<html>  <head> <meta http-equiv="Content-Language" content="fr"> <meta http-equiv="Content-Type" content="text/html; charset=windows-1252"> <meta name="GENERATOR" content="Microsoft FrontPage 5.0"> <meta name="ProgId" content="FrontPage.Editor.Document"> <title>ARMEL GUERNE ET NOVALIS</title> </head>  <body bgcolor="#88A4B9">  <div align="center">   <center>   <table border="1" cellpadding="10" cellspacing="10" width="90%" bordercolor="#88A4B9" style="border-collapse: collapse">     <tr>       <td width="66%" colspan="2" bordercolor="#000000">&#9658;<font face="Arial" size="4"> ARMEL         GUERNE ET NOVALIS</font></td>       <td width="34%">&nbsp;</td>     </tr>     <tr>       <td width="33%">       <p align="center"><img border="0" src="images/wguerne.jpg" width="85" height="123"></td>       <td width="33%">&nbsp;</td>       <td width="34%" bgcolor="#336699">         <p align="left"><font face="Arial" color="#FFCC66">En hommage          Armel Guerne, pote et visionnaire,  qui l'uvre de Novalis traduite<i>         en franais</i> par ses soins doit ce surcrot de beaut qui nous         enchante.</font></td>     </tr>     <tr>       <td width="33%">&nbsp;</td>       <td width="67%" colspan="2" rowspan="2" bordercolor="#000000">       <span style="font-family: Arial"><font size="2">NOVALIS : &nbsp;Nom        merveilleux qui devient  lui seul, dj, rien qu lentendre, comme le        signe clair et presque, dirons nous, la clef du grand mystre de cette <i>       me</i> latine dans son corps allemand et son verbe germain.&nbsp; </font>       </span></td>     </tr>     <tr>       <td width="33%"><font face="Arial">&gt; Deux indits</font></td>     </tr>     <tr>       <td width="100%" colspan="3" bordercolor="#000000">       <p align="justify"><font face="Arial">Novalis.         - Mme dans l'paisseur de l'toffe allemande (je veux dire la         lourdeur de la langue et des murs) la transparence de sa pense         russit  passer, furtive comme le gnie-mme et ductile comme le         platine de sa volont : d'une efficacit extraordinaire et d'autant         plus enchanteresse qu'elle est insaisissable. Visiblement inapparente et         cependant d'une puissance souveraine. La transparence d'une pense qui         rvle ce qui est l presque sans le montrer et presque sans le dire,         sans s'interposer en tout cas; ne confiant cependant ses secrets qu'         ceux qui savent les entendre et ne dcouvrant ses trsors qu' ceux         qui, sachant dj qu'ils existent, seront ainsi  la fois dignes et         capables de les voir.</font> </p>         <p align="justify"><font face="Arial">Peu d'hommes auront trac une ligne aussi haute ;         il ne parle qu' ceux qui entendent et ne montre qu' ceux qui voient.         Tous les autres s'ennuient, mais ceux-l sont combls de richesses         inpuisables, certifis  tout jamais dans l'esprance. Quoi de plus         prcieux? Car pour celui qui a le paysage devant soi comme celui en qui         ruisselle le chant rafrachissant, qu'importent les ngations du         peuple de la fin des temps, ce dont il a t dit qu'ils ont des yeux         pour ne pas voir et des oreilles pour ne pas entendre. On n'a rien          leur dmontrer, et leurs pitoyables protestations se retournent contre         eux-mmes, seuls coupables.</font></p>         <p align="justify"><font face="Arial">O qu'il tourne les yeux, l'homme ne rencontre         partout que des limites, sauf vers le haut. C'est sans doute pourquoi         les gnrations microscopiques d'une re dconfite et affaisse qui         ne survit que dans son seul microcosme, s'interdisent, sous peine de         vertige, tout regard qui n'est pas born, ne cherchant rien au-dessus         d'elles de peur de le trouver. Le seule vision, pourtant, la seule         vision vivante et nourricire est bien celle qui russit  enjamber         nos apparences pour entrevoir la ralit. Quand on revient de l, on         sait que ce monde-ci est mort, ayant empoisonn son verbe et dtruit         sa nature.&quot;</font><p align="justify">&nbsp;</td>     </tr>     <tr>       <td width="100%" colspan="3" bordercolor="#000000">       <p align="justify"><font face="Arial">LES HYMNES A LA NUIT. -         Certainement l'uvre capitale de Novalis et la seule acheve (si l'on         excepte l'essai sur la <i>Chrtient</i> et la courte suite intitule         <i>Foi et Amour</i>) - ces singuliers chants de louange sont au nombre         de six - les 5 premiers imprims en prose, et le 6me sur 10 strophes,         dans l'<i>Atheanum</i>, tome III, 2 cahier, paru en 1800. Ils forment         une opulente symphonie directement greffe sur le tronc vigoureux de l'exprience         intrieure et de la radicale et douloureuse conversion du pote         demandant  la nuit et  la mort ce que les autres attendent         troitement du jour et de la vie. Ce ne sont que seize pages dans         l'imprim original, mais leur place est unique dans l'histoire des         littratures. Unique et essentielle. Car il y a peu d'uvres,         finalement, dans le foisonnement d'ouvrages originaux et attachants du         Romantisme allemand, dont la respiration universelle conservera toujours         en vie ce qui fut bien un mouvement profond de l'Homme, l'empchant de         passer comme passent ncessairement toutes les coles littraires ou         esthtiques. Avec les <i>Hymnes  la Nuit</i>, le gnie de douceur et         de grce, de douleur, d'audace et de ferme volont de Novalis est         entr dans la posie comme saint Jean de la Croix, par la         contemplation de la <i>Nuit Obscure,</i> s'est lev  la         connaissance surnaturelle. L'hymne III, plus troitement li aux         manifestations sensibles de ce renversement intrieur, au centre du         pome, en est plutt le cur infiniment interrogeable que la clef systmatique,         comme ont pu le prtendre certains commentateurs.</font> </p>       <p align="justify">&nbsp;</td>     </tr>     <tr>       <td width="100%" colspan="3" bgcolor="#336699">       <p align="justify"><font color="#FFCC66" face="Arial">&quot;Novalis, qui est        probablement le seul Occidental  avoir invent et pratiqu -  son insu,        videmment - un yoga authentiquement spirituel dans cette partie du monde        o l'on crit de gauche  droite et horizontalement, puisqu'il est all        chercher dans la mort  regarder la vraie perspective de la vie, Novalis        me tient accol  cette claire mditation rvlatrice de l'obscurit du        monde; et elle ne me quitte  aucun moment, l'ide vivante de la mort&quot;       </font></p>       <p align="justify"><font face="Arial" color="#FFCC66">Lettre  Cioran, 26        novembre 1968</font></td>     </tr>     <tr>       <td width="33%" bordercolor="#000000" rowspan="2">       <p align="justify"><img border="0" src="images/wguernemanuscrit.jpg" width="127" height="184"><p align="justify">       <font face="Arial" size="2">Manuscrit de la traduction du premier des <i>       Chants spirituels</i> de Novalis par Armel Guerne</font></td>       <td width="67%" colspan="2">       <p align="justify"><font face="Arial">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &quot;L'colier qui noircissait ses cahiers        en se bourrant de lectures s'appelait Friedrich von Hardenberg, fils d'un        pre sinistre, bigot protestant, frre d'une kyrielle de frres et soeurs.        Novalis est quelqu'un d'autre, et qui mourut dans un sourire&quot;</font></td>     </tr>     <tr>       <td width="67%" colspan="2">       <p align="justify"><font face="Arial">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &quot;Novalis, o je me baigne        comme dans une jouvence, oui, je puis vous expliquer pourquoi je ne l'ai        pas pris en grippe : les autres, je les ai uss parce qu'ils avaient un        terme assez court, qui ne rsiste pas  une pntration consciencieuse.        Avec lui, c'est tout le contraire : vraies ou fausses, belles ou laides,        ineptes ou sduisantes, ses phrases et peu importe comment dbouchent sur        l'infini - un infini un peu vague parfois, mais vivant, palpitant, rempli        de confidences&quot; </font></td>     </tr>     <tr>       <td width="100%" bordercolor="#000000" colspan="3">       <p align="right"><font face="Arial" size="2">Lettre  Cioran,</font>       <font size="2" face="Arial">5 avril 1970</font></td>     </tr>     <tr>       <td width="33%" bordercolor="#000000">       <p align="right"><font face="Arial" size="2">Retour  <a href="novalis.htm">       Novalis</a></font></td>       <td width="33%"><font face="Arial" size="2"><a href="guerne2.htm">Autres        documents</a></font></td>       <td width="34%"><font face="Arial" size="2">Voir aussi       <a href="surnovalis1.htm">A         propos de Novalis</a></font></td>     </tr>     </table>   </center> </div>  </body>  </html> 
