu'une telle mission, au temps dj limit et avec de nombreux participants, inclut des pauses publicitaires obliges et immuables nous rvle dfinitivement que le dbat c'est &nbsp;pour la forme&nbsp;. Tl-Qubec est pourtant la seule chane publique qui a la dcence de diffuser des films sans pauses commerciales, alors pourquoi traiter diffremment les dbats&nbsp;? Briser l'articulation des ides dans une discussion sur la guerre, avec la dernire promotion sur l'achat d'une Toyota, ne relve-t-il pas du mme prjudice que de briser l'enchanement des scnes dans un film&nbsp;? </p> <p class="spip">Tous les propos n'ont pas valeur gale, ne serait-ce qu'en regard des faits. Dans toute discussion normale devant permettre de mieux clairer les points de vue de chacun, il est donc ncessaire de discerner, d'purer, de maintenir la cohrence - fonction ditoriale que l'animatrice de <i class="spip">Droit de parole</i> est incapable d'exercer. L'indiffrenciation gnrale permet  toutes les affirmations d'acqurir un statut lgitime. </p> <p class="spip">Un mdecin qui a sjourn  Bagdad tmoigne, affirmant que la premire raison de chercher  viter la guerre est la crise humanitaire qui a dj lieu en Irak. D'accord, allons de l'autre ct. Un homme nous apprend que l'histoire prouve que toutes les guerres avaient leurs raisons et sont ncessaires. Ce sera, selon lui, la mme chose aprs celle-ci. D'accord, au suivant. &nbsp;Il faut arrter des fous comme Saddam Hussein avant qu'ils ne s'attaquent  toute la plante, notre devoir est le mme que devant Hitler&nbsp;!&nbsp;, dit un autre, le regard inquiet. Une jeune fille demande la parole du ct &nbsp;pour la paix&nbsp;&nbsp;: &nbsp;Il ne faut pas oublier que la guerre ne se fait pas contre une seule personne&nbsp;. Du mme ct un autre lance&nbsp;: &nbsp;et les tats-Unis peuvent-ils tre les justiciers quand ce sont eux qui ont mis en place le dictateur&nbsp;?&nbsp;. Ah, un bon point. Revenons dans le camp de la guerre. &nbsp;De toute faon les tats-Unis iront en guerre et il faut les appuyer car ils sont notre premier partenaire conomique&nbsp; - &nbsp;Alors vous c'est l'aspect conomique qui vous proccupe&nbsp;?&nbsp;, dit l'animatrice, conciliante, s'assurant que l'on ait bien compris l'argument de l'homme timide et pragmatique, qui rpte &nbsp;oui, l'conomie&nbsp;. &nbsp;Vous, les pacifistes, empchez le monde d'avancer quand il y a de graves problmes.&nbsp; - &nbsp;Je ne suis pas une pacifiste absolue, je dis seulement qu'il peut y avoir d'autres solutions que la guerre dans ce cas-ci&nbsp;, rtorque-t-on de l'autre ct. Et ainsi de suite, pendant une heure,  s'en arracher les cheveux. Aucune suite dans les ides, aucun rappel des faits dj soulevs, aucune discrimination entre les remarques pertinentes et celles  ct de la plaque, mme parfois compltement en dehors de la question dbattue. Il faut que a tourne et l'animatrice distribue ses droits de parole  gauche et  droite, sans autre travail de synthse et de direction, prenant aussi le temps d'aller aux &nbsp;commentaires des internautes&nbsp;. Jamais non plus n'adresse-t-elle des questions pertinentes aux deux camps, questions qui s'imposaient pourtant d'elles-mmes dans la tournure gnrale du dbat, pour ne pas laisser les deux camps driver sur leur plante respective, dfinitivement hors d'atteinte du signal radio de l'autre. Par exemple le ct &nbsp;guerre&nbsp; affichait un appui sans quivoque  la politique amricaine, face  la ncessit d'arrter un dictateur. Puisque l'autre ct avait dj apport l'information selon laquelle les tats-Unis taient eux-mmes responsables du maintien au pouvoir de Saddam Hussein, pourquoi ne pas demander aux partisans de la guerre s'ils nient cette information, ou alors comment ils peuvent tre  la fois contre les dictateurs et avec ceux qui les soutiennent. Puisque les intervenants du &nbsp;ct paix&nbsp; s'inquitaient avant tout des consquences humanitaires et disaient que la guerre n'tait pas justifie - alors que de l'autre ct on se proccupait du problme de Saddam Hussein -ne fallait-il pas leur demander s'ils croient que la communaut internationale devrait pouvoir retirer des dictateurs du pouvoir, et si oui, comment le faire&nbsp;? Il est bien sr plus facile de formuler ces questions  distance que dans le feu des interventions, mais ce ne sont que des exemples parmi de nombreuses possibilits qui ne se sont pas ralises. </p> <p class="spip">Autre situation aberrante, un professeur de sciences politiques  l'Universit McGill dclare, concernant les victimes des sanctions en Irak, surtout les enfants, que l'Unicef manipule les chiffres. Le mdecin s'emporte, dnonce ce manque de responsabilit intellectuelle et prtend que les chiffres proviennent d'tudes rigoureuses menes sur une priode de 12 ans. On se bat sur les chiffres et l'change s'enflamme. C'tait pourtant le rle de l'animatrice de remettre le professeur  sa place. En toute rationalit, il est puril d'argumenter ainsi sur les chiffres, surtout quand il s'agit de morts&nbsp;: 200 000 ou un million, peu importe, il s'agit l des consquences graves d'un choix politique. Mais c'est parce que la discussion s'envenime que l'animatrice y met un terme, et non parce qu'elle dnote l'irrationnel et le maintient hors du dbat. </p> <p class="spip">Finalement, le tlspectateur qui voulait s'informer et tenter de mieux comprendre sort davantage confus du dbat. Non parce que des ides pertinentes n'ont pas t mises, mais parce que l'animatrice a accord  toutes les interventions la mme valeur par son arbitrage d'un change qui s'apparente  un match de ping-pong. Elle n'a pas su leur donner une direction s'inscrivant dans une discussion cohrente, plutt que de les laisser filer dans tous les sens, comme des atomes surchauffs qui dfont la matire. </p> <p class="spip">Ce n'est l qu'un exemple de la tournure qu'ont pris les dbats  la tlvision. Coincs dans la forme rigide du langage tlvisuel, ils sont de plus  symptmatiques de la mentalit qui s'installe dans notre culture face  tous les discours, face aux paroles et aux ides de tous les individus. &nbsp;C'est votre opinion&nbsp; et &nbsp;c'est mon opinion&nbsp;, voil dsormais le destin de toute pense. Le dlire subjectif des opinions l'emporte sur l'espoir d'une vision commune comme but de l'change, et sur la lutte d'ides opposes mais au moins rigoureusement argumentes. Il n'importe plus de faire valoir un point de vue  l'gard des autres points de vue, il suffit de l'mettre. Tout le monde a une opinion, tout le monde a le droit de parler, et la discussion n'est que l'amalgame des opinions et non le moyen de les clairer, de les faire avancer ou de les modifier. </p> <p class="spip">L'mission <i class="spip">Droit de parole</i> fait penser  ces disques multicolores qu'on nous faisait confectionner  l'cole&nbsp;; quand on les fait tourner assez vite ils deviennent gris.</p>  				          </td> 					</tr> <!-- notes --> 		                         <!--  -->  			      </tbody> 			    </table> 			  </td> 			</tr> <!-- filet horizontal --> 			<tr> 			  <td rowspan="1" valign="middle" bgcolor="black" 			    height="1"></td> 			</tr> <!-- menu bas --> 			<tr> 			  <td align="center"> 			    <font size="2">&nbsp;</font> 			    <font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"> 			      <a href="http://www.horschamp.qc.ca">Sommaire</a> <!--  --> 			      &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<a href="article.php3?id_article=9">Abonnement</a> <!--  --> <!--  --> 			      &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<a href="rubrique.php3?id_rubrique=1">Cinma</a> <!--  --> <!--  --> 			      &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<a href="rubrique.php3?id_rubrique=2">Mdias et Socit</a> <!--  --> <!--  --> 			      &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<a href="article.php3?id_article=104">Br&egrave;ves</a> <!--  --> <!--  --> 			      &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<a href="article.php3?id_article=10">Liens</a> <!--  --> <!--  --> 			      &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<a href="article.php3?id_article=11">Courrier</a> <!--  --> 			    </font> 			  </td> 			</tr>  		      </tbody> 		    </table> 		  </td> 		</tr> 	      </tbody> 	    </table> 	  </td> 	  <td rowspan="1" colspan="1" width="50%"></td>	   	</tr>       </tbody>     </table> <!--  -->   </body> </html> <!-- Keep this comment at the end of the file Local variables: mode: sgml sgml-omittag:nil sgml-shorttag:nil End: --> 
