<!DOCTYPE HTML PUBLIC "-//W3C//DTD HTML 4.0 Transitional//EN"> <HTML LANG="fr"> <HEAD>     <META NAME="Author" CONTENT="L&eacute;a">    <META NAME="Copyright" CONTENT="&copy; 1997 CARITIG">    <META NAME="Description" CONTENT="Article de l'ancien CDT N&deg;8">    <TITLE>LA NON CR&Eacute;DIBILIT&Eacute; PEUT CONDUIRE AU SUICIDE</TITLE> <SCRIPT TYPE="text/javascript" LANGUAGE="JavaScript"><!-- if (parseInt(navigator.appVersion) > 3) document.write('<link rel="stylesheet" type="text/css" href="../../../styles/caritig.css" title="Styles pour le CARITIG">') //--></SCRIPT> <LINK rev="made" HREF="mailto:webmestre@caritig.org (L&eacute;a)" title="Nous &eacute;crire"> <SCRIPT SRC="../../../scripts/fonctions_generales.js" TYPE="text/javascript" LANGUAGE="JavaScript"></SCRIPT> </HEAD> <BODY BACKGROUND="../../../img/fond_logo.gif" NOSAVE LANG="fr"> <center> <h1> <font size=+3>&nbsp;<br> </font><b><font color="#400080"><font size=+2>LA NON CR&Eacute;DIBILIT&Eacute; PEUT CONDUIRE AU SUICIDE</font></font></b></h1></center> &nbsp; <BR>A travers mon cas personnel, je voudrais aborder un th&egrave;me presque toujours pass&eacute; sous silence par la plupart des transsexuels des deux convictions: celui de la cr&eacute;dibilit&eacute;. Beaucoup de TS s'inqui&egrave;tent en premier lieu de leur correction g&eacute;nitale (Phalloplastie, vaginoplastie), puis se pr&eacute;occupent de la modification de leur &eacute;tat civil, et s'en tiennent &agrave; cet acquis qui para&icirc;t leur suffire pour vivre &eacute;panouis. Mais un certain nombre d'entre nous, peut-&ecirc;tre plus conscients, ont &agrave; coeur de r&eacute;soudre un autre probl&egrave;me crucial: celui de leur vraisemblance. <P>&Ecirc;tre une femme qui passe inaper&ccedil;ue parmi les autres femmes: il ne s'agit m&ecirc;me pas d'&ecirc;tre tr&egrave;s belle, mais de pouvoir &ecirc;tre per&ccedil;ue comme ce que l'on se sent &ecirc;tre. Je parle ici au f&eacute;minin parce que cette question touche principalement les TS &agrave; conviction f&eacute;minine. Il est plus facile de viriliser un corps f&eacute;minin que l'inverse, par l'hormonoth&eacute;rapie. Or, on ne na&icirc;t pas toujours avec une morphologie appropri&eacute;e. Certains TS, dont je fais malheureusement partie, doivent affronter de s&eacute;rieuses difficult&eacute;s pour &ecirc;tre plausibles. Le volume de la boite cr&acirc;nienne a souvent des proportions plus masculines que f&eacute;minines, les contours du visage sont anguleux, la stature r&eacute;v&egrave;le une ossature de gar&ccedil;on, la largeur des hanches est moindre que celle des &eacute;paules (alors que c'est l'inverse chez une femme dite naturelle) ce qui est particuli&egrave;rement visible chez celles qui ont une taille &eacute;lev&eacute;e (&agrave; partir d'1m70) et leur interdit le port de tenues tr&egrave;s moulantes ou seulement seyantes, et il faudrait aussi parler de la pointure des pieds et des mains, de la largeur des poignets. Enfin, il y a la barbe trop fournie qui r&eacute;siste &agrave; l'hormonoth&eacute;rapie, m&ecirc;me prolong&eacute;e (non seulement il faut s'astreindre aux s&eacute;ances d'&eacute;pilation interminables et co&ucirc;teuses, mais cela oblige durant des ann&eacute;es &agrave; vivre au quotidien &agrave; moiti&eacute; hirsute: comment exister socialement dans ces conditions, comment travailler &agrave; moins de mener une double vie insupportable: bonjour Monsieur le jour, bonsoir Madame seulement la nuit venue...). Mais de cela, on ne parle pas. Le silence est de rigueur. Or, l'&eacute;vidence cr&egrave;ve les yeux: les gens sont sensibilis&eacute;s au changement de sexe par la TV et la presse, et ils ont plus qu'avant tendance &agrave; d&eacute;tailler les personnes qu'ils rencontrent. Cela les conduit &agrave; pr&ecirc;ter une attention plus soutenue &agrave; un individu (homme ou femme) qui leur para&icirc;t l&eacute;g&egrave;rement "bizarre", &eacute;quivoque ; leurs regards paraissent plus exerc&eacute;s que par le pass&eacute;, et apr&egrave;s avoir rapidement pass&eacute; en revue celui-ci des pieds &agrave; la t&ecirc;te, ils d&eacute;tectent sa transsexualit&eacute;, ce qui les conduit aussit&ocirc;t immanquablement &agrave; cette conclusion: "c'est un travesti". Dans leur esprit, un v&eacute;ritable transsexuel est obligatoirement ind&eacute;tectable ; sinon, il s'agit d'un travesti. <P>En r&eacute;alit&eacute;, il ne suffit pas d'&ecirc;tre op&eacute;r&eacute;(e) du sexe pour &ecirc;tre cr&eacute;dible. Dans leur livre "Les transsexuel(le)s, Jane Herv&eacute; et Jeanne Lagier en font la d&eacute;monstration (page 110)*: elles expliquent que certaines transsexuelles doivent multiplier les interventions chirurgicales tr&egrave;s co&ucirc;teuses afin de devenir des femmes cr&eacute;dibles, de ne pas rester des &ecirc;tres ambigus, "&eacute;vidents et path&eacute;tiques". <P>Les unes y parviennent, alors que d'autres n'ont pas la possibilit&eacute; de payer des sommes colossales aux chirurgiens (les prix sont libres!!) et sont condamn&eacute;es &agrave; tra&icirc;ner leur mauvaise image comme un boulet. Il y en a qui parviennent &agrave; &eacute;conomiser laborieusement les sommes n&eacute;cessaires en se prostituant, afin de satisfaire les app&eacute;tits des ma&icirc;tres du bistouri. Quelques privil&eacute;gi&eacute;es, plus chanceuses, sont aid&eacute;es par des amis ou des parents compatissants et munificents (mais elles sont l'exception). Une autre cat&eacute;gorie enfin, &agrave; laquelle j'appartiens, regroupe celles qui n'ont ni la bonne fortune d'avoir un visage fin, une apparence cr&eacute;dible, ni la possibilit&eacute; de se procurer le capital n&eacute;cessaire au financement de la chirurgie. Or, le corps m&eacute;dical sp&eacute;cialis&eacute; n'est pas coh&eacute;rent dans son attitude (par incomp&eacute;tence ou par hypocrisie?). Dans son trait&eacute; sur le transsexualisme paru en 1985, le Professeur Jacques Breton lui-m&ecirc;me &eacute;crit: "Le traitement hormonal et chirurgical n'a pas pour objet de cr&eacute;er une belle femme ou un bel homme mais une femme ou un homme vraisemblable"(page 107), mais il se garde bien de pr&eacute;ciser que la restauration de l'apparence (celle que l'on voit chez une personne habill&eacute;e) reste enti&egrave;rement &agrave; la charge de l'int&eacute;ress&eacute;(e) et qu'aucun chirurgien n'op&egrave;re gratis! Quant &agrave; la S&eacute;curit&eacute; Sociale, elle qualifiera notre chirurgie de "th&eacute;rapie de confort" et refusera de la prendre en charge, sous couvert de son d&eacute;ficit, comme si quelques TS allaient cr&eacute;er un gouffre &eacute;norme dans le budget de l'Assurance Maladie: que repr&eacute;senterait la couverture de leur chirurgie esth&eacute;tique face au prix que doit payer chaque Caisse primaire pour les soins des maladies du tabagisme et de l'alcoolisme? <P>Certains TS semblent compl&egrave;tement inconscients et aveugles, et font mine de ne pas s'apercevoir qu'on se retourne sur leur passage dans la rue ou dans d'autres lieux publics en pouffant d'hilarit&eacute; ou en les accablant d'injures et de moqueries qu'ils d&eacute;clarent ne pas avoir remarqu&eacute;es. J'appelle cela la politique de l'autruche. Pour ma part, je veux avoir les yeux ouverts et &ecirc;tre lucide, et je constate mon manque de cr&eacute;dibilit&eacute;, quoi qu'en pr&eacute;tendent certaines personnes qui m'affirment que "je me fais des id&eacute;es". <P>Quand des personnes aussi d&eacute;favoris&eacute;es ne peuvent assumer une existence aussi m&eacute;diocre et p&eacute;nible, "une f&eacute;minit&eacute; au rabais" comme je l'ai lu quelque part, que leur reste-t-il, sinon le suicide? Pour moi, je revendique donc l'euthanasie, si la soci&eacute;t&eacute; persiste &agrave; me condamner &agrave; une vie d'enfer jusqu'&agrave; mon dernier souffle en ref<ABBR title="United States of America" LANG="en">USA</ABBR>nt de me venir en aide. Car la soci&eacute;t&eacute; est raciste envers nous, comme le disait un d&eacute;put&eacute; europ&eacute;en, et nous soumet aux quolibets, aux injures, &eacute;ventuellement aux coups (j'en parle en connaissance de cause m&ecirc;me si les agressions dont je fus victime ne sont pas r&eacute;centes). On ne nous moleste plus comme voici dix ou quinze ans, mais l'on nous ridiculise avec autant de haine, parfois en apart&eacute;, parfois ouvertement - et les enfants eux-m&ecirc;mes agissent en ce sens, sous l'influence de leurs parents qui leur ont fait la le&ccedil;on. Je ne comprends pas pourquoi les TS et leurs associations se taisent sur ce sujet car je ne suis pas la seule &agrave; &ecirc;tre dans ce cas, le t&eacute;moignage de Nicole dans le livre de Jane Herv&eacute; et Jeanne Lagier, page 110, en est la preuve, ainsi, faut-il le dire, que certaines photos de presse sur lesquelles je pr&eacute;f&egrave;re ne pas m'&eacute;tendre pour ne pas envenimer une st&eacute;rile pol&eacute;mique. <P>La cr&eacute;dibilit&eacute; est bien le troisi&egrave;me point fondamental du parcours du TS, avec la modification g&eacute;nitale et la correction de l'acte de naissance. Car encore une fois, ce que l'on voit en premier lieu d'une personne, c'est son corps tout habill&eacute;. Personne ne porte son sexe ni son &eacute;tat civil sur son front pour se "justifier" d'&ecirc;tre homme ou femme. D'ailleurs, lorsque l'on n'est pas cr&eacute;dible, pr&eacute;senter une carte d'identit&eacute; &agrave; un commer&ccedil;ant que l'on paye par ch&egrave;que ne l'emp&ecirc;chera pas de ricaner stupidement une fois que l'on aura le dos tourn&eacute;. <P>Peut-&ecirc;tre que certains lecteurs des "Chemins de Trans" me reprocheront mon pessimisme, ou me critiqueront pour avoir os&eacute; parler de ce qu'il est convenu de ne pas dire. Faire semblant d'ignorer les probl&egrave;mes ou faire comme si ces probl&egrave;mes &eacute;taient imaginaires ne permettra pourtant pas de les r&eacute;soudre. C'est en regardant la v&eacute;rit&eacute; en face que l'on pourra faire avancer les choses. Si un jour on apprend que j'ai voulu mettre fin &agrave; ma vie, certains esprits forts diront que je n'&eacute;tais pas un "vrai" transsexuel et que je n'ai pas support&eacute; mon op&eacute;ration. Mon op&eacute;ration, je ne la regrette pas, ce que je regrette, c'est toutes les op&eacute;rations que je n'ai pu faire puisque je n'ai pas l'argent n&eacute;cessaire. Pour les transsexuels comme pour les autres cat&eacute;gories de citoyens, il y a bien une m&eacute;decine de pauvres et une m&eacute;decine de riches. Qu'on se le dise! <DIV ALIGN="right">- ALINE</DIV> <DIV ALIGN="right">le 2/02/1993</DIV> &nbsp; <P>* Plus, g&eacute;n&eacute;ralement, lire dans l'ouvrage pr&eacute;cit&eacute; le chapitre VI "Les derni&egrave;res touches", qui envisage les divers aspects du probl&egrave;me. <P><BR><!-- ******************* Pied de page ******************* --> <TABLE CELLSPACING=0 CELLPADDING=0 WIDTH="100%" SUMMARY="Pied de page" > <TR ALIGN=CENTER> <TD COLSPAN="3" WIDTH="100%"><B>Haut</B><A href="javascript:this.scrollTo(0,0)"><IMG SRC="../../../img/fleche_haut.gif" NOSAVE ALT="Haut" BORDER=0 HEIGHT=17 WIDTH=17></A> <P><B>Retour &agrave; la page d'<A HREF="../../../accueil/accueil.html">accueil</A></B></TD> </TR> <TR> <TD COLSPAN="3" WIDTH="100%"> <HR NOSHADE WIDTH="100%"></TD> </TR> <TR VALIGN=TOP> <TD ALIGN=LEFT NOWRAP WIDTH="30%"><I><FONT SIZE=-2>Page mise &agrave; jour :&nbsp;<SCRIPT TYPE="text/javascript" LANGUAGE="JavaScript"> <!-- 	modif = new Date(document.lastModified); 	if (parseInt(navigator.appVersion) > 2) document.write(formatDate(modif,"fr")); else document.write("n&eacute;cessite un navigateur plus r&eacute;cent") //--> </SCRIPT> <NOSCRIPT>Date JavaScript</FONT></I></NOSCRIPT></TD> <TD ALIGN=CENTER NOWRAP WIDTH="40%"><I><FONT SIZE=-2>Page maintenue par <A HREF="mailto:caritig#caritig.org (La)">L&eacute;a</A></FONT></I></TD> <TD ALIGN=RIGHT NOWRAP WIDTH="30%"><I><FONT SIZE=-2>&copy; 1997&nbsp;<SPAN CLASS="caritig"><ACRONYM title="Centre d'Aide, de Recherche et d'Information sur la Transsexualit&eacute; et l'Identit&eacute; de Genre" LANG="fr">CARITIG</FONT></I></ACRONYM></SPAN></TD> </TR> </TABLE> &nbsp; </BODY> </HTML> 
