<HTML> <HEAD> <TITLE>Regards 6  - Octobre 1995  - Un rideau ouvert sur le chaos </TITLE> </HEAD> <BODY BGCOLOR="#FDF5D9" LINK="#E60000" ALINK="#E60000" VLINK="#000033">  <P>&nbsp;</P>  <P><A NAME="top"></A><TABLE BORDER=0 CELLSPACING=0 CELLPADDING=0 WIDTH=400> <TR> <TD> <P><FONT SIZE="-1" FACE="Arial"><A HREF="index.html"><IMG SRC="une.gif" ALT="Regards" WIDTH=60 HEIGHT=90 BORDER=0 ALIGN=right></A></FONT> <FONT SIZE="-1" FACE="Arial"><A HREF="index.html#cre">Octobre 1995 </A></FONT> <FONT SIZE="-1" FACE="Arial"> - La Cr&eacute;ation </FONT></P>  <P><B><FONT FACE="Arial">Un rideau ouvert sur le chaos </FONT></B></P> <P><FONT FACE="Arial">Par Sylviane Gresh </FONT> </TD></TR> <TR> <TD> <P> <HR SIZE="1" WIDTH=400 ALIGN=LEFT NOSHADE> </TD></TR> </TABLE></P>  <TABLE BORDER=0 CELLSPACING=0 CELLPADDING=0 WIDTH=400> <TR> <TD> <FONT FACE="Arial"><B> La seconde &eacute;criture, inscrite sur les planches, qui ouvre autrement les textes et les corps &agrave; l'esprit semble int&eacute;resser la plupart des metteurs en sc&egrave;ne dans cette nouvelle saison th&eacute;&acirc;trale.  Donc, Shakespeare, Beckett, Claudel, Genet, Kolt&egrave;s et le mal des si&egrave;cles, la violence, le chaos, la mort.</B> <P> Shakespeare fascine nos metteurs en sc&egrave;ne.  Est-ce parce qu'il a su dire dans des textes baroques et prot&eacute;iformes la violence et le chaos de temps qui ressemblent aux n&ocirc;tres ? <P> Robert Wilson, Mathias Langhoff, Peter Brook l'abordent de mani&egrave;re nouvelle, comme un objet d'&eacute;tudes, un " mat&eacute;riau ", pour reprendre la formule d'Heiner M&uuml;ller.  Robert Wilson incarne Hamlet <A NAME="ret1" HREF="#1">(1)</A>, seul sur la sc&egrave;ne de la Maison de la Culture de Bobigny, dans un monologue dense comme une m&eacute;ditation personnelle sur le personnage et l'oeuvre qui hantent depuis longtemps l'artiste texan. <P> Mathias Langhoff, lui, reprend au TGP de Saint-Denis son Richard III-mat&eacute;riau <A NAME="ret2" HREF="#2">(2)</A> qui a triomph&eacute; &agrave; Avignon cet &eacute;t&eacute;, avec un jeune auteur hors du commun, Martial di Fonso (&agrave; voir absolument). <P> Stanislas Norday monte le Songe d'une nuit d'&eacute;t&eacute; <A NAME="ret3" HREF="#3">(3)</A> &agrave; Nanterre et Romane Bohringer et Denis Lavant incarneront Juliette et Rom&eacute;o au Th&eacute;&acirc;tre du Gymnase &agrave; Marseille <A NAME="ret4" HREF="#4">(4)</A>. <P> Quatre grands po&egrave;tes fran&ccedil;ais du XXe si&egrave;cle occupent, par ailleurs, les planches: Claudel, Kolt&egrave;s, Genet, Beckett, sans doute les plus grands &agrave; pouvoir dire la barbarie, le d&eacute;sastre, mais aussi l'humanit&eacute; qui reste quand tout est d&eacute;truit. <P> Marcel Mar&eacute;chal inaugure le th&eacute;&acirc;tre du Rond-Point &agrave; Paris avec les Co&ucirc;fontaine <A NAME="ret5" HREF="#5">(5)</A>, une pi&egrave;ce de Claudel, f&eacute;roce dans la soci&eacute;t&eacute; du XXe, &agrave; travers les conflits d'une famille bourgeoise.  Jean Dautremay met en sc&egrave;ne &agrave; la Com&eacute;die-Fran&ccedil;aise l'Echange <A NAME="ret6" HREF="#6">(6)</A>, pi&egrave;ce plus intimiste de Claudel o&ugrave; l'argent et le d&eacute;sir s'&eacute;changent avec encore plus de sauvagerie.  Bernard-Marie Kolt&egrave;s, mort pr&eacute;matur&eacute;ment il y a six ans, reprend ce th&egrave;me du " deal " dans la Solitude des champs de coton <A NAME="ret7" HREF="#7">(7)</A>, une pi&egrave;ce que Patrice Ch&eacute;reau reprend pour la troisi&egrave;me fois comme acteur et metteur en sc&egrave;ne.  Il s'agit ici d'une rencontre entre un " dealer " et son client o&ugrave; sont creus&eacute;s tous les rapports, de force et de d&eacute;sir, entre deux &ecirc;tres.  Avec le Retour au d&eacute;sert <A NAME="ret8" HREF="#8">(8)</A>, Kolt&egrave;s rompt avec les charmes de la bourgeoisie en dressant un tableau grotesque et dr&ocirc;le (interpr&eacute;t&eacute; il y a quelques ann&eacute;es par Jacqueline Maillan et Michel Piccoli) d'une famille bourgeoise dans une ville provinciale travers&eacute;e par les &eacute;chos de la guerre d'Alg&eacute;rie.  Mise en sc&egrave;ne de Jacques Nichet.  Jean-Louis Martinelli, lui, pr&eacute;sente &agrave; Nanterre la pi&egrave;ce ultime de Kolt&egrave;s enti&egrave;rement irradi&eacute;e par la mort proche, Roberto Zucco <A NAME="ret9" HREF="#9">(9)</A>. <P> Le XXe si&egrave;cle et ses fureurs, c'est aussi Genet, dont K.  M.  Gr&uuml;ber met en sc&egrave;ne au th&eacute;&acirc;tre de l'Od&eacute;on, Splendid's <A NAME="ret10" HREF="#10">(10)</A>, une pi&egrave;ce baroque sur le terrorisme, la d&eacute;sesp&eacute;rance, la trahison et l'imminence de la mort. <P> </FONT> </TD></TR> </TABLE> <P>&nbsp;<BR>  <TABLE BORDER=0 CELLSPACING=0 CELLPADDING=0 WIDTH=400> <TR> <TD> <FONT FACE="Arial"><B> Le baroque, le vivant et l'urgence de l'&eacute;criture </B> <P> Alain Milianti reprend au th&eacute;&acirc;tre de la Villette Quatre heures &agrave; Chatila <A NAME="ret11" HREF="#11">(11)</A>, texte &eacute;crit par Genet dans l'urgence apr&egrave;s la d&eacute;couverte des massacres de Sabra et Chatila.  Il met en sc&egrave;ne une adaptation du Captif amoureux, oeuvre testamentaire de Genet o&ugrave; l'on d&eacute;couvre que l'&eacute;criture sur les camps palestiniens est d'abord une &eacute;criture sur lui-m&ecirc;me. <P> Beckett est pr&eacute;sent cette ann&eacute;e avec des pi&egrave;ces embl&eacute;matiques de la fin d'un monde, ou d'un temps.  Avec un d&eacute;nuement bouleversant, Michel Bouquet campe un personnage en fin de parcours, la vieillesse comme un naufrage, dans Fin de partie <A NAME="ret12" HREF="#12">(12)</A> qu'Andr&eacute; Delcampe met en sc&egrave;ne &agrave; l'Atelier.  Jo&euml;l Jouanneau dirige Heinz et David Bennent pour cette m&ecirc;me pi&egrave;ce <A NAME="ret13" HREF="#13">(13)</A> aux Bouffes-du-Nord.  Pierre Chabert, grand ami de l'&eacute;crivain d&eacute;funt, reprend la Derni&egrave;re bande suivi de l'Innommable <A NAME="ret14" HREF="#14">(14)</A> dans la mise en sc&egrave;ne qu'en avait fait Beckett lui-m&ecirc;me dans les ann&eacute;es 80.  Ceci dans un nouveau th&eacute;&acirc;tre, &agrave; d&eacute;couvrir, le th&eacute;&acirc;tre Moli&egrave;re, o&ugrave; s'installe la Maison de la Po&eacute;sie sous la direction de Michel de Maulne. <P> Le th&eacute;&acirc;tre, spectacle vivant, c'est aussi l'&eacute;criture d'aujourd'hui: Roger Planchon &eacute;crit et met en sc&egrave;ne au TNP de Villeurbanne une fresque aux couleurs fun&egrave;bres.  C'est le Radeau de la M&eacute;duse <A NAME="ret15" HREF="#15">(15)</A>, qui &eacute;voque G&eacute;ricault, mais aussi le " mal du si&egrave;cle ", le XIXe comme le n&ocirc;tre. <P> C'est encore Leslie Kaplan, &eacute;crivain d'origine new-yorkaise que nous a fait d&eacute;couvrir Claude R&eacute;gy et que met en sc&egrave;ne aujourd'hui un de ses disciples, No&euml;l Casale.  Il s'agit du Pont de Brooklyn <A NAME="ret16" HREF="#16">(16)</A> donn&eacute; au Th&eacute;&acirc;tre de Gennevilliers. </FONT> </TD></TR> </TABLE> <P>&nbsp;<BR>  <P><TABLE BORDER=0 CELLSPACING=0 CELLPADDING=0 WIDTH=400> <TR> <TD> <P> <HR SIZE="1" WIDTH=400 ALIGN=LEFT NOSHADE> </P>  <P><FONT SIZE="-1" FACE="Arial"><A NAME="1" HREF="#ret1">1.</A>  Hamlet, mise en sc&egrave;ne par Robert Wilson, du 16 au 19 septembre &agrave; la MC de Bobigny.Festival d'Automne: 41.60.72.72<P><A NAME="2" HREF="#ret2">2.</A>  Richard III-Mat&eacute;riau, mise en sc&egrave;ne par Mathias Langhoff,du 8 novembre au 16 d&eacute;cembre au Th&eacute;&acirc;tre G&eacute;rard-Philipe de Saint-Denis: 42.43.00.59<P><A NAME="3" HREF="#ret3">3.</A>  Le Songe d'une nuit d'&eacute;t&eacute;, mise en sc&egrave;ne par Stanislas Nordey, du 7 novembre au 10 d&eacute;cembre,Th&eacute;&acirc;tre des Amandiers de Nanterre: 46.14.70.00<P><A NAME="4" HREF="#ret4">4.</A>  Rom&eacute;o et Juliette, mise en sc&egrave;ne par Hans Peter Cloos, du 13 novembre au 2 d&eacute;cembre, Th&eacute;&acirc;tre du Gymnase de Marseille: (16)91.24.35<P><A NAME="5" HREF="#ret5">5.</A>  Les Co&ucirc;fontaine, mise en sc&egrave;ne de Marcel Mar&eacute;chal, du 17 octobre au 30 d&eacute;cembre, Th&eacute;&acirc;tre du Rond-Point: 44.95.98.00<P><A NAME="6" HREF="#ret6">6.</A>  L'Echange, mise en sc&egrave;ne par Jean Dautremay, &agrave; partir du 21 octobre, Com&eacute;die-Fran&ccedil;aise: 40.15.00.15<P><A NAME="7" HREF="#ret7">7.</A>  Dans la solitude des champs de coton, mise en sc&egrave;ne par Patrice Ch&eacute;reau, du 16 novembre au 14 janvier, Ivry, Manufacture des oeillets, Festival d'Automne: 44.41.36.36<P><A NAME="8" HREF="#ret8">8.</A>  Le Retour au d&eacute;sert, mise en sc&egrave;ne par J.Nichet, du 3 au 28 octobre, Th&eacute;&acirc;tre de la Ville: 42.74.22.77; puis &agrave; Montpellier du 24 au 29 novembre: (16)67.58.08.13<P><A NAME="9" HREF="#ret9">9.</A>  Roberto Zucco, mise en sc&egrave;ne par Jean-Louis Martinelli, du 9 janvier au 11 f&eacute;vrier 1996, Th&eacute;&acirc;tre des Amandiers de Nanterre: 46.14.70.00<P><B>10.</B> Splendid's, mise en sc&egrave;ne par K.M.Gr&uuml;ber, du 28 septembre au 1er octobre, Th&eacute;&acirc;tre de l'Od&eacute;on, Festival d'Automne: 44.41.36.36<P><B>11.</B> Quatre heures &agrave; Chatila et le Captif amoureux, mise en sc&egrave;ne par Alain Milianti, du 14 novembre au 10 d&eacute;cembre, Th&eacute;&acirc;tre de la Villette, Festival d'Automne: 42.96.12.27<P><B>12.</B> Fin de partie, mise en sc&egrave;ne par A.Delcamps,Th&eacute;&acirc;tre de l'Atelier, jusqu'au 15/10: 46.06.49.24<P><B>13.</B> Fin de partie, mise en sc&egrave;ne par Jo&euml;l Jouanneau, du 17 au 28 octobre, Bouffes du Nord, Festival d'Automne: 42.96.12.27<P><B>14.</B> La Derni&egrave;re Bande, suivi de l'Innommable, mise en sc&egrave;ne par Samuel Becket, du 3 au 17 avril, Th&eacute;&acirc;tre Moli&egrave;re-Maison de la Po&eacute;sie: 44.54.53.00<P><B>15.</B> Le Radeau de la M&eacute;duse, mise en sc&egrave;ne par Roger Planchon du 11 au 26 octobre, TNP de Villeurbanne: (16)78.03.30.50<P><B>16.</B> Le Pont de Brooklyn, mise en sc&egrave;ne par No&euml;l Casale, du 19 septembre au 8 octobre, Th&eacute;&acirc;tre de Gennevilliers: 41.32.26.26 </FONT></P>  <P><FONT SIZE="-1" FACE="Arial"><A HREF="#top">retour</A></FONT> </TD></TR> </TABLE></P>  </BODY> </HTML> 
