<html>  <!--Date de cration: 05 fevrier 2002 --> <!--Dernire MJ    : 06 decembre 2002 --> <!--Version         : 2.0 -->  <head> <title>Un long week-end sur le boulevard de l&#146;enfer</title> <meta name="author" content="Venant Brisset"> <meta name="keywords" content="transport, camion, autoroute"> <style type="text/css">    <!-- 	a	        { color: #CC9933; font-weight: bold; text-decoration: none; }  a:visited	{ color: #CC9933; font-weight: bold; text-decoration: none; } 	a:hover   { color:#996633 ; text-decoration: underline; }  #kmnk { font-family : New Century Schoolbook, New Century Schlbk, Palatino ;  	        font-size   : 12pt;          margin-right: 1em;           margin-left : 1em;          text-indent : 2em;           text-align  : justify; }   --> </style>  </head>  <body bgcolor="#777777" link="#CC7733" vlink="#CC6633"> <table align="center" bgcolor="#F1DABC"><td width="600" valign="top"><a name="top"></a> <font face="Palatino, Times New Roman, Times">  <table width="600">   <td valign="center" height="30" bgcolor="#8A463D">   <b>&nbsp;&nbsp;&#149;&nbsp;Venant Brisset &#151; <a href="Brisset00.html">Bibliographie</a> &#151; <a href="../index.html">Page d&#146;Accueil</a></b></td> </table>  <p>&nbsp;</p> <p align="center"><font size="7" color="navy">Un long week-end sur le boulevard de l&#146;enfer</font></p> <div id="kmnk"><p>Qui n&#146;a jamais eu le pr&eacute;sentiment, en circulant sur une autoroute charg&eacute;e, que cette course folle peut &agrave; tout instant mal finir&nbsp;? Le carambolage du mercredi 10 novembre 1993 sur l&#146;autoroute A10 aprovoqu&eacute; dans la soci&eacute;t&eacute; un puissant choc &eacute;motionnel&nbsp;: c&#146;est comme si on avait subitement r&eacute;alis&eacute; que tous ces d&eacute;placements rapides que l&#146;on pratique d&#146;ordinaire nous font <i>jouer avec le feu</i>. Les autorit&eacute;s, qui avaient durant trois jours gorg&eacute; le public de l&#146;&eacute;v&eacute;nement, ont du le reprendre en main pour lui donner un d&eacute;nouement qui ne mette pas en cause l&#146;ordre habituel&nbsp;; ce que les images m&eacute;diatiques avaient montr&eacute;, il leur a fallu le <i>d&eacute;monter</i> pour faire tomber l&#146;angoisse sociale diffuse li&eacute;e &agrave; l&#146;usage de l&#146;automobile et des voies rapides.</p> <p>Les &#147;responsables&#148; ont d&eacute;cid&eacute; r&eacute;cemment, afin de soutenir les profits de leurs amis des Travaux Publics, de contsruire encore quelques milliers de kilom&egrave;tres d&#146;autoroutes&nbsp;; d&egrave;s le lendemain de l&#146;&eacute;v&eacute;nement, un effort soutenu de propagande a &eacute;t&eacute; entrepris pour affirmer que les autoroutes sauvent, en fait, des vies puisque les routes classiques sont trente fois plus meurtri&egrave;res&nbsp;; sans pr&eacute;ciser bien entendu que les voies nationales, d&eacute;partementales et communales constituent, pour quelques temps encore, un r&eacute;seau infiniment plus &eacute;tendu que le r&eacute;seau autoroutier. Malgr&eacute; tout, ce serait encore laisser de c&ocirc;t&eacute; l&#146;essentiel, cette v&eacute;rit&eacute; &eacute;prouv&eacute;e par tous que c&#146;est la voie rapide qui provoque les d&eacute;placements, par cette proximit&eacute; fantasmatique donn&eacute;e &agrave; beaucoup de lieux qui, sans elle, n&#146;auraient pas pu &ecirc;tre gagn&eacute;s en un week-end, par exemple. Quant &agrave; la pure contrainte, le &#147;progr&egrave;s&#148; des vingt derni&egrave;res ann&eacute;es dans ce pays nous fait obligation en plus du temps de travail, d&#146;effectuer une distance souvent d&eacute;cupl&eacute;e pour obtenir un salaire. <br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;La concentration hebdomadaire sur les autoroutes, quasi permanente sur les voies rapides, est le mauvais r&eacute;sultat de la r&eacute;duction fallacieuse des distances par la vitesse. Les difficult&eacute;s des gouvernants ne sont pas des moindres quand ils s&#146;attelent &agrave; vouloir r&eacute;gir des comportements qui sont fond&eacute;s sur une telle illusion&nbsp;: la vitesse en est une qui abuse le bon sens, elle accroche &agrave; l&#146;esprit une erron&eacute;e qui ne peut pas &ecirc;tre combattue rationnellement. L&#146;Etat, qui est le promoteur des autoroutes et qui par l&agrave; encourage cette conviction que l&#146;on peut &ecirc;tre partout en tr&egrave;s peu de temps, est mal plac&eacute; pour contenir r&eacute;ellement l&#146;engouement pour la vitesse&nbsp;; d&#146;autant que la voie rapide, du fait du mortel ennui qu&#146;il y a &agrave; la parcourir, excite le besoin d&#146;annuler encore plus vite la distance&nbsp;; c&#146;ets que l&#146;autoroute s&#146;apparente en quelque sorte &agrave; une privation sensorielle <i>en continu</i>&nbsp;: nombre de chauffeurs routiers l&#146;exp&eacute;rimentent comme une pure torture  &agrave; certaines heures o&ugrave; le fatigue menace de provoquer la <i>panne de paupi&egrave;re</i>. C&#146;est dire si, au plan de la pratique professionnelle, la conduite sur autoroute est semblable &agrave; ce qui se passe partout ailleurs dans le monde du travail&nbsp;: &agrave; la fois un d&eacute;qualification, puisque la conduite est simplifi&eacute;e &agrave; l&#146;extr&ecirc;me, et une intensification du fait de la tension nerveuse &agrave; mettre en jeu (que ce soit pour circuler dans un trafic &#147;charg&eacute;&#148; &agrave; grande vitesse ou pour r&eacute;sister au sommeil sur une autoroute d&eacute;serte). C&#146;est pour cette raison, contrairement &agrave; l&#146;id&eacute;e g&eacute;n&eacute;ralement admise, que pas mal de chauffeurs &eacute;vitent, quand ils le peuvent encore, l&#146;autoroute. <br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;Pour faire avaler cet <i>ordre de choses</i>, qui lentement, &agrave; travers tant de soubresauts, pousse la soci&eacute;t&eacute; au fond de l&#146;impasse, les commentateurs r&eacute;introduisent curieusement la &laquo;&nbsp;nature humaine&nbsp;&raquo; comme source d&#146;erreurs&nbsp;; l&#146;homme risque encore de coincer le m&eacute;canisme. Tout est devenu si complique que l&#146;op&eacute;rateur en chair et en os se trouve de moins en moins &agrave; la hauteur de sa t&acirc;che, et de plus en plus &agrave; la place du coupable en sursis. C&#146;est ainsi que l&#146;Etat &agrave; pu inculper des chauffeurs routiers, qu&#146;il toise d&#146;ordinaire comme des <i>pestif&eacute;r&eacute;s</i> suspects de tous les maux possibles, du d&eacute;lit de ne pas avoir &eacute;t&eacute;, en cette circonstance extraordinaire, des <i>surhommes</i>&nbsp;; bref, il fallait des lampistes&nbsp;: pourquoi tant d&#146;homme plus communs, automobilistes ce jour-l&agrave;, n&#146;ont pas su s&#146;arr&ecirc;ter &agrave; temps&nbsp;? et au volant de v&eacute;hicules autrement plus l&eacute;gers&nbsp;?</p> <p>Le propre d&#146;une conception technocratique est de rester imperm&eacute;able &agrave; ce qui la contredit&nbsp;: chaque dimanche, dans les pays &#147;civilis&eacute;s&#148; &eacute;quip&eacute;s d&#146;autoroutes, ce sont des centaines de kilom&egrave;tres de voitures immobilis&eacute;es qui d&eacute;mentent &laquo;&nbsp;la fluidit&eacute; du trafic enfin r&eacute;alis&eacute;&nbsp;&raquo;. les perc&eacute;es autorouti&egrave;res ont tranch&eacute; dans le vif des terres cultiv&eacute;e, des for^ts et parfois des agglom&eacute;rations pour permettre une circulation ininterrompue&nbsp;; si le code &eacute;tait respect&eacute;, nous dit-on, ce flot de milliers de v&eacute;hicules qui se collent au cul &agrave; fond de train, ne conna&icirc;trait jamais d&#146;accrochage. Les r&eacute;glements qui pr&eacute;tendent canaliser cette d&eacute;mence sont encore plus fous. Le gros des arguments des technocrates, &agrave; propos des autoroutes et de tout le reste, c&#146;est &laquo;&nbsp;qu&#146;il en faut&nbsp;!&nbsp;&raquo;, comme pour dire que c&#146;est la faute &agrave; &#147;pas de chance&#148; si les &eacute;changes marchands ont conduit le monde dans ce cul-de-sac.  <br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;La catastrophe du 10 novembre s&#146;est produite dans le sens nord-sud, un jour de d&eacute;part. Tout est dit. L&agrave; o&ugrave; se rendent &agrave; la h&acirc;te les week-endistes, il faut bien qu&#146;y soient livr&eacute;es en m&ecirc;me temps et en quantit&eacute;s, les marchandises qu&#146;ils vont y chercher. Les commer&ccedil;ants pratiquent le &laquo;&nbsp;zero stock&nbsp;&raquo;, ils n&#146;ont rien en d&eacute;p&ocirc;t. Le gros des marchandises est stock&eacute; principalement dans ces entrep&ocirc;ts roulants que sont les camions. &laquo;&nbsp;L&#146;&eacute;conomie n&#146;est pas malade, elle est folle&nbsp;!&nbsp;&raquo; telle fut la r&eacute;clame, il y a quelques mois, d&#146;un magazine pour managers. C&#146;est ce que se dit, mais pour des raisons inverses, le paysan qui apprend que les l&eacute;gumes qu&#146;il a r&eacute;ussi &agrave; &eacute;couler ont &eacute;t&eacute; conditionn&eacute;s &agrave; P&eacute;taouchnoc pour revenir, en bout de cha&icirc;ne, &agrave; la cantine scolaire o&ugrave; d&eacute;jeunent ses enfants. Et quand il ram&egrave;ne du supermarch&eacute; des packs de yaourts qui ont d&ucirc; faire le tour du monde pour trouver leur emballage et leur prix, il va traire ses vaches en se grattant la t&ecirc;te. Ce serait donc la circulation qui donnerait le prix aux choses&nbsp;: voil&agrave; ce qui ferait se p&acirc;mer d&#146;aise les grands pr&ecirc;tres de la &#147;logistique&#148;, si la mise en pratique, toujours tributaire d&#146;hommes imparfaits, n&#146;&eacute;tait &agrave; incriminer.</p> <p>Le plus imparfait de ces hommes est le camionneur&nbsp;: dans une galerie de portraits, il serait sans conteste ce qu&#146;il y a de moins civilis&eacute;, &agrave; tel point que la corporation a tent&eacute; de remonter sa cote par cette simple formule&nbsp;: &laquo;&nbsp;les routiers sont sympas&nbsp;&raquo;. Ils ne sont ni plus ni moins aimables que quiconque&nbsp;; si leurs rapports sont bien meilleurs que ceux qu&#146;entretiennent les &#147;gens biens&#148; au volant, c&#146;est simplement parce qu&#146;ils ont des rapports entre eux. Le m&eacute;pris ouvert de la bourgeoisie du XIXe si&egrave;cle &agrave; l&#146;encontre des prol&eacute;taires se retrouve aujourd&#146;hui inchang&eacute; dans l&#146;aversion de la bonne soci&eacute;t&eacute; pour le routier. Plus les affaires de la soci&eacute;t&eacute; d&eacute;pendent de l&#146;organisation des transports et de leur d&eacute;veloppement, plus les travailleurs de ce &#147;secteur&#148; sont d&eacute;daign&eacute;s. L&#146;animosit&eacute; de l&#146;automobiliste pour le camionneur tient en partie aussi &agrave; la conformation de leurs v&eacute;hicules r&eacute;spectifs, qui autorise pour une fois l&#146;esclave, du haut de la cabine, &agrave; jeter un regard indiscret dans l&#146;intimit&eacute; des belles limousines des ma&icirc;tres. La route est devenue une usine que les cadres, et m&ecirc;me les rupins, ne peuvent pas tout le temps &eacute;viter. Le poids lourd, c&#146;est la verrue qu&#146;ils ont devant le nez, la puissance technique qui se trouve confi&eacute;e peut-&ecirc;tre &agrave; <i>n&#146;importe qui</i>, le risque coll&eacute; aux fesses. La qui&eacute;tude du manager n&#146;est plus seulement perturb&eacute;e par un conflit historique que l&#146;on refoule &agrave; grand renfort de propagande consensuelle&nbsp;; en prime, elle est maintenant menac&eacute;e dans son cadre quotidien qu&#146;encercle la folie &eacute;conomique qu&#146;il a excit&eacute;e de toutes les mani&egrave;res. <br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;Les routiers sont fr&eacute;quement soup&ccedil;onn&eacute;s, du fait de leur travail isol&eacute;, d&#146;en prendre un peu trop &agrave; leur aise, de diminuer &agrave; leur gr&eacute;, en augmentant la vitesse de leurs machines, la dur&eacute;e de leur journ&eacute;e de travail. Rien n&#146;est plus faux&nbsp;: sur la route, le contrema&icirc;tre, c&#146;est le flic. En fait, le temps de travail est surtout hant&eacute; par le risque de l&#146;accident&nbsp;; or, plus le trafic s&#146;accro&icirc;t, plus le risque grandit, <i>ind&eacute;pendamment</i> de la comp&eacute;tence des chauffeurs.</p> <p>&Agrave; l&#146;avenir, le chaos social ne sera pas avare de nuisances du type de celle de l&#146;A10. Pour persuader les foules qu&#146;il y a une explication plausible &agrave; leur vie inqui&eacute;tante, l&#146;Etat a mis au point le stratag&egrave;me d&#146;<b>inculper des ouvriers pour un accident du travail</b>, comme si toute catastrophe n&#146;&eacute;tait que le produit de la n&eacute;gligence d&#146;un travailleur&nbsp;: ici, c&#146;est la d&eacute;faillance de leurs r&eacute;flexes qui est en cause, comme si dans des situations extr&ecirc;mes tous les individus avaient la m&ecirc;me qualit&eacute; de r&eacute;flexe&nbsp;; et si avoir un r&eacute;flexe diff&eacute;rent de son voisin est qualifi&eacute; de faute professionnelle et conduit en taule, alors autant braquer des banques&nbsp;! <br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;En 1985, une r&eacute;ponse efficace avait &eacute;t&eacute; donn&eacute;e contre ce genre d&#146;accusation&nbsp;: les conducteurs du m&eacute;tro parisien en arr&ecirc;tant le travail spontan&eacute;ment avaient bloqu&eacute; la capitale&nbsp;; ils obtinrent imm&eacute;diatement l&#146;annulation des poursuites judiciaires entam&eacute;es &agrave; l&#146;encontre de l&#146;un d&#146;eux &agrave; la suite d&#146;un accident. Cette fois, apr&egrave;s l&#146;incarc&eacute;ration du routier polonais, Mariusz Pawlowski &#151; le juge de Saintes vient de lui refuser la libert&eacute; provisoire &#151;, personne n&#146;a boug&eacute; le petit doigt&nbsp;: va-t-il donc falloir admettre que dans ce pays le travail aussi rend criminel&nbsp;?</p> <p align="right"><i><a href="../EdN/AllianceON00.html">Alliance pour l&#146;opposition &agrave; toutes les nuisances</a></i><br>Venant Brisset &#151; 25 novembre 1993.</p></div>  <p id="kmnk"><u>Note de mai 1995</u> (pour le Bulletin n&deg;3 de l&#146;<i><a href="../EdN/AllianceON00.html">Alliance pour l&#146;opposition &agrave; toutes les nuisances</a></i>)&nbsp;: <br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;R&eacute;dig&eacute; &agrave; chaud, <i>Un long week-end sur le boulevard de l&#146;enfer</i> ne s&#146;est pas souci&eacute;, &agrave; l&#146;avance, de la question de sa diffusion. L&#146;Alliance a voulu faire jouer productivement le hasard en envoyant des exemplaires de ce tract &agrave; un nombre consid&eacute;rable de restaurants routiers en France. De telles remarques demandent sans doute davantage de contacts directs pour se faire conna&icirc;tre, car elles n&#146;ont suscit&eacute; aucun &eacute;cho. Par ailleurs, ce texte a &eacute;t&eacute; diffus&eacute; fin 1993, lors de deux manifestations locales contre les projets d&#146;autoroute, &agrave; Grenoble et Clermont-Ferrand.</p>   <p>&nbsp;</p> <table width="600">   <td valign="middle" height="30" bgcolor="#8A463D"><font size="4">   <b>&nbsp;&nbsp;&#149;&nbsp;<font color="silver">Venant Brisset</font> &#151; <a href="Brisset00.html">Bibliographie</a></b></font></td> </table> <ul>  <li><a href="Brisset13.html">Un long week-end sur le boulevard de l&#146;enfer</a> - novembre 1993.</li>  <li><a href="Brisset11.html">Tant qu&#146;il est encore temps&#133;</a> - octobre 1998.</li>  <li><a href="Brisset10.html">Lettre ouverte &agrave; Jos&eacute; Bov&eacute;</a> - octobre 1999.</li> </ul> <table width="600">   <td align="center" valign="middle" height="50" bgcolor="#8A463D">   <font size="4"><b><a href="#top">HAUT DE PAGE</a>&nbsp;&#149;&nbsp;<a href="../index.html">PAGE D&#146;ACCUEIL</a></b></font></td> </table>  </font> <p>&nbsp;</p><hr size="7" color="#8A463D" /> <div align="center"><tt><p><a href="http://netmc.9online.fr/index.html">Notes &amp; Morceaux Choisis</a>, site fond&eacute; en f&eacute;vrier 2002.<br /> Pour toute correspondance :<br /> <a href="mailto:netmc@9online.fr">Notes &amp; Morceaux Choisis</a> - 52, rue Damr&eacute;mont - 75018 Paris.</p></tt></div> </td></table> </body> </htlm> 
