<HTML>  <HEAD>  <META NAME="GENERATOR" CONTENT="Adobe PageMill 3.0 Mac">  <TITLE>Extrait La Taupe et le Dragon</TITLE></HEAD><BODY BACKGROUND="../PageMill_Resources/FondAlire.gif"><H1 ALIGN=CENTER>La Taupe et le Dragon</H1><P ALIGN=CENTER>de</P><H2 ALIGN=CENTER>Jo&euml;l Champetier</H2><H2 ALIGN=CENTER>&nbsp;</H2><P>&nbsp;</P><BLOCKQUOTE>  <P>(Extrait du chapitre 1, p. 1-9)</P>  <P>&nbsp;</P>  <P>Dans l'astroport de la Nouvelle-Chine, le tumulte r&eacute;gnait.  Une masse compacte d'immigrants chinois bloquait compl&egrave;tement  les corridors du vaste b&acirc;timent, trop excit&eacute;e pour  pr&ecirc;ter attention aux signes des officiers de la s&eacute;curit&eacute;  ou aux vocif&eacute;rations des haut-parleurs. De peine et de  mis&egrave;re, R&eacute;jean Tanner se d&eacute;gagea de l'engorgement  et r&eacute;ussit &agrave; s'enfuir jusqu'&agrave; un coin moins  achaland&eacute;. Il aper&ccedil;ut le commandant Wang Zhong  qui lui avait r&eacute;serv&eacute; une place sur un des rares  bancs encore libre. Tanner remercia son sup&eacute;rieur, puis  s'assit avec un soupir de soulagement, &eacute;puis&eacute; par  l'&eacute;prouvante rentr&eacute;e en navette atmosph&eacute;rique  et par les heures &agrave; faire le pied de grue &agrave; la  douane. Il se massa le front : il avait la naus&eacute;e et une  migraine d'enfer lui fissurait le cr&acirc;ne. Apr&egrave;s six  semaines de voyage interstellaire, son corps avait perdu l'habitude  de la gravit&eacute;.<BR>  Par r&eacute;flexe, Tanner consulta sa montre. Elle n'indiquait  rien, &eacute;videmment. Avec un soupir d'irritation, il d&eacute;tacha  le bracelet devenu inutile, l'ionisation de la haute atmosph&egrave;re  en Nouvelle-Chine y interdisait la mise en orbite de satellites  de synchronisation horaire. Son premier achat sur cette plan&egrave;te  consisterait sans doute en une montre locale.<BR>  La fatigue pesait &eacute;galement sur le sto&iuml;que commandant  Wang. Il fit preuve d'un rare acc&egrave;s de mauvaise humeur.<BR>  - J'aurais cru qu'on viendrait nous attendre, au moins un agent  avec une voiture. L'insouciance de Bloembergen frise l'impolitesse.<BR>  Une heure passa. Il faisait chaud. Par les larges baies vitr&eacute;es,  le soleil orang&eacute; &eacute;claboussait d'or la marqueterie  qui recouvrait le plancher de l'astroport, un motif complexe  de dragons enchev&ecirc;tr&eacute;s. Wang somnolait. Tanner commen&ccedil;ait  &agrave; s'impatienter : combien de temps allait-on les laisser  poireauter ici ? <BR>  Une petite foule d'immigrants chinois s'attroupa pr&egrave;s  de leur banc. Une jeune Chinoise se posta &agrave; c&ocirc;t&eacute;  de R&eacute;jean Tanner et, la voix amplifi&eacute;e par un m&eacute;gaphone,  guida le flot d'immigrants qui mena&ccedil;ait de s'engorger.  Pour faire durer le plaisir, elle r&eacute;p&eacute;tait tous  ses ordres en anglais et en mandarin, avec un accent cantonais  &agrave; couper au couteau, comme si la distorsion du m&eacute;gaphone  ne suffisait pas &agrave; rendre ses paroles &agrave; peu pr&egrave;s  incompr&eacute;hensibles. Tanner tira sur le bord de sa jupe.<BR>  - Vous ne pourriez pas aller gueuler ailleurs avec votre truc  ?<BR>  La jeune h&ocirc;tesse le toisa des pieds &agrave; la t&ecirc;te,  surprise par ce grand gaillard aux cheveux roux. Un Europ&eacute;en  Et qui parlait parfaitement mandarin. Mieux qu'elle, en tout  cas.<BR>  - Je fais mon travail, r&eacute;pondit-elle sur un ton sec.<BR>  Wang pr&ecirc;cha le calme &agrave; Tanner, ce n'&eacute;tait  ni l'endroit, ni le moment de faire un esclandre. Avec des gestes  las, ils s'&eacute;loign&egrave;rent, tra&icirc;nant leurs valises  vers un coin plus calme. Peine perdue, ici des menuisiers r&eacute;paraient  le plancher de marqueterie, appliquant une nouvelle couche d'un  vernis clair et particuli&egrave;rement puant, qui aviva par  un ordre de magnitude la migraine de Tanner.<BR>  Ils d&eacute;ambul&egrave;rent jusqu'&agrave; une baie d'observation,  d'o&ugrave; ils assist&egrave;rent &agrave; l'atterrissage fracassant  d'une autre navette. Une cinquantaine de personnes, hommes, femmes  et enfants, sortirent de la navette, d&eacute;boussol&eacute;s  et excit&eacute;s, scrutant le ciel, embrassant le sol de b&eacute;ton  craquel&eacute;. La navette repartit aussit&ocirc;t pour finir  le d&eacute;barquement des trois mille passagers du vaisseau  interstellaire.<BR>  Dans un ciel jaune-vert sans nuages, le soleil &shy; epsilon  du Bouvier A &shy;, presque au z&eacute;nith, baignait la fine  poussi&egrave;re laiss&eacute;e par le d&eacute;collage de la  navette d'une apaisante lumi&egrave;re ambr&eacute;e. Plus loin,  &agrave; l'est, au-del&agrave; des baraquements de b&eacute;ton  de l'astroport, s'&eacute;talait un quartier industriel de la  Zone de Libre &Eacute;change Commercial de la Nouvelle-Chine.  Encore plus loin, s'&eacute;talait la mer, or vert, miroitante.  Tanner se massa le cou : difficile de go&ucirc;ter la beaut&eacute;  de ce soleil matinal en &eacute;tant si fourbu.<BR>  - Commandant Wang ?<BR>  Wang et Tanner tois&egrave;rent leur interlocuteur, un homme  de race blanche, mince, &eacute;l&eacute;gamment v&ecirc;tu.  Son visage au teint crayeux contrastait avec ses cheveux tr&egrave;s  noirs qui lui descendaient jusqu'&agrave; mi-&eacute;paule. Il  tenait entre ses doigts une cigarette de papier jaune. En un  geste mani&eacute;r&eacute;, il la porta &agrave; sa bouche,  puis souffla nonchalamment une volute de fum&eacute;e vers le  plafond. Tanner resta une fraction de seconde interdit : sur  Terre, on voyait rarement un Europ&eacute;en fumer. L'homme aspira  de nouveau, fit la moue, laissant la fum&eacute;e d&eacute;river  au rythme de son souffle.<BR>  - Je m'appelle Fran&ccedil;ois Barnaby, je travaille pour le  Bureau.<BR>  - Eh bien, ce n'est pas trop t&ocirc;t ! grogna Wang.<BR>  Barnaby murmura une vague excuse. Il paraissait plut&ocirc;t  amus&eacute; par l'irritation de l'officier. Il regarda Tanner.<BR>  - Et vous, vous &ecirc;tes le nouveau ?<BR>  - R&eacute;jean Tanner.<BR>  Barnaby hocha la t&ecirc;te, un vague sourire difficile &agrave;  interpr&eacute;ter sur le visage. Son attention se porta sur  la baie vitr&eacute;e, qu'il pointa de sa main gant&eacute;e.<BR>  - Tiens, voil&agrave; ce bon vieil Oeil <BR>  &Agrave; l'est, un point vert, &eacute;blouissant &agrave; faire  mal, glissa au-dessus de l'horizon. L'Oeil du Dragon : l'autre  &eacute;toile du syst&egrave;me double d'epsilon du Bouvier,  une fulgurante &eacute;toile verte de type A2. Dans les fen&ecirc;tres  apparut un message fluorescent : Ne regardez pas l'Oeil du Dragon  !, en anglais, en pinyin et m&ecirc;me en vieux chinois id&eacute;ographique.  Dehors, les employ&eacute;s de l'astroport abandonn&egrave;rent  toute activit&eacute; et rentr&egrave;rent &agrave; l'abri.<BR>  - La journ&eacute;e de travail est termin&eacute;e, commenta  Barnaby.<BR>  Wang exprima son impatience : il avait h&acirc;te de se reposer  un peu et de manger un morceau. Barnaby leur fit signe de le  suivre, puis, apr&egrave;s une seconde de r&eacute;flexion, proposa  m&ecirc;me &agrave; Wang de le soulager de ses bagages.<BR>  Wang en t&ecirc;te, ils travers&egrave;rent l'astroport, esquivant  les queues du service d'immigration, longeant des &eacute;choppes  d'o&ugrave; s'exhalaient l'odeur huileuse des beignets frits,  la fragrance douce&acirc;tre des sorbets, le parfum piquant du  poulet r&ocirc;ti.<BR>  Barnaby s'int&eacute;ressait maintenant &agrave; la gabardine  de Tanner. Sans fa&ccedil;on, il palpa l'ourlet noir, soupesa  le tissu.<BR>  - C'est la nouvelle mode, sur Terre ?<BR>  - Je suppose Je l'ai achet&eacute;e pour le voyage<BR>  Barnaby fit un geste fataliste.<BR>  - C'est le d&eacute;faut de vivre sur une colonie aussi recul&eacute;e,  on ne se maintient pas &agrave; la page Dommage, vous n'allez  pas souvent la porter. Premi&egrave;rement, il fait trop chaud  ; deuxi&egrave;mement, c'est le meilleur moyen de se faire remarquer  par les agents du Tewu.<BR>  - Il y a des agents du Tewu &agrave; la ZLEC ?<BR>  Aussit&ocirc;t pos&eacute;e, Tanner regretta la mani&egrave;re  na&iuml;ve dont il avait formul&eacute; sa question. Il &eacute;tait  &eacute;vident que les services secrets de la Nouvelle-Chine  poss&eacute;daient des observateurs dans la zone libre. Mais  Barnaby ne se formalisa pas de cette &eacute;vidence et haussa  simplement une &eacute;paule.<BR>  - Il est vrai que, au fond, peu importe votre habillement. Pour  le Tewu, le simple fait d'&ecirc;tre Europ&eacute;en est plus  que suffisant pour soulever les soup&ccedil;ons<BR>  Barnaby s'interrompit et fit signe aux deux nouveaux arrivants  d'arr&ecirc;ter face &agrave; l'&eacute;talage d'un bazar.<BR>  - Je suppose que vous n'avez pas de chapeau.<BR>  - Bien s&ucirc;r que non, r&eacute;pondit le commandant Wang.<BR>  - Indispensable. Et pas de lunettes non plus, bien s&ucirc;r<BR>  Il soupira, comme exc&eacute;d&eacute; par leur inconscience.  Il entra dans le bazar et s'empara de deux paires de lunettes  d'un mod&egrave;le enveloppant.<BR>  - Pas terrible, mais &ccedil;a suffira pour l'instant.<BR>  Il acheta &eacute;galement deux larges chapeaux coniques en plastique  m&eacute;tallis&eacute;.<BR>  Dehors, la couleur m&ecirc;me du ciel avait chang&eacute;. Si  &agrave; l'ouest le ciel conservait une douce teinte verd&acirc;tre,  &agrave; l'est il se nuan&ccedil;ait maintenant d'un bleu vibrant.  Tanner essaya d'apercevoir le point br&ucirc;lant de l'Oeil,  mais la fa&ccedil;ade de l'astroport bloquait la vue.<BR>  - Mettez vos lunettes, et ne regardez pas l'Oeil du Dragon, pr&eacute;vint  Barnaby en se glissant une paire de lunettes sur le nez.<BR>  - On nous a d&eacute;j&agrave; avertis.<BR>  - On ne vous avertira jamais assez. Sans la protection du verre,  l'Oeil du Dragon vous rendrait rapidement aveugle. La c&eacute;cit&eacute;  est une plaie de la Nouvelle-Chine. M&ecirc;me moi, j'ai perdu  beaucoup d'acuit&eacute; visuelle...<BR>  Ils march&egrave;rent rapidement vers la voiture de Barnaby,  dans la rue presque d&eacute;sert&eacute;e. Parmi les rares passants,  impossible de distinguer les Chinois des Europ&eacute;ens : tous  demeuraient anonymes sous leurs gants, lunettes et larges chapeaux.<BR>  - J'imaginais que vos lunettes seraient teint&eacute;es, remarqua  Tanner.<BR>  Barnaby &eacute;clata d'un rire ravi.<BR>  - &Ccedil;a n'a pas rat&eacute; ! Tous les arrivants s'&eacute;tonnent  qu'on ne se prom&egrave;ne pas tous en lunettes noires. Je ne  sais pas pourquoi on nous repr&eacute;sente toujours comme &ccedil;a  dans les m&eacute;dias de la Terre. Peut-&ecirc;tre parce que  &ccedil;a fait plus chic En fait, nos lunettes n'ont pas besoin  d'&ecirc;tre teint&eacute;es, il ne s'agit pas d'arr&ecirc;ter  la lumi&egrave;re visible, mais les ultraviolets. Ce verre est  tr&egrave;s efficace. Pour autant qu'on ne regarde pas l'Oeil  directement Oh ! Qu'est-ce qui se passe ici ?<BR>  Une demi-douzaine d'enfants jouaient autour de la voiture de  Barnaby, deux d'entre eux &eacute;taient m&ecirc;me debout sur  le capot. Barnaby jura en mandarin et les enfants d&eacute;guerpirent,  un en perdit m&ecirc;me son chapeau. Avec un geste d'exasp&eacute;ration,  Barnaby lui cria de revenir. Celui-ci s'arr&ecirc;ta, se retourna,  h&eacute;sitant, se prot&eacute;geant maladroitement le front  avec ses deux petites mains gant&eacute;es. Effray&eacute; par  l'adulte m&eacute;content, il n'osait pas s'approcher. Barnaby  sortit une pi&egrave;ce de monnaie de sa veste. Il se fit c&acirc;lin,  l'enfant se laissa convaincre. Tanner &eacute;tait surpris :  sur Terre, jamais un enfant n'aurait succomb&eacute; &agrave;  un truc aussi grossier.<BR>  Difficile de dire s'il s'agissait d'un gar&ccedil;onnet ou d'une  fillette. &Ccedil;a pouvait avoir huit ans. Sous les &eacute;pais  cheveux noirs et les lunettes, un filet de morve glissait le  long d'un visage poupin. Il prit la pi&egrave;ce avec une main  gant&eacute;e, et la glissa dans sa poche. Ensuite il daigna  prendre son chapeau, qu'il attacha avec habilet&eacute;.<BR>  - Il ne faut pas grimper sur les autos, le tan&ccedil;a Barnaby.<BR>  - Ce n'&eacute;tait pas moi.<BR>  - Qu'est-ce que tu fais dehors &agrave; cette heure-ci ? N'es-tu  pas suppos&eacute; &ecirc;tre &agrave; la maison ?<BR>  L'enfant m&acirc;chonna une r&eacute;ponse incompr&eacute;hensible.  Il demanda une autre pi&egrave;ce de monnaie. Barnaby lui dit  de filer. En se dandinant d'aise, le gamin courut narguer ses  amis qui n'avaient pas eu de pi&egrave;ce.<BR>  Tanner s'&eacute;tonna.<BR>  - Une bande d'enfants qui jouent sans surveillance ? Sans grand-m&egrave;re,  sans professeur ?<BR>  - Nous ne sommes pas sur Terre, expliqua Barnaby sur un ton d&eacute;daigneux.  Des enfants, ici, on en vend treize &agrave; la douzaine.<BR>  Il d&eacute;verrouilla la porti&egrave;re, puis entassa les valises  dans le minuscule coffre de la voiture.<BR>  - Maintenant entrez vite. Vous n'avez pas de gants.<BR>  Laissant les b&acirc;tisses trapues de l'astroport derri&egrave;re  eux, ils enfil&egrave;rent quelques rues sans caract&egrave;re  particulier. Tanner se serait cru dans une banale banlieue terrestre  s'il n'y avait eu toutes ces inscriptions en peinture fluorescente.  Autre d&eacute;tail inattendu : comme &agrave; l'astroport, beaucoup  de ces inscriptions &eacute;taient en ancien chinois id&eacute;ographique.<BR>  Le trajet fut court, &agrave; peine trois kilom&egrave;tres.  Barnaby gara la voiture devant l'ambassade europ&eacute;enne,  un &eacute;l&eacute;gant b&acirc;timent en granit violet. Apr&egrave;s  une seconde de r&eacute;flexion, Tanner d&eacute;cida que le  granit devait plut&ocirc;t &ecirc;tre rose, et que c'&eacute;tait  l'Oeil du Dragon qui lui conf&eacute;rait cette teinte violac&eacute;e.  Tanner s'extirpa p&eacute;niblement de l'&eacute;troite banquette  arri&egrave;re. Malgr&eacute; l'assurance de Barnaby que tous  les bagages seraient achemin&eacute;s &agrave; leur r&eacute;sidence,  Wang r&eacute;cup&eacute;ra une petite valise d'aluminium.<BR>  - Cette valise ne me quitte pas.<BR>  - Permettez au moins que je la transporte, proposa Tanner.<BR>  Comme &agrave; contrecoeur, Wang accepta.<BR>  Un domestique en livr&eacute;e apparut. Barnaby lui rendit les  cl&eacute;s et passa les larges portes de l'ambassade europ&eacute;enne,  suivit de Wang et Tanner. Ils se firent aussit&ocirc;t interpeller  par deux gardes. Barnaby montra n&eacute;gligemment son insigne.  Les gardes regard&egrave;rent &agrave; peine, reconnaissant l'agent.  Ce fut sur un ton plus inquisiteur qu'ils demand&egrave;rent  &agrave; Wang et Tanner leurs papiers. Mais leur attitude changea  quand ils aper&ccedil;urent l'insigne lis&eacute;r&eacute; de  noir de l'officier. Avec d&eacute;f&eacute;rence, ils remirent  les papiers et salu&egrave;rent.<BR>  - Mes respects, commandant. L'Ambassade d'Europe vous souhaite  la bienvenue, commandant...</P>  <P>&nbsp;</P>  <P><B><FONT SIZE="+1">&copy;</FONT><FONT SIZE="-2"> </FONT><FONT   SIZE="-1">1997</FONT><FONT SIZE="-2"> </FONT></B><FONT SIZE="-2">&Eacute;ditions  Alire &amp; Jo&euml;l Champetier</FONT></P>  <P><HR ALIGN=LEFT></P>  <P ALIGN=CENTER><A HREF="../Commandes.html" TARGET="pages.html"><I>Pour  conna&icirc;tre la suite...</I></A></P>  <P ALIGN=CENTER><BR CLEAR="ALL"></P>  <P ALIGN=CENTER><A HREF="../Romans.html" TARGET="pages.html"><IMG   SRC="../PageMill_Resources/LogoAlireCoul.gif" WIDTH="30" HEIGHT="30"  ALIGN="BOTTOM" NATURALSIZEFLAG="1" BORDER="0"></A></BLOCKQUOTE></BODY></HTML> 
