     <html>     <head><title>Beaut-Sant</title></head>     <body bgcolor="#FFFFFF" text="#000000">     <table border=0><tr><td>          <table border=0 width=640 cellpadding=0 cellspacing=1 bgcolor="#000000"><tr><td>     <table border=0 width=640 cellpadding=20 cellspacing=1 bgcolor="#FFFFFF"><tr><td>     <center>     <img src="images/logo.gif" border=0 alt=""><br><br>     <font face="Verdana,Arial,Helvetica" size="+2">     <b>Plaisir sur commande.</b><br>     <font size=1><b>Date :</b> Sunday 06 May  @ 00:17:15 <br><b>Sujet :</b> sant : des articles ...<br><br>     </center><font size=2>     Par neurostimulation, un mdecin amricain dclenche un orgasme rflexe chez ses patientes. Une technique du plaisir brevete largement controverse outre-Atlantique. <br><br>     <br><br>     Pour atteindre l'extase, pressez le bouton de votre tlcommande. " Voici ce que propose  ses patientes le smillant docteur Stuart Meloy, anesthsiste  l'Institut de lutte contre la douleur (Piedmont Anesthesia and Pain Consultants, Caroline du Nord, Etats-Unis). Le principe: une tlcommande, relie par ondes radio  un stimulateur dorsal sous-cutan, dclenche une dcharge lectrique et c'est le septime ciel assur. Un rsultat obtenu fortuitement en dtournant involontairement une technique antidouleur. <br> Depuis cette annonce, le fax de l'institut fait les trois-huit, la bote aux lettres explose... tout le monde veut en savoir plus. "J'ai eu l'ide de cette invention par le plus grand des hasards, raconte Stuart Meloy, alors que je traitais par neurostimulation une patiente souffrant de la jambe." En effet, ce spcialiste de la douleur pratique couramment la stimulation mdullaire, connue depuis les annes 1970 pour le traitement des douleurs rsistantes aux thrapeutiques mdicamenteuses. " Une drle de chose s'est passe durant l'intervention, poursuit-il. Ma patiente tait allonge ventralement sur la table d'opration et me guidait tandis que j'implantais les lectrodes dans la rgion pridurale. J'ai envoy le courant et elle a pouss un cri. Je ne m'attendais pas du tout  cette raction. Il a fallu la questionner pour comprendre qu'elle venait d'avoir un orgasme! " Consciencieux, Stuart Meloy reproduit la manipulation sur sa patiente... avec le mme rsultat. Plus de doute, les lectrodes ont touch un point nerveux qui dclenche un orgasme rflexe (voir schma p. 82). <br> "C'est logique, estime Alain Lenoir, professeur de neuro-sciences  la facult de Tours, car la moelle lombaire est le centre rflexe de l'orgasme. Ce rflexe est d'ordinaire dclench par l'excitation des nombreux rcepteurs tactiles des zones gnitales. Si le procd est valid, les applications mdicales peuvent tre importantes. " Le Dr Stuart Meloy en est convaincu : "On pourrait implanter un neurostimulateur chez des personnes handicapes, paraplgiques ou victimes d'une sclrose musculaire, ou bien chez des patientes souffrant d'un dysfonctionnement sexuel qui les rend anorgasmiques." <br> Quelle que soit la finalit du procd, le passage au bloc opratoire est obligatoire. Des lectrodes sont implantes entre la les vertbres et la moelle pinire, relies  une batterie place dans l'abdomen. Cette dernire communique par radio avec une tlcommande que le mdecin, puis le patient  domicile, manipule pour rgler la frquence et l'intensit du courant (voir ci-contre). "Il est vrai que l'implantation ncessite une opration, admet Stuart Meloy, mais les femmes n'hsitent plus aujourd'hui  recourir  la chirurgie esthtique pour se faire refaire la poitrine, par exemple. Ce n'est pas un vrai problme." <br> Alain Serrie, mdecin du dpartement de diagnostic et de traitement de la douleur  l'hpital Lariboisire (Paris), pratique la stimulation mdullaire depuis une dizaine d'annes (lire ci-dessous). Il n'a jamais observ d'orgasmes chez ses malades durant une intervention, mais connat parfaitement la technique utilise : " L'implantation d'un stimulateur n'est pas une opration anodine, rectifie-t-il. Elle implique une premire intervention sous anesthsie locale pour placer les lectrodes relies  la batterie, qui reste d'abord externe. Aprs trois semaines de test suivies d'un mois de repos, c'est l'implantation finale. Si le bnfice pour le patient se rvle probant, la batterie est implante sous la peau, sous anesthsie gnrale (qui dure une heure trente). Nous n'en posons pas plus de dix par an sur des patients slectionns de faon draconienne." <br> Sans s'arrter  ces considrations, Stuart Meloy s'est empress de dposer un brevet. " a ne signifie pas que le traitement est disponible tout de suite, explique-t-il. Cela peut prendre des annes car il faut raliser des essais cliniques pour obtenir l'accord de la Food and Drug Administration. Nous devons aussi trouver des financements pour tablir un protocole de recherche. Des tudes scientifiques ont dj tabli la scurit des traitements antidouleur, maintenant il faut recentrer l'appareil sur ce nouvel objectif. " Et d'ajouter, enthousiaste : " J'aimerais commencer les essais cette anne. " Il reste nanmoins un obstacle de taille. Stuart <br> Meloy doit convaincre l'acteur principal de l'affaire, Medtronic, premier fabricant mondial de stimulateurs, de participer aux tests. Ce n'est pas gagn. La socit amricaine, qui fournit la plupart des services d'anesthsie et de chirurgie en implants actifs, s'arrache les cheveux : "Nous fabriquons des neurostimulateurs qui combattent les douleurs chroniques ou la maladie de Parkinson, et c'est tout, dclare Eveline Herb, du service de communication de Medtronic. Nous ne sommes pas concerns par cette affaire d'orgasme. Les travaux du Dr Meloy ne sont que des observations d'effets secondaires et non de vritables recherches! Nous ne participerons  aucun test clinique de ce genre. " <br> En attendant d'tre pris au srieux, Stuart Meloy continue sur sa lance et se veut rassurant : "Nous programmerons l'appareil pour un nombre limit d'utilisations. " Une sage recommandation car la pile s'use si l'on s'en sert, et cela cote cher: "Un stimulateur vaut 50000F environ sans l'implantation, rappelle Alain Serrie. La pile dure de deux  six ans suivant la frquence d'utilisation. Une fois la batterie dcharge, il faut recommencer l'opration. Si une femme se fait implanter un stimulateur  40 ans et le renouvelle tous les quatre ans environ, le traitement risque d'tre trs onreux! " <br> Sexologues et psychanalystes, quant  eux, s'insurgent: "Cet homme est un fou, dclare Marc Ganem, chirurgien et prsident de la Socit franaise de sexologie clinique. Rduire l'orgasme fminin  un rflexe est une aberration. " Lya Tourn, psychanalyste, renchrit : " Cette mthode est une manire de faire taire les femmes. Elles pourraient dclencher des orgasmes  la chane et tre toujours combles. Or qui dit plus de manque, dit plus de dsir. C'est dshumanisant ! " <br> Un sort qui pourrait bien attendre aussi les hommes. Stuart Meloy ne voit, en effet, aucune raison organique  ne pas appliquer sa machine aux deux sexes. Dans 10 ans, tout le monde aura peut-tre dans sa poche une tlcommande  orgasme,  ct du tlphone portable... Woody Allen et Milo Manara* l'ont rv... Stuart Meloy l'a fait. <br> * Dans Woody et les robots (1973), et dans la BD Le Dclic (1984). <br> <br> <br> Comment a marche <br> Le principe de "la machine  orgasmes" est de dtourner, pour le plaisir, une technique antidouleur bien connue : la stimulation mdullaire. <br> La tlcommande permet au patient de rgler en intensit et en frquence les impulsions lectriques envoyes dans le dos via les lectrodes. En France, elle est remplace par un aimant, moins coteux, que l'on passe devant le botier pour mettre en marche ou stopper les impulsions. <br> Les lectrodes sont implantes entre la 12e vertbre thoracique et la 1re lombaire, puis remontes entre la 9e et la 8e thoraciques. Elles sont places avec prcaution sur les cordons extrieurs de la moelle pinire, d'o partent des fibres nerveuses inhibitrices de la douleur. Lorsque le courant passe, le patient doit ressentir un fourmillement agrable  la place de la douleur. Le mdecin ajuste la position des lectrodes pour obtenir la meilleure sensation. C'est durant cette phase que le Dr Meloy aurait dclench un orgasme chez une patiente. Une pile de 9 volts place dans un botier de 6 x 2 x 1cm, install sous la peau de l'abdomen, fournit les impulsions lectriques. Une antenne sous-cutane communique avec la tlcommande par radio. Lorsque la pile est dcharge, il faut la remplacer. <br> Contre-indications :  porteurs de pacemakers, femmes enceintes. <br> Risques :  infection, hmorragie, migraines, lsion de la moelle pinire, allergies, paralysie, hmatome, douleurs au point d'implantation. <br> Prcautions :  le systme est affect par la proximit d'aimants, lignes  haute tension, gnrateurs lectriques, IRM, rayons X, ultrasons, dfibrillateurs... <br> Une technique prouve <br> La mthode de la stimulation mdullaire est prconise dans un certain type de douleurs chroniques neurognes, c'est--dire lies  des lsions et des irritations du systme nerveux, priphrique ou central (cerveau et moelle pinire). Elle utilise le fait qu'il existe chez l'homme des fibres nerveuses inhibitrices de la douleur, qui partent du cerveau et descendent jusqu' la moelle pinire. L'ide est de stimuler ces neurones inhibiteurs. " Nous traitons ainsi essentiellement des patients dont la douleur rcidive aprs avoir t oprs d'une hernie discale ", affirme Alain Serrie, de l'hpital Lariboisire (Paris). Une autre russite : le traitement des symptmes de la maladie de Parkinson. Le professeur Alim-Louis Benabid, du CHU de Grenoble, a en effet mis au point un dispositif de neurostimulation du cerveau des malades calqu sur la mthode classique : des lectrodes sont implantes sous le thalamus - zone o passent les neurones dtruits par la maladie de Parkinson - et un botier contenant une batterie sous la clavicule. Rsultats : lorsque l'appareil est en marche, tremblements, rigidit corporelle et troubles des mouvements dus  la maladie sont trs attnus voire annuls. Et dans 25% des cas, les patients peuvent ainsi se passer de mdicaments. <br> Entretien avec Lya Tourn, psychanalyste <br> " L'essentiel ce n'est pas l'orgasme, mais le dsir " <br> Sciences et Avenir :  Pensez-vous qu'il soit bnfique que la science aide les femmes  atteindre l'orgasme? <br> Lya Tourn : Cette invention s'inscrit dans la tendance actuelle de demander  la science toute-puissante de modifier des choses qui, par le pass, constituaient des limites contre lesquelles le dsir et la volont consciente ne pouvaient rien. Le problme, c'est que demander  la science de rsoudre ce qui relve de "l'injustice" (pourquoi les autres auraient un orgasme et pas moi ?) me permet de me drober  la question " en quoi y suis-je pour quelque chose ? ". Si je peux acheter un traitement ou une machine qui rsout mon problme, la question ne se pose plus alors qu'elle est absolument fondamentale. <br> Pourquoi la question d'atteindre ou non l'orgasme est-elle si fondamentale? <br> Except de trs rares raisons organiques, l'absence d'orgasme est due  des raisons subjectives inconscientes. C'est donc un symptme qui dit la souffrance, la douleur, les difficults, dans une histoire. C'est une manire de parler de soi, de dire  l'autre "voil ce qu'il m'arrive". Tout comme dans une bonne partie des cas d'impuissance masculine. Les causes sont multiples et propres  chacun. Implanter un appareil, le mme pour tout le monde, mconnat compltement que ce symptme n'a pas une seule et unique signification, mais qu'il est  dchiffrer dans une histoire singulire. Les femmes vont se prcipiter sur un appareil qui va leur garantir "la russite sexuelle". Mais la vritable demande sous-jacente ne sera pas entendue, ni par le mdecin qui n'est pas form pour cela, ni surtout par la femme elle-mme. Il peut y avoir des risques majeurs. <br> Quel sont ces risques ? <br> Le symptme peut se dplacer. Comment croire qu'en dclenchant l'orgasme au moment voulu, la difficult amoureuse que je vis, qui tient  mon histoire, va tre rgle? Au contraire. O cette demande va-t-elle aller, comment va-t-elle tre formule? <br> Au temps de Charcot et de Freud, les hystriques mettaient en chec la science car lorsqu'on modifiait un symptme par un traitement, un autre mergeait. Puis il y a eu quelqu'un pour les couter au lieu de leur donner uniquement des mdicaments pour soigner telle paralysie, tel trouble de langage... La mme histoire se reproduit avec le Viagra, qui, l aussi, pour de nombreux cas, empche la vraie question d'merger, encore et encore. <br> Quels seraient les effets sur le couple d'une machine  orgasmes? <br> L'orgasme ne surviendrait plus dans une relation entre deux personnes. Chacun "grerait" son orgasme qui deviendrait un bien de consommation comme un autre. Quels seraient les effets d'un orgasme garanti par avance? Qui ne dpendrait que d'un geste mcanique, qui ne se poserait pas comme un risque  prendre, comme un aboutissement dans lequel j'y suis pour quelque chose et l'autre aussi. D'ailleurs, comment un homme pourrait vivre que l'orgasme de sa compagne n'ait rien  voir avec ce qu'il lui fait ou pas? Tout cela ne me semble pas de bonne <br> augure pour les relations de couple. Et puis, l'essentiel de la sexualit humaine c'est le dsir, l'orgasme n'est qu'un lment. Il existe d'autres formes de satisfaction. Heureusement, notre sexualit est suffisamment complexe et porteuse de sens pour qu'un appareil ne vienne pas rsoudre la question. Elle va bien au-del d'une simple dcharge. <br> Que diriez-vous aux femmes tentes par l'exprience? <br> Je leur dirais : " Si vous acceptez l'ide que vous n'arrivez pas  atteindre l'orgasme, cela veut dire peut-tre qu'il y a quelque chose  comprendre." Que l'orgasme n'est pas un droit acquis dans la nature mais quelque chose  mettre en place soi-mme. Pour l'tre humain, la sexualit c'est aussi la parole. Lorsqu'une femme qui n'atteint pas l'orgasme se pose la question de ce qu'elle est en train de dire d'elle-mme, alors il y a des chances que cela change... <br> <br> <br> Sciences & Avenir N650 <br> <br>  <br><br>     </td></tr></table></td></tr></table>     <br><br><center>     <font face="Verdana,Arial,Helvetica" size=2>     Cet article provient de Beaut-Sant<br>     <a href="http://beaute.sante.free.fr">http://beaute.sante.free.fr</a><br><br>     L'URL pour cet article est :<br>     <a href="http://beaute.sante.free.fr/article.php3?sid=17">http://beaute.sante.free.fr/article.php3?sid=17</a>     </td></tr></table>     </body>     </html>      
