<html>  <head> <meta http-equiv="Content-Language" content="fr-ch"> <meta name="GENERATOR" content="Microsoft FrontPage 5.0"> <meta name="ProgId" content="FrontPage.Editor.Document"> <meta http-equiv="Content-Type" content="text/html; charset=windows-1252"> <title>Luxemburger Wort</title> </head>  <body bgcolor="#FFFFEC">  <p align="center">&nbsp;</p> <div align="center">   <center>   <table border="3" cellpadding="0" cellspacing="0" style="border-collapse: collapse" bordercolor="#C0C0C0" width="80%" bgcolor="#F4F4F4" height="30">     <tr>       <td width="34%" align="center"><font size="4"><b>Luxemburger Wort</b></font></td>       <td width="33%" align="center">auteur:<b><font size="4"> Hilda van Heel</font></b></td>       <td width="33%" align="center"><font size="4"><b>31.01.2003</b></font></td>     </tr>     </table>   </center> </div>  <div align="center">   <center>   <table border="0" cellpadding="0" cellspacing="0" style="border-collapse: collapse" bordercolor="#111111" width="85%">     <tr>       <td width="100%">       <p align="center"><br>       <br>       <font size="6">Le charme mouvant des sonates de Mozart</font></td>     </tr>     <tr>       <td width="100%">       <p align="center"><font size="4"><b>Michael Guttman (violon) et Benjamin        Erlich (piano) au chteau de Bourglinster</b></font></td>     </tr>   </table>   </center> </div>  <div align="center">   <center>   <table border="0" cellpadding="9" cellspacing="0" style="border-collapse: collapse" bordercolor="#C0C0C0" width="85%">     <tr>       <td width="33%" valign="top" align="justify">       <font FACE="Book Antiqua">       <p>Si une soire entirement ddie aux sonates pour        violon et piano de Mozart promet un plaisir musical dlicieux, o        fantaisie, charme, libert radieuse et aisance mlodique se conjuguent, un        programme centr sur un seul compositeur demande toujours  tre ralis        avec soin, de faon  clairer les diffrents aspects de sa personnalit        artistique. Le gnie de Mozart est infiniment mobile et vari; il nous        enchante par sa grce arienne et nous meut par ses inquitudes        prromantiques. Les sonates prsentes lors du concert taient        diversifies avec bonheur; le violoniste Michael Guttman nous claira        d'ailleurs  ce sujet en parlant de la signification traditionnelle des        diffrentes tonalits au temps de Mozart, poque o les usages du mtier        reliaient intimement le caractre musical de la pice  son atmosphre.</p>       <p>Le pianiste Benjamin Erlich et le violoniste Michael        Guttman sont des solistes accomplis; ils se sont joints ici dans un duo        chaleureux et plein de verve. Tous deux ont fait leurs tudes  l'Acadmie        de musique de l'Universit de Tel-Aviv, puis au Conservatoire royal de        Bruxelles, avant de poursuivre une carrire internationale.</p>       <p>La Sonate K. 296 en do majeur est une oeuvre pleine de        gaiet et de tendresse que Mozart termina  Mannheim le 11 mars 1778.        Unissant vigueur et charme, les artistes donnrent une interprtation        limpide et pleine de vie de l'allegro vivace. Le violoniste montra beaucoup        d'aisance dans un phras gracieux et fluide, le pianiste se joignit  ce        jeu lumineux en articulant clairement, s'exprimant avec fracheur et        spontanit. Pourtant les deux artistes n'avaient pas encore atteint  une        vritable harmonie des intentions dans cette premire sonate; la cohsion        intrieure des solistes se ralisera graduellement, pour arriver  une        expressivit </p>       </font>&nbsp;</td>       <td width="33%" valign="top" align="justify"><font FACE="Book Antiqua">       <p>riche et profonde dans la seconde partie du concert. Il        y eut cependant dj des moments de grce: la tendresse mlodieuse de        l'andante sostenuto tait enchanteresse, puis le dynamisme et la fantaisie        de l'interprtation du rondo ajoutrent une touche exubrante  la finale        de cette sonate dlicieuse. S'loignant du style galant par ses        atmosphres contrastes, la sonate en mi mineur, K. 304, la seule  tre        compose principalement dans une tonalit mineure, est anime par un        sentiment dramatique. Elle comporte deux mouvements, un allegro expressif        et vigoureux, que le violoniste rendit avec un engagement vibrant, et un        tempo di minuetto au trio rayonnant o il s'exprima en mlodiste raffin        et attentif; son instrument, en correspondances subtiles avec le phras        nuanc du pianiste, y trouva des sonorits magiques. Mais cette sonate,        expression d'une solitude poignante, se termina de faon pathtique en        reprenant le thme initial expressif.</p>       <p>Optimiste et sduisante, la sonate en fa majeur K. 376,        chatoyante et extriorise, runit les deux artistes dans un bel quilibre        sonore. C'est avec charme et esprit que les mouvements vifs, l'allegro et        le rondo allegretto grazioso, nous furent rendus. Enjous et non sans        humour, les solistes y allaient  cur joie; ils se sont d'ailleurs        exprims avec une mme harmonie dans l'andante tendre et rveur.</p>       <p>Le mouvement lent, andantino sostenuto e cantabile de la sonate K         378 en si bmol majeur, appartient aux plus belles inspirations de Mozart.        C'tait un des moments les plus intenses de la soire, les artistes y        dialoguaient dans une gamme de sentiments large et impressionnante, allant        de la tendresse nostalgique  l'lan passionn. Le trs beau cantabile du        violoniste, sa puret et sa souplesse, son phras si mlodieux laissaient       </p>       </font>&nbsp;</td>       <td width="34%" valign="top" align="justify"><font FACE="Book Antiqua">       <p>reconnatre l'cole belge du violon, qui a produit des        virtuoses comme Arthur Grumiaux ou Carlo Vanneste, artistes qui        enchantaient le publie par leurs sonorits limpides et moelleuses, par        leur phras d'une lgance classique. Il est intressant de savoir que        Michael Guttman a dcouvert et enregistr une des oeuvres les plus        importantes d'Henri Vieuxtemps, sa Grande sonate. Le jeu du pianiste        tait lui aussi loquent et virtuose; son interprtation d'une justesse        expressive mouvante se rvla trs mozartienne tant dans les dialogues</p>       <p>confidentiels que dans la mlodie passionne. En jets        virtuoses le rondo final s'imposa plein d'une gaiet entranante.</p>       <p>Tout au long de ce concert fidle  la chronologie, on        put apprcier l'volution du langage musical de Mozart. La sonate K. 481        en mi bmol majeur, qui fut termine le 12 dcembre 1785, est d'une grande        profondeur. Le jeu d'ensemble y tait excellent; nuances et lans        nergiques de l'allegro molto y introduisaient un adagio splendide.        Tendresse blesse, nostalgie dj romantique: la voix de Mozart nous        merveilla ici dans sa puret mlodieuse, dans ses modulations oses, dans        sa splendeur virtuose. Le concert se termina avec fougue, le mouvement de        l'allegretto final tait accentu comme une danse exubrante.</p>       <p>Applaudis avec enthousiasme, les solistes nous        emmenrent dans un tout autre monde dans le bis, une composition        surraliste d'Erik Satie, spirituelle et superbe, tonnamment plaisante        dans son absurdit concise.</p>       <p>L'ambassadeur des Etats-Unis M. Peter Terpeluk et son pouse        assistaient  ce beau concert; en s'adressant aux Amis du chteau de        Bourglinster, l'ambassadeur parla de la chance que nous avons en Europe        de pouvoir assister  un tel concert dans un chteau ancien et charg        d'histoire.</p>       </font>&nbsp;</td>     </tr>   </table>   </center>   <p align="right">&nbsp;</div>  </body>  </html> 
