<HTML>  <HEAD> <TITLE> La corde au cou </TITLE> </HEAD>  <BODY>   <H1>La corde au cou</H1>  35 mm, n. & b., 104 minutes 35 secondes, 1965<P>   (g&eacute;n&eacute;rique tir&eacute; de l'Index  de D. John Turner, du R&eacute;pertoire  de Lise Walser et de notes dactylographi&eacute;es au Centre de documentation de la Cin&eacute;math&egrave;que qu&eacute;b&eacute;coise, et non v&eacute;rifi&eacute; sur la pellicule)<P>   Cooperatio pr&eacute;sente <I>La corde au cou</I> . Avec : Guy Godin, Andr&eacute;e Lachapelle, Henri Norbert, Jean Duceppe, Rolland D'Amour, Denise Pelletier, Gabbi Sylvain, Monique Sirois. R&eacute;alisation et mise en sc&egrave;ne : Pierre Patry. Sc&eacute;nario : Claude Jasmin et Pierre Patry. Dialogues : Claude Jasmin. D'apr&egrave;s un roman de Claude Jasmin (Prix du Cercle du Livre de France). [G&eacute;n&eacute;rique de fin] Avec : Andr&eacute;e Boucher, Ernest Guimond, Gilbert Ch&eacute;nier, Camille Ducharme, Tania F&eacute;dor, Jacques Auger, Henri Deyglun, Richard Martin, Jean-Louis Millette, Lucie Mitchell, Gilles Normand, Jean-Louis Paris, Guy L'Ecuyer, Ronald France, Ga&eacute;tan Labr&egrave;che, Jacques Aylestock, Jean Clocher, Lise Bonheur, Nana de Varennes. G&eacute;rant de location : Jacques Gibault. R&eacute;gisseur : Bernard Lalonde. Assistant de production : Michel Maheu. Directeur de la photographie : Jean Roy. Son : Yvon Bertrand. Montage : Lucien Marleau. Montage sonore : Jean-Pierre Joutel. Mixage : Michel Bela&iuml;eff. Script-girl : Louise Beaulieu. Photographe : Claude Charron. Directeur de la production : Pierre Patry et Jean Roy. Assistants &agrave; la cam&eacute;ra : Alain Dostie et Raymonde Roy. Electriciens : J. Paul Paquette et Roger Tremblay. Effets sonores : Serge Beauchemin. Post-synchro : Yvon Charette et Andr&eacute; S&eacute;guin, Synchro-Qu&eacute;bec. Edition : Les Editions Musicales Dulau. Enregistrement : Gatien Roy, St&eacute;r&eacute;o Sounds Studios. Paroles d'Alexandre chant&eacute;es par Andr&eacute;e Lachapelle (Je t'aime). Paroles d'Alexandre chant&eacute;es par Dominic. Assistant monteur : Jean-Pierre Masse. Assistants r&eacute;alisateurs : Jean-Claude Lord, Louise Beaulieu. Montage n&eacute;gatif : Denise Lemieux. Trucages optiques : Claude Cardinal. Animation : Guy Gaucher, Jacques Jarry, Briston Films Limited. Typographie : J. Paul Tr&eacute;panier. Remerciements : Duval Motors Lt&eacute;e, Brasserie Dow, Compagnie Rolls Royce, Parc Belmont, Les Corps policiers de la province de Qu&eacute;bec, Le Tropicana, Maison Jules d'Alcantara fleuriste, Le Gobelet, Atlantic Helicopters, Faucher Lt&eacute;e, The Dog Castle, Volkswagon Sales Service. Publicistes : Joachim Cornellier, Jean Jasmin, Andr&eacute; Lafrance. Services techniques de : Alex L. Clark, Claude Charron, Photo Studio Enrg. Omega Productions Inc., Path&eacute; Deluxe of Canada, Jack Zolov, J. P. Paquette Transport, Les laboratoires de films Transworld, Photo Supply, Techno Film, Laboratoire Mont-Royal Film Corporation.<P>   Tournage : En septembre et octobre 1964, &agrave; Sainte-Ad&egrave;le, Saint-Beno&icirc;t-du-Lac et Montr&eacute;al<BR>  Co&ucirc;t : 125 000 $<BR>  Copie : Cin&eacute;math&egrave;que qu&eacute;b&eacute;coise<P>  Ce qu'on en a dit :<P>  Alain Pontaut : <I>La corde au cou</I>  : d&eacute;coupage primaire d'une pacotille socio-romantique qui semble se r&eacute;f&eacute;rer aux pires sch&egrave;mes du cin&eacute;ma r&eacute;aliste fran&ccedil;ais de 1935. L'aventure romantique et sans maturit&eacute;, fruste et outr&eacute;e d'un inadapt&eacute; de trente ans qui ressemble en caricature qu&eacute;b&eacute;coise &agrave; un Gabin de Quai des brumes ou de Jour se l&egrave;ve que l'on aurait priv&eacute; de l'invention verbale de Pr&eacute;vert et des id&eacute;es visuelles de Carn&eacute;. (...) Tout se passe comme si c'&eacute;tait &agrave; ce romantisme anarchique et gonfl&eacute; de poncifs d'il y a trente ans que l'on se r&eacute;f&eacute;rait en ce miroir adolescent, en ce tragique social balbutiant et mal &eacute;quarri qu'un montage ex&eacute;crable ne contribue pas &agrave; am&eacute;liorer. C'est donc d'abord &agrave; la conception id&eacute;ologique g&eacute;n&eacute;rale qu'il faut s'en prendre, &agrave; la situation tout en porte-&agrave;-faux du cadre moral de l'aventure, &agrave; la platitude, souvent &agrave; la vulgarit&eacute; du dialogue, &agrave; la psychologie effleur&eacute;e des personnages, abstractions qui th&eacute;&acirc;tralisent, au traitement amorphe de situations jamais justifi&eacute;es. Ces meurtres sont gratuits. Cette jeune fille, cause de tout, au mot fin, nous demeure inconnue. (9)<P>  Andr&eacute; P&acirc;quet : <I>La corde au cou</I>  laisse entrevoir plus de m&eacute;tier, plus de qualit&eacute;s authentiquement cin&eacute;matographiques, que les deux premiers films de Patry. L'organisation strictement audio-visuelle du film est de meilleure qualit&eacute; que les deux autres. Le sc&eacute;nario lui aussi est mieux structur&eacute;. Il manque l'originalit&eacute; du traitement, la griffe de l'auteur. Patry peut y arriver, si seulement il se laissait aller. L'exp&eacute;rience acquise est d&eacute;j&agrave; beaucoup, pour lui et pour le cin&eacute;ma canadien en g&eacute;n&eacute;ral. Je garde confiance. (8)<P>  Office catholique national des techniques de diffusion : Appr&eacute;ciation morale : Ce film constitue une critique sociale assez dure. Le pessimisme de l'ensemble et l'inconduite de divers personnages motivent des r&eacute;serves. (7, p. 57)<P>  Ren&eacute; Pr&eacute;dal : <I>La corde au cou</I>  est encore plus d&eacute;lirant : la fuite d'un assassin qui vient de tuer sa femme fournit un sujet simple et violent que Patry charge de nombreuses implications m&eacute;taphysiques, sociologiques et psychanalytiques. Malgr&eacute; un symbolisme excessif qui nuit &agrave; l'humanit&eacute; du personnage (d'autant plus que son itin&eacute;raire est constell&eacute; d'innombrables rencontres signifiantes plus &eacute;tonnantes les unes que les autres), une atmosph&egrave;re fascinante parvient &agrave; se d&eacute;gager du film qui r&eacute;ussit d'autre part &agrave; visualiser assez justement un certain sens de la r&eacute;volte. Quoi qu'il fasse, Patry n'est donc jamais tout &agrave; fait inint&eacute;ressant. (10, p. 130)<P>  Louise Carri&egrave;re : <I>Trouble-f&ecirc;te</I> , <I>Ca&iuml;n</I> , <I>La corde au cou</I>, les longs m&eacute;trages de Coop&eacute;ratio (Pierre Patry, Jean-Claude Lord), cristallisaient l'espoir des cin&eacute;philes et de l'industrie cin&eacute;matographique qu&eacute;b&eacute;coise. Ils auront d&eacute;&ccedil;u les uns et les autres. En proposant des personnages masculins angoiss&eacute;s, repli&eacute;s sur eux-m&ecirc;mes, ils t&eacute;moignent, par transposition, des craintes importantes des Qu&eacute;b&eacute;cois face aux changements et face aux femmes. Ces films empreints de narcissime pr&eacute;sentent des personnages masculins en qu&ecirc;te d'identit&eacute;, immatures et sans humour, dont les longs monologues font regretter les reparties vivantes d'un cin&eacute;ma populiste plus traditionaliste. Les interrogations existentielles de Jean-Claude Lord, de Pierre Patry et de Camil Adam (Manette ou la folle et les dieux de carton ) font l'effet de repoussoir pour tous les personnages f&eacute;minins. (2, p. 58)<P>  Analyse<P>  R&eacute;sum&eacute; : Tromp&eacute; par sa ma&icirc;tresse Suzanne, L&eacute;o Longpr&eacute; la tue dans une piscine lors d'une r&eacute;ception dans un chic chalet de Sainte-Ad&egrave;le. En fuite, il aboutit d'abord &agrave; un petit restaurant o&ugrave; la serveuse et son p&egrave;re lui fournissent un moyen d'&eacute;vasion : se joindre &agrave; un groupe de travailleurs occasionnels qui fauchent le foin des talus le long de l'autoroute. R&eacute;jet&eacute; par eux, il repart &agrave; travers champs jusqu'&agrave; un petit village o&ugrave; il entre dans une &eacute;glise pour se reposer. Mais surpris par le bedeau qui veut l'amener au presbyt&egrave;re, il le tue et reprend sa fuite. Il aboutit dans une ferme o&ugrave; un fermier veut l'aider, mais contre forte r&eacute;tribution. Comme L&eacute;o essaie de le tromper, son h&ocirc;te le d&eacute;nonce &agrave; la police. S'&eacute;tant enfui &agrave; temps, il r&eacute;ussit &agrave; se rendre, &eacute;puis&eacute;, &agrave; la ferme du p&egrave;re Ubald, un vieux fermier qui l'avait recueilli dans son adolescence. Mais celui-ci aussi appelle la police &agrave; laquelle L&eacute;o n'&eacute;chappera pas cette fois. Tout au long de cette fuite sans issue, des flashbacks recomposent des moments importants de la vie du fuyard : les circonstances du meurtre de Suzanne, une enfance et son adolescence de petit bum, le s&eacute;jour chez Ubald apr&egrave;s le centre de r&eacute;&eacute;ducation, son amour pour Micheline, jeune fille riche de milieu bourgeois et mentalement malade, une aventure avec une fausse intellectuelle propri&eacute;taire de revue.<P>  Sujets et th&egrave;mes : Adolescence, mode, mannequin, Laurentides, d&eacute;g&eacute;n&eacute;rescence de la campagne, &eacute;glise, orphelin, absence du p&egrave;re, richesse, abus de pouvoir, inceste, ferme, verger, maladie mentale, meurtre passionnel, r&eacute;f&eacute;rences filmiques.<P>  Traitement : On a ici une adaptation tr&egrave;s fid&egrave;le du roman de Claude Jasmin. L'action se d&eacute;roule sur environ deux jours. En fuite, le personnage vit continuellement sous tension. Il ne se passe rien de tr&egrave;s spectaculaire pour lui, mais &ccedil;a bourdonne fort dans son esprit. Chaque fois qu'il peut s'arr&ecirc;ter pour souffler ou dormir, un flashback ram&egrave;ne des images du meurtre qu'il vient de commettre ou des souvenirs de l'enfance jusqu'&agrave; ces derniers jours, tout cela illustrant le monologue int&eacute;rieur qui compose la plus grande partie de la bande sonore. Il lui arrive aussi de s'adresser directement aux spectateurs, comme Godard aime le faire &agrave; l'&eacute;poque. Ou bien, dans une sc&egrave;ne qui passe difficilement la rampe, il prend une vache comme interlocuteur! Enfin, il faut dire que l'interpr&eacute;tation de Guy Godin, avec sa voix doucereuse, prend souvent des tons qui semblent peu en accord avec la suppos&eacute;e virilit&eacute; de son personnage de bum qui terrorisait le quartier d&egrave;s l'adolescence...<BR>  De ton g&eacute;n&eacute;ralement r&eacute;aliste, l'image prend un caract&egrave;re &eacute;trange et quasi-onirique avec la s&eacute;quence du meurtre dans la piscine ou quand le personnage du riche Drifman est mis en sc&egrave;ne et film&eacute; en contre-plong&eacute;e. Tous les r&ecirc;ves prennent un accent carr&eacute;ment surr&eacute;aliste, surtout celui dans l'&eacute;glise avec ses monstres; celui du party chez l'&eacute;ditrice de revues &eacute;voque l'univers fellinien. Il y a dans ce film un travail consid&eacute;rable sur l'image, qui atteint parfois de grandes qualit&eacute;s d'expression (plusieurs des fantasmes, la promenade sur le pont de chemin de fer avec Micheline, le travelling arri&egrave;re final), mais qui tombe trop souvent dans un plat r&eacute;alisme (sc&egrave;ne au petit restaurant, chez le fermier plus ou moins d&eacute;bile, avec les enfants, avec la vache...). Le montage ne passe pas toujours avec souplesse d'une sc&egrave;ne &agrave; l'autre, peut-&ecirc;tre manquait-on de plans de raccord.<P>  Contenu : Le th&egrave;me de l'orphelin est capital dans le cin&eacute;ma qu&eacute;b&eacute;cois, surtout dans celui de 1944-1953, mais il persiste encore dans les ann&eacute;es 60. On en a ici une variante, mais qu'on ne comprend bien que si on a d'abord lu le roman de Jasmin, ce qui ne peut &ecirc;tre le cas que d'une toute petite partie des spectateurs du film. Patry et Jasmin (ils ont tous deux travaill&eacute; au sc&eacute;nario) n'ont pas su trouver les quelques flashbacks rapides qui le camperaient bien. Le L&eacute;o Longpr&eacute; (faut-il oublier que ce pr&eacute;nom signifie lion?) du film appara&icirc;t bien peu consistant, bien peu viril &agrave; trente ans apr&egrave;s avoir affirm&eacute; qu'&agrave; peine adolescent il terrorisait un quartier de Montr&eacute;al par sa force et sa brutalit&eacute;. Finalement, ce th&egrave;me de l'orphelin, presque compl&egrave;tement escamot&eacute; - et c'est bien dommage -, ne sert que d'alibi pour renvoyer &agrave; la recherche d'un p&egrave;re mythique, d&eacute;tenteur et communicateur de toutes les valeurs, que le personnage principal croit avoir trouv&eacute; dans un fermier (qu'il nomme d'ailleurs le p&egrave;re Ubald) en campagne. L&agrave;, nous retrouvons un th&egrave;me important.<BR>  En effet, la majorit&eacute; des films de fiction des ann&eacute;es 60 prennent comme personnages centraux des urbains (films de Jutra, Godbout, Lefebvre, H&eacute;roux, Groulx, Leduc, les autres films de Patry, etc.) ou bien des campagnards qui r&eacute;ussissent leur vie en ville. Ici comme dans <I>Le chat dans le sac</I>  de Groulx, une campagne mythique appara&icirc;t d'abord comme un refuge, un lieu o&ugrave; tout pass&eacute; peut &ecirc;tre aboli et d'o&ugrave; on peut repartir &agrave; neuf. Mais ce n'est qu'illusion pour Patry : avec sa finale o&ugrave; Ubald d&eacute;nonce L&eacute;o &agrave; la police (de la ville), et surtout avec ce travelling arri&egrave;re (bien r&eacute;ussi) avec h&eacute;licopt&egrave;re s'&eacute;levant loin au dessus de cette campagne comme dernier plan, il montre bien comment il faut s'abstraire de cet univers qui renvoie au pass&eacute;.<BR>  Dans cet univers r&eacute;sidait un pouvoir paternel &eacute;cartant toute responsabilit&eacute; personnelle et par le fait m&ecirc;me parfaitement s&eacute;curisant (le p&egrave;re Ubald); il pouvait d'autant mieux satisfaire L&eacute;o qu'il n'&eacute;tait pour lui qu'image de bont&eacute; et non figure d'autorit&eacute;. Mais c'est devenu aussi le lieu o&ugrave; se retrouvent les financiers v&eacute;reux (Drif[t]man  litt&eacute;ralement l'homme qui flotte dans tous les courants) qui corrompent les jeunes femmes pour de l'argent et tuent l'amour. L&eacute;o, qui n'a encore jamais appris comment se comporter avec les femmes affirmant une certaine autonomie, surtout si elles brandissent leur t&ecirc;te au lieu de jouer de leur corps, ne peut qu'&ecirc;tre d&eacute;rout&eacute; (voir la citation de Carri&egrave;re). Comme plusieurs longs m&eacute;trages de la m&ecirc;me &eacute;poque, <I>La corde au cou</I>  signale que les relations hommes-femmes deviennent probl&eacute;matiques &agrave; cause des nouveaux comportements des femmes.<BR>  Le titre m&ecirc;me du film signale une belle ambigu&iuml;t&eacute;. Traditionnellement, il renvoie avec humour au mariage o&ugrave; les hommes se mettent la corde au cou, donc &agrave; un engagement d&eacute;finitif. Mais il n'est aucunement question de cela pour le personnage principal qui n'a jamais appris &agrave; assumer quelque responsabilit&eacute; que ce soit. Ici, le titre prend son sens au moment o&ugrave; L&eacute;o fauche le foin et trouve un bout de corde qu'il se met au cou comme pour s'habituer au sort qui l'attend, la pendaison, &agrave; cause du meurtre qu'il vient de commettre. Cette petite corde, il la porte jusqu'&agrave; la fin, &agrave; la fois comme m&eacute;moire de ses gestes et comme pour conjurer le sort. Mais il n'y a aucun espoir pour cet adolescent de trente ans qui n'a pas su vieillir.<BR> Ce personnage immature &eacute;tonne au premier abord. Dans sa sorte de puret&eacute; de gigolo non instruit, il ne comprend ni le monde des affaires et de l'argent de Drifman, ni celui de l'intellectuelle et libertine Lucienne qui dirige la revue Am&eacute;rique nouvelle, ni celui de cet acteur c&eacute;l&egrave;bre et vieillissant affirmant que le th&eacute;&acirc;tre, c'est la vie et la vie c'est du th&eacute;&acirc;tre. Il ne poss&egrave;de donc rien de ce qu'il faut pour affronter le vrai monde qui agit la R&eacute;volution tranquille. Ce grand adolescent errant se retrouve dans bien des films de l'&eacute;poque (surtout <I>A tout prendre</I> , qui a aussi son substitut de p&egrave;re), mais jamais &agrave; ce point d&eacute;muni de ressources morales et intellectuelles  ce qu'ont, au moins, les Claude de Jutra, de Groulx (<I>Le chat dans le sac</I> ) et de Brault (<I>Entre la mer et l'eau douce</I> ). C'est pourquoi il est condamn&eacute; &agrave; dispara&icirc;tre. C'est d'ailleurs pour la m&ecirc;me raison, m&ecirc;me s'il ne s'en doute pas, qu'il tue Suzanne, en train de devenir un jouet dans les mains de Drifman, qui jouit d'un grand pouvoir sur les m&eacute;dias.<BR> 	Finalement, comme plusieurs autres films de fiction, <I>La corde au cou</I>  r&eacute;v&egrave;le le malaise de plusieurs intellectuels de la trentaine devant la mutation des valeurs op&eacute;r&eacute;e par la R&eacute;volution tranquille. Il indique moins leur volont&eacute; de critiquer le processus que leur r&eacute;ticence &agrave; le consid&eacute;rer positivement et partant &agrave; s'y sentir concern&eacute;. Ce qui explique la tendance de plusieurs &agrave; retourner chercher en campagne un bon p&egrave;re. C'est aussi ce qui fait du L&eacute;o Longpr&eacute; de ce film un personnage des ann&eacute;es 50 et une figure des ann&eacute;es 60 surtout par ses lapsus.<P>   Bibliographie<P>   1. ________ Les 101 questions  pos&eacute;es &agrave;  Pierre Patry dans Objectif, nos 36, 1966 article non sign&eacute;, p. 28-36.<BR> 2. CARRIERE, Louise et autres, Femmes et cin&eacute;ma qu&eacute;b&eacute;cois, 1983, p. 58.<BR> 3. DAUDELIN, Robert, Vingt ans de cin&eacute;ma au Canada fran&ccedil;ais, 1967, p. 52.<BR> 4. HOULE, Michel et Alain JULIEN, Dictionnaire du cin&eacute;ma qu&eacute;b&eacute;cois, 1978, p. 235.<BR> 5. HOULE, Michel, dans VERONNEAU, Pierre, dir. et autres, Les cin&eacute;mas canadiens, 1978, p. 142-144.<BR> 6. MARSOLAIS, Gilles, Le cin&eacute;ma canadien, 1968, p. 90.<BR> 7. OFFICE CATHOLIQUE NATIONAL DES TECHNIQUES DE DIFFUSION, Recueil des films de 1965, p. 57.<BR> 8. PAQUET, Andr&eacute;, Une surprise d&eacute;cevante, L'action, ? novembre 1965.<BR> 9. PONTAUT, Alain, Le cin&eacute;ma canadien envers et contre tous, Le Devoir, 8 novembre 1965, La foi, la croisade et la gal&egrave;re, Le Devoir, 9 novembre 1965.<BR> 10. PREDAL, Ren&eacute;, Jeune cin&eacute;ma canadien, 1967, p. 130.<BR> 11. STRARAM, Patrick, Parti pris, vol. 3, no 6, janvier 1966, p. 55.<BR> 12. TURNER, D. John, Index des films canadiens de long m&eacute;trage, 1913-1985,  1986, p. 54.<BR> 13. WALSER, Lise, R&eacute;pertoire des longs m&eacute;trages produits au Qu&eacute;bec, 1960-1970,  p. 28. </BODY>  </HTML>  
