<HTML> <HEAD> <TITLE>KALON4</TITLE> </HEAD> <BODY BACKGROUND="k04fond.jpg" BGPROPERTIES=FIXED BGCOLOR="#ffffff" TEXT="#000000" LINK="#ff0000" VLINK="#ff8080" ALINK="#ff0000"> <TABLE BORDER="0"Width=100%> <TR> <TD><A HREF="mailto:aspexpl@noos.fr?subject=Kalon"><IMG SRC="ecraut.gif" Height=64 Width=64 border=0></A></TD> <TD><CENTER><A HREF="kalonbrw.htm"><IMG SRC="avkalon.gif" Height=64 Width=256 border=0></A></CENTER></TD> <TD><A HREF="sous.htm"><IMG SRC="pageaut.gif" ALIGN="Right" Height=64 Width=64 border=0></A></TD> </TR> </TABLE> <BR><BR><BR> <CENTER><FONT SIZE="3" FACE="Verdana"><FONT COLOR=#0000ff><B>A</B></FONT>sp <FONT COLOR=#0000ff><B>E</B></FONT>xplorer prsente</FONT></CENTER><BR><BR> <TABLE BORDER=0> <TR> <TD WIDTH="40%" ALIGN="center"><FONT SIZE="5" FACE="Verdana">KALON IV<FONT SIZE="3"></FONT> </FONT></TD> <TD WIDTH="60%"> <FONT SIZE="1" FACE="Verdana"> <DIV align="justify">Oui, vous avez bien lu, il est ici question d'un dragon! Et pas un vague lzard peinturlur, ni un quelconque varan puant de la gueule, non non, un vrai dragon comme dans les films! Une occasion en or pour se faire mousser, que nos amis ne manqueront certainement pas.</DIV> </FONT> </TD> </TR> </TABLE> <BR><BR> <P> <FONT FACE="Verdana"> <CENTER><FONT SIZE="7" FACE="Desdemona, Verdana"><U>KALON ET LE DRAGON DE MESHEN</U></FONT><BR> <P> <P> <P> <FONT SIZE="-1">ou</FONT><BR> <P> <P> <P> La vengeance du fils maudit<BR> <P> <P> Les quatrains sont extraits de :<BR> <P> <FONT SIZE="+1">LA GESTE BORNERIENNE</FONT><BR> par Kalon Les Rudis.<BR> <I><FONT SIZE="-1">(dit aux Nouvelles Runes Fantasmagoriques)</FONT></I><BR> </CENTER><P> <P> <FONT FACE="Arial Black" SIZE=2> <DIV ALIGN="justify"> <B><U><FONT SIZE="+1">I ) O l'on narre brivement ce qui s'est produit depuis le dernier pisode.<BR></FONT></U></B> <P> <DIV ALIGN=Right><I><FONT FACE="Brush Script MT" SIZE=+1>Dans les livres savants, l'un chercha le savoir,<BR> Une autre  l'tranger eut richesse et pouvoir,<BR> Le dernier sur la mer connut bien des dboires,<BR> Mais tous trois en leur coeur trouvrent cela rasoir. </FONT><BR></I></DIV> <P> Suite  l'affaire de Bantosoz, o Sook la sorcire sombre, Melgo le voleur Pthaths et Kalon le guerrier barbare avaient affront un redoutable ver sorcier et djou les vilenies sans nom d'un organisateur de spectacles peu scrupuleux, qu'ils avaient du reste laiss partir  l'issue de l'aventure, nos hros s'taient dirigs vers les ports de la cte Malachienne orientale pour y changer leurs titres bancaires et dpenser leur fortune, qui se montait au total , disons, de quoi se payer un petit royaume coquet avec paysans corvables  merci, champs pleins de coquelicots, villages bucoliques et chteaux forts dgoulinants de merlons et de mchicoulis. Mais si le partage n'avait pas pos de problme, chacun semblait tenir  sa manire de dpenser sa part et surtout, au lieu o la dpense aurait lieu. Les trois aventuriers considrablement riches se querellrent donc et dcidrent de se sparer  Samryn, un grand port au sud de la Malachie.<BR> Kalon tait parti vers l'ouest, avec son Excutrice. Il prtendit plus tard avoir rejoint son septentrion natal et avoir longuement chevauch, le faucon au poing, le vent dans ses cheveux, et s'y tre adonn  la tte d'une bande de farouches Kzakos<SUP><A HREF="#renvois">(1)</A></SUP>  de saines activits de plein air telles que meurtre, viol et pillage. Cependant d'autres virent un hommes lui ressemblant beaucoup - et il tait difficile de se tromper sur ce point - s'inscrire  l'universit de Gondole pour y apprendre  lire et  crire. On dit que durant cette priode, la vie universitaire fut anime. Les vnrables tomes de la non moins vnrable bibliothque de Gondole volrent bas en ces temps l, de mme que les bizuths, et nombreuses furent les mufles et grandes furent les fornications,  telle enseigne que bien des gnrations plus tard,  chaque fin de premier trimestre, une petite crmonie tait encore organise pour commmorer dans le recueillement et la dignit les hauts faits de cet tudiant hors du commun : la Grande Kalorgie.<BR> Sook avait pris le premier navire en direction des cits Balnaises pour se rendre  Dhbrox, petite ville paradisiaque o les mages, leurs familles et leurs esclaves taient les seuls habilits  pntrer. Elle esprait bien s'y tablir et suivre l'enseignement d'un ou deux vieux et sages matres, compulser quelques ouvrages savants et y accrotre encore sa puissance. Sook nota plus tard dans ses mmoires que le voyage fut morne et sans attrait. Il y eut pourtant un petit accrochage avec trois galres de flibustiers, mais tout rentra dans l'ordre car la premire prit feu, la seconde clata en morceaux sans raison apparente et la troisime avala son quipage avant de migrer vers le sud  la recherche d'un hypothtique partenaire sexuel. Ces incidents convainquirent le capitaine du navire marchand, un homme avis, qu'il serait peut-tre de mauvaise politique de vendre la jeune fille au march aux esclaves, comme il l'avait tout d'abord pens. Donc elle arriva sans encombre au port, traversa la campagne Balnaise dont la vision enchanteresse avait inspir la verve des troubadours les plus clbres<SUP><A HREF="#renvois">(2)</A></SUP> et parvint  son but, Dhbrox. Les mages Balnais voyaient gnralement d'un assez mauvais oeil qu'une femme cherche  tudier la sorcellerie. Passe encore que quelque paysanne vieille et laide se console de son clibat en nouant des aiguillettes et en poussant des cris au fond des bois, la nuit, pour faire peur aux loups, tout ceci n'avait pas grand rapport avec la vraie magie. Mais celle-ci avait l'air doue, dcide et dangereuse. Cependant, Sook parvint  briser bien des rticences en prsentant posment ses arguments aux plus grands matres de la ville, arguments qui taient en liquide et hors de vue des services fiscaux. Elle s'installa dans une villa coquette qu'elle appela " Mon Hrisson ", qu'elle bourra de piges en tous genres et elle y tint salon, nouant contact avec tout ce que Dhbrox comptait de personnalits. Elle prit aussi des parts dans plusieurs compagnies marchandes Balnaises, ce qui lui assura une rente des plus confortables. Ainsi grandit-elle en influence, en richesse et surtout en pouvoir mystique.<BR> Melgo, enfin, avait ressenti l'appel du large et avait acquis un fort navire  voile et  rames, pour lequel il avait embauch un quipage pittoresque et bigarr. Il comptait ainsi se livrer au "commerce" sur la mer Kaltienne. Cependant la mer est cruelle et le mtier de capitaine ne s'apprend pas en une traverse. C'est en tout cas la rflexion qu'il se fit aprs un incendie, un assaut contre une galre de guerre Pthaths dguise en nef marchande, une mutinerie, une pidmie, une attaque de serpent de mer, une tempte et un naufrage. Accroch  une barrique, il choua sur la cte Bardite o, quelque temps, il exera son vritable mtier avec art, ce qui lui valut rapidement une excellent rputation et une haute position dans la "confrrie des lames nocturnes de Kharas".<BR> Mais moins de deux ans aprs qu'ils se fussent spars, l'ennui commenait  leur peser  tous trois. Alors se rpandit la nouvelle qu' Estilia, la flotte Pthaths avait t coule par les Balnais confdrs et que les tats du nord-est de la mer Kaltienne, Balnais en tte, se prparaient  un dbarquement massif en Sphergie, dernire colonie de l'ancien empire, pour la librer. Les rcits de l'incommensurable richesse des cits Pthaths attisaient aussi bien des convoitises, notamment celles de multiples mercenaires. Kalon et Melgo ressortirent donc de la poussire leurs armes et leurs quipements, et Sook se joignit  une bande de mercenaires engags par les Balnais. Tous trois traversrent la mer  peu prs en mme temps et arrivrent au port de Meshen, non loin de la Sphergie, o se rassemblait la formidable horde nordique en vue de la campagne.<BR> <P> <B><U><FONT SIZE="+1">II ) O se retrouvent de vieux amis et se produisent divers vnements curieux.</FONT></U></B><BR> <P> <DIV ALIGN=Right><I><FONT FACE="Brush Script MT" SIZE=+1>Et tandis que la Bte incendie et dvaste<BR> D'une arme indolente les fortifications,<BR> Kalon, en une auberge se trouve une occasion<BR> De traiter quelques loups de mer de pdrastes. <BR></DIV></I></FONT> <P> La scne se passe dans le dsert. Trois hommes d'armes en uniformes chevauchent vers l'est. Je vous les dcrirais bien volontiers, vous donnant leurs noms, leurs biographies sommaires, leurs origines familiales, leurs intrts dans la vie, et tout ce genre de dtails qui font qu'un lecteur s'attache  des personnages. Mais comme vous l'allez pouvoir constater dans quelques instants, ce serait se donner bien du mal pour pas grand chose.<BR><BR> <B>Premier soldat</B> - Chef, pourquoi il fait si chaud dans ce pays chef?<BR> <B>Le chef</B> - C'est le dsert. Il fait toujours chaud dans le dsert.<BR> <B>Second soldat</B> - Chef, pourquoi les femmes d'ici ont-elles la peau plus fonce que les ntres?<BR> <B>Le chef</B> - Et bien, a doit les protger du soleil.<BR> <B>Premier soldat</B> - Chef, c'est quoi un mirage?<BR> <B>Le chef</B> - C'est une illusion cre par le soleil tapant sur le sable.<BR> <B>Second soldat</B> - Chef, a existe les dragons?<BR> <B>Le chef</B> - Non, c'est des contes de vieille bonne femme.<BR> <B>Premier soldat</B> - Alors a, c'est un mirage?<BR> <B>Le dragon</B> - NON.<BR> <B>Le chef</B> (hurlant et souillant son armure) - AAAHHHHHH UN DRAG....<BR> <B>Le dragon</B> (crachant le feu) - BRRAAAAATTTTTHHHHH!!!!<BR> <P> Kalon, qui s'tait fait embaucher au titre de mercenaire dans un rgiment malachien de la Horde Klistienne, fut appel ce matin-l dans la tente de son capitaine. Quelque peu intrigu, il pntra dans la pnombre de l'abri  la dcoration spartiate. Quelques officiers en grand uniforme, emplums et rutilants d'ors et de dcorations achetes - malgr la chaleur touffante - discutaient autour d'une carte de diverses options tactiques auxquelles l'Hborien ne comprenait bien sr pas grand-chose, mais tout de mme plus que les officiers eux-mmes, qui n'taient que de jeunes fils des nobles familles de la pninsule, certes enthousiastes et pleins d'allant, mais dont la comptence militaire tait lgrement infrieure  celle d'un corbeau crev, et l'exprience du combat se limitait  quelques engagements mineurs de figurines en mtaux lourds. Apparemment, certains n'avaient pas chapp aux mfaits du principal danger de ces guerres d'appartement, le saturnisme.<BR> Mais le capitaine Bolradz tait d'une autre trempe. Vtran de la guerre civile qui jusque l'anne prcdente avait oppos deux familles prtendantes au trne de Malachie, issu du rang, hros de mille obscures escarmouches, coutur de cicatrices qui l'avaient rendu prudent et assez cynique, son opinion intime tait qu'avec une telle bande d'incapables  la tte de l'arme, seul un extraordinaire tat de dcadence de la nation Pthaths pouvait sauver la campagne du dsastre total. Mais pour l'instant, une seule chose le proccupait.<BR> - Assieds-toi, barbare, nous avons  parler.<BR> Kalon rentra avec difficult son immense carrure dans la minuscule chaise pliable qui manifesta son dplaisir en un sinistre craquement de bois sec.<BR> - Je sais que jusqu'ici cette campagne est morne et que l'ennemi est encore bien loin, aussi j'ai dcid de te confier une des premires missions de cette guerre qui pourrait prsenter un danger.<BR> L'Hborien tendit l'oreille, intress par la perspective d'une bagarre bien sanglante. Les lieutenants pomponns firent de mme.<BR> - Voici l'affaire : j'ai envoy hier aprs-midi une patrouille dans les collines de Karth toutes proches, jusqu'au fortin de Beglen. Ils ne sont toujours pas rentrs. Je voudrais que tu trouves en ville un guide connaissant le dsert, digne de confiance et qui t'accompagnera dans les montagnes. Vous essaierez de les retrouver, eux ou leurs cadavres, et s'ils sont morts, vous tcherez de savoir pourquoi. Vous aurez vingt couronnes par tte d'ennemi que vous ramnerez, plus vingt autres chacun pour le dplacement.<BR> Kalon grogna en signe d'assentiment, se leva et fit mine de sortir.<BR> - Et puis, quand tu auras trouv ton homme, ramne-le moi ici que je le voie.<BR> Kalon grogna derechef, puis sortit, se dirigeant vers les remparts de Meshen. Un des jeunes officiers attendit prudemment qu'il fut hors de porte d'oue pour se plaindre auprs de son suprieur.<BR>  - Capitaine, je m'insurge! Pourquoi confiez-vous telle mission  un si vil faquin, un mercenaire, un barbare de la pire espce alors que mon pe, qui est  votre service, n'attend qu'un ordre de vous pour pourfendre l'ennemi?<BR> - D'Arbingeois a raison, renchrit un autre plein de morgue, quel besoin avez-vous de dpenser sans compter l'or du royaume alors que l'arme ne manque pas de solides et honntes gaillards de nos campagnes qui ne demandent qu' se faire tuer pour la couronne, et gratuitement encore?<BR> Le capitaine, encore plus constern que d'habitude, condescendit  s'expliquer en comptant sur ses doigts les points un, deux et trois de son expos.<BR> - Sachez qu'un soldat rgulier est toujours encombr d'une femme, d'une mre, d'une famille et de tout un village qui, lorsque l'homme se fait occire, se font une joie de rpandre parmi la populace l'ide que la dfaite de nos armes est proche. Il faut alors pour les calmer les couvrir d'or ou les faire fouetter. Inversement un mercenaire, surtout s'il est tranger, ne cote rien lorsqu'il meurt. Son cadavre pourrit sur place et c'est tout. Ca fait partie de son travail. En outre si l'un d'entre vous avait le malheur de se faire tuer avant mme la premire bataille, je gage qu'il ne se passerait pas longtemps avant que je n'entende parler de vos pres, mes gentils seigneurs. Enfin sachez qu'il n'est pas de coutume dans une arme civilise que les lieutenants contestassent les ordres des capitaines. Et maintenant sortez de ma tente, je suis las.<BR> Ainsi, penauds, sortirent les beltres.<BR> <P> La veille au soir, sur les remparts du fortin de Beglen. C'est l'heure de la revue.<BR> <B>Le chef</B> (beuglant)- Qu'est ce que c'est que cette tenue, soldat?<BR> <B>Le premier soldat</B> - Tenue chef?<BR> <B>Le chef</B> - On ne rpond pas  son suprieur. Heu'm'f'rez quat'jours.<BR> <B>Le premier soldat</B> - Oui chef!<BR> <B>Le chef</B> - Et vous, vous appelez a une lance bien aiguise?<BR> <B>Le second soldat</B> - Euhh...<BR> <B>Le chef</B> - WeuWeu... C'est n'importe quoi, psycho. Quatre!<BR> <B>Le second soldat</B> - Euhh...Oui chef!<BR> <B>Le chef</B> - Ah, mais quelle horreur, vous vous tes ras ce matin?<BR> <B>Le troisime soldat</B> - Oui chef!<BR> <B>Le chef</B> - On dirait pas. Quatre. (hurlant) AAAAHHHH!<BR> <B>Le second soldat</B> - Un problme chef?<BR> <B>Le dragon</B> - BRRAAAAATTTTTHHHHH!!!!<BR> <P> Il est bien connu, mme de Kalon, que si l'on cherche un employ pour une mission prilleuse, le meilleur moyen pour le trouver consiste  se rendre dans une auberge, de prfrence de catgorie 2, et d'y noncer le but et les dangers de l'entreprise, surtout les dangers d'ailleurs, tout en tapant plusieurs fois  la bourse bien remplie que l'on doit porter au ct. Ainsi fit notre hros. Il jeta son dvolu sur l'auberge dite " Le crne et les tibias runis", dans le quartier du port, qui se vantait d'tre le repaire des pires boucaniers de la mer Kaltienne. En tout cas le patron faisait tout pour attirer ce genre de clientle.<BR> Il fallait pour entrer descendre un escalier troit et raide pour se retrouver dans ce qui semblait tre un local  ordures. Puis on poussait une porte sans grce ni ornement particulier pour dboucher dans la salle. Le plafond tait fort bas, ses poutres hors d'ge rappelant les soutes d'un navire, dont elles provenaient probablement. La pauvre lumire de l'endroit, qui manait essentiellement de luminaires improviss  partir de flotteurs de filets de pche en verre sale, n'arrivait pas  percer l'paisse fume qui tenait lieu d'atmosphre. Le mobilier donnait un surprenant aperu de ce qu'un habile artisan pouvait faire avec des barriques, des tonnelets, quelques planches de bois flott et des mtres de vieux filins rforms. De petits boxes privatifs taient symboliss par d'anciens voilages, si imprgns de sel que mme ici ils n'arrivaient pas  moisir, pendant du plafond et faisant office de cloisons. Mais l'ensemble tait agenc de faon  ce que de toute la salle on puisse par temps clair admirer une petite scne, construite  l'aide des matriaux ci-dessus mumrs. Kalon s'y dirigea sans hsiter, ni accorder trop d'attention aux mines des clients, qui donnaient une profondeur nouvelle  l'adjectif " patibulaire ". Il y monta d'un bond athltique et s'adressa  la foule, faisant pour l'occasion montre d'une loquence peu commune :<BR> - Je veux un guide qui connat le dsert. Vingt pices d'or (il en montra une tire de sa bourse), plus dix par ennemi mort, pour aller  Beglen avec moi et en revenir. <BR> Il ponctua sa dclaration par un vigoureux secouage de bourse. Il scruta la salle, son regard pntrant se posant longuement sur chacun des ruffians qui hantaient le lieu, comme pour les dfier. Cela dura un bon moment. Aucun ne se leva.<BR> - Vous tes faibles. Vous tes des invertis. Vous tes des femmes. J'ai connu des femmes qui avait plus de testicules que vous tous runis. Vos organes gnitaux sont atrophis<SUP><A HREF="#renvois">(3)</A></SUP>.<BR> Un marin borgne, gras et thylique fit mine de se lever pour chercher noise  Kalon, mais ses compagnons le retinrent  temps. Finalement, l'Hborien vit qu'il n'y avait rien  tirer de ces poltrons et se dirigea vers la sortie. Mais surgissant d'un recoin particulirement sombre et enfum de la taverne, une main se posa sur son paule et une voix familire, douce et un brin moqueuse se fit entendre.<BR> - Je suis ton homme, Kalon.<BR> - Melgo!<BR> Une virile accolade s'ensuivit qui resta dans les annales de l'osthopathie. Ils se dirigrent ensuite vers la table du voleur, opportunment situe  l'cart des oreilles indiscrtes.<BR> - Qu'est-ce que tu es devenu depuis toutes ces annes? Je suppose que tu as tran ton pe dans toutes les batailles des terres du Septentrion, tel que je te connais? Je vois que tu as toujours ton Eventreuse!<BR> - Etrangleuse.<BR> - Etrangleuse, Eventreuse, peu importe. Ah, tu te souviens de l'le du Dieu Fou? Et notre fuite de Galdamas, les ttes ont vol bas ce soir l. Et le bordel qu'on a mis  Achs, il parat que toute la ville a brl tu sais? Au fait, as-tu eu des nouvelle de Sook? Je me fais un peu de souci pour cette peste.<BR> - Pas vu petite Sook.<BR> - Oh. Dommage. Et c'est quoi cette mission?<BR> - Une patrouille a disparu. Il faut la retrouver.<BR> - Tu travailles pour quelle arme?<BR> - Malachie.<BR> - Ah.<BR> Melgo avait eu le loisir d'apprcier la valeur de l'arme Malachienne, et rejoignait l'avis de Kalon et de Bolradz  ce sujet. Kalon, aprs une longue rflexion, demanda :<BR> - Tu connais le dsert, toi?<BR> - Je suis Pthaths, lui rpondit le voleur, main sur le coeur, avec une fiert non feinte.<BR> - Et alors?<BR> - Mme le plus mdiocre vieillard intellectuel ttraplgique asthmatique bourgeois de Pthath distancerait dans le Nal le meilleur des pisteurs de ton arme malachienne, et sans s'essouffler encore. On n'y peut rien, c'est dans la race, du sable coule dans nos veines. En outre dans mon jeune temps, j'ai attaqu plus d'une caravane, je crois que je connais bien le dsert, mme selon les critres de mon peuple.<BR> - Ah. Allons voir le capitaine.<BR> <P> La veille au soir, sur la route, non loin du fortin de Beglen, un petit dtachement d'intendance apporte le ravitaillement pour la garnison.<BR> <B>Le soldat</B> - Vous avez vu chef?<BR> <B>Le chef</B> - Ah oui. Impressionnant.<BR> <B>Le soldat</B> - Il met le feu partout.<BR> <B>Le chef</B> - Tu penses, une palissade en cdre, sche au soleil du dsert pendant des annes, a brle bien.<BR> <B>Le soldat</B> - Mais c'est quoi ce...<BR> <B>Le chef</B> - Et bien ma foi, si c'est pas un dragon, c'est bien imit, soldat. Regarde comme il bat des ailes, c'est gracieux. Je trouve.<BR> <B>Le soldat</B> - Mais qu'est-ce qu'il fait avec sa gueule?<BR> <B>Le chef</B> - Il a l'air de mastiquer quelque-chose. Ou quelqu'un. D'ici, je dirais que c'est le chef Sargonte. Gros morceau Sargonte. Vois comme il secoue la tte, on dirait qu'il s'est pris la cotte de maille dans les dents.<BR> <B>Le soldat</B> - Il faudrait peut-tre qu'on y aille?<BR> <B>Le chef</B> (soupirant et faisant faire demi-tour  sa monture) - Tout juste petit, allons-y.<BR> <B>Le soldat</B> - Euh chef...<BR> <B>Le chef</B> - Oui?<BR> <B>Le soldat</B> - On ne va pas leur porter secours?<BR> <B>Le chef</B> (constern) - Dis-moi petit, tu es dans l'arme depuis combien de temps?<BR> <B>Le soldat</B> - Trois mois chef. Et demi.<BR> <B>Le chef</B> - Et bien quand tu auras vingt ans de service comme moi, tu comprendras combien en certaines circonstances un rapport crit en trois exemplaire avec tampon du commandant de compagnie peut devenir urgent. Surtout si tu veux fter tes quatre mois d'arme ailleurs que dans une panse. Maintenant tais-toi et galope.<BR> <P> Dans la tente du capitaine Bolradz, on s'activait. Voyant entrer Kalon, l'officier Malachien lui fit signe d'approcher. Aprs avoir considr Melgo, il en vint au fait.<BR>  - La situation a chang depuis tout  l'heure, on vient de me transmettre un rapport, remarquable d'ailleurs, sur un vnement ayant eu lieu dans les collines de Karth. Tout porte  croire qu'un dragon, ou une autre bte y ressemblant beaucoup, a attaqu et dtruit le fortin de Beglen hier au soir, et massacr toute la garnison. La patrouille qui n'est pas revenue, hier, a probablement rencontr le monstre en chemin. C'est ma compagnie qui a t charge de son radication.<BR> Melgo rpliqua prcipitemment :<BR> - Flicitations. Maintenant le mystre est clairci. Au revoir capitaine, et puisse Romani Bz<SUP><A HREF="#renvois">(4)</A></SUP> sourire  vos armes. Viens Kalon, nous avons tant de souvenirs  nous raconter...<BR> - Hum. C'est  dire que, en fait, je comptais un peu sur vous deux pour vous occuper du dragon.<BR> - Je suppose que par " dragon " vous entendez " reptile gant ail crachant le feu ".<BR> - Oui, c'est  peu prs la description qu'on m'en a faite.<BR> - Ah. Tu viens Kalon?<BR> - Bien sr, reprit le capitaine, la compensation financire serait  la mesure du service rendu  l'arme.<BR> - Gnial. Le bonjour  votre dame.<BR> - Sans parler du trsor du dragon.<BR> - ...<BR> - Vous n'ignorez pas que tous les dragons ont dans leur tanire un important trsor de pierres prcieuses et de joyaux divers, car ces cratures sont invariablement cupides. Je gage qu'au vu de la taille qu'on m'a dcrite, ce ver-ci doit dormir sur une montagne d'or.<BR> - Ah?<BR> - Butin qui bien sr vous reviendrait.<BR> - Mais vous savez, je prfrerais tre vivant pour en profiter. La chasse au dragon est une affaire dlicate,  deux, nous n'aurons mme pas la satisfaction de lui caler l'estomac. Il nous faudrait du personnel, du matriel, des spcialistes...<BR> - Vous serez accompagns d'une troupe de mercenaires Balnais mise  mon service pour cette mission. Des hommes d'exprience. Ils sont accompagns (sourire satisfait du capitaine, qui avait prpar son annonce) d'un sorcier. (Melgo eut soudain comme un lger pressentiment.) Pour tre prcis, c'est une sorcire. (Melgo eut alors un gros pressentiment.) Mais que son sexe et son jeune ge ne troublent pas votre jugement, on me l'a prsente comme tant fort habile et ayant dj chass divers monstres avec une grande efficacit.<BR> - Une petite rousse myope au caractre de cochon ?<BR> - C'est cela mme, vous l'avez donc dj rencontre ?<BR> - C'est une longue histoire, mais il est vrai qu'elle est fort capable. Je me demande quand mme pourquoi elle s'est embarque dans cette guerre.<BR> - Quoiqu'il en soit, elle vous attend avec ses mercenaires Balnais sous la tour de garde sud. Y serez-vous?<BR> Melgo observa son compagnon, qui visiblement pensait  tout autre chose, pesa le pour et le contre, et finalement en vint  considrer le fait qu'il s'tait engag dans cette histoire pour chercher l'aventure et qu'elle se prsentait enfin  lui aprs une morne traverse et quelques semaines d'ennui mortel. Il se dit aussi que jusqu' prsent Sook et Kalon lui avaient plutt port chance, et comme il tait superstitieux, la chose tait importante.<BR> - Sus au dragon!<BR> - Je ne vous en demande pas tant, tuez-le, a suffira bien.<BR> Ainsi se reforma cette compagnie de sinistre rputation qui un temps avait cum le continent Klisto, et s'apprtait maintenant  mettre  sac le continent mridional.<BR> La scne des retrouvailles ne prsentant pas d'intrt particulier, je vais en profiter pour vous parler un peu du monde de Kalon.<BR> <P> <B><U><FONT SIZE="+1">III ) O l'on discute histoire et gographie, interrogation la semaine prochaine.<BR></FONT></U></B> <P> <DIV ALIGN=Right><I><FONT FACE="Brush Script MT" SIZE=+1>Il n'y a pas grand-chose  dire sur ce chapitre<BR> Et trahi par ma muse, en panne d'inspiration,<BR> Je ne puis que saisir au passage l'occasion<BR> De placer derechef le nom commun " bltre ".<BR></FONT></I></DIV> <P> Car je m'aperois maintenant avec confusion que je ne vous ai point encore dcrit l'univers dans lequel voluent nos hros; c'est un oubli qu'il convient de combler dans les dlais les plus brefs.<BR> Le monde connu est divis en deux continents, au nord le Klisto, et au sud le continent appel mridional par les civilisations du nord, mais qui porte en fait bien des noms. Entre les deux s'tend la capricieuse mer Kaltienne. Le continent Klisto est lui-mme divis en deux parties par les hautes montagnes du Portalan, au nord se trouve le Septentrion au climat glacial, rgion de steppe, de glaciers et de forts profondes, qui forme l'interminable bassin du fleuve Argatha. Ce bassin est clos au nord et  l'est par le Bouclier des Dieux, montagnes impntrables en raison de leur escarpement, des vents infernaux qui les balayent en permanence et surtout des peuplades de montagnards dgnrs et brutaux<SUP><A HREF="#renvois">(5)</A></SUP> qui y vivent, dont les plus tristement clbres sont les Tribus Masques de Blov, descendants autoproclams des derniers survivants de l'Empire d'Or.<BR> Les peuples septentrionaux les plus isols, prs des sources du grand fleuve, sont des barbares nomades solides et farouches,  l'me bien trempe et aux muscles puissants. Ils nomment leur pays Hboria et se considrent comme des frres, bien qu' la vrit il ne se trouve pas deux Hboriens pour parler exactement la mme langue - pour ceux qui en parlent une - et qu'en outre ils passent leur temps  s'entre-dchirer pour d'obscures vendettas claniques dont, le plus souvent, le sujet a t oubli quelque part dans la brume des sicles. Notre ami Kalon est un citoyen assez typique d'Hboria. Notons qu'une lgende hborienne fait de leur peuple les descendants directs de ceux qui, des millnaires plus tt, avaient fui Shadizaar, la dernire des sept cits maudites de l'Empire d'Or. Lorsque l'on descend le cours de l'Argatha, on constate que les villages de tentes des nomades se font plus rares, cdant imperceptiblement la place aux huttes de terre battue, puis aux isbas maladroites de peuples convertis depuis peu  un semblant de fodalisme. La seule cit importante de la rgion, Baentcher la prodigieuse, protge derrire sa double enceinte les trsors accumuls par ses marchands et ses seigneurs depuis sa fondation trois sicles plus tt. Elle contrle en effet le passage des caravanes au travers de la Fente de Dn-Molzdar, la seule route - par ailleurs prilleuse - permettant de franchir le Portolan sans faire un trs long dtour par l'extrme occident. Mais continuons notre voyage vers l'ouest le long du fleuve, et notons au passage qu'apparaissent les premires cits fortifies, tandis que le climat se fait moins rude et les royaumes un peu plus solides.<BR> L'ouest du Septentrion est peupl d'anciens barbares convertis depuis quelques gnrations  la vie sdentaire; ils prsentent donc un abord civilis, mais le voyageur aurait tort de les considrer autrement que comme de sombres brutes  peine sortis de leur fort et faisant semblant d'avoir des manires et de l'ducation. Ces contres sont le lieu de guerres sans fin et sans intrt. A l'extrme ouest on trouve une vaste pninsule montagneuse plongeant dans l'Ocan Insoumis, le royaume de Khneb. Lui aussi est peupl d'anciens barbares rcemment convertis aux joies de la civilisation marchande, mais eux ont su mettre pleinement  profit leur art ancestral de la construction navale et de la navigation pour faire un commerce fructueux le long de l'Ocan et mme sur la Kaltienne, ce qui leur valut une prosprit que bien des peuples leur envient mais que peu leur disputent, car ils sont aussi bons guerriers que marins. Ainsi lorsqu'ils en viennent  se vanter d'tre les derniers descendants des hommes de l'Empire d'Or, nul ne songe  venir les contredire.<BR> Continuons vers le sud et contemplons le navrant spectacle des provinces de Shegann, puissantes baronnies d'un royaume sans roi ni couronne ni autorit centrale d'aucune sorte, chacun des barons se proclamant souverain de cet tat qui s'il existait rellement, serait sans doute le plus vaste du continent. De ce pays ravag par des guerres endmiques, seule la puissante citadelle d'Achs, derrire ses imprenables remparts, peut se vanter d'avoir un gouvernement stable et une conomie normale, le clerg qui tient la ville d'une main de fer dans un gant d'acier ayant mme profit de l'immense incendie qui rcemment a ravag ses quartiers pour affermir encore son pouvoir et lancer une grande politique de " rnovation immobilire ". Les prtres de Prablop se targuent d'tre les derniers  possder les secrets perdus et innommables de l'Empire d'Or, que leur ont transmis leurs anctres, Ceux de Shadizaar. Plus au sud, par del les montagnes Barkouch, considrons le royaume de Malachie, se relevant d'une sanglante et longue guerre civile qui vit s'affronter deux nobles maisons pour rgler un problme de succession au trne, problme qui fut rsolu par un mariage. On objectera que cent-soixante mille morts pour un mariage, a fait cher du grain de riz, mais aprs tout, l'ge Bornrien n'a jamais t connu pour la douceur de ses moeurs. Les deux maisons disent pouvoir faire remonter leur gnalogie jusqu'aux familles rgnantes de l'Empire d'Or.<BR> Remontons maintenant vers le nord, traversons de nouveau les monts Barkouch et dirigeons nous vers l'est. Jetons sans nous arrter un oeil dgot vers les baronnies ctires de Shegann, puis voyons ce qu'il en est des pays Balnais. Cette pninsule est compose de multiples petits royaumes, principauts et cits-tats aux coutumes pittoresques, jalouses de leurs particularismes et de leur indpendance. Elles se livrent entre elles  des guerres d'un genre spcial obissant  des rgles bien prcises. Les armes ne doivent tout d'abord comporter que des mercenaires, y compris dans les grades les plus levs. Les troupes mercenaires balnaises sont donc fort cohrentes, puissamment armes et bien entranes, gardez cela  l'esprit. Ensuite le pillage des rgions conquises obit  des limitations trs strictes avec quota de pendaisons, viols, et tortures, tout dbordement tant soumis  une taxation assez svre, ceci afin d'viter que les campagnes ne se vidassent de leurs paysans, ce qui serait, d'aprs certains experts, dommageable aux rcoltes. Enfin le choix des champs de bataille fait l'objet d'une discussion pralable entre les gnraux belligrants et, si aucun consensus ne se dgage,  un vote des officiers suprieurs. Le non-respect des rgles susnommes, et de quelques autres, entranait la rprobation gnrale dans toute la pninsule, ce qui pouvait provoquer une baisse des changes commerciaux, donc une perte d'argent pour les bourgeois du pays dconsidr, ce qui est la meilleure faon de les faire se bien conduire. La noblesse et la bourgeoisie des pays Balnais sont fort cultives et raffines, ce qu'ils tiennent de leurs aeux, les derniers survivants de l'Empire d'Or.<BR> Mais continuons donc vers l'est, traversons la petite Mer des Cyclopes constelle d'les minuscules, nous voici maintenant au dessus des reliefs tourments du pays Bardite. Les Bardites, eux aussi diviss en de multiples petits tats, ne s'encombrent cependant pas des mmes prliminaires que leurs voisins Balnais, la guerre est d'ailleurs chez eux un acte sacr qu'ils accomplissent pieusement au nom des innombrables dieux qui protgent chacun une cit. L'hiver, bien sr, les batailles cessent un temps, et les chemins pierreux du pays se couvrent de chariots lourdement chargs, d'esclaves enchans et les mers se hrissent des mts de myriades de petites embarcations faisant du cabotage entre les villes. Il ne s'agit en gnral pas de commerce ordinaire, mais de ce qu'on appelle la "saison des tributs", durant laquelle s'changent les butins promis aux vainqueurs. Comme les pays Bardites se livrent des guerres incessantes depuis leur fondation par les derniers rescaps de Shadizaar, c'est  dire depuis des ons, et que chaque cit a t vaincue un grand nombre de fois, la somme cumule des butins que doit payer annuellement chaque petit tat  ses rivaux dpasse gnralement de loin ce que peut produire ledit tat en une anne, ce qui n'est pas bien grave car statistiquement, la cit ayant t victorieuse autant de fois, les butins reus quilibrent ceux qui sont dus. Il n'est ainsi pas rare qu'un roitelet se spare d'une prcieuse tenture au dbut de la saison et se la voie rendue par un autre de ses voisins alors qu'elle se termine.<BR> Toujours plus loin, formant le rivage est de la Kaltienne, voici les Contres d'Orient. On les dit pleines de mystres et de sortilges. D'un point de vue strictement ethno-gographique, on constatera simplement qu'il s'agit d'une zone aride o alternent dserts de sable et de roc, valles assches et montagnes acres, dans lesquelles vivotent des peuplades connues pour avoir la culture de la moule de bouchot et l'ouverture d'esprit du boeuf charolais, ce qui n'empche pas ces beltres, contre toute vidence, de se trouver des origines dans l'Empire d'Or. La traverse de ces contres tant difficile, dangereuse et sans intrt aucun du point de vue financier, on comprend que la rgion risque de rester mystrieuse assez longtemps. Quelques petits comptoirs dment fortifis, exploitant les rares ports naturels de la cte, tentent d'exporter la chtive production des paysans craintifs qui s'amassent sous leurs murs. Signalons que des rumeurs font tat de l'existence, bien loin vers l'est, de pays tranges et mythiques, de civilisations aux richesses matrielles et spirituelles sans nom, de cits plus vastes que tout ce que l'on connat, de monceaux d'or patiemment mris dans les entrailles de la terre. Mais rien n'est moins sr, et quiconque a de ses yeux vu les Contres d'Orient est fond  douter de la ralit de ces lgendes.<BR> C'est en se dirigeant vers le sud-ouest  travers le dsert que l'on dcouvre le large fleuve Sarthi, qui coule du sud au nord et fertilise de ses alluvions un large ruban de terre, comme un long serpent vert pos sur le dsert de sable. De toute ternit, en tout cas depuis la chute de l'Empire d'Or, vivent ici les Pthaths. Peuple ancien, parfois considr comme cruel, ils ont fond un empire parfaitement organis, aux castes sociales rigides, sur lequel rgne le descendant des dieux, le Pancrate, mais qui est en fait administr par les prtres qui ont la tche de se concilier les grces de nombreux dieux aux exigences souvent contradictoires, et surtout qui rpartissent les offrandes faites aux temples entre les fidles, ce qui leur confre un pouvoir majeur. Leur seul contre-pouvoir fut jadis celui des guildes de sorciers, runis en sectes sanguinaires, qui faillirent par leur ruse et leur sauvagerie liminer les clergs, le Pancrate et prendre le pouvoir. La guerre qui s'ensuivit fut si spectaculaire que peu de Pthaths peuvent l'voquer autrement qu' demi-mot, en frissonnant, bien que les faits remontent  cinq sicles et demie. Finalement les sectes sorcires furent extermines comme il convient et la pratique de la sorcellerie fut officiellement bannie de l'empire. Mais, min par la guerre, l'empire ne put se maintenir dans ses larges frontires - il couvrait alors la majeure partie du littoral Kaltien - et perdit, l'une aprs l'autre, toutes ses colonies. C'est ce qui explique en partie l'acharnement des Balnais, Bardites et Malachiens qui souhaitent, par la guerre et le pillage de l'empire, venger l'humiliation de leurs anctres vaincus. Les Pthaths sont souvent fort rudits et, dans les multiples coles de Thbin la capitale, on enseigne preuves  l'appui que l'Empire d'Or fut entirement rduit en poussires par une srie d'ruptions volcaniques, qu'il n'y eut aucun survivant, et que les nations qui se vantent d'en descendre sont en fait peuples de crtins congnitaux, ce qui ne fait que conforter le sentiment - universellement partag par toute la population - que le seul pays de la rgion qui ait une quelconque importance est bien le millnaire Empire de Pthath, et que les voisins ne sont que des barbares  peine sortis de l'ge de pierre.<BR> La majeure partie de l'empire est constitue par un dsert de sable, le Nal Proche, et si l'on longe le littoral vers l'ouest, on constate que seule la bande ctire prsente des signes de vie. Toute une srie de petits royaumes assez paisibles sont sagement poss au bord de la mer, enfils comme des perles sur un fil de soie, le plus proche de Pthath tant la Sphergie o se droule prsentement l'action. Au sud de cette bande,  l'ouest de Pthath, se trouve le Nal Mdian. C'est un dsert des plus atroces. Des montagnes de sable rouge, un vent mortel et omniprsent, des tempratures  vous frire la cervelle, bref un pays gorg de soleil aux senteurs exotiques dont le souvenir ne vous lchera pas jusqu' votre dernier jour, qui en gnral n'est pas trs loign si vous traversez la rgion. Par charit je vous pargne la faune locale, que l'on peut qualifier d'hostile si on a la litote hardie. Au centre du dsert se trouverait une montagne immense, terrifiante et sacre que les indignes - il y a en effet quelques hommes qui survivent dans cet environnement charmant - les indignes donc vnreraient comme tant le lieu, soit du sjour des Dieux Trs Anciens, soit de la Cit Perdue de Zharmilla-des-Sept-Piliers, soit du Puits Sans Fond des Ames Hurlantes de N'Kyan, voire des trois. Rares furent les expditions qui furent lances pour approcher cette montagne, encore plus rares celles dont un des membres revint en suffisamment bon tat pour raconter. Et encore plus rares sont ceux qui ont dpass la sinistre montagne pour pntrer dans ce que l'on appelle le Nal Profond, qui s'tend par del. Et bien sr aucun n'en est revenu, sous quelque forme que ce soit.<BR> Si l'on progresse vers le sud, on aperoit des frondaisons vertes  l'horizon et l'on se croit sauv. Erreur. Il s'agit de la Jungle Noire de Belen. Ses habitants, les farouches Themti, ont fait l'objet de nombreuses recherches et de dbats universitaires passionnants dont le principal sujet tait de savoir s'ils taient plus ou moins dangereux, sadiques et sauvages que les Tribus Masques de Blov. La question reste en suspens et ne semble pas faire l'objet d'une recherche exprimentale systmatique pour l'instant. J'ai dj voqu dans un prcdent rcit la faune et la flore de la Jungle Noire, je ne m'tendrais donc pas sur le sujet, disons seulement que ces cratures sont tout aussi dangereuses que leurs voisines du Nal, mais que, jungle oblige, elles se trouvent concentres sur une surface bien plus rduite.<BR> Enfin, formant la frontire sud de l'Empire de Pthath,  l'est de la jungle, on trouve un pays appel Barrad, " l'enfer du midi ", qui a la rputation d'tre encore plus mal frquent que les deux rgions susnommes, ce qui n'est pas un mince exploit. On prtend qu'une guerre de sorciers, ou de dieux, aurait maudit mille fois cette terre essentiellement constitue de montagnes, de volcans mergeant pniblement de marcages putrides, et que depuis des lgions de cratures hideuses, rsultats d'ignobles ncromancies, se mleraient  des hordes de mort-vivants en de titanesques batailles, obissant aveuglment  des ordres donns des millnaires plus tt par des thurgistes tombs en poussire depuis une ternit. La rgion est aussi infeste de dragons.<BR> Ce qui nous ramne opportunment  notre affaire.<BR> <P> <B><U><FONT SIZE="+1">IV ) O l'on traque le monstre, ce qui n'est pas bien dur.<BR></FONT></U></B> <P> <DIV ALIGN=Right><I><FONT FACE="Brush Script MT" SIZE=+1>A travers le cruelle tendue chevauchant,<BR> Sur leurs fiers destriers peinant et suant,<BR> Sans connatre ni peur, ni soleil crasant, <BR> Nos hros vont tuer le gros vilain mchant.<BR></FONT></I></DIV> <P> Donc,  la tte d'un fort parti<SUP><A HREF="#renvois">(6)</A></SUP> de mercenaires balnais, nos trois amis dment encapuchonns sur les conseils de Melgo quittrent le camp et s'enfonrent vers le sud, empruntant le chemin de mules qui serpentait entre les collines brles par le soleil, et arrivrent bientt  un dtour du chemin. Lorsque Kalon vit l'claireur se pencher sur le cot et rendre bruyemment  la nature ce qu'il lui avait emprunt au dernier repas, mais par un orifice non ddi  cet usage, il comprit que la patrouille de la veille avait t retrouve, mais en plusieurs morceaux. En effet la scne dsolante qui s'offrait  la vue soulevait le coeur : des trois malheureux gens d'arme il ne restait que trois ttes calcines avec leurs casques encore sur la tte, dj manges par les mouches, et des traces noires et collantes sur les rochers. Un Balnais, entre deux hoquets, s'cria :<BR> - Il faut donner une spulture dcente  ces malheureux!<BR> - Notre mission est urgente, mercenaire, lui rpondit Melgo. Si le dragon s'chappe par notre ngligence, il fera d'autres victimes. Laissons ces malheureux o ils se trouvent, sans doute dans la journe quelques-uns de leurs compagnons passeront-ils par ici et les enseveliront-ils comme il se doit. De toute manire, nous ne pouvons rien pour eux.<BR> - C'est pourtant vrai qu'ils ont mauvaise mine, nota Sook avec un grand sourire satisfait. La remarque, pour choquante qu'elle fut, n'en rchauffa pas moins les coeurs de l'Hborien et du Pthaths, bien aises de retrouver leur compagne gale  elle-mme.<BR> Ils allaient partir quand l'oeil acr de Melgo repra, dpassant du sable, le coin d'une tablette d'argile. Il descendit prestement de sa monture pour dgager l'objet et l'examiner. Il s'agissait en fait d'un fragment triangulaire, pais, d'un rouge vif indiquant une cuisson rcente. A sa surface taient graves de fines lignes entrelaces formant un rseau dans lequel le voleur, familier des critures exotiques, trouva une parent avec les sombres runes de Nabal, qui ornent de si vilaine faon la faade du temple trs ancien de Moraban, le dieu des crues, dans la ville de Lithion, qui marque traditionnellement la frontire mridionale de l'Empire de Pthath. La signification de ces runes est tombe dans l'oubli depuis longtemps. Melgo conserva cependant le fragment par devers lui, esprant qu'il lui serait utile plus tard. La troupe reprit alors son chemin, laissant les mouches  leur macabre festin.<BR> Il chevauchrent encore trois heures avant de se trouver face au fortin de Beglen. Ils n'eurent gure de mal  le reprer de loin, tant nombreuse tait la horde des oiseaux charognards qui l'enveloppait dans un tourbillon d'ailes grises. Perch  flanc de colline, il surplombait une sente muletire d'importance stratgique quasi-nulle pour l'arme d'invasion, et c'est essentiellement pour occuper les hommes qu'il avait t remis en tat aprs des dcennies d'entretien pisodique. La garnison comptait normalement une centaine d'hommes. Il semblait qu'un ouragan de fer et de feu s'tait abattu sur les fortes palissades de bois et sur les casernements, dont il ne restait que les fondations de pierre et quelques bches qui achevaient de se calciner. Des cadavres commenant  puer gisaient en tous lieux et en toutes positions, certains dmembrs, d'autres ventrs, mais la plupart simplement brls jusqu' l'os, dans toutes les positions. Certains avaient combattu  la lance,  l'pe ou  la hache, d'autres s'taient terrs au fond d'abris nafs, d'autres encore avaient pris arcs et frondes, d'autres enfin avaient fui. Tous avaient connu le mme sort. Cette scne de dsolation bouleversa les mes pourtant endurcies de nos hros,  l'exception de Sook qui, il est vrai, n'en avait qu'un aperu assez fragmentaire.<BR> Les cavaliers mirent pied  terre et commenrent  chercher, par terre, quelque indice leur indiquant le repaire du dragon. C'est un des Balnais qui trouva la deuxime fragment d'argile et qui l'apporta  Melgo. C'tait un morceau de la mme tablette, qui s'ajustait parfaitement avec le premier. Les lignes contournes se rejoignaient, se prolongeaient, formaient un motif harmonieux qui ne pouvait tre d au hasard.<BR> On creusa rapidement une fosse dans le sable, un peu  l'extrieur du camp, et on y ensevelit les malheureux soldats. Melgo, qui avait de la religion<SUP><A HREF="#renvois">(7)</A></SUP> , dit quelques mots mouvants. Il s'y entendait pour tirer des larmes de son auditoire. Il avait t quelques temps, dans sa jeunesse, novice de Bishturi, dieu de l'amiti et de la camaraderie virile, et serait probablement dj prtre si on ne l'avait pas surpris un soir dans sa cellule s'adonner en galante compagnie  un penchant coupable pour les amours htrosexuelles. Il avait nanmoins gard de cette poque de nombreux enseignements, et notamment sur la manire de berner un auditoire crdule, ce qui lui avait t par la suite fort utile dans l'exercice de sa profession.<BR> Aprs quoi la nuit commena a tomber, et on installa le camp au pied des fortifications calcines. Il n'y eut pas de chansons  boire, ni de rixe, ni de partie de ds. On se coucha tt, et le lendemain, on se leva tt. Melgo dcida de prendre la direction du sud-est, c'est  dire la plus dangereuse. Le voleur avait en effet remarqu que de nombreux bouts de bois et de cadavre  moiti brls formaient comme une trane dans cette direction, longue d'un bon kilomtre. La seule explication logique tait que le dragon, pour des raisons inconnues, avait pris ces dbris dans sa gueule et dans ses serres, et s'en tait dbarrass au cours de son vol. En tout cas la piste tait facile  suivre et Melgo en tait fort marri, car il ne pouvait gure briller par ses talents de pisteur.<BR> C'tait le petit matin et dj le dsert s'chauffait, en prlude  une journe torride. A perte de vue s'tendait la mer de sable ple, parseme d'ilts noirs de rochers aux formes dvores par les temptes. Au nord on devinait encore dans le lointain les douces et vertes collines du massif ctier, mais si l'on tournait son regard vers le sud, on contemplait le pays de la dssprance et de la mort, le Nal. Il s'accrochait pourtant une vie sur cette terre, une vie sauvage, impitoyable, quelques insectes, quelques mammifres fouisseurs, des oiseaux de proie, pour chacun le sang des autres tait le plus prcieux des trsors, gage de la survie d'un jour<SUP><A HREF="#renvois">(8)</A></SUP>. Les sens toujours en alerte malgr le peu d'agrment du voyage, Melgo aperut bientt dans le lointain une forme sombre et allonge.<BR> - Une caravane de marchands.<BR> Ses compagnons cherchrent du regard ce qu'il dsignait de son doigt. Pour le coup, le voleur tait content de son petit effet. Il continua.<BR> - Ils ont peut-tre vu ce que nous cherchons, rejoignons-les.<BR> La troupe obliqua donc vers le sud en direction du long chapelet de dromadaires lourdement chargs qui s'grenait vers le couchant. Arriv  deux portes de flches de l'homme de tte, Melgo fit signe de s'arreter. La vie tait rude dans le dsert, nombreux taient les pillards et c'est  juste titre que les chameliers taient mfiants. Il partit seul  leur rencontre. Conformment  la coutume, le chef de la caravane, reconnaissable  son turban bleu orn de fils d'or, tait en tte. Comme ses compagnons il portait une longue robe d'un blanc clatant dont un pan, rabattu sur son visage, cachait ses trait  la vue des trangers et aux rayons mortels de l'astre solaire. Melgo se mit  sa droite, paralllement  sa course,  dix pas de distance comme le voulait l'usage ancien. Il lui adressa ses salutations rituelles en ces termes :<BR> - Je te salue, noble fils du dsert, toi et ceux que tu conduis. Puissent t'tre doux les dieux du voyage, Xyf et Beamesh, et nombreuses les rcompenses qui t'attendent  ta destination. Je suis Malig de Thebin, fils de Nissim, Shebamath et Rassan, et c'est sans mauvaises intentions  ton endroit que je conduis ces soldats dans le dsert.<BR> - Je te salue Malig, enfant de Pthath. Que ta gourde soit pleine tout au long de ton chemin et que le vent t'pargne. Je suis Rassim de Kaloua, fils de Radiar, Omalk et Resbeth, je transporte le sel et l'toffe sur la route qu'avant moi ont emprunt mon pre, et son pre avant lui, pour la mme raison.<BR> - Je connais ta famille, il y eut un Omalk de Kaloua  la bataille de la Passe aux Faucons, qui s'est battu comme un lion des heures durant avant de succomber, le sabre  la main,  ses nombreuses blessures.<BR> - Celui-l tait mon oncle. Mais le rouge de la honte marque mon front car tu connais si bien ma famille et moi si peu la tienne.<BR> - Ma mre tait houri, ce sont ses frres que je t'ai cit car mon pre, je ne le connais pas. Les dieux n'ont pas voulu que je naisse dans une aussi bonne famille que la tienne.<BR> - Etc etc...<BR> Ces salutations gnalogiques durrent de longues minutes avant que les deux hommes n'en vinssent au fait.<BR> - Mes compagnons et moi-mme pistons sans relche un dragon. Il a caus bien des morts et bien des destructions et notre tche est d'abattre cette bte au plus vite. Peut-tre l'as-tu vu?<BR> - Pour mon malheur, oui. Ce matin, nous nous apprtions  nous mettre en route quand il a surgi de derrire une dune, rapide comme le vent de la tempte. Avant que nous n'ayons pu ragir, il avait saign deux chameaux. Mon fils an, Imbad, s'est interpos, il est jeune et courageux, mais pas trs avis. La bte de l'enfer l'a frapp de sa queue et il est tomb dans la poussire. C'est lui qui est attach sur le chameau l-bas, il ne s'est pas rveill depuis. Il ne saigne pas mais j'ai peur que l'intrieur de son corps ne soit dtruit, et j'ai peu d'espoir que nous arrivions  Meshen avant qu'il ne rende son dernier souffle. Maudite soit cette crature infecte (il cracha pour appuyer son propos).<BR> - Il y a une sorcire parmi nous, peut-tre connat-elle un sort de gurison. Je vais la chercher.<BR> L'homme resta impassible mais sa voix trahit un espoir soudain.<BR> - Si tu dis vrai, Malig de Thebin, alors toute la cte saura quel homme juste et bon tu es.<BR> Melgo galopa jusqu'au groupe et avisa sa compagne.<BR> - Il y a l-bas un homme, bless par le dragon, et qui se meurt...<BR> - Ah.<BR> - Il aurait bien besoin de tes talents de gurisseuse.<BR> - Mes quoi?<BR> - Talents de gurisseuse. Tu es bien ncromancienne non, tu dois connatre les sorts qui gurissent.<BR> - O es-tu all pcher une ide pareille? Je suis spcialise en dmonologie et en magie de bataille, je n'ai pas pour habitude d'apposer mes mains sur les pesteux malpropres et de gurir les crouelles dans les hpitaux au milieu des rats et des odeurs de vomi.<BR> - Tu n'as jamais appris ces sorts-l?<BR> - A vrai dire, la ncro-cu, a ne m'a jamais intresse. J'ai appris ces sorts, mais je n'tais pas trs bonne...<BR> - Ncro-cu?<BR> - Ncromancie curative. C'est la branche la plus chiante de la magie et celle qui rapporte le moins. C'est les blaireaux qui font ncro-cu.<BR> - J'ai donn ma parole  cet homme que tu soignerais son fils.<BR> - Oh, a va, je vais le soigner ton bdouin, mais viens pas te plaindre aprs si y claque.<BR> Et, passablement nerve, la sorcire sombre dirigea sa monture en direction de la caravane. Bon d'accord, dans la direction approximative de la caravane. Melgo lui indiqua le patient qui, en effet, tait mal en point. C'tait un garon d'une quinzaine d'annes, d'assez petite taille, aux traits dj creuss par la vie du dsert. Ils le descendirent de son chameau et l'tendirent sur le sable, les chameliers qui n'taient pas descendus de leurs btes avaient fait cercle autour d'eux. Sook sortit ses mains menues de sa broubaka<SUP><A HREF="#renvois">(9)</A></SUP> et prit dans sa besace une pince de Poudre de B'ntzrath, fabrique  partir des cendres de trois salamandres et deux crapauds brls sur un lit de sarments de vigne et de rameaux d'oliviers, cueillis par nuit de nouvelle lune avec une serpe d'argent<SUP><A HREF="#renvois">(10)</A></SUP>. Elle saupoudra le malheureux et murmura quelque formule cabalistique en agitant ses petits doigts au-dessus du corps inerte, puis elle joignit ses pouces et ses index de manire  former un triangle qui s'emplit aussitt d'une lueur bleue palpitante. Quelques serpentins lumineux, rsidus d'nergie magique, glissrent lentement autour de ses mains, qu'elle dplaa d'un mouvement coul au-dessus de son patient. Elle s'immobilisa  hauteur de ses reins.<BR> - Il a pris mal le gamin.<BR> - Tu peux le soigner?<BR> - Va savoir.<BR> La sorcire sortit de son sac un petit sachet contenant quelques drages de couleur marron, elle en mit une dans la bouche du jeune bdouin, posa une main sur son front, une autre sur son ventre et, levant la tte en direction du ciel, rejeta sa capuche en arrire, dcouvrant sa rousse et courte chevelure. De ses lvres entrouvertes s'chappa une invocation.<BR> <P> <I><FONT FACE="Comic Sans MS">" Ashoa bin aberetz alskader bealiar<BR> Ashoa shalik ibeniez<BR> Ashoa eliaziz esmonie nalba<BR> Ashoa shedifretti<BR> Ashoa abnalki bandakoutch. "<BR></FONT></I> <P> Ce qui, en langage Tchara, signifiait :<BR> <P> <I><FONT FACE="Comic Sans MS">" Un anneau pour rgner sur le monde<BR> Un anneau pour l'ancienne prophtie<BR> Un anneau pour les fils des dieux <BR> Un anneau pour les lier tous <BR> Un anneau  20,6 % pour la taxe sur la valeur ajoute. "<BR></FONT></I> <P> Le jeune homme et la jeune fille furent pris d'un spasme commun tandis que des clairs bleus passaient en silence d'un corps  l'autre sous les regards effars et craintifs des nomades superstitieux. Alors le calme revint. Elle se releva.<BR> - Il vivra. Qu'il se repose et qu'il mange bien.<BR> Sook s'aperut alors que le cercle des chameaux s'tait largi  mesure que les bdouins reculaient. Ils la considraient maintenant avec frayeur et,  la vrit, seule leur grande fiert de cavaliers du dsert, et peut-tre aussi le fait qu'ils taient paralyss par la peur, les empchait de fuir en hurlant dans la mer de sable.<BR> - Qu'est-ce qu'ils ont tes copains, ils ont jamais vu une sorcire?<BR> - Tu aurais d garder ta tte couverte, vois-tu, ces nomades sont trs superstitieux, et ils sont proches du peuple de Pthath. Or les lgendes de notre pays disent que les cheveux roux sont le signe du dmon.<BR> - Tu aurais pu me le dire.<BR> - Je pensais que tu le savais. Tu es ne  Pthath toi aussi.<BR> - Mon pre et moi avons quitt notre patrie quand j'tais un bb. Il m'a bien parl de Pthath, mais pas de cette histoire.<BR> - Pourquoi avait-il quitt l'empire?<BR> - Il ne me l'a jamais dit, peut-tre pour me protger.<BR> Cependant le chef caravanier, prudemment, s'tait approch, faisant manifestement un grand effort de volont.<BR> - Soyez remercis d'avoir soign mon fils, et que la protection divine vous accompagne dans votre qute. Maintenant que j'y songe, le dragon a laiss ceci aprs l'attaque, peut-tre cet objet vous sera-t-il d'un quelconque usage.<BR> Il tendit  Melgo, d'une main tremblante, un fragment de tablette d'argile tout semblable aux trois prcdents.<BR> - Il y a vers le sud un point de repre que tous les caravaniers connaissent, c'est le Piton Ecarlate, une montagne escarpe qui surplombe toutes les autres. Le dragon se dirigeait dans sa direction, que Xyf vous accompagne, que votre chemin soit pav de roses et toutes ces chose.<BR> Puis, aprs que le bless eut t attach  sa monture, la caravane s'branla  grande vitesse.<BR> - Bizarres ces gens, on va voir ce pic machin?<BR> - On n'a gure le choix.<BR> Melgo tait fort occup  remettre ensemble les morceaux de la tablette, qui tait maintenant complte. L'entrelac de glyphes cryptique semblait, par instant, anim d'une vie propre et dansait devant les yeux quand on le fixait trop longuement. Pas plus que prcdemment, la signification ne s'en faisait jour.<BR> La colonne reprit sa route vers le sud. Les chevaux, montures peu adaptes aux randonnes en rgion aride, peinaient autant que les hommes. En fin de journe, tandis qu'ils traversaient une zone de rocailles, la fatigue accumule retomba soudainement sur la troupe, engourdissant les esprits. C'est bien sr ce moment l que choisit le dragon pour frapper.<BR> <P> <B><U><FONT SIZE="+1">V ) O se dchaine la puissance du dragon.<BR></FONT></U></B> <P> <DIV ALIGN=Right><I><FONT FACE="Brush Script MT" SIZE=+1>La fureur du combat fit trembler les montagnes,<BR> Et les veuves nombreuses pleurrent leurs poux,<BR> Disparus  la guerre, gisant on ne sait o,<BR> En bref, pour tout dire il y eut de la castagne.<BR></FONT></I></DIV> <P> Il surgit par derrire, face au vent, volant au ras des dunes dans un silence hallucinant. Un coup de ses griffes atteignit un cheval, lui ouvrant le flanc et l'envoyant bouler avec son cavalier. Lorsque les autres soldats se retournrent, le spectacle saisissant qui s'offrait  eux les paralysa de terreur l'espace d'une seconde. Il ne s'agissait point, comme ils l'avaient espr, d'un de ces malheureux reptiles aux ailes atrophies qui se complaisent dans la fange gluante de marcages reculs, ni mme d'un jeune dragonneau chtif en qute de gloire et d'or, la bte qui rampait au dessus du sable tait, pour leur malheur, un Grand Ver, le monstre des lgendes ancestrales, la crature de l'apocalypse, le grand pourvoyeur des enfers, la frocit de la vie sauvage allie  la toute puissance des magies anciennes. Il tait long comme cinq chevaux, ses ailes d'une tendue prodigieuse obscurcissaient le ciel, son corps de lzard gant, sans cesse se lovant et se contournant dans l'air, tait parcouru de bandes jaunes et noires prenant naissance sur son mufle et se terminant  la pointe de sa queue garnie d'aiguillons barbels. Une crte d'pines courait sur son chine, de sa gueule garnie de crocs au tranchant lgendaire sortait par moments une langue interminable, rose et bifide. Ses petits yeux dors semblaient contempler plusieurs mondes  la fois. Ses quatre pattes se finissaient en griffes longues et noires, luisant comme le Styx sous la Lune. Les chevaux hennirent et se cabrrent dans la confusion la plus totale, la gueule bante du monstre plongea sur un deuxime Balnais, se referma sur lui dans un claquement sec, transperant son corps, le broyant. Ceux qui taient encore  cheval tirrent leurs arcs, les autres, mis  terre par leurs montures, cherchaient  fuir  quatre pattes, sans tenir le compte de leurs membres briss. L'un de ces fuyards fut la troisime victime de la furie destructrice, pitin sans piti. Alors seulement quatre archers entrrent en action. Leurs traits, faonns avec dextrit par les matres balnais et propulss par le redoutable arc court qui faisait la fiert de ces troupes mercenaires, fendirent les airs avec force. Las, ils ne purent pas mme se ficher dans le cuir pais du dragon, leurs pointes d'acier se brisrent sur les caille lustres du Ver sans lui causer de dommage. Un autre Balnais, faisant preuve d'un courage incroyable, chargea le monstre, sa lance dans la main gauche, son glaive dans la droite. Le dragon ne s'aperut de sa prsence que lorsque les deux armes se brisrent sur sa cuirasse chitineuse; son corps souple roula alors sur le ct, crasant d'un mme mouvement hros et monture sous des tonnes de muscles. Une deuxime vole de flches fut lance,  laquelle prirent part Kalon et Melgo, sans plus de succs que la premire. La bte parut alors reculer, et se coula vers un promontoire rocheux situ non loin. Melgo fut le premier  comprendre :<BR> - Il va cracher son souffle ardent, dispersez-vous!<BR> En effet le dragon, sa gueule grande ouverte et leve au ciel, gonflait son thorax, dcid  en finir. C'est alors que Sook, que tout le monde avait oubli, lan[C.L.1]a le sortilge qu'elle avait patiemment prpar. Ses mains avaient trac dans l'air brlant les trois dcagrammes rituels, sa bouche avait prononc les abjurations idoines, son corps entier s'tait charg de magie et maintenant, tendant sa main grande ouverte en direction de sa cible, qu'elle ne pouvait manquer en raison de sa taille, elle librait la puissance de l'clair. La dtonation dchira l'air, jetant  terre ceux qui n'y taient pas encore, et la lueur aveuglante frappa le monstre qui, de surprise ou de douleur, relacha dans un spasme toute la puissance de son souffle brlant. Les flammes se perdirent dans l'atmosphre comme un parapluie au dessus des aventuriers, inoffensives, et le Ver dgringola de l'autre ct du pic. Tous ceux qui taient valides lui courirent alors sus, escaladant les rocher  toute vitesse pour achever le terrible monstre, criant comme des possds pour venger leurs camarades tombs.<BR> Ils furent un peu dus.<BR> Car avant mme qu'ils ne contournent le roc, le mufle monstrueux du dragon se dressait devant eux,  quelques mtres, si proche qu'ils auraient presque pu la toucher. Le feu rougissait le fond de sa gorge et ses yeux, aux pupilles rondes  force d'tre dilates, exprimaient une colre qui n'tait pas de ce monde. Kalon, qui menait l'assaut, fut paralys de frayeur et ses compagnons touchrent le fond de la dtresse, tous surent intimement  cet instant qu'ils allaient mourir. Alors, le dragon parla. Sa voix semblait encore charge de flammes, elle roulait, basse et puissante, avec la force d'une avalanche de rochers.<BR> - AINSI DONC PARAIT DEVANT MOI UN ASSORTIMENT DE PIETRES HEROS LAS DE LA VIE, QUELLE FOLIE VOUS POUSSE DONC A ME CHERCHER QUERELLE ? VOS BRAS SONT FAIBLES ET VOS ARMES INADEQUATES, JE NE PUIS DECEMMENT VOUS AFFRONTER SANS ENSUITE ROUGIR DE HONTE DEVANT CEUX DE MA RACE. SACHEZ, TRISTES SIRES, QU'UN SORTILEGE ME PROTEGE CONTRE LES ARMES DES HOMMES ET QUE NUL NE POURRA M'OCCIRE QUI NE BRANDISSE DEVANT MOI LA LANCE D'OR DE SHIMESHTURI, QUI EST DANS LA TOMBE DE SHIMESHTURI LE GRAND PRETRE DU TEMPLE PERDU DE NAHASSIN. ET NUL NE POURRA ATTEINDRE LE TEMPLE PERDU QUI NE POSSEDE ET DECRYPTE LA TABLETTE DE SHANNASTRI, QUI EN INDIQUE LE CHEMIN. VOTRE ENTREPRISE EST DONC VOUEE A L'ECHEC, PITEUX AVENTURIERS. JE VOUS FAIS GRACE DE LA VIE, SACHEZ EN FAIRE BON USAGE. ADIEU.<BR> Et ainsi, soulevant de ses ailes d'impressionnantes quantits de poussires, s'envola le dragon.<BR> - T'ain, c'qu'y cause bien pour un drags! Nota Sook qui venait d'escalader l'minence.<BR> - Il disait quoi? Demanda Kalon, peu fru de vocabulaire dragonesque.<BR> - Il nous a traits de nuls. Rpondit Melgo.<BR> - Dis-moi Melgo, la tablette de Shanitruc, l, a serait pas celle que tu as trouv par hasard?<BR> Le voleur sortit les fragments et les assembla de nouveau. Bien sr qu'il s'agissait d'une carte, avait-il donc t aveugle tout ce temps? Les lignes indiquaient clairement les chanes de montagnes, les oueds et les ports de la cte, il suffisait de le savoir. Tout en haut de la tablette, le Beheth, le signe de la mort, une toile  sept branches inscrite dans deux cercles, indiquait sans l'ombre d'un doute le tombeau. Nanmoins il ne fit pas preuve d'un enthousiasme excessif.<BR> - Et aprs, vous vous souvenez o on a trouv les fragments? A chaque fois l o le dragon avait frapp. La seule explication logique est que c'est lui qui les a laisss pour qu'on les trouve. Et puis je ne pense pas que cette bte ait pu atteindre un ge respectable en clamant sur tous les toits o se trouve la seule arme capable de la tuer. Tout ceci indique qu'il nous envoie droit dans un pige, suis-je donc le seul  le voir?<BR> - Il nous a traits de nuls. Murmura Kalon.<BR> Le lieutenant qui commandait les Balnais, homme au sens du devoir dvelopp et  l'intelligence point trop encombrante - ce qui va gnralement de pair - intervint alors :<BR> - Messire Melgo, sachez que si vous comptez reculer devant l'ennemi, nous, soldats balnais, saurons nous comporter en hommes et faire face au danger. Donnez-nous la tablette, nous arriverons bien  trouver ce que nous cherchons.<BR> - Si c'est une mort rapide, effectivement, vous risquez d'avoir satisfaction. Vous venez compagnons, laissons ces gens  leur "devoir" et allons nous saouler  leur sant dans la plus proche taverne.<BR> - Il nous a vraiment traits de nuls? Demanda Kalon.<BR> - Oui. Tu viens?<BR> Alors le barbare mugit de fureur, brandit son Etrangleuse et, les traits empourprs par la rage, mit d'impressionantes quantits de jurons et maldictions  destination du dragon, fort heureusement son propos tait en hborien, idiome que nul ne pratiquait  porte de voix. Les mercenaires encore valides et en tat hurlrent de joie  l'unisson, tant ils taient heureux de voir l'enthousiasme du barbare.<BR> - Sook?<BR> - Ben, j'ai lu quelque part que certains organes de dragon pouvaient servir  divers sortilge marrants et j'ai toujours rv d'essayer, alors pour une fois...<BR> - Ah... fous que vous tes, la leon ne vous a donc pas profit? Allez donc prir dans les flammes si cela vous chante, les cendres de Melgo le voleur ne se mleront point aux vtres. Adieu.<BR> Et, tournant augustement casaque, il partit au galop en direction du nord.<BR> <P> Aprs cent mtres de course, il crut apercevoir devant lui, au loin, entre deux dunes, l'ombre de deux ailes membraneuses et d'un corps serpentiforme se contorsionnant au ras du sable. Il s'arrta, rflchit un instant, marmonna dans sa broubaka "meeeerde", puis retourna rejoindre ses compagnons.<BR> - Et le premier que je prend  rigoler, je le backstabbe!<BR> <P> <B><U><FONT SIZE="+1">VI ) O l'on narre un piteux assaut contre le Temple Perdu.<BR></FONT></U></B> <P> <DIV ALIGN=Right><I><FONT FACE="Brush Script MT" SIZE=+1>Ces pauvres paladins poursuivent leur chemin<BR> Avanant vers le Temple Perdu de Nahassin<BR> Suivant sans coup frir les plans du vil dragon<BR> Et prouvant par l mme qu'ils sont un peu cons.<BR></FONT></I></DIV> <P> Il y avait parmi les mercenaires quatre morts, deux autres avaient des membres briss et, ne pouvant se battre, prirent la direction du camp, emportant les cadavres de leurs compagnons. Le reste de la troupe se remit en route jusqu' la tombe de la nuit, laquelle se droula sans heurt. La journe du lendemain ne fut trouble que par l'apparition inopine d'un puits providentiel, auquel montures et cavaliers burent sans retenue. Puis, suivant les indications de la carte, ils pntrrent dans un dfil si troit que deux chevaux n'auraient pu s'y croiser de front, si escarp que le soleil ne le chauffait qu'une heure par jour tout au plus. Il faisait nuit lorsqu'ils dbouchrent dans un spectaculaire cirque rocheux, devant mesurer deux bonnes lieues de diamtre, dlimit par des artes acres de basalte brun et dont le centre tait occup par une vaste tendue de sable blanc. Ce lieu  la conformation si imposante avait d, jadis, beaucoup impressionner l'un de ces peuples mystrieux dont le souvenir s'tait perdu, et qui avait difi l un temple cyclopen aux multiples salles et aux colonnades interminables. Hlas le temps avait fait son oeuvre, les blocs de marbre de plusieurs tonnes formant les plafonds, placs  des hauteurs vertigineuses par quelque technique inconnue, gisaient depuis longtemps, pars, dans la poussire. Les orgueilleuses colonnes perdaient, sous l'assaut des temptes de sable, les glyphes mystrieux dont bientt il ne resterait que le souvenir. Cela faisait bien longtemps que le vent tait le seul visiteur du Temple Perdu de Nahassin. En tout cas il aurait d tre le seul.<BR> - Allons-y compagnons, hardi! Murmura le lieutenant Balnais, press d'en dcoudre.<BR> - J'espre que vous n'avez pas srieusement l'intention d'entrer dans un temple abandonn en pleine nuit.<BR> - Bien sr que si, l'obscurit complice nous drobera  la vue de gardiens ventuels.<BR> - Mais vous tes fou, il est fou, c'est un fou! Dites-lui vous autres qu'il est fou!<BR> - Allons Melgo, tu vois toujours tout en noir. De jour ou de nuit, quelle diffrence a peut faire? Il n'y a de toute faon plus me qui vive dans ce temple depuis des millnaires.<BR> - Et les mort-vivants, Sook, tu y penses? Je pensais qu'une sorcire aurait connaissance du fait que dans un temple perdu plein de tombes de gens morts, surtout la nuit, il n'est pas rare de trouver des mort-vivants. Plein. Avec les orbites creuses et les bras qui pendent et des serpents plein la bouche.<BR> - Superstition ridicule. Et quand bien mme, c'est pas trois skeus qui vont faire la loi.<BR> - Mondieumondieumondieu.<BR> - Bon, tu viens oui ou non?<BR> - Si a vous drange pas je prfrerais monter la garde auprs des chevaux, comme on dit.<BR> - Chochotte.<BR> Et huit petites silhouettes sombres s'loignrent  la queue-leu-leu sur le sable illumin des premiers rayons de lune, bien visibles  plusieurs kilomtres  la ronde, tandis que Melgo se mettait  l'abri dans un recoin rocheux avec les chevaux, attendant son heure.<BR> <P> Ils passrent respectueusement sous un porche monumental qui semblait encore rsister aux outrages du temps par miracle, et entrrent dans ce qui avait t une salle immense, dont ce soir les murs et les plafonds taient figurs par la tenture celeste constells d'toiles, surpassant de loin en splendeur tout ce que leurs btisseurs avaient pu prvoir  l'origine. Ils la traversrent, puis passrent dans une autre, encore plus grande, encore plus belle. Ecrass par la magnificence du lieu et par le silence surnaturel qui y rgnait, quelques-un se mirent alors  rflchir aux paroles de Melgo et un frisson inconscient leur parcourut l'chine. Mais rien ne se produisit. Ils atteignirent une troisime salle plus petite, encore dlimite par quelques pans de murs recouverts,  et l, de pltre. Tous l'ignoraient bien sr, mais c'tait le saint des saints, o jadis les prtres de Balgadis aux faces scarifies et aux crnes rass sacrifiaient  l'idole de leur dieu, non pas de jeunes vierges ou des nouveaux-ns, comme on aurait pu s'y attendre, mais de pleines amphores de zython<SUP><A HREF="#renvois">(11)</A></SUP>. Il y avait belle lurette que l'idole avait disparu, ainsi d'ailleurs que les amphores.<BR> Sook prit alors la parole.<BR> - Si quelqu'un a la moindre ide de o est la tombe, qu'il parle.<BR> Tous se regardrent en silence, puis un des mercenaire, plus observateur, dit:<BR> - J'ai cru voir des restes de mastabas, sur le ct du temple...<BR> - Merci, je ne fume pas.<BR> - Les mastabas sont des tombes.<BR> Sook eut alors l'air bien bte, ce qui l'nerva beaucoup. Ils escaladrent les boulis qui marquaient l'enceinte du temple et virent, alignes sur quatre rangs dans un ordre parfait, des dizaines et des dizaines de petites constructions basses et rectangulaires, certaines intactes, d'autres dont il ne restait que les traces des fondations, le tout s'tendant sur des dizaines d'hectares. L'une des tombes se singularisait cependant, par son tendue, nettement suprieure aux autres, et par sa position, au beau milier de l'alle. Elle semblait avoir beaucoup souffert du passage des sicles car il n'en restait, l encore, que quelques pans de murs.<BR> Le petit groupe d'intrpides pilleurs de tombe remonta donc l'alle, ils taient peu rassurs de se trouver dans un si ancien cimetire. Aucun bruit ne provenait du dsert, pourtant si plein de vie ds que le jour se termine, et, bas sur l'horizon, l'oeil malveillant de l'astre des nuits semblait attendre impatiemment quelque macabre spectacle. Il allait tre servi.<BR> Kalon tira brusquement son pe, et le groupe s'immobilisa. Il avait vu, dans les ruines du grand mastaba, un mouvement. Ptrifis, tous scrutrent les formes noires et menaantes. Un bruit se fit entendre, comme une pierre tombant dans le sable. Puis il y eut un autre mouvement, lent, sur la droite du monument mortuaire. Ce qui sortait ne se cachait pas. C'tait une haute silhouette humaine, enveloppe dans une broubaka sombre, marchant d'un pas raide en direction des aventuriers. Arriv  peu de distance, l'homme parla d'une voix fltrie, et pourtant nergique.<BR> - Je fus puissant parmi les puissants, nul n'osait prononcer mon nom, les rois tremblaient devant ma face, et pourtant voyez ma grande misre, voyez la vanit de toute gloire humaine, aujourd'hui mon royaume est de sable, et mes lgions gisent, oublies, dans des cnotaphes innombrables. Mme ma chair jadis si vigoureuse n'est plus que cadavre sec et froid que seuls meuvent encore ma volont et mes sortilges. Qui ose troubler le sommeil millnaire de Shimeshturi? Qui vient contempler le malheur du dernier Grand Prtre de Nahassin? Quelle est votre qute?<BR> - Dsol de ce qui vous arrive, m'sieur Shimeshturi, mais on cherche la lance d'or.<BR> - Tuer dragon, renchrit Kalon.<BR> - Quoi, encore, mais elle a de la suite dans les ides cette vieille carne. C'est le septime groupe d'aventuriers qu'elle m'envoie en dix ans!<BR> - Ah, on n'est pas les premiers? Demanda Sook, curieuse.<BR> - Pardi, depuis le temps, j'ai bien d expdier une centaine de vos collgues en tout.<BR> - Mais pourquoi?<BR> - Pour mourir je suppose, elle est - c'est une dragonne, si vous aviez pas remarqu - elle est frappe d'une maldiction qui l'empche de mourir de la main d'un mortel. Seule ma lance peut la tuer. C'est moi qui lui ai lanc sa maldiction, un jour o elle passait trop prs de mon temple, pour rigoler. Durant les premier millnaires elle n'a pas compris o je voulais en venir, mais maintenant, h h, elle se mord les doigts. Enfin, les griffes. Que je suis taquin. Je suppose qu'elle veut en finir avec la vie, pour des raisons qui ne regardent qu'elle, et se retrouver au paradis des dragons, si une telle chose existe. Mais pour avoir ma lance, elle peut toujours se brosser.<BR> - Oh, et je suppose que mme si on vous demande poliment...<BR> - Ben non. Je suis de toute faon forc de vous occire. J'en suis navr notez, mais j'ai une image de marque  conserver. Bon, il fait nuit, nous sommes dans un cimetire, que diriez-vous d'une petite Rsurrection des Lgions du Styx? Ca irait bien avec le dcor non?<BR> - Si tu crois que je vais me laisser faire tu te trompes, dit firement Sook, car je suis moi aussi sorcire et je lverai les mort-vivants avant toi!<BR> Puis elle ferma les yeux, leva les mains  la Lune, laissa couler le long de ses veines, jusqu' ses doigts dlicats, le fluide mystique, et commena  psalmodier l'incantation qu'elle avait en tte:<BR> <P> <I>" POM PU LI LU<BR> PIM PU LU<BR> PAM PUM POM<BR> POUVOIR MAGIQUE DU BATON DE CRISTAL<BR> TRANSFORME-MOI EN JOLIE PRINC... </I>ah merde je m'a gourre de formule "<BR> <P> - En effet, rtorqua la liche, morte de rire, la formule correcte est :<BR> <P> <I>" HETZAHR HALSCZOLXLITCH H'ALSLAMBLADRA PARLIABOR<BR> BNETZLRABLIOBRISHOU KRALS'MENIEEU VRRANKLANBZ<BR> HILLYRIA GRHOKUBITTH "<BR></I> <P> - Ah ouais, je m'en souviens maintenant!<BR> Le sable commena a crisser et  se soulever, dvoilnt membres et cages thoraciques dbarrasss depuis longtemps de toute chair, l'arme des trpasss se levait pour marcher sur les imprudents et les emporter parmi eux dans les tnbres d'un oubli sans retour. Partout se dressaient maintenant, par douzaines, les cadavres anims aux ttes de cauchemar, inclines, ricanantes, et rpondant  un ordre non prononc, ils avanaient obstinment.<BR> - Sook, on fait quoi? S'enquit Kalon, emptr dans les terreurs tribales de son enfance.<BR> - On s'arrache! Lui rpondit la jeune sorcire aprs un instant. Et elle mit illico son prcepte en application, suivie de l'Hborien et de trois Balnais conscients que la gloire tait chose que l'on n'apprcie qu' la condition d'tre vivant pour en profiter.<BR> - Lche, voyez comment combat un Bal...Arhgh!<BR> Ce furent les dernires paroles du vaillant lieutenant, que la mort emporta en mme temps que ses deux derniers fidles.<BR> <P> Ce n'est pas que les mort-vivants courrent spcialement vite, il est facile de les distancer, le problme, c'est surtout qu'ils ne se fatiguent pas et que donc, quelle que puisse tre la distance que vous leur preniez au dbut, ils vous rattrapperont fatalement aprs quelques heures d'une course harassante, et n'auront alors gure de mal  vous mettre en pice. C'est ce qui serait arriv  nos aventuriers si Melgo n'tait pas intervenu. Ayant observ la scne de ses yeux d'aigle, le voleur avait compris le danger et avait galop pour porter secours  ses amis. Les cinq rescaps de cette expdition sautrent avec soulagement sur leurs montures et,  grands renforts de bras d'honneur et de maldictions, salurent les non-morts avant de prendre cong. Ils sortirent du cirque de roc par l o ils taient entrs, soulags, et ne ralentirent l'allure que quand le dfil fut loin derrire eux. Cependant, malgr la fatigue, nul ne se montra dsireux de s'arrter pour bivouaquer aussi prs d'une si grande concentration d'ennemis surnaturels, ils chevauchrent donc un long moment,  assez vive allure, tout le reste de la nuit. Lorsque vint le jour, Sook s'approcha de Melgo et lui demanda :<BR> - Qu'est-ce qu'on va faire maintenant?<BR> - On rentre. J'ai su que cette affaire de dragon sentait mauvais ds que j'en ai entendu parler, maudite soit la cupidit qui m'a fait accepter cette mission. Vu l'tat de nos pertes, je ne pense pas qu'on nous en voudra beaucoup de revenir bredouilles. Il reste  esprer que le dragon nous oubliera un peu et nous laissera rentrer en paix.<BR> - FLAP FLAP FLAP, fit un bruit derrire.<BR> <P> <B><U><FONT SIZE="+1">VII ) O se dchaine, encore une fois, la puissance du dragon, a commence  bien faire.<BR></FONT></U></B> <P> <DIV ALIGN=Right><I><FONT FACE="Brush Script MT" SIZE=+1>A l'heure o ma main tremble et ma vue s'obscurcit,<BR> La vie me fuit  mesure que je deviens vieux,<BR> Mais en me relisant tantt je me suis dit,<BR> Que c'tait pas ce que j'avais crit de mieux.<BR></FONT></I></DIV> <P> <FONT SIZE="+1">- MESSIRES, LA PLACE M'EST AGREABLE A VOUS Y RENCONTRER DERECHEF. VOYANT VOTRE DIRECTION ET L'ETAT DE VOTRE EFFECTIF, JE DEDUIS QUE VOUS FUTES EN LE TEMPLE PERDU QUERIR LA LANCE D'OR. VOTRE OBSTINATION EST LOUABLE, VOS EFFORTS FURENT-ILS COURONNES DE SUCCES?</FONT><BR> Melgo, impressionn, rpondit:<BR> - Nullement sire dragon, nous trouvmes le Temple Perdu, mais nous connmes l'amertume de la dfaite et la perte de trois compagnons devant la liche Shimeshturi et ses lgions de mort-vivants. Nous ne rapportons avec nous que de vilaines blessures et le souvenir d'une nuit d'horreur.<BR> <FONT SIZE="+1">- SOYEZ MAUDITS VOUS ET CEUX DE VOTRE RACE. NE S'EN TROUVERA-T-IL AUCUN PARMI VOS PIETRES SEMBLABLES POUR ME PROCURER LE REPOS TANT ATTENDU, NE POURRAIS-JE JAMAIS REJOINDRE MON COMPAGNON DANS LES CIEUX DU GRAND VOL SANS FIN? SINGES RIDICULES, PREPAREZ-VOUS A PERIR.</FONT><BR> - Peut-tre pouvons-nous arriver  un compromis? Si je puis retourner  mon camp, je me fais fort de revenir bien vite  la tte d'un fort parti de rudes gaillards qui n'auront gure de mal  terrasser le grand prtre. Ensuite, grce  la lance, nous pourrons vous occire sans peine!<BR> <FONT SIZE="+1">- IL SUFFIT, IL NE SIED PAS A UN GRAND VER DE PERIR COMME UN QUELCONQUE GIBIER DE CHASSE A COURRE. IL CONVIENT QU'UN HEROS PUISSANT ET VIRIL SE BATTE SEUL, LA POITRINE NUE ET LES CHEVEUX AU VENT, NANTI D'UNE ARME IDOINE. TEL EST L'USAGE. VOUS PAIEREZ VOTRE INSULTE DE VOTRE SANG.<BR></FONT> Alors le dragon s'leva, poussant une longue plainte qui rsonna comme les tambours de l'apocalypse, et s'apprta  cracher le feu sur les hommes qui l'avaient tant du. Sook tira de son sac une flche d'argent finement ouvrage, au bois grav de runes rouges, et, branlant les forces intrieures qui faisaient d'elle une sorcire, enchanta le projectile qui se souleva dans une dbauche d'clairs bleus et blancs. Il parut se fondre dans un rseau iridescent formant une sphre qui atteignit bientt les trois pieds de diamtre, s'levant encore dans l'air, soudain la jeune sorcire fit un geste sec en direction du reptile qui s'apprtait  mettre son haleine de mort. La sphre se dsagrgea alors et une nue de projectiles indistincts se rurent sur le ver. Beaucoup le manqurent, mais il s'en trouva suffisemment pour l'atteindre et lui causer une grande souffrance, si bien que de nouveau, son souffle de feu se perdit dans l'air, rtissant au passage une innocente famille de vautours qui passaient par l. Le dragon retomba au loin, hors de vue. Mais cette fois, personne n'eut l'ide de le poursuivre.<BR> - Dispersons-nous, cria Melgo, peut-tre certains d'entre nous pourront-ils rejoindre le camp vivant!<BR> Et il cravacha sa monture afin de mettre son plan  excution, suivi des Balnais, puis de Kalon et Sook. Le barbare demanda alors  la sorcire:<BR> - Il nous a encore trait de nuls le dragon?<BR> - Ouiii!<BR> - AARRRGH! VENGEANCE!!<BR> Et l'Hborien, l'pe brandie, fit demi tour dans un nuage de poussires et de petits cailloux, retournant chercher noise au dragon l o il tait tomb. Mue par quelque pulsion irraisonne, Sook le poursuivit en lui criant de revenir  la raison. Alors dans la vision priphrique de la sorcire myope passa une ombre gigantesque : la bte, qui s'tait remise de l'attaque, avait dcid d'attaquer le groupe de fuyards par le travers et non dans son sillage. Sa queue se mit en travers du passage, faisant se cabrer le cheval qui jeta  bas la sorcire, et le monstre encercla sa proie, la fixant de ses yeux d'or :<BR> - TU M'AS DEJA RAVI PAR DEUX FOIS LA VICTOIRE, MAIS CETTE FOIS PETITE SORCIERE, JE COMMENCERAIS PAR TE TUER.<BR> - Prend a, gueule de raie, cria Sook folle de rage et de terreur en jetant le contenu d'une de ses fioles sur le mufle camus de la bte, qui se tordit en spasmes et convulsions spectaculaires  mesure que les vapeurs d'ammoniac brlaient ses rcepteurs olfactifs si efficaces, mais si sensibles. La sorcire en profita pour courir de toute la vitesse de ses petites jambes, puis escalada un petit talus. En tout cas elle essaya car le sol de pierres plates se droba sous ses pieds et la ramena en bas, ce qui lui permit de constater avec intrt que le dragon avait repris contenance et se ruait sur elle en une reptation rapide. Cette fois c'tait fini, elle ne connaissait aucun sort qu'elle puisse lancer dans le laps de temps qu'il lui restait  vivre, et son sac  malice gisait hors de porte.<BR> Alors retentit une puissante cavalcade que les oues aiguises du dragon auraient entendu plus tt s'il n'avait pas t absorb par la colre et l'instinct de prdation. Kalon, hurlant, l'pe tincelant dans le soleil du matin, dboulait au triple galop vers le monstre gigantesque qui n'eut que le temps de tourner la tte avant que l'Hborien ne la tranche, faisant gicler dans l'air un grand arc de ce sang que l'on disait rendre immortel. Et tandis que le corps du dragon, priv de centre nerveux mais pas de vitalit, achevait d'agoniser avec moult trmoussements et force hideuses contorsions, les yeux dors exprimrent tour  tour surprise, incrdulit, puis les pupilles s'trcirent paisiblement avant de devenir deux fentes minces qui, bientt, se voilrent dfinitivement.<BR> - Ben finalement on l'a eu, constata Sook aprs avoir repris son souffle.<BR> - Ouais.<BR> Et sans plus de crmonie, la sorcire entreprit de soigneusement dpecer le cadavre gant pour en tirer les prcieux fluides vitaux et les organes les plus remarquables, comme elle en avait eu l'intention.<BR> <P> Les six survivants de l'expdition rapportrent au capitaine Bolradz la tte monstrueuse, en guise de preuve, et furent fts partout comme "grands pourfendeurs de vers ". L'exploit de nos compres, qu'ils enjolivrent bien sr quelque peu, leur valut une grande renomme, mais point trop de fortune. En effet, aprs cette affaire, ils repartirent dans le dsert en compagnie de quelques porteurs afin de trouver le piton carlate, l'antre du dragon et enfin le fabuleux trsor auquel ils avaient droit. Las de trsor point la queue d'un, et nos hros apprirent  leurs dpens que ce sont les mles dragons qui accumulent ors et richesses pour blouir leur belle avant la parade nuptiale, tout comme le font certains oiseaux avec les ptales de fleur et les verroteries colores. Les femelles se contentent d'un trou dans le roc. Et les trois mercenaires Balnais? Ils eurent droit  l'avancement et aux mdailles que leur couardise leur avait valu, car il est vrai qu' la guerre, ce sont toujours les lches que l'on dcore et les hros qui engraissent les corbeaux. Sur cette douteuse moralit s'achve cette aventure.<BR> <P> Mais malheureusement, vous vous doutez bien que :<BR> </DIV> <P> <P> <P> <P> Kalon reviendra dans :<BR> <P> <CENTER><FONT SIZE="+3"><A HREF="kalon5.htm">KALON, LA DEESSE ET DIVERSES AUTRES ENTITES</A><BR></FONT></CENTER> <BR> <HR> <A NAME="renvois"> <P> <P> 1 ) Bandes de pillards infestant le nord de Klisto, dont la stupidit et l'inculture proverbiales sont telles que ds qu'ils mettent le sabot hors de leur steppe, ils passent des journes  dsigner les choses les plus banales du monde (champs de navets, paysans navetiers, chiens, chats, veaux, vaches, cochons, routes, baignoires, surtout baignoires d'ailleurs), et  s'enqurir de leur dnomination et de leur fonction, d'o le nom dont on les affuble (quand ils ont le dos tourn).<BR> 2 ) Sook quand  elle aurait pu crire plus sobrement :  La campagne Balnaise est verte et floue. Elle navait gure la fibre potique, et grand besoin de lunettes, comme on l'a signal dans les pisodes prcdents.<BR> 3 ) On notera avec intrt que durant ses tudes, Kalon avait considrablement enrichi son vocabulaire, quoique dans des domaines parfois discutables.<BR> 4 ) Desse Pthaths de la victoire, de la guerre, du massacre, du pillage, de l'incendie et, bizarrement, de la sagesse.<BR> 5 ) Mme selon les critres septentrionaux, c'est dire...<BR> 6 ) Ici, un fort parti, a fait douze.<BR> 7 ) Plusieurs en fait.<BR> 8 ) Sook aurait not plus sobrement "jaune en bas, bleu en haut, flou entre les deux".<BR> 9 ) Nom pompeux donn  un carr de tissus malpropre drapant traditionnellement les habitants de ces rgions et qui les protge du soleil. C'est probablement le vtement le plus malcommode de la cration.<BR> 10 ) Telle est la tradition. Sook quant  elle avait prfr une cendre prise dans le foyer du dernier bivouac o, sauf concidence, aucun batracien ne s'tait jet, et qui marchait tout aussi bien. <BR> 11 ) Balgadis tait une dit plutt dbonnaire. Pour la signification de zython, consulter votre dictionnaire prfr. Cest facile, cest souvent vers la fin.<BR> </BODY> </HTML> 
