<html>            <head>               <title>Gerard de Nerval</title>    <META HTTP-EQUIV="Content-Type" CONTENT="text/html; charset=ISO-8859-1"> </head>           <body bgcolor="white"> <p align="right"> <a href="../index.html">Vers la page d'accueil de l'UIM</a> </p>   <p align="right"> <a href="francais.html">Vers d'autres textes fran&ccedil;ais</a> </p>                     <h1>G&eacute;rard de Nerval (1808-1855)</h1>  <p align="center"> [<a href="#fantaisie">Fantaisie</a>|<a href="#avril">Avril</a>|<a href="#desdichado">El Desdichado</a>|<a href="#myrtho">Myrtho</a>|<a href="#horus">Horus</a>|<a href="#dores">Vers dor&eacute;s</a>]   </p>   <h2><a name="fantaisie">Fantaisie</a></h2>  <p>Il est un air pour qui je donnerais <br> Tout Rossini, tout Mozart et tout Weber, <br> Un air tr&egrave;s vieux, languissant et fun&egrave;bre, <br> Qui pour moi seul a des charmes secrets!  <p>Or, chaque fois que je viens &agrave; l'entendre, <br> De deux cents ans mon &acirc;me rajeunit...<br> C'est sous Louis treize; et je crois voir s'&eacute;tendre <br> Un coteau vert que le couchant jaunit,  <p>Puis un ch&acirc;teau de brique &agrave; coins de pierre, <br> Aux vitraux teints de rouge&acirc;tres couleurs, <br> Ceint de grands parcs, avec une rivi&egrave;re <br> Baignant ses pieds, qui coule entre des fleurs.  <p>Puis une dame, &agrave; sa haute fen&ecirc;tre,<br> Blonde aux yeux noirs, en ses habits anciens,<br> Que, dans une autre existence peut-&ecirc;tre,<br> J'ai d&eacute;j&agrave; vue... et dont je me souviens!   <p><p>  <h2><a name="avril">Avril</a></h2>  <p>D&eacute;j&agrave; les beaux jours, - la poussi&egrave;re,<br> Un ciel d'azur et de lumi&egrave;re,<br> Les murs enflamm&eacute;s, les longs soirs; - <br>  Et rien de vert: - &agrave; peine encore<br> Un reflet rouge&acirc;tre d&eacute;core<br> Les grands arbres aux rameaux noirs!  <p>Ce beau temps me p&egrave;se et m'ennuie.<br> - Ce n'est qu'apr&egrave;s les jours de pluie<br> Que doit surgir, en un tableau,<br> Le printemps, verdissant et rose,<br> Comme une nymphe fra&icirc;che &eacute;close,<br> Qui, souriante, sort de l'eau.  <p><p>  <h3><a name="desdichado">El Desdichado</a></h3>  <p>Je suis le T&eacute;n&eacute;breux, - le Veuf, - l'Inconsol&eacute;,<br> Le Prince d'Aquitaine &agrave; la Tour abolie:<br> Ma seule <i>&Eacute;toile</i> est morte, - et mon luth constell&eacute;<br> Porte le <i>Soleil noir</i> de la M&eacute;lancolie.  <p>Dans la nuit du Tombeau, Toi qui m'as consol&eacute;,<br> Rends-moi le Pausilippe et la mer d'Italie,<br> La <i>fleur</i> qui plaisait tant &agrave; mon coeur d&eacute;sol&eacute;,<br>  Et la treille o&ugrave; le Pampre &agrave; la Rose s'allie.  <p>Suis-je Amour ou Phoebus?... Lusignan ou Biron?<br> Mon front est rouge encor du baiser de la Reine;<br> J'ai r&ecirc;v&eacute; dans la Grotte o&ugrave; nage la Syr&egrave;ne...  <p>Et j'ai deux fois vainqueur travers&eacute; l'Ach&eacute;ron:<br> Modulant tour &agrave; tour sur la lyre d'Orph&eacute;e<br> Les soupirs de la Sainte et les cris de la F&eacute;e.  <p>  <h3><a name="myrtho">Myrtho</a></h3>  <p>Je pense &agrave; toi, Myrtho, divine enchanteresse,<br>  Au Pausilippe altier, de mille feux brillant,<br> &Agrave; ton front inond&eacute; des clart&eacute;s d'Orient,<br>  Aux raisins noirs m&ecirc;l&eacute;s avec l'or de ta tresse.  <p>C'est dans ta coupe aussi que j'avais bu l'ivresse,<br>  Et dans l'&eacute;clair furtif de ton oeil souriant,<br> Quand aux pieds d'Iacchus on me voyait priant,<br> Car la Muse m'a fait l'un des fils de la Gr&egrave;ce.  <p>Je sais pourquoi l&agrave;-bas le volcan s'est rouvert...<br> C'est qu'hier tu l'avais touch&eacute; d'un pied agile,<br> Et de cendres soudain l'horizon s'est couvert.  <p>Depuis qu'un duc normand brisa tes dieux d'argile,<br> Toujours, sous les rameaux du laurier de Virgile,<br> Le p&acirc;le Hortensia s'unit au Myrte vert!  <p>  <h3><a name="horus">Horus</a></h3>  Le dieu Kneph en tremblant &eacute;branlait l'univers:<br> Isis, la m&egrave;re, alors se leva sur sa couche,<br> Fit un geste de haine &agrave; son &eacute;poux farouche,<br> Et l'ardeur d'autrefois brilla dans ses yeux verts.  <p>&#171;Le voyez-vous, dit-elle, il meurt, ce vieux pervers,<br> Tous les frimas du monde ont pass&eacute; par sa bouche,<br> Attachez son pied tors, &eacute;teignez son oeil louche,<br> C'est le dieu des volcans et le roi des hivers!  <p>&#171;L'aigle a d&eacute;j&agrave; pass&eacute;, l'esprit nouveau m'appelle,<br> J'ai rev&ecirc;tu pour lui la robe de Cyb&egrave;le...<br> C'est l'enfant bien-aim&eacute; d'Herm&egrave;s et d'Osiris!&#187;  <p>La d&eacute;esse avait fui sur sa conque dor&eacute;e,<br> La mer nous renvoyait son image ador&eacute;e,<br> Et les cieux rayonnaient sous l'&eacute;charpe d'Iris.  <h2><a name="dores">Vers dor&eacute;s</a></h2>  <small> <p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Eh quoi! tout est sensible!<br> &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<em>Pythagore.</em> </small>   <p>Homme! libre penseur - te crois-tu seul pensant<br> Dans ce monde o&ugrave; la vie &eacute;clate en toute chose:<br> Des forces que tu tiens ta libert&eacute; dispose,<br> Mais de tous les conseils l'Univers est absent.  <p>Respecte dans la b&ecirc;te un esprit agissant...<br> Chaque fleur est une &acirc;me &agrave; la Nature &eacute;close;<br> Un myst&egrave;re d'amour dans le m&eacute;tal repose:<br> Tout est sensible; - et tout sur ton &ecirc;tre est puissant!  <p>Crains dans le mur aveugle un regard qui t'&eacute;pie:<br> A la mati&egrave;re m&ecirc;me un verbe est attach&eacute;...<br> Ne la fais point servir &agrave; quelque usage impie.  <p>Souvent dans l'&ecirc;tre obscur habite un Dieu cach&eacute;;<br> Et, comme un oeil naissant couvert par ses paupi&egrave;res<br> Un pur esprit s'accro&icirc;t sous l'&eacute;corce des pierres.  </body> </html> 
