<html> <head> <title>Almanach des fran&ccedil;aises c&eacute;l&egrave;bres</title> <meta http-equiv="Content-Type" content="text/html; charset=iso-8859-1"> <meta name="description" content="La vie quotidienne sous la r&eacute;volution fran&ccedil;aise, une chronologie d&eacute;taill&eacute;e, des biographies, des textes"> <meta name="keywords" content="r&eacute;volution;fran&ccedil;aise;vie;quotidienne;mesures;mode;meubles;robespierre;discours;cahiers;dol&eacute;ances;textes;constitution;louis"> <meta name="robots" content="all"> <meta http-equiv="content-language" content="fr, ch, ca, be, nl, it, uk, de, es"> <meta name="classification" content="Tout public"> <meta name="expires" content="never"> <meta name="REVISIT-AFTER" content="7 days"> <STYLE TYPE="text/css"> <!-- A:hover {color:#FF0000;}--> </STYLE> <script language="JavaScript"> <!-- function MM_jumpMenu(targ,selObj,restore){ //v3.0   eval(targ+".location='"+selObj.options[selObj.selectedIndex].value+"'");   if (restore) selObj.selectedIndex=0; } //--> </script> </head>  <body bgcolor="#FFFFFF" background="images/fond1.jpg"> <p align="center"><b><font size="5">Almanach des Franaises clbres<br>   par leurs vertus, leur talens ou leur beaut</font> </b></p> <p align="center">1790</p> <p align="center"><i>(extraits)</i></p> <form name="form1">   <div align="center"> <font size="-1" face="Arial, Helvetica, sans-serif">     <select name="menu1" onChange="MM_jumpMenu('parent',this,1)">       <option value="index1.htm" selected>Rubriques</option>       <option value="index1.htm">Accueil</option>       <option value="quot_accueil.htm">La vie quotidienne</option>       <option value="hom_accueil.htm">Les hommes</option>       <option value="chronologie_accueil.htm">La chronologie</option>       <option value="textes_accueil.htm">Les textes</option>     </select>     <img src="images/brouge.gif" width="14" height="14"> <a href="textes_divers.htm" target="_parent"><b>Retour</b></a></font></div> </form> <p>&nbsp;</p> <table width="80%" border="0" cellspacing="10" align="center" bgcolor="#F2CC73">   <tr>      <td bgcolor="#F2CC73">        <p align="justify"><img src="images/boulerouge.gif" width="13" height="13">          <b>Mme la baronne de Stal</b>, fille de M. Necker, femme  qui nous devons          un ouvrage tonnant sur la personne et les crits de J. J. Il n'tait          pas possible de s'approcher plus prs de l'me de Rousseau. Dans le livre          qui a fait une sensation prodigieuse, et que tout le monde a lu, on a          remarqu  travers l'enthousiasme qui sied  l'auteur, une profondeur,          une finesse, qui supposent l'attention la plus rflchie. Cet ouvrage          annonce de quoi les femmes peuvent quelquefois tre capable dans la carrire          des talents et de la philosophie ; on ne va pas plus loin.</p>       <p align="justify"><img src="images/boulerouge.gif" width="13" height="13">          <b>Mme d'Antremont, marquise de Bourdic</b>, est auteur d'un trs grand          nombre de pices fugitives pleines d'esprit, de grce et de lgret.          Il est  dsirer que cette Muse aimable nous donne enfin le recueil de          ses uvres ; il est attendu des amateurs. Si elle avait travaill pour          le thtre dans le genre de Dufrni ou de Desmahis, il est probable qu'elle          aurait eu des succs brillants. Mme de Bourdic est de l'acadmie de Nmes.</p>       <p align="justify"><img src="images/boulerouge.gif" width="13" height="13">          <b>Beaumont (Mme le Prince de)</b>. Ses ouvrage sont entre les mains de          tout le monde ; ils joignent  l'agrment,  la dlicatesse,  la simplicit          du style, une heureuse fcondit d'imagination, une sage conomie de morale.          Sa place semble marque entre Mme de Genlis et M. Berquin. Le Magasin          des Enfans, et celui des Adolescentes, sont avec les lettre de Mme du          Moutier, ses ouvrages les plus estims.</p>       <p align="justify"><img src="images/boulerouge.gif" width="13" height="13">          <b>Beaumont (Mme Elie de)</b>, femme de l'avocat clbre du mme nom,          tous deux connus par leurs talens et leur bienfaisance. Nous devons           cette aimable auteur les Lettre du Marquis de Roselle, o les ridicules          dangereux de nos petits-matres sont peints au naturel. Mme de Graffigni          n'avait pas,  beaucoup prs, un talent aussi pur et aussi vrai.</p>       <p align="justify"><img src="images/boulerouge.gif" width="13" height="13">          <b>Verteuil (Mme)</b>, aujourd'hui Mme Forgeot, actrice pour les drames          des Italiens. Son jeu toujours noble, dcent et de bon sens, lui attire          toujours de nouveaux applaudissements. Anime dans La Femme Jalouse, douce          et modeste dans l'Habitant de la Guadeloupe, d'une dignit de trs bon          ton dans l'Amant Auteur et Valet, elle est coquette et femme de la meilleure          compagnie, et sait annoblir tous les rles. Son mari est auteur de plusieurs          pices applaudies ; Les Dettes nous parat la plus comique et la mieux          faite.</p>       <p align="justify"><img src="images/boulerouge.gif" width="13" height="13">          <b>Ducoudrai (Mme)</b> s'est rendue si clbre dans l'art des accouchements,          que le gouvernement, pntr de ses rares et utiles talents, non content          de les rcompenser par une forte pension, l'emploie  parcourir successivement          toute les gnralits du royaume, pour y donner des leons publiques           toutes les sages-femmes : partout o elle passe, elle laisse les plus          heureuse traces de ses bienfaisantes lumires et de son zle pour l'humanit.          Elle a crit sur son art, et donn  son sexe de trs sages conseils.</p>       <p align="justify"><img src="images/boulerouge.gif" width="13" height="13">          <b>Dugazon (Mle)</b>, actrice du thtre Franais, pour les rles de soubrettes,          et sur de l'acteur de ce nom ; elle a le jeu infiniment sage, peut-tre          trop ; en quoi elle diffre du tout en tout de son frre, dont le jeu          charg, fou quelquefois, sort presque toujours du naturel : ce sont les          deux extrmes.</p>       <p align="justify"><img src="images/boulerouge.gif" width="13" height="13">          <b>Carline (Mle)</b>, jeune actrice du thtre Italien, qui remplit           ravir tous les rles nafs et de travestissement ; c'est dans Fanfan et          Colas, dans le Comte d'Albert, et dans le Sire de Crqui, qu'il faut voir          ce charmant talent dployer ses grces.</p>       <p align="justify"><img src="images/boulerouge.gif" width="13" height="13">          <b>Saint-Aubin (Mme de)</b>, actrice du thtre Italien, jeune, jolie          et d'un talent aussi vrai qu'aimable ; elle joue dans les Savoyards, dans          Fanchette, dans Raoul et dans le Tableau parlant, toujours avec justesse,          navet, finesse et bon sens ; c'est un des plus prcieux sujets de ce          thtre.</p>       <p align="justify"><img src="images/boulerouge.gif" width="13" height="13">          <b>Renaud (Mlles)</b>, de la comdie Italienne, famille de Rossignols          : l'ane a une voix incomparable ; la cadette un jeu vif et charmant          : elle est sotte dans les Savoyards, touchante et vraie dans Crqui, pleine          de grces piquantes dans le Jugement de Pris, o elle mrite rellement          la pomme. Sa figure un peu espigle, ses jolis yeux, sa tournure enchanteresse,          en feront bientt, avec de l'tude et de la modration, une actrice dlicieuse.</p>       <p align="justify"><img src="images/boulerouge.gif" width="13" height="13">          <b>Le Brun (Mlle Vige, pouse de M.)</b>, de l'acadmie de Saint-Luc,          quoique jeune encore, a fait de si grands progrs dans l'art de la peinture,          que ses ouvrages sont actuellement trs recherchs par les amateurs. Le          24 janvier 1778, il se rencontra dans une vente qui se faisait  l'htel          d'Aligre, deux petites ttes d'tude sorties du pinceau de cette jeune          dame ; elles excitrent dans toute l'assemble une si grande admiration,          qu'elles furent pousses et adjuges  quinze cent livres. Mme Le Brun          joint,  un talent aussi dcid, l'me et la figure la plus intressantes          ; elle peint avec un gal succs les portraits  l'huile et au pastel.          Les tableaux qu'elle a exposs cette anne sont dignes de l'Albane.</p>       <p align="justify"><img src="images/boulerouge.gif" width="13" height="13">          <b>Renotte (Mlle)</b>, ne  Mezire-sur-Meuse, s'est rendue par got          trs habile dans le maniement de l'exercice des armes. Son pre, l'un          des principaux officiers de la compagnie de l'Arquebuse de Mezire, l'ayant          mene avec lui en 1774, au prix gnral de province, qui se rendait cette          anne  Saint-Quentin, elle remporta, en prsence d'une foule de spectateurs,          le second prix, et par un cri gnral, elle y fut surnomme l'Amazone          de Mezire.</p>       <p align="justify"><img src="images/boulerouge.gif" width="13" height="13">          <b>Maillard (Mlle)</b>, trs belle actrice de l'opra ; elle rend suprieurement          tous les rles, et s'est particulirement distingue dans Tarare : elle          a une trs belle voix, forte, nourrie, et beaucoup plus agrable que celle          de Mlle D Elle a fait dernirement le plus grand effet dans le rle de          Clytemnestre.</p>       <p align="justify"><img src="images/boulerouge.gif" width="13" height="13">          <b>Deschamps (la Dlle)</b> tait depuis plusieurs annes une des meilleures          actrices de l'opra comique pour les rles de caractre et de mre. Lorsque          ce spectacle fut runi  la comdie italienne en 1762, elle fut admise           ce thtre, o on la voit encore avec plaisir. Elle a pouse depuis          quelques annes le sieur Brard.</p>       <p align="justify"><img src="images/boulerouge.gif" width="13" height="13">          <b>Desforges (Mme)</b>, actrice des italiens qui joue ordinaraiement les          rles comiques dans les drames. Elle est femme de l'auteur de la Femme          Jalouse, de Thodore et Lysinka, et de quelques autres pices. Son jeu          est dcent, sa figure noble, son port plein de dignit et de grces.</p>       <p align="justify"><img src="images/boulerouge.gif" width="13" height="13">          <b>Mme la P de R. M.</b>, fille du plus respectable des ministres, et          pouse d'un magistrat fait pour le devenir, runit au got des lettres,          hrditaire dans son illustre famille, l'amour des arts agrables, et          accueille, avec une distinction flatteuse, les gens de lettres dignes          de ce nom. Sa bibliothque est renomme par un choix exquis, elle renferme          mme quelques manuscrits prcieux. On n'oubliera point parmi les faits          mmorables de la rvolution, que c'est sous la prsidence de R qu' t          pris au parlement le clbre arrt du  novembre 1789.</p>       <p align="justify"><img src="images/boulerouge.gif" width="13" height="13">          <b>Mme la duchesse de Vill. d'A...</b> Femme essentielle, amie et protectrice          de tous les arts, les aimant vritablement et non par une vaine ostentation.          Ils lui rendent en honneur la faveur qu'ils reoivent d'elle. A un esprit          vif et orn, Mme de Vill. joint un besoin d'obliger, une grce  en exprimer          le dsir, qui porte le respect jusqu' l'idoltrie. Ses secrtaires, qu'elle          traite avec les gards dus au talent, sont auteurs des plus jolis opra          comiques, ou de la musique des pices les plus clbres.</p>       <p align="justify"><img src="images/boulerouge.gif" width="13" height="13">          <b>Contat (Mlle)</b>, charmante actrice du thtre franais. La manire          dont elle joue le rle de Susanne dans Figaro, est dlicieuse. Le public,          qui l'idoltre, l'appelle  tous les rle, par les encouragements flatteurs          qu'il lui donne ; on lui a vu jouer suprieurement le rle de coquette          dans l'Ecueil des Murs de Palissot, dans la Coquette corrige de la Noue,          et il est  prsumer qu'elle galera Mme Grandval, dans le rle si fin          et si difficile de Climne du Misanthrope. Elle a jou dernirement le          rle d'pouse dans le Tartuffe, d'une manire qui prouve que tout le grand          comique est aujourd'hui de son ressort. Le public aura tourjours de bons          acteurs quand il le voudra ; il ne s'agit que de les encourager d'une          manire claire.</p>       <p align="justify"><img src="images/boulerouge.gif" width="13" height="13">          <b>Charire (Mme de)</b> a compos les Lettres Neuf-Chteloises et les          Lettres de Lauzanne. Cette dame, hollandaise de naissance et femme de          M. de Saint-Hyacinthe, fils du clbre Saint-Hyacinthe, auteur du Chef-d'uvre          d'un Inconnu, a prouv, par les deux ouvrages dont nous rapportons les          titres, un mrite littraire minent. Elle est amie de M. Mercier et d'autres          gens de lettres trs distingus.</p>       <p align="justify"><img src="images/boulerouge.gif" width="13" height="13">          <b>Bertin (Mlle)</b> clbre marchande de modes, qui a port ce genre          de travail au plus haut degr de perfection. Quelque futile que cet art          paraisse, il est vrai cependant qu'il embellit la moiti du genre humain          ; qu'il offre aux yeux l'objet le plus agrable de tous, une femme brillante          et belle. Mlle Bertin a mis par lui toute l'Europe  contribution, et          son commerce, avant la rvolution, galait celui des plus fortes maisons.          Elle en sent l'importance, lorsqu'elle va  la cour avec son portefeuille,          pour travailler avec les princesses. Quelques-unes de nos lgantes ont          chez elle des mmoires de mille cus par mois... Quand les chiffons baisseront-ils          de prix !</p>       <p align="justify"><img src="images/boulerouge.gif" width="13" height="13">          <b>Bermann (Mlle)</b>. Cette dame est marraine et sur d'un avocat  Nancy          qui a fait plusieurs ouvrages utiles ; mais osn titre particulier est          un discours, qui remporta le prix  l'acadmie de Nancy, sur cette question          : "Lequel serait plus utile, dans notre sicle, d'crire un ouvrage purement          de belles-lettres ou de morale". Mlle Bermann se dcide pour la seconde          alternative, et elle en rapporte, pour raison principale, qu'un ouvrage          de morale peut tre fait de telle sorte qu'il soit aussi dit de belles-lettres,          de sorte qu'il runit les deux avantages. Elle passe en revue toutes les          sortes d'ouvrages de belles-lettres et de morale : les premiers ont trop          souvent un vide d'objet et de but, qui doit leur donner ncessairement          l'infriorit ; car les seconds peuvent tre une excellente tragdie,          une bonne comdie, un romain bien instructif : comme Tlmaque, Palma,          Clarisse, etc. La morale peut encore tre mise en dialogue trs piquant,          en allgorie, en fable, et sous toutes ces formes elle n'en est pas moins          morale</p>       <p align="justify"><img src="images/boulerouge.gif" width="13" height="13">          <b>Lvque (Mlle)</b>, jeune personne qui vient de publier des contes          champtres. Elle est la fille de M. Lvque, auteur de l'Histoire de Russie,          et de l'excellent ouvrage intitul les Moralistes Anciens.</p>       <p align="justify"><img src="images/boulerouge.gif" width="13" height="13">          <b>Adeline, sur de Mlle Colombe</b>, actrice des Italiens, plat dans          tous les rles dont elle se charge, surtout dans Richard, l'Amant jaloux,          et Renaud d'Ast. Son regard expressif et malin, sa souplesse et la nettet          de son organe, donnent  son jeu l'esprit qui manque souvent aux pices.          Dugne ou soubrette, amoureuse ou confidente, elle est toujours applaudie,          et le mrite toujours.</p>       <p align="justify"><img src="images/boulerouge.gif" width="13" height="13">          <b>Aurore (Mlle)</b>, de l'opra, se fait connatre de plus en plus par          des vers charmants qui embellissent nos journaux.</p>       <p align="justify"><img src="images/boulerouge.gif" width="13" height="13">          <b>Dugazon (Mme)</b>, actrice des Italiens. Esprit, jeu, figure, voix          et finesse, justesse et chaleur, l'loquence enfin des plus grandes comdiennes,          on trouve tout cela ensemble ou tour  tour dans Nina, dans Marine, dans          la Paysanne ou dans la Princesse, dans la Soubrette ou dans l'Amoureuse.          Il est impossible d'tre plus belle, plus tragique que Mme Dugazon dans          le Comte d'Albert, dans Barbe bleue ou dans Raoul de Crqui ; comme il          est impossible d'tre plus aimable que dans les rles qu'elle a dans La          Colonie et l'Epreuve villageoise.</p>       <p align="justify"><img src="images/boulerouge.gif" width="13" height="13">          <b>Gonthier (Mme)</b>, actrice des Italiens pour les rles de mres et          de paysannes. Elle est parfaite dans Fanfan et Colas, inimitable dans          les Arts et l'Amitie, et dans les rles querelleux ou commres ;  travers          son excellent caquet, elle laisse chapper des clairs de sensibilit,          elle boude, elle rit, elle parle, elle agit, et tout cela avec un naturel,          une vrit, une intelligence toujours applaudie avec transport. C'est           son cole que doivent se former les jeunes comdiennes qui veulent avoir          la tradition et le vrai modle du bon jeu.</p>       <p align="justify"><img src="images/boulerouge.gif" width="13" height="13">          <b>Gavaudan (Mlles)</b>, deux ou trois surs du thtre de l'Opra. Mlle          Gavaudan l'ane a un genre aimable, et rend agrablement les rles ncesaires.          Sa sur s'lance dans une carrire plus brillante, et ses succs dans          l'opra de Tartare, o elle joue avec une gat qui la rend admirable,          lui mritent une place distingue. C'est, aprs Mlle Maillard, la plus          belle Armide du thtre.</p>       <p align="justify"><img src="images/boulerouge.gif" width="13" height="13">          <b>Montenclos (Mme de)</b> a donn au thtre Franais, le Djeun interrompu.          On dit qu'elle nous prpare plusieurs pices qui feront suite  ce Djeun.          Serait-ce les Quatre Repas ?</p>       <p align="justify"><img src="images/boulerouge.gif" width="13" height="13">          <b>Raucourt (Mlle)</b>, du thtre Franois, a, dit-on, donn une pice          en prose, prcde de la plus virile prface. Nous en ignorons le titre.</p>       <p align="justify"><img src="images/boulerouge.gif" width="13" height="13">          <b>Grbu (Mlle)</b>, fille du clbre et inpuisable musicien de ce nom.          Elle a donn des essais charmants aux Italiens. Son faire est presque          aussi brillant que celui de son pre, mais faible et doux. On espre beaucoup          de ses prcoces dispositions.</p>       <p align="justify"><img src="images/boulerouge.gif" width="13" height="13">          <b>Gourges (Mme de)</b>, auteur dramatique, a compos l'Homme Gnreux          et le Mariage de Chrubin. On lui doit aussi le projet d'une caisse patriotique.          On dit qu'elle a dans son portefeuille des morceaux plus piquants et plus          soigns.</p>       <p align="justify"><img src="images/boulerouge.gif" width="13" height="13">          <b>Basseporte (Madeleine)</b>, s'est adonne ds sa jeunesse  la peinture,          et a excell suprieurement  rendre les oiseaux, les plantes, les fleurs,          les reptiles, et presque tout ce qui appartient  l'histoire naturelle.          Les ouvrages qui naissent sous son pinceau sont regards par tous les          connaisseurs comme des chefs-d'uvres o l'art le dispute  la nature,          pour la vrit de l'expression, la dlicatesse et la prcision du coloris.          Quoiqu'actuellement ge de 80 ans, on voit encore cette infatigable artiste          expose pendant des journes entires aux ardeurs du soleil, dans les          attitudes les plus gnantes, copier tout ce que la nature offre de plus          magnifique, de plus prcieux et de plus rare dans les plantes que rassemble          le jardin du roi.</p>       <p align="justify"><img src="images/boulerouge.gif" width="13" height="13">          <b>Harcourt (Mme la comtesse d')</b>, nouvelle Artmise, donne dans Paris          un exemple bien clatant de la force de l'amour conjugal. La mort lui          enleva son mari en 1769. Cette tendre pouse, entirement livre  sa          vive douleur, s'est applique  imaginer tous les moyens possibles de          l'entretenir. Elle a fait lever  Notre Dame,  la mmoire de son poux,          un riche mausole de la composition du clbre Lemoine, et elle s'y est          fait reprsenter elle-mme dans la plus douloureuse attitude. Non contente          de ce lugubre tribut, elle avait fait jeter en cire la figure du compte.          Elle l'a revtu de la robe de chambre dont il se servait et l'a plac          dans un fauteuil  ct du lit o il avait coutume de coucher. Plusieurs          fois chaque jour elle va, dit-on, s'enfermer dans ce triste lieu, pour          s'entretenir avec cette image muette, et de la constance de son amour,          et de la vivacit de ses regrets.</p>       <p align="justify"><img src="images/boulerouge.gif" width="13" height="13">          <b>Vien (Mme)</b> a mrit, par ses brillants succs dans l'art de peindre          la miniature, les oiseaux et les fleurs, d'tre agrge  l'acadmie royale          de peinture, o elle partage, avec son poux, l'admiration des vrais amateurs          des arts.</p>       <p align="justify"><img src="images/boulerouge.gif" width="13" height="13">          <b>Joly (Mlle)</b>, soubrette intelligente et trs aime au thtre Franais,          Mlle Joly a tout ce qu'il faut pour faire une excellente Lisette ; le          minois chiffonn, le son de voix aigu, les muscles mobiles. La diffrence          entre cette actrice et Mlles Luzi et Fanier, c'est que la premire, dans          toutes les occasions, par la noblesse et la beaut de sa figure, faisait          une soubrette de sa matresse, ce qui est une invraisemblance choquante          qu'elle augmentait encore par la recherche et l'importance de sa mise          thatrale ; la seconde tait une jolie petite matresse, bien impertinente,          qui n'avait de soubrette que le nom. On disait : voil une actrice qui          fait la soubrette ; au lieu que Mlle Joly est soubrette rellement.</p>       <p align="justify"><img src="images/boulerouge.gif" width="13" height="13">          <b>Dufayel (Mlle)</b>, actrice des Italiens, dont le dbut fut trs billant.          On la revoit toujours avec plaisir ; son chant est doux et pur, et son          jeu naturel. L'histoire de sa sur a fait du bruit dans le monde, mais          la malice avait envenim cette affaire.</p>       <p align="justify"><img src="images/boulerouge.gif" width="13" height="13">          <b>Biron (Mlle)</b>, ne avec le got le plus vif pour les beaux-arts          et les sciences, employa sa premire jeunesse  l'tude de la musique,          de la peinture et de la gographie, et y obtint des succs flatteurs.          rassasie, pour ainsi dire, de ces premiers talents et cherchant  en          acqurir de nouveaux, l'illustre Dlle Basseporte, son amie, lui conseilla          de profiter de l'aptitude qu'elle avait remarque en elle pour russir          dans l'anatomie. Mlle Biron entreprit de se consacrer  toutes les recherches          qui conviennent  cet art aussi difficile qu'intressant. Sans autre secours          que ses dispositions naturelles, la force de son me et une lecture assidue          des ouvrages les plus savants anatomistes, surmontant les rpugnances,          les prjugs, la dlicatesse auxquels son sexe est si sujet, et les difficults          qu'il y avait pour une fille de pntrer dans les hpitaux et dans les          amphithtre de chirurgie aux heures o elle ne fut pas expose  s'y          rencontrer avec les tudiants, on la vit, le scalpel  la main, applique          avec une ardeur incroyable  dcouvrir les secrets les plus cachs de          la structure humaine. Livre sans relche  ces rebutantes occupations,          elle ne les suspendait que pour consigner chez elle, dans les plus ingnieux          modles, les connaissances et les dcouvertes dont elle s'tait enrichie.          Aprs plus de trente ans d'une tude aussi laborieuse, et d'une multitude          d'expriences particulires faites chez elle et  ses frais sur des corps          humains, elle a du moins aujourd'hui la satisfaction de recueillir les          justes loges que les savants et les curieux de tous tats et de toutes          conditions s'empressent de donner aux chefs-d'uvres que sa savante main           su produire. Mais qui pourrait le croire ? parvenue  l'ge de cinquante-six          ans et borne  un modique patrimoine que, par sa grande conomie, elle          trouve encoure le secret de partager avec les pauvres, la fortune n'a          point jusqu'ici daign jeter sur elle aucun regard, elle languit dans          cet oubli qu'prouvent trop souvent les grands talents, lorsque l'intrigue          et la protection ne se mlent pas de les faire valoir.</p>       <p align="justify"><img src="images/boulerouge.gif" width="13" height="13">          <b>Panc (Mme)</b>, femme pleine de grces, d'esprit et de vraie sensibilit.          Elle a adress  l'ombre de Rousseau des regrets touchants, crits avec          son me, et purs comme elle. Sa socit est recherche des gens de lettres          et ferme  tous ceux qui n'honorent pas ce noble tat par leurs murs.</p>       <p align="justify"><img src="images/boulerouge.gif" width="13" height="13">          <b>Beaunoir (Mme de)</b> passe pour l'auteur de Fanfan et Colas, et des          Amis du Jour. Ces deux pices font honneur  l'me qui les a produites.          Elles sont joues, aux Italiens, avec un succs constant. Que n'avons-nous          un thtre aussi honnte, aussi pur, que celui de Mercier et de Mme          de Beaunoir ! Les ennemis des spectacles seraient forcs de les regarder          comme la plus excellente cole des murs.</p>       <p align="justify"><img src="images/boulerouge.gif" width="13" height="13">          <b>Mme de Genlis, marquise de Silleri</b>, gouverneur des enfants de M.          le duc d'Orlans, est auteur d'une incroyable quantit d'ouvrages. Ses          drames sont dignes de l'auteur de Mlanie, et ses romans auraient fait          fortune, si J.J. Rousseau n'y avait pas t si maltrait.</p>       <p align="justify"><img src="images/boulerouge.gif" width="13" height="13">          <b>L'hrone parisienne</b>. Nous avons vu le 14 juillet de cette fameuse          anne, une fort jolie femme se distinguer au sige de la Bastille. Son          amant tait prt  partir pour cette prilleuse expdition Attends, dit-elle,          tu ne voleras pas  la gloire sans ta matresse ; je veux mourir ou vaincre           tes cts. A ces mots, elle quitte les habits de son sexe, s'habille          en soldat, s'arme d'une pe et d'un pistolet, et court affronter mille          morts par cette rue S. Antoine, que le canon balaya deux fois. Elle fut          blesse  l'assaut, et revint  l'glise des Minimes, couverte de sang          et de lauriers.</p>       <p align="justify"><img src="images/boulerouge.gif" width="13" height="13">          <b>Du Dfant (Mme)</b>, femme de beaucoup d'esprit, amie de Voltaire.          Nous allions lui destiner un article, mais sa haine pour J.J. Rousseau          arrte notre plume. Entrant un jour dans une socit o un beau parleur          tenait les ds, elle s'assit et couta longtemps, sans voir, car elle          tait aveugle ; enfin excde, elle dit tout haut : quel est le mauvais          livre qu'on lit ici ?</p>       <p align="justify"><img src="images/boulerouge.gif" width="13" height="13">          <b>Don de Beaumont (Charles-Genevive)</b>, ne le 5 octobre 1728,           Tonnerre en Bourgogne. On ignore dans quelles vues ses parents en imposrent          sur son sexe  sa naissance ; mais on sait que cette demoiselle, constamment          rpute garon depuis ce temps, fit ses tudes au collge Mazarin ; qu'elle          suivit ensuite celles de droit, et parvenue dans cette facult au doctorat,          elle fut reue avocat au parlement de Paris. M. Linguet, dans le n IX          de ses Annales, annonce que, s'tant fait connatre par plusieurs ouvrages          littraires, elle fut nomme censeur royal pour l'histoire et les belles-lettres          ; que ne se sentant point de got pour pousser plus loin dans ces premires          carrires, elle embrassa l'tat militaire, obtint une lieutenance de dragons          et ensuite une compagnie ; servit en qualit d'aide-de-camp du marchal          de Broglie ; se trouva  plusieurs siges et batailles, et fut blesse           la tte et  une cuisse au combat d'Ultrop, prs d'Oflernwich, en 1761.          Se trouvant comme plus ancien capitaine  la tte de quatre-vingts dragons          des volontaires de Saint-Victor, elle chargea si  propos et avec tant          de bravour qu'elle fit prisonnier de guerre le bataillon entiers, Franc          Pussien, de Rhe, compos de 800 hommes. La croix de Saint-Louis fut la          rcompense de ses belles actions. Ces talents hroques condamns au repos          par la paix, Mlle Don ne put se rsoudre  vgter dans l'oisivet des          garnisons ; elle suivit successivement, en qualit de secrtaire d'ambassade,          M. le marquis de l'Hopital en Russie, et M. le duc de Nivernois en Angleterre,          et s'y distingua par la sagacit de son gnie et ses profondes connaissances.          Le sexe de cette hrone ayant t reconnu en Angleterre, on grava  Londres,          en 1773, son portrait, o elle est reprsente en Pallas, le casque sur          la tte, l'gide au bras gauche, et la main droite arme d'une lance.          On lit au bas en anglais un abrg historique de sa vie, et  la fin cette          inscription en Latin : "A Pallas blesse et non vaincue, devenue clbre          par des combats et des actions publiques en l'honneur de sa patrie, dont          ses ennemis n'ont jamais pu ternir les vertus ; dont peu d'hommes ont          pu galer le courage ; dont l'ingrate patrie n'aura pas mme les ossements".          Par ses anciens camarades de guerre, en mmoire de leur tendre attachement.</p> </td>   </tr> </table> </body> </html> 
