<html> <head> <title>dragon head</title> <meta http-equiv="Content-Type" content="text/html; charset=iso-8859-1"> <script type="text/javascript">  if (document.location==top.location){ self.location=("http://www.pastis.org/jade/cgi-bin/reframe.pl?"+document.location); } </script> <script type="text/javascript"> function ouvrirPopup(lien, largeur, hauteur) { window.open(lien, "_blank","width="+largeur+",height="+hauteur+",scrollbars=auto, resizable=yes"); } </script> <STYLE TYPE="text/css"> BODY { scrollbar-face-color: #990000;  scrollbar-shadow-color: #000000; scrollbar-highlight-color: #FFCC99; scrollbar-3dlight-color: #000000;  scrollbar-darkshadow-color: #000000;  scrollbar-track-color: #FFCC99;  scrollbar-arrow-color: #FFCC99; } </STYLE> </head>  <body bgcolor="#FFFFFF" text="#000000" link="#660000" vlink="#CCCCCC" alink="#999999" leftmargin="0" topmargin="0" marginwidth="0" marginheight="0"> <table width="60%" border="0" cellspacing="0" cellpadding="3" align="center">   <tr>      <td width="5" bgcolor="#CCCCCC">&nbsp;</td>     <td width="60%" align="center" valign="middle" height="5" bgcolor="#CCCCCC">        <p><font size="2" face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" color="#FFFFFF"><b>Dragon          Head</b></font><font color="#FFFFFF" size="2" face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif"><b>          par Minetaro Mochizuki</b></font></p>     </td>     <td width="5" bgcolor="#CCCCCC">&nbsp;</td>   </tr>   <tr>      <td width="5" bgcolor="#CCCCCC">&nbsp;</td>     <td width="100%" align="left" valign="top" bgcolor="#FFFFFF">        <p align="center"><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size=1 color="#000000"><b><img src="dragon1.gif" width="300" height="210"></b></font></p>       <p align="left"><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size=2 color="#000000"><b><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">          Dragon Head</font></b><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><b>          commence dans le noir. Une page noire, suivie dune double page &eacute;galement          noire. Nous entendons des sons ind&eacute;finis. Craquements&nbsp;? Gouttes          qui tombent&nbsp;? Un regard souvre dans lobscurit&eacute;. Homme, femme&nbsp;?          Les premiers d&eacute;tails entrevus ne sont daucune aide sur le lieu          o&ugrave; nous nous trouvons. De leau goutte. Des vitres -des hublots&nbsp;?-          sont bris&eacute;s. Puis souvre une double page, en vue subjective, toujours          baign&eacute;e par la p&eacute;nombre. Nous distinguons &agrave; peine          un compartiment. Les vitres lat&eacute;rales sont bris&eacute;es. Les          si&egrave;ges renvers&eacute;s. Les passagers dont nous devinons les corps          inertes sont morts. Que fait-on l&agrave; et surtout comment en sortir.          Comment r&eacute;agir&nbsp;? Quelquun va venir nous chercher. Quelquun          va forc&eacute;ment venir nous sortir de l&agrave;.</b></font></font>        </p>       <p align="left"><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2" color="#000000"><img src="dragon2.gif" width="250" height="226" align="left" vspace="5" hspace="5">Le          choc psychique auquel nous soumettent ces dix premi&egrave;res pages,          bascule -sans nous apporter de r&eacute;ponses- avec un br&egrave;ve sc&egrave;ne          de flash back. Des fragments nous laissent deviner le contexte. Panneau          dhoraire ferroviaire. Un train &agrave; grande vitesse. Des passagers.          Des sacs de shopping. Des bagages. Nous entrons dans le wagon, o&ugrave;          l&eacute;clairage tr&egrave;s lumineux contraste avec lobscurit&eacute;          pr&eacute;c&eacute;dente. Nous devinons des lyc&eacute;ens. Le jeune homme          que nous suivons  celui qui a ouvert les yeux dans le noir&nbsp;?- met          en marche son baladeur de disque compact. Il ne pr&ecirc;te pas attention          aux paroles hach&eacute;es qui sont jet&eacute;es en lair autour de lui.          Latmosph&egrave;re, due &agrave; l&eacute;clairage parfait et &agrave;          la propret&eacute; immacul&eacute;e du lieu, semble, dune mani&egrave;re          pour linstant imperceptible, irr&eacute;elle. Le gar&ccedil;on sort du          compartiment. Un homme sinterpose sur son chemin. Il sagit du surveillant          du lyc&eacute;e. Le gar&ccedil;on, qui a toujours son casque sur les oreilles,          ne lentend pas. Lhomme barre le chemin &agrave; T&eacute;ru -dont nous          d&eacute;couvrons le nom- &agrave; laide dune ombrelle en bambou. Est-ce          la mani&egrave;re dont il tient lobjet  tel un sabre- le m&eacute;pris          dont il t&eacute;moigne, la violence sous-jacente &agrave; son geste,          ou lincommunicabilit&eacute; entre les deux individus&nbsp;; un malaise          profond sinstalle. Nous sentons que la violence peut surgir &agrave;          nimporte quel moment, venant de nimporte quoi. Lindiff&eacute;rence          ne fera que lexacerber. Retour dans le compartiment, o&ugrave; le gar&ccedil;on          regagne sa place, apr&egrave;s avoir signal&eacute; &agrave; ses camarades          que &quot;&nbsp;<i>t&ecirc;te de singe</i> lui a fait la morale. &quot;          Avec le m&ecirc;me d&eacute;tachement, le gar&ccedil;on sassied, ouvre          un livre quil parcourt tout en continuant &agrave; &eacute;couter de          la musique. Lindiff&eacute;rence face &agrave; la violence ne fera que          lexacerber. Le train entre dans un tunnel. Le wagon se met &agrave; trembler.          Le gar&ccedil;on remarque que son CD vient de sauter. Un choc violent,          inidentifiable. Sur la double page suivante nous retrouvons le compartiment          -encore &eacute;clair&eacute;- &agrave; linstant o&ugrave; il bascule.          Nous quittons ce r&ecirc;ve &eacute;veill&eacute; pour entrer dans un          cauchemar. Seul. Dans le noir.</font></p>       <p align="left"><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2" color="#000000"><img src="dragon3.gif" width="300" height="813" align="right" vspace="5" hspace="5"></font><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2" color="#000000">Minetaro          Mochizuki nous raconte la longue errance de deux jeunes adolescents victimes          dun accident de train dont ils sont les seuls survivants. Bloqu&eacute;          dans un tunnel dont les issues ont &eacute;t&eacute; obstru&eacute;es          par l&eacute;boulement, T&eacute;ru et Ako devront faire face &agrave;          Nobuo, un camarade de classe que sa peur du noir fait basculer petit &agrave;          petit dans la folie. Bless&eacute;s, en &eacute;tat de choc, ils survivent          en mangeant les restes du wagon restaurant, sous le regard hagard de Nobuo,          qui se peint des signes &eacute;tranges sur le corps et qui parfois dispara&icirc;t          dans un wagon dont il revient couvert de sang. R&eacute;cit dune catastrophe          quotidienne plus que fable danticipation, Dragon Head tire sa tr&egrave;s          grande force dun d&eacute;coupage instant par instant dune situation          qui devient sans cesse plus insupportable et inextricable au fil de ses          2000 pages. Dun r&eacute;alisme gla&ccedil;ant -voir la sc&egrave;ne          de vingt pages o&ugrave; les personnages survolent dans le noir, le gouffre          de plusieurs kilom&egrave;tres de diam&egrave;tre qui souvre au cur          du pays-, ne sacrifiant &agrave; aucun poncif dramaturgique -il ny a          pas de secours, pas dadversaire d&eacute;sign&eacute;-, ce r&eacute;cit          touche du doigt les peurs refoul&eacute;es de nos soci&eacute;t&eacute;s          individualistes. Comment r&eacute;agirait la g&eacute;n&eacute;ration          actuelle face &agrave; une catastrophe&nbsp;? Quels types de comportements          collectifs engendreraient l'effondrement subit des structures de r&eacute;gulation          sociale ? La r&eacute;ponse, dun pessimisme violent, que donne Minetaro          Mochizuki, tueries de masse et suicides collectifs est dautant plus effrayante          que malheureusement vraisemblable. Ces questions relatives &agrave; la          peur -qui constitue le v&eacute;ritable fond de l&ecirc;tre humain, comme          le remarque lauteur &agrave; de multiples reprises- et &agrave; la violence          quelle engendre, alli&eacute;es &agrave; la justesse du traitement situent          Dragon Head sur un plan beaucoup plus mature et approfondi quAkira.</font>       <p align="left">        <p align="left"> </p>       <p align="left"><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2" color="#000000">Plus          quun r&eacute;cit, nous sommes plong&eacute;s d&egrave;s la premi&egrave;re          page dans une exp&eacute;rience sensorielle et intellectuelle &eacute;prouvante,          souvent insupportable. Bloqu&eacute;s dans ce tunnel, nous nous prenons          &agrave; attendre de mani&egrave;re irrationnelle que quelquun vienne          &agrave; notre secours, puis nous nous r&eacute;signons et ne sachant          pas comment r&eacute;agir, nous fuyons la violence&nbsp;; face &agrave;          cet univers devenu incompr&eacute;hensible nous avons la tentation de          nous laisser sombrer dans des crises de sommeil, accul&eacute;s nous r&eacute;agissons          &agrave; notre tour comme des b&ecirc;tes, des b&ecirc;tes &agrave; la          violence d&eacute;cupl&eacute;e par la culpabilit&eacute;. La question          lancinante que refoule T&eacute;ru tout au long du r&eacute;cit est &quot;&nbsp;pourquoi          faire face&nbsp;?&nbsp;&quot; alors la r&eacute;ponse &agrave; linterrogation          &quot;&nbsp;que reste t-il&nbsp;?&nbsp;&quot; appara&icirc;t avec de plus          en plus d&eacute;vidence comme un &quot;&nbsp;rien&nbsp;&quot; incontournable.          Quand au &quot;&nbsp;que s'est-il pass&eacute;&nbsp;?&nbsp;&quot;, qui          tend la logique rationnelle les personnages, peu importe dans le fond&nbsp;:          bombe atomique, catastrophe naturelle, complot, accident, nous ne saurons          jamais exactement. Savoir ne serait pas dailleurs dune grande utilit&eacute;          dans cet environnement post-apocalyptique -latomisation de la soci&eacute;t&eacute;,          au sens figur&eacute; du terme, nous est montr&eacute;e dans les sc&egrave;nes          de flash back- qui continue &agrave; seffondrer par pans entiers, mena&ccedil;ant          &agrave; chaque instant de nous ensevelir.</font></p>       <p align="left"><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2" color="#000000">Dragon          Head est &agrave; lire comme un &eacute;cho profond&eacute;ment significatif          des inqui&eacute;tudes qui ont accompagn&eacute; la fin du XXe si&egrave;cle,          un si&egrave;cle de bouleversements sans pr&eacute;c&eacute;dents, o&ugrave;          le statut de lindividu est devenu de plus en plus difficile &agrave;          d&eacute;finir au sein dun monde en mutation constante (faut-il lire          lenfilade ininterrompue de catastrophes naturelles qui se succ&egrave;dent          au fil des pages de <i>Dragon Head</i> comme un reflet de ces mutations&nbsp;?)          Un des si&egrave;cles &eacute;galement les pires de lhistoire humaine,          en terme de violence et de barbarie.<br>         </font><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="1" color="#000000"><b>LT.</b></font></p>       <p align="right"><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="1" color="#999999"><b>S&eacute;rie          en 10 volumes aux &eacute;ditions Pika (version fran&ccedil;aise)<br>         200 pages - 45 FF chaque<small><br>         La version originale a &eacute;t&eacute; publi&eacute; au Japon par Kodansha          Ltd.</small></b></font></p>     </td>     <td width="5" bgcolor="#CCCCCC">&nbsp;</td>   </tr>   <tr>      <td width="5" bgcolor="#CCCCCC">&nbsp;</td>     <td width="60%" align="left" valign="top" bgcolor="#CCCCCC" height="5">&nbsp;</td>     <td width="5" bgcolor="#CCCCCC">&nbsp;</td>   </tr> </table> <div align="center"><!-- #BeginLibraryItem "/Library/retour.lbi" --><a href="javascript:history.go(-1)"><img src="../fleche.gif" width="56" height="25" border="0"></a><!-- #EndLibraryItem -->  </div> </body> </html> 
