<!-- MHonArc v2.6.3 --> <!--X-Subject: [zpajol] TR: [LDH &#45; Rezo] Guilhermino, la saison en enfer --> <!--X-From-R13: "Xrnaar ROHK" <wqnilNvafgaf.fnpynl.prn.se> --> <!--X-Date: Tue,  3 Oct 2000 09:58:05 +0200 (MEST) --> <!--X-Message-Id: 002601c02d10$32824a20$7da9a684@saclay.cea.fr --> <!--X-Content-Type: text/plain --> <!--X-Head-End--> <!doctype html public "-//W3C//DTD HTML//EN"> <html> <head> <title>[zpajol] TR: [LDH - Rezo] Guilhermino, la saison en enfer</title> </head> <body> <!--X-Body-Begin--> <!--X-User-Header--> <!--X-User-Header-End--> <!--X-TopPNI--> <hr> [<a href="msg00015.html">Date Prev</a>][<a href="msg00017.html">Date Next</a>][<a href="msg00015.html">Thread Prev</a>][<a href="msg00017.html">Thread Next</a>][<a href="maillist.html#00016">Date Index</a>][<a href="threads.html#00016">Thread Index</a>] <!--X-TopPNI-End--> <!--X-MsgBody--> <!--X-Subject-Header-Begin--> <h1>[zpajol] TR: [LDH - Rezo] Guilhermino, la saison en enfer</h1> <hr> <!--X-Subject-Header-End--> <!--X-Head-of-Message--> <ul> <li><em>To</em>: &quot;'Zpajol'&quot; &lt;<a href="mailto:zpajol(...@...)ada.eu.org">zpajol (a) ada . eu . org</a>&gt;</li> <li><em>Subject</em>: [zpajol] TR: [LDH - Rezo] Guilhermino, la saison en enfer</li> <li><em>From</em>: &quot;Jeanne DAVY&quot; &lt;<a href="mailto:jdavy(...@...)instns.saclay.cea.fr">jdavy (a) instns . saclay . cea . fr</a>&gt;</li> <li><em>Date</em>: Tue, 3 Oct 2000 10:01:54 +0200</li> <li><em>Importance</em>: Normal</li> <li><em>Reply-to</em>: &lt;<a href="mailto:jdavy(...@...)instns.saclay.cea.fr">jdavy (a) instns . saclay . cea . fr</a>&gt;</li> </ul> <!--X-Head-of-Message-End--> <!--X-Head-Body-Sep-Begin--> <hr> <!--X-Head-Body-Sep-End--> <!--X-Body-of-Message--> <pre>R&eacute;cup&eacute;r&eacute; sur la liste de la LDH Solidairement Jeanne  -----Message d'origine----- De : Vincent Mespoulet [<a  href="mailto:vincent">mailto:vincent</a> . mespoulet (a) worldonline . fr] Envoy&eacute; : lundi 2 octobre 2000 15:08 &Agrave; : rezo (a) ldh . ras . eu . org Objet : [LDH - Rezo] Guilhermino, la saison en enfer   Bonjour &agrave; tous,  Voici un nouveau texte, qui sera publi&eacute; aujourd'hui dans le journal local &eacute;dit&eacute; par la communaut&eacute; Longo Ma&iuml;. Longo Ma&iuml; diffuse aussi sur les ondes la radio ind&eacute;pendante et non publicitaire Radio-Zinzine, qui &eacute;met de l'&eacute;tang de Berre &agrave; Gap. Qu'il s'agisse de Mathieu de la LDH ou Trixie, du Forum Civique Europ&eacute;en, une Autrichienne qui parmi ses talents multiples a celui de parler portugais, leur appui fut tr&egrave;s pr&eacute;cieux pour la prise en charge de la veuve Laurinda et de sa soeur Jos&eacute;phine. Elsa est une petite femme d&eacute;termin&eacute;e de la communaut&eacute; portugaise de Dabisse, que j'avais rencontr&eacute;e &agrave; l'occasion de nos le&ccedil;ons pour apprendre &agrave; ... conduire.  --- Citation --- Guilhermino, la saison en enfer  Dimanche 24 septembre, dans la nuit, Guilhermino Armando Santos Sousa, saisonnier portugais de 44 ans, est fracass&eacute; par une voiture, &agrave; Dabisse, commune des M&eacute;es (04). Il d&eacute;c&eacute;dera quelques heures plus tard &agrave; l'h&ocirc;pital de Manosque. La presse r&eacute;gionale en parle le mardi avec cette question: crime ou accident? Mercredi, les enqu&ecirc;teurs s'orientent vers la piste de l'attentat raciste. Vincent, habitant du lieu, alerte Radio Zinzine et convoque une r&eacute;union, &quot;il faut faire quelque chose&quot;. Quatre jeunes des M&eacute;es sont incarc&eacute;r&eacute;s. L'affaire semble entendue. Presse, police et justice semblent avoir fait leur boulot.  Faire quelque chose? Bien s&ucirc;r, mais pas sans l'assentiment des proches de la victime qui, apprend-on, sont arriv&eacute;s sur les lieux. Pas moins de dix coups de t&eacute;l&eacute;phone - mairie, h&ocirc;pitaux, tribunal, chambre mortuaire, pr&eacute;fecture - pour apprendre par le contre-ma&icirc;tre du domaine employeur que la veuve et la sour du d&eacute;c&eacute;d&eacute; se trouvent dans un h&ocirc;tel des M&eacute;es. Le contact s'&eacute;tablit. &quot;Oui, vous pouvez venir, on vous attend au rond-point&quot;. 12h15, Trixie et moi nous rendons sur place o&ugrave; l'on trouve, au bord de la chauss&eacute;e, deux femmes en noir. Pr&eacute;sentations, on s'attable &agrave; la terrasse d'un caf&eacute; et l&agrave;, stupeur, on met quelques minutes &agrave; comprendre que l'&eacute;pouse du saisonnier et sa sour sont seules, personne n'est l&agrave; pour les accompagner. Explications: le patron du domaine, grand seigneur, a appel&eacute; l'h&ocirc;tel pour dire qu'il r&eacute;glerait la note. Les Portugais ramassent les pommes et ne sont pas inform&eacute;s de leur pr&eacute;sence. Les amis de Guilhermino, dont quatre ont sauv&eacute; leur vie en plongeant dans le foss&eacute; &agrave; l'arriv&eacute;e du bolide, sont repartis d&egrave;s le lendemain. En tout, 25 manquent &agrave; l'appel. La mairie r&eacute;pondra deux jours plus tard &quot;on n'a pas &eacute;t&eacute; sollicit&eacute;s&quot; (nous non plus, sera notre seule r&eacute;ponse). La gendarmerie auditionne, sans plus. La pr&eacute;fecture et ses multiples services, la chambre d'agriculture et ses quarante salari&eacute;s sont aux abonn&eacute;s absents. Le consulat du Portugal &agrave; Marseille r&eacute;pond qu'il n'a pas de moyens et se contente de donner les coordonn&eacute;es d'une agence portugaise pour le rapatriement des corps. Ce d&eacute;sert d'assistance et d'humanit&eacute; &eacute;l&eacute;mentaires nous pousse &agrave; rencontrer le ma&icirc;tre du Domaine St Georges, sis &agrave; 7 km. Magnifique baraque, gravier fin dans la cour, comme dans le feuilleton s&eacute;rie nulle &quot;Les riches pleurent aussi&quot;. Ces gens-l&agrave; ont du go&ucirc;t et les moyens de leur go&ucirc;t. Le ma&icirc;tre, que l'on d&eacute;range dans sa digestion, il est 13h00, voit les deux femmes mais semble surtout inquiet de notre pr&eacute;sence. - &quot;Qui les aide dans les d&eacute;marches? Elles veulent r&eacute;cup&eacute;rer les affaires personnelles du d&eacute;funt.&quot; - &quot;Il y a des lois en France, un fonds de garantie&quot; nous r&eacute;pond-il. Un ouvrier portugais nous emm&egrave;ne au logement des saisonniers, &agrave; 500 m&egrave;tres. Beaux b&acirc;timents en pierres, toit couvert de tuiles, une aile semble inhabit&eacute;e. C'est l&agrave; que nous entrons. A la limite du taudis, une ampoule nue &agrave; l'angle des couloirs. Laurinda ramasse les affaires du mort dans cette chambre de 2,50 x 4 m occup&eacute;e par trois sommiers en fer. On ressort. En face, l'autre aile, r&eacute;nov&eacute;e et qui serait pimpante si les volets n'&eacute;taient pas clos; un panonceau sur la fa&ccedil;ade: G&icirc;te de France! Direction &quot;l'atelier&quot; du domaine, petite zone industrielle avec entrep&ocirc;ts frigos, cha&icirc;nes de conditionnement et baraques de chantier. Une affichette en fran&ccedil;ais et portugais sur la vitre des bureaux annonce la messe de dimanche en m&eacute;moire du disparu. Des dizaines de saisonniers sont l&agrave;, Portugais et jeunes itin&eacute;rants. Dans dix minutes, &agrave; 13h30, c'est la reprise. Echanges de regards, signes de t&ecirc;te, peu ou pas de mots. Ici, on n'est pas l&agrave; pour causer, on bosse pour 40,02 F de l'heure. D&eacute;part pour la gendarmerie o&ugrave; les femmes sont attendues. Nous les laissons apr&egrave;s avoir fait savoir que nous &eacute;tions de la Ligue des Droits de l'Homme et que nous leur cherchons un avocat. Rendez-vous est pris pour le lendemain. Retour sur la colline Zinzine pour les infos du soir consacr&eacute;es &agrave; la narration de cette sortie en Val de Durance. Vincent passe &agrave; l'antenne, scandalis&eacute; par les faits que nous rapportons. Elsa, la gorge nou&eacute;e, nous lit une p&eacute;tition qui circule &agrave; Dabisse pour soutenir la famille et la communaut&eacute; portugaise. Le fils du patron du bistrot o&ugrave; a d&eacute;marr&eacute; le drame et le ma&icirc;tre du Domaine St Georges nous joignent hors micro, g&ecirc;n&eacute;s, comme pour v&eacute;rifier que notre visite n'&eacute;tait pas irr&eacute;elle. Vendredi &agrave; 11h00, l'&eacute;mission &quot;Le g&eacute;nie des alpages&quot; annonce une r&eacute;union pour le soir m&ecirc;me aux M&eacute;es. Il y aura quarante personnes: des Portugais, la Conf&eacute;d&eacute;ration Paysanne, la CGT et des habitants qui remontent les bretelles aux deux conseillers municipaux qui sont l&agrave;, penauds. La solidarit&eacute; et une collecte s'organisent. Les langues se d&eacute;lient, on commence &agrave; apprendre beaucoup de choses. Il y avait plusieurs centaines de personnes, dimanche, au recueillement, dont le maire et le ma&icirc;tre du domaine. Le cur&eacute; a fait un beau discours sur la tol&eacute;rance et le respect de l'Autre. Aucune autre prise de parole, en la circonstance, et &ccedil;a n'est pas plus mal. L'heure est &agrave; la compassion et &agrave; l'&eacute;motion. Tenons-nous en &agrave; quelques premi&egrave;res questions. Monsieur le Juge V&eacute;rita, vous qui d&eacute;marrez l'instruction, &ecirc;tes-vous s&ucirc;r que toutes les d&eacute;clarations faites sont consign&eacute;es dans le rapport de gendarmerie? Celle d'un t&eacute;moin oculaire qui, aux premi&egrave;res loges, a pu observer le comportement &eacute;trange des deux gendarmes alert&eacute;s par un Portugais parce qu'il y avait une bagarre dans le Bar Moderne? D'apr&egrave;s ses dires, ils firent sortir les Portugais du bar puis escort&egrave;rent quatre fous furieux avec leur Rotweiler en laisse mais sans museli&egrave;re, tous imbib&eacute;s d'alcool et surexcit&eacute;s. pour les inviter &agrave; se mettre au volant de leurs deux v&eacute;hicules. Quelques minutes plus tard, sur le bord de la route.. Un des ratonneurs est un l&eacute;gionnaire en permission, un autre (ou le m&ecirc;me, on ne sait pas encore) est le fils d'un gendarme &agrave; la retraite qui vit sur la commune, le bistrotier est le fr&egrave;re du patron du domaine qui emploie les Portugais. Cela ne prouve rien, mais constitue un faisceau de pr&eacute;somptions sur la construction d'une ambiance naus&eacute;euse qui permet le passage &agrave; l'acte barbare et, apr&egrave;s coup, le bouclage rapide d'une enqu&ecirc;te incompl&egrave;te. Nous poserons des questions plus tard &agrave; la Pr&eacute;fecture, institution prompte &agrave; envoyer ses contr&ocirc;leurs v&eacute;rifier si les stands sur les march&eacute;s fermiers sont aux normes et incapable de lever le nez de ses tampons et circulaires pour apporter un soutien &agrave; de pauvres gens plong&eacute;s dans la douleur, apr&egrave;s un assassinat perp&eacute;tr&eacute; sur le sol fran&ccedil;ais. Nous poserons la question, sans attendre de r&eacute;ponse, &agrave; certain syndicat agricole sur son absence totale de r&eacute;action. Terminons ce compte-rendu d&eacute;brid&eacute; destin&eacute; &agrave; poser des questions que nous avons horreur de garder pour nous. Vincent et ses amis vous invitent Vendredi 6 octobre &agrave; 20h00 &agrave; la mairie des M&eacute;es pour r&eacute;fl&eacute;chir &agrave; la mise en place d'un r&eacute;seau de soutien aux saisonniers agricoles en g&eacute;n&eacute;ral, aux Portugais de Dabisse en particulier. A la semaine prochaine. Mathieu Longo ma&iuml; ------------------- Amicalement, Vincent Mespoulet   -- Liste LDH-REZO  Liste de la Ligue des Droits de l'Homme. Probleme technique, desabonnement, reabonnement : contactez Philippe Moreau a pmoreau (a) ras . eu . org ou Cecile Thuillier a ldh (a) wanadoo . fr .  Les archives de la liste sont consultables a l'adresse <a  href="http://www.ldh-rezo.ras.eu.org">http://www.ldh-rezo.ras.eu.org</a> Pour tout savoir sur la Ligue, consultez le site national a <a  href="http://www.ldh-france.asso.fr">http://www.ldh-france.asso.fr</a>   _____________________________________________ ZPAJOL liste sur les mouvements de sans papiers  * abonnement : envoyer a zpajol-request (a) ada . eu . org un message dont le Subject: est subscribe  * desabonnement : envoyer a zpajol-request (a) ada . eu . org un message dont le Subject: est unsubscribe mot_de_passe (votre mot de passe vous est envoye par mail quand vous vous abonnez)  * via le web a <a  href="http://atlas.bok.net/zpajol">http://atlas.bok.net/zpajol</a>  </pre> <!--X-Body-of-Message-End--> <!--X-MsgBody-End--> <!--X-Follow-Ups--> <hr> <!--X-Follow-Ups-End--> <!--X-References--> <!--X-References-End--> <!--X-BotPNI--> <ul> <li>Prev by Date: <strong><a href="msg00015.html">[Zpajol] Tr : Manifestation de soutien aux femmes d'Afghanistan</a></strong> </li> <li>Next by Date: <strong><a href="msg00017.html">[zpajol] 13 octobre &agrave; TOULOUSE</a></strong> </li> <li>Previous by thread: <strong><a href="msg00015.html">[Zpajol] Tr : Manifestation de soutien aux femmes d'Afghanistan</a></strong> </li> <li>Next by thread: <strong><a href="msg00017.html">[zpajol] 13 octobre &agrave; TOULOUSE</a></strong> </li> <li>Index(es): <ul> <li><a href="maillist.html#00016"><strong>Date</strong></a></li> <li><a href="threads.html#00016"><strong>Thread</strong></a></li> </ul> </li> </ul>  <!--X-BotPNI-End--> <!--X-User-Footer--> <!--X-User-Footer-End--> </body> </html> 
