<html><head><title>Le Vif l'Express Dossier nr. 19</title><META NAME="keywords" content=""><META NAME="category" content=""></head><body bgcolor="#ffffff"><div align="center"><center><table border="0" cellpadding="10" cellspacing="10" width="100%" bgcolor="#FFFFFF"><tr><td width="100%" colspan="2" bgcolor="#00005B"><p align="center"><font face="Eras Ultra ITC, Arial Black" color="#F5FD01"><big><big>LE VIF ONLINE</big></big></font></td></tr><tr><td width="10%" bgcolor="#00005B">&nbsp;</td><td bgcolor="#C6FFFF"> <p align="left"><font color="#974F68" size="5" face="Courier New"><strong><u>LE VIF SANT</u></strong></font></p><p><font size="6" face="eras medium itc, arial black"><strong>CHIRURGIE ESTH&Eacute;TIQUE</strong></font></p> <p><font size="7" face="eras medium itc, arial black"><strong><!--TIT-->Ce que la m&eacute;decine peut faire pour vous<!--/TIT--></strong></font></P> <font size="4" face="eras medium itc, arial black"><em><strong><!--INL-->Elle n'est plus r&eacute;serv&eacute;e &agrave; une &eacute;lite ou aux  stars de cin&eacute;ma : pour se sentir mieux dans leur peau ou pour &quot;rester  dans la course&quot;, de plus en plus d'hommes et de femmes passent sous  le bistouri. Mais sans en mesurer toujours les enjeux. L'enqu&ecirc;te du  Vif/l'Express  <BR><!--/INL--></strong></em></font><BR><font size="4" face="eras medium itc, arial black"><em><strong><!--INL-->  <BR><!--/INL--></strong></em></font><BR><p><font size="3" face="eras medium itc, Arial">Depuis longtemps, d&eacute;j&agrave;, Armelle ne se regarde plus  dans la glace. Ou tr&egrave;s peu. Ou par hasard. L'objet de son  ressentissement, c'est son nez, oui, ce phare plant&eacute; au milieu du  visage. Il l'emp&ecirc;che, dit-elle, d'&ecirc;tre comme les autres : de plaire  et, surtout, de se plaire. Coralie, elle, passe des heures devant le  miroir. Cette ridule, qu'elle seule, peut-&ecirc;tre, voit, &eacute;tait-elle l&agrave;  hier? En remontant un peu ceci, en tirant un peu cela, ne serait-ce  pas plus harmonieux, plus jeune, aussi? </p><p> </font></p><p><font size="3" face="eras medium itc, Arial">Les f&eacute;es ne se penchent pas toujours avec la m&ecirc;me  attention sur tous les berceaux. Le temps ne souffle pas forc&eacute;ment  avec les m&ecirc;mes d&eacute;licatesses, ou les m&ecirc;mes rudesses, sur les visages  et les corps. Pour passer de l'autre c&ocirc;t&eacute; du miroir, celui qui vous  renvoie une image de vous que vous aimez ou que vous acceptez, il  suffirait d&eacute;sormais de franchir le gu&eacute;, de s'adresser &agrave; un &quot;magicien&quot;  et de lui d&eacute;clamer ses plaintes comme on d&eacute;poserait les armes : un  nez, un menton, des rides, des bajoues, un ventre trop rond, des  seins trop menus, des cuisses lourdes, des l&egrave;vres fines... Au march&eacute;  de l'esth&eacute;tique, tout se change, tout se transforme, tout s'ach&egrave;te.  Mais avec, parfois, un prix tr&egrave;s lourd &agrave; porter.</p><p> Combien sont-ils, combien sont-elles, tous les ans, &agrave; d&eacute;cider de  transformer leur corps? On l'ignore et pour une raison simple : ces  interventions, consid&eacute;r&eacute;es comme &quot;de confort&quot;, sont rarement  rembours&eacute;es par l'Inami. Elles ne sont donc ni codifi&eacute;es ni  enregistr&eacute;es. N&eacute;anmoins, une chose est s&ucirc;re : de plus en plus de  personnes &quot;osent&quot; la chirurgie esth&eacute;tique. &quot;Certes, on ne s'affiche  pas comme les Am&eacute;ricains lorsqu'on se fait op&eacute;rer. N&eacute;anmoins, on s'en  cache moins qu'auparavant et on le vit avec moins de g&ecirc;ne ou de  culpabilit&eacute;. De plus, les hommes, eux aussi, ont commenc&eacute; &agrave; franchir  le pas, assure de Dr J.F., pr&eacute;sident de la Soci&eacute;t&eacute; belge de chirurgie  plastique. Enfin, la chirurgie esth&eacute;tique n'est plus r&eacute;serv&eacute;e aux  personnes ais&eacute;es : elle s'est d&eacute;mocratis&eacute;e et a gagn&eacute; toutes les  couches sociales.&quot; Le Dr R.L, chirurgien plasticien dans une clinique  priv&eacute;e bruxelloise, confirme recevoir des personnes issues de  l'immigration, un ph&eacute;nom&egrave;ne excessivement rare auparavant. Et puis,  surtout, comme le souligne &eacute;galement le Dr D.G, chirurgien plasticien  dans le m&ecirc;me institut, &quot;Les demandes sont formul&eacute;es par des personnes  de plus en plus jeunes. J'ai ainsi vu des jeunes filles de 14 ou 15  ans r&eacute;clamer une augmentation mammaire, - ce que je leur ai refus&eacute;,  d'ailleurs .&quot;</p><p> &quot;Les demandes portent en g&eacute;n&eacute;ral sur une chirurgie des paupi&egrave;res  (dont le nombre s'accro&icirc;t consid&eacute;rablement), des seins, les liftings  du visage, pr&eacute;cise le Dr R.L. On pratique aussi beaucoup de  rhinoplasties (chirurgie du nez) et de liposuccions.&quot; De la t&ecirc;te aux  pieds, les m&eacute;decins ont des r&eacute;ponses &agrave; toutes nos envies de  corrections physiques (<I>lire en p.14</I>). Mais cette offre ne r&eacute;sout pas  la question, pourtant essentielle, de savoir &agrave; qui confier son corps  afin de le transformer.</p><p> La Belgique compte environ 150 chirurgiens plasticiens, ce qui est  fort peu. Serait-ce pour garder et partager &agrave; eux seuls la part du  beau g&acirc;teau des d&eacute;penses croissantes en soins esth&eacute;tiques? Pas du  tout, assurent-ils. Ils affirment vouloir avant tout garantir la  s&eacute;curit&eacute; des patients, en les pla&ccedil;ant entre les mains de praticiens  bien form&eacute;s et le plus comp&eacute;tents possible.</p><p> Pour &ecirc;tre reconnu comme plasticien, il faut d'abord &ecirc;tre chirurgien.  Puis suivre une nouvelle formation sp&eacute;cifique de trois ans, dans un  h&ocirc;pital universitaire. A l'issue de stages, une commission  minist&eacute;rielle d'agr&eacute;ation accorde - ou pas, et cela arrive - la  reconnaissance officielle du titre de sp&eacute;cialiste en chirurgie  plastique, r&eacute;paratrice et esth&eacute;tique. En pratique, pour savoir si  vous avez affaire &agrave; un tel sp&eacute;cialiste, il suffit de lui demander la  fin de son code Inami : il se termine par 210. Les m&eacute;decins d'autres  disciplines, dermatologues, gyn&eacute;cologues, chirurgiens, g&eacute;n&eacute;ralistes  ou autres qui proposent parfois, eux aussi, des actes de m&eacute;decine  esth&eacute;tique, y compris des actes de chirurgie (comme la liposuccion),  n'ont pas suivi cette formation. Cela ne signifie pas obligatoirement  qu'il est &quot;dangereux&quot; de se confier &agrave; eux. Mais il s'agit de le faire  en toute connaissance de cause, et s&ucirc;rement pas parce que  l'intervention que l'un d'entre eux a pratiqu&eacute;e sur une amie (ou deux  ou trois) a &quot;donn&eacute; des r&eacute;sultats merveilleux&quot;. </p><p> &quot;Nous op&eacute;rons des organes sains et des gens bien portants, mais qui  pr&eacute;sentent un mal de vivre face &agrave; un d&eacute;faut physique, rappelle le Dr  R.L. Leurs demandes ne sont ni futiles ni superficielles, et nul n'a  &agrave; &eacute;mettre de jugement moral &agrave; leur propos. Cela dit, les  modifications corporelles entra&icirc;n&eacute;es par la chirurgie esth&eacute;tique et  les actes qu'elles impliquent ne sont pas neutres ou anodins : il  s'agit bel et bien d'op&eacute;rations, avec leurs risques et leurs  souffrances. Le praticien qui les ex&eacute;cute doit donc garantir la plus  grande rigueur possible dans leur r&eacute;alisation.&quot; </p><p> &quot;Le grand probl&egrave;me de la chirurgie plastique, c'est qu'elle ne se  contente pas de traiter une r&eacute;gion anatomique particuli&egrave;re ou un  syst&egrave;me particulier comme, par exemple, le syst&egrave;me vasculaire : nous,  nous touchons &agrave; tout. Cette discipline exige donc une parfaite  formation, insiste le Dr D.G. De plus, il s'agit de vraies  interventions chirurgicales. Il ne suffit pas de conna&icirc;tre le geste  sp&eacute;cifique n&eacute;cessaire, comme on pourrait le croire pour une  liposuccion. Encore faut-il aussi savoir poser les indications et les  contre-indications chirurgicales et &ecirc;tre capable de g&eacute;rer  l'intervention en fonction de l'&eacute;tat m&eacute;dical sp&eacute;cifique du patient.  Toutes ces op&eacute;rations comportent aussi un certain nombre de  complications possibles. Les &eacute;viter ou les traiter si elles  surviennent, cela s'apprend. Or cet apprentissage, plus important  peut-&ecirc;tre encore que celui du geste, ne s'enseigne pas en huit jours  de formation &agrave; Paris ou ailleurs. De plus, l'apparition d'effets  secondaires peut n&eacute;cessiter une prise en charge imm&eacute;diate dans une  structure hospitali&egrave;re ad&eacute;quate.&quot; </p><p> Il reste que, comme dans chaque sp&eacute;cialit&eacute;, certains plasticiens sont  meilleurs que d'autres, plus exp&eacute;riment&eacute;s, plus m&eacute;ticuleux. Et moins  sensibles aux dangers de d&eacute;rives commerciales qui guettent et  gangr&egrave;nent parfois ce secteur. Dans des indications bien pos&eacute;es,  l'esth&eacute;tique n'est pas plus dangereuse qu'une autre chirurgie. Mais  tout repose, bien s&ucirc;r, sur cette limite qu'il convient de fixer... en  toute ind&eacute;pendance de crit&egrave;res financiers. </p><p> Pour conjurer ce pi&egrave;ge, le pr&eacute;sident de Soci&eacute;t&eacute; belge de chirurgie  plastique incite les plasticiens &agrave; pratiquer &agrave; la fois des activit&eacute;s  compl&eacute;mentaires de cette discipline, &agrave; savoir la chirurgie esth&eacute;tique  et la chirurgie r&eacute;paratrice. Cette derni&egrave;re est destin&eacute;e &agrave; corriger  les malformations de naissance ou &agrave; r&eacute;parer les d&eacute;g&acirc;ts caus&eacute;s par un  accident, une br&ucirc;lure, une op&eacute;ration mutilante (<I>lire en p.18</I>). Cela  permettrait aux m&eacute;decins de garder les pieds bien plant&eacute;s dans un  domaine purement m&eacute;dical...</p><p> En attendant, il est clair que le march&eacute; de l'esth&eacute;tique aiguise des  convoitises. &quot;Quand on est g&eacute;n&eacute;raliste, se lance-t-on dans  l'esth&eacute;tique uniquement pour la science ou pour &quot;faire plaisir&quot; &agrave; ses  patientes? Ne serait-ce pas, plut&ocirc;t, pour gagner davantage d'argent?&quot;  interroge malicieusement un plasticien qui rappelle par ailleurs que  ces interventions ne co&ucirc;tent pas forc&eacute;ment moins cher lorsqu'elles  sont pratiqu&eacute;es par des praticiens ne poss&eacute;dant pas le titre de  chirurgien plasticien. &quot;Quand un m&eacute;decin ach&egrave;te un laser de 6  millions de francs, il cherchera forc&eacute;ment &agrave; le rentabiliser, quitte  &agrave; se persuader qu'il peut &eacute;tendre quelque peu ses indications&quot;,  ajoute un de ses confr&egrave;res. &quot;Je suis parfois effray&eacute; d'entendre que  l'on a retir&eacute; de 8 &agrave; 10 litres de graisse chez une patiente, sans se  pr&eacute;occuper des perturbations m&eacute;taboliques qui peuvent en r&eacute;sulter&quot;,  s'insurge un troisi&egrave;me. &quot;Lorsque la peau est mal irrigu&eacute;e, de  mauvaise qualit&eacute;, ou que le patient pr&eacute;sente des exc&eacute;dents graisseux  non localis&eacute;s, un plasticien exp&eacute;riment&eacute; et bien form&eacute; sait qu'il  devra &eacute;viter la liposuccion. Mais il conna&icirc;t, lui, les techniques  alternatives. Il proposera ainsi, par exemple, une mini-plastie du  ventre, avec une mise en tension musculaire, puis y ajoutera  &eacute;ventuellement, ensuite, une liposuccion. Cela, ce n'est &eacute;videmment  pas &agrave; la port&eacute;e de tous ceux qui ont seulement achet&eacute; un appareil et  appris le seul geste qui allait avec&quot;, conclut le Dr D.G.</p><p> C'est clair : certains praticiens non plasticiens vivent - et fort  bien - de la chirurgie esth&eacute;tique. Quitte, comme l'un d'entre eux, &agrave;  cesser la m&eacute;decine (apr&egrave;s un certain nombre de plaintes de patients,  il est vrai), et &agrave; attirer le chaland, publicit&eacute; &agrave; l'appui, dans des  centres o&ugrave; il emploie d'autres m&eacute;decins. Or, &agrave; coup s&ucirc;r, on ne  d&eacute;courage pas facilement les patients potentiels qui poussent les  portes de telles &quot;cliniques&quot;. On est bien loin, alors, de l'objectif  premier de la chirurgie esth&eacute;tique : rendre heureux ou moins  malheureux. &quot;Entendre des parents dire que la vie de leur fille de 18  ans est transform&eacute;e depuis son op&eacute;ration, c'est magnifique&quot;, assure  le Dr R.L. &quot;Quand je vois le sourire radieux d'un patient satisfait,  je me dis que nous sommes aussi, un peu, les chirurgiens de l'&acirc;me&quot;,  ajoute le Dr D.G. Raison de plus pour ne pas se mettre entre toutes  les mains.</font></p><FONT SIZE="4">Pascale Gruber,P.G.</FONT><BR></td></tr></table></center></div><p>&nbsp;</p> </body></html> 
