<!doctype html public "-//w3c//dtd html 4.0 transitional//en"> <html> <head> <meta http-equiv="Content-Type" content="text/html; charset=iso-8859-1"> <meta name="GENERATOR" content="Mozilla/4.7 [en] (Win95; I) [Netscape]"> <title>COMMENT TORDRE LE COU &Agrave; QUELQUES ID&Eacute;ES RE&Ccedil;UES &Agrave; PROPOS DES SOUCOUPES VOLANTES</title> <link rel=Edit-Time-Data href="./lagrange-bifrost_fichiers/editdata.mso"> <style><!-- .Normal 	{font-size:12.0pt; 	font-family:"Britannic Medium";} .MsoFootnoteReference 	{} .MsoBodyText 	{text-align:center; 	font-size:20.0pt; 	font-family:Helvetica; 	font-weight:bold;} --> </style> </head> <body text="#000000" bgcolor="#CCFFFF" link="#6666FF" lang="FR" class="Normal" background="http://greguti.free.fr/img/fond-ovni.jpg"> <blockquote>    <div class=Section1>      <div class="MsoBodyText"></div>   </div>   <div class=Section1></div> </blockquote> <div class=Section1>    <div align="left">      <p class="MsoNormal" style="text-align:justify;line-height: 18.0pt"><font face="helvetica"> &nbsp; </font>      <table BORDER WIDTH="85%" align="center" bgcolor="#FFFFCC" bordercolor="#CCFFFF" bordercolordark="#FFFFCC" bordercolorlight="#FFFFCC" height="186" >       <tr>          <td WIDTH="92%" class="Normal" bgcolor="#CCFFCC" bordercolor="#000000">            <div class=Section1>              <div class="MsoBodyText">                <div align="left"><font face="helvetica" size="4"><img src="http://greguti.free.fr/img/ovni.gif" width="144" height="52" align="right"><font color="#990099">COMMENT                  TORDRE LE COU &Agrave; QUELQUES ID&Eacute;ES RE&Ccedil;UES &Agrave;                  PROPOS DES SOUCOUPES VOLANTES </font></font><font face="helvetica" color="#990099">                  </font></div>             </div>           </div>           <div class=Section1 align="left"></div>         </td>       </tr>       <tr>          <td WIDTH="92%" class="Normal" height="26">            <div align="center"><i><font face="helvetica" size="2"><b>Article de              <a href="mailto:lagrange@gulliver.fr">Pierre Lagrange</a>, </b></font></i><b><font face="helvetica" size="2"><i>paru              dans la revue <a href="http://www.chez.com/bifrost">BIFROST</a>, n&deg;19,              juillet 2000</i></font></b></div>         </td>       </tr>       <tr bgcolor="#CCFFCC">          <td WIDTH="92%" class="Normal" height="12">            <div align="right"><font size="1"><i><font face="helvetica" color="#999999">(A              lire aussi :<a href="http://home.nordnet.fr/%7Ephuleux/reprendr.htm">              &quot;Reprendre &agrave; z&eacute;ro, pour une sociologie irr&eacute;ductionniste              des OVNI&quot;</a>, disponible sur <a href="http://home.nordnet.fr/%7Ephuleux/index.shtml">Triangle</a>,              le site de Philippe Huleux)</font></i></font></div>         </td>       </tr>       <tr bgcolor="#FFFFCC">          <td WIDTH="85%" class="Normal"><font size="1" face="Arial, Helvetica, sans-serif" color="#3333FF"><span style='font-family:Helvetica'><b><a href="#UN">1            -&quot; Si les ovnis existaient, les astronomes en verraient</a>&quot;</b></span></font></td>       </tr>       <tr bgcolor="#FFFFCC">          <td WIDTH="85%" class="Normal"><font size="1" face="Arial, Helvetica, sans-serif" color="#3333FF"><span style='font-family:Helvetica'><b><a href="#DEUX">            2 -  La soucoupe n'est pas un fait scientifique mais un fait de croyance            </a></b></span></font></td>       </tr>       <tr bgcolor="#FFFFCC">          <td WIDTH="85%" class="Normal"><font size="1" face="Arial, Helvetica, sans-serif" color="#3333FF"><span style='font-family:Helvetica'><b><a href="#TROIS">3            -  Les soucoupes sont un pur produit de la Guerre froide </a></b></span></font></td>       </tr>       <tr bgcolor="#FFFFCC">          <td WIDTH="85%" class="Normal"><font size="1" face="Arial, Helvetica, sans-serif" color="#3333FF"><span style='font-family:Helvetica'><b><a href="#QUATRE">4            -  Les t&eacute;moins d'ovnis ont trop lu de science-fiction </a></b></span></font></td>       </tr>       <tr bgcolor="#FFFFCC">          <td WIDTH="85%" class="Normal"><font size="1" face="Arial, Helvetica, sans-serif" color="#3333FF"><span style='font-family:Helvetica'><b><a href="#CINQ">5            -  Sous l'emprise de leurs croyances, les gens ne savent pas reconna&icirc;tre            les ballons-sondes et V&eacute;nus </a></b></span></font></td>       </tr>       <tr bgcolor="#FFFFCC">          <td WIDTH="85%" class="Normal"><font size="1" face="Arial, Helvetica, sans-serif" color="#3333FF"><span style='font-family:Helvetica'><b><a href="#SIX">Pourquoi            croyons-nous tant que les autres croient ?</a></b></span></font></td>       </tr>     </table>     <p>&nbsp;</p>     <p>&nbsp;</p>   </div> </div> <div align="left">    <blockquote>      <div class=Section1>       <p><font face="helvetica"><span  style='font-family:Helvetica'> En 1958, [] il y aura quelques 200 apparitions          authentiques d'objets volants non identifi&eacute;s. Le Pentagone r&eacute;ussira          &agrave; d&eacute;montrer qu'il y en avait 210 de fausses.  Cette remarque          savoureuse, extraite de l'&eacute;ditorial du magazine <i>Life</i> du          6 janvier 1958, si elle ne permet pas de se faire une opinion sur les          ovnis, permet en revanche de situer la fa&ccedil;on dont on appr&eacute;hende          souvent ce probl&egrave;me : cette volont&eacute; farouche d'expliquer          au risque d'en faire trop ; cette volont&eacute; d'en appeler &agrave;          des explications sp&eacute;cifiques  que l'on n'oserait pas servir pour          d'autres probl&egrave;mes  parce qu'il ne faut surtout pas que le cadavre          puisse se r&eacute;tablir. Derri&egrave;re cet exc&egrave;s de z&egrave;le          anti-soucoupique, on trouve lid&eacute;e, partag&eacute;e par les universitaires          comme par le grand public, quil faut &ecirc;tre irrationnel, anti-scientifique          pour accepter l'existence des ovnis. Comment peut-il se faire que 30%          des fran&ccedil;ais (et plus de 50% des am&eacute;ricains) croient aux          ovnis (sous entendu, malgr&eacute; l'&eacute;vidence de leur inexistence)          ? Les soucoupes ne seraient pas un ph&eacute;nom&egrave;ne normal &agrave;          propos duquel on pourrait se contenter de parler d'erreur avant de les          oublier et de passer &agrave; autre chose. Non, on croit n&eacute;cessaire,          indispensable m&ecirc;me, de d&eacute;ployer &agrave; leur sujet tout          un attirail rh&eacute;torique bien pr&eacute;cis.&nbsp;</span></font></p>       <p>&nbsp;</p>     </div>   </blockquote>   <div class=Section1>      <div class="MsoNormal" style="text-align:justify;line-height: 18.0pt"></div>     <div class="MsoNormal" style="text-align:justify;line-height:18.0pt">       <p><font face="helvetica" size="+1"><span style='font-family:Helvetica'><b>La          rh&eacute;torique des soucoupes</b></span></font></p>       <p>&nbsp;</p>     </div>   </div>   <blockquote>      <div class=Section1>        <p><font face="helvetica"><span  style='font-family:Helvetica'>Les porte-parole de la culture scientifique invoquent          tour &agrave; tour des arguments scientifiques, &eacute;pist&eacute;mologiques,          historiques, culturels, sociologiques et/ou psychologiques. Ils rappellent          (arguments scientifiques) qu'&agrave; de telles vitesses, les soucoupes          devraient produire un  bang  ; que si de tels ph&eacute;nom&egrave;nes          existaient, les astronomes ou les m&eacute;t&eacute;orologues, dont le          m&eacute;tier est d'&eacute;tudier le ciel, devraient en voir. Ils s'attachent          &agrave; montrer que la r&eacute;flexion sur les soucoupes ne s'organise          pas comme la r&eacute;flexion sur les trous noirs ou les endorphines :          les amateurs d'ovnis n'appliqueraient pas la m&eacute;thode scientifique,          ils ne penseraient pas  droit . La soucoupologie ne serait pas, comme          la science, une forme de connaissance, il s'agirait d'une croyance. En          1979, le sceptique am&eacute;ricain James Oberg a remport&eacute; le prix          Cutty Sark avec un article d&eacute;fendant  brillamment, &agrave; premi&egrave;re          vue  cette id&eacute;e. A l'aide d'arguments historiques, les sceptiques          r&eacute;duisent l'ovni &agrave; leur contexte d'&eacute;mergence (les          soucoupes sont n&eacute;es en 1947 : il s'agit d'un sous produit de la          guerre froide). Les arguments culturels insistent sur le r&ocirc;le de          la science-fiction et son influence sur les t&eacute;moins. Quant aux          arguments sociologiques et psychologiques, ils en appellent &agrave; des          explications comme le besoin de merveilleux ou la tendance des t&eacute;moins          &agrave; interpr&eacute;ter de travers la r&eacute;alit&eacute;, &agrave;          voir des soucoupes l&agrave; o&ugrave; il n'y a que ballon sonde ou plan&egrave;te          V&eacute;nus. Que valent ces arguments ?</span></font></p>       <p>&nbsp;</p>     </div>     <div class=Section1></div>   </blockquote>   <div class=Section1>      <div class="MsoNormal" style="text-align:justify;line-height:18.0pt"></div>     <div class="MsoNormal" style="text-align:justify;line-height:18.0pt">       <p><font face="helvetica"><span style='font-family:Helvetica'><a NAME="UN"></a><b><font size=+1>1          -  Si les ovnis existaient, les astronomes en verraient </font></b></span></font></p>       <p>&nbsp;</p>     </div>   </div>   <blockquote>      <div class=Section1><font face="helvetica"><span  style='font-family:Helvetica'><font size=+0>Depuis l'&eacute;poque des premiers        d&eacute;bats, les scientifiques ont oppos&eacute; aux amateurs de soucoupes        divers arguments. Aux vitesses auxquelles elles sont cens&eacute;es &eacute;voluer,        elles devraient produire le fameux  bang  supersonique ; mais elles ne        devraient pas pouvoir prendre les virages &agrave; angle droit parfois signal&eacute;s        par les t&eacute;moins. Certains physiciens ont n&eacute;anmoins r&eacute;pondu        &agrave; ces arguments. Notamment le physicien Jean-Pierre Petit gr&acirc;ce        &agrave; son mod&egrave;le propulsion inspir&eacute; par la MHD (magn&eacute;tohydrodynamique)</font></span><font size=+0><a NAME="_ftnref1" href="#_ftn1" title=""></a><span style='font-size:8.0pt;font-family:Helvetica; '><a NAME="_ftnref1" href="#_ftn1" title=""></a></span><a href="#_ftn1" name="_ftnref1" title=""></a><span style='font-size:8.0pt;font-family:Helvetica; '><sup>[1]</sup></span><span  style='font-family:Helvetica'>. Dans un ouvrage r&eacute;cent, Jean-Pierre Pharabod        qualifie cet argument anti-ovni de  pseudo-constatation  et explique qu'        il y a belle lurette que les ing&eacute;nieurs a&eacute;ronautiques am&eacute;ricains        ont r&eacute;ussi &agrave; &eacute;vacuer ce fameux mur du son, du moins        &agrave; l'int&eacute;rieur de souffleries transsoniques </span><a NAME="_ftnref2" href="#_ftn2" title=""></a><span style='font-size:8.0pt;font-family:Helvetica; '><a NAME="_ftnref2" href="#_ftn2" title=""></a></span><a href="#_ftn2" name="_ftnref2" title=""></a><span style='font-size:8.0pt;font-family:Helvetica; '><sup>[2]</sup></span><span  style='font-family:Helvetica'>. N'&eacute;tant pas physicien, je ne peux prendre        part &agrave; cette discussion. Il y a par contre un autre aspect du d&eacute;bat        sur lequel j'ai quelque prise.</span></font></font></div>     <div class=Section1></div>     <div class=Section1><font face="helvetica"><span  style='font-family:Helvetica'><font size=+0>De fa&ccedil;on g&eacute;n&eacute;rale,        les porte-parole de la science expliquent que si les ovnis existaient, ils        n'auraient pas pu passer inaper&ccedil;us aussi longtemps sans que les scientifiques        s'en aper&ccedil;oivent, et plus particuli&egrave;rement les astronomes.        Les ovnis apparaissent dans le ciel, les astronomes &eacute;tudient le ciel.        Donc Mais voil&agrave;, les astronomes ne voient pas d'ovnis. Dixit certains        porte parole de la profession comme James Lequeux ou Andr&eacute; Brahic</font></span><font size=+0><a NAME="_ftnref3" href="#_ftn3" title=""></a><span style='font-size:8.0pt; font-family:Helvetica;'><a NAME="_ftnref3" href="#_ftn3" title=""></a></span><a href="#_ftn3" name="_ftnref3" title=""></a><span style='font-size:8.0pt; font-family:Helvetica;'><sup>[3]</sup></span><span  style='font-family:Helvetica'>. S'il y a une remarque na&iuml;ve, c'est bien celle-l&agrave;.        Pour plusieurs raisons. D'abord, il arrive que des astronomes voient des        ovnis. Ensuite, sans un programme de recherche, il n'y a aucune raison pour        qu'un ph&eacute;nom&egrave;ne s'impose aux chercheurs.</span></font></font></div>     <div class=Section1></div>     <div class=Section1><font face="helvetica"><span  style='font-family:Helvetica'><font size=+0>Donc, les astronomes voient parfois        des ovnis. Exemple fameux : l'observation faite par Clyde Tombaugh, l'astronome        qui d&eacute;couvrit la plan&egrave;te Pluton, en 1949 &agrave; Las Cruces.        Une s&eacute;rie de rectangles faiblement lumineux. D'autres exemples existent.        Ainsi, Donald Menzel, grand pourfendeur des soucoupes volantes, observa        en 1949 une lumi&egrave;re non identifi&eacute;e dans le ciel du Nouveau        Mexique. Son rapport figure dans les archives du programme militaire am&eacute;ricain        d'&eacute;tude des ovnis, le projet Blue Book. Une observation d'ovnis par        un astronome ne signifie rien quant &agrave; la r&eacute;alit&eacute; d'&eacute;ventuels        ph&eacute;nom&egrave;nes inexpliqu&eacute;s : les astronomes peuvent se        tromper comme tout le monde. Mais cela indique qu'ils ne sont pas &agrave;        l'abri du  syndrome ovni , quels que soient les ovnis. Ce qui n'a rien        d'&eacute;tonnant d'ailleurs car, pour voir un ovni, un astronome doit se        trouver dans la m&ecirc;me situation que les autres t&eacute;moins recens&eacute;s        par les ufologues. En effet, lorsqu'ils voient des ovnis, ces astronomes        sont dans une situation non professionnelle, ils ne sont pas dans le cadre        de leur travail. Tout est l&agrave;. Du coup, ils observent avec leurs yeux.        &Agrave; cela rien de plus normal : apr&egrave;s tout un astronome aussi        a besoin de ses yeux. Il observe le ciel, non ? Et bien non, justement.        Cest un point tr&egrave;s important : le succ&egrave;s des sciences au        cours des deux derniers si&egrave;cles a &eacute;t&eacute; de passer de        lobservation de la nature &agrave; la production des faits scientifiques.        Au d&eacute;part, les savants recueilliaient les ph&eacute;nom&egrave;nes        aupr&egrave;s dinformateurs (les ph&eacute;nom&egrave;nes m&eacute;t&eacute;orologiques,        les esp&egrave;ces animales, etc.). Aujourdhui, les faits scientifiques        sont produits en laboratoire, la plupart dentre-eux sont dailleurs totalement        invisibles sans les instruments scientifiques actuels. Ce passage de lobservation        et de la collecte &agrave; la production des faits a n&eacute;cessit&eacute;        de discipliner ces faits et de souvent transformer leur identit&eacute;.        Dans le cas des astronomes, l'observation visuelle a &eacute;t&eacute; remplac&eacute;e        par l'observation instrumentale. Les instruments sont plus sensibles que        les yeux.</font></span></font></div>     <div class=Section1></div>     <div class=Section1><font face="helvetica"><span  style='font-family:Helvetica'><font size=+0>Mais ces instruments sont calibr&eacute;s        pour des programmes de recherches pr&eacute;cis qui n'ont pas &eacute;t&eacute;        pr&eacute;vus pour les ovnis. En science, pour voir il convient de cr&eacute;er        les conditions qui le permettent. Or, les instruments de l'astronomie sont        con&ccedil;us pour des objets lointains, pas pour des objets proches. De        plus, si le regard scientifique s'appuie sur des instruments, il ne faut        pas non plus oublier les r&eacute;seaux de coll&egrave;gues qui acheminent        l'information et les th&eacute;ories qui permettent de leur donner sens.        Et il nexiste pas, &agrave; tort ou &agrave; raison  l&agrave; n'est pas        le propos , de r&eacute;seau de scientifiques pr&eacute;occup&eacute;s        par des choses comme les ovnis. Il est tout &agrave; fait possible que,        de temps &agrave; autre, des astronomes ou d'autres scientifiques fassent        des observations et ne sachent tout simplement pas quoi en faire ni &agrave;        qui les rapporter</font></span><font size=+0><a NAME="_ftnref4" href="#_ftn4" title=""></a><span  style='font-size:8.0pt;font-family:Helvetica;'><a NAME="_ftnref4" href="#_ftn4" title=""></a></span><a href="#_ftn4" name="_ftnref4" title=""></a><span  style='font-size:8.0pt;font-family:Helvetica;'><sup>[4]</sup></span><span  style='font-family:Helvetica'>.</span></font></font></div>     <div class=Section1></div>     <div class=Section1><font face="helvetica"><span  style='font-family:Helvetica'><font size=+0>Quelques scientifiques ont expliqu&eacute;        qu'il n'y avait rien &agrave; trouver. Comme le disait Carl Sagan :  les        cas int&eacute;ressants ne sont pas fiables et les cas fiables ne sont pas        int&eacute;ressants </font></span><font size=+0><a NAME="_ftnref5" href="#_ftn5" title=""></a><span style='font-size:8.0pt;font-family:Helvetica; '><a NAME="_ftnref5" href="#_ftn5" title=""></a></span><a href="#_ftn5" name="_ftnref5" title=""></a><span style='font-size:8.0pt;font-family:Helvetica; '><sup>[5]</sup></span><span  style='font-family:Helvetica'>. Dans un livre r&eacute;cent, Andr&eacute; Brahic        affirme :  chaque fois que les scientifiques se sont pench&eacute;s sur        ces t&eacute;moignages, ils ont trouv&eacute; une explication simple quand        le rapport contenait suffisamment d'informations et ils n'ont pas pu conclure        lorsque les faits &eacute;taient vagues, impr&eacute;cis et incomplets.         Si seulement les choses pouvaient &ecirc;tre aussi limpides ! Car, force        est de le constater, les analyses auxquelles les scientifiques se sont         chaque fois  livr&eacute;es peuvent &ecirc;tre qualifi&eacute;es de dilettantes.        Si l'on excepte le travail effectu&eacute; par le GEPAN</span><a NAME="_ftnref6" href="#_ftn6" title=""></a><span style='font-size:8.0pt;font-family:Helvetica; '><a NAME="_ftnref6" href="#_ftn6" title=""></a></span><a href="#_ftn6" name="_ftnref6" title=""></a><span style='font-size:8.0pt;font-family:Helvetica; '><sup>[6]</sup></span><span  style='font-family:Helvetica'> au cours de ses premi&egrave;res ann&eacute;es        d'existence, il est bien difficile de citer une &eacute;tude scientifique         officielle  du probl&egrave;me. De m&ecirc;me, quand des scientifiques        se sont risqu&eacute;s &agrave; prendre position, il est difficile de dire        quils avaient les moyens de leurs affirmations. Cela ne signifie pas que        s'ils y avaient pass&eacute; davantage de temps ils auraient forc&eacute;ment        chang&eacute; d'avis ou qu'ils auraient d&eacute;couvert que nous sommes        envahis par les extraterrestres. Simplement, le temps qu'ils y ont pass&eacute;s        ne leur a de toute fa&ccedil;on pas permis de poser correctement le probl&egrave;me        et de trouver quoi que ce soit.&nbsp;</span></font></font></div>     <div class=Section1></div>     <div class=Section1><font size="+0" face="helvetica">La situation des ovnis        &eacute;voque, et c'est bien s&ucirc;r la tarte &agrave; la cr&egrave;me        dans ce genre de discussion, l'affaire des m&eacute;t&eacute;orites. Rapide        rappel : en 1803, Jean-Baptiste Biotd&eacute;montra &agrave; l'Acad&eacute;mie        des Sciences l'existence des  pierres qui tombent du ciel , connues auparavant        par les r&eacute;cits de t&eacute;moins occasionnels et les collections        des cabinets de curiosit&eacute;s<a NAME="_ftnref7" href="#_ftn7" title=""></a><span style='font-size:8.0pt;font-family:Helvetica; '><a NAME="_ftnref7" href="#_ftn7" title=""></a></span><a href="#_ftn7" name="_ftnref7" title=""></a><span style='font-size:8.0pt;font-family:Helvetica; '><sup>[7]</sup></span><span  style='font-family:Helvetica'>. Avant Biot et quelques autres, les chutes de m&eacute;t&eacute;orites        &eacute;taient expliqu&eacute;es de fa&ccedil;on prosa&iuml;que. Pour deux        raisons : dabord la cat&eacute;gorie  m&eacute;t&eacute;orites  n'existait        pas ; &agrave; la place il y avait des curiosit&eacute;s qui regroupaient        des choses tr&egrave;s diff&eacute;rentes, &agrave; linstar de la cat&eacute;gorie         ovnis  de nos jours qui r&eacute;unit des ph&eacute;nom&egrave;nes connus        mal identifi&eacute;s, des ph&eacute;nom&egrave;nes naturels inconnus, etc.        Dautre part, les savants se contentaient des explications classiques qui        r&eacute;duisaient par exemple les  pierres tomb&eacute;es des nuages         &agrave; des roches volcaniques expuls&eacute;es des crat&egrave;res en        activit&eacute;. On peut ainsi tr&egrave;s bien imaginer que, s'il existe        des ph&eacute;nom&egrave;nes naturels inconnus derri&egrave;re certains        ovnis, leur observation suscite des explications de type ballon sonde, avion        exp&eacute;rimental, etc. Cela ne veut pas dire qu'on doive interpr&eacute;ter        la moindre lumi&egrave;re comme un tel ph&eacute;nom&egrave;ne mais plut&ocirc;t        que, pour construire l'identit&eacute; d'un &eacute;ventuel ph&eacute;nom&egrave;ne        nouveau, les scientifiques doivent &eacute;laborer un univers socio-technique        qui aille au-del&agrave; des t&eacute;moignages.</span></font></div>     <div class=Section1></div>     <div class=Section1><font size="+0" face="helvetica">Entre les pierres qui        tombent du ciel des paysans du XVIIe si&egrave;cle et les m&eacute;t&eacute;orites        dont Jean-Baptiste Biot  d&eacute;montra l'existence  devant lAcad&eacute;mie        en 1803, il y a peu de points communs. Les paysans parlaientde pierres tombant        des nuages dot&eacute;es de vertus curatives, Biot construit un objet quil        d&eacute;pouille de toutes ces caract&eacute;ristiques populaires pour le        rendre &agrave; la m&eacute;canique c&eacute;leste. On loublie trop souvent        lorsquon dit que  Biot a prouv&eacute; que les paysans avaient raison        . Ce qua fait Biot, cest d&eacute;montrer quil avait raison, lui. Biot        ne cherchait pas &agrave; confirmer que les t&eacute;moins et les amateurs        de curiosit&eacute;s &eacute;taient dans le vrai. Ces derniers regroupaient        m&eacute;t&eacute;orites et autres objets &eacute;nigmatiques parmi les         pierres de foudre  auxquelles Biot ne croyait pas. Il n'a pas d&eacute;montr&eacute;        l'existence de pierres tombant des nuages aux vertus curatives mais bien        l'existence d'  uranolithes , de corps circulant &agrave; travers le syst&egrave;me        solaire et croisant l'orbite de la Terre. Il sint&eacute;ressait juste        &agrave; certains d&eacute;tails des t&eacute;moignages. Ceux-ci, associ&eacute;s        &agrave; la pluie exceptionnelle de LAigle en 1803 lui ont permis de <i>traduire        devant ses coll&egrave;gues</i> les r&eacute;cits et les objets recueillis        sous forme dun ph&eacute;nom&egrave;ne naturel. La comparaison avec Biot        sav&egrave;re pertinente dans le cadre dovnis quon supposerait &ecirc;tre        des ph&eacute;nom&egrave;nes naturels inconnus. Seule une partie des ovnis        finira alors sur la paillasse du chercheur et la r&eacute;volution qui en        r&eacute;sultera naura rien &agrave; voir avec celle soup&ccedil;onn&eacute;e        par certains ufologues qui esp&egrave;rent d&eacute;tcter la pr&eacute;sence        d'extraterrestres.</font></div>     <div class=Section1></div>     <div class=Section1><font face="helvetica"><span  style='font-family:Helvetica'><font size=+0>Soyons clair : il ne s'agit pas d'utiliser        l'exemple des m&eacute;t&eacute;orites pour dire que les ovnis existent        parce qu'ils semblent subir le m&ecirc;me sort. Il s'agit simplement de        dire que l'argument comme quoi  les ovnis n'existent pas parce que la plupart        sont expliqu&eacute;s et parce que les astronomes n'en voient pas  est        un argument boiteux. Les diff&eacute;rences entre astronomes et t&eacute;moins        d'ovnis ne tiennent nullement &agrave; des diff&eacute;rences entre rationalit&eacute;        et irrationalisme mais davantage entre les fa&ccedil;ons d'habiller le regard        et de produire des faits. Les scientifiques observent la nature &agrave;        travers des instruments ; les t&eacute;moins d'ovnis &agrave; travers les        grilles de lecture de la culture dite populaire. D'autre part, les ph&eacute;nom&egrave;nes        &eacute;tudi&eacute;s par les scientifiques ne fonctionnent pas comme les        objets &eacute;tudi&eacute;s un physicien comme Biot. Les ph&eacute;nom&egrave;nes        naturels du type  m&eacute;t&eacute;orites  sont rares et ne constituent        plus de nos jours le lot quotidien du scientifique. On ne cherche plus &agrave;        observer, &agrave; surprendre des ph&eacute;nom&egrave;nes naturels ; on        les produit, on les fabrique en laboratoire par le biais d'exp&eacute;riences        co&ucirc;teuses. Biot est all&eacute; &agrave; la p&ecirc;che aux m&eacute;t&eacute;orites        avec une &eacute;puisette. Les &eacute;puisettes modernes ont pour nom acc&eacute;l&eacute;rateur        de particules, microscope &eacute;lectronique, spectrom&egrave;tre de masse,        etc. De Biot &agrave; la physique moderne, l'organisation de l'activit&eacute;        scientifique et la forme des ph&eacute;nom&egrave;nes &eacute;tudi&eacute;s        ont &eacute;t&eacute; profond&eacute;ment remani&eacute;es. Les scientifiques        &eacute;tudient des ph&eacute;nom&egrave;nes souvent si t&eacute;nus (cf.        l'exemple des neutrinos) qu'ils n&eacute;cessitent de vastes r&eacute;seaux        d'observations instrumentales ; les t&eacute;moins voient les ovnis s'imposer        &agrave; eux sans qu'ils n'aient rien demand&eacute;.</font></span></font></div>     <div class=Section1></div>     <div class=Section1><font face="helvetica"><span  style='font-family:Helvetica'><font size=+0>Peut-&ecirc;tre est-il plus int&eacute;ressant        de comparer les soucoupes avec le magn&eacute;tisme animal, ce  ph&eacute;nom&egrave;ne        paranormal  du XVIIIe si&egrave;cle. Franz Anton Mesmer pr&eacute;tendait,        en 1784, que les &eacute;tats magn&eacute;tiques dans lesquels il plongeait        ses patients &eacute;taient la preuve de lexistence dun fluide qui emplissait        l'univers et que le magn&eacute;tiseur pouvait canaliser et diriger sur        une personne. Comme les Acad&eacute;miciens nont pas r&eacute;ussi &agrave;        isoler ce fluide, ils en ont conclu que les magn&eacute;tis&eacute;s &eacute;taient        des sujets facilement influen&ccedil;ables dot&eacute;s de trop dimagination</font></span><font size=+0><a NAME="_ftnref8" href="#_ftn8" title=""></a><span  style='font-size:8.0pt;font-family:Helvetica;'><a NAME="_ftnref8" href="#_ftn8" title=""></a></span><a href="#_ftn8" name="_ftnref8" title=""></a><span  style='font-size:8.0pt;font-family:Helvetica;'><sup>[8]</sup></span><span  style='font-family:Helvetica'>.&nbsp;</span></font></font></div>     <div class=Section1></div>     <div class=Section1><font face="helvetica"><span  style='font-family:Helvetica'><font size=+0>Or, les commissions sur les soucoupes        fonctionnent comme les commissions mises en place au XVIIIe si&egrave;cle        sur le magn&eacute;tisme animal : elles ne posent le probl&egrave;me que        sous un angle tr&egrave;s pr&eacute;cis. En dehors de cet angle, point de        salut, ou plut&ocirc;t point de r&eacute;alit&eacute;. Si l'on compare avec        les ovnis, la situation est identique : on narrive pas &agrave; mettre        la main sur les ovnis en d&eacute;pit des t&eacute;moignages qui font &eacute;tat        dun ph&eacute;nom&egrave;ne de grande ampleur. On peut m&ecirc;me affirmer        que la capacit&eacute; &agrave; d&eacute;montrer lexistence des ovnis est        inversement proportionnelle &agrave; limportance de la  rencontre . Plus        lovni interagit avec le t&eacute;moin, plus le ph&eacute;nom&egrave;ne        est renvoy&eacute; par les sceptiques &agrave; la psychologie.&nbsp;</font></span></font></div>     <div class=Section1></div>     <div class=Section1><font face="helvetica"><span  style='font-family:Helvetica'><font size=+0>Or, une fois devenu  hypnose , le        magn&eacute;tisme animal a r&eacute;ussi &agrave; se frayer un chemin et        s'extraire de la cat&eacute;gorie des sciences occultes. On peut donc imaginer        que, mieux pos&eacute;e, la question des ovnis pourrait donner autre chose.        On pourrait penser que les ovnis correspondent plus au mod&egrave;le du        magn&eacute;tisme qu'&agrave; celui des m&eacute;t&eacute;orites. Mais les        sceptiques font la m&ecirc;me erreur que les Acad&eacute;miciens. Pour eux,        si le ph&eacute;nom&egrave;ne est insaisissable, il rel&egrave;ve de limagination.        Cest possible. Il demeure n&eacute;anmoins, &agrave; limage des situations        hypnotiques</font></span><font size=+0><a NAME="_ftnref9" href="#_ftn9" title=""></a><span  style='font-size:8.0pt;font-family:Helvetica;'><a NAME="_ftnref9" href="#_ftn9" title=""></a></span><a href="#_ftn9" name="_ftnref9" title=""></a><span  style='font-size:8.0pt;font-family:Helvetica;'><sup>[9]</sup></span><span  style='font-family:Helvetica'>, des  situations dexp&eacute;rience ovni .</span></font></font></div>     <div class=Section1></div>     <div class=Section1>        <p><font face="helvetica"><span  style='font-family:Helvetica'><font size=+0>Pour d&eacute;couvrir ce que ces situations          recouvrent, il est n&eacute;cessaire de poser la question de la r&eacute;alit&eacute;          des ovnis autrement. Comment se d&eacute;faire de larbitraire et discipliner          les faits ? Comment passer du r&egrave;gne de lopinion &agrave; celui          de lexp&eacute;rience ? Comment passer de lobservation fugitive et accidentelle          de soucoupes volantes au recueil de donn&eacute;es sur des ph&eacute;nom&egrave;nes          a&eacute;riens ? Comment transformer le t&eacute;moin en instrument ?          En parapsychologie par exemple, en passant des collections de poltergeist          et de fant&ocirc;mes aux exp&eacute;riences de laboratoire de la chaire          de parapsychologie de l'universit&eacute; d'Edimbourg, une partie des          ph&eacute;nom&egrave;nes a &eacute;t&eacute; domestiqu&eacute;e et les          questions de d&eacute;part ont &eacute;t&eacute; profond&eacute;ment transform&eacute;es.</font></span></font></p>       <p>&nbsp;</p>     </div>   </blockquote>   <div class=Section1>      <div class="MsoNormal" style="text-align:justify;line-height: 18.0pt"></div>     <div class="MsoNormal" style="text-align:justify;line-height: 18.0pt"></div>     <p class="MsoNormal" style="text-align:justify;line-height:18.0pt"><font face="helvetica"><span style='font-family:Helvetica'><a NAME="DEUX"></a><b><font size=+1>2        -  La soucoupe n'est pas un fait scientifique mais un fait de croyance        </font></b></span> </font>     <p class="MsoNormal" style="text-align:justify;line-height:18.0pt">&nbsp;    </div>   <blockquote>      <div class=Section1><font face="helvetica"><span  style='font-family:Helvetica'><font size=+0>Si les amateurs voient des choses        que les scientifiques ne voient pas, on suppose que c'est parce qu'ils ont        &agrave; la fois quelque chose en moins par rapport &agrave; ces scientifiques        (la m&eacute;thode) et quelque chose en plus (la pens&eacute;e magique,        le besoin de merveilleux). Un foss&eacute; infranchissable est cens&eacute;        courir entre l'esprit rationnel des scientifiques et l'esprit irrationnel        des t&eacute;moins. Bref, on est en droit de se demander si les ovnis ne        m&eacute;riteraient pas moins une &eacute;tude scientifique quune &eacute;tude        sociologique. Les amateurs d'ovnis sont ici victimes du discours classique        sur les pseudosciences. Il y aurait deux formes de pens&eacute;e radicalement        diff&eacute;rentes. D'un c&ocirc;t&eacute;, la pens&eacute;e droite de la        science, de l'autre le chemin tortueux de l'irrationnel</font></span><font size=+0><a NAME="_ftnref10" href="#_ftn10" title=""></a><span style='font-size:8.0pt;font-family:Helvetica; '><a NAME="_ftnref10" href="#_ftn10" title=""></a></span><a href="#_ftn10" name="_ftnref10" title=""></a><span style='font-size:8.0pt;font-family:Helvetica; '><sup>[10]</sup></span><span  style='font-family:Helvetica'>. D'un c&ocirc;t&eacute; le scientifique observant        la nature sans pr&eacute;jug&eacute;s, de l'autre l'amateur de soucoupes        qui en voit partout au m&eacute;pris des faits. Mais il n'y a pas plus d'irrationnel        que de pens&eacute;e magique ou de superstitions. Les anthropologues et        les sociologues auxquels on demande toujours d'expliquer pourquoi il y a        tant de diff&eacute;rences entre les esprits rationnels et les esprits irrationnels,        entre les scientifiques et les  para-scientifiques , ne peuvent que r&eacute;pondre        qu'ils ne comprennent pas ce que ce partage recouvre.</span></font></font></div>     <div class=Section1></div>     <div class=Section1>        <p><font face="helvetica"><span  style='font-family:Helvetica'><font size=+0>Les pseudosciences n'existent pas.          L'irrationnel est une invention. Seul existe un discours d&eacute;nonciateur          qui se cache sous les apparences du diagnostic sociologique ou psychologique          et utilise des termes aussi opaques que  pens&eacute;e magique ,  croyance           etc. Pour qu'il y ait des parasciences, il faudrait qu'il y ait des          sciences telles qu'on en d&eacute;crit dans les livres d'&eacute;pist&eacute;mologie          et les dictionnaires rationalistes. Des sciences dures, rationnelles,          insensibles aux modes et aux tendances de la soci&eacute;t&eacute;, &agrave;          la pens&eacute;e droite et sans bavure. Or ces sciences, c'est d&eacute;sormais          certain, n'existent pas. Ou, pour &ecirc;tre plus clair, disons qu'il          existe des pratiques scientifiques mais pas de pens&eacute;e scientifique.          Qu'il existe des r&eacute;seaux scientifiques mais pas de raison scientifique.          Le danger des parasciences s'&eacute;vanouit donc avec elles. Mais comment          peut-on nier l'existence de la parapsychologie, de l'ufologie, de la voyance,          etc. ? Il n'est pas question de nier l'existence de disciplines, de discours,          de pratiques ; seulement de nier qu'il existe une forme de pens&eacute;e          sp&eacute;cifique aux parasciences. Les parasciences ne sont pas des pseudosciences,          elles ne renvoient pas &agrave; un tiers monde de la pens&eacute;e. Il          s'agit de nier leur caract&egrave;re irrationnel et une bonne part du          danger qu'on leur attribue lorsqu'on les assimile &agrave; des virus intellectuels          qui contamineraient l'esprit du public. L'irrationnel est le mill&eacute;narisme          de l'Occidental &eacute;lev&eacute; dans la croyance aux sciences. L'irrationnel,          les parasciences ont &eacute;t&eacute; invent&eacute;es par les rationalistes          pour nous faire peur, tels l'ogre ou le loup des contes. Quand l'homme          occidental refuse d'aller dormir et veut inventer des portions de la r&eacute;alit&eacute;          sans en r&eacute;f&eacute;rer directement aux porte-parole de la connaissance          scientifique, un peu &agrave; la fa&ccedil;on des amateurs d'art qui jouent          du pinceau le week-end, les porte-parole de la culture savante inventent          des dangers venus du fond de l'esprit humain comme les cin&eacute;astes          inventent des invasions martiennes.</font></span></font></p>       <p>&nbsp;</p>     </div>   </blockquote>   <div class=Section1>      <div class="MsoNormal" style="text-align:justify;line-height: 18.0pt"></div>     <div class="MsoNormal" style="text-align:justify;line-height:18.0pt">       <p><font face="helvetica"><span style='font-family:Helvetica'><a NAME="TROIS"></a><b><font size=+1>3          -  Les soucoupes sont un pur produit de la Guerre froide </font></b></span></font></p>       <p>&nbsp;</p>     </div>   </div>   <blockquote>      <div class=Section1><font face="helvetica"><span  style='font-family:Helvetica'><font size=+0>Voil&agrave; l'argument imparable        des d&eacute;batteurs qui ont un peu de culture et qui se souviennent que        les soucoupes sont apparues en 1947, l'ann&eacute;e du plan Marshall. Pourtant,        l'analyse de la situation nous montre que les gens ne se sont pas mis &agrave;        voir des soucoupes parce qu'il y avait un climat de tension qui s'organisait.        Non, c'est plut&ocirc;t parce qu'ils ont commenc&eacute; &agrave; voir des        soucoupes qu'ils se sont interrog&eacute;s sur leur origine et ont ainsi        contribu&eacute; &agrave; renforcer le climat de Guerre froide. En effet,        le probl&egrave;me de cette explication est son caract&egrave;re asym&eacute;trique.        On r&eacute;serve aux t&eacute;moins de soucoupes des explications qu'on        n'oserait pas servir pour les acteurs de la sc&egrave;ne politique.&nbsp;</font></span></font></div>     <div class=Section1></div>     <div class=Section1><font face="helvetica"><span  style='font-family:Helvetica'><font size=+0>On ne conteste pas &agrave; des acteurs        comme le pr&eacute;sident Harry Truman ou le diplomate George Kennan leur        r&ocirc;le actif dans la mise en place de ce climat. Lorsqu'on passe aux        t&eacute;moins de soucoupes, on n'y voit plus des acteurs de l'histoire        &agrave; part enti&egrave;re mais des sujets passifs qui se laisseraient        entra&icirc;ner par le courant. Bref, on a recours &agrave; des explications        radicalement diff&eacute;rentes selon que les acteurs ont laiss&eacute;        leur nom &agrave; la tribune de l'histoire ou dans les faits divers. Pourtant        les historiens ont montr&eacute; depuis belle lurette qu'un tel traitement        des &eacute;v&eacute;nements r&eacute;v&eacute;lait plus les pr&eacute;jug&eacute;s        de l'analyste que la mani&egrave;re dont les faits s'&eacute;taient effectivement        d&eacute;roul&eacute;s. Pourquoi devrions-nous traiter Truman et Arnold        diff&eacute;remment ? Pourquoi le premier aurait-il &eacute;crit l'histoire        alors que le second aurait &eacute;t&eacute; &eacute;crit par l'histoire        ? Pourquoi le premier aurait-il influenc&eacute; les &eacute;v&eacute;nements        alors que le second aurait &eacute;t&eacute; influenc&eacute; par eux ?        Lorsque l'historien Carlo Ginzburg s'int&eacute;resse &agrave; Menocchio,        un meunier frioulan du XVIe si&egrave;cle qui d&eacute;fend devant l'Inquisition        une cosmologie &agrave; base de fromages et de vers, il montre que l'on        peut l'&eacute;tudier comme on &eacute;tudierait la cosmologie de Giordano        Bruno. Il montre que l'on ne peut plus maintenir l'id&eacute;e d'un partage        entre culture savante et culture populaire. Tous les acteurs sont &eacute;gaux        devant l'historien. Tous ont droit au m&ecirc;me traitement. Tous sauf,        apparemment, les t&eacute;moins de soucoupes volantes de l'&eacute;t&eacute;        1947. Lorsque les historiens se penchent sur la culture de ce si&egrave;cle,        ils y incluent rarement des productions comme les soucoupes volantes ou        la science-fiction populaire. Leurs r&eacute;f&eacute;rences s'arr&ecirc;tent        toujours &agrave; ce qu'ils consid&egrave;rent comme personnellement noble        et digne d'int&eacute;r&ecirc;t. Le reste est laiss&eacute; aux fans de        s&eacute;ries B et aux collectionneurs de <i>pulps</i> et de fanzines. Et        lorsque, par hasard ou par chance, certains d'entre eux se penchent sur        des sous produits de la culture, la science-fiction par exemple, c'est pour        en examiner le dessus du panier. Ils avouent alors lire Asimov ou Bradbury        mais ignorent et veulent ignorer tout des nombreux auteurs qui gagnaient        1 ou 2 <i>cents</i> le mot en vendant d'innombrables histoires aux magazines        aux couvertures bariol&eacute;es qui s'&eacute;talaient &agrave; la devanture        des kiosques. Bref, les historiens n'ont pas saisi que la culture de masse        de ce si&egrave;cle fait quasi syst&eacute;matiquement r&eacute;f&eacute;rence        aux sciences et aux techniques. Les soucoupes volantes marquent ce si&egrave;cle        comme la sorcellerie marque le XVIe.</font></span></font></div>     <div class=Section1></div>     <div class=Section1>        <p><font face="helvetica"><span  style='font-family:Helvetica'><font size=+0>Et pourquoi donc ? Parce qu'elles          n'existent pas ? Mais ce n'est pas &agrave; l'historien de poser un telle          question. Pas plus que de d&eacute;cider de la pertinence des mod&egrave;les          cosmologiques de Menocchio. Kenneth Arnold est le Mennochio du XXe si&egrave;cle.          Et l'histoire devrait se pencher sur lui avec le m&ecirc;me int&eacute;r&ecirc;t          qui la pousse &agrave; se pencher sur la carri&egrave;re d'un des principaux          inventeurs de la politique &eacute;trang&egrave;re des Etats-Unis en 1947          comme George Kennan. On doit pouvoir aujourd'hui, et sans que cela paraisse          scandaleux, s'int&eacute;resser de la m&ecirc;me mani&egrave;re &agrave;          la fa&ccedil;on dont Arnold consulte, apr&egrave;s son observation, ses          amis pilotes et &agrave; la fa&ccedil;on dont Truman consulte, au m&ecirc;me          moment, dans le bureau ovale de la Maison-Blanche, les m&eacute;morandums          de ses conseillers. On doit pouvoir d&eacute;crire avec le m&ecirc;me          respect comment Arnold lit la presse &agrave; la recherche d'indices &eacute;tablissant          que les russes survolent le territoire US et comment Truman s'interroge          le 30 octobre 1947 sur la possibilit&eacute; d'une attaque par un satellite          russe qui n'existera pas avant dix ans</font></span><font size=+0><a NAME="_ftnref11" href="#_ftn11" title=""></a><span style='font-size:8.0pt;font-family:Helvetica; '><a NAME="_ftnref11" href="#_ftn11" title=""></a></span><a href="#_ftn11" name="_ftnref11" title=""></a><span style='font-size:8.0pt;font-family:Helvetica; '><sup>[11]</sup></span><span  style='font-family:Helvetica'>.&nbsp;</span></font></font></p>       <p>&nbsp;</p>     </div>   </blockquote>   <div class=Section1>      <div class="MsoNormal" style="text-align:justify;line-height: 18.0pt"></div>     <div class="MsoNormal" style="text-align:justify;line-height:18.0pt">       <p><font face="helvetica"><span style='font-family:Helvetica'><a NAME="QUATRE"></a><b><font size=+1>4          -  Les t&eacute;moins d'ovnis ont trop lu de science-fiction </font></b></span></font></p>       <p>&nbsp;</p>     </div>   </div>   <blockquote>      <div class=Section1><font face="helvetica"><span  style='font-family:Helvetica'><font size=+0>S'il y a une id&eacute;e difficile        &agrave; faire accepter, c'est bien celle selon laquelle, de nos jours,        des gens seraient isol&eacute;s de la culture populaire, comme la S-F. Avant        que les soucoupes n'envahissent le ciel des Etats-Unis en 1947, les kiosques        &eacute;taient remplis de pulps et de comics aux couleurs criardes. Dans        <i>Les Temps modernes</i> d'ao&ucirc;t-septembre 1946, un an avant les premiers        d&eacute;bats sur les soucoupes volantes, Jean-Paul Sartre &eacute;voque         ces cent millions d'Am&eacute;ricains qui trompent chaque jour leur immense        besoin de merveilleux, en lisant, dans les <i>Comics</i>, les aventures        de Superman, de Wonderwoman et de Mandrake le magicien.  Pour des intellectuels        comme Sartre, la culture populaire ne peut &ecirc;tre que per&ccedil;ue        comme n&eacute;gative. Au moment de la vague de soucoupes de l'automne 1954        en France, le film de George Pal <i>La Guerre des mondes</i> sortait sur        les &eacute;crans et les quotidiens publiaient des bandes dessin&eacute;es        de science-fiction. D&egrave;s 1951, l'astronome Evry Schatzman avait combattu        dans un m&ecirc;me article cet imp&eacute;rialisme am&eacute;ricain qui        se manifestait &agrave; travers les soucoupes et la science-fiction.  Il        est un genre litt&eacute;raire (?) populaire aux Etats-Unis :  Science        Fiction , romans pseudo-scientifiques, o&ugrave; le crime, la soumission        des races faibles par des races fortes, l'esclavage, la guerre de syst&egrave;me        plan&eacute;taire &agrave; syst&egrave;me plan&eacute;taire repose sur d'extravagantes        suppositions, la possibilit&eacute; de d&eacute;passer la vitesse de la        lumi&egrave;re, des forces myst&eacute;rieuses et envahissantes de vie,        l'existence d'une mati&egrave;re  contraterr&egrave;ne , etc Ces histoires,        d'une grande indigence intellectuelle, o&ugrave; le roman d'aventure le        plus vulgaire est renouvel&eacute; par les pr&eacute;tentions  scientifiques        , sont lues par des millions de jeunes gens en Am&eacute;rique. MM. Heard,        Keyhoe, Scully [auteurs des premiers livres sur les soucoupes], ont trop        lu de  Science Fiction  avant de commettre leurs malhonn&ecirc;tet&eacute;s        intellectuelles. </font></span><font size=+0><a NAME="_ftnref12" href="#_ftn12" title=""></a><span  style='font-size:8.0pt;font-family:Helvetica;'><a NAME="_ftnref12" href="#_ftn12" title=""></a><sup><a href="#_ftn12" name="_ftnref12" title="">[12]</a></sup></span></font></font></div>     <div class=Section1></div>     <div class=Section1>        <p><font face="helvetica"><span  style='font-family:Helvetica'><font size=+0>La discussion sur les soucoupes volantes          se trouve prise entre les bornes de cette alternative : tandis que les           sceptiques  liquident les soucoupes en les r&eacute;duisant &agrave;          des influences culturelles, les partisans des ovnis tentent de montrer          que cette influence ne s'exerce pas, que les t&eacute;moins ne lisaient          pas de science-fiction. Malheureusement, &agrave; notre &eacute;poque,          on ne peut plus croire qu'il existe encore des gens qui n'ont jamais entendu          parler de science-fiction et de soucoupes volantes. Doit-on donc se r&eacute;soudre          &agrave; conclure que les observations d'ovnis ne sont rien d'autres que          des m&eacute;prises d&eacute;form&eacute;es par des st&eacute;r&eacute;otypes          culturels ? Peut-on &eacute;tablir que, dans certains cas, les t&eacute;moins          n'en ont pas lu et ont d&eacute;crit fid&eacute;lement les faits ? Malheureusement,          en posant de telles questions, les  sceptiques  et les  croyants           font fausse route. Ils sont en d&eacute;saccord sur la r&eacute;ponse          mais ils s'entendent sur la question. Or, le probl&egrave;me ce n'est          pas dans la r&eacute;ponse mais bien dans la question. En effet, s'il          est ind&eacute;niable que les t&eacute;moins connaissent, m&ecirc;me de          loin, les th&egrave;mes v&eacute;hicul&eacute;s par une culture populaire          comme la S-F, on peut se demander si son influence s'exerce comme le croient           croyants  et  sceptiques . Ce qu'il faut contester, c'est la th&eacute;orie          selon laquelle certains ph&eacute;nom&egrave;nes, comme les soucoupes          volantes, seraient le r&eacute;sultat de perceptions influenc&eacute;es          par le contexte social et culturel. Mais il faut le faire sans nier l'existence          et l'importance de cette culture et en red&eacute;finissant plut&ocirc;t          sa place et sa fonction. En effet, telle qu'elle est formul&eacute;e,          la th&eacute;orie de l'influence culturelle pose deux probl&egrave;mes          : d'abord, cette th&eacute;orie se concentre sur les faits dits non scientifiques          et exclue les faits scientifiques de l'analyse sociale. Elle oblige &agrave;          se cantonner &agrave; une sociologie de l'erreur : seules les soucoupes          seraient le r&eacute;sultat de cette influence et pas les faits scientifiques          suppos&eacute;s &ecirc;tre immunis&eacute;s contre cette influence. Ensuite,          cette th&eacute;orie interdit de reconna&icirc;tre aux t&eacute;moins          et aux passionn&eacute;s d'ovnis la possibilit&eacute; d'&ecirc;tre leur          propre sociologue (pour la sociologie, il faudrait des experts, seuls          &agrave; m&ecirc;me d'avoir suffisamment de recul). Alors que les scientifiques          et les membres de la culture savante sont des acteurs qui d&eacute;voilent          le r&eacute;el ou le produisent, les t&eacute;moins de SV et autres amateurs          de parascience sont des &eacute;ponges culturelles qui se laissent porter          par le courant et gobent sans rien y comprendre des formes simplifi&eacute;es          de la culture savante transform&eacute;e en culture populaire. Malheureusement          pour cette th&eacute;orie, les faits scientifiques ne sont pas hors de          la culture et les t&eacute;moins sont eux aussi de bons sociologues. Avec          pour r&eacute;sultat de d&eacute;montrer que l'explication culturelle          s'applique bien aux soucoupes mais que cela ne permet pas de conclure          &agrave; leur inexistence.</font></span></font></p>       <p>&nbsp;</p>     </div>     <div class=Section1></div>   </blockquote>   <div class=Section1>      <div class="MsoNormal" style="text-align:justify;line-height:18.0pt">        <p><font face="helvetica"><span style='font-family:Helvetica'><a NAME="CINQ"></a><b><font size=+1>5          -  Sous l'emprise de leurs croyances, les gens ne savent pas reconna&icirc;tre          les ballons-sondes et V&eacute;nus </font></b></span></font></p>       <p>&nbsp;</p>     </div>     <div class="MsoNormal" style="text-align:justify;line-height:18.0pt"></div>   </div>   <blockquote>      <div class=Section1><font face="helvetica"><span  style='font-family:Helvetica'><font size=+0>D'apr&egrave;s certains esprits forts,        les gens seraient incapables de reconna&icirc;tre la Lune, un ballon-sonde,        V&eacute;nus, voire des avions. L'astrophysicien Andr&eacute; Brahic r&eacute;sume        une opinion r&eacute;pandue lorsqu'il affirme que  si l'on en croit certains        rapports, tout se passe comme si les extraterrestres ne se montraient qu'&agrave;        ceux qui n'ont aucune culture scientifique.  C'est totalement faux. Proposons        &agrave; Andr&eacute; Brahic l'exp&eacute;rience suivante : demander &agrave;        des personnes prises au hasard de dessiner un ballon-sonde, la lune, V&eacute;nus        etc, ou de les reconna&icirc;tre sur photo. R&eacute;sultat : tr&egrave;s        peu de gens se trompent. Ils ne savent pas forc&eacute;ment tous dessiner        mais ils savent tous &agrave; quoi ressemblent ces objets. Ce qu'ils ne        peuvent parfois pas reconna&icirc;tre, et qui est &agrave; l'origine des        observations de pseudo-ovnis, ce sont ces m&ecirc;mes objets <i>dans des        conditions d'observation directe</i>. En effet, le probl&egrave;me n'est        pas l'incapacit&eacute; des gens &agrave; reconna&icirc;tre ces objets ou        leur ignorance dans le domaine technologique et scientifique, mais bien        qu'ils ne connaissent  comme nous tous, &agrave; quelques exceptions pr&egrave;s         ces objets que par les livres ou la t&eacute;l&eacute;vision et que ces        objets se pr&eacute;sentent tr&egrave;s diff&eacute;remment selon qu'on        les voit dans un livre ou qu'on les observe dans le ciel.&nbsp;</font></span></font></div>     <div class=Section1></div>     <div class=Section1><font face="helvetica"><span  style='font-family:Helvetica'><font size=+0>Lorsqu'on ne nous la pas appris,        il n'y a absolument aucun moyen de faire le lien entre un objet vu et le        m&ecirc;me objet lu. C'est m&ecirc;me le contraire qui serait &eacute;tonnant.        Non seulement le m&ecirc;me ph&eacute;nom&egrave;ne se pr&eacute;sente sous        des aspects compl&egrave;tement diff&eacute;rents mais en plus les conditions        de perception ne sont absolument pas identiques. Lire un article illustr&eacute;        sur les satellites chez soi, confortablement install&eacute;, et observer        un ph&eacute;nom&egrave;ne c&eacute;leste auquel on nest pas pr&eacute;par&eacute;        dans un lieu &eacute;tranger sont deux choses bien distinctes. Il suffit        de d&eacute;crire le travail n&eacute;cessaire &agrave; un astronome amateur        pour apprendre &agrave; se rep&eacute;rer dans le ciel, les outils qu'il        est oblig&eacute; d'utiliser pour ne pas &ecirc;tre perdu face &agrave;        la vo&ucirc;te c&eacute;leste, pour comprendre que lorsqu'on n'a pas ces        outils on est facilement &eacute;bloui. Les astronomes amateurs observent        dans des conditions tout &agrave; fait particuli&egrave;res, apr&egrave;s        s'&ecirc;tre pr&eacute;par&eacute;s, aid&eacute;s par des outils qui cadrent        leurs perceptions. Quant aux astronomes professionnels, ils n'observent        pas le ciel mais des traces transmises par des instruments.</font></span></font></div>     <div class=Section1></div>     <div class=Section1><font face="helvetica"><span  style='font-family:Helvetica'><font size=+0>Bref, il n'y a pas besoin de psychologie        pour comprendre que les gens confondent parfois la Lune avec une soucoupe.        Il suffit simplement de comprendre comment leur culture scientifique a &eacute;t&eacute;        construite. Or, de nos jours, la culture scientifique est une culture livresque        qui n'est pas cens&eacute;e aider &agrave; construire une position d'observateur.&nbsp;</font></span></font></div>     <div class=Section1></div>     <div class=Section1><font face="helvetica"><span  style='font-family:Helvetica'><font size=+0>En d&eacute;finitive, ce qui appara&icirc;t        comme aberrant n'est pas la pr&eacute;tendue inculture scientifique des        t&eacute;moins d'ovnis mais, plut&ocirc;t, cette absence de r&eacute;flexion        de la part des sceptiques qui voient de l'irrationnel l&agrave; o&ugrave;        il n'y a rien dautre que la cons&eacute;quence de la mani&egrave;re dont        la culture scientifique est produite et diffus&eacute;e. Les gens ne sont        pas ignares, ils sont au contraire sur cultiv&eacute;s. Par contre, la culture        scientifique ne pr&eacute;voit pas les situations o&ugrave; l'on pourrait        &ecirc;tre amen&eacute; &agrave; voir, ailleurs que dans des livres ou sur        un &eacute;cran, ces objets produits par la science et la technique.</font></span></font></div>     <div class=Section1></div>     <div class=Section1>        <p><font face="helvetica"><span  style='font-family:Helvetica'><font size=+0>Il appara&icirc;t donc quil ny a          pas lieu dopposer la croyance des t&eacute;moins au savoir des scientifiques.          Il n'y a qu'une opposition entre des objets th&eacute;oriques et des objets          per&ccedil;us, entre des personnes qui ont les moyens de relier les deux          cat&eacute;gories et d'autres qui n'ont pas ces moyens. Il s'agit d'une          diff&eacute;rence d'&eacute;ducation scientifique tout &agrave; fait locale,          en aucun cas d'une divergence de pens&eacute;e ou de mentalit&eacute;.</font></span></font></p>       <p>&nbsp;</p>     </div>   </blockquote>   <div class=Section1>      <div class="MsoNormal" style="text-align:justify;line-height: 18.0pt"></div>     <div class="MsoNormal" style="text-align:justify;line-height:18.0pt">       <p><font face="helvetica"><span style='font-family:Helvetica'><a NAME="SIX"></a><b><font size=+1>Pourquoi          croyons-nous tant que les autres croient ?</font></b></span></font></p>       <p>&nbsp;</p>     </div>   </div>   <blockquote>      <div class=Section1><font face="helvetica"><span  style='font-family:Helvetica'><font size=+0>On entend dire souvent que l'ufologie        est une pseudoscience, que l'ovni est une forme de croyance, d'irrationnel.        A l'examen, les arguments des  sceptiques  sont <i>au moins</i> aussi        faibles que ceux qu'ils attribuent aux na&iuml;fs. Ils r&eacute;servent        en effet aux soucoupes des arguments qu'ils n'utilisent pas pour les faits        scientifiques  normaux . Finalement, ce sont eux les na&iuml;fs. Ils veulent        passer pour des gens s&eacute;rieux qui ne croient pas aux ovnis. Mais ils        croient dur comme fer qu'il existe des na&iuml;fs qui croient aux ovnis.        S'il y a bien une bizarrerie, c'est celle-l&agrave;. Et les sceptiques demandent        souvent au sociologue d'expliquer ces croyances et leurs raisons profondes.        Mais s'il y a une chose que la sociologie nous enseigne depuis peu, c'est        de ne pas croire en la croyance. Je m'explique : l'hypoth&egrave;se selon        laquelle les t&eacute;moins et les passionn&eacute;s d'ovnis ne se comportent        pas comme des esprits rationnels, l'hypoth&egrave;se selon laquelle il y        aurait une profonde diff&eacute;rence entre ceux qui examinent les faits        sans se laisser influencer par leurs croyances et ceux qui sont incapables        d'une telle ma&icirc;trise &eacute;pist&eacute;mologique et m&eacute;thodologique,        l'hypoth&egrave;se selon laquelle les t&eacute;moins et les amateurs de        soucoupes sont des na&iuml;fs &agrave; l'esprit influen&ccedil;able, cette        hypoth&egrave;se, pour s&eacute;duisante qu'elle puisse para&icirc;tre au        premier abord, ne fournit pas, finalement, une explication tr&egrave;s performante.        Tout d'abord, parce que, comme le faisait remarquer Isabelle Stengers :        le chercheur qui proc&egrave;de ainsi  utilise alors le type de technique        rh&eacute;torique par rapport &agrave; laquelle la science est cens&eacute;e        se d&eacute;marquer: utiliser le pouvoir des mots pour occulter une difficult&eacute;,        pour faire taire un probl&egrave;me </font></span><font size=+0><a NAME="_ftnref13" href="#_ftn13" title=""></a><span style='font-size:8.0pt; font-family:Helvetica;'><a NAME="_ftnref13" href="#_ftn13" title=""></a></span><a href="#_ftn13" name="_ftnref13" title=""></a><span style='font-size:8.0pt; font-family:Helvetica;'><sup>[13]</sup></span><span  style='font-family:Helvetica'> Ensuite, parce que des &eacute;tudes toujours plus        nombreuses en histoire et en sociologie des sciences, malheureusement inconnues        en dehors de quelques cercles de sp&eacute;cialistes, permettent d'&eacute;tablir        qu'il n'y a pas d'un c&ocirc;t&eacute; des gens s&eacute;rieux et de l'autre        des na&iuml;fs, qu'il n'y a pas d'un c&ocirc;t&eacute; du savoir et de l'autre        de la croyance. Il n'y a pas de diff&eacute;rences profondes entre la pens&eacute;e        des scientifiques et celle des amateurs de soucoupes ou de paranormal. Ce        r&eacute;sultat, qui a des implications importantes en sociologie, a aussi        des implications pratiques sur la fa&ccedil;on dont on traite les &eacute;nonc&eacute;s        dans le cadre des d&eacute;bats et notamment la diff&eacute;rence de traitement        que l'on r&eacute;serve aux amateurs d'ovnis par rapport aux scientifiques        qui &eacute;tudient la vie extraterrestre.</span></font></font></div>     <div class=Section1></div>     <div class=Section1><font face="helvetica"><span  style='font-family:Helvetica'><font size=+0>En fin de compte, r&eacute;p&eacute;tons-le,        la seule bizarrerie c'est l'id&eacute;e que les autres croient. Parler de        na&iuml;fs &agrave; propos des ufologues ou des t&eacute;moins d'ovnis revient        &agrave; ent&eacute;riner un mod&egrave;le aujourd'hui largement battu en        br&egrave;che de la culture scientifique selon lequel le public n'est bon        qu'&agrave; apprendre, de gr&eacute; ou de force, et non &agrave; discuter        la connaissance scientifique. Pendant deux si&egrave;cles au moins on a        envisag&eacute; que le savoir allait du haut vers le bas, des savants vers        le peuple. Le peuple devait apprendre. Lorsque des &eacute;nigmes comme        le magn&eacute;tisme animal, les ph&eacute;nom&egrave;nes spirites ou les        soucoupes volantes se produisaient, on invoquait l'irrationalit&eacute;,        on nommait &eacute;ventuellement une commission scientifique dont les conclusions        &eacute;taient invariablement les m&ecirc;mes : il n'y a rien et &ccedil;a        ne fait nullement avancer la science d'&eacute;tudier de tels ph&eacute;nom&egrave;nes.&nbsp;</font></span></font></div>     <div class=Section1></div>     <div class=Section1><font face="helvetica"><span  style='font-family:Helvetica'><font size=+0>Les savants ont du public et de son        pr&eacute;tendu  &eacute;merveillement face aux soucoupes  des id&eacute;es        tr&egrave;s na&iuml;ves, au moins autant que celles qu'ils attribuent &agrave;        ce public sur les soucoupes. Aujourd'hui d'autres mod&egrave;les que celui        de la science savante et de la n&eacute;cessit&eacute; de sa vulgarisation        pour contrer le  besoin de merveilleux  d'un public na&iuml;f ont apparu</font></span><font size=+0><a NAME="_ftnref14" href="#_ftn14" title=""></a><span style='font-size:8.0pt;font-family:Helvetica; '><a NAME="_ftnref14" href="#_ftn14" title=""></a></span><a href="#_ftn14" name="_ftnref14" title=""></a><span style='font-size:8.0pt;font-family:Helvetica; '><sup>[14]</sup></span><span  style='font-family:Helvetica'>. Aujourd'hui le savoir est n&eacute;goci&eacute;        et non plus seulement ingurgit&eacute; de gr&eacute; ou de force. Aujourd'hui        on ne peut plus se contenter de s&eacute;parer la connaissance et la croyance,        la science et la superstition. Les ethnopharmacologues &eacute;tudient les        rem&egrave;des des chamans, l'hypnose n'est plus une science occulte et        l'on commence (oh, encore si peu !) &agrave; &eacute;couter les malades        sur leur lit dh&ocirc;pital. Quand un non-savant s'exprime, on commence        &agrave; envisager de l'&eacute;couter et on l'invite, parfois, &agrave;        la table des n&eacute;gociations (ce n'est pas toujours de gaiet&eacute;        de cur et il faut se battre pour obtenir un tel droit de parole). Comme        l'hypnose, comme les rem&egrave;des de chamans, comme les irradi&eacute;s        de Mururoa, comme les d&eacute;bats sur la d&eacute;p&eacute;nalisation        du haschisch, les soucoupes nous offrent une formidable opportunit&eacute;        de suivre comment cette n&eacute;gociation s'op&egrave;re, comment certains        n&eacute;gocient le droit &agrave; produire des faits et de la connaissance        face &agrave; des experts qui ne peuvent plus se contenter d'&eacute;chappatoires        en invoquant le manque de culture scientifique ou la superstition. Ce qui        s'est g&eacute;n&eacute;ralis&eacute; avec les Verts, Act Up ou le G&eacute;n&eacute;ton,        on le trouvait d&egrave;s les ann&eacute;es cinquante dans les clubs soucoupistes        : cette volont&eacute; de la part d'amateurs de discuter les contenus des        savoirs scientifiques.  Nous avons un probl&egrave;me ; nous voulons qu'il        soit pris au s&eacute;rieux et nous ne voulons pas &ecirc;tre exclus du        d&eacute;bat &agrave; si peu de frais , clament tous ces acteurs. Or, si        l'on accepte que les savoirs sont discutables et n&eacute;gociables, il        faut renverser le sens de la critique : c'est le savant dont les id&eacute;es        doivent &ecirc;tre discut&eacute;es. La question n'est plus : pourquoi voit-on        des soucoupes ? Mais bien : pourquoi les scientifiques n'en voient-ils pas        ? Quels dispositifs utilisent-ils pour leur permettent de voir ces ph&eacute;nom&egrave;nes        scientifiques que personne ne voit et pas ces ovnis que n'importe qui peut        voir ? L'id&eacute;e n'est pas d'affirmer l'existence des soucoupes mais        de d&eacute;crire les moyens utilis&eacute;s pour rendre visibles les faits,        qu'il s'agisse des ovnis ou des trous noirs et de montrer ainsi que le partage        que l'on &eacute;tablit entre des esprits rationnels et des na&iuml;fs ne        tient pas. Il n'y a pas de Grand Partage, il n'y a que des petits partages        entre des fa&ccedil;ons de construire la r&eacute;alit&eacute;. Et s'il        n'y a pas de Grand Partage, il n'y a pas lieu de r&eacute;server un  traitement        de faveur  aux soucoupes et &agrave; leurs t&eacute;moins.</span></font></font></div>   </blockquote>   <div class=Section1>      <div class="MsoNormal" style="text-align:justify;line-height: 18.0pt"></div>     <div class="MsoNormal" style="text-align:justify;line-height:18.0pt">       <p><font face="helvetica"><span style='font-family:Helvetica'><b><font size=+1>O&ugrave;          sont les diff&eacute;rences ?</font></b></span></font></p>       <p>&nbsp;</p>     </div>   </div>   <blockquote>      <div class=Section1><font face="helvetica"><span  style='font-family:Helvetica'>Fort bien. Les arguments classiques servis &agrave;        propos des soucoupes sont d&eacute;faits. Deux questions se posent alors.&nbsp;</span></font></div>     <div class=Section1></div>     <div class=Section1><font face="helvetica"><span  style='font-family:Helvetica'>1)Pourquoi ces arguments reviennent-ils sans cesse        ?&nbsp;</span></font></div>     <div class=Section1><font face="helvetica"><span  style='font-family:Helvetica'>2)O&ugrave; se situent les diff&eacute;rences entre        science et parascience, entre astronomie et ufologie ?&nbsp;</span></font></div>     <div class=Section1></div>     <div class=Section1><font face="helvetica"><span  style='font-family:Helvetica'>Car il y a bien des diff&eacute;rences. A commencer        par celle du statut des deux domaines. Alors que les sciences sont valoris&eacute;es,        les disciplines comme l'ufologie sont rejet&eacute;es. Nous avons vu que        ces diff&eacute;rences ne sont pas aussi importantes qu'on pouvait le croire,        qu'il n'y a pas des esprits cr&eacute;dules oppos&eacute;s &agrave; des        savants. Mais, m&ecirc;me si elles ne permettent pas de rejeter les parasciences        comme l'ufologie dans un tiers-monde de la pens&eacute;e, m&ecirc;me si        elles illustrent la pluralit&eacute; des mondes culturels, les diff&eacute;rences        demeurent et ses traduisent tout le temps par l'affirmation d'un Grand Partage        entre rationalit&eacute; et irrationalit&eacute;.</span></font></div>     <div class=Section1></div>     <div class=Section1><font face="helvetica"><span  style='font-family:Helvetica'>On peut proposer une hypoth&egrave;se : l'id&eacute;e        d'une diff&eacute;rence intellectuelle entre science et parascience, entre        astronomie et ufologie, se maintient parce que les partisans des soucoupes        pensent que les questions pos&eacute;es par les sceptiques sont l&eacute;gitimes.        Ainsi, ils seraient les premiers &agrave; ent&eacute;riner l'id&eacute;e        d'un Grand Partage. Les ufologues ne perdraient pas la partie parce que        les soucoupes n'existent pas, parce que leurs t&eacute;moins lisent de la        S-F (comment pourraient-ils faire autrement : tout le monde  lit de la        S-F , d'une fa&ccedil;on ou d'une autre), parce qu'ils seraient irrationnels.        Non, ils perdraient la partie parce qu'ils acceptent les termes d'un d&eacute;bat        dont l'issue est inscrite dans la fa&ccedil;on de poser les questions.&nbsp;</span></font></div>     <div class=Section1></div>     <div class=Section1><font face="helvetica"><span  style='font-family:Helvetica'>Les ufologues s'attachent &agrave; d&eacute;montrer        que  les t&eacute;moins ne lisent pas de S-F . Il serait plus judicieux        de demander pourquoi diable un t&eacute;moin, m&ecirc;me s'il lit de la        S-F, aurait moins le droit de penser  droit  qu'un scientifique qui en        lit tout autant ! Finalement, les sceptiques gagnent la controverse, non        pas parce qu'ils ont convaincu de la justesse de leur point de vue, mais        parce qu'ils sont parvenus &agrave; faire accepter leurs questions comme        l&eacute;gitimes. Dans une controverse, le plus dur n'est pas de gagner        mais de se faire accepter comme participant. Les amateurs d'ovnis ne sont        pas accept&eacute;s mais ils acceptent leurs adversaires comme opposants        l&eacute;gitimes et les questions pos&eacute;es par ces adversaires comme        les seules recevables. Leur erreur est l&agrave;. C'est pour &ccedil;a qu'ils        ne pourront rien prouver : ils acceptent les termes d'un d&eacute;bat pos&eacute;s        de telles fa&ccedil;on qu'ils leur interdisent l'acc&egrave;s &agrave; un        r&eacute;el d&eacute;bat en le d&eacute;viant syst&eacute;matiquement vers        des questions en forme d&eacute;chappatoire. Tant que les ufologues r&eacute;pondront        que leurs t&eacute;moins ne lisent pas de S-F, qu'ils ne sont <i>pas tous</i>        irrationnels, ils perdront la bataille. Et cest bien l&agrave; laspect        fascinant des id&eacute;es re&ccedil;ues examin&eacute;es dans cet article        : elles parviennent m&ecirc;me &agrave; convaincre les  croyants .</span></font></div>     <div class=Section1></div>     <div class=Section1><font face="helvetica"><span  style='font-family:Helvetica'>Que se passerait-il si les ufologues, ou un nombre        suffisant d'entre eux, se mettait progressivement &agrave; poser les bonnes        questions ? Impossible de le dire. On peut toutefois imaginer un sc&eacute;nario        &agrave; partir de cette hypoth&egrave;se, un sc&eacute;nario qui a dailleurs        d&eacute;j&agrave; &eacute;t&eacute; esquiss&eacute; par le pass&eacute;        &agrave; diverses reprises. Ici et l&agrave;, en effet, certains sont sortis        du rang et ont pos&eacute; d'autres questions. C'est le cas, par exemple,        d'Allan Hendry aux &Eacute;tats-Unis &agrave; la fin des ann&eacute;es 70</span><a NAME="_ftnref15" href="#_ftn15" title=""></a><span  style='font-size:8.0pt;font-family:Helvetica;'><a NAME="_ftnref15" href="#_ftn15" title=""></a></span><a href="#_ftn15" name="_ftnref15" title=""></a><span  style='font-size:8.0pt;font-family:Helvetica;'><sup>[15]</sup></span><span  style='font-family:Helvetica'> ou encore des enqu&ecirc;teurs de la Sobeps lors        de la vague d'ovnis survenue en Belgique en 1989-90</span><a NAME="_ftnref16" href="#_ftn16" title=""></a><span style='font-size:8.0pt;font-family:Helvetica; '><a NAME="_ftnref16" href="#_ftn16" title=""></a></span><a href="#_ftn16" name="_ftnref16" title=""></a><span style='font-size:8.0pt;font-family:Helvetica; '><sup>[16]</sup></span><span  style='font-family:Helvetica'>.&nbsp;</span></font></div>     <div class=Section1><font face="helvetica"><span  style='font-family:Helvetica'>Maintenant qu'on a tordu le cou &agrave; quelques        id&eacute;es re&ccedil;ues, le d&eacute;bat va peut-&ecirc;tre pouvoir repartir        sur de bonnes bases. On peut r&ecirc;ver...</span></font></div>     <div class=Section1></div>   </blockquote>   <div class=Section1>      <div align=right>        <p><font face="helvetica"><span style='font-family:Helvetica'><i><a href="mailto:lagrange@gulliver.fr">Pierre          Lagrange</a>, juillet 2000</i></span> </font>        <p><font face="helvetica"><span style='font-family:Helvetica'><i>(Texte          paru origiellement dans la revue <a href="http://www.chez.com/bifrost">BIFROST</a>,          reproduit avec l'autorisation de l'auteur)</i></span> </font>      </div>     <div class="MsoNormal"></div>   </div>   <p>&nbsp;</p>   <p>&nbsp;</p>   <p align="center"><font face="helvetica"><a href="http://greguti.free.fr/ovni/index-ovni.htm">Retour      au menu OVNI</a></font></p>   <p align="center"><font face="helvetica"><a href="http://greguti.free.fr"><img src="http://greguti.free.fr/img/bugmini.gif" width="65" height="85" border="0"></a><br>     </font></p>   <hr align=left size=1 width="33%">   <blockquote>      <div id=ftn1><font face="helvetica"><a NAME="_ftn1" href="#_ftnref1" title=""></a><span style='font-size:8.0pt;'><a NAME="_ftn1" href="#_ftnref1" title=""></a></span><a href="#_ftnref1" name="_ftn1" title=""></a><span style='font-size:8.0pt;'><sup><font size=-1>[1]</font></sup></span><font size=-1>Jean-Pierre        Petit, <i>Le Mur du silence</i>, Paris, Belin, 1983 (il s'agit d'une bande        dessin&eacute;e de vulgarisation scientifique).</font></font></div>     <div id=ftn2><font face="helvetica"><a NAME="_ftn2" href="#_ftnref2" title=""></a><span style='font-size:8.0pt;'><a NAME="_ftn2" href="#_ftnref2" title=""></a></span><a href="#_ftnref2" name="_ftn2" title=""></a><span style='font-size:8.0pt;'><sup><font size=-1>[2]</font></sup></span><font size=-1>Jean-Pierre        Pharabod, <i>AVNI, les armes volantes non identifi&eacute;es</i>, Paris,        Odile Jacob, 2000, p. 123.</font></font></div>     <div id=ftn3><font face="helvetica"><a NAME="_ftn3" href="#_ftnref3" title=""></a><span  style='font-size:8.0pt;'><a NAME="_ftn3" href="#_ftnref3" title=""></a></span><a href="#_ftnref3" name="_ftn3" title=""></a><span  style='font-size:8.0pt;'><sup><font size=-1>[3]</font></sup></span><font size=-1>James        Lequeux, <i>La Nouvelle r&eacute;volution astronomique</i>, Paris, Hachette,        1981, p. 178 ; Andr&eacute; Brahic, <i>Enfants du Soleil</i>, Paris, Odile        Jacob, 1999, p. 313.</font></font></div>     <div id=ftn4><font face="helvetica"><a NAME="_ftn4" href="#_ftnref4" title=""></a><span  style='font-size:8.0pt;'><a NAME="_ftn4" href="#_ftnref4" title=""></a></span><a href="#_ftnref4" name="_ftn4" title=""></a><span  style='font-size:8.0pt;'><sup><font size=-1>[4]</font></sup></span><font size=-1>L'astrophysicien        am&eacute;ricain Peter Sturrock a r&eacute;alis&eacute; une &eacute;tude        aupr&egrave;s de ses coll&egrave;gues qui montre qu'ils observent effectivement        parfois des ph&eacute;nom&egrave;nes inexpliqu&eacute;s sans savoir o&ugrave;        les rapporter.&nbsp;<span lang=EN-GB>Peter A. Sturrock, &laquo; Report on        a Survey of the membership of the American Astronomical Society Concerning        the UFO Problem &raquo;, <i>Journal of Scientific Exploration</i> vol. 8,        1994, p. 1-45, 153-195, 309-346.</span></font></font></div>     <div id=ftn5><font face="helvetica"><a NAME="_ftn5" href="#_ftnref5" title=""></a><span style='font-size:8.0pt;'><a NAME="_ftn5" href="#_ftnref5" title=""></a></span><a href="#_ftnref5" name="_ftn5" title=""></a><span style='font-size:8.0pt;'><sup><font size=-1>[5]</font></sup></span><font size=-1><span  lang=EN-GB>Carl Sagan avec Jerome Agel, <i>Other Worlds</i>, New York, Bantam,        1975, p. 113.</span></font></font></div>     <div id=ftn6><font face="helvetica"><a NAME="_ftn6" href="#_ftnref6" title=""></a><span  style='font-size:8.0pt;'><a NAME="_ftn6" href="#_ftnref6" title=""></a></span><a href="#_ftnref6" name="_ftn6" title=""></a><span  style='font-size:8.0pt;'><sup><font size=-1>[6]</font></sup></span><font size=-1>GEPAN:        Groupe d'&Eacute;tude des Phenom&egrave;nes a&eacute;rospatiaux non identifi&eacute;s,        service d&eacute;pendant du Centre spatial de Toulouse fond&eacute; en 1977.</font></font></div>     <div id=ftn7><font face="helvetica"><a NAME="_ftn7" href="#_ftnref7" title=""></a><span style='font-size:8.0pt;'><a NAME="_ftn7" href="#_ftnref7" title=""></a></span><a href="#_ftnref7" name="_ftn7" title=""></a><span style='font-size:8.0pt;'><sup><font size=-1>[7]</font></sup></span><font size=-1><span  lang=EN-GB>Ron Westrum, 1978.  Science and Social Intelligence About Anomalies:        the Case of Meteorites , <i>Social Studies of Science</i>, vol. 8, pp.        461-493.</span></font></font></div>     <div id=ftn8><font face="helvetica"><a NAME="_ftn8" href="#_ftnref8" title=""></a><span style='font-size:8.0pt;'><a NAME="_ftn8" href="#_ftnref8" title=""></a></span><a href="#_ftnref8" name="_ftn8" title=""></a><span style='font-size:8.0pt;'><sup><font size=-1>[8]</font></sup></span><font size=-1>Voir        L&eacute;on Chertok et Isabelle Stengers, <i>LHypnose, blessure narcissique</i>,        Paris, Synth&eacute;labo-Laboratoires Delagrange (collection Les Emp&ecirc;cheurs        de penser en rond).</font></font></div>     <div id=ftn9><font face="helvetica"><a NAME="_ftn9" href="#_ftnref9" title=""></a><span style='font-size:8.0pt;'><a NAME="_ftn9" href="#_ftnref9" title=""></a></span><a href="#_ftnref9" name="_ftn9" title=""></a><span style='font-size:8.0pt;'><sup><font size=-1>[9]</font></sup></span><font size=-1><span  lang=EN-GB>Jean-Roch Laurence et Campbell Perry, <i>Hypnosis, Will and Memory:        A Psycho-Legal History</i>, New York, Guilgord Press, 1988.</span></font></font></div>     <div id=ftn10><font face="helvetica"><a NAME="_ftn10" href="#_ftnref10" title=""></a><span style='font-size:8.0pt;'><a NAME="_ftn10" href="#_ftnref10" title=""></a></span><a href="#_ftnref10" name="_ftn10" title=""></a><span style='font-size:8.0pt;'><sup><font size=-1>[10]</font></sup></span><font size=-1>Bruno        Latour, <i>La Science en action</i>, Paris, Gallimard, coll. Folio, 1995,        chapitre 5.</font></font></div>     <div id=ftn11><font face="helvetica"><a NAME="_ftn11" href="#_ftnref11" title=""></a><span style='font-size:8.0pt;'><a NAME="_ftn11" href="#_ftnref11" title=""></a></span><a href="#_ftnref11" name="_ftn11" title=""></a><span style='font-size:8.0pt;'><sup><font size=-1>[11]</font></sup></span><font size=-1>William        Hillman, <i>M. Le Pr&eacute;sident. Carnets, lesttres, archives et propos        de Harry S. Truman</i>, Paris, Amiot-Dumont, 1952, p. 184.</font></font></div>     <div id=ftn12><font face="helvetica"><a NAME="_ftn12" href="#_ftnref12" title=""></a><span style='font-size:8.0pt;'><a NAME="_ftn12" href="#_ftnref12" title=""></a></span><a href="#_ftnref12" name="_ftn12" title=""></a><span style='font-size:8.0pt;'><sup><font size=-1>[12]</font></sup></span><font size=-1>Evry        Schatzman, &laquo; Une mystification : les soucoupes volantes &raquo;, <i>L'Education        nationale</i>, 26 avril 1951, p. 10.</font></font></div>     <div id=ftn13><font face="helvetica"><a NAME="_ftn13" href="#_ftnref13" title=""></a><span style='font-size:8.0pt;'><a NAME="_ftn13" href="#_ftnref13" title=""></a></span><a href="#_ftnref13" name="_ftn13" title=""></a><span style='font-size:8.0pt;'><sup><font size=-1>[13]</font></sup></span><font size=-1>Isabelle        Stengers,  L'anomalie belge , pr&eacute;face &agrave; l'ouvrage de la        Sobeps (Soci&eacute;t&eacute; belge d'&eacute;tude des ph&eacute;nom&egrave;nes        spatiaux), Vague d'ovnis sur la Belgique, vol. 2, Bruxelles, Sobeps, 1994,        p. 10.</font></font></div>     <div id=ftn14><font face="helvetica"><a NAME="_ftn14" href="#_ftnref14" title=""></a><span style='font-size:8.0pt;'><a NAME="_ftn14" href="#_ftnref14" title=""></a></span><a href="#_ftnref14" name="_ftn14" title=""></a><span style='font-size:8.0pt;'><sup><font size=-1>[14]</font></sup></span><font size=-1>Cf.        Michel Callon, &laquo; Des diff&eacute;rentes formes de d&eacute;mocratie        technique &raquo;, <i>Les Cahiers de la s&eacute;curit&eacute; int&eacute;rieure</i>        n&deg; 38, 4e trimestre 1999, p. 35-52 et Bernadette Bensaude-Vincent, <i>L'Opinion        publique et la science. &Agrave; chacun son ignorance</i>, Institut d'Edition        Sanofy-Synth&eacute;labo, collection &laquo; Les Emp&ecirc;cheurs de penser        en rond &raquo;, 2000.</font></font></div>     <div id=ftn15><font face="helvetica"><a NAME="_ftn15" href="#_ftnref15" title=""></a><span style='font-size:8.0pt;'><a NAME="_ftn15" href="#_ftnref15" title=""></a></span><a href="#_ftnref15" name="_ftn15" title=""></a><span style='font-size:8.0pt;'><sup><font size=-1>[15]</font></sup></span><font size=-1><span  lang=EN-GB>Allan Hendry, <i>The UFO Handbook: A Guide to Investigating, Evaluating        and Reporting UFO Sightings</i>, Londres, Sphere Books, 1980.</span></font></font></div>     <div id=ftn16><font face="helvetica"><a NAME="_ftn16" href="#_ftnref16" title=""></a><span style='font-size:8.0pt;'><a NAME="_ftn16" href="#_ftnref16" title=""></a></span><a href="#_ftnref16" name="_ftn16" title=""></a><span style='font-size:8.0pt;'><sup><font size=-1>[16]</font></sup></span><font size=-1>Jean-Christophe        Monferran et Pierre Lagrange, <i>En qu&ecirc;te d'ovnis</i>, documentaire,        Cit&eacute; des Sciences, La Villette, 1990.</font></font></div>   </blockquote> </div> </body> </html> 
