<!--This file created 29/08/2002 10:10 by Claris Home Page version 2.0--> <!--This file created 13/09/2002 22:50 by Claris Home Page version 2.0--> <HTML> <HEAD>    <TITLE>Pour se r&eacute;veiller du songe des m&ecirc;mes</TITLE>    <META NAME=GENERATOR CONTENT="Claris Home Page 2.0">    <X-SAS-WINDOW TOP=90 BOTTOM=480 LEFT=12 RIGHT=635> <META HTTP-EQUIV="content-type" CONTENT="text/html;charset=iso-8859-1"> </HEAD> <BODY BGCOLOR="#FFFFFF" LINK="#00007F" VLINK="#0A472C" background="images/Ommani.gif">  <P><TABLE BORDER=0 CELLPADDING=0>    <TR>       <TD WIDTH=281>          <P><FONT SIZE="-1"><A HREF="mailto:proulx@wanadoo.fr">&copy;          Nanabozho (le Grand Lapin)</A></FONT><FONT SIZE="-1">          </FONT></P>                    <P><FONT SIZE="-1">Mise &agrave; jour de cette version          fran&ccedil;aise : 1 octobre 2002</FONT>       </TD><TD>          <P ALIGN=RIGHT><FONT SIZE="-1"><A HREF="Meme.html">Versione          italiana<IMG SRC="images/lang_ro.gif" WIDTH=29 HEIGHT=20          X-SAS-UseImageWidth X-SAS-UseImageHeight ALIGN=bottom          naturalsizeflag="3"></A></FONT>       </TD></TR> </TABLE><TABLE BORDER=0 CELLSPACING=0 CELLPADDING=0>    <TR>       <TD>          <P><IMG SRC="images/Ghebarre.gif" WIDTH=580 HEIGHT=24          X-SAS-UseImageWidth X-SAS-UseImageHeight ALIGN=bottom          naturalsizeflag="3">       </TD></TR> </TABLE><TABLE BORDER=0 CELLSPACING=0 CELLPADDING=0 HEIGHT="100%">    <TR>       <TD VALIGN=top COLSPAN=3 WIDTH=56 HEIGHT=23>          <P>       </TD><TD VALIGN=top WIDTH=458 HEIGHT=23>          <P>       </TD></TR>    <TR>       <TD VALIGN=top bgcolor="#322f5e" WIDTH=27>          <P><IMG SRC="images/Barvil.gif" WIDTH=28 HEIGHT=3          X-SAS-UseImageWidth X-SAS-UseImageHeight ALIGN=bottom          naturalsizeflag="0">       </TD><TD VALIGN=top bgcolor="#000004" WIDTH=4>          <P><IMG SRC="images/3art_curve4.jpg" WIDTH=4 HEIGHT=190          ALIGN=bottom naturalsizeflag="0">       </TD><TD VALIGN=top WIDTH=25>          <P>       </TD><TD VALIGN=top WIDTH=458>          <P><CENTER><B><FONT SIZE="+1" FACE="Arial">S'EVEILLER DU          REVE DES MEMES</FONT></B></CENTER></P>                    <P><CENTER><I><FONT FACE="Arial">par</FONT></I><B><FONT          FACE="Arial"> </FONT></B><I><FONT FACE="Arial">SUSAN          BLACKMORE</FONT></I></CENTER></P>                    <P><CENTER><FONT SIZE="-1" FACE="Arial">Department of          Psychology,<BR>                    University of the West of England,<BR>                    Bristol BS16 2JP</FONT></CENTER></P>                    <P><CENTER><FONT SIZE="-1" FACE="Arial">Conf&eacute;rence          pr&eacute;sent&eacute;e lors de The Psychology of          Awakening:<BR>                    International Conference on Buddhism, Science and          Psychotherapy Dartington 7-10 Novembre 1996</FONT>          </CENTER></P>                    <P><FONT          FACE="Arial">__________________________________________________________________________</FONT>          </P>                    <P><B><FONT FACE="Arial">--R&eacute;veillez-vous!          R&eacute;veillez-vous!</FONT></B></P>                    <P><FONT FACE="Arial">--Heeeeeu, hummmm, grrrrggr, Ouais,          j'suis r&eacute;veill&eacute;e, maintenant. Ouaouh! Quel          r&ecirc;ve bizarre. J'&eacute;tais convaincue qu'il fallait          que j'arrive &agrave; sortir du lave-vaisselles et qu'il          &eacute;tait d'une importance capitale que j'arrive &agrave;          temps dans l'armoire. Quelle connerie! Evidemment,          maintenant, je me rends compte que c'&eacute;tait pas          vrai.</FONT></P>                    <P><B><FONT FACE="Arial">--R&eacute;veillez-vous!          R&eacute;veillez-vous!</FONT></B></P>                    <P><FONT FACE="Arial">--Qu'est-ce que tu veux dire,          "r&eacute;veillez-vous", je suis d&eacute;j&agrave;          r&eacute;veill&eacute;e. C'est vrai, ce qui se passe;          &ccedil;a en a de l'importance. Je ne peux plus me          r&eacute;veiller. Casse-toi!</FONT></P>                    <P><B><FONT FACE="Arial">--R&eacute;veillez-vous!          R&eacute;veillez-vous!</FONT></B></P>                    <P><FONT FACE="Arial">--Mais je comprends pas - De quoi? Et          comment?</FONT></P>                    <P><FONT FACE="Arial">&nbsp;</FONT></P>                    <P><FONT FACE="Arial">Ce sont les questions dont je vais          traiter aujourd'hui. De quoi c'est qu'il faut qu'on se          r&eacute;veille? Et comment? Mes r&eacute;ponses seront "Du          R&ecirc;ve des M&ecirc;mes" et "En constatant que c'est un          r&ecirc;ve de M&ecirc;me". Mais &ccedil;a pourra prendre un          moment pour l'expliquer!</FONT></P>                    <P><FONT FACE="Arial">L'histoire est longue, dans les          traditions spirituelles et religieuses, de l'id&eacute;e que          la vie &eacute;veill&eacute;e normale est un r&ecirc;ve ou          une illusion. Ca n'a aucun sens pour quelqu'un qui regarde          autour de lui et est convaincu que ce qu'il voit est un          monde r&eacute;el et qu'il y a un Moi qui le per&ccedil;oit.          Cependant, il y a de nombreux indices &agrave; l'effet que          cette conception ordinaire est fausse.</FONT></P>                    <P><FONT FACE="Arial">Certains de ces indices proviennent          d'exp&eacute;riences mystiques spontan&eacute;es, au cours          desquelles les gens "voient la lumi&egrave;re", se rendent          compte que tout est un, et vont "au-del&agrave; du Moi" pour          voir le monde "tel qu'il est vraiment". Ils sont s&ucirc;rs          que leur nouvelle mani&egrave;re de voir est meilleure et          plus exacte que l'ancienne (bien qu'il soit &eacute;vident          qu'ils puissent se tromper!). D'autres indices proviennent          de la pratique spirituelle. Il est probable que la          premi&egrave;re chose que n'importe qui d&eacute;couvre          lorsqu'on essaye de m&eacute;diter, ou d'&ecirc;tre attentif          et concentr&eacute;, c'est que notre esprit est constamment          plein de pens&eacute;es. Celles-ci ne sont habituellement ni          sages ni merveilleuses, ni m&ecirc;me utiles ou productives,          mais ne sont que du babillage incessant. Du          profond&eacute;ment insignifiant &agrave;          l'&eacute;motionellement embrouill&eacute;, elles continuent          sans fin. Et ce qui est pis, c'est qu'elles impliquent          presque toujours "moi". Le pas est vite franchi de se          demander qui est ce "moi" souffrant et pourquoi "Je" ne peux          arr&ecirc;ter les pens&eacute;es.</FONT></P>                    <P><FONT FACE="Arial">En fin de compte, les indices          proviennent de la science. La conclusion la plus          &eacute;vidente et la plus effrayante de la neurologie          moderne, c'est qu'il n'y simplement personne &agrave;          l'int&eacute;rieur du cerveau </FONT><FONT SIZE="-1"          FACE="Arial">(note de michel proulx: il s'agit d'une          allusion &agrave; la th&eacute;orie antiquissime de          l'homunculus, le petit bonhomme qui'il y aurait &agrave;          l'int&eacute;rieur, &agrave; diriger la machine)</FONT><FONT          FACE="Arial">. Plus on en apprend sur la fa&ccedil;on dont          fonctionne le cerveau, et moins il semble avoir besoin d'un          contr&ocirc;leur central, une petite personne &agrave;          l'int&eacute;rieur, un d&eacute;cideur de d&eacute;cisions          ou un exp&eacute;rimenteur d'exp&eacute;riences. Ceux-ci ne          sont que des fictions --une partie de l'histoire que le          cerveau se raconte &agrave; lui-m&ecirc;me au sujet d'un moi          &agrave; l'int&eacute;rieur </FONT><FONT SIZE="-1"          FACE="Arial">(Churchland et Sejnowski, 1992; Dennett,          1991)</FONT><FONT FACE="Arial">.</FONT></P>                    <P><FONT FACE="Arial">Certains disent que &ccedil;a ne sert          &agrave; rien de chercher &agrave; comprendre          intellectuellement les sujets spirituels. Je ne suis pas          d'accord.</FONT></P>                    <P><FONT FACE="Arial">Il est exact que la          compr&eacute;hension intellectuelle n'est pas la m&ecirc;me          chose que la r&eacute;alisation, mais ceci ne signifie pas          qu'elle soit inutile. Dans ma propre tradition de pratique,          le Zen, il y a beaucoup de place pour le combat          intellectuel; par exemple, dans la culture de "l'esprit de          je ne sais pas", ou en travaillant sur des k&ocirc;ans. On          peut porter une question &agrave; un tel niveau de confusion          intellectuelle qu'elle peut &ecirc;tre tenue,          soupes&eacute;e, dans toute sa complexit&eacute; et          simplicit&eacute;. Comme "Qui suis-je?", "Qu'est ceci?" ou          (un avec lequel je me suis d&eacute;battue) "Qu'est-ce qui          te pousse?".</FONT></P>                    <P><FONT FACE="Arial">Il y a aussi un danger terrible dans          le refus d'&ecirc;tre intellectuel &agrave; propos des          sujets de spiritualit&eacute;. C'est que nous courrons le          danger d'isoler notre pratique spirituelle de la science          dont d&eacute;pend toute notre soci&eacute;t&eacute;. Si          cette soci&eacute;t&eacute; doit acqu&eacute;rir une          quelconque profondeur spirituelle, celle-ci devra coincider          heureusement avec notre compr&eacute;hension croissante des          op&eacute;rations du cerveau et de la nature de l'esprit.          Nous ne pouvons pas nous permettre un monde dans lequel les          scientifiques comprendraient l'esprit, et un autre dans          lequel certaines personnes sp&eacute;cifiques atteindraient          l'Eveil.</FONT></P>                    <P><FONT FACE="Arial">Je pr&eacute;sente donc mes excuses          pour ma d&eacute;marche. Je vais tenter de r&eacute;pondre          &agrave; mes questions en utilisant ce que je puis trouver          de mieux comme science. On dirait que nous vivons dans un          embrouillamini dont nous croyons qu'il importe &agrave; un          moi qui n'existe pas. Je voudrais en trouver la          raison.</FONT></P>                    <P><FONT          FACE="Arial">_________________________________</FONT></P>                    <P><B><FONT SIZE="+1" FACE="Arial">La Dangereuse Id&eacute;e          de Darwin</FONT></B></P>                    <P><FONT FACE="Arial">Il y a une id&eacute;e scientifique          qui, selon moi, d&eacute;passe toutes les autres. Elle est          extr&ecirc;mement simple et belle. Elle contient les          origines de toutes les formes de vie et de toute conception          biologique. Elle se passe du besoin d'un Dieu          cr&eacute;ateur, d'un concepteur, d'un plan directeur ou          d'un but &agrave; l'existence. Ce n'est qu'&agrave; la          lumi&egrave;re de cette id&eacute;e que tout ce que comprend          la biologie a du sens. C'est &eacute;videmment,          l'id&eacute;e de l'&eacute;volution des esp&egrave;ces par          s&eacute;lection naturelle, de Darwin. Les implications de          la s&eacute;lection naturelle sont si profondes que les gens          en ont &eacute;t&eacute; sid&eacute;r&eacute;s ou          enrag&eacute;s, fascin&eacute;s ou scandalis&eacute;s,          depuis qu'elle a &eacute;t&eacute; propos&eacute;e pour la          premi&egrave;re fois dans "L'Origine des Esp&egrave;ces" en          1859. C'est pour cette raison que Dennett (1995) l'appelle          l'Id&eacute;e Dangereuse de Darwin. Malheureusement, ils          sont nombreux ceux qui ont mal compris l'id&eacute;e et qui,          pire, l'ont utilis&eacute;e pour d&eacute;fendre des          doctrines politiques ind&eacute;fendables qui n'ont rien          &agrave; voir avec le darwinisme. J'esp&egrave;re donc que          vous me pardonnerez si je prend un peu de temps pour          l'expliquer le plus clairement possible.</FONT></P>                    <P><FONT FACE="Arial">Tout ce dont on a besoin pour amorcer          la s&eacute;lection naturelle , c'est un r&eacute;plicateur          dans un environnement appropri&eacute;. Un          r&eacute;plicateur, c'est quelque chose qui se copie          lui-m&ecirc;me, quoique pas toujours parfaitement.          L'environnement doit &ecirc;tre celui dans lequel le          r&eacute;plicateur peut cr&eacute;er le plus de copies de          lui-m&ecirc;me, sans qu'elles soient toutes en mesure de          survivre. Voil&agrave;.</FONT></P>                    <P><FONT FACE="Arial">Est-il possible que ce soit si simple?          Oui. Tout se produit de la m&ecirc;me fa&ccedil;on - dans          n'importe quelle g&eacute;n&eacute;ration de copies, toutes          les copies ne sont pas identiques et certaines sont plus          capables de survivre dans cet environnement que les autres.          En cons&eacute;quence, elles font davantage de copies          d'elles-m&ecirc;mes de sorte que ce type de copie devient          plus nombreux. Evidemment, les choses commencent alors          &agrave; se compliquer. La population de copies en rapide          expansion commence &agrave; modifier l'environnement et ceci          modifie les pressions s&eacute;lectives. les variations          locales de l'environnement impliquent que diff&eacute;rentes          sortes de copies se d&eacute;brouilleront bien &agrave;          diff&eacute;rents endroits causant ainsi bien plus de          complexit&eacute; encore. C'est ainsi que le processus peut          produire toutes les sortes de complexit&eacute;          organis&eacute;e que nous voyons dans le monde vivant -- et          pourtant tout ce qu'il faut, c'est ce processus simple,          &eacute;l&eacute;gant, beau et &eacute;vident qu'est la          s&eacute;lection naturelle.</FONT></P>                    <P><FONT FACE="Arial">Pour rendre les choses plus          concr&egrave;tes, imaginons une soupe primitive dans          laquelle un simple r&eacute;plicant chimique a surgi. Nous          appellerons ces r&eacute;plicants des "Blobbies". Ces          blobbies, en vertu de leur constitution chimique, fabriquent          des copies d'eux-m&ecirc;mes &agrave; chaque fois qu'ils          trouvent les bons produits chimiques. Bien, mettons les dans          un marais chimique bien riche et ils vont commencer &agrave;          se copier, quoiqu'avec des erreurs occasionnelles. Quelques          millions d'ann&eacute;es passent et on trouve des tas de          sortes de blobbies. Ceux qui ont besoin de beaucoup de          mar&eacute;cageon ont utilis&eacute; toutes les ressources          et p&eacute;riclitent, de sorte que ceux qui utilisent          l'isomar&eacute;cagine &agrave; la place se          d&eacute;brouillent beaucoup mieux. Bient&ocirc;t, on trouve          plein d'endroits o&ugrave; diff&eacute;rents produits          chimiques pr&eacute;dominent et o&ugrave; diff&eacute;rentes          sortes de blobbies appara&icirc;ssent. La comp&eacute;tition          pour les produits chimiques du mar&eacute;cage devient          f&eacute;roce et la plupart des copies qui sont faites          cr&egrave;vent. Seules celles qui, par une rare fortune, se          r&eacute;v&egrave;lent poss&eacute;der d'astucieuses          nouvelles propri&eacute;t&eacute;s continuent &agrave; se          r&eacute;pliquer encore et encore. Ces          propri&eacute;t&eacute;s astucieuses pourraient comprendre          la capacit&eacute; de se d&eacute;placer et de trouver le          mar&eacute;cageon, d'isoler l'isomar&eacute;cagine3-7 et de          s'y accrocher, ou de construire des membranes autour          d'elles-m&ecirc;mes. Une fois que des blobbies &agrave;          membrane apparaissent, ils vont commencer &agrave;          l'emporter sur ceux qui flottent &agrave; la surface et on          obtient des super-blobbies. Encore quelques millions          d'ann&eacute;es passent et on d&eacute;couvre des trucs,          comme de prendre d'autres blobbies &agrave;          l'int&eacute;rieur de la membrane, ou de joindre plusieurs          super-blobbies ensemble. Des hyper-super-blobbies          apparaissent, comme des animaux multi- cellulaires avec des          r&eacute;serves d'&eacute;nergie et des parties          sp&eacute;cialis&eacute;es pour se d&eacute;placer et se          prot&eacute;ger. Cependant, ces derniers ne sont que pitance          pour des hyper-super-blobbies encore plus gros. Ce n'est          plus qu'une question de temps avant que les variations          al&eacute;atoires et la s&eacute;lection naturelle ne          cr&eacute;ent un vaste monde vivant. Au cours du processus,          des milliards et des milliards de blobbies infructueux          auront &eacute;t&eacute; cr&eacute;&eacute;s et seront          morts, mais c'est ce lent et aveugle processus qui          cr&eacute;e les "biens". Les "biens", sur notre          plan&egrave;te incluent les bact&eacute;ries et les plantes,          les poissons et les grenouilles, les ornithorynques &agrave;          bec de canard et nous.</FONT></P>                    <P><FONT FACE="Arial">La forme surgit de nulle part. Il          n'est nul besoin d'un cr&eacute;ateur ou d'un plan          directeur, et il n'y a aucun point final vers lequel se          dirige la cr&eacute;ation. Richard Dawkins (1996) appelle          &ccedil;a "L'Escalade du Mont Improbable". Il s'agit          seulement d'un processus simple mais inexorable par lequel          des choses incroyablement improbables sont          cr&eacute;&eacute;es.</FONT></P>                    <P><FONT FACE="Arial">Il est important de se rappeller que          l'&eacute;volution n'a aucune vision d'avenir et ne produit          donc pas n&eacute;cessairement la "meilleure" solution.          L'&eacute;volution ne peut que proc&eacute;der par o&ugrave;          elle se trouve &agrave; l'instant. C'est pour &ccedil;a que,          entre autres, nous avons un oeil d'une conception aussi          d&eacute;bile, avec tous les neurones qui passent par devant          la r&eacute;tine et se trouvent dans le chemin de la          lumi&egrave;re. Il n'y avait pas de cr&eacute;ateur par          l&agrave; pour dire 'Ho! Recommencez-moi ce truc! Il faut          faire passer le cablage par derri&egrave;re". Il n'y en          avait pas un non plus pour dire "Ho! Arrangeons &ccedil;a          pour que ce soit agr&eacute;able pour les humains!" Les          g&ecirc;nes, eux, ils s'en fichent. En comprenant le          fantastique processus de la s&eacute;lection naturelle, nous          pouvons voir comment nos corps humains sont comme ils sont          venus &agrave; &ecirc;tre. Mais qu'en est-il de nos esprits?          La psychologie &eacute;volutioniste ne r&eacute;pond pas          facilement &agrave; mes questions. Par exemple, pourquoi          pensons-nous tout le temps? D'un point de vue          g&eacute;n&eacute;tique, &ccedil;a peut sembler un          gaspillage extr&ecirc;me - et les animaux qui gaspillent          leur &eacute;nergie ne survivent pas. Le cerveau utilise          jusque 20% de l'&eacute;nergie du corps alors qu'il n'en          p&egrave;se que 2%. Si nous pensions des pens&eacute;es          utiles, ou r&eacute;solvions des probl&egrave;mes          pertinents, &ccedil;a pourrait encore aller, mais pour la          plupart, ce n'est pas ce qu'il semble. Alors, pourquoi ne          pouvons-nous pas simplement nous asseoir et ne pas          penser?</FONT></P>                    <P><FONT FACE="Arial">Pourquoi croyons-nous en un ego qui          n'existe pas? Quelqu'un pourrait expliquer ceci en termes          &eacute;volutionistes, mais &ccedil;a semble insens&eacute;,          au moins superficiellement. Pourquoi construire une fausse          id&eacute;e d'un &eacute;go, avec tous ses m&eacute;canismes          pour prot&eacute;ger l'amour-propre et sa crainte de          l'&eacute;chec et de la perte, alors que du point de vue          biologique, c'est le corps qui a besoin de protection.          Remarquez que si nous nous voyions nous-m&ecirc;mes comme un          organisme entier, il n'y aurait pas de probl&egrave;me, mais          ce n'est pas le cas -- au contraire, on dirait que nous          croyons en un &eacute;go s&eacute;par&eacute;; quelque chose          qui serait en charge du corps; quelque chose qui doit          &ecirc;tre prot&eacute;g&eacute; en lui-m&ecirc;me. Je parie          que si on vous demandait "Que pr&eacute;f&eacute;rez-vous          perdre -- votre corps, ou votre esprit?" vous ne mettriez          pas longtemps &agrave; d&eacute;cider. Comme bien d'autres          scientifiques, j'aimerais bien d&eacute;couvrir un principe          aussi simple, aussi beau et &eacute;l&eacute;gant que la          s&eacute;lection naturelle qui expliquerait la nature de          l'esprit.</FONT></P>                    <P><FONT FACE="Arial">Je crois qu'il y en a un. Il est          apparent&eacute; de tr&egrave;s pr&egrave;s &agrave; la          s&eacute;lection naturelle. Bien qu'il tra&icirc;ne dans le          paysage depuis une vingtaine d'ann&eacute;es, il n'a pas          encore &eacute;t&eacute; pleinement mis &agrave;          contribution. C'est la th&eacute;orie des          M&ecirc;mes.</FONT></P>                    <P><FONT          FACE="Arial">_________________________________</FONT></P>                    <P><B><FONT SIZE="+1" FACE="Arial">Une br&egrave;ve histoire          du m&ecirc;me des M&ecirc;mes</FONT></B></P>                    <P><FONT FACE="Arial">En 1976 Richard Dawkins &eacute;crivit          ce qui fut probablement le livre le plus populaire jamais          publi&eacute; sur l'&eacute;volution - The Selfish Gene (Le          G&ecirc;ne &eacute;goiste).</FONT></P>                    <P><FONT FACE="Arial">Ce livre donnait un nom accrocheur          &agrave; la th&eacute;orie qui veut que l'&eacute;volution          proc&egrave;de enti&egrave;rement en fonction des          r&eacute;plicants &eacute;goistes. C'est-&agrave;-dire que          l'&eacute;volution ne se produit pas pour le bien de          l'esp&egrave;ce, ni pour celui du groupe, pas plus que pour          l'organisme individuel. Ce n'est que pour le bien des          g&ecirc;nes. Les g&ecirc;nes qui sont efficaces          s'&eacute;tendent et ceux qui ne le sont pas ne le font pas.          Le reste est enti&egrave;rement cons&eacute;quence de ce          fait.</FONT></P>                    <P><FONT FACE="Arial">Evidemment, le principal          r&eacute;plicant qu'il prenait en compte &eacute;tait le          g&ecirc;ne, une unit&eacute; d'information cod&eacute;e dans          l'ADN et affich&eacute;e dans la synth&egrave;se          prot&eacute;ique. Cependant, &agrave; la toute fin de son          livre, il pr&eacute;tendit qu'il existait un autre          r&eacute;plicant sur cette plan&egrave;te: le          M&ecirc;me.</FONT></P>                    <P><FONT FACE="Arial">Le M&ecirc;me est une unit&eacute;          d'information (ou instruction de comportement)          engrang&eacute;e dans le cerveau et communiqu&eacute;e par          imitation d'un cerveau &agrave; un autre. Dawkins donnait          des exemples: les id&eacute;es, les airs de musique, les          th&eacute;ories scientifiques, les croyances religieuses,          les modes vestimentaires, les techniques telles que de          nouvelles mani&egrave;res de tourner des pots ou de          construire des vo&ucirc;tes.</FONT></P>                    <P><FONT FACE="Arial">Les implications de cette id&eacute;e          sont renversantes, et Dawkins en &eacute;num&eacute;rait          quelques unes. Si les M&ecirc;mes sont vraiment des          r&eacute;plicants, alors in&eacute;vitablement, ils se          comporteront de mani&egrave;re &eacute;go&iuml;ste.          C'est-&agrave;-dire que ceux qui sont bons pour se          r&eacute;pandre vont se r&eacute;pandre et ceux qui le sont          pas ne vont pas le faire. En cons&eacute;quence de quoi, le          monde des id&eacute;es - ou m&eacute;mosph&egrave;re - ne va          pas s'emplir des id&eacute;es les meilleures, les plus          v&eacute;ridiques, les plus pleines d'espoir ni les plus          utiles, mais avec les survivantes. Les M&ecirc;mes ne sont,          comme les g&ecirc;nes, que des survivants.</FONT></P>                    <P><FONT FACE="Arial">Dans le cours du processus de survie,          ils vont, tout comme les g&ecirc;nes, cr&eacute;er des          groupes de M&ecirc;mes d'entraide mutuelle.</FONT></P>                    <P><FONT FACE="Arial">Rappellez-vous les blobbies. En          quelques millions d'ann&eacute;es ils se sont mis &agrave;          se rassembler en groupes, parce que ceux qui &eacute;taient          en groupes survivaient mieux que les solitaires. les groupes          sont devenus plus gros et plus efficaces et ont          &eacute;volu&eacute; en un &eacute;cosyst&egrave;me          complexe. Dans le vrai monde de la biologie, les g&ecirc;nes          se sont regroup&eacute;s pour cr&eacute;er d'&eacute;normes          cr&eacute;atures qui ensuite s'accouplent et font passer les          g&ecirc;nes. De mani&egrave;re similaire, les M&ecirc;mes          peuvent se regrouper dans les cerveaux humains et remplir le          monde des id&eacute;es avec leurs produits.</FONT></P>                    <P><FONT FACE="Arial">Si cette conception est correcte,          alors les M&ecirc;mes devraient pouvoir &eacute;voluer de          fa&ccedil;on assez ind&eacute;pendante des g&ecirc;nes          (&agrave; part d'avoir besoin d'un cerveau). Il y a eu de          nombreuses tentatives d'&eacute;tudier l'&eacute;volution          culturelle, mais la plupart traitent implicitement les          id&eacute;es (ou M&ecirc;mes) comme &eacute;tant          subordonn&eacute;es aux g&ecirc;nes (cf. par ex.          Cavalli-Sforza et Feldman, 1981; Crook, 1995; Durham,1991;          Lumsden et Wilson, 1981). La puissance qui r&eacute;sulte de          la prise de conscience que les M&ecirc;mes sont des          r&eacute;plicants provient de ce qu'on peut les voir comme          ne travaillant purement et simplement que dans leur propre          int&eacute;r&ecirc;t. Evidemment, jusqu'&agrave; un certain          point, les M&ecirc;mes r&eacute;ussiront d'autant mieux          qu'ils seront utiles &agrave; leurs h&ocirc;tes, mais ce          n'est pas l&agrave; pour eux la seule fa&ccedil;on de          survivre - et nous allons bient&ocirc;t en voir certaines          cons&eacute;quences. Depuis qu'il a sugg&eacute;r&eacute;          pour la premi&egrave;re fois l'id&eacute;e des M&ecirc;mes,          Dawkins a discut&eacute; de l'extension de comportements          tels que de porter des casquettes de baseball &agrave;          l'envers (mes enfants ont r&eacute;cemment retourn&eacute;          les leurs &agrave; l'endroit!), l'utilisation de certaines          marques de v&ecirc;tements pour identifier les bandes, et          (le plus &eacute;videmment) le pouvoir des religions. Les          religions sont, selon Dawkins (1993), d'&eacute;normes          complexes de M&ecirc;mes co-adapt&eacute;s;          c'est-&agrave;-dire des groupes de M&ecirc;mes qui se          tiennent ensemble pour s'entraider mutuellement et donc          survivre mieux que des M&ecirc;mes solitaires ne pourraient          le faire. D'autres complexes de M&ecirc;mes incluent les          sectes, les syst&egrave;mes politiques, les syst&egrave;mes          de croyances alternatifs et les th&eacute;ories et          paradigmes scientifiques.</FONT></P>                    <P><FONT FACE="Arial">Les religions sont sp&eacute;ciales          parce qu'elles utilisent pratiquement tous les trucs du          manuel des M&ecirc;mes (ce qui est probablement la raison          pour laquelle elles durent si longtemps et infectent autant          de cerveaux). Pensez-y de cette fa&ccedil;on: l'id&eacute;e          d'un Enfer est utile au d&eacute;but parce que la crainte de          l'enfer renforce les comportements socialement          d&eacute;sirables. Alors ajoutez-y l'id&eacute;e que les          incroyants (m&eacute;cr&eacute;ants) vont en enfer, et le          M&ecirc;me et tous se compagnons sont bien          prot&eacute;g&eacute;s. L'id&eacute;e de Dieu est un          M&ecirc;me-compagnon naturel, apaisant la crainte et          fournissant un (faux) confort. L'expansion des complexes de          M&ecirc;mes est aid&eacute;e par les exhortations &agrave;          convertir les autres et par des trucs tels que le          c&eacute;libat des pr&ecirc;tres. Le c&eacute;libat est un          d&eacute;sastre pour les g&ecirc;nes, mais il aidera          &agrave; r&eacute;pandre les M&ecirc;mes, vu qu'un          pr&ecirc;tre c&eacute;libataire dispose de plus de temps          pour r&eacute;pandre sa foi.</FONT></P>                    <P><FONT FACE="Arial">Un autre truc consiste &agrave;          accorder de la valeur &agrave; la foi et &agrave; supprimer          les doutes qui conduisent tout enfant &agrave; poser des          questions difficiles comme "O&ugrave; est l'enfer?" et "Si          Dieu esst si bon, pourquoi permet-il que ces gens soient          tortur&eacute;s?" Remarquez que la science (et certaines          formes de Bouddhisme) font le contraire et encouragent le          doute.</FONT></P>                    <P><FONT FACE="Arial">Finalement, une fois infect&eacute;s          par ces complexes de M&ecirc;mes, ils sont difficiles          &agrave; &eacute;liminer. Si vous le tentez, certains vont          m&ecirc;me se prot&eacute;ger dans leurs derniers          retranchements avec des excommunications ou des menaces de          mort ou de feux de l'enfer pour          l'&eacute;ternit&eacute;.</FONT></P>                    <P><FONT FACE="Arial">Il ne faudrait pas que je me laisse          emporter. Ce &agrave; quoi je veux en venir, c'est que ces          M&ecirc;mes religieux n'ont pas surv&eacute;cu pendant des          si&egrave;cles parce qu'ils sont vrais, parce qu'ils sont          utiles aux g&ecirc;nes ou parce qu'ils nous rendent heureux.          En fait, je crois qu'ils sont faux et qu'ils sont          responsables des pires mis&egrave;res de l'histoire humaine.          Non - ils ont surv&eacute;cu parce que ce sont des          M&ecirc;mes &eacute;go&iuml;stes et qu'ils savent bien          survivre - Ils n'ont pas besoin d'autre raison.</FONT></P>                    <P><FONT FACE="Arial">Une fois qu'on commence &agrave;          penser ainsi, une perspective v&eacute;ritablement          effrayante s'ouvre devant nous. Nous nous sommes tous          habitu&eacute;s &agrave; penser que nos corps sont des          organismes biologiques cr&eacute;&eacute;s par          l'&eacute;volution. Et pourtant, il nous plait toujours de          penser que nos egos sont quelque chose de plus. Nous sommes          charg&eacute;s de nos corps, nous menons la barque, nous          d&eacute;cidons quelles id&eacute;es il nous faut croire et          lesquelles il nous faut rejeter. Mais le faisons-nous          vraiment? Si on commence &agrave; r&eacute;fl&eacute;chir          aux M&ecirc;mes &eacute;go&iuml;stes, il devient vite clair          que nos id&eacute;es sont dans nos t&ecirc;tes parce que ce          sont des M&ecirc;mes &agrave; succ&egrave;s. Le philosophe          am&eacute;ricain Dan Dennett (1995) conclut qu'une          "personne" est une esp&egrave;ce sp&eacute;cifique d'animal          infest&eacute; par les M&ecirc;mes. En d'autres mots, vous          et moi et tous nos amis sommes les produits de deux          r&eacute;plicants aveugles; les g&ecirc;nes et les          M&ecirc;mes.</FONT></P>                    <P><FONT FACE="Arial">Je trouve ces id&eacute;es absolument          &eacute;poustouflantes. Potentiellement, nous pourrions          comprendre tout de la vie mentale en termes de          comp&eacute;tition entre M&ecirc;mes, tout comme nous          pouvons comprendre toute vie biologique en termes de          comp&eacute;tition entre les g&ecirc;nes.</FONT></P>                    <P><FONT FACE="Arial">Ce que je voudrais faire maintenant,          en fin de compte, c'est appliquer les id&eacute;es de la          M&ecirc;metique aux questions que j'ai pos&eacute;es au          d&eacute;but. de quoi nous &eacute;veillons-nous et comment          le faisons-nous?</FONT></P>                    <P><FONT          FACE="Arial">_________________________________</FONT></P>                    <P><B><FONT SIZE="+1" FACE="Arial">Pourquoi ma t&ecirc;te          est-elle si pleine de pens&eacute;es?</FONT></B></P>                    <P><FONT FACE="Arial">La r&eacute;ponse &agrave; cette          question est d'une facilit&eacute; ridicule, une fois qu'on          a commenc&eacute; &agrave; penser en termes de M&ecirc;mes.          Si un M&ecirc;me doit survivre, il lui faut &ecirc;tre bien          &agrave; l'abri dans un cerveau humain et transmis avec          pr&eacute;cision &agrave; davantage de cerveaux. Un          M&ecirc;me qui s'enfouit profond&eacute;ment dans la          m&eacute;moire et ne se montre plus jamais &agrave; la          surface va tout simplement dispara&icirc;tre. Un M&ecirc;me          qui devient extr&ecirc;mement distordu dans la          m&eacute;moire ou au cours de la transmission va aussi          dispara&icirc;tre. Une mani&egrave;re simple d'assurer sa          survie pour un M&ecirc;me, c'est d'&ecirc;tre          r&eacute;p&eacute;t&eacute; continuellement dans nos          t&ecirc;tes.</FONT></P>                    <P><FONT FACE="Arial">Prenez deux airs. L'un d'eux est          difficile &agrave; chanter et m&ecirc;me encore plus          difficile &agrave; se le chanter &agrave; soi-m&ecirc;me en          silence. L'autre est un petit machin accrocheur que vous ne          pouvez presque pas vous emp&ecirc;cher de fredonner. Alors          vous le faites. Ca continue et ca continue. La prochaine          fois que vous avez envie de chanter &agrave; haute voix, cet          air est tr&egrave;s susceptible d'&ecirc;tre celui que vous          chanterez. Et si quelqu'un l'entend, il le reprendra. C'est          comme &ccedil;a que vient le succ&egrave;s, et c'est pour          &ccedil;a que le monde est si plein d'airs accrocheurs          affreux et de jingles de publicit&eacute;.</FONT></P>                    <P><FONT FACE="Arial">Mais il y a une autre          cons&eacute;quence. Nos cerveaux en deviennent pleins. Ces          M&ecirc;mes &agrave; succ&egrave;s sautent d'une personne          &agrave; l'autre, et remplissent l'esprit de leur h&ocirc;te          au passage. De la sorte, nos esprits deviennent de plus en          plus pleins.</FONT></P>                    <P><FONT FACE="Arial">Nous pouvons appliquer la m&ecirc;me          logique &agrave; d'autres sortes de M&ecirc;mes. Les          id&eacute;es qui tournent et retournent dans nos t&ecirc;tes          auront du succ&egrave;s. Non seulement allons nous bien nous          en rappeler, mais la prochaine fois que nous serons en train          de parler &agrave; quelqu'un, ce seront les id&eacute;es que          nous aurons "en t&ecirc;te" et c'est comme &ccedil;a          qu'elles se transmettront. Elles pourront y arriver en          &eacute;tant &eacute;motionnellement charg&eacute;es,          excitantes, facilement m&eacute;morisables ou pertinentes          pour nos soucis de l'instant. Peu importe comment elles y          arrivent. Le fait est que les M&ecirc;mes qui arrivent          &agrave; se faire r&eacute;p&eacute;ter l'emportent sur ceux          qui ne le sont pas. La cons&eacute;quence &eacute;vidente en          est que nos t&ecirc;tes sont vite remplies d'id&eacute;es.          Toute tentative de nettoyer l'esprit ne fait que faire de la          place pour d'autres M&ecirc;mes.</FONT></P>                    <P><FONT FACE="Arial">Cette simple logique explique pourquoi          il est si difficile pour nous de nous asseoir et de "ne pas          penser", et pourquoi cette bataille pour dompter "nos"          pens&eacute;es est perdue d'avance. Dans un sens tr&egrave;s          r&eacute;el, elles ne sont pas du tout "nos" pens&eacute;es.          Elles ne sont que des M&ecirc;mes qui r&eacute;ussisent          &agrave; exploiter efficacement nos ondes          c&eacute;r&eacute;brales du moment.</FONT></P>                    <P><FONT FACE="Arial">Ce qui soul&egrave;ve la question          d&eacute;licate &agrave; savoir qui pense ou ne pense pas.          Qui est-ce qui se bat contre ces M&ecirc;mes          &eacute;go&iuml;stes? En d'autres mots, qui suis-je?</FONT>          </P>                    <P><FONT          FACE="Arial">___________________________________</FONT></P>                    <P><B><FONT SIZE="+1" FACE="Arial">Qui suis-je?</FONT></B>          </P>                    <P><FONT FACE="Arial">Je suppose que vous pouvez d&egrave;s          maintenant deviner ce que sera ma r&eacute;ponse &agrave;          cette question. Nous ne sommes que des complexes de          M&ecirc;mes co-adapt&eacute;s. nous, nos pr&eacute;cieux et          mythiques "egos", ne sommes que des groupes de M&ecirc;mes          &eacute;go&iuml;stes qui se sont rassembl&eacute;s par et          pour eux-m&ecirc;mes. Il s'agit d'une id&eacute;e proprement          &eacute;poustouflante, et, &agrave; mon exp&eacute;rience,          mieux on la comprend et plus elle devient folle et          fascinante. Elle d&eacute;mant&egrave;le notre fa&ccedil;on          ordinaire de nous penser nous-m&ecirc;mes et soul&egrave;ve          des questions bizarres sur notre relation avec nos          id&eacute;es. Pour la comprendre, il nous faut          r&eacute;fl&eacute;chir au comment et au pourquoi des          M&ecirc;mes se rassemblent en groupes.</FONT></P>                    <P><FONT FACE="Arial">De m&ecirc;me qu'avec les blobbies ou          les g&ecirc;nes, les M&ecirc;mes en groupes sont davantage          &agrave; l'abri que les M&ecirc;mes solitaires. Une          id&eacute;e fermement sertie dans un complexe de M&ecirc;mes          a plus de chances de survie dans la m&eacute;mosph&egrave;re          qu'une id&eacute;e isol&eacute;e. C'est peut-&ecirc;tre          parce que les id&eacute;es &agrave; l'int&eacute;rieur des          groupes de M&ecirc;mes sont &eacute;chang&eacute;es en vrac          (c-&agrave;-d. lorsque quelqu'un se convertit &agrave; une          croyance, une th&eacute;orie ou une tendance politique), se          soutiennent mutuellement -- par ex., si vous d&eacute;testez          l'&eacute;conomie ultra-lib&eacute;rale, vous pourriez aussi          &ecirc;tre en faveur d'une g&eacute;n&eacute;reuse          protection sociale), et ils se prot&egrave;gent de la          destruction. S'ils ne le faisaient pas, ils ne dureraient          pas et ne seraient plus l&agrave; aujourd'hui. Les complexes          de M&ecirc;mes que nous rencontrons sont tous ceux qui ont          r&eacute;ussi!</FONT></P>                    <P><FONT FACE="Arial">Comme les religions, l'astrologie est          un complexe de M&ecirc;mes &agrave; succ&egrave;s. Il es peu          probable que l'id&eacute;e que les Lions s'entendent bien          avec les Verseaux aurait pu survivre toute seule, mais en          tant que partie de l'astrologie, elle est facile &agrave;          m&eacute;moriser et &agrave; transmettre. L'astrologie          exerce une attirance &eacute;vidente qui la met dans nos          cerveaux d&egrave;s le d&eacute;part; elle fournit une jolie          (quoique fausse) explication aux diff&eacute;rences humaines          et une sensation de pr&eacute;dictibilit&eacute;          r&eacute;confortante (quoique erron&eacute;e). Elle peut se          r&eacute;pandre facilement (on peut y ajouter de nouvelles          id&eacute;es &agrave; l'infini!) et elle r&eacute;siste          tr&egrave;s bien aux preuves contraires. En fait, le          r&eacute;sultat de centaines d'exp&eacute;riences montre que          les pr&eacute;tentions de l'astrologie sont fausses mais          &ccedil;a n'a pas pour autant r&eacute;duit la croyance en          elle d'un iota (Dean, Mather and Kelly, 1996). Il est clair          qu'une fois qu'on croit en l'astrologie, il est tr&egrave;s          difficile de d&eacute;raciner toutes les croyances et de          leur trouver des alternatives. &Ccedil;a n'en vaut          peut-&ecirc;tre pas la peine. C'est ainsi que nous devenons          tous des h&ocirc;tes inconscients d'un &eacute;norme bagage          de complexes M&ecirc;miques inutiles et parfois          dommageables.</FONT></P>                    <P><FONT          FACE="Arial">___________________________________________</FONT>          </P>                    <P><B><FONT SIZE="+1" FACE="Arial">L'un d'eux est          moi.</FONT></B></P>                    <P><FONT FACE="Arial">Pourquoi est-ce que je dis que l'ego          est un complexe de M&ecirc;mes? Parce que &ccedil;a marche          de la m&ecirc;me fa&ccedil;on que tous les autres complexes          de M&ecirc;mes. Comme pour l'astrologie, l'id&eacute;e d'un          "soi" a une bonne raison de s'installer, d&egrave;s le          d&eacute;part. Ensuite, une fois en place, les M&ecirc;mes          &agrave; l'int&eacute;rieur du complexe s'entraident          mutuellement, on peut leur en rajouter presqu'&agrave;          l'infini, et tout le complexe est r&eacute;sistant &agrave;          toute preuve de sa fausset&eacute;.</FONT></P>                    <P><FONT FACE="Arial">Pour commencer, l'id&eacute;e d'un ego          doit entrer l&agrave;. Imaginons une cr&eacute;ature sociale          tr&egrave;s intelligente mais sans le langage. Elle aura          besoin d'un sentiment du soi pour pr&eacute;dire le          comportement des autres (Humphrey, 1986) et pour traiter la          propri&eacute;t&eacute;, la tromperie, les amiti&eacute;s et          les alliances (Crook, 1980).</FONT></P>                    <P><FONT FACE="Arial">Avec ce simple sentiment du soi, elle          peut savoir que sa fille a peur d'une femelle de haut rang          et elle peut prendre des mesures pour la prot&eacute;ger,          mais elle ne poss&egrave;de pas le langage avec lequel elle          pourrait penser "Je pense que ma fille a peur... etc.".          C'est avec le langage que les M&ecirc;mes d&eacute;marrent          vraiment - et avec le langage que "Je " appara&icirc;t. Des          tas de M&ecirc;mes simples peuvent alors s'unir en tant que          "mes" croyances, d&eacute;sirs et opinions.</FONT></P>                    <P><FONT FACE="Arial">Comme exemple, prenons l'id&eacute;e          des diff&eacute;rences de sexe au plan de l'habilet&eacute;.          En tant qu'id&eacute;e abstraite (ou M&ecirc;me          isol&eacute;) elle a peu de chances de succ&egrave;s. Mais          donnez-lui la forme "Je crois en l'&eacute;galit&eacute; des          sexes" et tout soudain elle a acquis l'&eacute;norme poids          du "soi" derri&egrave;re elle. "Je" me battrai pour cette          id&eacute;e comme si j'&eacute;tais menac&eacute;. Je          pourrais argumenter avec des amis, &eacute;crire de mots          d'opinion, participer &agrave; des marches de protestation.          Le M&ecirc;me est &agrave; l'abri au port du "soi"          m&ecirc;me face aux preuves qui l'invalident. "Mes"          id&eacute;es sont prot&eacute;g&eacute;es. C'est alors          qu'elles commencent &agrave; prolif&eacute;rer. Les          id&eacute;es qui peuvent s'installer dans un &eacute;go -          c'est-&agrave;-dire devenir "mes" id&eacute;es, ou "mes"          opinions, ont du succ&egrave;s. De sorte qu'on en attrape          tout plein. A peine s'en rend-on compte que "nous" sommes un          vaste conglom&eacute;rat de M&ecirc;mes &agrave;          succ&egrave;s. Evidemment, il n'y a aucun "Je" qui "ait" les          opinions. C'est &eacute;videmment un non-sens lorsqu'on y          songe s&eacute;rieusement. Bien s&ucirc;r, il y a un corps          qui dit "Je crois qu'il faut &ecirc;tre correct avec les          gens" et un corps qui est (ou n'est pas) correct avec les          gens, mais il n'y a pas en prime un ego qui "a" les          croyances.</FONT></P>                    <P><FONT FACE="Arial">Maintenant, nous avons une id&eacute;e          radicalement neuve de qui nous sommes. Nous ne sommes que          des conglom&eacute;rats temporaires d'id&eacute;es, fondues          ensembles pour leur propre protection. L'analogie avec nos          corps est proche. Les corps sont les cr&eacute;ations de          complexes temporaires de g&ecirc;nes: bien que chacun de          nous soit unique, les g&ecirc;nes eux-m&ecirc;mes          proviennent tous de cr&eacute;atures          pr&eacute;c&eacute;dentes et, si nous nous reproduisons,          continueront en de futures cr&eacute;atures. Nos esprits          sont la cr&eacute;ation de complexes temporaires de          M&ecirc;mes: bien que chacun de nous soit unique, les          M&ecirc;mes eux-m&ecirc;mes proviennent de cr&eacute;atures          pr&eacute;c&eacute;dentes et, si nous parlons,          &eacute;crivons et communiquons, continueront en de futures          cr&eacute;atures. C'est tout. Le probl&egrave;me, c'est que          nous ne voyons pas les choses comme &ccedil;a. Nous croyons          qu'il y a vraiment quelqu'un &agrave; l'int&eacute;rieur qui          s'occupe de croire, et vraiment quelqu'un qui a besoin qu'on          le prot&egrave;ge. C'est &ccedil;a, l'illusion - c'est          &ccedil;a le r&ecirc;ve de M&ecirc;mes dont nous pouvons          nous &eacute;veiller</FONT></P>                    <P><FONT          FACE="Arial">___________________________________________</FONT>          </P>                    <P><B><FONT SIZE="+1" FACE="Arial">D&eacute;manteler le          R&ecirc;ve de M&ecirc;mes.</FONT></B></P>                    <P><FONT FACE="Arial">Je connais deux syst&egrave;mes qui          sont capables de d&eacute;manteler les complexes de          M&ecirc;mes (quoique je sois convaincue qu'il y en a          d'autres). Bien s&ucirc;r, ces syst&egrave;mes sont          eux-m&ecirc;mes des M&ecirc;mes mais ce sont, si on veut,          des d&eacute;sinfectants de M&ecirc;mes, des M&ecirc;mes          mangeurs de M&ecirc;mes, ou des "complexes de M&ecirc;mes          qui d&eacute;truisent des complexes de M&ecirc;mes." Ce sont          la science et le Zen.</FONT></P>                    <P><FONT FACE="Arial">La science y arrive &agrave; cause de          ses id&eacute;aux de v&eacute;rit&eacute; et de recherche de          preuves. Elle n'est pas toujours &agrave; la hauteur de ces          id&eacute;aux, mais en principe, elle est capable de          d&eacute;truire tout complexe de M&ecirc;mes          non-v&eacute;ridique en le soumettant &agrave; la question,          en demandant des preuves, ou en organisant une          exp&eacute;rience.</FONT></P>                    <P><FONT FACE="Arial">Le Zen fait &ccedil;a aussi, quoique          les m&eacute;thodes soient compl&egrave;tement          diff&eacute;rentes. Dans l'entra&icirc;nement Zen, tout          concept est soumis &agrave; examen, rien n'est laiss&eacute;          sans &ecirc;tre examin&eacute;, m&ecirc;me l'&eacute;go qui          m&egrave;ne l'examen doit &ecirc;tre maintenu sous la          lumi&egrave;re et interrog&eacute;. "Qui t'es,          to&eacute;?"</FONT></P>                    <P><FONT FACE="Arial">Apr&egrave;s quelque quinze ans de          pratique du Zen, et en relisant les Trois Piliers du Zen de          Philip Kapleau, j'ai commenc&eacute; &agrave; travailler le          k&ocirc;an "Qui...?". L'exp&eacute;rience a          &eacute;t&eacute; tr&egrave;s int&eacute;ressante, et je          peux au mieux la comparer &agrave; l'observation d'un          M&ecirc;me en train de d&eacute;boutonner d'autres          M&ecirc;mes. Chaque pens&eacute;e qui surgit au cours de la          m&eacute;ditation &eacute;tait contr&eacute;e par "Qui          est-ce qui pense &ccedil;a?" ou "Qui c'est qui voit          &ccedil;a?" ou Qui est-ce qui ressent &ccedil;a?" ou juste          "Qui...?". de consid&eacute;rer le faux soi comme un vaste          complexe de M&ecirc;mes m'a paru aider - parce qu'il est          bien plus facile de l&acirc;cher prise sur des M&ecirc;mes          de passage que sur un ego r&eacute;el, solide et permanent.          C'est bien plus facile de laisser le d&eacute;boutonneur de          M&ecirc;mes faire son boulot si vous savez que tout ce qu'il          fait, c'est de d&eacute;boutonner des M&ecirc;mes.</FONT>          </P>                    <P><FONT FACE="Arial">Un autre de mes k&ocirc;ans est          tomb&eacute; face aux M&ecirc;mes. Q.: Qui te m&egrave;ne?".          R.: Les M&ecirc;mes, &eacute;videmment." Il ne s'agit pas          l&agrave; d'une simple r&eacute;ponse intellectuelle, mais          d'une fa&ccedil;on de se voir comme une construction          temporaire transitoire. La question se dissout lorsque le          soi et le conducteur sont tous deux vus comme des          M&ecirc;mes.</FONT></P>                    <P><FONT FACE="Arial">Il m'a fallu faire un long          d&eacute;tour pour r&eacute;pondre &agrave; mes questions,          mais j'esp&egrave;re que vous pouvez maintenant comprendre          mes r&eacute;ponses. "De quoi c'est qu'il faut qu'on se          r&eacute;veille?" - "Du r&ecirc;ve des M&ecirc;mes,          &eacute;videmment." - "Et comment?" - "En constatant que          c'est un r&ecirc;ve de M&ecirc;me".</FONT></P>                    <P><FONT FACE="Arial">Et qui c'est qui laisse le          d&eacute;boutonneur de M&ecirc;mes faire son truc? Qui c'est          qui se r&eacute;veille quand le r&ecirc;ve des M&ecirc;mes          est d&eacute;mantel&eacute;? Ah, en voil&agrave; une          question.</FONT></P>                    <P><FONT FACE="Arial">(Fin)</FONT></P>                    <P><FONT          FACE="Arial">__________________________________________________</FONT>          </P>                    <P><FONT FACE="Arial">&gt;Sandeep:</FONT></P>                    <P><FONT FACE="Arial">&gt;D'abord, pour moi les M&ecirc;mes          ne sont rien d'autres que les "conditionnements"          concr&eacute;tis&eacute;s.</FONT></P>                    <P><FONT FACE="Arial">&gt;Et c'est l&agrave;, dans cette          derni&egrave;re phrase, que la Science s'arr&ecirc;tera          toujours, parce qu'elle a alors besoin d'observer          l'observateur.</FONT></P>                    <P><FONT FACE="Arial">&gt;Quand l'observateur est          l'observ&eacute;, il n'y a plus d'observation et sans          observation, il n'y a plus de science.</FONT></P>                    <P><FONT FACE="Arial">&gt;C'est-&agrave;-dire,          ahhhhaaaaaaaa</FONT></P>                    <P><FONT FACE="Arial">&gt;</FONT></P>                    <P><FONT FACE="Arial">&gt;Cheers</FONT></P>                    <P><FONT FACE="Arial">&gt;Sandeep</FONT></P>                    <P><FONT FACE="Arial">          <HR ALIGN=LEFT>          </FONT><FONT FACE="Arial"><A HREF="Articles.html">Pour          retourner &agrave; la page principale, cliquer          ici.</A></FONT></P>                    <P><A HREF="http://www.susanblackmore.co.uk/">Pour lire la          version originale en anglais, cliquer ici.</A>       </TD></TR> </TABLE> <!--SELECTION--><script language="JavaScript1.1"><!--                               hsh = new Date();                               hsd = document;                               hsi = '<a href="http://www.xiti.com/xiti.asp?s=61001"'                               hsi += ' TARGET="_top"><img width="39" height="25" border=0 '                               hsi += 'src="http://logv14.xiti.com/hit.xiti?s=61001'                               hsi += '&p=&hl=' + hsh.getHours() + 'x' + hsh.getMinutes() + 'x' + hsh.getSeconds();                               if(parseFloat(navigator.appVersion)>=4)                               {Xiti_s=screen;hsi += '&r=' + Xiti_s.width + 'x' + Xiti_s.height + 'x' + Xiti_s.pixelDepth + 'x' + Xiti_s.colorDepth;}                               hsd.writeln(hsi + '&ref=' + hsd.referrer.replace('&', '$') + '" title="Mesurez votre audience"></a>');                               //--></script><noscript><A HREF="http://www.xiti.com/xiti.asp?s=61001" TARGET="_top"><IMG SRC="http://logv14.xiti.com/hit.xiti?s=61001&amp;p=&amp;" WIDTH=39 HEIGHT=25 BORDER=0 ALIGN=bottom title="Mesurez votre audience" naturalsizeflag="0"></noscript><!--/SELECTION--></A> </P> </BODY> </HTML>  </pre></xmp></noscript><script language="javascript" src="http://ads.multimania.lycos.fr/ad/test_frame_size.js"></script> <script language="javascript"> if (!AD_clientWindowSize()) {         document.write("<NOSC"+"RIPT>"); } </script>  <script type="text/javascript" src="http://ads.multimania.lycos.fr/ad/ad.php?cat=association&mkw=&CC=fr&ord=3ea27292&adpref="></script> 
