<HTML> <!-- DATE DE CREATION: 18/08/00 --> <HEAD> <TITLE> Claude Seignolle - Les romans</TITLE> <style TYPE="text/css"> <!-- A:link {color: #FF9900; text-decoration: none} A:visited {color: #FFCC33; text-decoration: none} A:hover {color: #FFCC00; text-decoration: underline} INPUT {FONT-FAMILY: Verdana, Arial; FONT-SIZE: 8pt} SELECT {FONT-FAMILY: Verdana, Arial; FONT-SIZE: 8pt} BODY {scrollbar-face-color: #996600; scrollbar-shadow-color: #000000; scrollbar-highlight-color: #000000; scrollbar-3dlight-color: #996600; scrollbar-darkshadow-color: #FFCC00; scrollbar-track-color: #000000; scrollbar-arrow-color: #000000} --> </style>  <BODY BGCOLOR="#000000" TEXT="#FFFFCC" LINK="#FF9900" VLINK="#FF9900" ALINK="#FF9900"> <DIV ALIGN="center"><A HREF="index.htm" TARGET="_top"><IMG SRC="seignolle_logo.jpg" BORDER=0 WIDTH=450 HEIGHT=73><BR><BR><IMG SRC="puce_seign.jpg" BORDER=0 WIDTH=35 HEIGHT=35></A></div><BR><BR> <TABLE BORDER=0 ALIGN="CENTER" CELLSPACING=0>      <TR>       <TD>&nbsp;<IMG SRC="logo_romans.jpg" BORDER=0 WIDTH=250 HEIGHT=60><BR><BR><BR><UL TYPE=CIRCLE>   <LI><A HREF="rond.htm">Le Rond des sorciers</A>   <LI><A HREF="marie.htm">Marie la Louve</A>   <LI><A HREF="malvenue.htm">La Malvenue</A>   <LI><A HREF="bahut.htm">Le Bahut noir</A>   <LI><A HREF="brume.htm">La Brume ne se l&egrave;vera plus</A>   <LI><A HREF="diablesa.htm">Le Diable en Sabots</A>   <LI><A HREF="galoup.htm">Le G&acirc;loup</A>   <LI><A HREF="chupador.htm">Le Chupador</A>   <LI><A HREF="etranger.htm">Les traductions &eacute;trang&egrave;res</A> </UL></TD> 	  <td><IMG SRC="roszar.jpg" BORDER=0 WIDTH=230 HEIGHT=317><BR><BR><FONT COLOR="#FFFFCC">Claude Seignolle par Rozsa Tatar</FONT></td>            </TR> </TABLE> <BR> <DIV ALIGN="center"><IMG SRC="filet_sei.jpg" BORDER=0 WIDTH=460 HEIGHT=13></DIV> <BR> <BLOCKQUOTE> <P ALIGN="center"><B>De sordide et damour, hommage &agrave; Claude Seignolle </B></P> <BR><BR> <P STYLE="text-align:justify;">Il est un temps o&ugrave; lon nest rien. M&ecirc;me pas n&eacute;. Un uf au contact des &eacute;cueils et du roc. Puis, soudainement p&eacute;n&eacute;tr&eacute; dun fr&eacute;n&eacute;tique d&eacute;sir dapprendre &agrave; conna&icirc;tre le monde par ses pierres, par les mots, par les &ecirc;tres et leurs peurs, lhomme grandit, savance, s&eacute;lance vers le monde et sans le savoir, cest vers le cosmos quil se meut. Tout est embrum&eacute;, tout est vaporeux, incertain, la silhouette progresse. Devant elle, lombre dun ch&acirc;teau, immense demeure du fond des &acirc;ges do&ugrave; respire une sorte de vertige. Hal&egrave;tement, spasmes. Un homme lappelle du haut de la plus haute tour, se courbe. Lh&ocirc;te savance alors, dun sourire enjou&eacute;, une besace &agrave; la main, un livre dans lautre, et serrant entre ses l&egrave;vres la plume dantan, imp&eacute;rissable, imp&eacute;tueuse.  </P> <P STYLE="text-align:justify;">Au loin une fourmillante affluence semble lappeler, lacclamer. Lh&ocirc;te craint la foule, il se retire, prend cong&eacute;s du d&eacute;sordre, fuis ce chaos noir de voix assourdissantes et se retire dans la clart&eacute; dune chambre vierge, diaphane. Il &eacute;coute tout dabord fredonner le secret des lieux. Intimit&eacute;. Un lit, une femme dont le corps parfum&eacute;, fr&ecirc;le et redoutable &agrave; la fois &agrave; demi recouvert dune soie fauve, un bahut, un chandelier, un miroir. Puis il se souvient delle, la m&ecirc;me ou lautre, de cette rue d&eacute;serte aux pav&eacute;s &eacute;corch&eacute;s par le pas de la nuit. Quil est bon de se sentir vivre, d&eacute;couter la voix b&eacute;ate et b&eacute;ante du silence et lui r&eacute;pondre avec la m&ecirc;me complaisance. Il s&eacute;tire et sourit encore. Son soleil noir lattend. Il marche un peu, r&eacute;fl&eacute;chissant. </P> <P STYLE="text-align:justify;">Lhomme sassied sur une pierre, la seule quil remarque, il sinstalle et pose ses mains de part et dautre, elle est fra&icirc;che, il la ressent en lui de la mani&egrave;re dont elle la enfant&eacute;e. Il sent le loup aux alentours, la jeune fille &agrave; la robe rouge d&eacute;cousue sur le c&ocirc;t&eacute; qui court et court comme une b&ecirc;te sauvage &eacute;gar&eacute;e, qui ne sait pas o&ugrave; elle fuit. Sauvage, citadine Quimporte, son cur bat de ressorts. Il &eacute;crit ce poids et le bonheur quil &eacute;prouve, il r&eacute;&eacute;crit lamour, il r&eacute;&eacute;crit la guerre, il r&eacute;&eacute;crit la mort. Il empoigne une bloc de papier, secoue son poignet droit, signe un mauvais pr&eacute;sage. Le paysan a dit. La rebouteuse aussi. Et linf&acirc;me, en son nom, secoue sa mis&eacute;rable fourche. Le ciel noircit tout &agrave; coup, puis jaunit, plus noircit encore, une aura de brume sinstalle enfin sur le lointain comme pour accueillir linnommable. Il ferme la porte derri&egrave;re lui. Derri&egrave;re celle-ci, un prolongement sur une esp&egrave;ce dexigu corridor qui ne m&egrave;ne nulle part. Cest dailleurs pour cette unique raison quil sy avance. On dirait que lombre que projette les membres de lh&ocirc;te sur les murs avale lespace. Tout se referme sur le corps de cet individu au sourire malicieux, tout sassombrit, tout se tord, tout sing&egrave;re. D&eacute;dale infernal de convulsions, grimaces, hurlements, puis plus rien. </P> <P STYLE="text-align:justify;">Le r&eacute;veil sonne On dit partout quil est lheure du petit d&eacute;jeuner. Jai d&eacute;cid&eacute; de prendre lair, de respirer la fra&icirc;cheur cristalline de ce beau matin d&eacute;t&eacute; mais bien vite je r&eacute;alise que le monde a chang&eacute; de face, de sens, que tout est &agrave; refaire, &agrave; reconstruire. Je me souviens avoir pos&eacute; mon bloc de papier quelque part, mais impossible de le retrouver, il nest pas dans la chambre. Pas de stylo, ni de gibeci&egrave;reJe sors dans le couloir, et je sens mon regard fuir au loin, dans limmensit&eacute; profonde des t&eacute;n&egrave;bres blanches de ce nouveau matin. Un frisson m&ocirc;te &agrave; cette perspective et je recule. Je vais prendre une douche, lair, quelques photos et rejoindre cette masse grouillante desprits f&eacute;conds. Je vais masseoir sur les plus hauts gr&egrave;s, et basculer dans un monde qui nexiste pas, un monde dor&eacute; par le silence, sign&eacute; du passage des mille grandes &acirc;mes qui ont boulevers&eacute; la mienne en quelques mots, en quelques regards et qui lassi&eacute;geront peut-&ecirc;tre un jour. Verte plaine, nature enchanteresse, jy cherche la silhouette de cet h&ocirc;te qui probablement ne vit que la nuit. Je vais absorber le moindre d&eacute;tail, gober limmense tapis bleu qui se fige en mon regard, consumer lhorizon. Objectif talonn&eacute; de remords de navoir su tout prendre de ce qui m&eacute;tait offert. Il &eacute;tait lheure de rentrer et de me nourrir de sordide et damour. </P> <P ALIGN="right"><A HREF="mailto:delphine2106@aol.com">Delphine, 18/03/02</A></P> </BLOCKQUOTE> <BR><BR> <DIV ALIGN="center"><IMG SRC="folklore_seignolle.jpg" BORDER=0 WIDTH=250 HEIGHT=340><BR><BR>Pastel par <b>Pierre Ghys</b></DIV> <BR><BR> <DIV ALIGN="center"><IMG SRC="seignolle_cagnat.jpg" BORDER=0 WIDTH=254 HEIGHT=344><BR><BR><B>Dessin de Cagnat paru dans le Monde en 1984.</B></DIV> <BR><BR> <DIV ALIGN="center"><IMG SRC="cs_sophie.jpg" BORDER=0 WIDTH=400 HEIGHT=547><BR><BR><b>Sophie Rousselle</b>, Bourg-la-Reine 2001</DIV> <BR><BR> <DIV ALIGN="center"><IMG SRC="dessin01.jpg" BORDER=0 WIDTH=132 HEIGHT=239></DIV> <BR><BR> <DIV ALIGN="center"><IMG SRC="filet_sei.jpg" BORDER=0 WIDTH=460 HEIGHT=13></DIV>  </BODY> </HTML> 
