<html> <head> <title>La petite elfe et l'ogre</title> <meta name="author" content="Eric Brasseur"> <meta name="date" content="20010706"> <meta name="description" content="L'histoire de Pixie, la petite elfe."> </head>  <body text=#000000 bgcolor=#ffffff>  <font size=+4>La petite elfe et l'ogre</font> <font size=+1>  <br> <br> <br> <br> <br> <br>  Pixie gambadait gaiement dans la campagne. Elle venait de quitter la cit&eacute; des elfes. Le Conseil des Elfes avait d&eacute;cid&eacute; qu'elle devait voyager dans le monde pendant un an, parce qu'elle n'&eacute;tudiait pas bien &agrave; l'&eacute;cole des elfes. En d&eacute;couvrant le monde elle comprendrait &agrave; quoi sert l'&eacute;cole. A son retour, elle serait donc plus assidue &agrave; suivre les le&ccedil;ons des professeurs. Sur ordre du Conseil, le gardien du tr&eacute;sor des elfes lui avait donn&eacute; quatre grandes pi&egrave;ces d'or, pour payer ses frais pendant le voyage. Ses parents avaient donn&eacute; une f&ecirc;te pour son d&eacute;part et sa maman avait beaucoup pleur&eacute;. Pixie avan&ccedil;ait sur son chemin et arriva &agrave; l'or&eacute;e d'une grande foret. Comme le chemin passait dans la for&ecirc;t, elle y entra. C'&eacute;tait une belle foret. Un tapis de fleurs bordait le chemin et le soleil se miroitait sur les feuilles des arbres. Elle marcha longuement. Quand le soir tomba, elle se mit &agrave; la recherche d'un abri. Il n'y avait pas d'auberge, ni de maison o&ugrave; elle aurait pu demander asile. Elle allait donc devoir dormir dans la for&ecirc;t, sur un lit de feuilles. Mais elle vit une petite construction en bois. Sous la construction il y avait un tas de paille. Pixie se dit qu'elle avait de la chance. La construction la prot&eacute;gerait de la pluie et la paille s&egrave;che serait plus agr&eacute;able pour dormir que les feuilles de la for&ecirc;t. Elle se pencha pour entrer et s'&eacute;tala de tout son long sur la paille. Quelque chose sous la paille s'enfon&ccedil;a un peu. Il y eut un grand bruit et toute la construction s'&eacute;leva dans les airs, secouant Pixie dans tous les sens. Elle voulu tout de suite sortir. Mais elle s'aper&ccedil;ut que la construction &eacute;tait maintenant enferm&eacute;e dans un filet. Le filet &eacute;tait suspendu &agrave; une corde, elle-m&ecirc;me accroch&eacute;e &agrave; une branche tr&egrave;s haut dans un arbre. La construction &eacute;tait en r&eacute;alit&eacute; un pi&egrave;ge. Pixie avait tr&egrave;s peur. Qui donc pouvait construire un pi&egrave;ge de cette sorte&nbsp;? Sans doute des chasseurs. Quand ils verront qu'ils ont attrap&eacute; une elfe, ils s'excuseront certainement et ils la laisseront partir. Mais Pixie pr&eacute;f&eacute;ra prendre tout de suite son petit couteau et ouvrir une br&egrave;che dans le filet. Ensuite, elle pourrait sauter &agrave; terre. Elle avait &agrave; peine commenc&eacute; &agrave; couper les cordes qu'elle entendit un roulement de bruits sourds. Cela s'amplifiait. C'&eacute;tait quelqu'un qui courrait. Quelqu'un de tr&egrave;s lourd. Quelqu'un de tr&egrave;s grand aussi, car il faisait de grandes enjamb&eacute;es. Il courait vers elle, vers le pi&egrave;ge. Sans doute un chasseur&nbsp;? Il serait peut-&ecirc;tre f&acirc;ch&eacute; parce qu'elle avait d&eacute;j&agrave; un peu ab&icirc;m&eacute; le filet&nbsp;? Maintenant il &eacute;tait l&agrave;. Pixie &eacute;tait effray&eacute;e. Il &eacute;tait &eacute;norme. Il avait une grosse barbe noire et des habits pas tr&egrave;s propres. Et surtout, surtout, trois morceaux de dents jaunes qui lui sortaient de la bouche. Elle n'osa plus bouger. Quand il la vit son visage s'&eacute;claira d'un grand sourire. Il &eacute;tait ravi. Il joignit ses grosses mains velues et dit "Bonjour petite elfe&nbsp;! Bonjour bonjour bonjour bonjour&nbsp;!". Et il ajouta "Tu vas venir avec moi&nbsp;!". Il d&eacute;crocha le filet et pin&ccedil;a de ses gros doigts le petit trou que Pixie avait faite avec son couteau. Tenant soigneusement le filet avec Pixie dedans il parti. Il la regardait tout le temps, toujours aussi ravi. Pixie ne comprenait pas ce qui arrivait. Qui &eacute;tait cette personne&nbsp;? Que lui voulait-il&nbsp;? Pourquoi &eacute;tait-il aussi content de l'avoir attrap&eacute;e&nbsp;? Elle se demandait ce qu'elle devait faire. Ils arriv&egrave;rent &agrave; une maison. Il entra dedans. Visiblement c'&eacute;tait sa maison. Il ouvrit la porte d'une grande cage en fer, mis le filet dedans, puis le secoua pour que Pixie tombe dans la cage. Il retira ensuite le filet et ferma la cage avec un gros verrou. Pixie &eacute;tait prisonni&egrave;re&nbsp;! Elle agrippa les barreaux. C'&eacute;tait une cage tr&egrave;s solide. Elle essaya de lui parler "M... Monsieur, qu'est-ce que vous voulez&nbsp;?". Il la regarda ravi et dit "Mmmm je vais te manger, petite elfe&nbsp;! Te manger manger manger manger&nbsp;!". C'&eacute;tait un ogre&nbsp;! Pixie se senti devenir toute froide, comme si elle se vidait de l'int&eacute;rieur. Elle trembla et ne sut plus ce qu'elle devait dire. Un ogre&nbsp;! Comme ceux dont elle avait entendu parler &agrave; l'&eacute;cole ou comme dans les histoires que les sages racontent le soir. Elle s'effondra, assise sur le fond de la cage. Des milliers de pens&eacute;es travers&egrave;rent son esprit. Elle sauta sur les barreaux et cria&nbsp;: "Vous ne pouvez pas faire &ccedil;a&nbsp;! Mes parents viendront me sauver&nbsp;! L'arm&eacute;e des elfes est tr&egrave;s puissante&nbsp;! Elle vous tuera&nbsp;!". L'ogre &eacute;tait d&eacute;j&agrave; en train de faire chauffer une marmite. Il souriait et tr&eacute;pignait de joie. "Oui, oui, petite elfe, Tralalila, petite elfe, petite elfe, dou dou di dou&nbsp;!" Il ne se souciait pas des menaces de Pixie. Elle se rendit compte elle-m&ecirc;me que cela ne servait &agrave; rien. S'il la mangeait, qui pourrait comprendre que c'est lui qui l'avait pi&eacute;g&eacute;e&nbsp;? Il n'y aurait aucune trace. L'ogre ne risquait rien. Pixie s'effondra &agrave; nouveau. Elle &eacute;tait perdue. Elle pensa &agrave; ses parents, &agrave; ses fr&egrave;res et soeurs, &agrave; leur petite maison, &agrave; ses amies et ses amis, &agrave; ses tantes et ses oncles, &agrave; son professeur. Il lui vint alors une pens&eacute;e. Son professeur avait dit qu'avant de faire la guerre &agrave; un ennemi il fallait toujours d'abord parler avec lui. Il fallait beaucoup r&eacute;fl&eacute;chir pour comprendre pourquoi l'ennemi voulait la guerre. Parce que souvent, si on arrive &agrave; comprendre pourquoi il veut la guerre, alors on sait ce qu'il faut lui dire ou lui donner pour qu'il n'y ait pas la guerre. La guerre, c'est le m&eacute;tier des militaires. Parler avec l'ennemi, c'est le m&eacute;tier des diplomates. Les diplomates sont des gens tr&egrave;s polis et tr&egrave;s intelligents. Il parlent avec l'ennemi. S'ils ne peuvent pas tomber d'accord avec lui, alors on laisse faire les militaires. L'arm&eacute;e des elfes est tr&egrave;s puissante. Elle a toujours vaincu les ennemis des elfes. Mais si les diplomates r&eacute;ussissent &agrave; obtenir la paix, alors les militaires sont content de ne pas devoir se battre. Pixie se leva timidement et parla &agrave; l'ogre "Monsieur, pourquoi voulez-vous me manger&nbsp;?". "Parce que tu es merveilleuse petite elfe&nbsp;! Oh oui, tu es merveilleuse&nbsp;! Merveilleuse merveilleuse merveilleuse&nbsp;!" L'ogre en avait les yeux pliss&eacute;s de plaisir, il serrait ses deux mains ferm&eacute;es contre sa joue. Pixie avala de travers. "Ah, c'est tr&egrave;s bon, les elfes&nbsp;?", lui demanda-t-elle. "Oh, c'est bon comme du cochon. C'est bon le cochon&nbsp;!" "Mais, alors, pourquoi ne mangez-vous pas plut&ocirc;t du cochon&nbsp;?" Il r&eacute;pondit "Parce que tu es mignonne mignonne mignonne&nbsp;! Tu es merveilleuse&nbsp;!". Pixie n'arrivait pas &agrave; comprendre. Il voulait la manger parce que soi-disant elle &eacute;tait merveilleuse, alors qu'il venait de lui dire qu'elle avait le m&ecirc;me go&ucirc;t que du cochon. L'ogre devait avoir vu son air perdu, car il s'approcha d'elle. "Tu es tout petite, toute l&eacute;g&egrave;re, toute belle&nbsp;!" Il la regardait avec encore plus d'envie dans le regard. "Mais", lui r&eacute;pondit Pixie, "quand vous m'aurez tu&eacute;e, je ne serai plus rien, je serai morte." L'ogre se renfrogna. "Oui, bon, ne m'emb&ecirc;te pas&nbsp;!". Et il retourna vers sa marmite sur le feu et les l&eacute;gumes qu'il &eacute;tait en train de couper. Une pens&eacute;e vint alors &agrave; Pixie. Son professeur lui avait dit que les chasseurs des peuples d'Afrique mangent le coeur des lions parce qu'ils voulaient devenir forts et courageux comme le lion. C'&eacute;tait &ccedil;a&nbsp;! Voil&agrave; ce que l'ogre voulait faire. Lui, l'ogre, il &eacute;tait gros, lourd et sale. Il voulait devenir comme elle&nbsp;! Elle saisit &agrave; nouveau les barreaux et elle lui parla, plus doucement cette fois ci, en appuyant ses phrases pour essayer de le convaincre. "Monsieur l'ogre, m&ecirc;me si vous me mangez, vous serez toujours comme avant. Cela ne changera rien pour vous&nbsp;! Ce n'est pas en mangeant quelqu'un qu'on devient comme lui&nbsp;! Cela ne marche pas&nbsp;!". L'ogre fit la sourde oreille. Il se mit &agrave; r&acirc;per ses carottes plus vite, d'un air obstin&eacute;. Pixie lui dit encore "Vous... vous savez... vous &ecirc;tes tr&egrave;s fort. Je vous ai vu quand vous avez soulev&eacute; le filet. Pour nous les elfes, tout est souvent trop lourd, c'est difficile pour nous. Mais vous, vous pouvez soulever tout ce que vous voulez. Tout est l&eacute;ger pour vous. Vous comprenez&nbsp;? Vous &ecirc;tes tr&egrave;s l&eacute;ger&nbsp;! vous &ecirc;tes tr&egrave;s l&eacute;ger&nbsp;!". Pixie se rassit. Elle ne savait plus quoi dire. Elle se releva et ajouta "Vous savez vous &ecirc;tes mignon avec votre grosse barbe. Vous &ecirc;tes tr&egrave;s mi... mignon. Elle est belle votre barbe, avec tous ses poils partout. Et puis votre maison, c'est une belle maison. Elle est un peu sombre, mais &ccedil;a fait plus coquet. C'est une belle maison&nbsp;!". L'ogre s'&eacute;tait arr&ecirc;t&eacute; de r&acirc;per ses carottes. Il saisit un grand couteau tranchant et s'approcha de la cage. Pixie se recroquevilla le plus loin possible de la porte de cage. Elle tremblait comme une feuille. L'ogre ne savait plus ce qu'il devait faire. Il &eacute;bauchait un mouvement pour ouvrir la cage, puis il baissait le bras. Il regardait Pixie d'un air perdu. Enfin il s'&eacute;loigna et posa son couteau sur la table. Et il sorti de la pi&egrave;ce. Pixie ne comprenait pas bien ce qui c'&eacute;tait pass&eacute;. Les jours suivants l'ogre vint la voir souvent. Il ne parlait pas. Il lui donnait &agrave; boire et &agrave; manger. Pixie comprit qu'il ne voulait plus la tuer. Elle &eacute;tait sauv&eacute;e. Mais elle &eacute;tait prisonni&egrave;re. Le troisi&egrave;me jours, alors qu'il lui apportait &agrave; manger, Pixie lui parla &agrave; nouveau "Monsieur, vous savez... je voudrais sortir de la cage. Je voudrais partir. S'il vous pla&icirc;t.". Mais l'ogre lui r&eacute;pondit "Pour que tu ailles tout raconter aux elfes&nbsp;? Non merci. Ils vont me tuer. Tu vas rester ici. Je te donnerai &agrave; manger. Tu vas &ecirc;tre mon oiseau dans sa cage. Je viendrai te regarder et je serai content de te voir&nbsp;!". Pixie s'effondra. Elle &eacute;tait prisonni&egrave;re d'un ogre. Combien de temps allait-elle rester l&agrave;&nbsp;? Peut-&ecirc;tre jusqu'&agrave; sa mort&nbsp;? Elle essaya encore de parler &agrave; l'ogre, mais rien n'y fit. Elle devint prostr&eacute;e dans la cage. Elle pensait au soleil dehors, &agrave; l'herbe... Oh comme il lui manquaient. Que devenait sa famille&nbsp;? Elle &eacute;tait tr&egrave;s malheureuse. Elle ne mangeait pas grand-chose de ce que l'ogre lui donnait. Bient&ocirc;t elle ne fit m&ecirc;me plus attention quand il &eacute;tait l&agrave;. L'ogre pourtant la regardait attentivement. Et de la voir d&eacute;p&eacute;rir le rendait nerveux. Il ne savait pas ce qu'il devait faire. Il essaya de mettre la cage dehors, en plein soleil. Mais Pixie ferma simplement les yeux, aveugl&eacute;e par cette lumi&egrave;re intense &agrave; laquelle elle n'&eacute;tait plus habitu&eacute;e. Un soir, l'ogre regarda &agrave; nouveau Pixie dans sa cage. Il prit la cage, l'amena dehors, ouvrit le verrou et lui dit&nbsp;: "Ecoute, voil&agrave;, tu es libre. Tu peux partir. Tiens je te donne &agrave; manger pour partir. Je... je ne veux pas que tu meures. Tu comprends&nbsp;? Ca... &ccedil;a me fait trop mal. Je m'excuse. Je ne voulais pas te faire du mal. Tu comprends&nbsp;?" Pixie ne savait plus tr&egrave;s bien ce qu'elle devait faire. Mais elle rampa vers la porte ouverte. Pr&ecirc;te &agrave; ce l'ogre la referme d'un coup. Mais il ne le fit pas. Elle sorti de la cage et marcha p&eacute;niblement pour s'&eacute;loigner de l'ogre. Lui pendant ce temps la regardait partir, perdu, et en m&ecirc;me temps il semblait soulag&eacute;. Pixie retourna &agrave; la cit&eacute; des elfes. Le chemin fut tr&egrave;s difficile tant elle &eacute;tait faible et elle avait mal. Quant elle arriva, elle fut imm&eacute;diatement amen&eacute;e &agrave; l'h&ocirc;pital des elfes. Ses parents eurent tr&egrave;s peur, mais le principal &eacute;tait qu'elle &eacute;tait encore en vie. Cinq sages des elfes vinrent dans sa chambre et lui demand&egrave;rent de leur raconter ce qui s'&eacute;tait pass&eacute;. Elle leur parla de l'ogre, de la cage, de ce qu'elle avait dit &agrave; l'ogre et que l'ogre l'avait finalement laiss&eacute;e partir. Dans l'heure le Grand Conseil des Elfes fut convoqu&eacute;. Apr&egrave;s quelques d&eacute;bats, il fut d&eacute;cid&eacute; de capturer l'ogre et de le traduire devant la Justice des elfes. Un ordre de marche fut donn&eacute; &agrave; un d&eacute;tachement de l'arm&eacute;e. Il partirent, accompagn&eacute;s de quelques chasseurs exp&eacute;riment&eacute;s. Pixie regarda partir les soldats et les chasseurs. Elle &eacute;tait encore faible et un peu malheureuse. Deux jours plus tard, &agrave; l'aide des indications que leur avait donn&eacute;es Pixie, les chasseurs retrouv&egrave;rent la maison de l'ogre. Il s'&eacute;tait enfui, mais ils le suivirent &agrave; la trace. Au matin du troisi&egrave;me jour, lorsque l'ogre s'&eacute;veilla, il &eacute;tait encercl&eacute;. Les archers de l'arm&eacute;e des elfes pointaient leurs arcs vers lui. Un soldat s'avan&ccedil;a vers lui et commanda "Par la Loi du Monde, par ordre du Grand Conseil des Elfes, nous vous ordonnons de nous suivre&nbsp;!". L'ogre savait qu'il n'avait aucune chance. Il laissa les elfes lui attacher les mains et les suivit &agrave; leur cit&eacute;. Son proc&egrave;s dura plusieurs jours. Certains propos&egrave;rent de construire une grande prison pour lui, mais cela aurait co&ucirc;t&eacute; trop cher, cela aurait demand&eacute; trop de temps. On se contenta de faire garder l'ogre jour et nuit par l'arm&eacute;e. Il avoua qu'il avait d&eacute;j&agrave; mang&eacute; plusieurs elfes. Tout le monde s'y attendait... C'&eacute;tait une affaire tr&egrave;s grave. Le Procureur des elfes demanda que l'ogre soit tu&eacute;. La loi des elfes interdit de tuer les criminels, sauf dans un cas&nbsp;: quand il est impossible d'&ecirc;tre s&ucirc;r que le criminel ne pr&eacute;sente plus de danger. Le Procureur expliqua qu'il serait tr&egrave;s difficile pour les elfes de construire une prison assez solide pour enfermer l'ogre. Il serait un danger permanent. S'il s'&eacute;chappait, il pourrait tuer de nombreux elfes. Il fallait tuer l'ogre. Mais les d&eacute;fenseurs de l'ogre firent valoir le fait que l'ogre ne pr&eacute;sentait plus de danger. Il l'avait prouv&eacute; en lib&eacute;rant Pixie. Elle avait r&eacute;ussi &agrave; lui faire comprendre que cela ne servait &agrave; rien de manger les elfes. Et il avait prouv&eacute; qu'il avait un coeur, car il n'avait pas support&eacute; que Pixie soit malheureuse en cage. Avant, l'ogre ne se rendait pas compte de ce qu'il faisait. Il prenait les elfes pour des petits animaux, comme si c'&eacute;taient de petits singes que l'on peut manger. Mais maintenant il avait compris que les elfes sont tr&egrave;s important et que faire du mal &agrave; l'un d'eux est tr&egrave;s grave. Un savant des elfes proposa alors ceci&nbsp;: "L'ogre a reconnu avoir tu&eacute; cinq elfes. Mais des elfes meurent aussi sans que quiconque ne soit responsable, &agrave; cause d'accidents. Parfois une tuile tombe d'un toit, ou un escalier s'effondre... des elfes sont bless&eacute;s ou m&ecirc;me tu&eacute;s. L'ogre est tr&egrave;s grand et tr&egrave;s fort. Il pourrait r&eacute;parer ou reconstruire toutes les maisons, pour qu'elles soient tr&egrave;s solides. Il pourrait refaire une partie de nos routes, pour qu'elles soient lisses et bien droites, ainsi les m&eacute;decins pourront aller plus vite au chevet de leurs malades et ils pourront en sauver d'avantage. L'ogre peut travailler et permettre par son oeuvre que les vie de plus de cinq elfes soient sauv&eacute;es. Nous ne savons pas qui seront ces elfes sauv&eacute;s, nous ne le sauront jamais. Mais nous pourrons v&eacute;rifier que nous aurons moins d'accidents dans les ann&eacute;es &agrave; venir, apr&egrave;s que l'ogre aura travaill&eacute; pour tout remettre &agrave; neuf dans notre cit&eacute; et ses alentours&nbsp;!". Le jury des elfes se rendit aux arguments des d&eacute;fenseurs de l'ogre et du savant. L'ogre lui-m&ecirc;me dit qu'il &eacute;tait d'accord. Les juges du Tribunal des Elfes condamn&egrave;rent l'ogre &agrave; travailler pendant 4 ans pour la cit&eacute; des elfes. Pendant ces quatre ans l'ogre devra habiter dans une cabane pr&egrave;s de la cit&eacute;, qu'il devra construire lui-m&ecirc;me. Autour de la cabane il devra cultiver un champ et &eacute;lever des animaux pour se nourrir. L'ogre fit tout ce qui lui avait &eacute;t&eacute; ordonn&eacute; par le tribunal et se mit au travail dans la cit&eacute;. Au d&eacute;but les elfes &eacute;taient inquiets quand ils voyaient l'ogre. Lui-m&ecirc;me &eacute;tait tr&egrave;s honteux de ce qu'il avait fait et travaillait sans rien dire, la t&ecirc;te baiss&eacute;e. Mais petit &agrave; petit, des enfants s'approch&egrave;rent de lui et se mirent &agrave; lui parler. Puis ils jou&egrave;rent un peu avec lui. Les adultes aussi eurent moins peur et commenc&egrave;rent &agrave; lui parler, &agrave; lui poser des questions. Petit &agrave; petit, l'ogre devint leur ami. Il prit les habitudes des elfes. Il apprit &agrave; se laver avec du savon parfum&eacute;, &agrave; tailler et &agrave; peigner sa barbe. Un jour il s'acheta une grande tunique toute belle, fabriqu&eacute;e par les elfes artisans, et en prit le plus grand soin. Il ressemblait maintenant &agrave; ces marchands du peuple des nains, avec leur barbe fi&egrave;re et bien peign&eacute;e. Mais en beaucoup, beaucoup plus grand. Les trois dents qui sortaient de sa bouche lui donnaient maintenant un air un peu enjou&eacute;. Quand il souriait, cela donnait envie &agrave; tout le monde d'&ecirc;tre de bonne humeur. Pixie n'alla jamais lui parler, mais elle n'avait plus peur de lui et elle &eacute;tait contente qu'il soit devenu un ami des elfes. Apr&egrave;s sa convalescence, elle retourna &agrave; l'&eacute;cole. Elle continua un peu &agrave; emb&ecirc;ter les professeurs, mais maintenant chaque fois qu'ils expliquaient quelque chose elle &eacute;coutait attentivement et elle lan&ccedil;ait un regard f&acirc;ch&eacute; si un autre &eacute;l&egrave;ve faisait du bruit. Plus tard, elle devint une grande diplomate et r&eacute;ussit &agrave; emp&ecirc;cher une guerre effroyable contre les Trolls. <p>  <br> <br> <br>  <div align=right> <table cellpadding=0 cellspacing=0 border=0> <tr><td> <font size=+1> Eric Brasseur<br> 6 juillet 2001<br> Pour Laetitia<br> <br> <a href="index.html">Page d'accueil</a> </font> </td></tr></table> </div>  <p> </font>  </body> </html> 
