<!DOCTYPE HTML PUBLIC "-//W3C//DTD HTML 4.01 Transitional//EN"> <html> <head> <title>Notes, Journal d'un musicien - Venise</title> <meta http-equiv="Content-Type" content="text/html; charset=iso-8859-1"> <script language="JavaScript" type="text/JavaScript"> <!-- function MM_openBrWindow(theURL,winName,features) { //v2.0   window.open(theURL,winName,features); } //--> </script> <script language="JavaScript" type="text/JavaScript"> <!-- function MM_reloadPage(init) {  //reloads the window if Nav4 resized   if (init==true) with (navigator) {if ((appName=="Netscape")&&(parseInt(appVersion)==4)) {     document.MM_pgW=innerWidth; document.MM_pgH=innerHeight; onresize=MM_reloadPage; }}   else if (innerWidth!=document.MM_pgW || innerHeight!=document.MM_pgH) location.reload(); } MM_reloadPage(true); //--> </script> </head> <body bgcolor="#FFFFFF" background="../images/nouveau_fond.gif" text="336699" link="669999" vlink="669999" alink="669999" leftmargin="180"> <p align="center"><font color="669999" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><strong>Notes    (Journal d'un musicien)</strong><br>   Deuxi&egrave;me partie<br>   Rome, Venise, Londres, Bucarest, Berlin</font></p> <p align="right"><font color="669999" size="1" face="Arial, Helvetica, sans-serif">Qu'en    dis-tu, voyageur, des pays et des gares?...<br>   (Verlaine) </font></p> <p align="center"><font color="#336699" face="Arial"><font size="5"><strong>VENISE</strong></font></font>  </p> <hr> <p class=MsoNormal style='text-align:justify'><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><img src="../images/Venise/diaporama/thumbnails/tnplacestMarc.jpg" width="100" height="72" hspace="8" vspace="5" align="left" onMouseOver="MM_openBrWindow('../images/Venise/diaporama/photospages/placestMarc.htm','','resizable=yes,width=582,height=440')">Piazzetta.    - Je suis arriv ce matin. A premire vue (c'est une faon de parler, car j'ai    tout regard) tout cet amoncellement de richesses et de couleurs si conforme     mes prdilections, est clips par ces quatre chevaux divins o respire l'Antiquit.</font></p> <p class=MsoNormal style='text-align:justify'><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">Saint-Marc.    - L'arme de colonnes de Saint-Marc a l'air d'une numration de troupes de    la Lgende des Sicles, on dirait des soldats conquis, des esclaves lis les    uns aux autres, des sentinelles innombrables, de tous les pays, de toutes les    religions, de toutes les races, portant leurs costumes respectifs et veillant    sur la Rpublique vnitienne. Dans sa profusion harmonieuse, elle est vraiment    vivante, immobile et pourtant aime. Et tous ces chapiteaux, casques, plumes,    tiares!<br>   Quelle grce dans la petite arcade de gauche,  l'extrmit de la faade, avec    sa colonne qui en supporte d'autres, deux vert sombre, une vert ple semblable     la feuille d'olivier.<br>   Le fond vert de l'arcade du milieu, avec ses colonnes rouges coupes de deux    autres, d'un or virginal, comme deux captives au milieu de leurs gardiens...    Quelles formes ravissantes et quelle vive ralit prennent les feuilles des    chapiteaux de ces colonnes rouges.<br>   Dtail imperceptible et puissant des colonnes en pans coups! Sortilge de l'art    : l'oeil ne peroit, pas que la symtrie est partout viole.<br>   Cette dernire arcade de gauche (la cinquime) est une oeuvre complte, depuis    la base de ses colonnes jusqu' la mosaque, abrite sous les grillages dors    de son ogive orientale. Derrire cette bavette de guipure, au-dessus de la porte,    sur la frise ionique, un pigeon noir est perch.<br>   Divine assemble d'anges sur un parvis de feuilles agites! Vestibule (premire    coupole de droite) au-dessus de la porte, trange scne de lit. Cette dame indiscrte    risque une dconvenue.</font></p> <p align="center" class=MsoNormal style='text-align:center'><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">&deg;+&deg;</font></p> <p class=MsoNormal style='text-align:justify'><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">Plutt    trouver un mgot dans un lis, un pou dans des dentelles ou percevoir des borborygmes    pendant le ballet d'Orphe que d'entendre brusquement parler allemand sur la    place Saint-Marc! Les Allemands sont remarquables chez eux; ailleurs, insupportables.</font></p> <div align="center"><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">&deg;+&deg;</font>  </div> <p class=MsoNormal style='text-align:justify'><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><img src="../images/photospartitions/thumbnails/tnvenezia.jpg" width="100" height="134" hspace="8" align="right" onMouseOver="MM_openBrWindow('../images/photospartitions/photosM/veneziam.jpg','','resizable=yes,width=318,height=440')">L'idiome    vnitien est enchanteur. Il est surtout juvnile. On entend une voix de jeune    homme : c'est un vieillard qui parle. Vritable langage de l'amour, il garde    une adolescence ternelle; l'inflexion qui revient  tout moment lui donne une    souplesse, une mobilit charmantes. La suppression des z, des ch, des e muets,    si encombrants en italien, l'escamotage de la plupart des l entre une voyelle    et une consonne tent  cette langue tout  ce qui pse ou qui pose . On ne    peut la parler que d'une voix lague ou, pour mieux dire, la voix s'amenuise    et se rajeunit en la parlant. Rien de touchant comme d'entendre dans la bouche    des petits enfants de la rue les premiers chos de ce ravissant dialecte. Ils    possdent dj le principe d'un merveilleux sortilge amoureux et ne s'en doutent    pas.</font></p> <div align="center"><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">&deg;+&deg;</font>  </div> <p class=MsoNormal style='text-align:justify'><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">Tiepolo,    Vronse sont les gigolos de la lumire; ils se laissent aimer par elle. Rembrandt    est son matre, son amant dominateur, il l'aime fortement, la possde, l'asservit.</font></p> <div align="center"><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">&deg;+&deg;</font>  </div> <p class=MsoNormal style='text-align:justify'><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">Tintoret.    - A la Salute, la lumire rpandue sur la nappe de la Cne de Tintoret m'a enflamm    d'enthousiasme. Ce vieux pote agit sur moi. Il ressemble, par certains cts,     Hugo : par la fantaisie orageuse, arbitraire, divinatrice et aussi par ces    clats joyeux, que rend austres chez Michel-Ange (o ils se retrouvent) un    perptuel et invincible relent de tristesse. Chez Tintoret, la puissance n'est    jamais pontifiante ni svre, elle est vive comme l'closion d'une fleur de    feu.<br>   Tintoret, quand il est oblig de mettre un personnage de face ou de profil dans    un endroit prominent du tableau, l'orne ingnieusement pour en attnuer la    prdominance.<br>   Ce Mose devant le rocher! Cet autre faisant surgir le serpent d'airain. Puissance    souveraine, force entranante du vieux Robusti !</font></p> <p class=MsoNormal style='text-align:justify'><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><img src="../images/Venise/diaporama/thumbnails/tnTintoret%20Crucifixion.jpg" width="100" height="71" hspace="8" align="right" onMouseOver="MM_openBrWindow('../images/Venise/diaporama/photospages/Tintoret%20Crucifixion.htm','','resizable=yes,width=589,height=440')"><font color="#669999"><strong>Crucifixion</strong></font>.    - La grande femme en gris perle qui s'lance! Tendresse, abattement de la figure    fminine qui s'empresse au secours de la Vierge. Le Christ n'est pas encore    mort. C'est au moment de sa dernire aspiration qu'il est reprsent. Froideur,    indiffrence des gens  cheval. Jamais on n'a rendu ainsi la multitude.</font></p> <p class=MsoNormal style='text-align:justify'><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">Sacrifice    d'Abraham. - Combien touchante est l'ide de faire un fils adolescent, presque    un homme ! Elle rend le sacrifice bien plus affreux !</font></p> <div align="center"><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">&deg;+&deg;</font>  </div> <p class=MsoNormal style='text-align:justify'><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><img src="../images/Venise/diaporama/thumbnails/tnEglise%20Santa%20Maria%20del%20Orto.jpg" width="94" height="140" hspace="8" align="left" onMouseOver="MM_openBrWindow('../images/Venise/diaporama/photospages/Eglise%20Santa%20Maria%20del%20Orto.htm','','resizable=yes,width=162,height=252')">Par    une de ces belles matines de Venise o, ds le rveil, la ville frissonne de    volupt, monter dans une gondole et se faire  porter   <strong><font color="#669999">Santa    Maria del Orto</font></strong> ; tcher surtout d'y tre seul. Avant de rien    regarder d'autre, aller tout <span lang=EN-US style='font-family:Arial;'><span lang=FR>droit au</span></span> matre-autel.    A gauche, dans le chur est un grand tableau de Tintoret. C'est <em><strong><font color="#669999">l'Adoration    du Veau d'or</font></strong></em>. N'attacher ses regards sur rien, les poser    tout de suite sur une figure de femme v&ecirc;tue en bleu qui renverse un peu    la tte et dont le bras est tendu vers l'idole. Regarder longtemps cette cration    enchanteresse o s'panchent dans leur splendeur tous les trsors de la peinture    vnitienne. On l'a dit cent fois, c'est dans les tableaux de Tintoret, du Titien,    de Vronse, que se lisent le mieux l'me de Venise, sa </font><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">vie    passe, ses ambitions, ses vices et ses gloires comme aussi les causes de ses    misres.</font></p> <p class=MsoNormal style='text-align:justify'><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><img src="../images/Venise/diaporama/thumbnails/tnTintoret%20Adoration%20du%20veau%20d%27or.jpg" width="100" height="59" hspace="8" align="right" onMouseOver="MM_openBrWindow('../images/Venise/diaporama/photospages/Tintoret%20Adoration%20du%20veau%20d%27or.htm','','resizable=yes,width=620,height=392')">Mais    c'est dans cette grande figure de femme, vigoureuse, somptueuse et d'une dlicate    luxure, malgr son olympienne simplicit, que se trouve rsum le gnie vnitien.</font></p> <p class=MsoNormal style='text-align:justify'><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">Tout    est admirable dans le personnage, depuis les cheveux aux reflets riches, jusqu'aux    pans de la tunique. Ce visage perdu dans son mouvement renvers, de quelle grce    fine et noble il est issu! Ce cou qui renvoie la lumire avec la violence d'un    jet, ce bras de desse et de courtisane, dont le mouvement prompt et prcis    exprime le caprice dominateur du plaisir fastueux, insoucieux, indompt, en    mme temps qu'il rvle chez l'artiste une inspiration, une aisance, une matrise    sans gale.</font></p> <p class=MsoNormal style='text-align:justify'><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">Je    crois que l'on pourrait appeler cette figure la Muse de Tintoret.</font></p> <p class=MsoNormal style='text-align:justify'><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">Le    Paradis. - Je remarque partout dans Tintoret un souci de montrer le Christ non    seulement sublime, mais encore extrmement bien lev. Dans le grand Paradis,    il est  peine assis, par dfrence pour tous ceux qui sont  ses pieds, et    pour sa mre. Il a le geste le plus aimable, le plus noble, le plus modeste    qui soit. Le bras gauche appuy sur son fauteuil vnitien exprime la puissance    tranquille. Le bras droit et la main droite, pleins d'amnit, confirment le    sourire grave et charmant de la physionomie. La demi-inclination du buste et    de la tte, d'une si noble et simple aisance, montre l'hte suprieur, qui sait    accueillir.</font></p> <div align="center"><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">&deg;+&deg;</font>  </div> <p class=MsoNormal style='text-align:justify'><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">Venise    est une ville qu'il faut contempler d'une me inoccupe. La mienne, en ce moment,    est trop tourmente pour goter pleinement le charme de ce qui l'environne.    Je pars.<br>   ..................................................................................................</font></p> <p class=MsoNormal style='text-align:justify'><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">En    gondole, mardi soir. - Me voici revenu depuis quelques jours.</font></p> <p class=MsoNormal style='text-align:justify'><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">Venise,    que je comprends et que je connais maintenant trs bien, s'est empare entirement    de moi. Tous mes dsirs, tous mes projets, se concentrent sur une oeuvre thtrale    que je voudrais galante, brillante, populaire, se passant  Venise, soit au    quinzime, soit au dix-huitime sicle. Le livret serait en dialecte vnitien.</font></p> <p class=MsoNormal style='text-align:justify'><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">Mauvaise    journe. Chaleur crasante; somnolence lourde sous une moustiquaire touffante,     cause des <em>zanzare</em>, qui ne piquent pas encore les Vnitiens mais reconnaissent    les trangers... Une longue promenade nocturne dans les ruelles o je perdais    et retrouvais mon chemin avec un plaisir gal, puis une glace  l'orange prise    chez Cuadri m'ont remis d'aplomb.</font></p> <div align="center"><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">&deg;+&deg;</font>  </div> <p class=MsoNormal style='text-align:justify'><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">Ce    qui fait que Venise, malgr la diversit de son architecture, conserve tant    d'unit, c'est que monuments et les maisons sont tout prs les </font><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">uns    des autres. Tout se fond, se complte et se balance; l'oeil n'a pas, comme en    tant d'autres villes, disparates aussi, ce choc dsagrable produit par les     solutions de continuit  durant lesquelles il a le temps de laisser se fixer    ce qu'il vient de voir.</font></p> <div align="center"><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">&deg;+&deg;</font>  </div> <p class=MsoNormal style='text-align:justify'><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">Djeuner    chez la princesse de Polignac. Lady Helen Vincent, ravissante, un laurier-rose,    un volubilis matinal, des yeux bleus sous des cheveux  peine teints de gris,    un Reynolds refait par Whistler. La belle et arrogante comtesse Morosini, toute    vermeille encore de son flirt imprial... On la prsente au Grand-Duc Paul:    elle lui tend deux doigts. Le soir, au Vapore, o je dne avec lui, le Grand-Duc    me dit :  Comme elle est familire, cette femme! </font></p> <div align="center"><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">&deg;+&deg;</font>  </div> <p class=MsoNormal style='text-align:justify'><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">Il    ne faut pas remcher la vie. Il faut percevoir les choses par impressions successives    et prolonges, afin de ne les prouver que dans toute leur force, revenir     plusieurs reprises au mme sujet plutt que l'puiser en le ruminant. C'est    le secret de presque toutes les crations et il n'en est pas de plus importantes    que celles qu'on effectue en soi-mme avec des penses ou des visions. On ne    voit. bien, on ne pense bien que par coups de lumire. La trop longue rflexion    dforme les choses, fausse le jugement. Pour moi, je me trompe bien rarement    quand je me contente d'prouver.</font></p> <div align="center"><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">&deg;+&deg;</font>  </div> <p class=MsoNormal style='text-align:justify'><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">Je    nie souviens de cette page des Goncourt sur les attitudes des femmes dans les    moments suprmes de l'amour. Je pense aux mots, aux exclamations habituelles    des grands amoureux, des amants clbres. Que disaient Romo, Marc-Antoine,    Hlose en ces instants o l'tre se mtamorphose? Se figure-t-on la physionomie    et la parole de Voltaire en cette seconde? de Lord Byron? Quelles syllabes,    quelles phrases, quelles interjections s'chappaient des lvres de Raphal,    de Chateaubriand, de Goethe, de Catherine de Russie? tranges visions que celles    qui me viennent  l'esprit quand je me remmore tout ce que j'ai vu et entendu    en ce genre...</font></p> <div align="center"><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">&deg;+&deg;</font>  </div> <p class=MsoNormal style='text-align:justify'><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">Peut-on    dire de Glck qu'il soit un vrai musicien?<br>   </font><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">Il    avait appris  chanter dans son enfance. Il chantait fort bien et, trs souvent,    faisait des soli dans les glises. Assez surprenant.</font></p> <div align="center"><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">&deg;+&deg;</font>  </div> <p class=MsoNormal style='text-align:justify'><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">Une    heure du matin. - Chez Cuadri. Certaines femmes galantes croient navement que    la suprme sduction consiste  chantonner d'un air frondeur en passant, devant    les hommes...</font></p> <div align="center"><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">&deg;+&deg;</font>  </div> <p class=MsoNormal style='text-align:justify'><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><img src="../images/Venise/diaporama/thumbnails/tnsan%20zaccaria.jpg" width="100" height="63" hspace="8" align="left" onMouseOver="MM_openBrWindow('../images/Venise/diaporama/photospages/san%20zaccaria.htm','','resizable=yes,width=463,height=316')">Aprs    avoir attendu, sous le porche de <strong><font color="#669999">San Zaccaria</font></strong>,    qu'une averse passt et laiss s'couler le temps d'un rendez-vous, avec le    secret espoir qu'il raterait (ce qui a eu lieu), je rencontre, sous les arcades    <span lang=EN-US style='font-family:Arial; '><span lang=FR>de la</span></span><span style='font-family:Arial;"Times New Roman"'> place Saint-Marc, Bojidar Karageorgewitch,    qui me parle longuement de Loti, de Ramuntcho, etc. Et pendant qu'il parlait,    avec distinction et finesse, je regardais son veston couvert de taches, sa chemise    sale, sa cravate fripe ; j'avais beau faire, je ne pouvais quitter des yeux    ces stigmates de la gne et je sentais qu'il m'observait...</span></font></p> <p class=MsoNormal style='text-align:justify'><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><img src="../images/Venise/diaporama/thumbnails/tnSargent%201907%20The_Piazzetta_and_Ducale_Palace.jpg" width="100" height="77" hspace="8" align="right" onMouseOver="MM_openBrWindow('../images/Venise/diaporama/photospages/Sargent%201907%20The_Piazzetta_and_Ducale_Palace.htm','','resizable=yes,width=545,height=440')">Aprs    l'orage, le ciel est devenu subitement bleu turquoise, puis mauve, derrire    Saint-Marc; le Palais des Doges semblait illumin de l'intrieur par une lueur    laiteuse ; une sorte de rverbration verdtre rpandait sur toute chose une    lividit cadavrique. Je contemplais ce fascinant, cet insolite spectacle, de    la boutique de Griffon, o j'avais accompagn Mme Jean de Castellane, rencontre    en costume tailleur et trotteur sous les arcades, et o nous avaient relancs    les Vanderbilt et leurs amis. Auparavant, visite sur leur yacht o se trouvaient    les petits princes grecs, accompagns d'une gouvernante qui ressemblait  lady    Jane Grey.</font></p> <div align="center"><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">&deg;+&deg;</font>  </div> <p class=MsoNormal style='text-align:justify'><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">Ce    soir, dner chez la princesse de Polignac. Les Sgur, Mme de Guerne, les De    Meyer, Borghse. Arrive de Claude Phillips, titubant dans des souliers trop    troits, bien mis, rcl, verniss, parfum comme une vieille cocotte et causant    l'moi de Sgur, qui le prend pour l'acteur Cooper !</font></p> <p class=MsoNormal style='text-align:justify'><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">En    deux heures, nous avons pass en revue cent opras italiens, chantant et jouant    tous les rles. J'tais stupfait de notre mmoire.</font></p> <p class=MsoNormal style='text-align:justify'><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">Retour     l'htel en gondole, sous un ciel pareil  ceux de la Turquie, profond, rempli    d'astres. Mais mon noctambulisme m'a encore pouss dans cette trattoria o je    bois,  la lumire acharne d'un bec Auer, une tasse de caf qui sent le vernis.</font></p> <div align="center"><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">&deg;+&deg;</font>  </div> <p class=MsoNormal style='text-align:justify'><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">Peu    de choses sont plus lugubrement comiques que l'histoire de ce va-nu-pieds, tremblant    de faim et de froid,  qui une femme fait signe, qui la suit et  qui, chez    elle, aprs s'tre dvtue, elle demande, avec calme, cinq francs.</font></p> <div align="center"><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">&deg;+&deg;</font>  </div> <p class=MsoNormal style='text-align:justify'><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">La    Frezzolini, dans la cavatine de Rigoletto, chantait deux fois la coda. Voil    qui en dit long sur l'abondance qui rgnait dans le chant  ces poques bnies    ; non que ce passage soit particulirement difficile, mais le fait de le recommencer    montre un dsir, un besoin, un plaisir de chanter qui a disparu depuis que l'art    du chant est devenu un mtier de manuvre.</font></p> <div align="center"><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">&deg;+&deg;</font>  </div> <p class=MsoNormal style='text-align:justify'><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">6    heures et demie. - Chez Mme de Polignac. Mlle Selva, norme et vtue en bergre,    joue la </font><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">Fantaisie    chromatique de Bach, dont le commencement si trange, oriental (bien malgr    l'auteur !) est d'une beaut sombre. La fugue qui suit me laisse froid, aussi    froid qu'elle-mme, malgr les efforts que fait la virtuose pour la dramatiser.</font></p> <div align="center"><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">&deg;+&deg;</font>  </div> <p class=MsoNormal style='text-align:justify'><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">Une    heure du matin. - Restaurant della Bella Venezia. Concert sur la lagune. Dlicieux    effets vocaux de la comtesse de Guerne. Public glac, nous entourant dans l'obscurit.    Je dclare franchement  cet auditoire mon tonnement de sa froideur, de son    silence. Aussitt il se transforme.</font></p> <p class=MsoNormal style='text-align:justify'><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">Puis,    oubli de tout en gondole, dans les canaux noirs comme des cavernes et solitaires,    o, au rythme de l'aviron, me viennent des motifs de barcarolle triste auxquels    bientt se mle une bauche de chant d'amour.</font></p> <div align="center"><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">&deg;+&deg;</font>  </div> <p class=MsoNormal style='text-align:justify'><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><img src="../images/Venise/diaporama/thumbnails/tnSargent%20Venetian_Glass_Workers%201880.jpg" width="100" height="67" hspace="8" align="left" onMouseOver="MM_openBrWindow('../images/Venise/diaporama/photospages/Sargent%20Venetian_Glass_Workers%201880.htm','','resizable=yes,width=620,height=436')">Hier,     Murano, j'ai assist, enthousiasm,  la fabrication du verre. C'est d'une    posie fantastique et j'aurais pu rester des heures  observer ces ouvriers    si dlis, si habiles et si savants. L'un d'eux, ds que le verre incandescent    sort de la fournaise, le tend au bout d'une tige de fer, dans laquelle il souffle,     un camarade qui le happe  son tour, l'applique au point prcis qu'il faut,    le faonne, le modle, avec une rapidit et une grce surprenantes et, bientt,    lve, </font><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">au    bout d'un fer, un dauphin qui se tord, la gueule ouverte,</font></p> <blockquote>    <blockquote>      <p><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><em>Surgi        de la croupe du bond <br>       D'une verrerie phmre,</em></font> </p>   </blockquote> </blockquote> <p class=MsoNormal style='text-align:justify'><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">ou    bien la plus lgante des coupes multicolores, brlante et fragile comme un    amour qui vient de s'allumer.</font></p> <div align="center"><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">&deg;+&deg;</font>  </div> <p class=MsoNormal style='text-align:justify'><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">Pluie    battante, dner au Vapore avec les Chevign qui revenaient de Padoue o on leur    avait envoy  la gare un immense landau flanqu de deux cochers de corbillard    et qui a manqu verser ds le dmarrage. Je glane, comme toujours, des histoires.    Entre autres, celle-ci : Saint-Maurice qui vient d'acheter un affreux tableau    italien noirtre, embu et craquel, demande  Charles Haas :  A qui l'attribuez-vous?     Haas lui rpond :  A la malveillance.  Et cette phrase de Degas  Whistler,    vtu avec excentricit :  Tu t'habilles comme si tu n'avais pas de talent.    </font></p> <div align="center"><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">&deg;+&deg;</font>  </div> <p class=MsoNormal style='text-align:justify'><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><img src="../images/photospartitions/thumbnails/tnaupaysmusulman.jpg" width="100" height="130" hspace="8" align="right" onMouseOver="MM_openBrWindow('../images/photospartitions/photospages/aupaysmusulmanm.htm','','resizable=yes,width=329,height=440')">Dn     bord du Nirvana (<a name="1"></a><a href="#note1">1</a>). Les Henri de Rgnier,    Primoli, Helleu, Didier Verd-Delisle, la vieille lady Beresford qui est amusante,    qui a du relief, de la physionomie; c'est un personnage comique, mais qui le    sent et en joue. Je relaterai ici un jour la </font><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">belle    et terrible histoire o, souleve par l'amour, elle eut un rle si violent,    et qui est le pendant de celle de lady... et de la marquise de L... Dans le    salon du yacht, m'accompagnant sur un bon petit piano, j'ai chant, pour Rgnier,    <strong> <font color="#669999"> <em>le Pays musulman</em></font></strong>: effet    accoutum.</font></p> <p class=MsoNormal style='text-align:justify'><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">On    a parl de Mallarm ; on a dit du mal de Sully Prudhomme ; moi, sans rien dire,    j'en pensais du bien. Mais je n'ai pas voulu me permettre de discuter avec Rgnier.</font></p> <p class=MsoNormal style='text-align:justify'><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><img src="../images/Venise/diaporama/thumbnails/tnSargent%20Gondolier%201881.jpg" width="100" height="125" hspace="8" align="right" onMouseOver="MM_openBrWindow('../images/Venise/diaporama/photospages/Sargent%20Gondolier%201881.htm','','resizable=yes,width=339,height=440')">Antonio    vient me chercher. Longue, interminable  sgondolata  dans les canaux noirs.    Arrt dans le silence d'un dcor shakespearien, puis  une trattoria pleine    d'ivrognes o nous buvons de l'asti spumante trs infrieur  celui que je dgustais    avec Frdric devant les  jets d'eau de la villa d'Este  !</font></p> <div align="center"><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">&deg;+&deg;</font>  </div> <p class=MsoNormal style='text-align:justify'><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">Acadmie.    Le got et la manire sont si apparents, qu'il faut une aptitude exceptionnelle    pour les distinguer l'un de l'autre. C'est pourquoi on ne doit pas mpriser    la manire. Elle est le plus souvent le signe d'une conception dlicate des    choses et quand elle se transforme en got, le vritable artiste ne songe     critiquer. On approche davantage de la beaut dfinitive par la manire que    par le manque de got.</font></p> <p class=MsoNormal style='text-align:justify'><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><img src="../images/Venise/diaporama/thumbnails/tnCARPACCIO%20martyre%20des%20110000%20vierges.jpg" width="100" height="52" hspace="8" align="left" onMouseOver="MM_openBrWindow('../images/Venise/diaporama/photospages/CARPACCIO%20martyre%20des%20110000%20vierges.htm','','resizable=yes,width=620,height=348')">Dans    cette <em><strong><font color="#669999">Extermination des onze mille vierges    de Carpaccio</font></strong></em>, l'officier qui tient une pe, au milieu    du tableau, est d'un manirisme extrme, mais c'est ce qui lui donne du style    ; dans la mme pose, sans  manire , il serait ridicule. (A rapprocher </font><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">de    quelques lignes de Brunetire, qui, pourtant n'tait fichtre pas manir!)</font></p> <div align="center"><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">&deg;+&deg;</font>  </div> <p class=MsoNormal style='text-align:justify'><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">Avant-hier,    accompagn de faon misrable par les  musiciens de Saint-Marc , j'ai chant    sur la lagune des chansons vnitiennes; ces airs lgers ou mlancoliques sonnaient    bien dans le ciel toil et j'ai ressenti cette motion qui se rpercute dans    le coeur quand elle a t vraiment prouve par l'entourage.</font></p> <p class=MsoNormal style='text-align:justify'><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">Hier,    mieux encore ; j'ai eu un vrai contentement. Mme de Barn m'avait demand de    chanter seul avec un piano dans les  piccoli canali . Quelques gondoles seulement    : la Comtesse, les Rgnier, Abel Bonnard, quelques amis prvenus en hte. Dans    une barque illumine, j'tais seul avec le piano et deux rameurs. Les gondoles    se sont groupes autour de moi; nous nous sommes installs  un carrefour o    dbouchaient trois canaux, au-dessous de trois ponts d'une coupe charmante.    J'ai chant de tout; pas un mot n'tait perdu ; les auditeurs, intelligents,    tenus en veil par le silence, prouvaient la raction de chaque syllabe. Peu     peu, des passants se sont rassembls, garnissant les balustrades des ponts    ; un public plbien s'est form, compact, attentif. Les Chansons vnitiennes    ont fait l'effet, dans cette petite foule, de cartouches explosives, causant    une joie, une surprise qui m'ont fait plaisir.  Ancora ! arncora !  criait-on    de l-haut...</font></p> <div align="center"><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">&deg;+&deg;</font>  </div> <p class=MsoNormal style='text-align:justify'><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><img src="../images/Venise/diaporama/thumbnails/tnSargent%201913%20Palazzo_Labbia_Venice3.jpg" width="100" height="69" hspace="8" align="left" onMouseOver="MM_openBrWindow('../images/Venise/diaporama/photospages/Sargent%201913%20Palazzo_Labbia_Venice3.htm','','resizable=yes,width=534,height=392')">Je    reviens de l'Arsenal, par une lumire enchanteresse, enchante. Des palais rougetres    se mirent dans l'azur de l'eau; le ciel demeure clair dans le crpuscule qui    s'assombrit, et Antonio, mon gondolier, se dtache tout noir sur ce bleu Vronse.</font></p> <div align="center"><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">&deg;+&deg;</font>  </div> <p class=MsoNormal style='text-align:justify'><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">Aprs    un djeuner frugal - je n'avais dormi qu'une heure, - je me suis rendu  San-Lazzaro    en gondole, promenant mes yeux sur ces horizons fluides que lord Byron scrutait    chaque matin. Un  pre , laid et bavard, me montre le couvent sans me faire    grce de rien. Il me signale des choses affreuses que j'aimerais mieux viter,    des dons ridicules de souverains, des portraits de  suprieurs , des plafonds    ineptes. Je m'arrte devant une affreuse statuette de Canova : Saint Jean-Baptiste    enfant, qui reproduit les traits du roi de Rome; mais ce roi de Rome est un    Napolon plus vieux, plus gros, et chauve parce que le bb n'avait pas encore    de cheveux. Il me fait admirer la typographie, la chapelle (o il y a de belles    colonnes antiques qui le laissent indiffrent), la bibliothque, proprement    tenue. Je lui parle du sultan. Un sourire amer et railleur apparat dans son    horrible barbe. Je lui achte pour deux francs de proverbes et de cartes postales    et les lui paye le double en lui disant : </font><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">    Pour vos pauvres.  -  Ah! si c'est pour les </font><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">pauvres,    oui, nous acceptons.  Les pauvres ne profiteront gure de ma prodigalit.</font></p> <div align="center"><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">&deg;+&deg;</font>  </div> <p class=MsoNormal style='text-align:justify'><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">Sainte-Hlne.    - Dvastation, vulgarit : mais le petit canal qui la borde a quelque chose    de joli dans la pratique, et de srieux qui a son charme. Raisins aigres, achets    au vieux marchand qui me les avait garantis <em>molto dolci</em>. Derrire Saint-Pierre    di Sastello, je descends : vin sucr, cre et piquant qui grise. Antonio fait    la grimace.</font></p> <div align="center"><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">&deg;+&deg;</font>  </div> <p class=MsoNormal style='text-align:justify'><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">A    la Piazza. - Dn hier chez Mme de Polignac. Borghse, toujours trs gentil,    est devenu un peu raseur. Chant. J'ai reconduit au Danieli M. de C... qui a    reconnu mon amabilit en me tuant d'ennui.</font></p> <p class=MsoNormal style='text-align:justify'><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><img src="../images/Venise/diaporama/thumbnails/tnSan%20Giovanni%20in%20Bragora.jpg" width="92" height="140" hspace="8" align="right" onMouseOver="MM_openBrWindow('../images/Venise/diaporama/photospages/San%20Giovanni%20in%20Bragora.htm','','resizable=yes,width=162,height=256')">Temps    de cristal, Lev tard, je me fais <em>portare</em>  S. Giovanni in Bragora,    glise qu'on ne visite gure et qu'il faudrait visiter. <img src="../images/Venise/diaporama/thumbnails/tncima%20Bapt%E8me%20du%20Christ%20eglise%20S%20Giovanni%20in%20Bragora.jpg" width="85" height="140" hspace="8" align="left" onMouseOver="MM_openBrWindow('../images/Venise/diaporama/photospages/cima%20Bapt%E8me%20du%20Christ%20eglise%20S%20Giovanni%20in%20Bragora.htm','','resizable=yes,width=261,height=440')">Derrire    le matre-autel, superbe Cima di Conegliano. Trois figures de femmes ou d'anges    s'avancent,  gauche, tenant des linges pourpres et bleus, vers le Christ immobile    et nu, prs de Baptiste qui lui verse sur la tte l'eau lustrale; ce dernier    est maigre et hve, semblable  un fakir, ses fines jambes brunes sont des troncs    d'arbrisseaux nerveux. Un fond calme et blond commande le tableau. Il y a d'autres    ouvrages de Cima dans cette petite glise, intressants et beaux, trois merveilleux    petits tableaux qu'on dirait en mail. Deux Vivarini empreints d'une srnit    cleste. Un Paris Bordone de composition </font><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">magistrale    et hardie. Le saint Jean qui dfaille sur la poitrine de Jsus est ineffable    de grce et de pathtique.</font></p> <p class=MsoNormal style='text-align:justify'><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">6    heures du matin. - Ferrovia. La brume matinale de Venise, j'aurais pu la rendre    en musique d'aprs mon imagination. Du jour o je l'ai vue, cela m'est devenu    impossible.</font></p> <p class=MsoNormal style='text-align:justify'><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">Soire    et nuit passes  l'Albergo del Trovatore! Il me semblait  chaque instant    entendre Saltabadil aiguiser un poignard derrire la porte... crit, entre 3    et 5 heures du matin, le double chur de <font color="#669999"><strong>Promthe</strong></font>.</font></p> <div align="center"><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">&deg;+&deg;</font>  </div> <p class=MsoNormal style='text-align:justify'><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">Ce    soir, j'entre au thtre, mais j'en ressors cur ; on y joue une ferie inepte    et grossire, tire de je ne sais quelle comdie de Gozzi qu'on a dforme,    avilie. Une grosse femme au nez retrouss, gante de blanc, apparat en fe    et charme des serpents  plis d'accordon qui allaient dvorer une princesse.</font></p> <div align="center"><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">&deg;+&deg;</font>  </div> <p class=MsoNormal style='text-align:justify'><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">Ce    soir, chez Mariano (<a name="2"></a><a href="#note2">2</a>), aprs avoir dn    chez Mme de Polignac. Projections lumineuses des Michel-Ange de la chapelle    Sixtine. J'ai eu, je l'avoue une rvlation. Je ne croyais pas  tant de gnie    dans cette oeuvre ! J'y reviendrai. Mais, ds  prsent, je m'excuse d'avoir    parfois assimil Michel-Ange  Beethoven. Ah ! combien ce dernier est rapetiss     mes yeux par l'agrandissement d'hier !</font></p> <div align="center"><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">&deg;+&deg;</font>  </div> <p class=MsoNormal style='text-align:justify'><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><img src="../images/Venise/diaporama/thumbnails/tnTitien%20Doge%20Antonio%20Grimani%20%E0%20genoux%20devant%20la%20foi%201576.jpg" width="100" height="73" hspace="8" align="left" onMouseOver="MM_openBrWindow('../images/Venise/diaporama/photospages/Titien%20Doge%20Antonio%20Grimani%20%E0%20genoux%20devant%20la%20foi%201576.htm','','resizable=yes,width=574,height=440')">Dans    ce doge  genoux, du Titien, peut-on voir sans horreur la Religion? C'est une    laveuse de vaisselle prtentieuse en chemise de nuit, qui fait l'quilibriste    en tenant d'une main la croix et de l'autre, le ciboire. Le doge est beau et    d'une peinture magistrale.</font></p> <p class=MsoNormal style='text-align:justify'><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">Fondamento    di S. Simeone piccolo. - Assis  la terrasse du petit caf. Je ne me suis pas    couch cette nuit; j'ai vu se lever le soleil sur la lagune; c'est l'un des    plus beaux spectacles de l'Occident.</font></p> <p class=MsoNormal style='text-align:justify'><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">Je    ne sais ce que j'aime le mieux, de la lucidit complte et saine prouve tout     l'heure aprs une nuit d'insomnie sans agitation et sobre, ou de la demi-torpeur    encore trs clairvoyante o je me trouve maintenant  cause de la fatigue qui    commence et qu'accentue le verre de Malaga que je viens de boire et  travers    lequel tout m'apparat comme lgrement teint d'indiffrence par la certitude    du sommeil prochain.</font></p> <div align="center"><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">&deg;+&deg;</font>  </div> <p align="center" class=MsoNormal style='text-align:justify'><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">Rio    della Madonetta. - Hier, malade, je suis rest couch. Fivre, nuit pnible.    Aujourd'hui, aprs avoir un peu travaill, j'ai djeun chez les Fortuny, puis    me suis rendu en gondole  Santa Maria della Pieta. Je ne comprends rien, dcid</font><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">ment,     ces plafonds de Tiepolo ;<img src="../images/Venise/diaporama/thumbnails/tnTiepolo%20-%20Plafond%20palazzo%20Labbia.jpg" width="100" height="107" hspace="8" vspace="5" align="left" onMouseOver="MM_openBrWindow('../images/Venise/diaporama/photospages/Tiepolo%20-%20Plafond%20palazzo%20Labbia.htm','','resizable=yes,width=392,height=440')">    je demeure froid devant tous ces ornements et toutes ces draperies dnus de    signification. Cette technique superficielle de la dcoration m'assomme. Facilit,    bon got, clat, tant qu'on voudra, mais quelle absence de pense, quelle frivolit    lassante ! Et puis, d'une faon gnrale, zut pour les plafonds</font></p> <p class=MsoNormal style='text-align:justify'><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><img src="../images/Venise/diaporama/thumbnails/tnSamuel%20Prout%20la%20Piazzetta%20et%20palais_des_doges.jpg" width="100" height="72" hspace="8" align="right" onMouseOver="MM_openBrWindow('../images/Venise/diaporama/photospages/Samuel%20Prout%20la%20Piazzetta%20et%20palais_des_doges.htm','','resizable=yes,width=422,height=328')">Rien,    aucun tableau, aucune fresque d'aucun matre n'gale le radieux dcor de la    Piazzetta sur le fond de la lagune et du ciel. Promenade sur la place avec les    De Meyer ; la baronne, bien habille, en noir, avec des revers cerise.</font></p> <p class=MsoNormal style='text-align:justify'><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">Antonio    me raconte que le vieux Curtis voyant un jour son jardinier qui allait tuer    un rat, le morigna, disant que c'tait l'affaire du chat. Il s'asseyait souvent    dans son jardin de la Giudecca et s'y faisait, piquer par les moustiques, prtendant    que ces insectes avaient dans leur dard un principe chimique excellent pour    la sant. Aprs une heure ou deux, il rentrait, carlate et bouffi de leurs    baisers.</font></p> <p class=MsoNormal style='text-align:justify'><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">La    vieille Mme de Bague, spare de son mari, achte un titre de comtesse ; elle    tlgraphie  Bague :  Monsieur, vous tes comte.  Il lui rpond -  Madame,    vous tes folle. </font></p> <p class=MsoNormal style='text-align:justify'><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">-    On dit  Mme Potocka :  La princesse X... signe Caraman-Chimay.  -  Elle    pourrait signer carrment chameau ! </font></p> <p class=MsoNormal style='text-align:justify'><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">Hier,    parlant avec la princesse Winnie (<a name="3"></a><a href="#note3">3</a>) de    M. X..., dilettante mondain qui prtend qu' Venise le disparate dans l'architecture    est d'un </font><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">mauvais    effet, je dis : Ce n'est pas un artiste., Elle me rpond :  Non, c'est un    penseur!  Ayant trouv ce matin, dans sa baignoire, un scorpion, la princesse    Winnie songe   vendre son palais et  se retirer en cosse. </font></p> <div align="center"><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">&deg;+&deg;</font>  </div> <p class=MsoNormal style='text-align:justify'><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">Je    me rends  une petite maison habite aujourd'hui par un notaire et dans laquelle,    au dix-huitime, se donnaient rendez-vous des dames qui redoutaient les violences    masculines. Elle conserve encore, dans ses adorables stucs, dans les formes    de ses plafonds, de ses portes, de ses balcons et dans tout son aspect, la physionomie    de cette poque exquise et masque : le dix-huitime sicle vnitien.</font></p> <p class=MsoNormal style='text-align:justify'><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><img src="../images/Venise/diaporama/thumbnails/tnca%20d%27oro%202.jpg" width="92" height="140" hspace="8" align="left" onMouseOver="MM_openBrWindow('../images/Venise/diaporama/photospages/ca%20d%27oro%202.htm','','resizable=yes,width=283,height=440')">Puis,    nous visitons la  Ca d'Oro . Le Mantegna est beau, trs beau, mais  quel    moment le trompe-lil cesse-t-il d'tre de l'art pour devenir du toc? Entre    <a href="../images/Venise/diaporama/photospages/Mantegna%20Adoration%20des%20Bergers.htm" target="_blank">Mantegna</a>    et <a href="../images/Venise/diaporama/photospages/wiertzThings%20of%20the%20Present%20Before%20the%20Men%20of%20Future%201855.htm" target="_blank">Wiertz</a>    (<a name="4"></a><a href="#note4">4</a>), o est la frontire subtile et inviolable?</font></p> <p class=MsoNormal style='text-align:justify'>&nbsp;</p> <p class=MsoNormal style='text-align:justify'>&nbsp;</p> <p class=MsoNormal style='text-align:justify'><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">Je    pars demain. Ce soir, longue et dlicieuse  sgondolata  sur la lagune, loin,    loin! Un clair de lune oriental, une eau semblable  de la nacre, des reflets    tranquilles rpandus. Suavit que les mots ne peuvent dcrire. Des barques,    une  une, passent, lourdes et lentes, glissant sur la nappe lumineuse du flot,    comme des nuages. Je me roule dans mon manteau et m'installe pour un long demi-sommeil.    Retour frileux et bloui. Le Palais des Doges </font><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">merge,    brillant comme un ivoire dor dans le bleu tendre de la nuit. Antonio me parle,    mais j'ai les lvres closes par l'enchantement qui m'entoure et au moment de    franchir le cap de la Dogana, je me retourne pour boire des yeux une dernire    fois un peu de toute cette beaut.</font></p> <div align="center"><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">&deg;+&deg;</font>  </div> <p class=MsoNormal style='text-align:justify'><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">J'ai    parcouru en tous sens Venise et Mozart ; j'ai rv longuement sur tous cieux,    j'ai saisi bien des choses fuyantes de leur me, de leur aspect. Derrire le    voile de leur irrsistible physionomie, je vois briller une beaut juvnile    et immortelle. Mais leur accoutrement multicolore et joyeux ne peut cacher     ma tendresse la mlancolie, la douleur, le dsespoir qui les rongent. Et tout    cela s'est rsum pour moi en un aspect, en une phrase, tous deux tranquilles,    <img src="../images/Venise/diaporama/thumbnails/tnturner-The%20Dogana%20and%20San%20Giorgio%20Maggiore,%201834.jpg" width="100" height="75" hspace="8" vspace="5" align="left" onMouseOver="MM_openBrWindow('../images/Venise/diaporama/photospages/turner-The%20Dogana%20and%20San%20Giorgio%20Maggiore,%201834.htm','','resizable=yes,width=511,height=407')">dchirants,    sublimes. C'est prs de San Giorgo Maggiore, en revenant  la tombe du jour    vers le Rio della Salute que le rythme de la rame fit peu  peu s'veiller en    ma mmoire ces notes lentes, voisines, conjointes, qui semblent vouloir figurer    un effort pour se dgager, se librer, l'effort du sentiment longtemps maintenu    et qui voudrait s'envoler  travers des lvres, vers le ciel. Peu  peu, la    mlodie s'imposait  moi, s'affirmant dans mon esprit, commandant  ma voix,    m'obligeant  la murmurer. C'tait la plainte discrte et profonde de la comtesse    Almaviva, le reproche rsign qu'elle adresse...  qui?  personne! Au temps,     la vie, au destin... Non, ce n'est pas un reproche, c'est un regret, tout    le regret, toute la souffrance du sou</font><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">venir.    A mesure que je chantais tout bas, il me semblait que le dessin musical, que    la couleur mlodique se conformaient aux lignes architecturales que j'avais    devant les yeux, que la physionomie mlodique refltait celle des choses qui    m'entouraient; c'tait la mme lassitude d'esprer le mme sourire stoque et    dchirant. Le soleil disparaissait, allait s'teindre, ses derniers rayons n'taient    plus retenus que par un bout de mosaque au porche de Saint-Marc, mais dj    les lumires de la Piazza s'allumaient, ples, tristes, presque funbres dans    l'agonie de cette belle journe. Il me semblait voir la comtesse, toujours souriante    et meurtrie, se parant avec lenteur, se mettant au front, aux oreilles, au cou,    d'un geste distrait et accoutum, des bijoux pour l'apparat du soir, emblmes    scintillants de son esclavage.</font></p> <blockquote>    <blockquote>      <p><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><em>Dove        sono i bei momenti <br>       Di dolcezza. e di piacer?</em></font> </p>   </blockquote> </blockquote> <p class=MsoNormal style='text-align:justify'><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">Oui,    ce chant est profondment vnitien, et par ce qu'il montre et par tout ce qu'on    y devine. Jusqu' ce mot <em>bei</em> qui n'a plus l'air d'une licence potique,    mais qui est proprement le mot vnitien pour <em>belli</em>, crit ainsi par    le Vnitien Da Ponte et qui lui est venu tout naturellement dans le rythme du    vers parce que, pour lui, <em>belli</em> se disait <em>bei</em>!... </font></p> <blockquote>    <blockquote>     <p><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><em>Dove        sono i giuramenti <br>       Di quel labro menzogner?</em></font> </p>   </blockquote> </blockquote> <p class=MsoNormal style='text-align:justify'><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">On    dirait une petite pice lgiaque de Buratti ou de Francesco del Ongaro, une    de ces brves posies o se retrouve le susurrement, la caresse </font><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">de    l'idiome de Venise; et Mozart, le plus nerveux, le plus sensitif des musiciens    d'autrefois a, sans s'en douter, traduit en ces quelques notes, non seulement    la douleur de Rosine dlaisse, mais aussi la langueur et la volupt de Venise.</font></p> <hr> <p class=MsoNormal style='text-align:justify'><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><span style='mso-bidi-font-family: Times New Roman'><font color="669999"><strong>Milan.    -</strong></font><o:p></o:p></span></font></p> <p class=MsoNormal style='text-align:justify'><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><span style='mso-bidi-font-family: Times New Roman'>Surprise    et ravissement  la vue de ces Luini vraiment admirables et d'une noblesse gale     leur douceur.<o:p></o:p></span></font></p> <p class=MsoNormal style='text-align:justify'><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><span style='mso-bidi-font-family: Times New Roman'>Mise    au tombeau de sainte Catherine par les anges. Incroyable effet de lgret dans    ce tableau singulier: effet arien grce  la disposition des anges,  leurs    ailes,  leur robe, et au silence qui flotte avec eux. La sainte est comme une    plume dans leurs bras et l'on prouve, en regardant cette scne, comme un sentiment    de libration respiratoire. Ce tableau me fait penser au mot de Baudelaire<o:p>    : </o:p></span></font><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><span style='mso-bidi-font-family: Times New Roman'>    Le prlude du troisime acte de Lohengrin m'affranchit des lois de la pesanteur.    <o:p></o:p></span></font></p> <p class=MsoNormal style='text-align:justify'><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><span style='mso-bidi-font-family: Times New Roman'><img src="../images/Venise/diaporama/thumbnails/tnvan%20dyck%20The%20Vision%20of%20Saint%20Anthony%201629.jpg" width="100" height="124" hspace="8" align="right" onMouseOver="MM_openBrWindow('../images/Venise/diaporama/photospages/van%20dyck%20The%20Vision%20of%20Saint%20Anthony%201629.htm','','resizable=yes,width=342,height=440')">-    Van Dyck adorable : la Vierge, l'Enfant et saint Antoine de Padoue : geste mignon    et pourtant noble du bb. J'ai retrouv avec plaisir la figure jeune, souriante    et grave du saint. Coloration brillante, chaude et caressante. Admirable peinture.<o:p></o:p></span></font></p> <p class=MsoNormal style='text-align:justify'><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><span style='mso-bidi-font-family: Times New Roman'>-    Tte de Christ par Lonard, douceur, tristesse, rsignation. (Est-ce de Lonard?    Il le semble bien; c'est de la mme  matire  que l'Isabelle d'Este<img src="../images/Venise/diaporama/thumbnails/tnVinci%20Isabelle%20d%27Este%201499.jpg" width="100" height="134" hspace="5" vspace="5" align="left" onMouseOver="MM_openBrWindow('../images/Venise/diaporama/photospages/Vinci%20Isabelle%20d%27Este%201499.htm','','resizable=yes,width=317,height=440')">    transparence, blanc gris, rose bistr)...<o:p></o:p></span></font></p> <p class=MsoNormal style='text-align:justify'><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><span style='mso-bidi-font-family: Times New Roman'>Cette    grande ville n'est pas laide. Chteau imposant et fascinant,  cause de Lonard    qui l'a hant. On a retrouv depuis peu une fresque de lui,<o:p> </o:p></span></font><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><span style='mso-bidi-font-family: Times New Roman'>un    Mercure, je crois, que je dois voir demain. A la Bibliothque : Homre du quatrime    sicle, illustr, curieux. criture du Tasse : pdantisme, mais grce et beaut.    Trs lisible; la seule criture de l'poque qui soit absolument distincte.<o:p></o:p></span></font></p> <p class=MsoNormal style='text-align:justify'><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><span style='mso-bidi-font-family: Times New Roman'>:Sainte    Marie des Grces. J'entre dans le long rfectoire. Tout de suite mes yeux vont    au divin chef-d'oeuvre, mais ne s'y attachent qu'un instant, car je ne veux    pas morceler ma sensation. Muni d'une grande lorgnette que m'a donne le gardien,    je m'approche. Je contemple d'abord  l'il nu ce fantme fascinant. Mais non!    ce n'est pas un fantme, c'est quelque chose qui n'est pas mort. Tout ce qui    tait mortel est parti par lambeaux, par bribes, vieillesse et ruine; mais ce    qui tait immortel est demeur et ne saurait s'effacer. On jouit encore pleinement    de ce qui vivait de l'Esprit et de tout ce que reut cette oeuvre unique.<o:p></o:p></span></font></p> <p class=MsoNormal style='text-align:justify'><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><span style='mso-bidi-font-family: Times New Roman'>C'est    non pas ce qu'elle est, mais ce qui a prsid  sa cration, qui lui donne cette    suprme et dfinitive beaut. C'est ce qui fait le sortilge de ce pan de mur    effrit.<o:p></o:p></span></font></p> <p class=MsoNormal style='text-align:justify'><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><span style='mso-bidi-font-family: Times New Roman'>Il    est encore imprgn de Lonard, rayonnant de sa pense, de son gnie; lui seul    y est visible et non les autres, et si on le repeint encore, c'est encore Lonard    qu'on verra. Il brillera par-dessus tout et tous.<o:p></o:p></span></font></p> <p class=MsoNormal style='text-align:justify'><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><span style='mso-bidi-font-family: Times New Roman'>Ce    qui est l, c'est la raison humaine, c'est l'quilibre, c'es</span></font><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><span style='mso-bidi-font-family: Times New Roman'>t    l'harmonie, c'est la douceur forte, la calme et dlicate puissance. Qu'importe    qu'on peigne et repeigne? La premire trace du gnie perce  travers tout.<o:p></o:p></span></font></p> <p class=MsoNormal style='text-align:justify'><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><span style='mso-bidi-font-family: Times New Roman'>Figure    de Lonard, auguste et pourtant familire, que j'voque souvent! Et, avec elle,    tout ce qui<o:p> </o:p></span></font><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><span style='mso-bidi-font-family: Times New Roman'>rend    la vie supportable, la claire vision des choses, le mridien o l'entendement    respire comme dans son lment prdestin.<o:p></o:p></span></font></p> <hr> <p class=MsoNormal style='text-align:justify'><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><span style='mso-bidi-font-family: Times New Roman'><font color="669999"><strong>En    wagon-bar.</strong></font> - Ae! La Suisse !<o:p></o:p></span></font></p> <p class=MsoNormal style='text-align:justify'><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><span style='mso-bidi-font-family: Times New Roman'>-    Horreur de voir une jeune marie manger du fromage.<o:p><br>   </o:p></span></font><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><span style='mso-bidi-font-family: Times New Roman'>L'homme    qui mche trs vite par un mouvement de mchoires prcipit&eacute; est gnralement    optimiste, ou bien naf.<o:p></o:p></span></font></p> <div align="center"><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">&deg;+&deg;</font>  </div> <p class=MsoNormal style='text-align:justify'><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><span style='mso-bidi-font-family: Times New Roman'><o:p></o:p></span></font><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><span style='mso-bidi-font-family: Times New Roman'>La    Suisse, indpendamment de ses  clous , etc., est vraiment faite pour plaire    aux gens qui n'ont. pas de sentiment artistique. Je ne veux pas dire qu'un artiste    ne puisse s'y plaire. Mais ce n'est pas dans l'ordre naturel des choses.<o:p></o:p></span></font></p> <div align="center"><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">&deg;+&deg;</font>  </div> <p class=MsoNormal style='text-align:justify'><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><span style='mso-bidi-font-family: Times New Roman'><o:p></o:p></span></font><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><span style='mso-bidi-font-family: Times New Roman'>-    S'il m'tait interdit d'illuminer ma vie par l'admiration, la production, l'ambition,    s'il fallait en un mot que je vive tout simplement, je n'hsiterais pas  mourir.<o:p></o:p></span></font></p> <div align="center"><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">&deg;+&deg;</font>  </div> <p class=MsoNormal style='text-align:justify'><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><span style='mso-bidi-font-family: Times New Roman'><o:p></o:p></span></font></p> <div align="center"><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><span style='mso-bidi-font-family: Times New Roman'>Qu'on    ne nous parle plus d'Orphe, <br>   Par toi, Lully, sa gloire est touffe,<o:p><br>   </o:p></span></font><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><span style='mso-bidi-font-family: Times New Roman'>Si    de la lyre et de la voix<o:p><br>   </o:p></span></font><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><span style='mso-bidi-font-family: Times New Roman'>La    fable vante en lui les rares avantages, <br>   Qu'a-t-il fait qui ne cde  tes divins ouvrages <br>   Qui charment le plus grand des Rois?</span></font> </div> <p class=MsoNormal style='text-align:justify'><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><span style='mso-bidi-font-family: Times New Roman'><o:p></o:p></span></font><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><span style='mso-bidi-font-family: Times New Roman'>Je    ne me souviens plus de qui sont ces vers, qui me reviennent tout  coup.</span></font></p> <hr> <p class=MsoNormal style='text-align:justify'><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><span style='mso-bidi-font-family: Times New Roman'><o:p></o:p></span></font><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><span style='mso-bidi-font-family: Times New Roman'><font color="669999"><strong>Paris.    -</strong></font><o:p></o:p></span></font></p> <p class=MsoNormal style='text-align:justify'><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><span style='mso-bidi-font-family: Times New Roman'><img src="../images/photosdivers/thumbnails/tnchateaureveillon.jpg" width="100" height="84" hspace="5" vspace="5" align="left" onMouseOver="MM_openBrWindow('../images/photosdivers/photospages/chateaureveillon.htm','','resizable=yes,width=557,height=490')">Huit    jours passs  Rveillon. Automne jaune et calme. Promthe, toujours.<o:p></o:p><br>   </span></font><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><span style='mso-bidi-font-family: Times New Roman'>Hier,    djeuner chez Durand avec les De Meyer. Puis rencontr Calv ; elle est, me    dit-elle, fiance avec un demi-aveugle qui a soixante millions....<o:p></o:p></span></font></p> <p class=MsoNormal style='text-align:justify'><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><span style='mso-bidi-font-family: Times New Roman'>Lu    la pice tire par Lematre de la Princesse de Clves : bien crite, dans le    style de Mme de La Fayette ; elle est un peu froide; j'avais song  reprendre    mon ancien projet.<o:p></o:p></span></font></p> <p class=MsoNormal style='text-align:justify'><font color="#336699" size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><span style='mso-bidi-font-family: Times New Roman'>Ce    soir, dn chez les La Redorte avec les Reszk. Bons vins; un Alicante de cent    cinquante ans dont tout le sucre a disparu et qui, pre et savoureux, fait penser     un chapitre de Gil Blas. Aprs le dner, tout en fumant, Jean imite le parler    des Vnitiens avec une telle perfection que j'en suis mu, que je me retrouve    l-bas, que mille souvenirs s'veillent.. Puis musique, au hasard du caprice.    Mme de Reszk admirable comme toujours.<o:p></o:p></span></font><font color="#336699" size="2" face="Arial"><span style='mso-bidi-font-family: Times New Roman'><o:p></o:p></span></font><font color="#336699" face="Arial"><span style='mso-bidi-font-family: Times New Roman'><o:p></o:p></span></font><font color="#336699" face="Arial"><span style='mso-bidi-font-family: Times New Roman'><o:p></o:p></span></font></p> <hr> <p align="center"><font size="3"><strong><font face="Times New Roman, Times, serif">En    compl&eacute;ment de ce texte, d&eacute;couvrez Venise &agrave; travers les    yeux d'un contemporain de Reynaldo Hahn :<font color="#669999"><br>   <a href="../images/Venise/Sargent/index.htm">John Singer Sargent</a></font></font></strong></font><a href="../images/Venise/Sargent/index.htm"><font face="Times New Roman, Times, serif"><br>   <strong><font color="669999" size="2">(1856-1925)</font></strong></font></a></p> <hr> <p><font color="#336699" size="1" face="Arial, Helvetica, sans-serif">(<a href="#1">1</a>)    <a name="note1"></a>Yacht de la comtesse de Barn<br>   (<a href="#2">2</a>) <a name="note2"></a>M. Mario Fortuny<br>   (<a href="#3">3</a>) <a name="note3"></a>La princesse Edmond de Polignac.<br>   (<a href="#4">4</a>) <a name="note4"></a>Peintre belge qui excella dans le     trompe-l'oeil . </font></p> <p class=MsoNormal style='text-align:justify'><font color="#336699" face="Arial"><span style='mso-bidi-font-family: Times New Roman'><o:p></o:p></span></font></p>  </body> </html> 
