<html><!-- #BeginTemplate "/Templates/modeleauteur.dwt" --> <head> <!-- #BeginEditable "doctitle" -->  <title>Jacques Chessex</title> <link rel="stylesheet" href="../style.css" type="text/css"> <!-- #EndEditable --> <meta http-equiv="Content-Type" content="text/html; charset=iso-8859-1"> </head>  <body bgcolor="#575E87" text="#000000"> <p><a href="nomauteur.htm"><img src="../images/flecheretourinedit.gif" width="30" height="29" border="0"></a></p> <table width="760" border="0" cellspacing="0" cellpadding="0" align="center" bgcolor="#FFFFFF">   <tr>     <td><!-- #BeginEditable "texte" -->        <p align="center"><br>         <span class="titreverdana"><a name="top"></a>Jacques Chessex</span></p>       <p align="center" class="textenormal"> <a href="#poesie">Po&eacute;sie de          Chessex</a> - <a href="#imitation">L'imitation</a> - <span class="textenormal"><a href="#imitation2">Eine          Endzeitfigur</a></span> - <a href="#sosie">Sosie d'un saint</a> - <a href="#neige">          <br>         Le d&eacute;sir de la neige</a> - <a href="#italiano">Jacques Chessex          : cscandalistico monsieurs !</a></p>       <table width="40%" border="0" cellspacing="0" cellpadding="3" align="center" bgcolor="#F5E9C4">         <tr>            <td valign="top">              <p class="textegrasblfonce">Autres page sur l'auteur :</p>             <p class="textenormal">Rubrique Livre du Mois<br>               <a href="../livredumois/decembre2002chessex.htm" target="_blank">Le                d&eacute;sir de la neige</a><br>               <a href="../livredumois/livredumoischessex.htm" target="_blank">Monsieur</a><br>             </p>             <p class="textenormal">Rubrique Sc&egrave;nes Magazine<br>               <a href="../scenemagazine/smagazinejanvier2003.htm" target="_blank">Le                d&eacute;sir de la neige par Jean-Michel Olivier</a><br>               <a href="../scenemagazine/smagazinejuin2002.htm" target="_blank">Transcendance                et transgression par Jean-Michel Olivier</a><br>             </p>             <p class="textenormal">Rubrique Revues litt&eacute;raires<br>               <a href="../revues/archipel19.htm" target="_blank">Archipel num&eacute;ro19,                Jacques Chessex : Quelle autre neige</a><br>             </p>             <p class="textenormal">Rubrique Editions<br>               <a href="../editions/zoecollminizoe3.htm" target="_blank">Le Fort                et autres nouvelles, Editions Zo&eacute;</a><br>               <a href="../editions/laboretfides2002.htm" target="_blank">Serge                Molla, Chessex et la Bible, Editions Zo&eacute;</a><br>               <a href="../editions/zoemai2001.htm" target="_parent">Anne Marie                Jaton, Jacques Chessex La Lumi&egrave;re de l'Obscur, Editions Zo&eacute;</a><br>             </p>             <p class="textenormal">Rubrique Biblioth&egrave;que<br>               <a href="../bibliotheque/bibliotheque2002/chessex.htm" target="_blank">Serge                Molla, Jacques Chessex et la Bible</a></p>           </td>         </tr>       </table>       <br>       <table width="100%" border="0" cellspacing="0" cellpadding="0">         <tr>            <td bgcolor="#EFD89F" class="texteblanc">&nbsp;&nbsp;<span class="textegras">Po&eacute;sie              de Chessex<a name="poesie"></a></span></td>         </tr>         <tr>            <td>              <table width="95%" border="0" cellspacing="0" cellpadding="0" align="center">               <tr>                  <td valign="top">                    <p class="titreverdana"><br>                     Jacques Chessex, le feu &agrave; l'&acirc;me</p>                   <blockquote>                      <p class="textegras">Trois recueils ... pour suivre pas &agrave;                        pas le po&egrave;te dans son cheminement, ses hantises et                        ses peurs. Cet &eacute;lan po&eacute;tique qui le traverse                        et met au jour le monde obscur qui l'anime. </p>                   </blockquote>                   <p class="textejustifie">Lorsqu'un po&egrave;te condescend &agrave;                      &eacute;crire des romans et que ceux-ci sont de m&ecirc;me                      qualit&eacute; que sa po&eacute;sie, le romancier ne met pas                      longtemps &agrave; occuper le devant de la sc&egrave;ne: dans                      le roman, quel que soit le propos de l'auteur, le monde est                      peint avec une affectation de d&eacute;tachement, d'insensibilit&eacute;                      d'impartialit&eacute; propre &agrave; l'exercice de la vengeance:                      qu'il le veuille ou non, le romancier a l'esprit de vengeance,                      car son sujet pr&eacute;&eacute;minent est le mal. </p>                   <p class="textejustifie">En revanche, la po&eacute;sie, cette                      chose ail&eacute;e, fugitive, l&eacute;g&egrave;re, qui habite                      &agrave; cette fronti&egrave;re de la musique o&ugrave; vont                      mourir les mots... La po&eacute;sie que l'on a en vain essay&eacute;                      d'apprivoiser au moyen d'une m&eacute;trique codifi&eacute;e,                      de la rime enchanteresse, tol&egrave;re mal la justice et,                      pourrait-on dire, la pens&eacute;e quand celle-ci se croit                      porteuse de v&eacute;rit&eacute;, profitable. D'o&ugrave;                      le fait qu'elle se trouve rel&eacute;gu&eacute;e aux marges                      d'ombre quand le po&egrave;te - tent&eacute; d'expliciter                      ce que la po&eacute;sie a fait de ce monde obscur en lui qui                      l'a pouss&eacute; &agrave; &eacute;crire engage ses forces                      de cr&eacute;ation dans une double voie, o&ugrave; po&eacute;sie                      et roman progressent parall&egrave;lement. </p>                   <p class="textejustifie">Toutes les hantises de Jacques Chessex                      - le suicide de son p&egrave;re, le remords qui s'ensuivit,                      la mort omnipr&eacute;sente dans ses vers, &quot;le message                      biblique qui contient pour lui l'&eacute;rotisme verbal le                      plus troublant&quot;, comme dit tr&egrave;s justement Christophe                      Calame, son pr&eacute;facier, le mysticisme de l'indomptable                      Th&eacute;r&egrave;se d'Avila, la souffrance obsessionnellement                      vertigineuse de la sensualit&eacute;, et la foi qu'il n'a                      pas (y en a-t-il en dehors de celle du charbonnier ?), cette                      foi en creux qui s'adresse &agrave; un ind&eacute;finissable                      au-del&agrave;... Toutes ces hantises, Chessex a beau en faire                      le th&egrave;me r&eacute;current de son &#156;uvre bic&eacute;phale,                      dans la po&eacute;sie il n'est lui-m&ecirc;me que le point                      d'appui de celle-ci. Elle y prend son &eacute;lan, la po&eacute;sie                      qui, traversant sans cesse l'univers, en passant, met le feu                      &agrave; son &acirc;me. </p>                   <p class="textejustifie">Chessex donne l'impression, comme disait                      Claudel &agrave; propos de Verlaine, non pas d'un auteur qui                      parle, mais d'une &acirc;me que l'auteur ne r&eacute;ussit                      pas &agrave; emp&ecirc;cher de parler. Tandis que le romancier,                      lui, aspire d&eacute;sesp&eacute;r&eacute;ment &agrave; parler,                      &agrave; multiplier les conjectures, &agrave; d&eacute;velopper                      tous les points de vue de son sujet: lui-m&ecirc;me, ses fant&ocirc;mes,                      ses fantasmes. </p>                   <p class="textejustifie">Il &eacute;tait temps que le po&egrave;te                      prenne sa revanche, et que la trentaine de recueils publi&eacute;s,                      ici et l&agrave;, entre 1954 et 1997, soient r&eacute;unis.                      Voil&agrave; qui est fait, voil&agrave; l'&#156;uvre: en trois                      volumes superbes o&ugrave; l'on suit le pas du po&egrave;te,                      la coh&eacute;rence sans faille de son cheminement. Et, alors                      que tr&egrave;s vite il s'est invent&eacute; une discipline                      &agrave; son usage, on sent par moment que tel &eacute;tat                      po&eacute;tique a &eacute;t&eacute; suscit&eacute; par Baudelaire,                      ou telle m&eacute;lodie par Verlaine: &quot; Un jour je regardais                      dans le val rose/ J'allais de ton c&#156;ur rose &agrave;                      ton regard/Je respirais une odeur de jasmin et de nard/ Dans                      la faille noire o&ugrave; l'on suppose/ Toujours la mort pour                      plus tard &quot;. Mais c'est la mort qui domine, la mort &agrave;                      propos de laquelle il avouait &agrave; J&eacute;r&ocirc;me                      Garcin: &quot;J'&eacute;cris parce que j'ai peur de la mort,                      j'&eacute;cris contre cette peur... Je n'ai jamais &eacute;t&eacute;                      pench&eacute; sur le visage d'une femme sans voir son cr&acirc;ne                      (1). &quot; La mort, toujours la mort, comme dans les cartes                      de Carmen. La mort, dans son horreur: &quot;Je bois la mort,                      maintenant/ L'eau de la mort/ J'ai les seins du vide aux dents.                      &quot; Et la mort dans le calme apr&egrave;s l'orage: &quot;                      &Ocirc; Charon/ Quand je devrai passer l'eau noire/ Le temps                      du voyage/Laisse-moi tenir mon invisible main/ Cette monnaie                      de feuille/Afin, serrant l'obole friable sous mes doigts raides/Qu'en                      ce dernier instant je me rappelle/L'instant que je n'ai pas                      su vivre. &quot; </p>                   <p class="textejustifie">C'est que, m&ecirc;me si Chessex incline                      &agrave; l'obscur - mot qui chez lui est bien plus complexe                      que dans les dictionnaires-, la clart&eacute; intermittente                      r&eacute;ussit &agrave; le dissiper: &quot;Mon amour tu es                      l&agrave;/Comme un feuillage clair sur la page/ Et je n'ai                      jamais rien re&ccedil;u/ De plus pr&eacute;cieux que ce pouvoir/                      De te comparer &agrave; la vie. &quot; Ce n'est pas la simplicit&eacute;                      atteinte, mais la gr&acirc;ce d'une complexit&eacute; transparente.                      Comme dans ces lignes de l'un des po&egrave;mes inspir&eacute;s                      par la peinture de Tal Coat: &quot;Comme si le trait &agrave;                      peine trac&eacute;/ Avait saisi le vide pour en faire une                      figure/Ou que le n&eacute;ant se f&ucirc;t incarn&eacute;                      par une seule ligne/D'un gris de silhouette au flanc blanc                      d'une colline. &quot; </p>                   <p class="textejustifie">Confront&eacute; &agrave; la modulation                      de ses sentiments et voulant capter la moindre &eacute;tincelle                      qui traverse sa conscience - car il sait que, comme l'Esprit,                      la po&eacute;sie souffle o&ugrave; elle veut, mais pas deux                      fois -, Chessex pers&eacute;v&egrave;re dans sa qu&ecirc;te,                      cherchant &agrave; t&acirc;tons, dans le noir, les traces                      de la divinit&eacute; &eacute;teinte dans l'histoire du monde.</p>                   <p class="textesmall">Po&eacute;sie I, Po&eacute;sie II, Po&eacute;sie                      III de Jacques Chessex. Pr&eacute;face de Christophe Calame,                      Bernard Campiche Editeur</p>                   <p class="textegras">Hector Bianciotti</p>                   <p><span class="textesmall">(1) Litt&eacute;rature vagabonde,                      Flammarion, 1995.</span><br>                     <a href="http://www.lemonde.fr/" target="_blank"><img src="../logos/lemonde.gif" width="101" height="22" border="0"></a></p>                   <p>&nbsp;</p>                 </td>               </tr>             </table>           </td>         </tr>         <tr>            <td bgcolor="#EFD89F" class="texteblanc">&nbsp;&nbsp;<span class="textegras">L'imitation<a name="imitation"></a></span></td>         </tr>         <tr>            <td class="texteblanc">              <table width="95%" border="0" cellspacing="0" cellpadding="0" align="center">               <tr>                  <td valign="top">                    <p><br>                     <span class="textenormal">Le feuilleton de Pierre Lepape :                      <a href="chesseximitation.htm" onClick="window.open('','popup','width=600,height=500,scrollbars=1')" target="popup" oldref="chesseximitation.htm">L'imitation                      de Jacques Chessex</a></span></p>                   <p>&nbsp;</p>                 </td>               </tr>             </table>           </td>         </tr>         <tr>            <td bgcolor="#EFD89F">&nbsp;&nbsp;<span class="textegras">Eine Endzeitfigur<a name="imitation2"></a></span></td>         </tr>         <tr>            <td>              <table width="95%" border="0" cellspacing="0" cellpadding="0" align="center">               <tr>                  <td>                    <p> </p>                   <p><br>                     <span class="textenormal">Michael Wirth : <a href="chessexendzeitfigur.htm" onClick="window.open('','popup','width=600,height=500,scrollbars=1')" target="popup" oldref="chessexendzeitfigur.htm">Eine                      Endzeitfigur, Chessex' neuer Roman &quot;L'Imitation&quot;</a>                      </span><span class="textesmall">deutsch</span></p>                   <p>&nbsp;</p>                 </td>               </tr>             </table>           </td>         </tr>         <tr>            <td bgcolor="#EFD89F" class="textegras">&nbsp;&nbsp;Sosie d'un saint<a name="sosie"></a></td>         </tr>         <tr>            <td>              <table width="95%" border="0" cellspacing="0" cellpadding="0" align="center">               <tr>                  <td valign="top"> <span class="titreverdana"><br>                   Jacques Chessex donne de ses nouvelles sur le fil du rasoir                    </span>                    <p class="textegras"> &quot;Sosie d'un saint&quot; <br>                     Recueil remarquable o&ugrave; l'&eacute;rotisme et la mort                      sont mani&eacute;s avec brio, et moult clins d '&#156;ils                      &agrave; Hemingway. L'&eacute;crivain se fait sautillant.</p>                   <p class="textejustifie">La critique et la lecture ont sans                      doute trop cherch&eacute; &agrave; s&eacute;rier ce qui, dans                      les livres de Jacques Chessex, tenait soit du pasteur, soit                      de l'ogre. Avec Sosie d'un saint, recueil de nouvelles, le                      Vaudois relance l'&eacute;nigme d'autant que la lecture se                      trouve plac&eacute;e sur le fil du rasoir et la critique renvoy&eacute;e                      a la figure tut&eacute;laire d'Hemingway. Ainsi l'exergue                      de ce livre: les derniers mots de la nouvelle Dans un autre                      pays, r&eacute;dig&eacute;e en 1926 et publi&eacute;e un an                      plus tard. &quot;Mais les photographies ne faisaient plus                      gu&egrave;re d'effet sur le commandant, car il avait toujours                      les yeux fix&eacute;s sur la fen&ecirc;tre.&quot;</p>                   <p class="textejustifie">Si l'on remonte le cours de la nouvelle                      d'Hemingway, la fen&ecirc;tre s'ouvre sur la mort et le souvenir                      &eacute;rotique (la nostalgie), alors que les photographies                      ne sont que spectacle de la r&eacute;alit&eacute;-blessure                      de guerre. Ce court texte nous fait p&eacute;n&eacute;trer                      dans un vieil h&ocirc;pital o&ugrave; les guerriers se meurent                      loin de leurs amours. Temps suspendu en attendant la paix                      ou le front. </p>                   <p class="textegrasblfonce">Pour all&eacute;ger l'esprit</p>                   <p class="textejustifie">Dans Sosie d'un saint, les personnages                      errent. Ils s&eacute;journent, d&eacute;sirent, renoncent,                      imaginent. Les plus fous passent &agrave; l'acte, vivent leur                      &eacute;rotisme d&eacute;cha&icirc;n&eacute;. Les plus sages                      r&ecirc;vassent. L&#146;&eacute;criture passe, belle et fluide.                      Ce que l'on ne comprend pas doit &ecirc;tre &eacute;vacu&eacute;,                      all&eacute;geant l'esprit. Quinze nouvelles entre mort et                      d&eacute;sir. Dans des paysages qui font loi: falaise, lac,                      cimeti&egrave;re, collines, for&ecirc;ts.</p>                   <p class="textejustifie">Pris dans son ensemble, Sosie d'un                      saint agence ses lieux sym&eacute;triquement: h&ocirc;tels,                      transit, jeux mystiques, trains. L'&eacute;preuve est l&agrave;,                      quelque part au centre, entre les trois nouvelles L'illumin&eacute;,                      L'agneau et Sosie d'un saint, entre pasteurs libidineux, mais                      ne tendant qu'&agrave; se lib&eacute;rer de tout, jeunes ogres                      pub&egrave;res, et ce commandant, personnage fil rouge qui                      tant&ocirc;t veut tuer les femmes, tant&ocirc;t s'effacer                      dans la solitude, tant&ocirc;t encore se racheter. Chessex                      se tient magnifiquement sur le fil du rasoir avec une l&eacute;g&egrave;ret&eacute;                      mordante. L&#146;amour? Illusion. La mort? A diff&eacute;rer.                      Entre-deux, il s'agit d'all&eacute;ger les sensations pour                      vivre.</p>                   <p class="textejustifie">Le Dernier &eacute;t&eacute; indien,                      la nouvelle faisant explicitement r&eacute;f&eacute;rence                      &agrave; Hemingway, voit le narrateur se lib&eacute;rer de                      toutes les lourdeurs:responsabilit&eacute;s, compassion, amour,                      jalousie. C'est le moment de l'&eacute;piphanie, ce moment                      baroque o&ugrave; le plaisir du jeu dans n'importe quel registre                      l'emporte sur toute morale. Ni Eros ni Thanatos ne sont &eacute;lud&eacute;s,                      comme toujours chez Chessex. Ils se pressent &agrave; la porte                      du r&eacute;cit. Mais Jacques Chessex joue ici au saltimbanque                      de sa propre &eacute;criture: il plaisante, joue l'all&eacute;gorie,                      se met en sc&egrave;ne. Peut-&ecirc;tre pour se voir au-del&agrave;                      de la fen&ecirc;tre.</p>                   <p class="textegras">Jacques Sterchi<br>                     <a href="http://www.laliberte.ch/" target="_blank"><img src="../logos/laliberte.gif" width="75" height="15" border="0"></a><br>                     <span class="textesmall">Jacques Chessex, &quot;Sosie d'un                      saint&quot;, Ed. Grasset, 284 pages</span></p>                   <p>&nbsp;</p>                 </td>               </tr>             </table>           </td>         </tr>         <tr>            <td bgcolor="#EFD89F"><span class="textegras">&nbsp;&nbsp;Le d&eacute;sir              de la neige<a name="neige"></a></span></td>         </tr>         <tr>            <td valign="top"><br>             <table width="100%" border="0" cellspacing="0" cellpadding="0">               <tr valign="top">                  <td width="26%">                    <div align="center">                      <p class="textesmall"><img src="../couverturesdelivres/chessexneige.jpg" width="180" height="313"></p>                     <p class="textesmall">ISBN 2-246-63861-5</p>                   </div>                 </td>                 <td width="74%">                    <table width="95%" border="0" cellspacing="0" cellpadding="0" align="center">                     <tr>                        <td valign="top">                          <p class="titreverdana">Les vers d&#146;un homme serein</p>                         <p class="textejustifie">Cela fait cinq ans que Jacques                            Chessex n&#146;avait publi&eacute; de recueil de po&egrave;mes.                            Les vers n&#146;ont pourtant jamais cess&eacute; de                            na&icirc;tre en lui, rythm&eacute;s de syncopes et riches                            d&#146;assonances plus que de rimes, tant cette &eacute;criture                            est &agrave; ses yeux un geste n&eacute;cessaire pour                            se (re)saisir : &laquo; C&#146;est le geste de me rassembler                            / qui importe / Le seul rassemblement qui compte &raquo;                            (p. 17). Auto-rassemblement, lien de soi, religio, qui                            appellent chacune de ses journ&eacute;es &agrave; s&#146;ouvrir                            par un po&egrave;me &#150; &agrave; la fa&ccedil;on                            de la pri&egrave;re pour le moine &#150;, r&eacute;dig&eacute;                            &agrave; l&#146;aube et &laquo; plus juste &raquo; que                            ceux qui suivront. Le po&egrave;te confesse d&#146;ailleurs                            lui-m&ecirc;me :</p>                         <blockquote>                            <p><span class="textenormal">Le silence matinal est                              beau et nu<br>                             De sa l&egrave;vre vient plus de force<br>                             Que du torrent d&#146;avril<br>                             Ainsi je trouve la paix<br>                             N&eacute;cessaire &agrave; passer les mailles du jour&#133;                              (p. 14)</span></p>                         </blockquote>                         <p class="textenormal">Ou encore :</p>                         <blockquote>                            <p class="textenormal">Peut-&ecirc;tre la tranquillit&eacute;                              de l&#146;instant lisse<br>                             A-t-elle permis l&#146;acc&egrave;s au vide<br>                             O&ugrave; le seul mot attendu sera &eacute;cout&eacute;<br>                             Dans tant de silence on ne ment pas (p. 31)</p>                         </blockquote>                       </td>                     </tr>                   </table>                 </td>               </tr>             </table>             <table width="95%" border="0" cellspacing="0" cellpadding="0" align="center">               <tr>                  <td> <br>                   <p class="textejustifie">Si chaque nouveau recueil semble marquer                      une nouvelle &eacute;tape dans l&#146;existence de l&#146;&eacute;crivain,                      Le d&eacute;sir de la neige permet en premier lieu de revenir                      vers les paysages blancs et de retrouver un regard sur la                      nature qui &eacute;voque, pour ne pas dire parle ; le d&eacute;sir,                      et m&ecirc;me davantage, la volont&eacute; d&#146;all&egrave;gement,                      de d&eacute;sencombrement (pour reprendre une expression tir&eacute;e                      de La mort d&#146;un juste) s&#146;exposent avec de plus en                      plus d&#146;intensit&eacute;. C&#146;est peut-&ecirc;tre pour                      cela qu&#146;un conte zen s&#146;offre en exergue du recueil                      et que deux po&egrave;mes insistent sur l&#146;humble devoir                      de &laquo; laver les bols &raquo;. Si l&#146;&eacute;criture                      quotidienne des po&egrave;mes inaugurait le jour, la suite                      s&#146;apparente &agrave; l&#146;activit&eacute; du novice,                      appel&eacute; &agrave; d&eacute;couvrir la simplicit&eacute;,                      l&#146;humilit&eacute;. Comme si le mouvement du po&egrave;te                      &eacute;tait religieux &#150; ce qui ne dit rien d&#146;une                      foi ou d&#146;une non-foi &#150; et attestait d&#146;une attente                      analogue et essentielle d&#146;all&egrave;gement. Aussi ce                      d&eacute;sir de la neige est-il ici celui d&#146;une puret&eacute;                      (disparue, comme l&#146;enfance) &#150; &laquo; La neige n&#146;a                      pas de figure / Comme l&#146;arbre en a une &raquo; (p. 61)                      &#150; et l&#146;expression de la volont&eacute; &laquo; d&#146;apprendre                      &agrave; n&#146;&ecirc;tre rien &raquo; comme le sugg&egrave;rent                      les vers suivants :</p>                   <blockquote>                      <p class="textenormal">Ainsi j&#146;apprends<br>                       A &ecirc;tre rien<br>                       A l&#146;heure matinale o&ugrave; commencent &agrave; jaillir<br>                       Des cris d&#146;oiseaux<br>                       Qui seront rien quelques secondes plus tard<br>                       Dans ce temps et cet espace <br>                       O&ugrave; j&#146;&eacute;cris rien (p. 13)</p>                   </blockquote>                   <p class="textejustifie">Cependant il n&#146;est pas simple                      de s&#146;affranchir de soi, le po&egrave;te peut-&ecirc;tre                      plus encore que le romancier ou l&#146;essayiste le sait et                      le reconna&icirc;t. Le &laquo; je &raquo; &#150; ou plut&ocirc;t                      le &laquo; moi &raquo; &#150; a semble-t-il toujours tendance                      &agrave; vouloir r&eacute;occuper l&#146;espace, comme p.ex.                      lorsque la vision d&#146;une femme montrant ses jambes conduit                      &agrave; revenir &agrave; compter ses conqu&ecirc;tes amoureuses                      . D&eacute;sir d&#146;une neige qui fond inexorablement ?                      d&eacute;sesp&eacute;r&eacute;ment ? D&eacute;sir d&#146;une                      puret&eacute; qui ne tient pas, d&#146;un d&eacute;sencombrement                      qui ne dure pas, qu&#146;il faut toujours reprendre ? Qu&#146;il                      est exigeant le chemin vers soi !</p>                   <p class="textejustifie">Plus encore qu&#146;auparavant, le                      po&egrave;te aujourd&#146;hui semble chasser le penseur, s&#146;en                      m&eacute;fier, parfois m&ecirc;me s&#146;en moquer. Vouloir                      faire taire la pens&eacute;e et laisser place au vrai mot,                      voil&agrave; le dessein exprim&eacute; pour celui qui murmure                      :</p>                   <blockquote>                      <p class="textenormal">&#150; La po&eacute;sie est l&#146;air                        de l&#146;&ecirc;tre<br>                       Mortel qui se sait mortel<br>                       Je me couche sous un feu d&#146;herbes s&egrave;ches<br>                       Je souffle dans ma fl&ucirc;te d&#146;os<br>                       Je m&#146;enterre sans terre<br>                       La main pos&eacute;e sur mon propre cr&acirc;ne<br>                       Comme le bonnet du simple qui bave<br>                       Au soleil devant l&#146;asile (p. 40)</p>                   </blockquote>                   <p class="textejustifie">Le (mouvement du) po&egrave;me invite                      &agrave; un nouveau parcours (de vie), il engage &agrave;                      nouveaux frais, ce qui n&#146;emp&ecirc;che bien pas une fois                      encore de c&eacute;l&eacute;brer la femme et son corps. C&#146;est                      la partie intitul&eacute;e &laquo; L&#146;air &agrave; l&#146;instant                      &raquo; (p. 71-84) qui r&eacute;unit les po&egrave;mes &eacute;rotiques,                      mais cette fois-ci la neige semble avoir fondu comme le temps,                      serait-ce que la relation d&eacute;passe le corps p&eacute;rissable                      ? Et lorsque la mort et la femme g&eacute;n&egrave;rent les                      vers &#150; &laquo; Son tombeau parmi l&#146;herbe en une                      autre verdure&#133; &raquo; (p. 78) &#150;, on d&eacute;c&egrave;le                      un hommage &agrave; Baudelaire, &agrave; &laquo; La servante                      au grand c&#156;ur dont vous &eacute;tiez jalouse / Et qui                      dort son sommeil sous une humble pelouse &raquo;.</p>                   <p class="textejustifie">Si, en f&eacute;vrier 2001, Jacques                      Chessex a perdu sa m&egrave;re (que les derni&egrave;res ann&eacute;es                      avaient profond&eacute;ment rapproch&eacute;), sa mort ne                      para&icirc;t pas l&#146;avoir &eacute;loign&eacute;e, bien                      au contraire, tant ici est forte sa pr&eacute;sence :</p>                   <blockquote>                      <p class="textenormal">Maintenant le mort est venue<br>                       Et je t&#146;ai re&ccedil;ue en moi<br>                       Comme on re&ccedil;oit la fra&icirc;cheur de l&#146;air                        ou la brise (p. 92)</p>                   </blockquote>                   <p class="textejustifie">Toutefois, si de lourdes questions                      impr&eacute;gn&egrave;rent les po&egrave;mes et la prose concernant                      son p&egrave;re &#150; pour s&#146;en convaincre, il suffira                      de relire le Portrait d&#146;une ombre ou certains chapitres                      de L&#146;Imparfait &#150; , paix et tendresse filiale habitent                      les vers relatifs &agrave; cette femme dont la mar&eacute;e                      de la m&eacute;moire ram&egrave;ne toujours le sentiment &laquo;                      que je n&#146;ai pas su aim&eacute; assez &raquo; (p. 91).                      Autant dire que c&#146;est en lui-m&ecirc;me cette fois-ci                      que sourd un mouvement &eacute;l&eacute;giaque souvent retenu                      pour d&#146;autre figures dans les pr&eacute;c&eacute;dents                      recueils.</p>                   <p class="textejustifie">Et puis il y a les proches. Pietro                      Sarto ou Saura p.ex. dont les toiles appellent les mots non                      pour d&eacute;crire &#150; heureusement &#150;, mais pour                      saisir l&#146;&#156;il de l&#146;artiste et surtout de l&#146;ami.                      Quant &agrave; &laquo; L&#146;adieu &agrave; Christian Sulser                      &raquo;, il se fait moins l&#146;&eacute;cho d&#146;une voix                      (connue de bien des auditeurs de Suisse romande) que d&#146;une                      chaleur. L&#146;amiti&eacute; trace la facult&eacute; des                      mots de d&eacute;passer l&#146;apparent (les paroles de l&#146;homme                      de radio) pour faire entendre ce qui touche, la chaleur d&#146;une                      voix, la pr&eacute;sence d&#146;un &ecirc;tre ! Autant dire                      que l&#146;&eacute;crit devient ici m&eacute;taphysique et                      d&eacute;voile ainsi la v&eacute;ritable facult&eacute; de                      l&#146;&eacute;criture po&eacute;tique d&#146;&eacute;chapper                      &agrave; l&#146;usure temporelle pour appartenir au &laquo;                      temps sans temps &raquo; , ce qui r&eacute;v&egrave;le un                      statut d&#146;&eacute;criture diff&eacute;rent ? D&#146;ailleurs,                      si hier, la mort se montrait parfois lourde et angoissante,                      lorsqu&#146;elle r&ocirc;de aujourd&#146;hui, elle dicte quelques                      vers, mais n&#146;entra&icirc;ne ni poids ni peur comme si                      elle n&#146;appartenait qu&#146;au temps pr&eacute;sent.</p>                   <p class="textejustifie">C&#146;est dire qu&#146;une s&eacute;r&eacute;nit&eacute;                      &eacute;trange, mais bien r&eacute;elle, se d&eacute;gage                      de ce recueil : un homme a reconnu son d&eacute;sir de neige,                      aujourd&#146;hui il n&#146;exige (plus) rien :</p>                   <blockquote>                      <p class="textenormal">Ce matin il n&#146;y a ni demande ni                        r&eacute;ponse<br>                       Inscris-le mon &acirc;me sur le Tout<br>                       Et sur le rien<br>                       O&ugrave; tu vas et d&#146;o&ugrave; tu viens<br>                       Inscris-le en lettres d&#146;air sur rien. (p. 37)</p>                   </blockquote>                   <p class="textesmall">Jacques Chessex, Le d&eacute;sir de la                      neige. Po&egrave;mes, Paris, Grasset, 2002, 131 p.</p>                   <p><span class="textegras">Serge Molla </span><br>                     <span class="textenormal">Auteur de Jacques Chessex et la                      Bible </span><br>                     <span class="textesmall">(Gen&egrave;ve, Labor et fides, 2002)</span></p>                   <p>&nbsp;</p>                 </td>               </tr>             </table>           </td>         </tr>         <tr>            <td bgcolor="#EFD89F"><span class="textegras">&nbsp;&nbsp;Jacques Chessex              : cscandalistico monsieurs !<a name="italiano"></a></span></td>         </tr>         <tr>            <td valign="top">              <table width="95%" border="0" cellspacing="0" cellpadding="0" align="center">               <tr>                  <td valign="top"><br>                   <p class="textejustifie"> Non si pu&ograve; certo accusare Jaques                      Chessex di indulgere a una moda scandalistica che invade la                      Francia: egli non &egrave; un emulo, ma piuttosto un precursore,                      delle prodezze di Catherine Breillat (il cui ultimo romanzo                      Pornocrazia &egrave; un capolavoro di piattezza sessauta)                      o di Catherine Millet (che intitola il suo successo, semplicemente                      La vie sexuelle de Chatherine Millet). No, Chessex &egrave;                      coerente: la sua ossessione per la carnalit&agrave; &#150;                      intesa come sentimento mistico e sfida al senso di colpa e                      al rigore del calvinismo &#150; &egrave; ben viva in ognuna                      delle sue opere, da La confession du pasteur Bourg a Carabas.                      Ed ha pi&ugrave; solidi riferimenti letterari delle operette                      summenzionate: basterebbe qui citare Jouhandeau, cui l&#146;unisce                      il gusto per la profanazione mistica. Ma tolto ogni filtro                      romanzesco, questo Monsieur vuole essere una confessione a                      cuore aperto. Intendiamoci, la tempra del narratore (e talvolta                      il guizzo del poeta che ha composto libri meravigliosi come                      Le jeune de huit nuit o Cantique) non &egrave; assente del                      tutto. Ma la divagazione non giova al narratore. Liquidato                      con molta nonchalance il tema &#150; ormai notissimo &#150;                      del suicidio del padre; consegnataci qualche pagina densa                      di dolore colpevole per raccontare la vecchiaia della madre,                      cosa resta in questo libro di Chessex? Non la lettera di scusa                      ai figli - per cui &egrave; stato un &#147;cattivo padre&#148;                      - troppo densa di narcisismo grandattoriale; non le disquisizioni                      sul difficile umore del creatore o qualche metafora sul tormento                      della morte. Resta una lunga serie di gambe di donna aperte                      e descritte, restano i dettagli anatomici, gli odori, la ginnastica.                      Ma &egrave; bene non sbagliarsi: se qualche interesse occorre                      trovare in questo libro, &egrave; proprio in questo diario                      da sporcaccione un po&#146; senile che il lettore dovr&agrave;                      andare a cercare: una donna intravista e fantasmata da una                      finestra dirimpettaia, il mistero dell&#146;urina infantile                      e delle punizioni corporali che lo ossessionano. E&#146; qui                      dove si aprono talvolta faglie di vera densit&agrave; letteraria.                      Non &egrave; dunque possibile schivare il solo luogo in cui                      Chessex scrive davvero. Se lo spettacolo &egrave; sgradevole,                      non possiamo che concludere con una nota umoristica: Jaques                      Chessex ha scelto per titolo a queste sue confessioni MONSIEUR,                      cio&egrave; il nomignolo di Luigi d&#146;Orl&eacute;an, fratello                      del Re Sole. Su cui &egrave; d&#146;obbligo il ricordo di                      Saint-Simon &#147;Le go&ucirc;t de Monsieur n&#146;&eacute;tait                      pas celui des femmes&#148;... </p>                   <p class="textegras">Pierre Lepori<br>                     <a href="http://www.rtsi.ch/prog/Rete2/" target="_blank"><img src="../logos/rsi.gif" width="88" height="20" border="0"></a><br>                     <span class="textesmall">Radio Svizzera Italiana &#150; Rete2</span></p>                   <p class="textesmall">Page cr&eacute;&eacute;e le 01.11.97<br>                     Derni&egrave;re mise &agrave; jour le <span class="textesmall">24.01.03</span></p>                   <p align="center"><a href="#top"><img src="../fleches/flechemetro.gif" width="26" height="29" border="0"></a></p>                 </td>               </tr>             </table>           </td>         </tr>         <tr>            <td bgcolor="#EFD89F">              <div align="center" class="textesmall">&copy; &quot;Le Culturactif                Suisse&quot; - &quot;Le Service de Presse Suisse&quot;</div>           </td>         </tr>       </table>       <!-- #EndEditable --></td>   </tr> </table> <p align="center">&nbsp;</p> </body> <!-- #EndTemplate --></html> 
