<!DOCTYPE HTML PUBLIC "-//W3C//DTD HTML 4.0 Transitional//EN"> <HTML>  	<HEAD><TITLE>LA THOLOGIE APRS DARWIN:</TITLE> <meta name="Keywords" CONTENT="crationisme, cration, philosophie, science, "L'Origine des Espces"">  <meta name="Description" CONTENT="Communication prsente ao Colloque International La Cration, Lisbonne">  <meta name="Author" CONTENT="Jacques Arnould"> <META content="text/html; charset=iso-8859-1" http-equiv=Content-Type> 		<STYLE type=text/css>SELECT { 	BACKGROUND-COLOR: #ffd928; FONT-FAMILY: Arial,Helvetica,Geneva,Swiss,SunSans-Regular; FONT-SIZE: 10px } SELECT.jumpbox { 	BACKGROUND-COLOR: #ffd928; COLOR: #000000; FONT-FAMILY: 'Verdana'; FONT-SIZE: 7pt; TEXT-DECORATION: none; WIDTH: 216px } </STYLE> 		<BASEFONT face=Arial,Helvetica,Geneva,Swiss,SunSans-Regular  ="size"> 		<STYLE>BODY { 	scrollbar-3d-light-color: #0066CC; scrollbar-arrow-color: #0066CC; scrollbar-base-color: #0066CC; scrollbar-dark-shadow-color: #FFCC00; scrollbar-face-color: #FFCC00; scrollbar-highlight-color: FFCC00; scrollbar-shadow-color: 0066CC } </STYLE>  <META content="MSHTML 5.00.3502.4856" name=GENERATOR></HEAD>  	<body text=#696969 vlink=black alink=black link=black bgcolor=#ffffff leftmargin=0 topmargin=0 marginwidth="0" marginheight="0"> 		<div align="center"> 			<table border="0" cellpadding="5" cellspacing="0" width="715"> 				<tr> 					<td> 						<table border="0" cellpadding="5" cellspacing="0" width="713"> 							<tr> 								<td width="297"><img src="head_creatio.jpg" width="297" height="300" border="0"></td> 								<td> 									<div align="right"> 										<br> 										<br> 										<br> 										<br> 										<br> 										<br> 										<br> 										<br> 										<br> 										<br> 										<br> 										<font face="Arial,Helvetica,Geneva,Swiss,SunSans-Regular" size="2"><b>JACQUES&nbsp;ARNOULD<br> 											</b></font> 										<div align="right"> 											<font face="Arial,Helvetica,Geneva,Swiss,SunSans-Regular">LA&nbsp;TH&Eacute;OLOGIE&nbsp;APR&Egrave;S&nbsp;DARWIN:<br> 											</font><font face="Arial,Helvetica,Geneva,Swiss,SunSans-Regular" size="2"><b>QUELQUES&nbsp;ENJEUX&nbsp;CONTEMPORAINS<br> 													POUR&nbsp;LA&nbsp;FOI&nbsp;EN&nbsp;LA&nbsp;CR&Eacute;ATION<br> 												</b></font></div> 									</div> 								</td> 							</tr> 						</table> 						<hr> 						<p><font face="Arial,Helvetica,Geneva,Swiss,SunSans-Regular" size="2">Plus d'un si&egrave;cle apr&egrave;s sa mort, presque un si&egrave;cle et demi apr&egrave;s la publication de L ' Origine des esp&egrave;ces, Charles Darwin continue &agrave; fasciner les croyants. Fascination : r&eacute;pulsion et attirance. Tel est bien l'effet produit par l'&eacute;minent Anglais, enterr&eacute;, ne l'oublions pas, dans l'abbaye de Westminster, non loin d'Isaac Newton. Des exemples ?<br> 							</font></p> 						<div align="left"> 							<p><font face="Arial,Helvetica,Geneva,Swiss,SunSans-Regular" size="2">Les mouvements cr&eacute;ationnistes, apparus aux Etats-Unis durant la seconde moiti&eacute; du 19 &egrave;me si&egrave;cle, en r&eacute;action aux id&eacute;es &eacute;volutionnistes, continuent de d&eacute;frayer la chronique et, surtout, &agrave; emp&ecirc;cher dans certains Etats am&eacute;ricains l'enseignement de la biologie de l'&eacute;volution : qu'il s'agisse des origines de l'univers, de l'apparition de l'homme ou de quelque domaine que ce soit, seule la Bible a raison, affirment ces fondamentalistes chr&eacute;tiens qui r&ecirc;vent, comme leurs homologues musulmans, d'une soci&eacute;t&eacute; assujettie &agrave; la loi divine. Avec eux, pas question d'oublier les pr&eacute;rogatives divines ! Toutefois, que deviendraient-ils s'ils perdaient (par miracle, certes) leur bouc-&eacute;missaire ? La pauvret&eacute; de leur th&eacute;ologie, l'absence d'esprit critique et scientifique, m&ecirc;me &agrave; l'&eacute;gard des textes bibliques, bref leur dogmatisme sans avenir ni fondement appara&icirc;trait au grand jour. Mais, pour l'heure, Darwin est toujours l&agrave;, qui les fascine.<br> 								</font></p> 							<p><font face="Arial,Helvetica,Geneva,Swiss,SunSans-Regular" size="2">M&ecirc;me fascination chez les catholiques. Apres l'affaire Teilhard de Chardin qui a suscit&eacute; tant de d&eacute;bats dans la seconde moiti&eacute; du 20&egrave;me si&egrave;cle, l'Eglise catholique, dans l'&eacute;lan du Concile Vatican II, a op&eacute;r&eacute; son aggiornamento, sa mise &agrave; jour : elle s'est int&eacute;ress&eacute;e non seulement aux sciences humaines, mais aussi &agrave; l'astronomie et &agrave; la cosmologie (le proc&egrave;s de Galil&eacute;e parait bien loin d&eacute;sormais), enfin &agrave; la biologie. Pourtant, l&agrave; aussi, l'&eacute;volution telle que la d&eacute;crivent et la th&eacute;orisent Darwin et ses h&eacute;ritiers (de pr&egrave;s ou de loin, qu'importe ici) pose question. Au point qu'en 1996, le pape Jean-Paul II a consacr&eacute; &agrave; ce sujet son discours annuel devant l'Acad&eacute;mie Pontificale des Sciences. La th&eacute;orie de l'&eacute;volution, affirme-t-il, est &laquo; plus qu'une hypoth&egrave;se &raquo; ; mais que nul ne se m&eacute;prenne : Jean-Paul II ne r&eacute;habilite pas Darwin, il invite au contraire les catholiques &agrave; porter leur attention sur la conception de la personne humaine, sous-jacente &agrave; cette th&eacute;orie (ou plut&ocirc;t, pr&eacute;cise-t-il ailleurs, &agrave; ces th&eacute;ories). Il y a en effet un saut fondamental entre le r&egrave;gne animal et l'esp&egrave;ce humaine, un saut que les processus &eacute;volutifs ne peuvent totalement expliquer. L&agrave; aussi, Darwin, avec ce d&eacute;guisement simiesque dont les caricatures l'ont si souvent affubl&eacute;, continue &agrave; intriguer, &agrave; fasciner les croyants. Mais quelles en sont les raisons ?<br> 								</font></p> 							<p><font face="Arial,Helvetica,Geneva,Swiss,SunSans-Regular" size="2">Les deux exemples pr&eacute;c&eacute;dents donnent une partie de la r&eacute;ponse. Les id&eacute;es de Darwin mettent sinon en danger du moins en question deux &eacute;l&eacute;ments fondamentaux de la foi et de la tradition chr&eacute;tiennes : le statut de la Bible et la dignit&eacute; de la personne humaine. Il faut &ecirc;tre honn&ecirc;te : Darwin n'est pas le seul, ni le premier &agrave; le faire. Les ex&eacute;g&egrave;tes, surtout protestants, avaient commenc&eacute; bien avant lui &agrave; poser les pr&eacute;mices de l'ex&eacute;g&egrave;se moderne ; les astronomes, depuis Copernic, avaient de leur c&ocirc;t&eacute; d&eacute;log&eacute; l'Homme du centre du cosmos pour le placer sur une plan&egrave;te quelconque, au sein d'un univers infini. Alors, pourquoi cette fascination, jamais d&eacute;mentie, pour Darwin, ses id&eacute;es, ses successeurs ? Sans doute parce que le savant anglais s'en prend &agrave; l'une des rares questions qui puissent susciter autant de passions, celle du &laquo; pourquoi ? &raquo; de la r&eacute;alit&eacute;, de sa finalit&eacute;.<br> 								</font></p> 							<p><font face="Arial,Helvetica,Geneva,Swiss,SunSans-Regular" size="2">Grosso modo, cette question avait &eacute;t&eacute; jusqu'alors r&eacute;serv&eacute;e au domaine de la religion, la connaissance scientifique se chargeant de celle du &laquo; comment ? &raquo;. Un compromis qui avait permis aux soci&eacute;t&eacute;s occidentales de tradition jud&eacute;o-chr&eacute;tienne, de sortir finalement de la crise provoqu&eacute;e par l'affaire Galil&eacute;e. A chacun son domaine et, si possible, ne pas empi&eacute;ter sur celui de son adversaire. Car la science et la religion chr&eacute;tienne n'en restaient pas moins des rivaux, pr&eacute;tendant tous les deux offrir &agrave; l'humanit&eacute; son propre accomplissement, soit dans cette existence (la science comme pourvoyeuse de progr&egrave;s ), soit dans une autre (la religion comme chemin vers un Paradis). En tout cas, quelle que soit la capacit&eacute; de l'humanit&eacute; &agrave; prendre en main son avenir sur cette Terre, la finalit&eacute; devait rester dans le giron de la religion : elle seule se pensait en mesure de d&eacute;couvrir et de recevoir, d'interpr&eacute;ter et d'enseigner la volont&eacute; de Dieu, le plan de Dieu, les desseins de Dieu, dont la r&eacute;alit&eacute; terrestre, oeuvre du Cr&eacute;ateur divin, constitue d&eacute;j&agrave; un formidable miroir.<br> 								</font></p> 							<p><font face="Arial,Helvetica,Geneva,Swiss,SunSans-Regular" size="2">Des lors, le sacril&egrave;ge de Darwin ne consiste pas uniquement &agrave; affirmer que &laquo;l'homme descend du singe &raquo; (c'est du moins ce que ses contemporains avaient compris), autrement dit &agrave; ramener l'humanit&eacute; au rang d'une esp&egrave;ce biologique parmi les autres, mais aussi et avant tout &agrave; nier l'existence d'une finalit&eacute;. Non seulement la science pr&eacute;tend r&eacute;pondre au &laquo; pourquoi ? &raquo; du vivant mais, bien plus, elle avance l'id&eacute;e selon laquelle celui-ci serait d&eacute;pourvu de toute esp&egrave;ce de d&eacute;terminisme : les processus de variation et de s&eacute;lection ne correspondent &agrave; rien qui puisse rappeler, &eacute;voquer ou illustrer l'accomplissement d'un plan issu d'une Intelligence supr&ecirc;me et cr&eacute;atrice.<br> 								</font></p> 							<p><font face="Arial,Helvetica,Geneva,Swiss,SunSans-Regular" size="2">Jacques Monod, au terme de son livre Le Hasard et la N&eacute;cessit&eacute;, d&eacute;crit fort bien la situation &agrave; laquelle la biologie de l'&eacute;volution et, avec elle, la science contemporaine sont parvenues : &laquo; L'ancienne alliance est rompue : l'homme sait enfin qu'il est seul dans l'immensit&eacute; indiff&eacute;rente de l'univers d'o&ugrave; il a &eacute;merg&eacute; par hasard. Non plus que son destin, son devoir n'est &eacute;crit nulle part. A lui de choisir entre le Royaume et les t&eacute;n&egrave;bres. &raquo; L'ancienne alliance est rompue : celle de l'harmonie entre la foi en un Dieu cr&eacute;ateur et ordonnateur de toutes choses et l'aimable contemplation du cosmos, &agrave; la mani&egrave;re d'un William Paley pour qui le monde apparaissait comme une montre et Dieu comme l'Horloger de g&eacute;nie. L'ancienne alliance est rompue, le sens a disparu de la r&eacute;alit&eacute;. Et, effectivement, &agrave; cela, les croyants n'&eacute;taient pas pr&eacute;par&eacute;s. Pas plus d'ailleurs que les th&eacute;ologiens, surtout en Occident. Jusqu'alors, en effet, et ce depuis les premiers si&egrave;cles du christianisme, ils ne s'&eacute;taient gu&egrave;re int&eacute;ress&eacute;s &agrave; la r&eacute;alit&eacute; des choses. Le monde n'&eacute;tait finalement qu'un d&eacute;cor, pos&eacute; une fois pour toutes par le Cr&eacute;ateur et devant lequel se d&eacute;roulait ce qui seul &eacute;tait digne d'int&eacute;r&ecirc;t : le drame de l'humanit&eacute;, l'histoire du salut des humains et, avant tout, de leurs &acirc;mes. En dehors de cette histoire, suite de l'Histoire Sainte, celle du peuple &eacute;lu, aucune autre histoire n'int&eacute;ressait les th&eacute;ologiens.<br> 								</font></p> 							<p><font face="Arial,Helvetica,Geneva,Swiss,SunSans-Regular" size="2">Des lors, la r&eacute;volution provoqu&eacute;e par Darwin prend une ampleur plus grande encore. Non seulement le monde perd sa finalit&eacute; &laquo; horlog&egrave;re &raquo; ou &laquo; th&eacute;&acirc;trale &raquo;, mais, de plus, l'histoire fait en quelque sorte irruption au sein de la r&eacute;alit&eacute;. Si la r&eacute;volution copernicienne avait entra&icirc;n&eacute; le passage d'un monde clos &agrave; un univers infini, celle de Darwin met toute chose en mouvement, qui plus est, sans direction affich&eacute;e d'avance ! Exit les nostalgies et les mythes de l'&eacute;ternel retour, les calculs et les frayeurs &eacute;chafaud&eacute;s sur l'id&eacute;e de pr&eacute;destination. Place &agrave; l'histoire, non plus seulement Sainte, mais aussi naturelle (au sens strict du terme, et pas seulement descriptif &agrave; la mani&egrave;re de Linn&eacute;) et cosmologique, avec ses troph&eacute;es mais aussi ses rebuts. Il n'est pas possible d'&eacute;voquer ici toutes les mani&egrave;res dont les th&eacute;ologiens ont r&eacute;agi &agrave; la r&eacute;volution darwinienne, mais ceux qui ont accept&eacute; de la prendre au s&eacute;rieux, m&ecirc;me pour la critiquer, n'ont pas manqu&eacute; d'en subir la fascination. Car, &agrave; c&ocirc;t&eacute; des r&eacute;elles difficult&eacute;s et m&ecirc;me des contradictions qu'elle pr&eacute;sente vis-&agrave;-vis de la tradition chr&eacute;tienne, la vision &eacute;volutionniste du monde, h&eacute;rit&eacute;e de Darwin, conduit &agrave; consid&eacute;rer &agrave; nouveaux frais plusieurs th&eacute;matiques indispensables &agrave; la th&eacute;ologie. La plus importante, sans doute, est pr&eacute;cis&eacute;ment celle de l'histoire. Prendre l'histoire au s&eacute;rieux, c'est red&eacute;couvrir et s'interroger sur un pan entier de la foi juive puis chr&eacute;tienne, celle de l'&eacute;lection, qui, sans craindre le jeu de mots, rime avec s&eacute;lection. Confesser la possibilit&eacute; d'une &eacute;lection, n'est-ce pas en effet admettre que l'histoire, celle d'un peuple dit &laquo; &eacute;lu &raquo;, n'est jamais totalement d&eacute;termin&eacute;e (sinon pourquoi parler de choix ?) ni ind&eacute;termin&eacute;e ( ou serait alors le choix de Dieu ?). Et s'il en &eacute;tait de m&ecirc;me pour l&#146;&#156;uvre de cr&eacute;ation tout enti&egrave;re ? Ne savons-nous pas que l'histoire du vivant s'est effectu&eacute;e et s'effectue encore gr&acirc;ce &agrave; un &laquo; jeu des possibles &raquo;, pour reprendre l'expression de Fran&ccedil;ois Jacob ? Autrement dit, au sein de contraintes qui sont autant des limites infranchissables que des points d'appui. Faut-il d&egrave;s lors voir en Dieu Cr&eacute;ateur un bricoleur de g&eacute;nie, pour filer la m&eacute;taphore propos&eacute;e par Fran&ccedil;ois Jacob ? Les th&eacute;ologiens sont bien oblig&eacute;s de reconna&icirc;tre que le mode d'action de Dieu leur reste inconnu ; mais est-ce tellement &eacute;tonnant ? Si la contemplation du monde a longtemps servi de preuve &agrave; l'existence d'un Dieu Cr&eacute;ateur, elle a rejoint d&eacute;sormais la place qui a toujours &eacute;t&eacute; la sienne, celle du Credo, de la confession de foi : pour un croyant, dire que Dieu est Cr&eacute;ateur, qu'il agit dans le monde, rel&egrave;ve autant de la foi que proclamer la r&eacute;surrection du Christ ou celle des morts &agrave; la fin des temps. Autant d'articles de foi dont le &laquo; comment ? &raquo; nous &eacute;chappe.<br> 								</font></p> 							<p><font face="Arial,Helvetica,Geneva,Swiss,SunSans-Regular" size="2">Dans une perspective semblable, les th&eacute;ologiens ont du revoir leurs propos quant au commencement et &agrave; la fin du monde. Plus question, bien entendu, d'une lecture litt&eacute;rale des textes bibliques, en particulier ceux de la Gen&egrave;se et de l'Apocalypse. Les deux &laquo; extr&eacute;mit&eacute;s &raquo; de l'histoire du monde nous &eacute;chappent&#133; comme d'ailleurs aux scientifiques qui se heurtent au mur de Planck ou aux limites de nos outils de pr&eacute;vision. Par contre, sans perdre de vue pour autant le d&eacute;roulement de cette histoire, la r&eacute;flexion th&eacute;ologique est amen&eacute;e &agrave; reconsid&eacute;rer l'id&eacute;e m&ecirc;me d'origine. Dire que Dieu est &agrave; l'origine du monde, ce n'est pas le r&eacute;duire &agrave; donner la chiquenaude initiale, ni d'ailleurs &agrave; stopper cette histoire par un nouveau D&eacute;luge. La notion traditionnelle de creatio continua ( cr&eacute;ation continu&eacute;e) retrouve ainsi une forme de jeunesse : Dieu, confesse le croyant, est au fondement de chaque &ecirc;tre, lui conf&egrave;re sa singularit&eacute;, son originalit&eacute;, ici et maintenant. C'est l&agrave; leur grandeur, &agrave; Dieu comme &agrave; chacune de ses cr&eacute;atures. Sans en remettre pour autant en cause les fondements, il est possible que de telles r&eacute;flexions trouvent quelque &eacute;cho dans la r&eacute;flexion &eacute;thique contemporaine, confront&eacute;e aujourd'hui &agrave; des dossiers &eacute;pineux qui concernent souvent le d&eacute;but, le terme et la finalit&eacute; de la vie humaine. ..<br> 								</font></p> 							<p><font face="Arial,Helvetica,Geneva,Swiss,SunSans-Regular" size="2">Et les scientifiques, qu'auraient-ils &agrave; faire de tout cela ? &laquo; Gare aux th&eacute;ologiens ! &raquo; les pr&eacute;vient Dominique Lecourt, soucieux de constater comment les personnages de Prom&eacute;th&eacute;e, Faust et Frankenstein, trois figures mythiques qui ont subi diff&eacute;rents sorts au cours de l'histoire de la culture occidentale (expansion ou d&eacute;nonciation, d&eacute;clin ou d&eacute;tournement de sens, etc.) resurgissent aujourd'hui comme les sympt&ocirc;mes d'un embarras, d'une angoisse de nos soci&eacute;t&eacute;s face aux r&eacute;alisations, aux projets ou aux pr&eacute;tentions de la science contemporaine. &laquo; Gare aux (pseudo) th&eacute;ologiens ! &raquo; pourrions-nous reprendre en &eacute;cho, lorsque certains propos de chercheurs quittent les limites du discours scientifique pour aborder les rives de la philosophie et, parfois, de la th&eacute;ologie. Sans doute, les biologistes sont-ils moins expos&eacute;s &agrave; ce genre de tentation m&eacute;taphysique : en ce domaine, le Diable pr&eacute;f&egrave;re le silence et la puret&eacute; du cosmos et de l'infiniment grand au grouillement bruyant et souvent f&eacute;tide du vivant ; il r&eacute;serve celui-ci aux questions de la chair ! Il n'emp&ecirc;che, ces biologistes, h&eacute;ritiers de Darwin, responsables d'une rupture d'alliance, pourvoyeurs d'une vision &eacute;volutionniste du monde, auront peut-&ecirc;tre besoin des th&eacute;ologiens. Car, d&eacute;pouill&eacute;e de toute destin&eacute;e, l'humanit&eacute; doit &laquo; choisir entre le Royaume et les t&eacute;n&egrave;bres &raquo; ; ou va-t-elle d&eacute;sormais trouver les motifs, les arguments, bref une finalit&eacute; &agrave; ses choix ? Dans la seule science ? Mais c'est tout simplement une mani&egrave;re de r&eacute;inscrire notre destin dans la nature, les g&egrave;nes (pour ne citer qu'eux) risquant de prendre la place des &eacute;toiles ou du marc de caf&eacute;. La science a un r&ocirc;le essentiel, celui d'&eacute;largir notre jeu, notre espace des possibles. Mais elle ne peut se passer des autres champs d&eacute;velopp&eacute;s par l'esprit humain, ceux de l'intelligence (la philosophie, la th&eacute;ologie), ceux de la cr&eacute;ativit&eacute; et de la culture, pour permettre aux soci&eacute;t&eacute;s humaines, aux individus qui les composent, de choisir, de b&acirc;tir ce que Monod d&eacute;signait par le mot de Royaume. Sans doute, celui-ci n'aura jamais plus les allures d'un jardin &agrave; la fran&ccedil;aise : de ce paradis habit&eacute; par nos anc&ecirc;tres, Charles Darwin nous a d&eacute;finitivement chass&eacute;s pour nous faire p&eacute;n&eacute;trer dans un jardin &agrave; l'anglaise. Mais, comme disait le sage Qoh&eacute;ler, il y a un temps pour chaque chose sous le ciel.<br> 								</font><br> 								<br> 								<br> 								<br> 							</p> 						</div> 						<div align="center"> 							<table border="0" cellpadding="0" cellspacing="0" width="199"> 								<tr> 									<td><a href="../map/mapa.htm"><img src="../images/estela_logo.jpg" width="199" height="158" border="0"></a></td> 								</tr> 								<tr> 									<td> 										<div align="center"> 											<font face="Arial,Helvetica,Geneva,Swiss,SunSans-Regular" size="1">PORTUGAL</font></div> 									</td> 								</tr> 							</table> 						</div> 					</td> 				</tr> 			</table> 		</div> 	</body>         	 		 	 	 	 	 		 	 		 	 	 	 	 	 	 		 	 	  						 						 						 						 						 						 						 						 						 						 						 							 							 
