<!DOCTYPE HTML PUBLIC "-//W3C//DTD HTML 4.0 Transitional//EN" "http://www.w3.org/TR/REC-html40/loose.dtd">  <HTML> <HEAD>  <TITLE>Julie ou la nouvelle H&eacute;lo&iuml;se. Sujets d&#8217;estampes</TITLE>  <LINK REL=StyleSheet HREF="julie.css" TYPE="text/css" MEDIA=screen>  <!-- #include "juliejava.html" --> <SCRIPT LANGUAGE="JavaScript" TYPE="text/javascript"> <!-- HTML comment to hide JavaScript from browsers that can't read it function check_frameset() { if (top.frames.length == 0) { var myFrameset;  myFrameset = '<frameset cols="230,*" border=1 frameborder="yes">'; myFrameset += '<frameset rows="*,120" border=1 frameborder="yes">'; myFrameset += '<frame name="side" SRC="julie.side.html" marginheight=5 marginwidth=5>'; myFrameset += '<frame name="navi" SRC="julie.navi.html" marginheight=5 marginwidth=20 scrolling="no">'; myFrameset += '<\/frameset>'; myFrameset += '<frameset rows="*,120" border=1 frameborder="yes">'; myFrameset += '<frame name="text" SRC="' + document.URL + '" marginheight=5 marginwidth=5>'; myFrameset += '<frame name="note" SRC="julie.note.html" marginheight=5 marginwidth=5>'; myFrameset += '<\/frameset>'; myFrameset += '<\/frameset>'; myFrameset += '<noframes>'; myFrameset += 'You need a frames capable browser to view this page'; myFrameset += '<\/noframes>';  document.open(); document.write(myFrameset); document.close; }  return true; } // --> end HTML comment </SCRIPT> <!-- end include -->  </HEAD>  <BODY BGCOLOR="#FCF6D6" ONLOAD="check_frameset()">  <!-- #include "jjrhead.html" --> <!-- end include -->  <!-- #include "juliehead.html" --> <TABLE BGCOLOR="#CC9966" BORDER="0" WIDTH="95%" CELLPADDING="5" CELLSPACING="0"> <tr valign="middle"> <td width="50" align="left">&nbsp; <a href="7020.amours.html"> <IMG SRC="hand-left.gif" WIDTH="32" HEIGHT="16" HSPACE="0" VSPACE="0" BORDER="0" ALIGN="middle" ALT="Pr&eacute;c&eacute;dent"></A> </td> <td align="center"><FONT SIZE="4" FACE="Comic Sans MS">Rousseau, Julie ou la nouvelle H&eacute;lo&iuml;se, 1761</FONT></td> <td width="50" align="right" > <a href="7040.chronologie.html"> <IMG SRC="hand-right.gif" WIDTH="32" HEIGHT="16" HSPACE="0" VSPACE="0" BORDER="0" ALIGN="middle" ALT="Suivant"></A> &nbsp;</td> </tr> </table> <P>&nbsp;</P> <!-- end include -->  <DIV CLASS=Text>  <P CLASS=PageNo><SPAN CLASS=PageNo><A NAME="p761"></A>[p.&nbsp;761]</SPAN></P>  <P CLASS=AppHead>Sujets d&#8217;estampes.</P>  <P CLASS=Estampes>La plupart de ces Sujets sont d&eacute;taill&eacute;s pour les faire entendre, beaucoup plus qu&#8217;ils ne peuvent l&#8217;&ecirc;tre dans l&#8217;ex&eacute;cution&#160;: car pour rendre heureusement un dessein, l&#8217;Artiste ne doit pas le voir tel qu&#8217;il sera sur son papier, mais tel qu&#8217;il est dans la nature. Le crayon ne distingue pas une blonde d&#8217;une brune, mais l&#8217;imagination qui le guide doit les distinguer. Le burin<A CLASS=EdNoteCall TARGET="note" NAME="fnB1" HREF="#fn1">[1]</A> marque mal les clairs et les ombres, si le Graveur n&#8217;imagine aussi les couleurs. De m&ecirc;me dans les figures en mouvement, il faut voir ce qui pr&eacute;c&egrave;de et ce qui suit, et donner au temps de l&#8217;action une certaine latitude&#160;; sans quoi l&#8217;on ne saisira jamais bien l&#8217;unit&eacute; du moment qu&#8217;il faut exprimer. L&#8217;habilet&eacute; de l&#8217;Artiste consiste &agrave; faire imaginer au Spectateur beaucoup de choses qui ne sont pas sur la planche&#160;; et cela d&eacute;pend d&#8217;un heureux choix de circonstances, dont celles qu&#8217;il rend font supposer celles qu&#8217;il ne rend pas. On ne saurait donc entrer dans un trop grand d&eacute;tail quand on veut exposer des Sujets d&#8217;Estampes, et qu&#8217;on est absolument ignorant dans l&#8217;art. Au reste, il est ais&eacute; de comprendre que ceci n&#8217;avait pas &eacute;t&eacute; &eacute;crit pour le Public&#160;; mais en donnant s&eacute;par&eacute;ment les estampes, on a cru devoir y joindre l&#8217;explication<A CLASS=EdNoteCall TARGET="note" NAME="fnB2" HREF="#fn2">[2]</A>.</P>  <P CLASS=Estampes>Quatre ou cinq personnages reviennent dans toutes les planches, et en composent &agrave; peu pr&egrave;s toutes les figures. Il faudrait t&acirc;cher de les distinguer par leur air et par le go&ucirc;t de leur v&ecirc;tement, en sorte qu&#8217;on les reconna&icirc;t toujours.</P>  <P CLASS=PageNo><SPAN CLASS=PageNo><A NAME="p762"></A>[p.&nbsp;762]</SPAN></P>  <P CLASS=Estampes>1. Julie est la Figure principale. Blonde, une physionomie douce, tendre, modeste, enchanteresse. Des gr&acirc;ces naturelles sans la moindre affectation&#160;: une &eacute;l&eacute;gante simplicit&eacute;, m&ecirc;me un peu de n&eacute;gligence dans son v&ecirc;tement, mais qui lui sied mieux qu&#8217;un air plus arrang&eacute;&#160;: peu d&#8217;ornements, toujours du go&ucirc;t&#160;; la gorge couverte en fille modeste, et non pas en d&eacute;vote.</P>  <P CLASS=Estampes>2. Claire ou la Cousine. Une brune piquante<A CLASS=EdNoteCall TARGET="note" NAME="fnB3" HREF="#fn3">[3]</A>&#160;; l&#8217;air plus fin, plus &eacute;veill&eacute;, plus gai&#160;; d&#8217;une parure un peu plus orn&eacute;e, et visant presque &agrave; la coquetterie&#160;; mais toujours pourtant de la modestie et de la biens&eacute;ance. Jamais de panier<A CLASS=EdNoteCall TARGET="note" NAME="fnB4" HREF="#fn4">[4]</A> ni &agrave; l&#8217;une ni &agrave; l&#8217;autre.</P>  <P CLASS=Estampes>3. St Preux ou l&#8217;ami. Un jeune homme d&#8217;une figure ordinaire&#160;; rien de distingu&eacute;&#160;; seulement une physionomie sensible et int&eacute;ressante. L&#8217;habillement tr&egrave;s simple&#160;: une contenance assez timide, m&ecirc;me un peu embarrass&eacute; de sa personne quand il est de sang-froid&#160;; mais bouillant et emport&eacute; dans la passion.</P>  <P CLASS=Estampes>4. Le Baron d&#8217;&Eacute;tange ou le p&egrave;re&#160;: il ne para&icirc;t qu&#8217;une fois, et l&#8217;on dira comment il doit &ecirc;tre.</P>  <P CLASS=Estampes>5. Milord &Eacute;douard ou l&#8217;Anglais. Un air de grandeur qui vient de l&#8217;&acirc;me plus que du rang&#160;; l&#8217;empreinte du courage et de la vertu, mais un peu de rudesse et d&#8217;&acirc;pret&eacute; dans les traits. Un maintien grave et sto&iuml;que sous lequel il cache avec peine une extr&ecirc;me sensibilit&eacute;. La parure &agrave; l&#8217;Anglaise, et d&#8217;un grand Seigneur sans faste. S&#8217;il &eacute;tait possible d&#8217;ajouter &agrave; tout cela le port un peu spadassin, il n&#8217;y aurait pas de mal.</P>  <P CLASS=Estampes>6. M. de Wolmar, le mari de Julie. Un air froid et pos&eacute;. Rien de faux ni de contraint&#160;; peu de geste, beaucoup d&#8217;esprit, l&#8217;&#339;il assez fin&#160;; &eacute;tudiant les gens sans affectation.</P>  <P CLASS=Estampes>Tels doivent &ecirc;tre &agrave; peu pr&egrave;s les caract&egrave;res des Figures. Je passe aux Sujets des Planches.</P>  <P CLASS=Estampe1>PREMI&Egrave;RE ESTAMPE</P>  <P CLASS=Estampe2>Tome I. Lettre XIV. pag. 87.</P>  <P CLASS=Estampes>Le lieu de la Sc&egrave;ne est un bosquet. Julie vient de donner &agrave; son ami un baiser <I>cosi saporito</I><A CLASS=EdNoteCall TARGET="note" NAME="fnB5" HREF="#fn5">[5]</A>, qu&#8217;elle en tombe dans une esp&egrave;ce de d&eacute;faillance. On la voit dans un &eacute;tat de langueur se pencher, se laisser couler sur les bras de <SPAN CLASS=PageNo><A NAME="p763"></A>[p.&nbsp;763]</SPAN> sa Cousine, et celle-ci la recevoir avec un empressement qui ne l&#8217;emp&ecirc;che pas de sourire en regardant du coin de l&#8217;&#339;il son ami. Le jeune homme a les deux bras &eacute;tendus vers Julie&#160;; de l&#8217;un, il vient de l&#8217;embrasser, et l&#8217;autre s&#8217;avance pour la soutenir&#160;: son chapeau est &agrave; terre. Un ravissement, un transport tr&egrave;s vif de plaisir et d&#8217;alarmes doit r&eacute;gner dans son geste et sur son visage. Julie doit se p&acirc;mer et non s&#8217;&eacute;vanouir. Tout le tableau doit respirer une ivresse de volupt&eacute; qu&#8217;une certaine modestie rende encore plus touchante.</P>  <P CLASS=Inscription1>Inscription <I>de la I<SUP>re</SUP> Planche</I>.</P>  <P CLASS=Inscription2>Le premier baiser de l&#8217;amour<A CLASS=EdNoteCall TARGET="note" NAME="fnB6" HREF="#fn6">[6]</A>.</P>  <P CLASS=Estampe1>DEUXI&Egrave;ME ESTAMPE</P>  <P CLASS=Estampe2>Tome I. Lettre LX. pag. 343.</P>  <P CLASS=Estampes>Le lieu de la Sc&egrave;ne est une chambre fort simple. Cinq personnages remplissent l&#8217;Estampe. Milord &Eacute;douard sans &eacute;p&eacute;e, et appuy&eacute; sur une canne, se met &agrave; genoux devant l&#8217;Ami, qui est assis &agrave; c&ocirc;t&eacute; d&#8217;une table sur laquelle sont son &eacute;p&eacute;e et son chapeau, avec un livre plus pr&egrave;s de lui. La posture humble de l&#8217;Anglais ne doit rien avoir de honteux ni de timide&#160;; au contraire, il r&egrave;gne sur son visage une fiert&eacute; sans arrogance, une hauteur de courage&#160;; non pour braver celui devant lequel il s&#8217;humilie, mais &agrave; cause de l&#8217;honneur qu&#8217;il se rend &agrave; lui-m&ecirc;me de faire une belle action par un motif de justice et non de crainte. L&#8217;Ami, surpris, troubl&eacute; de voir l&#8217;Anglais &agrave; ses pieds, cherche &agrave; le relever avec beaucoup d&#8217;inqui&eacute;tude et un air tr&egrave;s confus. Les trois Spectateurs, tous en &eacute;p&eacute;e, marquent l&#8217;&eacute;tonnement et l&#8217;admiration, chacun par une attitude diff&eacute;rente. L&#8217;esprit de ce Sujet est que le personnage qui est &agrave; genoux imprime du respect aux autres, et qu&#8217;ils semblent tous &agrave; genoux devant lui.</P>  <P CLASS=Inscription1>Inscription <I>de la 2<SUP>e</SUP> Planche.</I></P>  <P CLASS=Inscription2>L&#8217;h&eacute;ro&iuml;sme de la valeur<A CLASS=EdNoteCall TARGET="note" NAME="fnB7" HREF="#fn7">[7]</A>.</P>  <P CLASS=PageNo><SPAN CLASS=PageNo><A NAME="p764"></A>[p.&nbsp;764]</SPAN></P>  <P CLASS=Estampe1>TROISI&Egrave;ME ESTAMPE</P>  <P CLASS=Estampe2>Tome II. Lettre X. pag. 79.</P>  <P CLASS=Estampes>Le lieu est une chambre de cabaret, dont la porte ouverte, donne dans une autre chambre. Sur une table, aupr&egrave;s du feu, devant laquelle est assis Milord &Eacute;douard en robe de chambre, sont deux bougies, quelques lettres ouvertes, et un paquet encore ferm&eacute;. &Eacute;douard tient de la main droite une lettre qu&#8217;il baisse de surprise, en voyant entrer le jeune homme. Celui-ci encore habill&eacute;, a le chapeau enfonc&eacute; sur les yeux, tient son &eacute;p&eacute;e d&#8217;une main, et de l&#8217;autre, montre &agrave; l&#8217;Anglais d&#8217;un air emport&eacute; et mena&ccedil;ant la sienne, qui est sur un fauteuil &agrave; c&ocirc;t&eacute; de lui. L&#8217;Anglais fait de la main gauche un geste de d&eacute;dain froid et marqu&eacute;. Il regarde en m&ecirc;me temps l&#8217;&eacute;tourdi d&#8217;un air de compassion propre &agrave; le faire rentrer en lui-m&ecirc;me&#160;; et l&#8217;on doit remarquer en effet dans son attitude que ce regard commence &agrave; le d&eacute;contenancer.</P>  <P CLASS=Inscription1>Inscription <I>de la 3<SUP>e</SUP> Planche</I>.</P>  <P CLASS=Inscription2>Ah jeune Homme&#160;! &agrave; ton Bienfaiteur<A CLASS=EdNoteCall TARGET="note" NAME="fnB8" HREF="#fn8">[8]</A>&#160;!</P>  <P CLASS=Estampe1>QUATRI&Egrave;ME ESTAMPE</P>  <P CLASS=Estampe2>Tome II. Lettre XXVI. pag. 294.</P>  <P CLASS=Estampes>La Sc&egrave;ne est dans la rue devant une maison de mauvaise apparence. Pr&egrave;s de la porte ouverte, un laquais &eacute;claire avec deux flambeaux de table. Un fiacre est &agrave; quelques pas d&eacute; l&agrave;&#160;; le cocher tient la porti&egrave;re ouverte, et un jeune homme s&#8217;avance pour y monter. Ce jeune homme est St Preux sortant d&#8217;un lieu de d&eacute;bauche dans une attitude qui marque le remords, la tristesse, et l&#8217;abattement. Une des habitantes de cette maison l&#8217;a reconduit jusque dans la rue&#160;; et dans ses adieux on voit la joye, l&#8217;impudence, et l&#8217;air d&#8217;une personne qui se f&eacute;licite d&#8217;avoir triomph&eacute; de lui. Accabl&eacute; de douleur et de honte il ne fait pas m&ecirc;me attention &agrave; elle. Aux fen&ecirc;tres sont de jeunes Officiers avec deux ou trois compagnes de celle qui est en bas. Ils battent des mains et applaudissent d&#8217;un air railleur en voyant passer le jeune homme qui ne les <SPAN CLASS=PageNo><A NAME="p765"></A>[p.&nbsp;765]</SPAN> regarde ni ne les &eacute;coute. Il doit r&eacute;gner une immodestie dans le maintien des femmes et un d&eacute;sordre dans leur ajustement, qui ne laisse pas douter un moment de ce qu&#8217;elles sont, et qui fasse mieux sortir la tristesse du principal personnage.</P>  <P CLASS=Inscription1>Inscription <I>de la 4<SUP>e</SUP> Planche</I>.</P>  <P CLASS=Inscription2>La honte et les remords vengent l&#8217;amour outrag&eacute;<A CLASS=EdNoteCall TARGET="note" NAME="fnB9" HREF="#fn9">[9]</A>.</P>  <P CLASS=Estampe1>CINQUI&Egrave;ME ESTAMPE</P>  <P CLASS=Estampe2>Tome III. Lettre XIV pag. 76.</P>  <P CLASS=Estampes>La Sc&egrave;ne se passe de nuit, et repr&eacute;sente la chambre de Julie, dans le d&eacute;sordre o&ugrave; est ordinairement celle d&#8217;une personne malade. Julie est dans son lit avec la petite v&eacute;role&#160;; elle a le transport. Ses rideaux ferm&eacute;s, &eacute;taient entrouverts pour le passage de son bras, qui est en dehors&#160;; mais sentant baiser sa main, de l&#8217;autre elle ouvre brusquement le rideau, et reconnaissant son ami, elle para&icirc;t surprise, agit&eacute;e, transport&eacute;e de joie, et pr&ecirc;te &agrave; s&#8217;&eacute;lancer vers lui. L&#8217;amant, &agrave; genoux pr&egrave;s du lit, tient la main de Julie, qu&#8217;il vient de saisir, et la baise avec un emportement de douleur et d&#8217;amour dans lequel on voit, non seulement qu&#8217;il ne craint pas la communication du venin, mais qu&#8217;il la d&eacute;sire. A l&#8217;instant Claire, un bougeoir &agrave; la main, remarquant le mouvement de Julie, prend le jeune homme par le bras, et l&#8217;arrachant du lieu o&ugrave; il est, l&#8217;entra&icirc;ne hors de la chambre. Une femme de chambre, un peu &acirc;g&eacute;e, s&#8217;avance en m&ecirc;me temps au chevet de Julie pour la retenir. Il faut qu&#8217;on remarque dans tous les personnages une action tr&egrave;s vive, et bien prise dans l&#8217;unit&eacute; du moment.</P>  <P CLASS=Inscription1>Inscription <I>de la 5<SUP>e</SUP> Planche</I>.</P>  <P CLASS=Inscription2>L&#8217;inoculation de l&#8217;amour<A CLASS=EdNoteCall TARGET="note" NAME="fnB10" HREF="#fn10">[10]</A>.</P>  <P CLASS=Estampe1>SIXI&Egrave;ME ESTAMPE</P>  <P CLASS=Estampe2>Tome III. Lettre XVIII. pag. 117.</P>  <P CLASS=Estampes>La Sc&egrave;ne se passe dans la chambre du Baron d&#8217;&Eacute;tange, p&egrave;re de Julie. Julie est assise, et pr&egrave;s de sa chaise est un <SPAN CLASS=PageNo><A NAME="p766"></A>[p.&nbsp;766]</SPAN> fauteuil vide&#160;: son p&egrave;re qui l&#8217;occupait est &agrave; genoux devant elle, lui serrant les mains, versant des larmes, et dans une attitude suppliante et path&eacute;tique. Le trouble, l&#8217;agitation, la douleur sont dans les yeux de Julie. On voit, &agrave; un certain air de lassitude, qu&#8217;elle a fait tous ses efforts pour relever son p&egrave;re ou se d&eacute;gager&#160;; mais n&#8217;en pouvant venir &agrave; bout, elle laisse pencher sa t&ecirc;te sur le dos de sa chaise, comme une personne pr&ecirc;te &agrave; se trouver mal&#160;; tandis que ses deux mains en avant portent encore sur les bras de son p&egrave;re. Le Baron doit avoir une physionomie v&eacute;n&eacute;rable, une chevelure blanche, le port militaire, et, quoique suppliant, quelque chose de noble et de fier dans le maintien.</P>  <P CLASS=Inscription1>Inscription <I>de la 6<SUP>e</SUP> Planche.</I></P>  <P CLASS=Inscription1>La force paternelle.</P>  <P CLASS=Estampe1>SEPTI&Egrave;ME ESTAMPE</P>  <P CLASS=Estampe2>Tome IV. Lettre VI. pag. 59.</P>  <P CLASS=Estampes>La Sc&egrave;ne se passe dans l&#8217;avenue d&#8217;une maison de campagne, quelques pas au-del&agrave; de la grille, devant laquelle on voit en dehors une chaise arr&ecirc;t&eacute;e, une malle derri&egrave;re et un Postillon. Comme l&#8217;ordonnance de cette estampe est tr&egrave;s simple, et demande pourtant une grande expression, il la faut expliquer. L&#8217;ami de Julie revient d&#8217;un voyage de long cours&#160;; et, quoique le mari sache qu&#8217;avant son mariage cet ami a &eacute;t&eacute; amant favoris&eacute;, il prend une telle confiance dans la vertu de tous deux, qu&#8217;il invite lui-m&ecirc;me le jeune homme &agrave; venir dans sa maison. Le moment de son arriv&eacute;e est le sujet de l&#8217;Estampe. Julie vient de l&#8217;embrasser, et le prenant par la main le pr&eacute;sente &agrave; son man, qui s&#8217;avance pour l&#8217;embrasser &agrave; son tour. M. de Wolmar, naturellement froid et pos&eacute;, doit avoir l&#8217;air ouvert, presque riant, un regard serein qui invite &agrave; la confiance.</P>  <P CLASS=Estampes>Le jeune homme, en habit de voyage, s&#8217;approche avec un air de respect dans lequel on d&eacute;m&ecirc;le, &agrave; la v&eacute;rit&eacute;, un peu de contrainte et de confusion, mais non pas une g&ecirc;ne p&eacute;nible ni un embarras suspect. Pour Julie, on voit sur <SPAN CLASS=PageNo><A NAME="p767"></A>[p.&nbsp;767]</SPAN> on visage et dans son maintien un caract&egrave;re d&#8217;innocence et de candeur qui montre en cet instant toute la puret&eacute; de son &acirc;me. Elle doit regarder son mari avec une assurance modeste ou se peignent l&#8217;attendrissement et la reconnaissance que lui donne un si grand t&eacute;moignage d&#8217;estime, et le sentiment qu&#8217;elle en est digne.</P>  <P CLASS=Inscription1>Inscription <I>de la 7<SUP>e</SUP> Planche.</I></P>  <P CLASS=Inscription2>La confiance des belles &acirc;mes<A CLASS=EdNoteCall TARGET="note" NAME="fnB11" HREF="#fn11">[11]</A>.</P>  <P CLASS=Estampe1>HUITI&Egrave;ME ESTAMPE</P>  <P CLASS=Estampe2>Tome IV. Lettre XVII. pag. 323.</P>  <P CLASS=Estampes>Le paysage est ici ce qui demande le plus d&#8217;exactitude. Je ne puis mieux le repr&eacute;senter qu&#8217;en transcrivant le passage o&ugrave; il est d&eacute;crit.</P>  <P CLASS=Estampes><I>Nous y arriv&acirc;mes apr&egrave;s une demi-heure de marche, par quelques sentiers ombrag&eacute;s et tortueux qui montaient insensiblement entre les rochers, et n&#8217;avaient rien de plus incommode que la longueur du chemin. Ce lieu solitaire formait un r&eacute;duit sauvage et d&eacute;sert, plein de ces sortes de beaut&eacute;s qui ne touchent que les &acirc;mes sensibles, et paraissent horribles aux autres. Un torrent form&eacute; par la fonte des neiges, roulait &agrave; cent pas de nous une eau bourbeuse, et charriait avec fracas du limon, du sable et des pierres. Derri&egrave;re nous, une cha&icirc;ne de roches inaccessibles s&eacute;parait l&#8217;esplanade o&ugrave; nous &eacute;tions de cette partie des Alpes qu&#8217;on nomme</I> les Glaci&egrave;res <I>, parce que d&#8217;&eacute;normes sommets de glace qui s&#8217;accroissent incessamment, les couvrent depuis le commencement du monde. Des for&ecirc;ts de noirs sapins nous ombrageaient tristement &agrave; droite&#160;; un grand bois de ch&ecirc;nes &eacute;tait &agrave; gauche au-del&agrave; du torrent&#160;; et, presque &agrave; pic au-dessous de nous, cette immense plaine d&#8217;eau que le lac forme au sein des montagnes nous s&eacute;parait des riches c&ocirc;tes du pays de Vaud, dont le spectacle &eacute;tait couronn&eacute; par la cime du majestueux Jura.</I></P>  <P CLASS=Estampes><I>Au milieu de ces grands et superbes objets, le petit terrain o&ugrave; nous &eacute;tions &eacute;talait les charmes d&#8217;un s&eacute;jour riant et champ&ecirc;tre. Quelques ruisseaux filtraient &agrave; travers les rochers, et roulaient sur la verdure en filets de cristal. Quelques arbres fruitiers sauvages enracin&eacute;s dans les hauteurs penchaient leurs t&ecirc;tes sur les n&ocirc;tres. La terre humide &eacute;tait couverte d&#8217;herbe et</I> <SPAN CLASS=PageNo><A NAME="p768"></A>[p.&nbsp;768]</SPAN> <I>de fleurs. En comparant un si doux r&eacute;duit aux objets qui l&#8217;environnaient, il semblait que ce lieu d&eacute;sert d&ucirc;t &ecirc;tre l&#8217;asile de deux amants &eacute;chapp&eacute;s seuls au bouleversement de la nature</I><A CLASS=EdNoteCall TARGET="note" NAME="fnB12" HREF="#fn12">[12]</A>.</P>  <P CLASS=Estampes>II faut ajouter &agrave; cette description que deux quartiers de rocher tomb&eacute;s du haut et pouvant servir de table et de si&egrave;ge doivent &ecirc;tre presque au bord de l&#8217;esplanade&#160;; que dans la perspective des c&ocirc;tes du pays de Vaud qu&#8217;on voit dans l&#8217;&eacute;loignement, on distingue sur le rivage des villes de distance en distance, et qu&#8217;il est n&eacute;cessaire au moins qu&#8217;on en aper&ccedil;oive une vis-&agrave;-vis de l&#8217;esplanade ci-dessus d&eacute;crite.</P>  <P CLASS=Estampes>C&#8217;est sur cette esplanade que sont Julie et son Ami&#160;; les deux seuls personnages de l&#8217;Estampe. L&#8217;Ami posant une main sur l&#8217;un des deux quartiers lui montre de l&#8217;autre main et d&#8217;un peu loin des caract&egrave;res grav&eacute;s sur les rochers des environs. Il lui parle en m&ecirc;me temps avec feu&#160;; on lit dans les yeux de Julie l&#8217;attendrissement que lui causent ses discours et les objets qu&#8217;il lui rappelle&#160;; mais on y lit aussi que la vertu pr&eacute;side, et ne craint rien de ces dangereux souvenirs<A CLASS=EdNoteCall TARGET="note" NAME="fnB13" HREF="#fn13">[13]</A>.</P>  <P CLASS=Estampes>Il y a un intervalle de dix ans entre la premi&egrave;re Estampe et celle-ci, et dans cet intervalle Julie est devenue femme et m&egrave;re&#160;: mais il est dit qu&#8217;&eacute;tant fille, elle laissait dans son ajustement un peu de n&eacute;gligence qui la rendait plus touchante&#160;; et qu&#8217;&eacute;tant femme elle se parait avec plus de soin. C&#8217;est ainsi qu&#8217;elle doit &ecirc;tre dans la Planche septi&egrave;me&#160;; mais dans celle-ci, elle est sans parure, et en robe du matin.</P>  <P CLASS=Inscription1>Inscription <I>de la 8<SUP>e</SUP> Planche</I>.</P>  <P CLASS=Inscription2>Les monuments des anciennes amours.</P>  <P CLASS=Estampe1>NEUVI&Egrave;ME ESTAMPE</P>  <P CLASS=Estampe2>Tome V. Lettre III. pag. 99.</P>  <P CLASS=Estampes>Un salon&#160;: sept figures. Au fond vers la gauche une table &agrave; th&eacute; couverte de trois tasses, la th&eacute;i&egrave;re, le pot &agrave; sucre, etc. Autour de la table sont, dans le fond et en face, M. de Wolmar, &agrave; sa droite en tournant, l&#8217;Ami tenant la gazette&#160;; en sorte que l&#8217;un et l&#8217;autre voient tout ce qui se passe dans la chambre.</P>  <P CLASS=PageNo><SPAN CLASS=PageNo><A NAME="p769"></A>[p.&nbsp;769]</SPAN></P>  <P CLASS=Estampes>A droite aussi dans le fond&#160;; Madame de Wolmar assise tenant de la broderie&#160;; sa femme de chambre assise &agrave; c&ocirc;t&eacute; d&#8217;elle et faisant de la dentelle&#160;; son oreiller est appuy&eacute; sur une chaise plus petite. Cette femme de chambre, la m&ecirc;me dont il est parl&eacute; ci-apr&egrave;s, Planche onzi&egrave;me, est plus jeune que celle de la Planche sixi&egrave;me<A CLASS=EdNoteCall TARGET="note" NAME="fnB14" HREF="#fn14">[14]</A>.</P>  <P CLASS=Estampes>Sur le devant, &agrave; sept ou huit pas des uns et des autres, est une autre petite table couverte d&#8217;un livre d&#8217;Estampes que parcourent deux petits gar&ccedil;ons. L&#8217;a&icirc;n&eacute;, tout occup&eacute; des figures, les montre au cadet&#160;; mais celui-ci compte furtivement des onchets qu&#8217;il tient sous la table<A CLASS=EdNoteCall TARGET="note" NAME="fnB15" HREF="#fn15">[15]</A> cach&eacute;s par un des c&ocirc;t&eacute;s du livre. Une petite fille de huit ans, leur a&icirc;n&eacute;e, s&#8217;est lev&eacute;e de la chaise qui est devant la femme de chambre, et s&#8217;avance lestement sur la pointe des pieds vers les deux gar&ccedil;ons. Elle parle d&#8217;un petit ton d&#8217;autorit&eacute;, en montrant de loin la figure du livre, et tenant un ouvrage &agrave; l&#8217;aiguille de l&#8217;autre main.</P>  <P CLASS=Estampes>Madame de Wolmar doit para&icirc;tre avoir suspendu son travail pour contempler le man&egrave;ge des enfants&#160;: les hommes ont de m&ecirc;me suspendu leur lecture pour contempler &agrave; la fois Madame de Wolmar et les trois enfants. La femme de chambre est &agrave; son ouvrage.</P>  <P CLASS=Estampes>Un air fort occup&eacute; dans les enfants&#160;; un air de contemplation r&ecirc;veuse et douce dans les trois spectateurs. La m&egrave;re surtout doit para&icirc;tre dans une extase d&eacute;licieuse.</P>  <P CLASS=Inscription1>Inscription <I>de la 9<SUP>e</SUP> Planche.</I></P>  <P CLASS=Inscription2>La matin&eacute;e &agrave; l&#8217;Anglaise<A CLASS=EdNoteCall TARGET="note" NAME="fnB16" HREF="#fn16">[16]</A>.</P>  <P CLASS=Estampe1>DIXI&Egrave;ME ESTAMPE</P>  <P CLASS=Estampe2>Tome V. Lettre IX. page 256.</P>  <P CLASS=Estampes>Une chambre de cabaret. Le moment, vers la fin de la nuit. Le cr&eacute;puscule commence &agrave; montrer quelques objets&#160;; mais l&#8217;obscurit&eacute; permet &agrave; peine qu&#8217;on les distingue.</P>  <P CLASS=Estampes>L&#8217;ami qu&#8217;un r&ecirc;ve p&eacute;nible vient d&#8217;agiter, s&#8217;est jet&eacute; &agrave; bas de son lit, et a pris sa robe de chambre &agrave; la h&acirc;te. Il erre avec un air d&#8217;effroi, cherchant &agrave; &eacute;carter de la main des objets fantastiques dont il para&icirc;t &eacute;pouvant&eacute;. Il t&acirc;tonne pour trouver la porte. La noirceur de l&#8217;estampe, l&#8217;attitude expressive du personnage, son visage effar&eacute; doivent <SPAN CLASS=PageNo><A NAME="p770"></A>[p.&nbsp;770]</SPAN> faire un effet lugubre et donner aux regardants une impression de terreur.</P>  <P CLASS=Inscription1>Inscription <I>de la 10<SUP>e</SUP> Planche.</I></P>  <P CLASS=Inscription2>O&ugrave; veux-tu fuir&#160;? Le Fant&ocirc;me est dans ton c&#339;ur<A CLASS=EdNoteCall TARGET="note" NAME="fnB17" HREF="#fn17">[17]</A>.</P>  <P CLASS=Estampe1>ONZI&Egrave;ME ESTAMPE</P>  <P CLASS=Estampe2>Tome VI. Lettre XI. page 19.</P>  <P CLASS=Estampes>La Sc&egrave;ne est dans un salon. Vers la chemin&eacute;e, o&ugrave; il y a du feu, est une table de jeu &agrave; laquelle sont, contre le mur, M. de Wolmar qu&#8217;on voit en face, et vis-&agrave;-vis, St Preux, dont on voit le corps de profil, parce que sa chaise est un peu d&eacute;rang&eacute;e&#160;; mais dont on ne voit la t&ecirc;te que par derri&egrave;re, parce qu&#8217;il la retourne vers M. de Wolmar.</P>  <P CLASS=Estampes>Par terre est un &eacute;chiquier renvers&eacute; dont les pi&egrave;ces sont &eacute;parses. Claire, d&#8217;un air moiti&eacute; suppliant, moiti&eacute; railleur, pr&eacute;sente au jeune homme la joue, pour y appliquer un soufflet ou un baiser, &agrave; son choix, en punition du coup qu&#8217;elle vient de faire. Ce coup est indiqu&eacute; par une raquette qu&#8217;elle tient pendante d&#8217;une main, tandis qu&#8217;elle avance l&#8217;autre main sur le bras du jeune homme pour lui faire retourner la t&ecirc;te qu&#8217;il baisse et qu&#8217;il d&eacute;tourne d&#8217;un air boudeur. Pour que le coup ait pu se faire sans grand fracas, il faut un de ces petits &eacute;chiquiers de maroquin qui se ferment comme des livres, et le repr&eacute;senter &agrave; moiti&eacute; ouvert contre un des pieds de la table.</P>  <P CLASS=Estampes>Sur le devant est une autre personne qu&#8217;on reconna&icirc;t, au tablier, pour la femme de chambre&#160;; &agrave; c&ocirc;t&eacute; d&#8217;elle est sa raquette sur une chaise. Elle tient d&#8217;une main le volant &eacute;lev&eacute;, et de l&#8217;autre elle fait semblant d&#8217;en raccommoder les plumes&#160;; mais elle regarde &agrave; travers en souriant, la sc&egrave;ne qui se passe vers la chemin&eacute;e.</P>  <P CLASS=Estampes>M. de Wolmar un bras pass&eacute; sur le dos de la chaise, comme pour contempler plus commod&eacute;ment, fait signe du doigt &agrave; la femme de chambre de ne pas troubler la sc&egrave;ne par un &eacute;clat de rire. </P>  <P CLASS=Inscription1>Inscription <I>de la 11<SUP>e</SUP> Planche.</I></P>  <P CLASS=Inscription1>Claire, Claire&#160;! Les enfants chantent la nuit quand ils ont peur<A CLASS=EdNoteCall TARGET="note" NAME="fnB18" HREF="#fn18">[18]</A>.</P>  <P CLASS=PageNo><SPAN CLASS=PageNo><A NAME="p771"></A>[p.&nbsp;771]</SPAN></P>  <P CLASS=Estampe1>DOUZI&Egrave;ME ESTAMPE</P>  <P CLASS=Estampe2>Tome VI. Lettre XI. page 288.</P>  <P CLASS=Estampes>Une chambre &agrave; coucher dans laquelle on remarque de l&#8217;&eacute;l&eacute;gance, mais simple et sans luxe&#160;; des pots de fleurs sur la chemin&eacute;e. Les rideaux du lit sont &agrave; moiti&eacute; ouverts et rattach&eacute;s. Julie, morte, y para&icirc;t habill&eacute;e et m&ecirc;me par&eacute;e. Il y a du peuple dans la chambre, hommes et femmes, les plus proches du lit sont &agrave; genoux, les autres debout, quelques-uns joignant les mains. Tous regardent le corps d&#8217;un air touch&eacute; mais attentif&#160;; comme cherchant encore quelque signe de vie.</P>  <P CLASS=Estampes>Claire est debout aupr&egrave;s du lit, le visage &eacute;lev&eacute; vers le ciel, et les yeux en pleurs. Elle est dans l&#8217;attitude de quelqu&#8217;un qui parle avec v&eacute;h&eacute;mence. Elle tient des deux mains un riche voile en broderie, qu&#8217;elle vient de baiser, et dont elle va couvrir la face de son amie<A CLASS=EdNoteCall TARGET="note" NAME="fnB19" HREF="#fn19">[19]</A>.</P>  <P CLASS=Estampes>On distingue au pied du lit M. de Wolmar debout dans l&#8217;attitude d&#8217;un homme triste et m&ecirc;me inquiet, mais toujours grave et mod&eacute;r&eacute;.</P>  <P CLASS=Estampes>Dans cette derni&egrave;re Estampe la figure de Claire tenant le voile est importante et difficile &agrave; rendre. L&#8217;habillement fran&ccedil;ais ne laisse pas assez de d&eacute;cence &agrave; la n&eacute;gligence<A CLASS=EdNoteCall TARGET="note" NAME="fnB20" HREF="#fn20">[20]</A> et au d&eacute;rangement. Je me repr&eacute;sente une robe &agrave; peigner tr&egrave;s simple, arr&ecirc;t&eacute;e avec une &eacute;pingle sur la poitrine, et pour &eacute;viter l&#8217;air mesquin, flottant et tra&icirc;nant un peu plus qu&#8217;une robe ordinaire. Un fichu tout uni nou&eacute; sur la gorge avec peu de soin&#160;; une boucle ou touffe de cheveux &eacute;chapp&eacute;e de la coiffure et pendante sur l&#8217;&eacute;paule. Enfin, un d&eacute;sordre dans toute la personne qui peigne la profonde affliction sans malpropret&eacute;, et qui soit touchant, non risible.</P>  <P CLASS=Estampes>Dans tout autre temps, Claire n&#8217;est que jolie&#160;; mais il faut que ses larmes la rendent belle, et surtout que la v&eacute;h&eacute;mence de la douleur soit relev&eacute;e par une noblesse d&#8217;attitude qui ajoute au path&eacute;tique.</P>  <P CLASS=Inscription1><I>Cette Planche est sans</I> Inscription.</P>  </DIV>  <DIV CLASS=Notes>  <P CLASS=Note><A CLASS=Note TARGET=text NAME="fn1" HREF="#fnB1">[1]</A> L&#8217;outil du graveur&#160;; cf. la note 145 &agrave; la lettre IV, VII, 425.</P>  <P CLASS=Note><A CLASS=Note TARGET=text NAME="fn2" HREF="#fnB2">[2]</A> L&#8217;<I>explication</I> est un genre fr&eacute;quent dans les livres de l&#8217;&eacute;poque, o&ugrave; on d&eacute;codait les all&eacute;gories ou expliquait autrement les sujets d&#8217;illustrations&#160;; mais le plus souvent on les ajoutait aux gravures, alors qu&#8217;ici ce sont des prescriptions pour elles. Rousseau en avait envisag&eacute; d&egrave;s le d&eacute;part&#160;; mais au moment o&ugrave; l&#8217;accord a &eacute;t&eacute; conclu avec Gravelot, elles ne pouvaient &ecirc;tre pr&ecirc;tes &agrave; temps pour l&#8217;impression du texte fin 1760. Elles ont donc &eacute;t&eacute; publi&eacute;es s&eacute;par&eacute;ment, &agrave; Paris comme &agrave; Amsterdam, mais par des graveurs diff&eacute;rents. (Les planches n&#8217;ont &eacute;t&eacute; incorpor&eacute;es dans une &eacute;dition qu&#8217;en 1764, avec une substitution pour la douzi&egrave;me.) Chaque description s&#8217;accompagnait de la page correspondante, que nous modifions pour les accorder &agrave; l&#8217;&eacute;dition de la Pl&eacute;iade.</P>  <P CLASS=Note><A CLASS=Note TARGET=text NAME="fn3" HREF="#fnB3">[3]</A> Seule indication de la couleur des cheveux de Claire, qui fait un contraste significatif avec ceux de sa cousine. La diff&eacute;rence correspond &agrave; des associations psychologiques diff&eacute;rentes que Rousseau commente au livre IX des <I>Confessions</I>&#160;: &laquo;&#160;Je les douai de deux caract&egrave;res analogues mais diff&eacute;rents, de deux figures [...] Je fis l&#8217;une brune et l&#8217;autre blonde, l&#8217;une vive et l&#8217;autre douce, l&#8217;une sage et l&#8217;autre faible&#160;&raquo; (I&#160;: 430).</P>  <P CLASS=Note><A CLASS=Note TARGET=text NAME="fn4" HREF="#fnB4">[4]</A> Cerceau de baleine ou de fils pour faire bouffer les jupons.</P>  <P CLASS=Note><A CLASS=Note TARGET=text NAME="fn5" HREF="#fnB5">[5]</A> Si d&eacute;licieux.</P>  <P CLASS=Note><A CLASS=Note TARGET=text NAME="fn6" HREF="#fnB6">[6]</A> Comme la plupart des l&eacute;gendes, celle-ci n&#8217;est pas une citation tir&eacute;e directement du texte mais une paraphrase de l&#8217;&eacute;v&eacute;nement. En effet, la description sp&eacute;cifie que le moment pr&eacute;cis qui sera repr&eacute;sent&eacute; (la d&eacute;faillance) <I>suit</I> le baiser. Mais comme l&#8217;indiquent les remarques liminaires de Rousseau, son ambition &eacute;tait de saisir en m&ecirc;me temps un <I>avant</I> et un <I>apr&egrave;s</I> impliqu&eacute;s dans un moment donn&eacute;.</P>  <P CLASS=Note><A CLASS=Note TARGET=text NAME="fn7" HREF="#fnB7">[7]</A> Ni <I>h&eacute;ro&iuml;sme</I> ni <I>valeur</I> ne paraissent en fait dans le passage auquel correspond cette planche, mais on y trouve plusieurs termes s&eacute;mantiquement proches&#160;: <I>fiert&eacute;, justice, honneur, respect, admiration</I>.</P>  <P CLASS=Note><A CLASS=Note TARGET=text NAME="fn8" HREF="#fnB8">[8]</A> Ce que dit Bomston dans le texte est plus long&#160;; cette l&eacute;gende en est une sort de distill&eacute;, ou une sorte de &laquo;&#160;voix off&#160;&raquo; venu de l&#8217;ext&eacute;rieur du texte, peut-&ecirc;tre de l&#8217;&laquo;&#160;&eacute;diteur&#160;&raquo;. <I>Jeune homme</I> r&eacute;f&egrave;re plusieurs fois dans le roman &agrave; St Preux&#160;; le mot <I>bienfaiteur</I> ne para&icirc;t pas dans le passage illustr&eacute;, mais est utilis&eacute; trois fois par St Preux se r&eacute;f&eacute;rant &agrave; Bomston.</P>  <P CLASS=Note><A CLASS=Note TARGET=text NAME="fn9" HREF="#fnB9">[9]</A> Cette l&eacute;gende presque all&eacute;gorique accompagne une sc&egrave;ne que St Preux lui-m&ecirc;me n&#8217;avait pas d&eacute;crite dans le texte du roman.</P>  <P CLASS=Note><A CLASS=Note TARGET=text NAME="fn10" HREF="#fnB10">[10]</A> &Agrave; la diff&eacute;rence de la plupart des l&eacute;gendes, celle-ci est une citation directe d&#8217;une lettre de Claire (III, XIV, 274). Rousseau fut furieux que quelques contemporains y aient trouv&eacute; des suggestions ind&eacute;centes. &Agrave; Fran&ccedil;ois Coindet, qui lui conseille de la changer, il r&eacute;pond&#160;: &laquo;&#160;Je n&#8217;ai jamais rien voulu changer &agrave; mes &eacute;crits pour pr&eacute;venir les interpr&eacute;tations d&eacute;shonn&ecirc;tes. Quand mes id&eacute;es sont pures et mes expressions correctes, je ne m&#8217;embarrasse point s&#8217;il pla&icirc;t au lecteur de les salir&#160;; c&#8217;est son affaire. D&#8217;ailleurs je serais fort embarrass&eacute; de trouver un autre mot &agrave; la place de celui-l&agrave;. L&#8217;estampe l&#8217;explique de mani&egrave;re qu&#8217;il faudrait avoir l&#8217;imagination bien obsc&egrave;ne pour y trouver une autre explication&#160;&raquo; (RAL 1280, 11 f&eacute;vrier 1761&#160;; voir aussi RAL 1286).</P>  <P CLASS=Note><A CLASS=Note TARGET=text NAME="fn11" HREF="#fnB11">[11]</A> Comme plusieurs autres, cette l&eacute;gende fonctionne comme une sorte de voix superpos&eacute;e de narrateur ext&eacute;rieur. Les mots-clefs en sont li&eacute;s non au passage illustr&eacute; mais &agrave; un autre passage, la lettre de Julie (lettre IV, XII), rapportant les paroles de St Preux dans la lettre IV, XII, 407. Voir aussi les commentaires de &laquo;&#160;N&#160;&raquo; dans la deuxi&egrave;me pr&eacute;face (p.&#160;8).</P>  <P CLASS=Note><A CLASS=Note TARGET=text NAME="fn12" HREF="#fnB12">[12]</A> Cette citation diff&egrave;re quelque peu du texte de la lettre IV, VII, 424-25&#160;; Rousseau a d&ucirc; la copier sur un manuscrit ant&eacute;rieur &agrave; celui qu&#8217;il envoie &agrave; son &eacute;diteur.</P>  <P CLASS=Note><A CLASS=Note TARGET=text NAME="fn13" HREF="#fnB13">[13]</A> Cette quantit&eacute; de d&eacute;tails illustrent la difficult&eacute; des exigences que Rousseau imposait &agrave; son artiste, qui apr&egrave;s tout travail dans un format extr&ecirc;mement compact (&agrave; peu pr&egrave;s 12 x 7,5 cm). Gravelot en fait ne fait aucun effort pour repr&eacute;senter les yeux de Julie dans la planche.</P>  <P CLASS=Note><A CLASS=Note TARGET=text NAME="fn14" HREF="#fnB14">[14]</A> En fait la cinqui&egrave;me.</P>  <P CLASS=Note><A CLASS=Note TARGET=text NAME="fn15" HREF="#fnB15">[15]</A> Dans l&#8217;un des manuscrits on lit&#160;: <I>sur la table</I>, ce qui semble plus logique et correspond &agrave; la gravure elle-m&ecirc;me.</P>  <P CLASS=Note><A CLASS=Note TARGET=text NAME="fn16" HREF="#fnB16">[16]</A> Cette l&eacute;gende vient directement du texte, qui renferme la seule occurrence dans tout le roman de l&#8217;expression ambigu&euml; <I>&agrave; l&#8217;anglaise</I>&#160;; cf. la note 32 &agrave; la lettre V, III, 456.</P>  <P CLASS=Note><A CLASS=Note TARGET=text NAME="fn17" HREF="#fnB17">[17]</A> Le mot peut d&eacute;signer, m&ecirc;me abstraitement, des illusions, mais semble ici plus pr&egrave;s de l&#8217;id&eacute;e de l&#8217;hallucination. La &laquo;&#160;voix&#160;&raquo; de la l&eacute;gende, s&#8217;il s&#8217;agit de celle d&#8217;&Eacute;douard, ne vient pas du texte du roman, et ne correspond pas non plus au moment repr&eacute;sent&eacute;, puisque St Preux est encore seul.</P>  <P CLASS=Note><A CLASS=Note TARGET=text NAME="fn18" HREF="#fnB18">[18]</A> De toutes les l&eacute;gendes, c&#8217;est celle qui est la moins li&eacute;e &agrave; la sc&egrave;ne repr&eacute;sent&eacute;e. Il s&#8217;agit d&#8217;une adaptation th&eacute;&acirc;tralis&eacute;e (transform&eacute;e en exclamation) d&#8217;une m&eacute;taphore sans relation di&eacute;g&eacute;tique avec cette sc&egrave;ne, et situ&eacute;e beaucoup plus haut dans le texte&#160;: &laquo;&#160;Tu fais avec l&#8217;amour dont tu feins de rire, comme ces enfants qui chantent la nuit quand ils ont peur&#160;&raquo; (Julie &agrave; Claire, V, XIII, p.&#160;632)&#160;: cette sc&egrave;ne est une <I>exemplification</I> du genre de <I>conduite</I> que d&eacute;crivait Julie, et constitue dont un autre exemple de voix surimpos&eacute;e.</P>  <P CLASS=Note><A CLASS=Note TARGET=text NAME="fn19" HREF="#fnB19">[19]</A> Divergence, minimale peut-&ecirc;tre mais int&eacute;ressante, par rapport au texte du roman, o&ugrave; le voile est pos&eacute; sur la figure de Julie <I>avant</I> que Claire ne se mette &agrave; parler.</P>  <P CLASS=Note><A CLASS=Note TARGET=text NAME="fn20" HREF="#fnB20">[20]</A> Rousseau &eacute;voque ici une double signification&#160;: le <I>n&eacute;glig&eacute;</I> ne veut pas dire n&eacute;glig&eacute; mais (il peut au contraire &ecirc;tre fort coquet) mais de style port&eacute; &agrave; la maison, non pour sortir&#160;; de que Rousseau demande &agrave; l&#8217;artiste de rendre, comme on le voit par la description qui suit, est plut&ocirc;t une v&eacute;ritable <I>n&eacute;gligence</I>, quelque chose qui n&#8217;est en aucune fa&ccedil;on ind&eacute;cent mais imparfait, comme si par distraction.</P>  </DIV>  <!-- #include "juliefoot.html" -->  <!-- end include -->  <!-- #include "jjrfoot.html" -->  <!-- end include -->  </BODY>  </HTML> 
