<!DOCTYPE HTML PUBLIC "-//W3C//DTD HTML 4.0 Transitional//EN"> <HTML>  <HEAD>            <TITLE>Biographie l&eacute;gendaire de Louise Lab&eacute;</TITLE> <STYLE> <!--    A {text-decoration: none;} IMG {border-width: 0px}    --></STYLE> </HEAD> <BODY BGCOLOR="#FFFFFF" LINK="#006666" ALINK="#00DCDC" VLINK="#AF0000" background="../parchemin.gif">  <TABLE BORDER="0" CELLSPACING="25">            <TR> 	  <TD WIDTH="150"></TD> 	  <TD> 	   	  <DIV ALIGN="CENTER"> 	       <FONT SIZE="+2" COLOR="#AF0000">ODE  <P> 	       <I>Des louenges<BR>de Dame Lou&iuml;ze Lab&eacute;,<BR>Lionnoize.</I></FONT> 	  </DIV> 	   	  <P>&nbsp; 	   <P>Il ne faut point que j'appelle<BR> Les hauts Dieus &agrave; mon secours,<BR> Ou bien la bande pucelle<BR> Pour m'ayder en mon discours.<BR> Puis que les Dieus, de leur grace,<BR> Les saintes Muses, les Cieus,<BR> Ont tant illustr&eacute; la face,<BR> Le corps, l'esprit curieus<BR> De celle, dont j'apareille<BR> La louenge nompareille,<BR> Je congnoy bien clerement<BR> Que toute essence divine<BR> Me favorise, et s'encline<BR> A ce beau commencement.</P>  <P>Sus sus donq, blanche senestre<BR> Fay tes resonans effors&nbsp;:<BR> Et toy, &ocirc; mignarde destre<BR> Chatouille ses dous acors<BR> Chantons la face angelique,<BR> Chantons le beau chef dor&eacute;,<BR> Si beau, que le dieu Delphique<BR> D'un plus beau n'est decor&eacute;.<BR> Noublions en notre metre<BR> Comme elle osa s'entremettre<BR> D'armer ses membres mignars&nbsp;:<BR> Montrant au haut de sa teste<BR> Une espouvantable creste<BR> Sur tous les autres soudars.</P>  <P>O noble, &ocirc; divin chef d'euvre<BR> Des Dieus hauteins tous puissans,<BR> Au moins meintenant descoeuvre<BR> Tes yeus tous resjouissans,<BR> Pour voir ma Muse animee,<BR> Qui de sa robuste main<BR> Haussera ta renommee<BR> <A NAME="rommain">Trop mieux que ce vieil Rommain</A><BR> Qui sa demeure ancienne,<BR> La terre Saturnienne<BR> Delaissa pour ta beaut&eacute;,<BR> Afin qu'&agrave; toy rigoureuse<BR> Il fut hostie piteuse<BR> En sa ferme loyaut&eacute;.</P>  <P>La Muse docte divine<BR> Du vieillard audacieus<BR> Par le vague s'achemine<BR> Pour t'enlever jusqu'aus Cieus&nbsp;:<BR> Niais la Parque naturelle<BR> Dens les Iberiens chams,<BR> Courut desemplumer l'aile<BR> De ses pleurs et de ses chans&nbsp;:<BR> Envoyant en sa vieillesse,<BR> Mal seant en ta jeunesse, <BR> Son corps, au tombeau ombreus&nbsp;:<BR> Et son ame enamouree<BR> En l'obscure demouree<BR> Des Royaumes tenebreus.</P>  <P>Dieus des voutes estoilees,<BR> Qui en perdurable tour<BR> Retiennent emmantelees<BR> Les terres, tout &agrave; l'entour&nbsp;:<BR> Permetez moy que je vive<BR> Des ans le cours naturel,<BR> A fin qu'a mon gr&eacute; j'escrive<BR> En un ouvrage eternel,<BR> De cette noble Deesse<BR> La beaut&eacute; enchanteresse,<BR> Ce qu'elle ha bien merit&eacute;&nbsp;:<BR> Et qu'en sa gloire immortelle,<BR> On voye esbahie en elle<BR> Toute la posterit&eacute;.</P>  <P>Ainsi que Semiramide<BR> Qui feingnant estre l'enfant<BR> De son mari, print la guide<BR> Du Royaume trionfant,<BR> Puis d&eacute;mantant la Nature<BR> Et le sexe feminin,<BR> Hazarda &agrave; l'aventure<BR> Son corps jadis tant benin,<BR> Courant furieuse en armes<BR> Parmi les Mores gendarmes,<BR> Et es Indiques dangers<BR> De sa rude simeterre<BR> Renversant dessus la terre<BR> Les escadrons estrangers.</P>  <P>Ainsi qu'es Alpes cornues<BR> (Qui, soit hiver soit Est&eacute;,<BR> Ont tousjours couvert de nues,<BR> Le front au Ciel arrest&eacute;)<BR> On voit la superbe teste<BR> D'un roc de pins emplum&eacute;,<BR> Ravie par la tempeste<BR> De son corps acoutum&eacute;,<BR> En roullant par son orage,<BR> Froisser tout le labourage,<BR> Des Beufs les apres travaus,<BR> Ne laissant rien en sa voye,<BR> Qu'en pleces elle n'envoye,<BR> Cherchant les profondes vaux.</P>  <P>Ou comme Penthasilee,<BR> Qui pour son ami Hector<BR> Combatoit entremeslee<BR> Par les Grecs, aus cheveus d'or,<BR> Ores de sa roide lance<BR> Enferrant l'un au travers,<BR> Or du branc en violance<BR> Trebuchant l'autre &agrave; l'envers<BR> Et ainsi que ces pucelles<BR> Qui l'une de leurs mammelles<BR> Se bruloient pour s'adestrer<BR> Aus combas et entreprises<BR> Aus bons guerroyeurs requises,<BR> Pour l'ennemi rencontrer.</P>  <P>Lou&iuml;ze ainsi furieuse<BR> En laissant les habiz mols<BR> Des femmes, et envieuse<BR> De bruit, par les Espagnols<BR> Souvent courut, en grand' noise<BR> Et meint assaut leur donna,<BR> Quand la jeunesse Fran&ccedil;oise<BR> Parpignan environna.<BR> L&agrave; sa force elle desploye,<BR> L&agrave; de sa lance elle ploye<BR> Le plus hardi assaillant&nbsp;:<BR> Et brave dessus la celle<BR> Ne demontroit rien en elle<BR> Que d'un chevalier vaillant.</P>  <P>Ores la forte guerriere<BR> Tournoit son destrier en rond&nbsp;:<BR> Ores en une carriere<BR> Essayoit s'il estoit pront&nbsp;:<BR> Branlant en flots son panache,<BR> Soit quand elle se jouoit<BR> D'une pique, ou d'une hache,<BR> Chacun Prince la louoit&nbsp;:<BR> Puis ayant &agrave; la senestre<BR> L'espee ceinte, &agrave; la destre<BR> La dague, enrichies d'or,<BR> En s'en allant toute armee,<BR> Ell' sembloit parmi l'armee<BR> Un Achile, ou un Hector.</P>  <P>L'orguilleus fils de Climene<BR> Nous peut bien avoir apris<BR> Qu'il ne faut par gloire vaine<BR> Qu'un grand trein soit entrepris.<BR> L'entreprise qui est faite<BR> Sans le bon conseil des Dieus<BR> N'a point, ainsi qu'on souhaite,<BR> Son demier efet joyeus&nbsp;:<BR> Ainsi cette belliqueuse<BR> Ne fut jamais orguilleuse<BR> Telle au camp elle n'alla&nbsp;:<BR> Ains ce fut &agrave; la priere<BR> De Venus, sa douce mere,<BR> Qui un soir lui en parla.</P>  <P>Un peu plus haut que la plaine,<BR> Ou le Rone impetueus<BR> Embrasse la Sone humeine<BR> De ses grans bras tortueus,<BR> De la mignonne pucelle<BR> Le plaisant jardin estoit,<BR> D'une grace et fa&ccedil;on telle<BR> Que tout autre il surmontoit&nbsp;:<BR> En regardant la merveille<BR> De la beaut&eacute; nompareille<BR> Dont tout il estoit arm&eacute;,<BR> Celui bien on l'ust p&ugrave; dire<BR> Du juste Roy de Corcyre<BR> En pommes tant renomm&eacute;.</P>  <P>A l'entree on voyoit d'herbes<BR> Et de thin verflorissant,<BR> Les lis et croissans superbes<BR> De notre Prince puissant<BR> Et tout autour de la plante<BR> De petits ramelets vers<BR> De marjoleine flairante<BR> Estoient plantez ces six vers<BR> DV TRESNOBLE ROY DE FRANCE<BR> LE CROISSANT NEVVE ACROISSANCE<BR> DE IOVR EN IOVR REPRENDRA,<BR> IVSQVES A TANT QVE SES CORNES<BR> IOINTES SANS AVCVNES BORNES<BR> EN VN PLEIN ROND IL RENDRA.</P>  <P>Tout autour estoient des treilles<BR> Faites avec un tel art,<BR> Qu'aucun n'ust s&ugrave; sans merveilles<BR> L&agrave; espandre son regard&nbsp;:<BR> La voute en estoit sacr&eacute;e<BR> Au Dieu en Inde invoqu&eacute;<BR> Car elle estoit acoutree<BR> Du sep au raisin musqu&eacute;&nbsp;:<BR> Les coulomnes bien polies<BR> Estoient autour enrichies<BR> De Romarins et rosiers,<BR> Lesquels faciles &agrave; tordre<BR> S'entrelassoient en bel ordre<BR> En mile neus fais d'osiers.</P>  <P>Au milieu, pour faire ombrage,<BR> Estoient meints arceaux couvers<BR> De Coudriers et d'un bocage<BR> Fait de cent arbres divers<BR> L&agrave; l'Olive palissante<BR> Qu'Athene tant r&eacute;clama<BR> Et la branche verdissante<BR> Qu'Apolon jadis ayma&nbsp;:<BR> L&agrave; l'Arbre droit de Cibelle<BR> Et le cerverin rebelle<BR> Au plaisir v&eacute;n&eacute;rien&nbsp;: <BR> Avec l'obscure ramee<BR> Par Phebe Jadis formee<BR> Du corps Cyparissien.</P>  <P>Sous cette douce verdure,<BR> Soit en sa gaye saison<BR> Ou quand la triste froidure<BR> Nous renferme en la maison,<BR> Tarins, Rossignols, Linotes<BR> Et autres oiseaus des bois<BR> Exercent en gayes notes<BR> Les dous jargons de leurs voix<BR> Et la vefve tourterelle<BR> Y pleint et pleure &agrave; par elle<BR> Son amoureus tout le jour&nbsp;:<BR> De sa parole enrouee<BR> A pleints et &agrave; pleurs vouee<BR> Efroyant l'air tout autour.</P>  <P>Et &agrave; fin qu'&agrave; beaut&eacute; telle<BR> Rien manquer on ne pust voir,<BR> De la beaut&eacute; naturelle<BR> Qu'un beau jardin peut avoir,<BR> Il y ut une fonteine,<BR> Dont l'eau, coulant contre val<BR> En sautant hors de sa veine<BR> Sembloit au plus cler cristal<BR> Elle ne fut point ornee<BR> Ny autour environnee<BR> De beaux mirtes Cipriens<BR> Ny de buis, ny d'aucun arbre,<BR> Ny de ce precieus marbre<BR> Qu'on taille es monts Pariens.</P>  <P>Mais elle estoit tapissee<BR> Tout l'environ de ses bors,<BR> Ou son onde courroucee<BR> Murmuroit ses dous acors,<BR> D'herbe tousjours verdoyante,<BR> Peinte de diverses fleurs,<BR> Qui en l'eau dousondoyante<BR> Mesloient leurs belles couleurs.<BR> Qui ust regard&eacute; la teste<BR> D'un Narcisse qui s'arreste<BR> Tout panchant le col sur l'eau,<BR> On ust dit que son courage<BR> Contemploit encor l'image<BR> Qui trop et trop lui fut beau.</P>  <P>Aussi par cette verdure<BR> Estoit le jaune Souci,<BR> Qui encor la peine dure<BR> De ses feus n'a adouci&nbsp;:<BR> Ainsi tousjours se vire et tourne<BR> Vers son Ami qu'il veut voir,<BR> Soit au matin, qu'il ajourne,<BR> Ou quand il est pres du soir.<BR> L&agrave; aussi estoient brunettes<BR> Mastis, damas, violettes<BR> &Ccedil;&agrave; et l&agrave; sans nul compas&nbsp;:<BR> Avec la fleur, en laquelle<BR> Hiacinte renouvelle<BR> Son nom apres son trespas.</P>  <P>Le ruisseau de cette sourse<BR> A par soy s'ebanoyant,<BR> D'une foible et lente course<BR> De&ccedil;&agrave; del&agrave; tournoyant,<BR> Faisoit une portraiture<BR> Du lieu ou fut enferm&eacute;<BR> Le monstre contre nature<BR> En Pasipha&eacute; form&eacute;&nbsp;;<BR> Puis son onde entrelassee,<BR> De longues erreurs lassee<BR> Par un beau pr&eacute; s'espandoit&nbsp;:<BR> Ou maugr&eacute; toute froidure<BR> Une plaisante verdure,<BR> Etemelle elle rendoit.</P>  <P>Titan laissant sa campagne<BR> Peu &agrave; peu sous nous couloit,<BR> Et dens la tiede eau d'Espagne<BR> Son char il desateloit&nbsp;:<BR> Quand en ce lieu de plaisance<BR> Lou&iuml;ze estoit pour un soir,<BR> Qui cherchant resjouissance<BR> Pres la font se vint assoir&nbsp;:<BR> Elle ayant assez du pouce<BR> Tat&eacute; l'harmonie douce<BR> De son lut, sentant le son<BR> Bien d'acord, d'une voix franche<BR> Jointe au bruit de sa main blanche,<BR> Elle dit cette chanson &nbsp;:</P>   <P>&#171;&nbsp;La forte Tritonienne,<BR> Fille du Dieu Candien<BR> Et la vierge Ortygienne<BR> Seur du beau Dieu Cynthien<BR> Sont les deus seules Deesses<BR> Ou J'ay mis tout mon desir,<BR> Et que je s&ugrave; pour maitresses<BR> Des mon enfance choisir. <BR> Si Venus m'a rendu belle,<BR> Et toute semblable qu'elle<BR> Avec sa divinit&eacute;,<BR> Que pourtant elle ne pense,<BR> Qu'en un seul endroit j'ofense<BR> Ma chaste virginit&eacute;.&nbsp;&#187;</P>  <P>La pucelle Lionnoize<BR> Fredonnant meints tons divers,<BR> Au son plein de douce noise,<BR> N'ut deus fois chant&eacute; ces vers,<BR> Qu'un sommeil de course lente<BR> Descendant parmi les Cieus,<BR> Finit sa voix excellente<BR> Et son jeu melodieus.<BR> Sur la verdure espandue<BR> Tous dous il l'a estendue,<BR> Flatant ses membres dispos&nbsp;:<BR> Dessus ses yeus il se pose,<BR> Et tout son corps il arrose<BR> D'un tresgracieus repos.</P>  <P>En dormant tout devant elle<BR> Sa mere se presenta,<BR> En son beau visage telle<BR> Qu'alors qu'elle s'acointa<BR> D'Anchise, pres du rivage<BR> Du Simoent Phrygien&nbsp;:<BR> Dont naquit le preus courage<BR> Qui au camp Hesperien<BR> Renouvella la memoire,<BR> Et la trionfante gloire<BR> Du sang Troyen abatu,<BR> Qui devoit en rude guerre<BR> Tout le grand rond de la Terre<BR> Conquenir par sa vertu.</P>  <P>Ell' regarde par merveille<BR> Son visage nompareil,<BR> Son haut front, sa ronde oreille,<BR> Son teint freschement vermeil,<BR> Le vif coral de sa bouche,<BR> Ses sourcis tant gracieus,<BR> Que doucement elle touche<BR> Pour voir les rais de ses yeus<BR> Non sans contempler encore<BR> Celle beaut&eacute; qui decore<BR> La rondeur de son tetin,<BR> Qui ni plus ni moins soupire<BR> Qu'au printems le dous Zephire<BR> Alenant l'air du matin.</P>  <P>Apres que la Cyphienne<BR> Ut son regard content&eacute;,<BR> Voyant de la fille sienne<BR> La plus qu'humeine beaut&eacute;,<BR> Esbahie en son courage<BR> De sa grand' perfeccion,<BR> Elle augmenta davantage<BR> Vers ell' son afeccion&nbsp;:<BR> Puis toute gaye et joyeuse,<BR> D'une voix tresgracieuse,<BR> Pour descouvrir son souci,<BR> Tenant les vermeilles roses<BR> De sa bouche un peu descloses<BR> Elle parola ainsi&nbsp;:</P>  <P>&#171;&nbsp;Les Dieus n'ont voulu permettre<BR> Aux vains pansers des mortels,<BR> Que d'eus ils se pussent mettre<BR> A fin&nbsp;: bien que leurs autels<BR> Soient tous couvers de fumee,<BR> Ou pour gagner leur faveur,<BR> Ou pour leur ire animee<BR> Faire tourner en douceur,<BR> Tous les veus pas ils n'entendent<BR> Qui devant leurs yeus se rendent&nbsp;:<BR> Ains les ont &agrave; nonchaloir<BR> Veu ni priere qu'on face<BR> N'y font n'en, si de leur grace<BR> Ils n'ont un mesme vouloir.</P>  <P>Que penses tu fille chere&nbsp;?<BR> Penses tu bien resister<BR> Contre les dars de ton frere<BR> S'il lui plait t'en molester&nbsp;?<BR> Il scet domter tout le monde<BR> De son arc audacieus&nbsp;:<BR> L'Ocean, la Terre ronde,<BR> L'Air, les Enfers, et les Cieus.<BR> Onq fille n'ut la puissance<BR> De lui faire resistance,<BR> Et ses fiers coups soutenir&nbsp;:<BR> Mais je te veus faire entendre<BR> Pourquoy j'ai voulu descendre<BR> Du Ciel, pour &agrave; toy venir.</P>  <P>Les hommes, pleins d'ignorance,<BR> Citoyens de ces bas lieus,<BR> Te pensent de leur semence,<BR> Et non de celle des Dieus&nbsp;:<BR> Mais par trop ils se de&ccedil;oivent<BR> (Bien qu'ils le tiennent par seur)<BR> Et assez ils n'aper&ccedil;oivent<BR> De ta beaut&eacute; la grandeur.<BR> Qui diroit, voyant ta face,<BR> Que tu fusses de la race<BR> D'un,homme simple et mortel&nbsp;?<BR> La Terre sale et immunde,<BR> Ne sauroit aus yeus du monde<BR> De soy produire riens tel.</P>  <P>Tout ainsi la beaut&eacute; rare<BR> D'Heleine, chacun pensoit<BR> Engendree de Tyndare&nbsp;:<BR> Car on ne la connoissoit.<BR> Toutefois si estoit elle<BR> Fille du Dieu haut tonnant<BR>  Qui sa maison supernelle,<BR> Le haut Ciel, abandonnant,<BR> Atourn&eacute; d'un blanc plumage,<BR> Semblant l'Oiseau qui presage,<BR> En chantant, sa proche mort,<BR> En Lede fille de Theste<BR> De sa semence celeste,<BR> Le con&ccedil;ut par son effort,</P>  <P>Avecques deux vaillans freres<BR> Dont l'un alaigre escrimeur<BR> Domta les menasses fieres,<BR> Et la trop &agrave;pre rigueur<BR> Du cruel Roy de Bebrice<BR> Acoutum&eacute; d'outrager,<BR> Et meurtrir par sa malice<BR> Chacun soudart estranger<BR> L'autre, de hardi courage,<BR> Inventa premier l'usage<BR> De joindre au char le coursier&nbsp;:<BR> Ou il se roula grand'erre<BR> Effroyant toute la terre<BR> Des deux ronds bornez d'acier.</P>  <P>Ainsi, bien qu'on ne te donne<BR> L'honneur d'estre de mon sang,<BR> Et du fier Dieu qui ordonne<BR> Les puissans soudars en rang,<BR> Si m'est ce chose asseuree<BR> Que de Gradive le fort<BR> En moy tu fus engendree,<BR> Joingnant le gracieus bord<BR> Ou la Sorte toute quoye<BR> Fait une paisible voye<BR> S'en allant fendre Lion&nbsp;:<BR> Dens lequel on voit encore<BR> Un mont<A HREF="#venus">*</A>, ou lon me decore,<BR> Qui retient de moy son nom.</P>  <P>Le lieu ou tu fus con&ccedil;ue<BR> Ne fut vile ny chateau,<BR> Ains une forest tissue<BR> De meint plaisant arbrisseau,<BR> Dont je veux (en t&eacute;moignage<BR> De ta race) te pourvoir<BR> Ainsi que d'un heritage<BR> Que je tiens en mon pouvoir.<BR> L&agrave; autour sont meintes plaines,<BR> Esquelles les blondes graines<BR> De Ceres pourras cueillir,<BR> Et la liqueur qui agree<BR> A Bachus, et meinte pree<BR> Ou l'herbe ne peut faillir.</P>  <P>L&agrave; aussi sont meints bocages<BR> De&ccedil;&agrave; del&agrave; espandus,<BR> Ou en tout tems les ramages<BR> Des Oiseaus sont entendus.<BR> Par fois tu y pourras tendre<BR> Le ret rare, &agrave; ton desir,<BR> Et quelque gibier y prendre<BR> Pour acroitre ton plaisir&nbsp;:<BR> Ou t'exer&ccedil;ant &agrave; la chasse<BR> Tu poursuivras &agrave; la trace<BR> Les Lievres fulans de peur,<BR> De chiens autour toute armee,<BR> Vagans dessous la ramee<BR> Se guidans &agrave; la senteur.</P>  <P>Et si par trop tu te peines<BR> En trop violent effort,<BR> De meintes cleres fonteines<BR> Tu pourras avoir confort&nbsp;:<BR> L'eau sortante de leur sourse<BR> Tes membres refreschira,<BR> Et la murmurante course<BR> A son bruit t'endormira&nbsp;:<BR> Apres chargee de proye,<BR> Tu te pourras mettre en<BR> Pour &agrave; ton chateau tourner,<BR> Qu'en brief batir je veus faire,<BR> Sufisant pour te complaire<BR> S'il te plait y sejourner.</P>  <P>Sur tout (fille) je t'avise,<BR> Que d'un coeur tant odieus<BR> Ton frere tu ne mesprise,<BR> C'est le plus puissant des Dieus.<BR> En ta beaut&eacute; excellente<BR> Meint homme il rendra transi,<BR> Mais sa main ne sera lente<BR> A te tourmenter aussi.<BR> Prens bien &agrave; ce propos garde,<BR> Car ja desja il te darde<BR> Son tret &agrave;pre et rigoureus<BR> Dont il t'abatra par terre,<BR> Rendant d'un homme de guerre<BR> Ton tendre coeur amoureus.</P>  <P>En ce il prendra bien vengeance<BR> Du bon Po&euml;te Rommain,<BR> Auquel sans nulle allegeance<BR> Ton coeur est trop inhumein.<BR> Bien prendra &agrave; ta jeunesse<BR> Avoir apris &agrave; soufrir<BR> Des durs harnois la rudesse,<BR> Et &agrave; meint travail s'ofrir&nbsp;:<BR> Souvent seras rencontree<BR> Depuis la tarde vespree<BR> Jusqu'au point du prochein jour,<BR> Parmi les bois languissante<BR> Et tendrement gemissante<BR> La grand' cruaut&eacute; d'Amour.</P>  <P>Alors, pour estre asseuree<BR> Point en femme tu n'iras,<BR> Ains d'une lance paree<BR> Chevalier tu te diras.<BR> Ja en ton harnois bravante<BR> Je te regarde assaillir<BR> Meint chevalier, qui se vante<BR> Hors de l'ar&ccedil;on te saillir<BR> Puis dextrement aprestee<BR> Ayant ta lance arrest&eacute;e,<BR> Le desar&ccedil;onner en bas,<BR> Lui tout froiss&eacute;, &agrave; grand'peine<BR> Lever son arme incerteine,<BR> Chancelant &agrave; chacun pas.</P>  <P>A si grans travaus ton frere<BR> Durement te contreindra,<BR> Jusqu'&agrave; ce qu'&agrave; la premiere<BR> Libert&eacute; il te rendra&nbsp;:<BR> Alors laissant les alarmes<BR> Et les hazars perilleus,<BR> Tu rueras jus les armes,<BR> Et le courage orguilleus<BR> Dont tu soulois mettre en terre<BR> Meint vaillant homme de guerre<BR> Renvers&eacute; sous son escu,<BR> Qui repentant en sa face<BR> De sa premiere menasse,<BR> Tout haut se choit vaincu.</P>  <P>Donq laissant dague et espee<BR> Ton habit tu reprendras,<BR> A plus dous jeus ocupee<BR> Ton dous lut tu retendras<BR> Et lors meints nobles Po&euml;tes,<BR> Pleins de celestes esprits,<BR> Diront tes graces parfaites<BR> En leurs tresdoctes escriz&nbsp;:<BR> Marot, Moulin, la Fonteine<BR> Avec la Muse hauteine<BR> De ce Sceve audacieus,<BR> Dont la tonnante parole,<BR> Qui dens les astres carole<BR> Semble un contrefoudre es Cieus.</P>  <P>Toutefois leur fantasie<BR> Ton loz point tant ne dira,<BR> Comme d'un la Po&euml;sie,<BR> Qui de l'onde sortira<BR> Du petit Clan, dont la rive<BR> Privee de flots irez,<BR> Ha en tout tems l'herbe vive<BR> Autour des bors retirez.<BR> De cil la Muse nouvelle<BR> Rendra ta grace immortelle&nbsp;:<BR> Du Ciel il est ordonn&eacute;<BR> Qu'&agrave; lui le bruit de la gloire<BR> De t'avoir mise en memoire,<BR> Entierement soit donn&eacute;.</P>  <P>Qu'&agrave; ton coeur tousjours agree<BR> Du Po&euml;te le labeur&nbsp;:<BR> Son escriture est sacree<BR> A tout immortel bonheur.<BR> Ayant qui ton loz escrive,<BR> Mourir ne peus nullement&nbsp;:<BR> Ainsi Laure, ainsi Olive<BR> Vivent eternellement.<BR> Un Bouchet en fa&ccedil;on telle,<BR> Met en memoire immortelle<BR> De son Ange le beau nom&nbsp;:<BR> Sacrant l'Angelique face,<BR> Sa beaut&eacute;, sa bonne grace,<BR> Au temple du saint renom.&nbsp;&#187;</P>  <P>A tant la Deesse belle<BR> Mit fin &agrave; son dous parler&nbsp;:<BR> Son chariot elle atelle<BR> Toute preste &agrave; s'en voler&nbsp;:<BR> Les mignonnes colombelles<BR> Par le vague doucement<BR> Esbranlent leurs blanches esles<BR> D'un paisible mouvement.<BR> Lou&iuml;ze estant esveillee<BR> Resta toute esmerveillee<BR> De la sainte vision&nbsp;:<BR> Ignorante si son songe<BR> Est verit&eacute; ou mensonge,<BR> Ou quelque autre illusion.</P>  <P>Son corps droit, sa bonne grace,<BR> Son dur teton, ses beaux yeus,<BR> Les divins traits de sa face,<BR> Son port, son ris gracieus,<BR> Le front serein, la main belle,<BR> Le sein comme albastre blanc,<BR>  Montrent evidemment qu'elle<BR> Sortit du Ciprien flanc.<BR> Puis sa vaillance et prouesse,<BR> Son courage, son adresse,<BR> Et la force du bras sien<BR> De grand heur acompagnee,<BR> La montrent de la lignee<BR> Du Gradive Thracien.</P>  <P>Mais d'autre part, sa doctrine,<BR> Sa sagesse, son savoir,<BR> La pensee aus arts encline<BR> Autant qu'autre onq put avoir.<BR> Les vers doctes qu'elle acorde,<BR> En les chantant de sa voix,<BR> A l'harmonieuse corde,<BR> Fretillante sous ses doits<BR> Et la chastet&eacute; fidelle,<BR> Qui tousjours est avec elle,<BR> Nous rendent quasi tous seurs<BR> Qu'elle ut la naissance sienne<BR> De la couple Cynthienne,<BR> Ou de l'une des neuf Seurs.</P>  <P>Toutefois il nous faut croire<BR> Ce que nous disent les Dieus,<BR> Qui par la nuitee noire<BR> Se montrent aux dormans yeus.<BR> Ainsi Hector &agrave; Enee<BR> En un songe s'aparut<BR> Et la sienne destinee<BR> En songe il lui discourut.<BR> Souvent la future chose<BR> Du sain esprit qui repose<BR> Est prevu&euml; de bien loin&nbsp;:<BR> Ce songe presque incroyable,<BR> Qui apres fut venitable,<BR> En pourra estre t&eacute;moin.</P>  <P>Mais il est tems douce Lire<BR> Que tu cesse tes acors.<BR> Si assez tu n'as p&ugrave; dire,<BR> Si as tu fait tes effors.<BR> Celle harpe Methimnoise<BR> Qui peut la mer esmouvoir,<BR> N'ut la Ninfe Lionnoize<BR> Chant&eacute; selon son devoir&nbsp;:<BR> Non pas toute la Musique<BR> De celle bende Lirique<BR> Qui (long tems ha) florissoit<BR> En la Grece&nbsp;: qui meint Prince,<BR> Meint pa&iuml;s, meinte Province,<BR> De son chant resjouissoit.</P>  <P ALIGN="RIGHT"> <FONT COLOR="#AF0000">Po&egrave;me attribu&eacute; &agrave; Guillaume Aubert</FONT></P> <P>&nbsp; <P ALIGN="RIGHT"><A NAME="venus">* Le mont de Fourvi&egrave;re,<BR>anciennement appel&eacute; Forum Veneris.<BR>(note des &eacute;ditions anciennes)</A></P>    </TD>      </TR>       </TABLE>  <P ALIGN="CENTER"> <A HREF="javascript:window.history.back(-1)"><IMG SRC="../images/venusmars.jpg" ALT="Boticelli - V&eacute;nus et Mars" WIDTH="744" HEIGHT="293" BORDER="0"></A> </P>  <P ALIGN="RIGHT"><A HREF="../index2.html"><IMG SRC="../images/louise2b.gif" WIDTH="32" HEIGHT="40" ALIGN="bottom" BORDER="0"></A></P>  </BODY>  </HTML> 
