<!doctype html public "-//w3c//dtd html 4.0 transitional//en"> <html>  <head> <meta name="GENERATOR" content="Microsoft FrontPage 3.0"> <meta name="Author" content="Thierry"> <title>Le Courrier - S&eacute;lection - Chaos et violence au Congo-Kinshasa</title> <meta name="keywords" content="alternatif, alternative, anti-milistariste, antimilitariste, antimondialisation, anti-mondialisation, anti-omc, anti-racisme, arme, asile, associatif, associations, autrement, banque mondiale, Banque Mondiale, biotiques, biotechnologies, contre-information, critical mass, Davos, DAVOS, davos, democratie, dmocratie, dmocratie locale, Depleted uranium, depleted uranium, dette, eau, Eau, ecologie, cologie, ecologique, cologiste, environnement, tranger, trangers, extrme-gauche, fminisme, femme, femmes , FMI, fmi, gauche, genetique, gntique, geneva, Geneva, Geneve, geneve, genve, Genve, gnie , globalisation, grand conseil, humanisme, humaniste, indpendance, indpendant, information, journal, journaux, lutte des classes, manipulations , marchandisation, marchs, marxisme, marxiste, masse populaire, media, mdia, mdias, mercantilisation, mondialisation, mouvement, mouvements, nolibral, no-libral, ogm, OGM, OMC, omc, peuple, politique, populaire, Porto Alegre, PORTO ALEGRE, porto alegre, presse, quotidien, racisme, refugi, rfugis, rfugis, rsistance, social, socialisme, socialiste, solidaire, solidarit, suisse, Suisse, Switzerland, switzerland, sydicaliste, syndical, syndicalisme, syndicat, tiers-mondisme, travail, travailleur, travailleurs, uranium appauvri, Uranium appauvri, vache folle , WEF, world economic forum, xnophobe, xnophobie"> <script LANGUAGE="JavaScript"> <!-- Cacher le code du script pour les browsers ignorant JavaScript  if(top==self) {   		var main = "../essai.htm"; 		var currURL = unescape(window.location.pathname); 		var newURL = main + "?" + currURL; 		if (true) 			location.replace(newURL); 		else 			location.href = newURL; 	} //--> </script> </head>  <body text="#000000" bgcolor="#FFFFFF" topmargin="0" leftmargin="0" marginwidth="0" marginheight="0" link="#FF0033" vlink="#FF0000" alink="#FF0033"> <table border="0" cellpadding="2" width="551" style="padding-left: 3px; padding-right: 3px" cellspacing="6" background="../images/R_fond.jpg">   <tr>      <td style="padding-left: 3px; padding-right: 3px" valign="top" width="50%">        <p><font face="Courier New, Courier, mono" size="6" color="#FF0000"><b>S&Eacute;LECTION</b></font></p>       <p>&nbsp;</p>       <p><font face="Arial"><strong>Paru le : 19 octobre 2002</strong></font></p>     </td>     <td style="padding-left: 3px; padding-right: 3px" valign="top" width="50%">        <p><img src="../images/LOGOPAGE.GIF" width="250" height="53"></p>       <p align="center"><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="1"><a href="selection1002.htm">Menu          S&eacute;lection</a></font></p>     </td>   </tr>   <tr>      <td colspan="2" style="padding-left: 3px; padding-right: 3px" valign="top" height="65">        <div align="left">          <p><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" color="#000000"><b>Deux coop&eacute;rants            genevois t&eacute;moignent d&#146;un effroyable massacre &agrave; Nyankunde.<br>           <font size="5">Chaos et violence au Congo-Kinshasa</font></b></font><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2" color="#000000"><i><br>           </i><i>Deux Genevois de retour de R&eacute;publique d&eacute;mocratique            du Congo d&eacute;noncent une tuerie de grande ampleur &agrave; Nyankunde.            En cause: la haine ethnique attis&eacute;e par des int&eacute;r&ecirc;ts            occidentaux et l&#146;incapacit&eacute; de la communaut&eacute; internationale            &agrave; faire cesser les violences et appliquer les accords de paix.</i></font></p>       </div>     </td>   </tr>   <tr>      <td colspan="2" style="padding-left: 3px; padding-right: 3px" valign="top" height="19">        <div align="center"><font color="#003399" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><small><u><a href="/equipe/equipe.htm">BENITO          PEREZ </a></u></small></font></div>     </td>   </tr>   <tr>      <td style="padding-left: 3px; padding-right: 3px" valign="top" colspan="2">        <div align="left">          <p align="left"><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" color="#000000" size="2">Le            drame s&#146;est nou&eacute; il y a plus d&#146;un mois. Mais l&#146;&eacute;motion            est intacte dans la voix de Gilles et Myriam Bonvallat. Ce couple de            coop&eacute;rants missionnaires genevois, actif au Congo-Kinshasa depuis            1997, n&#146;est pas pr&egrave;s d&#146;oublier le funeste 5 septembre            lorsque a d&eacute;but&eacute; le massacre des habitants hemas et biras            de Nyankunde, dans l&#146;Ituri (Nord-Est). &laquo;Nous n&#146;avons            pas vu d&#146;assassinats, nous avons juste vu les miliciens d&eacute;molir            des portes et fouiller les maisons&raquo;, se souvient sobrement le            Genevois. Mais les informations qu&#146;ils ont pu r&eacute;colter apr&egrave;s            leur fuite du Congo RDC peuplent leurs cauchemars. Myriam: &laquo;Les            derniers habitants qui ont fui Nyankunde parlent de mille morts. Moi,            je crains qu&#146;il n&#146;y en ait eu davantage.&raquo; (lire ci-contre)            <br>           Depuis leur arriv&eacute;e en Suisse il y a deux semaines, les deux            Genevois tentent de comprendre ce qui s&#146;est pass&eacute;. Et surtout            de t&eacute;moigner, d&#146;expliquer, pour autant que cela soit possible.            </font></p>         <p><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2" color="#000000"><b>VIOLENCE            IN&Eacute;DITE</b><br>           Gilles, informaticien, Myriam, physioth&eacute;rapeute, travaillaient            depuis cinq ans pour le Centre m&eacute;dical &eacute;vang&eacute;lique            (CME) de la petite ville congolaise, proche de la fronti&egrave;re ougandaise.            G&eacute;r&eacute; depuis 1987 par des locaux, le CME b&eacute;n&eacute;ficie            du soutien de missionnaires protestants de l&#146;Africa Inland Mission            (AIM), l&#146;une des fondatrices de l&#146;institution. &laquo;C&#146;est            le seul h&ocirc;pital dans une r&eacute;gion de 10 millions d&#146;habitants&raquo;,            d&eacute;crit Mme Bonvallat.<br>           Depuis l&#146;&eacute;croulement du r&eacute;gime Mobutu, l&#146;Ituri            est livr&eacute;e au contr&ocirc;le de l&#146;Ouganda voisin et des            milices ethniques. Neutre et capital pour les habitants de toutes les            ethnies, le centre m&eacute;dical parvient &agrave; fonctionner sans            encombres jusqu&#146;en janvier 2001. Date &agrave; laquelle des affrontements            entre milices hema et ngiti font quatre morts parmi les malades et le            personnel du CME. La r&eacute;gion plonge alors progressivement dans            le chaos. Les querelles ethniques entre Ngitis (sous-branche des Lendus),            Hemas et Biras, qui cohabitent depuis des ann&eacute;es autour de l&#146;h&ocirc;pital,            se multiplient. &laquo;Des tensions ont toujours exist&eacute; mais            jamais elles n&#146;avaient d&eacute;g&eacute;n&eacute;r&eacute; ainsi&raquo;,            t&eacute;moigne Mme Bonvallat.</font></p>         <p><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2" color="#000000"><b>&laquo;HUIT            JOURS DE CALVAIRE&raquo;</b><br>           Paradoxe tragique: l&#146;apog&eacute;e des violences prendra sa source            dans l&#146;accord de paix sign&eacute; &agrave; Luanda en ao&ucirc;t            dernier. &laquo;Du jour au lendemain, l&#146;Ouganda a retir&eacute;            ses troupes de Nyankunde vers Bunia (la capitale de l&#146;Ituri, ndlr).&raquo;            Un &laquo;vide du pouvoir&raquo; rapidement combl&eacute; par deux factions            en mal de revanche: les milices ngitis, qui veulent se venger de pr&eacute;c&eacute;dentes            exactions hemas et biras, et les paramilitaires progouvernementaux de            l&#146;APC (Arm&eacute;e populaire congolaise), chass&eacute;es en ao&ucirc;t            du pouvoir &agrave; Bunia par une faction arm&eacute;e des Hemas, l&#146;UPC            (Parti de l&#146;union/soutenu par Kampala), au cours de combats qui            auraient fait plus de 100 morts, selon l&#146;ONU. <br>           Alarm&eacute; par cette situation instable, le CME tente d&#146;obtenir            la protection de la MONUC (Mission d&#146;observation des Nations Unies            au Congo) et d&#146;alerter les ambassades occidentales. En vain. Le            5 septembre au matin, APC et milices ngitis fondent sur Nyankunde. En            quelques heures, la ville de 5000 habitants est pass&eacute;e au peigne            fin. L&#146;h&ocirc;pital est perquisitionn&eacute;, vandalis&eacute;,            des malades sont massacr&eacute;s sur leur lit. Myriam et Gilles se            r&eacute;fugient chez eux avec leur enfant de 18 mois, tentant de cacher            des amis hemas et biras. Apr&egrave;s de longues n&eacute;gociations,            les deux Genevois parviennent &agrave; quitter la ville en compagnie            de la dizaine de missionnaires du CME, dans deux avions affr&eacute;t&eacute;s            par l&#146;AIM.<br>           Dix jours plus tard, quelque 900 survivants, men&eacute;s par le personnel            hospitalier rest&eacute; &agrave; Nyankunde, parviennent &agrave; quitter,            en colonne, la ville martyre. Leurs t&eacute;moignages sont effrayants:            nettoyage ethnique, ex&eacute;cutions sommaires, malades &eacute;gorg&eacute;s,            cadavres br&ucirc;l&eacute;s, pillage, vandalisme. &laquo;Les actes            de barbarie observ&eacute;s pendant les huit jours de calvaire &agrave;            Nyankunde sont in&eacute;dits dans l&#146;histoire. Il est impossible            de r&eacute;aliser que, pour un affrontement de quelques minutes, on            d&eacute;nombre plus de 1000 morts&raquo;, &eacute;crivait fin septembre            le comit&eacute; ex&eacute;cutif du CME. </font></p>         <p><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2" color="#000000"><b>SILENCE            RADIO</b><br>           Hormis ces t&eacute;moignages, peu de choses ont filtr&eacute; depuis.            Et &agrave; l&#146;&eacute;vocation du sort de leurs amis, Myriam et            Gilles plongent dans un mutisme lourd de sens. D&#146;une voix douce,            elle rompt le silence: &laquo;On n&#146;a aucune nouvelle, mais ils            ne faisaient pas partie de ceux qui ont pu s&#146;&eacute;chapper &agrave;            mi-septembre.&raquo; Avant de pr&eacute;ciser: &laquo;Personne n&#146;a            encore pu retourner &agrave; Nyankunde. Mais des contacts existent avec            la MONUC pour envoyer une d&eacute;l&eacute;gation.&raquo;<br>           Un manque d&#146;information qui a eu pour cons&eacute;quence un quasi-black-out            m&eacute;diatique. Malgr&eacute; les efforts des missionnaires, &agrave;            l&#146;exception de la BBC et de quelques m&eacute;dias congolais, personne            n&#146;a &eacute;voqu&eacute; la tuerie de Nyankunde. Puis, corollaire            habituel, les coop&eacute;rants se sont heurt&eacute;s au d&eacute;sint&eacute;r&ecirc;t            ou &agrave; l&#146;impuissance des politiques. &laquo;A Bunia, nous            avons pr&eacute;venu les observateurs de l&#146;ONU. Mais ils ne pouvaient            rien faire, ils &eacute;taient tr&egrave;s frustr&eacute;s&raquo;, t&eacute;moigne            Mme Bonvallat. &laquo;A travers un ami, on a pr&eacute;venu la DDC (Direction            de la coop&eacute;ration &agrave; Berne, ndlr), mais l&agrave; aussi            on nous a dit qu&#146;il n&#146;y avait rien &agrave; faire&raquo;,            rench&eacute;rit son mari. &laquo;Le Courrier&raquo; n&#146;aura pas            davantage de succ&egrave;s aupr&egrave;s du D&eacute;partement des affaires            &eacute;trang&egrave;res. Silence radio, c&#146;est si loin et si compliqu&eacute;            le Congo...<br>           Pas d&eacute;courag&eacute;s, Myriam et Gilles pensent d&eacute;j&agrave;            &agrave; leur retour en Afrique. D&egrave;s qu&#146;ils auront recharg&eacute;            les batteries, et que les conditions de s&eacute;curit&eacute; seront            meilleures. Mais ils ne retourneront pas &agrave; Nyankunde, o&ugrave;            il ne reste plus rien des 250 lits de l&#146;h&ocirc;pital, ni des &eacute;coles,            ni de la pharmacie qui lui &eacute;taient accol&eacute;es. &laquo;Le            personnel a trop souffert, personne ne veut retourner &agrave; Nyankunde.&raquo;<br>           Il faudra repartir &agrave; z&eacute;ro, oublier cinq ans d&#146;efforts            r&eacute;duits &agrave; n&eacute;ant en quelques heures. &laquo;On est            pas all&eacute; l&agrave;-bas seulement pour accomplir quelque chose,            temp&egrave;re Myriam Bonvallat. Mais aussi pour vivre avec les Congolais,            parmi eux. Ils ont tant d&#146;id&eacute;es, d&#146;initiatives. Malgr&eacute;            les difficult&eacute;s, malgr&eacute; la guerre, ils essaient toujours            de faire des choses positives. Ce sont eux qui ont perdu le plus. Et            quand on voit leur courage et leur volont&eacute; de faire quelque chose            de leur pays, on n&#146;a pas le droit de se lamenter.&raquo;</font></p>         <p><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="5" color="#000000"><b>Inop&eacute;rante            &laquo;protection des civils&raquo;</b></font></p>         <p><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="5" color="#000000"><font size="2">&laquo;Nous            avons effectivement entendu parler de ce massacre. Mais je ne peux vous            confirmer ni vous infirmer le chiffre que vous &eacute;voquez. Mille            morts... C&#146;est terrible.&raquo; En quelques mots, le porte-parole            de la Mission d&#146;observation au Congo (MONUC) &agrave; Kinshasa,            Hamadoun Tour&eacute;, r&eacute;sume l&#146;impuissance des Nations            Unies face au drame congolais. Forte de 500 observateurs, r&eacute;partis            sur nonante sites et soutenus par quelques milliers de militaires, la            MONUC ne dispose que de huit fonctionnaires d&eacute;sarm&eacute;s &agrave;            Bunia (&agrave; 45 km de Nyankunde). &laquo;Ils ont essay&eacute; d&#146;atteindre            cet h&ocirc;pital, mais des combats s&#146;y d&eacute;roulent toujours.            Il faut attendre que la situation se calme.&raquo; Cr&eacute;&eacute;e            apr&egrave;s les accords de Lusaka en 1999, la MONUC devait &agrave;            l&#146;origine superviser le respect du cessez-le-feu, le d&eacute;sarmement            volontaire des troupes et le retrait des forces &eacute;trang&egrave;res.            Depuis le 14 juin 2002, le Conseil de s&eacute;curit&eacute; lui a adjoint            un nouvel objectif: &laquo;la protection des civils sous la menace imminente            de violences physiques&raquo;1 (r&eacute;solution 1417). Or, au moins            deux massacres de grande ampleur ont &eacute;t&eacute; perp&eacute;tr&eacute;s            depuis, dans le nord-est du pays (Bunia en ao&ucirc;t et Nyankunde).            Selon Amnesty International, en trois ans, ce sont pas moins de 500            000 personnes qui ont d&ucirc; fuir les combats interethniques dans            la r&eacute;gion... &laquo;Nous n&#146;avons aucune troupe dans l&#146;Ituri&raquo;,            se d&eacute;fend le porte-parole. Mais de toute fa&ccedil;on, pr&eacute;cise-t-il,            la MONUC ne peut s&#146;interposer militairement entre les factions            rivales, car &laquo;cela mettrait en danger la s&eacute;curit&eacute;            des observateurs&raquo;. Aujourd&#146;hui, la priorit&eacute; des envoy&eacute;s            de la MONUC &agrave; Bunia est d&#146;&eacute;viter un nouveau bain            de sang dans cette ville de 250 000 habitants. Dans ce but, &laquo;nous            avons obtenu du pr&eacute;sident Museveni que l&#146;Ouganda y maintienne            pour l&#146;instant ses propres soldats&raquo;, rassure M. Tour&eacute;.<br>           BPz</font></font></p>         <p><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="5" color="#000000"><b>Funeste            sous-sol congolais</b></font></p>         <p><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="5" color="#000000"><font size="2">D&#146;embl&eacute;e,            Myriam et Gilles Bonvallat s&#146;excusent ne pas conna&icirc;tre grand-chose            aux conflits politiques et g&eacute;ostrat&eacute;giques dans lesquels            sont plong&eacute;s les 55 millions de Congolais. Or, au fil de la conversation,            leur regard se fait ac&eacute;r&eacute;. Premier constat du couple de            coop&eacute;rants: l&#146;&eacute;volution inqui&eacute;tante des milices            ethniques. &laquo;Il y a un an et demi, lors des premi&egrave;res violences,            elles &eacute;taient encore arm&eacute;es de machettes et de couteaux&raquo;,            se souvient Gilles Bonvallat. De simples bandes, ces milices semblent            s&#146;&ecirc;tre progressivement mu&eacute;es en organisations paramilitaires,            disposant aujourd&#146;hui d&#146;armes et de mat&eacute;riel de guerre.<br>           &laquo;Il faut croire que des gens de l&#146;ext&eacute;rieur ont int&eacute;r&ecirc;t            &agrave; armer ces gens&raquo;, remarque l&#146;ex-informaticien du            Centre m&eacute;dical &eacute;vang&eacute;lique. Pourquoi? &laquo;Probablement            pour des raisons &eacute;conomiques&raquo;, poursuit M. Bonvallat, qui            d&eacute;taille la richesse du sous-sol r&eacute;gional: or, diamants            et coltan1, un minerai &laquo;indispensable pour l&#146;industrie de            la t&eacute;l&eacute;phonie mobile&raquo;. &laquo;Des int&eacute;r&ecirc;ts            occidentaux sont forc&eacute;ment impliqu&eacute;s&raquo;, estime-t-il.<br>           Pour preuve, l&#146;engagement massif de l&#146;Ouganda et du Rwanda            dans le conflit. Ce dernier a notamment compt&eacute; un dispositif            de quelque 20 000 soldats durant quatre ans au Congo. &laquo;Aucun de            ces pays n&#146;a les moyens de soutenir seul une telle guerre.&raquo;<br>           Mais l&#146;occupation militaire a &eacute;t&eacute; lucrative pour            ces arm&eacute;es. &laquo;L&agrave;-bas, tout le monde sait tr&egrave;s            bien que l&#146;Ouganda a chang&eacute; ses alliances avec les rebelles            selon qui payait le plus&raquo;, affirme le coop&eacute;rant suisse.            Cons&eacute;quence, s&#146;&eacute;tonne Myriam Bonvallat, &laquo;l&#146;Ouganda            est devenu le premier exportateur de diamants alors qu&#146;il n&#146;y            en pas dans son sous-sol!&raquo;<br>           Un magot partag&eacute; avec les soci&eacute;t&eacute;s &eacute;trang&egrave;res,            ravies de cette situation, selon les deux coop&eacute;rants. &laquo;Le            fait de n&#146;avoir aucun contr&ocirc;le &eacute;tatique facilite l&#146;exportation            sauvage de tous ces mat&eacute;riaux. Ceux qui en profitent feront donc            tout pour que la guerre continue&raquo;, analyse M. Bonvallat.<br>           Face &agrave; ces enjeux, les haines ethniques passent au second plan.            &laquo;Les anciens de Nyankunde nous ont dit qu&#146;ils n&#146;avaient            jamais vu les tensions tribales d&eacute;raper ainsi. Mais aujourd&#146;hui,            il y a des gens qui catalysent ces rivalit&eacute;s dans leur int&eacute;r&ecirc;t&raquo;,            assure Myriam Bonvallat.<br>           Et les accords de paix avec l&#146;Ouganda et le Rwanda? &laquo;Difficile            de les faire appliquer r&eacute;ellement sur le terrain&raquo;, temp&egrave;re            M. Bonvallat. Mais, quoiqu&#146;il en soit &laquo;faire partir les arm&eacute;es            &eacute;trang&egrave;res, pour laisser ces zones sans autorit&eacute;,            comme actuellement dans l&#146;Ituri, &ccedil;a n&#146;a pas de sens...&raquo;<br>           Pessimistes, les &eacute;poux Bonvallat n&#146;attendent pas non plus            grand-chose de la communaut&eacute; internationale. &laquo;Le massacre            de Nyankunde n&#146;est pas le premier perp&eacute;tr&eacute; au Congo,            note le coop&eacute;rant. &laquo;C&#146;est rarement aussi spectaculaire:            cinquante morts par-ci, dix par-l&agrave;. Mais tout cumul&eacute;,            c&#146;est un g&eacute;nocide&raquo;, d&eacute;nonce-t-il. Aussit&ocirc;t            relay&eacute; par sa femme: &laquo;Tout le monde le sait, mais personne            ne r&eacute;agit. A Bunia, on a pr&eacute;venu l&#146;ONU, les ambassades:            rien. Au m&ecirc;me moment, &agrave; 45 km de l&agrave;, des gens se            faisaient massacrer. On peut se laisser surprendre un jour. Mais pas            durant deux semaines.&raquo;<br>           Seul espoir pour les coop&eacute;rants: l&#146;arriv&eacute;e prochaine            d&#146;un contingent de soldats sud-africains, pays m&eacute;diateur            dans le conflit qui d&eacute;chire l&#146;est du Congo.<br>           BPz</font></font></p>         <p><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2" color="#000000">1            Le colombo-tantalite est utilis&eacute; dans des alliages employ&eacute;s            dans les microprocesseurs, les t&eacute;l&eacute;phones portables et            les avions.</font></p>         <p><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="5" color="#000000"><b>Chronologie            d&#146;une rapine</b></font></p>         <p><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2" color="#000000">Deux            millions de morts, dont 50 000 pour la seule r&eacute;gion de Bunia.            Ces chiffres, approximatifs, sont avanc&eacute;s par des ONG. Inv&eacute;rifiables,            ils donnent toutefois la mesure de cette guerre d&#146;un autre &acirc;ge            qui d&eacute;truit la R&eacute;publique d&eacute;mocratique du Congo            depuis 1998. Petit rappel historique.<br>           A la chute du dictateur Mobutu en 1997, l&#146;ex-Za&iuml;re, immense            pays (2,3 millions de km2) au riche sous-sol, aiguise bien des app&eacute;tits.            En ao&ucirc;t 1998, la r&eacute;bellion d&#146;ex-militaires mobutistes            et de combattants banyamulenge (Congolais tutsis d&#146;origine rwandaise)            donne le coup d&#146;envoi de la rapine. Objectif premier: renverser            Laurent-D&eacute;sir&eacute; Kabila et son r&eacute;gime marxisant (qui            avait notamment nationalis&eacute; une partie du sous-sol congolais).            Au pire, il s&#146;agit pour les &laquo;rebelles&raquo; de mettre le            grappin sur quelques mines aurif&egrave;res, diamantif&egrave;res, etc.            de la zone est. Malgr&eacute; le soutien actif du Rwanda, les putschistes            manquent leur coup de force. Ils s&#146;emparent toutefois des trois            principales villes du Kivu: Goma, Bukavu et Uvira. D&#146;autres pays            vont alors se joindre au festin: d&#146;un c&ocirc;t&eacute; le Zimbabwe,            la Namibie et l&#146;Angola, soutenant Kinshasa, de l&#146;autre l&#146;Ouganda            et le Burundi, qui se partagent l&#146;appui des groupes rebelles avec            le Rwanda.<br>           En 1999, un accord de cessez-le feu est sign&eacute; &agrave; Lusaka            entre les bellig&eacute;rants. Accord qui pr&eacute;voit le retrait            des arm&eacute;es &eacute;trang&egrave;res du Congo, le d&eacute;sarmement            des miliciens hutus rwandais op&eacute;rant dans le pays, l&#146;ouverture            d&#146;un dialogue intercongolais en vue d&#146;instaurer un nouvel            ordre institutionnel et la mise sur pied de la Mission d&#146;observation            des Nations Unies au Congo RDC (MONUC). Mais il faudra attendre 2002            et les accords de Joseph Kabila &#150; qui a succ&eacute;d&eacute; &agrave;            son p&egrave;re assassin&eacute; &#150; avec le Rwanda (juillet), puis            avec l&#146;Ouganda (ao&ucirc;t) pour que l&#146;accord de Lusaka commence            &agrave; &ecirc;tre appliqu&eacute;. Sans pour autant faire cesser les            combats. BPz</font> </p>         </div>     </td>   </tr>   <tr>      <td style="padding-left: 3px; padding-right: 3px" valign="top" colspan="2">        <div align="right"><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="1"><a href="selection1002.htm">Menu          S&eacute;lection</a></font></div>     </td>   </tr> </table> </body> </html> 
