<HTML> <HEAD> <TITLE>Untitled</TITLE> </HEAD><BODY BGCOLOR="#FFFFFF" TEXT="#000066" ALINK="#FFFFFF" LINK="#FF0000"><CENTER><TABLE WIDTH=525><TR><TD WIDTH=33%></TD><TD ALIGN=CENTER  WIDTH=34%><A HREF="../../index.html"><IMG SRC="../../images/enteteATO1.gif" BORDER=0 WIDTH=164 HEIGHT=77 ALT="Retour &agrave; l'accueil" ALIGN="top"></A></TD><TD ALIGN=RIGHT  WIDTH=33%> <A HREF="../bib_fcar.htm"><IMG  SRC="../../images/super.gif"  ALIGN=TOP  BORDER=0  WIDTH=69 HEIGHT=77 ALT="Remonter"></A></TD></TR></TABLE></CENTER><BR><CENTER><TABLE WIDTH=525><TR><TD>  <P> <CENTER><B><FONT FACE="Palatino">Pour une m&eacute;thodologie d'aide &agrave; la lecture et &agrave; l'&eacute;criture<BR> </B></CENTER> <P> <CENTER><B>Jules Duchastel</B></CENTER> <P> <CENTER><B>Centre d'Analyse de Texte par Ordinateur <BR> <BR> </B></CENTER> <P> <B>Introduction<BR> </B> <P> Cet atelier sur les logiciels d'aide &agrave; la lecture et &agrave; la r&eacute;daction ne me semble pas correspondre &agrave; un domaine d'application aussi net que ce n'est le cas pour les autres ateliers qui renvoient aux m&eacute;tiers de traducteur, de documentaliste, de terminologue ou encore de formateur.  Les pr&eacute;sentations de notre atelier semblent pourtant indiquer certaines orientations quant aux applications vis&eacute;es par ce th&egrave;me.  D'un c&ocirc;t&eacute;, il sera question de d&eacute;tecteurs/correcteurs d'erreurs, chacun prenant plus ou moins en compte les dimensions orthographique, grammaticale ou stylistique de l'&eacute;criture.  Ces logiciels s'inscrivent dans l'activit&eacute; g&eacute;n&eacute;rale de r&eacute;vision de tout &eacute;crit.  D'un autre c&ocirc;t&eacute;, il sera question de didacticiels d'apprentissage du fran&ccedil;ais, donc d'aide &agrave; l'acquisition de comp&eacute;tences pour la production et la compr&eacute;hension de textes.  Une seule pr&eacute;sentation se concentre sur l'aide &agrave; la r&eacute;daction dans un contexte de production experte de textes.  Aussi pertinentes soient-elles, on ne peut limiter les domaines d'application &agrave; ces trois activit&eacute;s : correction d'erreur, apprentissage de la langue, aide &agrave; la r&eacute;daction technique.<BR> <P> Je m'attarderai, pour ma part, &agrave; resituer la probl&eacute;matique de l'aide &agrave; l'&eacute;criture et &agrave; la r&eacute;daction dans un contexte plus global.  Je poserai d'abord que la lecture ou l'&eacute;criture sont parties int&eacute;grantes d'un m&ecirc;me processus.  Cela me permettra de r&eacute;fl&eacute;chir sur la nature de l'objet qui est produit ou manipul&eacute; par ces actions, c'est-&agrave;-dire le texte.  Je distinguerai &eacute;galement les diff&eacute;rentes formes possibles de lecture/&eacute;criture, ainsi que les divers types de lecteurs/r&eacute;dacteurs.  Apr&egrave;s avoir propos&eacute; deux typologies de ces outils et de leurs niveaux d'usage, je proposerai d'int&eacute;grer  ces outils dans une approche m&eacute;thodologique.d'aide &agrave; la lecture et &agrave; l'&eacute;criture.<BR> <P> <B>Lecture et &eacute;criture : deux moments d'un m&ecirc;me processus <BR> </B> <P> Bien qu'il soit pertinent de distinguer les t&acirc;ches de lecture et d'&eacute;criture comme deux activit&eacute;s relativement ind&eacute;pendantes, il me semble n&eacute;cessaire de rappeler qu'elles sont les deux moments d'un m&ecirc;me processus.  <BR> <P> <I>&Eacute;crire, c'est lire pour r&eacute;&eacute;crire<BR> </I> <P> Lorsque l'on parle d'aide &agrave; la r&eacute;daction (ou &agrave; l'&eacute;criture), on pense le plus souvent &agrave; une aide &agrave; la r&eacute;&eacute;criture   En amont, il existe bien des aides pour la production mat&eacute;rielle (&eacute;lectronique) d'un texte et des aides pour la production de plans ou de sch&eacute;mas d'&eacute;criture.  Mais la plupart des syst&egrave;mes travaillent en aval du premier jet.  On corrige, on am&eacute;liore un premier texte, en somme on r&eacute;&eacute;crit.  Et pour ce faire, on fait appel &agrave; des fonctionnalit&eacute;s de lecture de texte, assist&eacute;es ou automatiques, qui permettent soit de rep&eacute;rer des erreurs, des ambigu&iuml;t&eacute;s, soit de prendre connaissance de certaines caract&eacute;risations lexicales, s&eacute;mantiques ou logiques du premier texte.  On lit pour mieux r&eacute;&eacute;crire. <BR> <P> Il faut aussi mentionner que l'&eacute;criture n'implique pas seulement la relecture de son propre texte, mais la lecture d'autres textes de r&eacute;f&eacute;rence (bases de donn&eacute;es textuelles).  Encore l&agrave; les fonctionnalit&eacute;s de lecture permettent d'acc&eacute;der &agrave; ces textes et facilitent ainsi l'acte d'&eacute;criture.<BR> <P> <I>Lire, c'est r&eacute;&eacute;crire un nouveau texte<BR> </I> <P> Qu'est ce que la lecture si ce n'est l'&eacute;criture d'un sous-texte (m&eacute;ta-texte, hyper-texte) &agrave; propos de ce premier texte (hypotexte)?  La lecture consiste &agrave; produire une repr&eacute;sentation d'un texte afin d'en extirper un sens possible.  Cette lecture produit un nouveau texte fait de traits ou d'extraits du premier.  Ainsi, on obtiendra par l'application de proc&eacute;dures informatiques des informations sur l'occurrence ou la cooccurence de mots ou de cat&eacute;gories appos&eacute;es au texte, une s&eacute;lection de segments significatifs, des r&eacute;sum&eacute;s, etc.  Ces donn&eacute;es produites par un m&eacute;canisme de lecture automatique ou assist&eacute;e constituent bien un nouveau texte sujet &agrave; interpr&eacute;tation.<BR> <P> En somme, on peut dire que les aides &agrave; l'&eacute;criture n&eacute;cessitent presque toujours des fonctionnalit&eacute;s de lecture alors que les aides &agrave; la lecture font appel &agrave; des fonctionnalit&eacute;s d'&eacute;criture dans un sens tout &agrave; fait diff&eacute;rent : comme modules de g&eacute;n&eacute;ration de sous-textes.<BR> <P> <B>Complexit&eacute; du texte<BR> </B> <P> La probl&eacute;matique de l'aide &agrave; la lecture et &agrave; l'&eacute;criture conduit in&eacute;vitablement &agrave; la question du texte.  A priori, le texte ne semble pas poser de difficult&eacute; de d&eacute;finition.  Pourtant cette notion renvoie &agrave; des r&eacute;alit&eacute;s multiples.  En effet, on utilise ce terme unique pour d&eacute;signer &agrave; la fois des objets diff&eacute;rents et une sorte de synth&egrave;se de ces objets.  Le texte renvoie aussi bien &agrave; sa forme graphique (proprement mat&eacute;rielle, sur papier ou sur support &eacute;lectronique), &agrave; sa forme linguistique, logique, litt&eacute;raire, etc., au contenu pr&eacute;sum&eacute; et aux diverses repr&eacute;sentations de ce contenu g&eacute;n&eacute;r&eacute;es par le lecteur (fut-il automatique ou assist&eacute;).  Mais, le texte est le plus souvent con&ccedil;u comme l'ensemble indiff&eacute;renci&eacute; de ces objets.<BR> <P> Il me semble important de bien distinguer ces diverses acceptions du texte afin de bien situer les niveaux d'aide &agrave; la lecture et &agrave; l'&eacute;criture.  J'introduirai maintenant quelques distinctions qui me permettront de proposer plus loin une typologie des applications en fonction des usagers.<BR> <P> <I>Forme et/ou contenu<BR> </I> <P> Une premi&egrave;re distinction concernant le texte renvoie au rapport entre forme et contenu.  Aider &agrave; produire ou &agrave; lire du texte, pour acc&eacute;der au sens, implique la prise en compte de la mat&eacute;rialit&eacute; (forme) linguistique, cognitive, pragmatique ou sociale du texte.  Le sens est aussi dans la forme et les strat&eacute;gies aff&eacute;rentes au contenu sont rarement exemptes de strat&eacute;gies aff&eacute;rentes &agrave; la forme.  Cette distinction classique permet de d&eacute;finir un principe de classification des proc&eacute;dures d'aide &agrave; la lecture ou &agrave; l'&eacute;criture :  d'un c&ocirc;t&eacute;, des proc&eacute;dures d'aide &agrave; la production ou au rep&eacute;rage d'id&eacute;es ou de connaissances, de l'autre, des proc&eacute;dures orient&eacute;es vers la correction ou l'&eacute;tude des formes.  Il est bien entendu que cette distinction permet d'indiquer l'aspect dominant des syst&egrave;mes, puisque souvent ceux-ci doivent tenir compte &agrave; la fois de la forme et du contenu.<BR> <P> Le texte est le figement mat&eacute;riel d'un discours dont l'objectif est de signifier.  Sa lecture vise &agrave; retrouver une signification quelconque.  Sa production sert &agrave; donner forme &agrave; une pens&eacute;e, &agrave; produire de la connaissance ou de l'information, &agrave; communiquer un message, &agrave; donner sens &agrave; propos du monde des objets ou des id&eacute;es.  Aider &agrave; l'&eacute;criture, c'est aider &agrave; produire ou construire du sens &agrave; partir de mat&eacute;riaux linguistiques, cognitifs, pragmatiques et plus g&eacute;n&eacute;ralement sociaux.  On parlera, dans le contexte informatique, d'<I>aide &agrave; l'id&eacute;ation</I>.  Aider &agrave; la lecture, c'est produire des repr&eacute;sentations linguistiques, cognitives, pragmatiques ou sociales d'un texte, afin de g&eacute;n&eacute;rer un sous-texte signifiant.  Du point de vue informatique, on parlera d'<I>aide &agrave; l'analyse de donn&eacute;es textuelles.</I> <BR> <P> Cependant, le travail sur la forme peut constituer un objectif relativement ind&eacute;pendant.  Ainsi, dans le processus que nous avons qualifi&eacute; de r&eacute;&eacute;criture, on met l'accent sur l'aide au rep&eacute;rage et &agrave; la correction d'erreurs de forme, quelqu'en soit le niveau.  On parlera ici de l<I>ogiciels de correction</I> et d'<I>aide &agrave; la r&eacute;daction</I>.  Quant &agrave; la lecture des textes, cela nous renvoie &agrave; l'activit&eacute; d'analyse et de compr&eacute;hension des textes aux divers plans linguistiques et cognitifs.  On parlera alors de <I>logiciels d'analyse de textes</I>.<BR> <P> <I>Niveaux de complexit&eacute; <BR> </I> <P> J'ai indiqu&eacute; plus haut que le texte est une notion &agrave; la fois polys&eacute;mique et synth&eacute;tique.  Le texte est le figement du discours, lui-m&ecirc;me le produit d'un processus d'une grande complexit&eacute;.  Il ne peut &ecirc;tre de science d'objets complexes sans d&eacute;coupage.  Comme il a &eacute;t&eacute; n&eacute;cessaire &agrave; de Saussure de distinguer la langue de la parole pour fonder le projet d'une linguistique objective, il nous est aussi n&eacute;cessaire de d&eacute;couper le texte, ou le discours qui lui est sous-jacent, en entit&eacute;s distinctes.  Si cela n'&eacute;tait n&eacute;cessaire au plan th&eacute;orique, ce le serait &agrave; tout le moins sur le plan empirique, ici technologique.  Ainsi, le texte peut &ecirc;tre repr&eacute;sent&eacute; - et alors n&eacute;cessairement d&eacute;coup&eacute; - &agrave; divers niveaux de mat&eacute;rialit&eacute;.  Ces niveaux ne sont cependant, ni n&eacute;cessairement ni toujours, distinguables du point de vue th&eacute;orique ou technologique et ils sont &eacute;voqu&eacute;s afin de mettre en lumi&egrave;re les probl&egrave;mes li&eacute;s au traitement de la complexit&eacute;.<BR> <P> Le premier niveau - le plus &eacute;vident pour la technologie informatique - repr&eacute;sente le texte comme une suite de caract&egrave;res graphiques.  C'est ainsi que le texte est transform&eacute; en codes repr&eacute;sentant chacune des formes graphiques.  Le traitement de texte - premi&egrave;re forme d'aide &agrave; l'&eacute;criture - peut se contenter de cette repr&eacute;sentation.  La lexicom&eacute;trie, en autant qu'elle se limite aux mots comme suites de formes graphiques, produira des op&eacute;rations et des calculs sur ces m&ecirc;mes repr&eacute;sentations.<BR> <P> Le second niveau est celui de la langue.  Le texte est, entre autres, une manifestation d'une comp&eacute;tence linguistique.  Celle-ci s'exprime &agrave; divers niveaux qui correspondent peu ou prou aux d&eacute;coupages de la science linguistique.  Les syst&egrave;mes de correction s'appliquent &agrave; la forme des mots, &agrave; leur accord, &agrave; leur structuration en syntagme ou aux syst&egrave;mes de substitution.  Les syst&egrave;mes de compr&eacute;hension, plus ambitieux, tentent de repr&eacute;senter les phrases ou leurs constituants sous leurs aspects syntaxique ou s&eacute;mantique.<BR> <P> Le troisi&egrave;me niveau est celui de la structuration textuelle.  Le texte s'organise au-del&agrave; des phrases qui le constituent, en structures d'arguments ou de narration.  Les modules de lecture tentent &agrave; ce niveau de reconstituer ces structures, pouvant potentiellement fournir de l'aide &agrave; la lecture ou &agrave; la  r&eacute;&eacute;criture. <BR> <P> Le quatri&egrave;me niveau est celui de la repr&eacute;sentation de la connaissance.   Le texte est aussi un contenu. La connaissance qu'il contient, se trouve support&eacute;e dans les diverses formes &eacute;voqu&eacute;es aux niveaux pr&eacute;c&eacute;dents.  Les mots sont des supports s&eacute;mantiques ou conceptuels.  La structure syntaxique ou textuelle supportent &eacute;galement la connaissance.  Les modules de rep&eacute;rage et d'indexation de la connaissance servent &agrave; d&eacute;crire le contenu des textes.  Les analyseurs s&eacute;mantiques ou cognitifs visent &agrave; repr&eacute;senter des structures de connaissance. <BR> <P> <B>Lectures et &eacute;critures plurielles<BR> </B> <P> Parler d'aide &agrave; la lecture et &agrave; l'&eacute;criture nous entra&Icirc;ne donc sur le terrain de la complexit&eacute; de ce qu'est un texte.  Mais, plus pragmatiquement, il est possible de d&eacute;couper &eacute;galement le probl&egrave;me du double point de vue de la nature des textes &agrave; produire ou &agrave; lire et du niveau d'aide requis.  En somme, il n'est ni une seule forme de lecture, ni une seule mani&egrave;re d'&eacute;crire. <BR> <P> <I>Nature diversifi&eacute;e des textes &agrave; lire ou &agrave; &eacute;crire<BR> </I> <P> La nature des textes varie &eacute;norm&eacute;ment.  Ceux-ci se d&eacute;finissent, entre autres, par leur architextualit&eacute; - appartenance &agrave; un genre -.  Toute aide &agrave; la lecture ou &agrave; l'&eacute;criture doit donc tenir compte de cette appartenance. Les structures argumentatives, narratives, pragmatiques varieront en fonction du genre.  Le contenu davantage expressif, r&eacute;f&eacute;rentiel ou m&eacute;talinguistique variera &eacute;galement.  Il ne peut donc y avoir de syst&egrave;me d'aide unique.<BR> <P> <I>Niveau d'aide requis<BR> </I> <P> Le niveau d'aide peut grandement diff&eacute;rer.  L'emploi du vocable <I>aide</I> semble indiquer a priori  que les modules informatiques assisteront, de quelque mani&egrave;re, le processus humain de lecture et d'&eacute;criture.  Dans cette premi&egrave;re acception, l'accent est mis sur l'utilisation d'outils sp&eacute;cialis&eacute;s dans un environnement sous contr&ocirc;le humain.  On peut cependant opposer &agrave; la notion d'aide, celle de compr&eacute;hension.  Cette derni&egrave;re renvoie, dans la tradition de l'intelligence artificielle, au projet de simuler des processus complexes qu'on appelle intelligents.  Lorsqu'on parle de compr&eacute;hension automatique - et m&ecirc;me de compr&eacute;hension assist&eacute;e - de la langue naturelle, on sugg&egrave;re que l'ordinateur est programm&eacute; pour accomplir une grande partie du processus de reconnaissance de la signification contenue dans un texte et se substitue plus ou moins au lecteur humain. <BR> <P> J'utiliserai ici la notion d'aide dans son acceptation la plus large, c'est-&agrave;-dire sans contrainte eu &eacute;gard &agrave; la profondeur de la compr&eacute;hension recherch&eacute;e.  Dans ce contexte, il faut bien voir que le processus d'&eacute;criture/lecture peut alors recevoir une plus ou moins grande part d'aide, selon le type de lecteur ou d'auteur et selon les objectifs qui les animent.<BR> <P> <I>Diversit&eacute; des lecteur/auteurs<BR> </I> <P> L'aide requise d&eacute;pend avant tout du type de lecteur ou d'auteur.  L'<I>apprenti</I> devra oeuvrer dans un environnement con&ccedil;u pour l'apprentissage de comp&eacute;tences linguistiques, mais &eacute;galement logiques et cognitives.  Outre l'int&eacute;gration de fonctions d'apprentissage, cet environnement devra comprendre des  modules d'aide, non seulement orient&eacute;s vers la correction orthographique, grammaticale ou stylistique de pr&eacute;-textes, mais vers la construction d'id&eacute;es dans un contexte logique et/ou narratif.  L'<I>usager de bureautique</I>, quant &agrave; lui, devra disposer des m&ecirc;mes outils de correction et d'id&eacute;ation et, en ce qui concerne l'information, d'un acc&egrave;s &agrave; des bases de donn&eacute;es (dictionnaires, th&eacute;saurus, documentation).<BR> <P> Le troisi&egrave;me type d'utilisateur est celui qu'on d&eacute;signe aujourd'hui comme le <I>professionnel du texte</I>.  Celui-ci est  appel&eacute;, dans le cadre de son travail, &agrave; manipuler, lire et produire des textes.  Il existe plusieurs sous-cat&eacute;gories sp&eacute;cialis&eacute;es de ce professionnel : l'une plus orient&eacute;e vers la gestion et le traitement de donn&eacute;es documentaires, l'autre vers l'assimilation d'informations textuelles, l'autre encore vers la r&eacute;daction de documents.  Dans tous les cas, il faut imaginer des principes d'int&eacute;gration des modules d'aide dans le cadre de mod&egrave;les m&eacute;thodologiques ou dans des environnements hyper-textuels.<BR> <P> Enfin, les <I>chercheurs</I> dans diverses disciplines - allant des sciences visant l'interpr&eacute;tation sur la base de donn&eacute;es textuelles (droit, science politique, sociologie, psychologie,...) aux sciences int&eacute;ress&eacute;es &agrave; la description des donn&eacute;es textuelles (linguistique, &eacute;tudes litt&eacute;raires, sciences cognitives,...) - recherchent la formalisation de proc&eacute;dures avec des objectifs de rigueur, de reproductibilit&eacute; et de productivit&eacute;.  Les aides &agrave; la lecture et &agrave; l'&eacute;criture doivent ici encore &ecirc;tre pens&eacute;es dans un cadre m&eacute;thodologique global.<BR> <P> <I>Objectifs diversifi&eacute;s pour la lecture ou l'&eacute;criture <BR> </I> <P> Quelque soit le type de lecteur ou d'auteur, les objectifs recherch&eacute;s peuvent &eacute;galement varier ou &ecirc;tre combin&eacute;s dans des &eacute;quilibres diff&eacute;rents.  Il me semble que ces objectifs peuvent &ecirc;tre ramen&eacute;s &agrave; quatre classes d'activit&eacute; : une <I>activit&eacute; normative</I>, une <I>activit&eacute; informative</I>, une <I>activit&eacute; d'id&eacute;ation</I> et une <I>activit&eacute; analytique</I>. <BR> <P> L'<I>activit&eacute; normative</I> recherche la conformit&eacute; avec des mod&egrave;les normatifs.  Ceux-ci peuvent se trouver &agrave; divers niveaux.  On recherche la correction orthographique et grammaticale.  On d&eacute;sire &eacute;galement obtenir une qualit&eacute; stylistique minimale.  On veut s'assurer de la coh&eacute;rence textuelle.  On veut, &agrave; la limite, s'inscrire dans les r&egrave;gles de l'art correspondant &agrave; un type donn&eacute; d'archi-textualit&eacute;.<BR> <P> L'<I>activit&eacute; informative</I> vise &agrave; rep&eacute;rer et &agrave; traiter l'information contenue dans les textes ou banques de donn&eacute;es textuelles.  Cette activit&eacute; donne acc&egrave;s &agrave; l'information brute, mais &eacute;galement permet la reconstruction de la connaissance dans des environnements accessibles.  Cette information peut servir, par la suite, &agrave; la production de nouveaux textes.<BR> <P> L'activit&eacute; d'id&eacute;ation consiste &agrave; favoriser le processus de production d'id&eacute;es.  Elle n&eacute;cessite des environnements plus ou moins int&eacute;gr&eacute;s - traitements de texte, id&eacute;ateurs, modules d'acc&egrave;s &agrave; l'information, analyseurs,... - favorisant le processus de production de textes. <BR> <P> Ces deux derni&egrave;res activit&eacute;s utilisent l'ensemble des connaissances et des technologies disponibles.  Elles correspondent davantage aux objectifs des professionnels du texte et de plusieurs cat&eacute;gories de chercheurs.<BR> <P> L'activit&eacute; analytique consiste &agrave; d&eacute;finir et valider des mod&egrave;les de description des donn&eacute;es textuelles &agrave; des fins de compr&eacute;hension en profondeur.  Cette activit&eacute; correspond &agrave; la recherche plus fondamentale qui vise le d&eacute;veloppement de mod&egrave;les linguistiques et cognitifs du texte.  Ces mod&egrave;les, une fois valid&eacute;s, sont r&eacute;investis dans les trois pr&eacute;c&eacute;dentes activit&eacute;s.<BR> <P> <B>Typologie des applications d'aide &agrave; la lecture, &agrave; la r&eacute;&eacute;criture et &agrave; l'&eacute;criture<BR> </B> <P> M'appuyant sur les distinctions que je viens d'&eacute;voquer, je proposerai une typologie des diff&eacute;rentes formes d'aide.  Cette classification me semble couvrir l'ensemble des syst&egrave;mes qui peuvent &ecirc;tre d&eacute;sign&eacute;s sous l'appellation <I>aide &agrave; la lecture et &agrave; l'&eacute;criture</I>.  Par contre, je ne fournirai que des indications sommaires sur des exemples concrets de ces applications.<BR> <P> <B>AIDE &Agrave; LA LECTURE / R&Eacute;&Eacute;CRITURE<BR> </B> <P> <I><B>Syst&egrave;mes orient&eacute;s vers la norme<BR> </B></I> <P> <B>D&eacute;finition</B> : Il s'agit de progiciels dont la fonction ultime est de favoriser l'usage norm&eacute; de la langue.<BR> <P> <B>Types</B> :  <P> <I>Correcteurs</I> : <P> <I>orthographiques</I> : g&eacute;n&eacute;ralement int&eacute;gr&eacute;s dans les traitements de texte, ils fonctionnent sur la base de la proximit&eacute; morphologique.  Certains syst&egrave;mes proposent des suggestions de correction.  Ils comprennent parfois une fonction d'apprentissage. <P> <I>grammaticaux</I> : sensibles &agrave; la syntaxe au niveau des accords surtout. <P> <I>stylistiques</I> : correction des barbarismes (mots d&eacute;form&eacute;s) et sol&eacute;cismes (emploi syntaxique incorrect); mauvaise ponctuation; lisibilit&eacute;,... <P> - <I>Conjugueurs</I> : identification des diff&eacute;rentes formes des mots.<BR> <P> <B>Exemples</B> : <P> <I>Correcteurs orthographiques</I> : Word, Word Perfect,... <P> <I>Correcteurs grammaticaux</I> : Hugo, Ortograf +; en anglais : Grammatik III,... <P> <I>Correcteurs stylistiques</I> : Le R&eacute;dacteur, Nathalie; en anglais : Writer's workbench,...<BR> <P> <I><B>Syst&egrave;mes d'analyse des donn&eacute;es textuelles <BR> </B></I> <P> <B>D&eacute;finition :  </B>Ces syst&egrave;mes permettent de produire des descriptions des donn&eacute;es textuelles afin de faciliter la compr&eacute;hension ou la recherche d'information. <BR> <P> <B>Types :</B> <P> <I>Niveau morpho-lexical</I>  Bien que rattach&eacute; &agrave; la description des lexies simples ou complexes, ce niveau n'exclut pas le recours &agrave; la syntaxe. <P> <I>Lemmatisation</I> : r&eacute;duction des diff&eacute;rentes formes lexicales &agrave; leur forme canonique. <P> <I>Cat&eacute;gorisation</I> : attribution de propri&eacute;t&eacute;s (syntaxiques, s&eacute;mantiques,...) aux mots d'un texte. <P> <I>Indexation</I> : r&eacute;duction et organisation de l'information en vue du rep&eacute;rage ult&eacute;rieur. <P> <I>Terminologie</I> : identification des termes &agrave; l'oeuvre dans un texte. <P> <I>Locution</I> : blocage des locutions ou synapsies. <P> <I>Niveau phrastique :</I> <P> <I>Analyse syntaxique</I> : repr&eacute;sentation de la structure syntaxiques des phrases d'un texte. <P> <I>Analyse s&eacute;mantique</I> : repr&eacute;sentation de la structure s&eacute;mantique des phrases d'un texte. <P> <I>Niveau textuel</I> <P> <I>Analyse cognitive</I> : repr&eacute;sentation de la connaissance dans un texte. <P> <I>Analyse argumentative</I> : repr&eacute;sentation de la structure argumentative d'un texte. <P> <I>Analyse narrative</I> : repr&eacute;sentation de la structure narrative d'un texte.<BR> <P> <B>Exemples : </B>Nous ne donnons ici que des exemples au niveau morpho-lexical.  Il existe des syst&egrave;mes agissant aux autres niveaux, mais ils ne comportent pas un caract&egrave;re suffisamment fini pour &ecirc;tre facilement utilisables dans des applications. <P> <I>Lemmatisation</I> : LCMF (Centre d'ATO) <P> <I>Cat&eacute;gorisation</I> : fonction &quot;propri&eacute;t&eacute;&quot; dans SATO (Centre d'ATO). <P> <I>Indexation</I> : Kwic, Kwoc, SMART, DIALECT, SPIRIT, CTX,... <P> <I>Terminologie</I> : Termino (Centre d'ATO), Term Tracer, Mercury/Termex,... <P> <I>Locutions</I> : Termino et Marquelo (Centre d'ATO).<BR> <P> <I><B>Syst&egrave;mes d'information<BR> </B></I> <P> <B>D&eacute;finition :</B>  Il s'agit de syst&egrave;mes orient&eacute;s vers le rep&eacute;rage et l'extraction de l'information contenues dans les textes.<BR> <P> <B>Types : </B> <P> <I>Lexiques</I> : liste des mots d'un texte, vocabulaires bilingues ou unilingues,... <P> <I>Dictionnaires</I> : sur C.D.ROM, comprenant divers types d'information; on inclut les encyclop&eacute;dies. <P> <I>Th&eacute;saurus</I> : r&eacute;pertoire de termes normalis&eacute;s et des relations avec vocabulaire non normalis&eacute;. <P> <I>Base de donn&eacute;es textuelles</I>: : corpus de textes. <P> <I>Syst&egrave;mes de gestion de base de donn&eacute;es textuelles (SGBD):</I> permettent d'acc&eacute;der aux textes et aux connaissances qui s'y trouvent. <P> <I>Hyper-texte</I> : Syst&egrave;me permettant de cr&eacute;er des liens entre diff&eacute;rentes bases de donn&eacute;es (textuelles, mais aussi graphiques ou autres) et de naviguer entre celles-ci afin d'en retirer les informations utiles &agrave; la production d'un nouveau texte.<BR> <P> <B>Exemples :</B> <P> <I>Lexiques bilingues</I>: Termex, Term Tracer,... <P> <I>Lexiques</I> : produits par des analyseurs de textes : Word Cruncher, SATO <P> <I>Dictionnaires</I> : Encyclop&eacute;die Grolier, Grand Robert &eacute;lectronique, Encyclop&eacute;die Hachette (regroupant le Dictionnaire de notre temps, le Dictionnaire des synonymes, l'Atlas pratique),... <P> <I>Bases de donn&eacute;es textuelles</I> : FRANTEXT, de l'INaLF, comprenant 2,500 oeuvres int&eacute;grales du r&eacute;pertoire de la litt&eacute;rature fran&ccedil;aise. <P> <I>Th&eacute;saurus</I> : RAMEAU, THESAUPLUS,... <P> <I>SGBD</I> : &Eacute;dibase (Inform II Microfor), Seconde (Destin Inc.).<BR> <P> <B>AIDE &Agrave; L'&Eacute;CRITURE<BR> </B> <P> <I><B>Logiciels d'&eacute;dition<BR> </B></I> <P> <B>D&eacute;finition : </B>Ces logiciels offrent des fonctionnalit&eacute;s de plus en plus nombreuses pour l'&eacute;criture, mais aussi pour l'&eacute;dition d'un texte pr&ecirc;t &agrave; imprimer. <BR> <P> <B>Types et exemples :</B> <P> <I>Traitements de textes</I> : Word, Word Perfect,...  <P> <I>&Eacute;diteurs de textes</I> : Page Maker,...<BR> <P> <I><B>Logiciels d'id&eacute;ation<BR> </B></I> <P> <B>D&eacute;finition : </B>Syst&egrave;mes visant &agrave; favoriser la conception et l'organisation des id&eacute;es dans le processus d'&eacute;criture.<BR> <P> <B>Types :</B> <P> <I>&quot;Idea Processors&quot;</I> : logiciels permettant de manipuler et d'ordonner des tables de mati&egrave;res. <P> <I>Aide &agrave; la r&eacute;daction</I> : environnements complexes, soit pour l'apprentissage de l'&eacute;criture, soit pour aider la r&eacute;daction de documents dans des domaines sp&eacute;cialis&eacute;s. <BR> <P> <B>Exemples :</B> <P> <I>Ideas Processors</I> : MaxThink, ThinkTank, PcOutline, More,... <P> <I>Aide &agrave; la r&eacute;daction</I> : Environnement informatique cognitif stratifi&eacute; pour la planification et la r&eacute;daction de documents techniques.<BR> <P> <B>Typologie d'applications ou de d&eacute;veloppements selon la cat&eacute;gorie d'usager<BR> </B> <P> Apr&egrave;s avoir d&eacute;crit les divers syst&egrave;mes correspondant aux divers types d'activit&eacute;s reli&eacute;es &agrave; la lecture/r&eacute;&eacute;criture et &agrave; l'&eacute;criture, je pr&eacute;sente au tableau 1 une synth&egrave;se de leur usage en fonction de la cat&eacute;gorie d'usager.  En abscisse on trouvera donc les divers syst&egrave;mes selon qu'ils renvoient &agrave; la conformit&eacute; &agrave; la norme, &agrave; l'analyse ou au traitement de l'information dans le cadre de l'activit&eacute; de lecture/r&eacute;&eacute;criture et &agrave; l'&eacute;dition et &agrave; l'id&eacute;ation dans le cadre de l'activit&eacute; d'&eacute;criture.  En ordonn&eacute;e, on d&eacute;signera les divers types d'usagers : l'usager de bureautique, l'apprenti, le professionnel et le chercheur.  On remarquera que la complexit&eacute; des syst&egrave;mes utilis&eacute;s croit avec la progression dans l'&eacute;chelle des usagers.  D'un environnement orient&eacute; outils, on progresse vers un environnement ayant de plus en plus recours &agrave; des strat&eacute;gies d'int&eacute;gration.  D'une conception d'aide, on progresse &eacute;galement vers une conception de plus en plus orient&eacute;e vers la compr&eacute;hension en profondeur.  On constatera enfin que, pour le moment, les aides &agrave; l'&eacute;criture comportent peu d'items.  M&ecirc;me s'il est vrai que les syst&egrave;mes de lecture servent en m&ecirc;me temps &agrave; la r&eacute;&eacute;criture, il n'en demeure pas moins qu'il y a un urgent besoin de d&eacute;veloppement d'ateliers sp&eacute;cialis&eacute;s d'aide &agrave; l'&eacute;criture, int&eacute;grant des modules existants dans le cadre d'une finalit&eacute; d'&eacute;criture. <BR> <P> <CENTER><B><FONT FACE="Times New Roman">Tableau 1</B></CENTER> <P> <CENTER><B><FONT FACE="Times New Roman">Types d'applications ou de d&eacute;veloppements selon la cat&eacute;gorie d'usager<BR> <BR> </B></CENTER> <P> <B><FONT FACE="Times New Roman"> Lecture / r&eacute;&eacute;criture   &Eacute;criture</B> <P> <B><FONT FACE="Times New Roman"> </B><FONT FACE="Times New Roman">________________________________        ______________________ <P> <B><FONT FACE="Times New Roman">Usager Norme Analyse Information &Eacute;dition Id&eacute;ation</B> <P> <FONT FACE="Times New Roman">_________________________________________________________________________ <BR>  <P> <B><FONT FACE="Times New Roman">Bureautique</B><FONT FACE="Times New Roman"> Correcteurs  Lexiques  Trait. text. Id&eacute;ateurs <P> <FONT FACE="Times New Roman"> - orthographiques  Dictionnaires  &Eacute;dition <P> <FONT FACE="Times New Roman"> - grammaticaux  Th&eacute;saurus   <P> <FONT FACE="Times New Roman"> - stylistiques  Bases donn&eacute;es <P> <FONT FACE="Times New Roman"> Conjugueurs  textuelles<BR>  <P> <CENTER><FONT FACE="Times New Roman">- Orient&eacute; outils -</CENTER> <P> <FONT FACE="Times New Roman">_________________________________________________________________________ <BR>  <P> <B><FONT FACE="Times New Roman">Apprenti</B><FONT FACE="Times New Roman"> idem   idem   idem  idem<BR>  <P> <CENTER><FONT FACE="Times New Roman">- Outils + environnement d'apprentissage -<BR> </CENTER> <P> <FONT FACE="Times New Roman">_________________________________________________________________________ <BR>  <P> <B><FONT FACE="Times New Roman">Profes- </B><FONT FACE="Times New Roman">idem Cat&eacute;gorisation idem + idem   Aide &agrave; la <P> <B><FONT FACE="Times New Roman">sionnel</B><FONT FACE="Times New Roman">   indexation  Gestion bases  r&eacute;daction <P> <FONT FACE="Times New Roman">   Lemmatisation - textuelles <P> <FONT FACE="Times New Roman">   Terminologie  - connaissances <P> <FONT FACE="Times New Roman">   Locution  Rep&eacute;rage <P> <FONT FACE="Times New Roman">      Extraction <P> <FONT FACE="Times New Roman">      R&eacute;sum&eacute; <P> <FONT FACE="Times New Roman">      Hyper-texte<BR>  <P> <CENTER><FONT FACE="Times New Roman">- Outils + m&eacute;thodologie -</CENTER> <P> <FONT FACE="Times New Roman">_________________________________________________________________________ <P> <B><FONT FACE="Times New Roman">Chercheur</B><FONT FACE="Times New Roman">   |______________________________| <P> <FONT FACE="Times New Roman">Analyseurs linguistiques :  <P> <FONT FACE="Times New Roman">- syntaxiques <P> <FONT FACE="Times New Roman">- s&eacute;mantiques <P> <FONT FACE="Times New Roman">Analyseurs textuels : <P> <FONT FACE="Times New Roman">- repr&eacute;sentation de la connaissance <P> <FONT FACE="Times New Roman">- structures d'arguments <P> <FONT FACE="Times New Roman">- structures narratives<BR>  <P> <CENTER><FONT FACE="Times New Roman">- D&eacute;veloppement d'outils et de m&eacute;thodologie -</CENTER> <P> <CENTER><FONT FACE="Times New Roman">_________________________________________________________________________ <BR> </CENTER> <P> <B>Pour une m&eacute;thodologie d'aide &agrave; la lecture et &agrave; l'&eacute;criture<BR> </B> <P> On a pu constater jusqu'&agrave; pr&eacute;sent que le domaine des aides &agrave; la lecture et &agrave; l'&eacute;criture &eacute;tait extr&ecirc;mement vaste et risquait d'appara&Icirc;tre &agrave; l'usager comme un immense maquis non balis&eacute;.  Le probl&egrave;me ne se pose pas vraiment pour l'usager de bureautique qui acc&eacute;dera progressivement &agrave; des outils sp&eacute;cialis&eacute;s r&eacute;pondant &agrave; des besoins d&eacute;finis.  Il se pose plut&ocirc;t pour les professionnels du texte qui doivent accomplir des t&acirc;ches d'une beaucoup plus grande complexit&eacute; sur les textes.  Je poserai, en conclusion, le probl&egrave;me &agrave; deux niveaux.  D'abord, j'indiquerai les deux orientations qui caract&eacute;risent la recherche dans le champ du traitement des langues naturelles.  Le rapport dialectique, entre elles, est tr&egrave;s important pour comprendre les enjeux qui sont derri&egrave;res le d&eacute;veloppement des syst&egrave;mes qui deviennent accessibles &agrave; un nombre croissant d'usagers.  J'examinerai ensuite la r&eacute;ponse concr&egrave;te qui est actuellement offerte aux professionnels du texte, confront&eacute;s de plus en plus &agrave; des masses de donn&eacute;es textuelles &agrave; investiguer ou &agrave; produire.<BR> <P> <I>Outils ou m&eacute;thodologie<BR> </I> <P> J'ai propos&eacute;, au niveau des d&eacute;finitions, que la lecture et l'&eacute;criture sont des activit&eacute;s qui se rapportent au texte, dans toute sa complexit&eacute;, et que la notion d'aide peut correspondre &agrave; divers degr&eacute;s de profondeur dans le processus de compr&eacute;hension.  Dans ce contexte, se pose donc le probl&egrave;me de r&eacute;concilier deux approches qui dominent le domaine de la recherche sur le traitement informatique des langues naturelles.<BR> <P> L'une, <I>fondamentale</I>, recherche l'adaptation de mod&egrave;les linguistiques et cognitifs &agrave; des contextes informatiques, afin d'accro&Icirc;tre la part de compr&eacute;hension automatis&eacute;e.  L'autre, <I>appliqu&eacute;e</I>, vise la mise au point de techniques d'ing&eacute;nierie pour le traitement, partiellement assist&eacute; et partiellement automatis&eacute;, de donn&eacute;es langagi&egrave;res. <BR> <P> Les objectifs de la premi&egrave;re sont, avant tout, des objectifs de connaissance et sont orient&eacute;s vers la validation de mod&egrave;les.  Ces recherches sont absolument n&eacute;cessaires &agrave; toute application ult&eacute;rieure puisqu'elles fournissent les mod&egrave;les &agrave; mettre en oeuvre.  Cependant, en raison m&ecirc;me de la complexit&eacute; du langage, cette recherche tend &agrave; explorer, sans cesse, de nouvelles pistes - actuellement, la recherche s'oriente vers la prise en compte du contexte d'&eacute;nonciation, l'&eacute;laboration de nouveaux mod&egrave;les de repr&eacute;sentation des connaissances, la prise en compte des logiques dites naturelles - et &agrave; chercher des mod&egrave;les th&eacute;oriques d'int&eacute;gration.  Cette approche concerne avant tout les chercheurs.  Ceux-ci doivent soit se situer au coeur de cette recherche, soit int&eacute;grer ses d&eacute;couvertes dans des syst&egrave;mes d'application. <BR> <P> La seconde approche, s'appuyant sur des d&eacute;couvertes de la premi&egrave;re, s'emploie &agrave; valoriser les donn&eacute;es textuelles &agrave; partir d'outils ou de modules adapt&eacute;s aux divers niveaux de complexit&eacute; du langage.  Elle combine donc approche automatique et assist&eacute;e, choisit la couverture en largeur avant la compr&eacute;hension en profondeur et favorise l'interaction entre usager et syst&egrave;me.  Elle est anim&eacute;e par des chercheurs int&eacute;ress&eacute;s au d&eacute;veloppement de m&eacute;thodologies d'analyse, mais elle est d'abord destin&eacute;e aux professionnels du texte. <BR> <P> L'interaction entre ces deux approches ne peut qu'&ecirc;tre b&eacute;n&eacute;fique, car elle impose &agrave; chacune des crit&egrave;res de validation diff&eacute;rents.  D'un c&ocirc;t&eacute;, l'approche fondamentale recherche la validation dans la capacit&eacute; intrins&egrave;que des mod&egrave;les de rendre compte de la r&eacute;alit&eacute;.  De l'autre, la validation s'effectue &agrave; travers la capacit&eacute; des syst&egrave;mes &agrave; traiter des donn&eacute;es r&eacute;elles, en temps r&eacute;el. <BR> <P> <I>N&eacute;cessit&eacute; d'une m&eacute;thodologie<BR> </I> <P> Je n'insisterai pas sur l'imporance de plus en plus grande d'une nouvelle cat&eacute;gorie de professionnels dont une des attributions principales est d'interagir avec le texte.  A c&ocirc;t&eacute; de ce qu'il est convenu d'appeler les langagiers (terminologues.et traducteurs), il existe un grand nombre de personnes dans les organisations qui doivent g&eacute;rer et acc&eacute;der &agrave; de l'information textuelle ou encore produire des textes en interrelation avec d'autres textes.  L'informatisation croissante de l'entr&eacute;e de textes d&eacute;finit dor&eacute;navant le cadre de cette interaction avec les textes.  Les pages qui pr&eacute;c&egrave;dent ont montr&eacute; que les syst&egrave;mes d'aide &agrave; la lecture et &agrave; l'&eacute;criture ont tendance &agrave; se multiplier.  Par contre, ces proc&eacute;dures d'aide sont trop souvent partielles et peu strandardis&eacute;es, ce qui rend difficile leur utilisation int&eacute;gr&eacute;e dans le processus de la lecture ou de l'&eacute;criture.  En somme, il existe peu de strat&eacute;gies d'utilisation de ces syst&egrave;mes et leur usage est, pour le moment, limit&eacute; et ponctuel.<BR> <P> J'ai parl&eacute; d&eacute;j&agrave; de la n&eacute;cessit&eacute; de d&eacute;couper cet objet qu'est le texte afin d'en permettre la connaissance th&eacute;orique, mais surtout d'en identifier les ressorts, autant pour sa production que pour sa compr&eacute;hension.  Ce d&eacute;coupage doit nous rendre conscients de la complexit&eacute; de tout acte de lecture ou d'&eacute;criture.  C'est pour cette raison qu'il est normal que les applications disponibles sur le march&eacute; nous apparaissent &agrave; la fois performantes et d&eacute;cevantes.  Dans la mesure o&ugrave; l'on veut accomplir certaines t&acirc;ches routini&egrave;res et sp&eacute;cialis&eacute;es - rep&eacute;rage et correction d'erreurs, recherche de mots,...- les syst&egrave;mes appara&Icirc;tront comme &eacute;tant relativement performants.  Mais, dans la mesure o&ugrave; l'on veut accomplir des t&acirc;ches plus complexes - saisir le sens d'une information en contexte, r&eacute;sumer un texte,...- alors les syst&egrave;mes nous apparaissent comme &eacute;tant tr&egrave;s limit&eacute;s.  <BR> <P> Lire ou &eacute;crire un texte implique, qu'on en soit ou non conscient, la mise en oeuvre d'une m&eacute;thodologie.  Le plus souvent, celle-ci passe inaper&ccedil;ue parce qu'elle est int&eacute;rioris&eacute;e dans une pratique qui nous est famili&egrave;re.  Le fait de recourir &agrave; l'aide de l'ordinateur oblige &agrave; con&ccedil;evoir le rapport au texte en pi&egrave;ces d&eacute;tach&eacute;es.  Cela &eacute;tant, il faut pourtant recomposer la complexit&eacute; de ce rapport &agrave; travers ce que j'appelle une m&eacute;thodologie de lecture et d'&eacute;criture, c'est-&agrave;-dire qu'il faut bien identifier les diverses composantes de cette activit&eacute; et d&eacute;finir les relations qui les unissent.  Le sentiment d'&eacute;parpillement, ressenti par les professionnels du texte, devant les outils qui leur sont propos&eacute;s d&eacute;coule de l'absence d'une telle m&eacute;thodologie.<BR> <P> Dans l'&eacute;tat actuel du d&eacute;veloppement, une technologie pr&eacute;tend r&eacute;pondre &agrave; ce besoin.  Il s'agit des syst&egrave;mes hypertextuels.  L'id&eacute;e sous-jacente &agrave; cette approche est de permettre la navigation entre diff&eacute;rents syst&egrave;mes d'information textuelle ou de toute autre nature (num&eacute;rique, iconique,...).  Ainsi, il est possible, &agrave; partir d'un traitement de texte, d'aller chercher dans une base de donn&eacute;es textuelles (g&eacute;n&eacute;ralement structur&eacute;e) l'information pertinente &agrave; la poursuite de l'&eacute;criture.  L'hypertextualit&eacute; est, pour le moment, une id&eacute;e technologique plus que m&eacute;thodologique.  Les d&eacute;veloppements vont, avant tout, dans le sens de la mise en relation complexe de divers syst&egrave;mes les uns avec les autres, permettant ainsi le transfert d'informations.  <BR> <P> La r&eacute;flexion sur l'hyper-textualit&eacute; va cependant beaucoup plus loin.  Par exemple, Edward Barrett distingue entre cette premi&egrave;re approche classique de l'hypertextualit&eacute;, comme pur dispositif de navigation entre bases structur&eacute;es de donn&eacute;es textuelles comportant tr&egrave;s peu de possibilit&eacute;s d'intervention sur le contenu de ces bases et une approche topographique de la construction sociale de la textualit&eacute;.  Cette perspective constructiviste adopte une position diff&eacute;rente de la conception classique, concevant le texte comme pur produit de la subjectivit&eacute;.  Le texte est vu, au contraire, comme une interaction ou une communication sociale.  L'hypertextualit&eacute; doit donc accro&Icirc;tre cette interaction de mani&egrave;re &agrave; permettre non seulement la navigation physique entre syst&egrave;mes, mais la possibilit&eacute; d'interventions multiples dans les divers syst&egrave;mes. <BR> <P> &quot;After all, a hypertext is fundamentally a linguistic entity that exists to be manipulated, transformed through a series of collaborative acts either between just one user and the original database (that is, the original programmed structure), or among many users performing various operations upon a central core of texts.&quot; <BR> <P> Le projet SACAO (Syst&egrave;me d'Analyse de Contenu Assist&eacute;e par Ordinateur) s'inscrit dans cette deuxi&egrave;me perspective d'hypertextualit&eacute;., avant m&ecirc;me l'usage du terme.  Projet appuy&eacute; sur l'exp&eacute;rience de chercheurs en analyse de textes par ordinateur, il visait d'abord l'int&eacute;gration syst&eacute;matique de proc&eacute;dures, existantes et en voie de d&eacute;veloppement, dans un environnement unifi&eacute;. <BR> <P> Dans la mesure o&ugrave; les besoins d'acc&egrave;s aux textes sont tr&egrave;s diversifi&eacute;s selon la discipline, l'orientation ou les objectifs des chercheurs, il a fallu penser un syst&egrave;me comportant le minimum de pr&eacute;construits th&eacute;oriques.  Cela signifie que le syst&egrave;me manipule des objets et effectue des op&eacute;rations qui font habituellement l'objet d'un consensus pour les chercheurs ou, alors, offre &agrave; l'usager la possibilit&eacute; de param&eacute;trer les op&eacute;rations en fonction de sa propre d&eacute;marche.  Pour ce m&ecirc;me motif d'ouverture et en raison de l'impossibilit&eacute; de r&eacute;pondre, de mani&egrave;re automatique, &agrave; la complexit&eacute; des t&acirc;ches d'analyse des donn&eacute;es textuelles, le syst&egrave;me a &eacute;t&eacute; con&ccedil;u pour favoriser le maximum d'interactivit&eacute; entre les programmes et l'usager et donc le contr&ocirc;le par le chercheur.<BR> <P> Au fondement de cette approche, le projet s'appuie sur une philosophie constructiviste.  La lecture et l'&eacute;criture sont comprises comme processus de construction sociale de la textualit&eacute;.  Tout texte se construit sur la base d'autres textes.  Les id&eacute;es et les strat&eacute;gies d'&eacute;criture sont partie d'un m&ecirc;me ensemble et se r&eacute;pondent.  Les professionnels du texte rencontrent cette r&eacute;alit&eacute; tous les jours.  Ils doivent souvent r&eacute;agir &agrave; des textes et produire d'autres textes en r&eacute;ponse aux premiers. L'architecture du syst&egrave;me est donc con&ccedil;ue pour r&eacute;pondre &agrave; cette r&eacute;alit&eacute; de l'intertextualit&eacute;.<BR> <P> Par ailleurs, la compr&eacute;hension comme la production de textes est un proc&egrave;s it&eacute;ratif faisant intervenir de multiples niveaux.  Le syst&egrave;me refl&egrave;te cette complexit&eacute; des niveaux en donnant acc&egrave;s &agrave; une pluralit&eacute; de modules d'analyse et d'exploration.  Le syst&egrave;me permet m&ecirc;me d'accueillir des mod&egrave;les non exclusivement compatibles favorisant une lecture et une &eacute;criture plurielle.<BR> <P> SACAO comporte quatre modules principaux, eux-m&ecirc;mes pouvant en comprendre plusieurs.  Le premier ensemble comporte l'ensemble des fonctionnalit&eacute;s permettant de g&eacute;rer les donn&eacute;es textuelles (&eacute;dition, archivage, acc&egrave;s,...).  Le second comprend des modules de description des donn&eacute;es textuelles.  Ces modules correspondent aux syst&egrave;mes, d&eacute;crits plus haut, comme syst&egrave;mes d'analyse.  Le troisi&egrave;me comprend des modules de rep&eacute;rage et d'extraction de l'information ou de la connaissance.  Ces modules s'appuient en g&eacute;n&eacute;ral sur les descriptions produites au niveau de l'analyse.  Ces modules renvoient &agrave; ce que nous avons d&eacute;sign&eacute; comme &eacute;tant des syst&egrave;mes d'information.  Enfin, le quatri&egrave;me module comporte des fonctionnalit&eacute;s d'analyse de donn&eacute;es textuelles, c'est-&agrave;-dire des r&eacute;sultats obtenus par l'exploration des descriptions effectu&eacute;es sur le texte. <BR> <P> L'int&eacute;r&ecirc;t de ce syst&egrave;me est de proposer une m&eacute;thodologie d'analyse support&eacute;e technologiquement dans un environnement int&eacute;gr&eacute;.  Il s'adresse avant tout aux professionnes du texte.  Plut&ocirc;t qu'un cadre conceptuel, il leur offre un espace de travail.  Il permet un usage &agrave; la fois int&eacute;gr&eacute; et strat&eacute;gique des outils aujourd'hui disponibles.  Le projet favorise l'int&eacute;gration en permettant d'articuler plusieurs proc&eacute;dures, en cr&eacute;ant des liens informatiques, en stabilisant des implantations dans des environnements de travail et, &agrave; la limite, en visant la plus grande portabilit&eacute; d'un environnement &agrave; un autre.  Quant &agrave; la strat&eacute;gie de son usage, le syst&egrave;me permet &agrave; l'utilisateur de choisir les modules qui sont pertinents &agrave; son probl&egrave;me, de param&eacute;trer les op&eacute;rations retenues par lui et de structurer sa d&eacute;marche d'un point de d&eacute;part &agrave; un point d'arriv&eacute;e. <BR> <P> <B>Conclusion<BR> </B> <P> On aura donc constat&eacute; que le domaine des aides &agrave; la lecture et &agrave; l'&eacute;criture ne peut facilement se d&eacute;finir, sans faire intervenir une double typologie des activit&eacute;s et des usagers.  T&acirc;ches complexes et dialectiquement reli&eacute;es, la lecture et l'&eacute;criture n&eacute;cessitent la mise en oeuvre d'un grand nombre de nos facult&eacute;s.  Cette multiplicit&eacute; se refl&egrave;te dans la profusion des solutions informatiques propos&eacute;es (traitement de textes, correcteurs, dictionnaires, analyseurs,...).  Cependant, ces progiciels sont rarement pens&eacute;s dans un cadre d'int&eacute;gration.  Tant que l'usager ne cherche qu'une aide ponctuelle pour effectuer une t&acirc;che sp&eacute;cialis&eacute;e, il trouve g&eacute;n&eacute;ralement des syst&egrave;mes adapt&eacute;s &agrave; cette demande.  C'est dans la mesure o&ugrave; le m&ecirc;me usager requiert une aide globale pour effectuer un ensemble de t&acirc;ches complexes de lecture et d'&eacute;criture que devient urgente leur int&eacute;gration dans un cadre m&eacute;thodologique complet.  Avant m&ecirc;me d'avoir r&eacute;solu les probl&egrave;mes th&eacute;oriques nombreux qui nous emp&ecirc;chent de comprendre ce qui est vraiment &agrave; l'oeuvre dans l'acte de compr&eacute;hension et de production de textes, il est pourtant possible de penser des environnements informatiques permettant les op&eacute;rations d'une telle d&eacute;marche planifi&eacute;e. </FONT> </TD></TR></TABLE></CENTER> </HTML>     
