<!--This file created 10/06/98 21:08 by Claris Home Page version 2.0--> <html>  	<head> 		<meta http-equiv="content-type" content="text/html;charset=iso-8859-1"> 		<meta name="generator" content="Adobe GoLive 4"> 		<title>Ciel d'Enfer : chapitre 1</title> 		<x-sas-window top="66" bottom="624" left="8" right="538"> 		<meta name="keywords" content="litterature, association, edition, livre, policier, poesie, publication, editeur, ecrire, lire, publier, brives, histoire, prehistoire, recit, photographie, culture, art"> 	</head>  	<body background="../images/itinfond2.gif"> 		<!--This file created 28/05/98 20:32 by Claris Home Page version 2.0--> 		&nbsp; 		<center> 			<h1>Ciel d&#146;Enfer</h1> 		</center> 		<center> 			<h2>Chapitre 1</h2> 		</center> 		<center> 			<h2> 			<hr size="8"> 			</h2> 		</center> 		<center> 			<p>&nbsp;</center> 		<p>Ce matin-l&agrave;, je m&#146;&eacute;tais lev&eacute; avec un mal de cr&acirc;ne pas possible. J&#146;avais la t&ecirc;te lourde. Lourde de pens&eacute;es qui s&#146;&eacute;taient faufil&eacute;es dans tous les coins et que je n&#146;arrivais plus &agrave; rassembler. N&eacute;anmoins, ou plut&ocirc;t t&ecirc;tenmoins, je m&#146;&eacute;tais lev&eacute; parce que quand je restais comme cela, la t&ecirc;te s&#146;alourdissait encore plus et je devais la bouger de temps en temps pour lui &eacute;viter de s&#146;affaisser. Je m&#146;&eacute;tais habill&eacute; et j&#146;&eacute;tais all&eacute; prendre une tasse de caf&eacute;. Je ne savais pas si &ccedil;a me faisait du bien mais le fait est que je me cognais moins aux meubles. La salope. Je pensais &agrave; Anne. Cinq jours que j&#146;attendais. Cinq nuits qu&#146;elle ne s&#146;&eacute;tait pas radin&eacute;e. Je gueulais. Int&eacute;rieurement bien s&ucirc;r. &Agrave; cause des voisins. Ils n&#146;avaient pas &agrave; savoir. Ils auraient &eacute;t&eacute; trop heureux.</p> 		<p>Je ne pouvais plus rester comme &ccedil;a. Il fallait prendre une d&eacute;cision. Il n&#146;y a que cela qui sauvait les gens : prendre des d&eacute;cisions. Agir. Faire n&#146;importe quoi. Le probl&egrave;me, c&#146;&eacute;tait qu&#146;on n&#146;&eacute;tait pas habitu&eacute; et qu&#146;on ne savait pas faire. Et dans mon cas, cela me semblait encore plus dur. Quand on avait v&eacute;cu avec une nana pendant des ann&eacute;es, il &eacute;tait difficile de faire comme si elle n&#146;avait jamais eu d&#146;existence, d&#146;ignorer les marques de son passage. Elle m&#146;avait fa&ccedil;onn&eacute; &agrave; l&#146;image qu&#146;elle s&#146;&eacute;tait faite de moi. Je ne pouvais plus &ecirc;tre moi-m&ecirc;me. On ne pouvait m&ecirc;me pas repartir &agrave; z&eacute;ro. D&#146;ailleurs en soi, il n&#146;y avait pas de z&eacute;ro, m&ecirc;me dans l&#146;art. Sauf peut-&ecirc;tre &agrave; l&#146;&eacute;cole. Parce qu&#146;ils n&#146;avaient rien compris !</p> 		<p>Je m&#146;&eacute;tais refait un caf&eacute;. Avec une vraie cafeti&egrave;re italienne. De toute fa&ccedil;on, je n&#146;avais que cela. Je poss&eacute;dais m&ecirc;me une batterie de mod&egrave;les : une tasse, deux tasses, trois tasses, quatre tasses. Et plus m&ecirc;me. S&#146;il le fallait. Au gr&eacute; des visites, j&#146;utilisais le mod&egrave;le idoine. Comme quoi, les objets s&#146;adaptaient &agrave; notre style de vie.</p> 		<p>J&#146;avais bu lentement. De toute fa&ccedil;on, j&#146;avais le temps : je n&#146;embauchais qu&#146;&agrave; sept heures et demie. Il n&#146;&eacute;tait que six heures. Depuis qu&#146;elle &eacute;tait partie, des r&eacute;veils en sursauts et des cauchemars mal dig&eacute;r&eacute;s ponctuaient toutes mes nuits. Je me levais souvent puis je me recouchais aussit&ocirc;t. Fatigu&eacute; de m&#146;&ecirc;tre lev&eacute;.</p> 		<p>A sept heures moins le quart, j&#146;avais pris la bagnole. Une vieille Peugeot. Une 204. Pour son &acirc;ge, elle se comportait encore assez bien. Pour aller au boulot, je prenais les petites ruelles. Cela n&#146;allait pas plus vite mais il y avait plein de virages &agrave; prendre en pleine gueule. &Ccedil;a, c&#146;&eacute;tait pour me r&eacute;veiller ! C&#146;est ce qu&#146;il me fallait le matin. Des petites sensations. Bien ma&icirc;tris&eacute;es. C&#146;&eacute;tait encore ce qu&#146;il y avait de mieux pour se pr&eacute;munir de la mort qui nous ankylosait insidieusement.</p> 		<p>J&#146;&eacute;tais arriv&eacute; sur le chantier pratiquement &agrave; l&#146;heure. On travaillait en d&eacute;placement dans une usine de p&acirc;te &agrave; papier. Elle avait arr&ecirc;t&eacute; la production pendant un mois car il fallait refaire toute l&#146;installation &eacute;lectrique. C&#146;&eacute;tait tout encombr&eacute; de machines. Il y en avait partout. A tous les &eacute;tages. Des entreprises ext&eacute;rieures en sous-traitance &eacute;taient venues changer toutes les machines obsol&egrave;tes. Il y avait des ouvriers dans tous les coins. Il y avait des types qui installaient les nouvelles machines, d&#146;autres qui les essayaient, d&#146;autres encore qui changeaient des poutres, tiraient des fils, transportaient des caisses. Tous en gueulant et en suant. Mais il y avait aussi tous les malins qui ne foutaient strictement rien, qui se baladaient, qui discutaient le coup avec les uns et les autres sans parler de ceux qui se planquaient derri&egrave;re les machines quand ce n&#146;&eacute;tait pas dessous.</p> 		<p>Nous, ceux de notre &eacute;quipe, on devait se contenter de changer tous les fils &eacute;lectriques. Le gros probl&egrave;me, c&#146;&eacute;tait de retrouver ces putains de fils. On passait partout. A ras des sols. Contre les plafonds. Sous les machines. Partout o&ugrave; il devait y avoir des fils. On &eacute;tait comme de vrais cafards. Parfois, on se faisait &eacute;craser aussi mais on finissait toujours par retrouver ces foutus fils. </p> 		<p>On me donnait tous les trucs chiants &agrave; faire. Jamais compliqu&eacute;s mais chiants. Ma principale qualit&eacute;, c&#146;&eacute;tait de ne savoir rien faire. C&#146;&eacute;tait ce qui m&#146;avait permis d&#146;&ecirc;tre embauch&eacute;, sur cette base, gr&acirc;ce &agrave; cette incomp&eacute;tence. J&#146;&eacute;tais l&#146;homme &agrave; tout faire de la bo&icirc;te, ce qu&#146;on appelait aussi sur les papiers le man&#156;uvre. Si on avait besoin de moi, on m&#146;appelait. J&#146;appartenais &agrave; tout le monde mais &ccedil;a me plaisait. Comme &ccedil;a, je n&#146;avais pas de t&acirc;ches bien d&eacute;finies. C&#146;&eacute;tait moins monotone. Et puis, je n&#146;avais pas besoin de r&eacute;fl&eacute;chir. En ce moment, &ccedil;a m&#146;arrangeait bien. </p> 		<p>Quand il n&#146;y avait vraiment rien &agrave; faire, on me mettait avec Pedro. Un vieil espagnol qui &eacute;tait l&agrave; depuis longtemps et qui savait toujours ce qu&#146;il fallait faire pour para&icirc;tre occup&eacute;. </p> 		<p>Ce matin-l&agrave;, on m&#146;avait mis avec lui car on ne savait pas trop encore quoi me faire faire. Alors Pedro m&#146;avait fait pousser un touret &agrave; l&#146;autre extr&eacute;mit&eacute; du chantier. Et puis, quand il &eacute;tait &agrave; l&#146;autre bout, il me demandait d&#146;aller le rechercher. Alors, tranquillement, je retraversais le chantier et je revenais avec le touret. Je le remettais &agrave; sa place. Mais il avait fallu quand m&ecirc;me le pousser et lui impulser la bonne direction.</p> 		<p>- Il faut touzours qu&eacute; tou aies les mains occoup&eacute;es sinon tout t&eacute; f&eacute;ras virer ici ! Fa touzours semblant d&#146;&ecirc;tre occoup&eacute;. Sinon, &ccedil;a fait mouvais genre. Apr&egrave;s, i&#146; croient qu&eacute; tout t&eacute; fous d&eacute; leur gueule.</p> 		<p>Il me r&eacute;p&eacute;tait tout le temps la m&ecirc;me rengaine.</p> 		<p>C&#146;&eacute;tait ainsi que tous les tourets visitaient le chantier. Je les baladais vides. C&#146;&eacute;tait moins crevant. &ccedil;a faisait moins provoc aussi. </p> 		<p>Parfois, je devais aller aussi avec Manu, un autre espagnol. Un catalan en r&eacute;alit&eacute;. J&#146;aimais bien travailler avec lui. Il ne me faisait pas chier et ne cherchait pas &agrave; m&#146;humilier comme la plupart des autres. De plus, il m&#146;apprenait des tas de trucs. C&#146;&eacute;tait toujours lui qu&#146;on venait chercher quand quelque chose n&#146;allait pas. Il trouvait toujours une solution &agrave; tout. Dans l&#146;&eacute;quipe, c&#146;&eacute;tait aussi le seul qui savait &agrave; peu pr&egrave;s tout souder. Moi, je me contentais de lui passer les baguettes ou de le prot&eacute;ger avec un parapluie lorsqu&#146;il pleuvait. Il valait trop cher pour se permettre de s&#146;arr&ecirc;ter ou m&ecirc;me de ralentir. </p> 		<p>&nbsp;</p> 		<center> 			<h4> 			<hr> 			Vous voulez lire la suite ? Commandez le livre aux <strong>Editions Itin&eacute;raires, avec votre r&egrave;glement de 9,90 Euros (75 Francs), &agrave; l'adresse suivante :</strong></h4> 		</center> 		<p><strong>Luigi Zuccante,<br> 		Association Itin&eacute;raires<br> 		12 rue des perles,</strong><br> 		<strong>31650 Saint Orens de Gameville</strong><br> 		<strong>France,</strong></p> 		<p>ou <a href="mailto:Patrick.Lanneau@wanadoo.fr">demandez-nous une documentation</a></p> 		<p>&nbsp; 	</body>  </html> 
