<!--This file created 15/11/97 16:04 by Claris Home Page version 2.0--> <HTML> <HEAD>    <TITLE>Ville et &icirc;le dans The Trespasser de    D.H.Lawrence</TITLE>    <META NAME=GENERATOR CONTENT="Claris Home Page 2.0">    <X-SAS-WINDOW TOP=66 BOTTOM=452 LEFT=8 RIGHT=566> </HEAD> <BODY BGCOLOR="#FFFFFF" ALINK="#0000FF" VLINK="#551A8B" background="yellow.jpg">  <P ALIGN=RIGHT><I><FONT SIZE="-1" COLOR="#0000AF">Arobase</FONT></I><FONT SIZE="-1" COLOR="#0000AF">, vol. 1, n. 1<BR>  http://www.liane.net/arobase<BR>  Copyright&copy; Philippe Romanski 1996</FONT> <HR> <p></P>  <P><CENTER><B>Ville et &icirc;le dans <I>The Trespasser</I> de D.H. Lawrence</B> :<B> "Island, My Eye-Land"</B></CENTER></P>  <P><CENTER>Philippe Romanski, Universit&eacute; de Rouen, France <HR WIDTH="30%"> </CENTER><p></P>  <BLOCKQUOTE><BLOCKQUOTE><P ALIGN=RIGHT><FONT SIZE="-1">Staring at the darkness, he seemed to feel his course, though he could not see it.</FONT><A HREF="#fn0" name="fnB0">[1]</A></P>  <P><BR>  </P></BLOCKQUOTE>  <P>&nbsp;&nbsp;Lorsque Siegmund appara&icirc;t au chapitre deux de <I>The Trespasser</I>, le personnage se d&eacute;finit d'entr&eacute;e par rapport au double aspect de la ville. Ainsi, pour ce violoniste, si le Londres nocturne c'est l'espace o&ugrave;, vivant, il &eacute;volue professionnellement, si c'est le lieu de la musique, de la sc&egrave;ne, de la repr&eacute;sentation, de la passion et de la joie [<I>T</I>. 48] ainsi que des applaudissements [<I>T</I>. 48], c'est d'abord et avant tout, cependant, de mani&egrave;re plus n&eacute;gative, un synonyme de Beatrice, son &eacute;pouse [<I>T</I>. 53]. Parce qu'il signifie "celle qui apporte la joie" [Cresswell, <I>Dictionary of First Names</I> 38] et parce qu'il renvoie volontairement [<I>T</I>. 123] &agrave; une autre Beatrice, celle de la <I>Vita Nuova</I> et de la <I>Divine Com&eacute;die</I>, ce pr&eacute;nom rend, d'embl&eacute;e, profond&eacute;ment ironique une partie de l'espace du roman. En effet, la Beatrice de Siegmund, contrairement &agrave; celle de Dante, est la femme qu'il faut fuir. Elle n'est pas luminosit&eacute; [<I>Enfer</I> II-55] mais obscurit&eacute;; elle n'est pas voix enivrante et souriante [<I>Paradis</I> I-95, VII-11-12] mais silence et m&eacute;pris [<I>T</I>. 169-170]; elle n'est pas rires [<I>Paradis</I> VII-17-18, X- 61-63, XIV-79] mais cris et impr&eacute;cations [<I>T</I>. 54]. Enfin, elle n'est pas ascension et ouverture mais descente et enfermement (voir, &agrave; ce sujet, l'importance des portes et des pi&egrave;ces dans ce second chapitre) car elle n'ouvre pas les portes du paradis, mais celles de l'Enfer ("Now for the beginning of Hell!" [<I>T.</I> 169]). N'oublions pas, en effet, que c'est &agrave; Londres, chez Beatrice, qu'il se pend et qu'il p&eacute;n&egrave;tre ainsi, selon Dante, dans le second giron du septi&egrave;me cercle de l'Enfer -- celui des violents contre eux-m&ecirc;mes, celui des suicid&eacute;s [<I>Enfer</I> XIII].</P>  <P>&nbsp;&nbsp;Parce que cet espace urbain est celui de l'union manqu&eacute;e, celui de la relation triangulaire classique et destructrice (mari-femme-ma&icirc;tresse), impuret&eacute;s, b&eacute;ances, fragmentations et absence de chaleur caract&eacute;risent les objets du foyer. La nappe de la cuisine est couverte de taches brunes, les mouches courent sur le pain, le sucre et le cacao, la tasse de Siegmund est &eacute;br&eacute;ch&eacute;e, le rev&ecirc;tement de sol est trou&eacute; par endroits [<I>T</I>. 50], le peigne oubli&eacute; sur la chaise est cass&eacute; [<I>T</I>. 51], les cendres du po&ecirc;le sont froides.</P>  <P>&nbsp;&nbsp;Mais ce lieu appartient d&eacute;j&agrave;, pour Siegmund, au pass&eacute;, car son pr&eacute;sent n'est qu'une vision prospective o&ugrave; se m&ecirc;lent impatience et imagination: "but Siegmund had already left the city " [<I>T</I>. 49]. L'eau du fleuve, de la Tamise, annonce celle de la mer et, donc, le voyage maritime que Siegmund s'appr&ecirc;te &agrave; entreprendre -- qu'il a, en fait, <I>d&eacute;j&agrave; </I>entrepris -- pour rejoindre Helena, nouvelle H&eacute;l&egrave;ne de Troie, sur l'&icirc;le de Wight. Et <I>d&eacute;j&agrave;</I> Siegmund peut la voir. Eclair&eacute;e par la lune, l'eau du fleuve est tel un v&ecirc;tement entrouvert, un aper&ccedil;u fugitif de la nudit&eacute; de l'&ecirc;tre aim&eacute; [<I>T</I>. 49]. L'astre lunaire, dont la p&acirc;leur lumineuse est elle-m&ecirc;me &eacute;vocatrice d'Helena [<I>T</I>. 50], joue, de plus, le r&ocirc;le d'un trait d'union entre les amants, car tous deux y projettent et concentrent, tels des adorateurs pa&iuml;ens<A HREF="#fn1" name="fnB1">[2]</A> leurs aspirations et leurs attentes [<I>T</I>. 50, 52].</P>  <P>&nbsp;&nbsp;Siegmund est en train de changer et, avec lui, croit-il, le monde dans sa totalit&eacute; [<I>T</I>. 50]. Comme pour Parsifal s'appr&ecirc;tant &agrave; d&eacute;couvrir le Graal ("Ich schreite kaum,/doch w&auml;hn' ich mich schon weit" [<I>Parsifal </I>I]) ce n'est pas pour Siegmund, assis dans le wagon, le train qui bouge, mais le paysage [<I>T</I>. 49]. Une fois regagn&eacute; la <I>cellule</I> familiale, observant le visage de sa petite fille endormie, Siegmund d&eacute;c&egrave;le, l&agrave; aussi, du mouvement dans cette image du repos: "Her black hair was tossed across the pillow: he could see the action." [<I>T</I>. 55.]</P>  <P>&nbsp;&nbsp;En tant que mari, Siegmund s'avoue incapable de gouverner le navire &agrave; la d&eacute;rive de son mariage, de sa famille: &nbsp;"When it's come to sticking out against Beatrice, and sailing the domestic ship in spite of her, I've always funked." [<I>T</I>. 124.] En devenant amant, il devient aussi bien meilleur navigateur. Et pas n'importe lequel. Lorsqu'il traverse le Solent, Siegmund prend les traits de l'amoureux wagn&eacute;rien. De m&ecirc;me que, dans <I>Le Vaisseau fant&ocirc;me</I>,<I> </I>le Hollandais se voit offrir, apr&egrave;s sept ann&eacute;es pass&eacute;es en mer, la main de la fille de Daland, Senta, de m&ecirc;me que, dans <I>Lohengrin,</I> c'est sur l'Escaut que le chevalier du Graal, fils de Parsifal appara&icirc;t pour la premi&egrave;re fois &agrave; Elsa, de m&ecirc;me que Siegfried, dans <I>Le Cr&eacute;puscule des dieux</I>, fait la connaissance de Gutrune juste apr&egrave;s son voyage sur le Rhin, ou, encore, de m&ecirc;me que Tristan, croyant convoyer Isolde au Roi Marke, la conduit, en fait, &agrave; lui-m&ecirc;me<A HREF="#fn2" name="fnB2">[3]</A>, Siegmund, lui aussi, se rapproche de l'&ecirc;tre aim&eacute; par la voie des eaux. Ainsi, Siegmund quitte la m&egrave;re -- de ses enfants -- pour prendre la mer -- espace qui le s&eacute;pare d'Helena. Portsmouth, le port o&ugrave; il embarque est, comme son nom l'indique, bouche -- et m&ecirc;me bouche souriante. Soleil, joie dominicale, spectacle kal&eacute;idoscopique de couleurs vives, drapeaux et d&eacute;fil&eacute;s militaires saluent son entr&eacute;e dans la ville portuaire [<I>T</I>. 55]. La descente du train, l'aveuglement du jour, la mont&eacute;e &agrave; bord du navire correspondent pour Siegmund &agrave; une mise en accord avec cette atmosph&egrave;re de liesse g&eacute;n&eacute;rale, processus d'harmonisation exprim&eacute; en des termes qui sugg&egrave;rent, <I>simultan&eacute;ment</I>, la mer et l'accouplement: "Then the day flashed out, and Siegmund mated with joy." [<I>T</I>. 55.] Car, ainsi qu'en t&eacute;moigne le jeu de mots latent entre "sea" et "see", l`eau de la mer nourrit l'imaginaire et la vision amoureuse. La mer est ainsi une femme dont la poitrine se soul&egrave;ve, doucement, &agrave; chaque vague [<I>T</I>. 56]. Parce que l'eau est bleu comme les yeux d'Helena [<I>T</I>. 53, 55], parce que la mer est associ&eacute;e, comme Helena, aux fleurs [<I>T</I>. 53, 56], parce qu'en fait tout dans le Solent lui rappelle le corps et la personne d'Helena ( "It was so like Helena" [<I>T</I>. 55]), Siegmund, en se donnant &agrave; la mer [<I>T</I>. 55], jouit, par avance, du corps de sa ma&icirc;tresse. Mais la travers&eacute;e est rapide et la jouissance, par cons&eacute;quent, de courte dur&eacute;e: "he was in the quay, and the ride was over. Siegmund regretted it." [<I>T</I>. 56.] Surtout si nous retenons l'acception argotique et sexuelle de "ride"<A HREF="#fn3" name="fnB3">[4]</A>, l'ancien adage est ici, une fois de plus, illustr&eacute;: <I>post coitum omne animal triste</I>.</P>  <P>&nbsp;&nbsp;Regrets et tristesse ne sont, toutefois, que passagers. C'est, en effet, d'abord avec l'&eacute;tat d'esprit d'un explorateur que Siegmund met le pied sur l'&icirc;le. Newport prend alors tout son sens &eacute;tymologique. Quand il touche terre, Siegmund est seul; l'&icirc;le est d&eacute;serte: "the station and the island were desolate." [<I>T</I>. 56.] Ou, du moins, comme Robinson Crusoe<A HREF="#fn4" name="fnB4">[5]</A>, le croit-il. Et sa croyance est si forte qu'il en para&icirc;t m&ecirc;me singuli&egrave;rement &eacute;tonn&eacute; de rencontrer Helena en ces lieux: "You <I>here</I> !" [<I>T</I>. 57.]</P>  <P>&nbsp;&nbsp;Mais cet endroit est celui du couple. Car "&icirc;le", c'est "ils", c'est-&agrave;-dire, grammaticalement, "il" <I>et</I> "elle". Et c'est <I>ensemble</I> qu'ils vont proc&eacute;der &agrave; la d&eacute;couverte du lieu, le parcourant de jour comme de nuit [<I>T</I>. 70, 130] et explorant ses moindres recoins [<I>T</I>. 72, 75]. Cet espace &eacute;tant born&eacute; de mani&egrave;re naturelle par la mer, l'exploration peut sembler ais&eacute; -- surtout lorsque l'on poss&egrave;de, comme Helena, une carte [<I>T</I>. 89-90]. Or, il n'en est rien. Impr&eacute;visibles, soudains, le brouillard [<I>T</I>. 63] ou la nuit ( "Twilight, however, rose more rapidly than they had anticipated"[<I>T</I>. 97]) -- le "Nacht und Nebel" wagn&eacute;rien [<I>L'Or du Rhin</I> 3] -- effacent les rep&egrave;res [<I>T</I>. 97] ou les chemins [<I>T.</I> 118] et font s'&eacute;garer les amants. Cette volont&eacute; de repousser les limites g&eacute;ographiques s'accompagnent du d&eacute;sir de repousser ses <I>propres</I> limites physiques et psychologiques [<I>T</I>. 77]. L'&icirc;le, parce qu'elle met &agrave; l'&eacute;preuve les personnages est un r&eacute;v&eacute;lateur de leur identit&eacute; vraie. S'avancer jusqu'au bord de la falaise en songeant &agrave; la chute [<I>T</I>. 60, 77, 84], attendre jusqu'au dernier instant la mar&eacute;e montante [<I>T</I>. 81-82, 85] et ainsi risquer la noyade, s'exposer au froid glacial [<I>T</I>. 63, 65] ou &agrave; un soleil de plomb [<I>T</I>. 119, 147, 177] sont, en effet, des actes qui permettent de mieux <I>voir</I> &agrave; l'int&eacute;rieur de soi. D&eacute;couvrir l'&icirc;le, faire l'exp&eacute;rience avec sa chair de sa duret&eacute; [<I>T</I>. 73, 135-136] ou de sa douceur, en jouant, par exemple, avec l'eau ou le sable [<I>T</I>. 73, 88, 135], c'est accepter une d&eacute;finition de soi, une <I>vision</I> de son corps, fond&eacute; sur le contact des mati&egrave;res. Apr&egrave;s s'&ecirc;tre bless&eacute; sur un rocher, Siegmund observe ainsi son image &agrave; la surface de l'eau:</P>  <BLOCKQUOTE><P>&nbsp;&nbsp;It made him conscious of himself, seeming to <I>look</I> at him. He <I>glanced</I> at himself, at his handsome white maturity. As he <I>looked</I> he felt the insidious creeping of blood down his thigh, which was marked with a long red slash. Siegmund <I>watched</I> the blood travel over the bright skin. It wound itself redly round the rise of his knee.<BR>  &nbsp;"That is I, that creeping red, and this whiteness I pride myself on is I, and my black hair, and <I>my blue eyes</I> are I. It is a weird thing to be a person..." [<I>T</I>. 74, mes italiques.] </P></BLOCKQUOTE>  <P>&nbsp;&nbsp;D&eacute;couvrir l'&icirc;le, en outre, c'est aussi mettre &agrave; nu, le corps de l'autre. Ce n'est, bien &eacute;videmment, pas un hasard, si Helena passe en revue si attentivement celui de son amant d&egrave;s les premi&egrave;res minutes de leurs retrouvailles en ce lieu:</P>  <BLOCKQUOTE><P>&nbsp;&nbsp;Helena appreciated him, feature by feature. She liked his clear forehead with its thick black hair, and his full mouth, and his chin. She loved his hands that were small, but strong and nervous, and very white. She liked his breast, that breathed so strong and quietly, and his arms, and his thighs and his knees. [<I>T</I>. 57.]</P></BLOCKQUOTE>  <P>&nbsp;&nbsp;Si l'insularit&eacute; se pr&ecirc;te tout particuli&egrave;rement &agrave; cet exercice, c'est que, comme dans le po&egrave;me "Song of a Man who is Loved" ou, mieux encore, dans "New Heaven and Earth", le corps de l'aim&eacute;(e) est, lui m&ecirc;me, &icirc;le et havre de paix [<I>Complete Poems</I> 249, 256]. La d&eacute;couverte de cet univers se fait donc avec l'autre et <I>en</I> l'autre. Helena est ainsi pour Siegmund une terre fertile o&ugrave; ce dernier peut s'enraciner et cro&icirc;tre [<I>T</I>. 69], tel un arbre dont les branches permettent, plus tard, &agrave; la femme-l'oiseau qu'elle est, de se (re)poser [<I>T</I>. 86]. Pour Helena, Siegmund est &eacute;galement lourd et massif comme les rochers [<I>T</I>. 79], brutal comme la mer qui vient s'y fracasser [<I>T</I>. 83, 137] et son coeur est aussi celui de l'&icirc;le [<I>T</I>. 79]. Au chapitre VIII, lorsque Siegmund d&eacute;couvre la petite baie, le sable, d'abord "pure comme les &eacute;paules d'Helena" [<I>T</I>. 88], devient ensuite comme <I>tout </I>le corps d'Helena [<I>T</I>. 88], corps sur lequel il s'&eacute;chou&eacute;, s'allonge et dont il d&eacute;flore la virginit&eacute;, en se livrant &agrave; un simulacre de p&eacute;n&eacute;tration [<I>T</I>. 88,90]. Siegmund s'imagine &ecirc;tre, lui aussi, pour Helena, un espace identique: "She only wants to explore me, like a rock-pool, and to bathe in me." [<I>T.</I> 143.] Quant &agrave; la baignade elle-m&ecirc;me, il n'est point surprenant qu'elle procure &agrave; Helena les sensations de l'acte amoureux: "the cold arms of the ocean lifted her and smothered her impetuously, like an awful lover." [<I>T</I>. 137.] Siegmund, ainsi qu'Helena, rappelons le, est <I>comme </I>l'eau. Et c`est en jouant avec l'eau que chacun rencontre l'autre ou, plus exactement, c'est gr&acirc;ce au <I>jeu</I> de l'eau et au jeu avec l'eau, que chacun d&eacute;couvre la liquidit&eacute;, ou, en d'autres termes, la dimension insaisissable, du "<I>je</I> " de l'autre. Insaisissable, oui, mais ce <I>je</I> devient aussi, par l&agrave;-m&ecirc;me, l'endroit o&ugrave; l'autre peut se mirer et se noyer. Et comme il ne peut y avoir ici de ligne de partage des eaux, ce sont pr&eacute;cis&eacute;ment ces eaux m&ecirc;l&eacute;s qui cr&eacute;ent cet &eacute;tat de compl&eacute;mentarit&eacute; extr&ecirc;me qu'est la fusion totale," in which man and woman have one being, Two-in-one, the only Hermaphrodite" [<I>T</I>. 64]. Cette r&eacute;f&eacute;rence au <I>Banquet</I> de Platon [Platon, <I>Le Banquet</I> 716-719] indique, de mani&egrave;re explicite, que l'androgyne recr&eacute;&eacute; en un baiser par Siegmund et Helena doit &ecirc;tre analys&eacute; dans le cadre d'un retour en arri&egrave;re<A HREF="#fn5" name="fnB5">[6]</A> qui, envisag&eacute; plus largement, prend, &agrave; de nombreuses reprises dans ce roman, des allures de rajeunissement [<I>T</I>. 55], de <I>regressus ad uterum</I>, Helena &eacute;tant la matrice, la m&egrave;re originelle: "Yet as he lay helplessly looking up at her, some other consciousness inside him murmured 'Hawwa, -- Eve -- Mother !'" [<I>T</I>. 103.] Une des remarques de Siegmund, tout au d&eacute;but du roman, prend alors &eacute;galement tout son sens: "I feel at home here.... as if I had come home, where I was bred." [<I>T</I>. 70.] Ce retour &agrave; l'&icirc;le, &agrave; l'ut&eacute;rus maternelle, au <I>port d'origine</I>, est aussi un retour &agrave; l'oeuf cosmique, image-clich&eacute;e de la totalit&eacute;, de l'unit&eacute; primordiale<A HREF="#fn6" name="fnB6">[7]</A>. Parce qu'il est sur l'&icirc;le impossible de distinguer la mer de la lune [<I>T</I>. 70], parce que tout se fond amoureusement ("They are all still -- gorse and the stars and the sea and the trees, are all kissing " [<I>T</I>. 102]), parce que, par le biais de la m&eacute;taphore et de la comparaison, Siegmund et/ou Helena sont oiseaux [<I>T</I>. 87-88], papillons [<I>T</I>. 79, 89], insectes [<I>T</I>. 92], fleurs [<I>T</I>. 53, 57, 69, 89, 93], flammes [<I>T.</I> 68, 101], poussi&egrave;res [<I>T</I>. 78], terre [<I>T</I>. 69, 88], mer [<I>T</I>. 55, 93, 137], soleil [<I>T</I>. 59] ou m&ecirc;me invisibles [<I>T</I>. 98], parce que la mer est une fleur [<I>T</I>. 55] un serpent [<I>T</I>. 93] ou un coeur qui bat [<I>T</I>. 83], parce que les galets bavardent et que les coquillages murmurent [<I>T</I>. 78], toute tentative d'organisation taxinomique des choses et des &ecirc;tres devient, ici, par cons&eacute;quent, ainsi que le remarque Helena, totalement futile et injustifi&eacute;e: "Why should I want to label them ?" [<I>T</I>. 99.]<A HREF="#fn7" name="fnB7">[8]</A></P>  <P>&nbsp;&nbsp;Ce parcours de la ville &agrave; l'&icirc;le, d'un <I>port d'attache</I> trop familer &agrave; une <I>terra incognita</I>, du <I>corps-mort</I> que repr&eacute;sente Beatrice &agrave; l'ancrage dans le <I>corps vivant</I> d'Helena ainsi que, surtout, cette accession &agrave; l'Un et au Tout &agrave; travers l'autre, demeure, toutefois, du domaine de la fugacit&eacute;. Si, comme l'illustre, en anglais, le jeu de mots possible entre "island" et "eye-land", le sol et la vision sont ins&eacute;parables, il nous faut souligner, cependant, que cette vision du pays qu'Helena qualifie de magique [<I>T</I>. 102] ne peut &ecirc;tre que fulgurante et, ainsi que l'implique "land", condamn&eacute;e &agrave; la pesanteur terrestre. Et cela, essentiellement, en raison du cadre temporelle qui enferme, (d&eacute;)limite l'aventure amoureuse et cosmique de Siegmund et Helena. En effet, m&ecirc;me si les protagonistes, &agrave; force de ratiocination [<I>T</I>. 98], r&eacute;ussissent presque &agrave; se persuader, qu'en ce lieu, "there is no next week. There is only the present" [<I>T</I>. 58], le temps ne peut dispara&icirc;tre compl&egrave;tement. En fait, la narration regorge d'indications classiques, mais ici des plus paradoxales, telles que: "It was Sunday ", "At three o'clock of the afternoon" [<I>T</I>. 56], "Until teatime" [<I>T</I>. 57], "After tea" [<I>T</I>. 59], "It was eleven o'clock" [<I>T</I>. 69], "in the morning", "After breakfast" [<I>T</I>. 75], "At seven o'clock" [<I>T</I>. 87].<A HREF="#fn8" name="fnB8">[9]</A> Ainsi, si Siegmund et Helena disent, sans cesse, profiter du moment pr&eacute;sent et ob&eacute;ir au <I>carpe diem</I> d'Horace [<I>T</I>. 100], la deuxi&egrave;me partie de la citation prend, en quelque sorte, toutefois, le dessus ("<I>quam minimum</I> <I>credula postero</I> ") [Horace, <I>Odes</I> 1-XI, 8] et <I>bient&ocirc;t</I> et <I>demain</I> sont toujours ou <I>d&eacute;j&agrave;</I> dans leurs esprits. Aussi finissent-ils par produire des &eacute;nonc&eacute;s aussi surprenants et contradictoires que "It seems another eternity before the 3.45 train" [<I>T.</I> 139].</P>  <P>&nbsp;&nbsp;Cette temporalit&eacute; qui demeure omnipr&eacute;sente, ce compte &agrave; rebours inexorable, ne peut que faire retomber les personnages dans un univers qui, parce que l'&eacute;tat <I>id&eacute;al</I> a &eacute;t&eacute; <I>entrevu </I>de fa&ccedil;on spasmodique, n'en semble que plus imparfait. Le "r&eacute;el" et le quotidien apr&egrave;s une telle exp&eacute;rience ne peut qu'&ecirc;tre d&eacute;valu&eacute;. Siegmund et Helena retrouvent ainsi non seulement leur int&eacute;grit&eacute;, mais, d&eacute;&ccedil;us par la nature r&eacute;elle et prosa&iuml;que de l'autre, finissent par se rejeter mutuellement: Siegmund n'est pas Eros, mais un homme au dos vout&eacute; et au sifflotement stupide [<I>T.</I> 125, 138, 144], "a Londoner on holiday" [<I>T.</I> 116]; Helena n'est pas Aphrodite [<I>T</I>. 93], mais une inconnue, une &eacute;trang&egrave;re, aux r&eacute;actions impr&eacute;visibles et inexplicables [<I>T</I>. 155].</P>  <P>&nbsp;&nbsp;L'exile, c'est-&agrave;-dire, ici, l'ex-&icirc;le et la travers&eacute;e du retour sont, en un contraste frappant avec l'aller, l'expression de cet &eacute;chec. L'atmosph&egrave;re est tout aussi joyeuse, mais, cette fois, Siegmund demeure hors de ces festivit&eacute;s [<I>T</I>. 157] -- festivit&eacute;s qu'aurait pu troubler de fa&ccedil;on dramatique, si elle n'avait &eacute;t&eacute; &eacute;vit&eacute;e de justesse, une collision entre une vedette et un yacht [<I>T.</I> 157-9]. Le mouvement de ces deux bateaux est, fait r&eacute;v&eacute;lateur, l'objet d'une comparaison avec une paire de ciseaux se refermant [<I>T</I>. 158]. La travers&eacute;e n'est plus lien ou rapprochement mais coupure, entaille. &Agrave; l'entr&eacute;e du port, cette comparaison &eacute;volue et laisse place &agrave; une m&eacute;taphore un peu diff&eacute;rente, celle de la faucille et de la moisson, image des plus inqui&eacute;tantes si nous nous reportons aux Ecritures: "The shore swept round in a sickle reaping them into the harbour" [<I>T.</I> 160]<A HREF="#fn9" name="fnB9">[10]</A></P>  <P>&nbsp;&nbsp;Lorsque Siegmund arrive &agrave; Londres, la ville &eacute;voque, elle aussi, un instrument mortel, beaucoup plus moderne il est vrai: "The streets were like polished gun-metal" [<I>T</I>. 168]. Si la ville est une arme &agrave; feu, Siegmund en est, &agrave; la fois, le projectile et la cible: "Siegmund went on slowly, like a slow bullet winging into the heart of life." [<I>T</I>. 169.] Cette balle le blesse, cependant, tout aussi certainement que le refus de Beatrice-P&eacute;n&eacute;lope de cesser de coudre [<I>T</I>. 169-170] pour regarder, voir et reconna&icirc;tre cet avatar d'Ulysse qu'est Siegmund, de retour &agrave; Londres-Ithaques. Avatar bien d&eacute;valorisant, puisque Ulysse n'est plus qu'un chien fugueur [<I>T</I>. 174]. Il est significatif que l'image du chien r&eacute;apparaisse, un peu plus tard, dans l'anecdote racont&eacute;e p&eacute;niblement par sa petite fille: "Mam, there was a lady had a dog, and it ran into a shop, and it licked a sheep, mam, what was hanging up------." [<I>T</I>. 188.] L'ironie dramatique est de taille. Sans le savoir, Gwen porte ici le coup de gr&acirc;ce en indiquant &agrave; son p&egrave;re le moyen de mettre fin &agrave; ses jours, en faisant de lui un mouton mort et impure. Parce que dans ce r&eacute;cit, Siegmund est &agrave; la fois le chien et le mouton, il devient alors, du m&ecirc;me coup, seul et unique responsable de son impuret&eacute;. Siegmund se suicide en se pendant &agrave; la pat&egrave;re ("the door-'ooks" [<I>T.</I> 207]) fix&eacute;e sur la porte de sa chambre. Le fait, en lui-m&ecirc;me, n'aurait rien de notable, si le terme "portmanteau" n'avait &eacute;t&eacute; utilis&eacute; au d&eacute;but du roman [<I>T</I>. 48] Or, l'acception du terme &eacute;tant double ( "<B>1</B>. A case or bag for carrying clothing and other necessaries when travelling..... <B>3</B>. A clothes-rack, an arrangement of pegs to hang clothes on" [<I>The Oxford English Dictionary</I> 1146]), c'est en un mouvement ironique supr&ecirc;me que se confondent la mort et l'article de voyage, mais peut-&ecirc;tre aussi l'embarquement (<I>port</I>-manteau) sur ce que Lawrence devait appeler bien plus tard "The Ship of Death". Et il n'est plus question ici du navigateur et h&eacute;ros wagn&eacute;rien. Parce que l'histoire de Siegmund est fondamentalement sordide et non tragique, banale et non grandiose elle ne peut donner lieu &agrave; un G&ouml;tterd&auml;mmerung. Le suicide de Siegmund n'est qu'un fait divers et il est d'ailleurs trait&eacute; comme tel par les journaux de la ville -- et ce de mani&egrave;re exhaustive, m&ecirc;me pour Helena:</P>  <BLOCKQUOTE><P>&nbsp;&nbsp;"The funeral took place, at two o'clock today at kingston Cemetery, of --. Deceased was a professor of music, and had just returned from a holiday on the South Coast ----."<BR>  &nbsp;&nbsp;The paragraph, in a bad twelve lines, <I>told her everything</I>.<BR>  &nbsp;&nbsp;"Jury returned a verdict of suicide during temporry insanity. Sympathy was expressed for the widow and children." [<I>T</I>. 213, mes italiques.]<A HREF="#fn10" name="fnB10">[11]</A> </P></BLOCKQUOTE>  <P>&nbsp;&nbsp;Siegmund disparu, la ville, elle, bien s&ucirc;r, demeure. Pour Beatrice, qui va s'installer &agrave; Highgate o&ugrave; elle ouvre une pension de famille [<I>T</I>. 218], cet espace devient celui du petit commerce. En ce qui concerne Helena, qui, contrairement aux attentes de Siegmund, ne rejoint pas, tel Senta, Isolde ou Br&uuml;nnhilde, son amant dans dans la mort, "in dem t&ouml;nenden Schall"<A HREF="#fn11" name="fnB11">[12]</A>, la chronologie singuli&egrave;re du roman nous oblige &agrave; revenir loin en arri&egrave;re, au chapitre premier, c'est-&agrave;-dire, en fait, six mois <I>apr&egrave;s</I> les &eacute;v&eacute;nements narr&eacute;s du chapitre deux au chapitre vingt-neuf, longue analepse ou r&eacute;tro-r&eacute;cit dont le point culminant est la mort du violoniste. Comme l'indiquent la pauvret&eacute; des indications g&eacute;ographiques ("South London", [<I>T</I>. 41]), les interminables alignements de maisonnettes uniformes et la pr&eacute;sence d'articles ind&eacute;finis ("a mean house", "a wide road", [<I>T</I>. 41]), la grande ville de Londres est maintenant, pour Helena, le lieu de l'ind&eacute;termination et de l'anonymat. Mais, plus qu'une image, ou m&ecirc;me une odeur, si naus&eacute;abonde soit-elle [<I>T</I>. 183], la ville, c'est d'abord un bruit, celui des tramways [<I>T</I>. 41] et des pas dans la rue ("feet pattered along the pavement", [<I>T</I>. 44]) -- synecdoque qui confirme ce gommage des visages et des identit&eacute;s -- ou, plus g&eacute;n&eacute;ralement, celui d'une agitation confuse et anarchique que traduit fort bien la m&eacute;taphore m&eacute;t&eacute;orologique: "this vulgar storm of life" [<I>T</I>. 44]. S'enfermer, pour Helena, c'est donc vouloir &eacute;chapper &agrave; la ville, au monde en g&eacute;n&eacute;ral, en <I>&eacute;touffant</I> les bruits du dehors, ou du moins en les couvrant par d'autres sons, plus organis&eacute;s, plus harmoniques, comme ceux qu'elle tire de son violon. Face &agrave; l'anonymat violent de l'ext&eacute;rieur, la r&eacute;clusion volontaire correspond &agrave; une tentative de re-cr&eacute;ation d'un environnement identifiable et personnalis&eacute;: "It was Helena's room, for which she was responsible." [<I>T</I>. 41.] En outre, le sol, noir et cir&eacute;, le plafond, la frise et la chemin&eacute;e, d'un blanc homog&egrave;ne, sont des &eacute;l&eacute;ments qui trahissent, par le biais de ce dualisme chromatique, le d&eacute;sir de l'occupant de rendre les choses plus lisses et simples. La maison dans la ville, c'est aussi la possibilit&eacute; de faire avec l'ici un ailleurs, avec le dedans un autre dehors. Ainsi peuvent s'expliquer le Bouddha et les tablettes aux caract&egrave;res chinois sur le manteau de la chemin&eacute;e; ainsi peuvent s'interpr&eacute;ter &eacute;galement ces murs et ce tapis verts qui, rivalisant avec les frondes d'une magnifique foug&egrave;re, refl&egrave;tent une envie de nature (remarquons, en outre, le jeu de mot sur le nom d'Helena: Verden/vert) [<I>T</I>. 41].</P>  <P>&nbsp;&nbsp;Toutefois, parce que cet int&eacute;rieur est irr&eacute;m&eacute;diablement <I>contamin&eacute;</I> par le lieu plus vaste dans lequel il s'inscrit, le r&eacute;sultat est loin du but escompt&eacute;. Malgr&eacute; le feu allum&eacute; dans la chemin&eacute;, la froideur et l'agressivit&eacute; du contenant [<I>T</I>. 42], reflet de l'ext&eacute;rieur, conf&egrave;re au contenu un caract&egrave;re transitoire. Cet espace est susceptible de mouvements, de convulsions. Les livres sur les &eacute;tag&egrave;res ainsi que le mobilier, l&eacute;ger et fragile [<I>T</I>. 41-42], sont, semble-t-il, sur le point de fuir l'endroit. Les choses bougent, disparaissent. Habitu&eacute;e de la maison, son amie Louisa n'est, ainsi, plus bien certaine de l'endroit o&ugrave; se trouve le caf&eacute; [<I>T</I>. 44]. Helena le sait-elle d'ailleurs vraiment? "<I>I think</I>, my dear, .... it is in its usual place." [<I>T</I>. 44, mes italiques.]</P>  <P>&nbsp;&nbsp;Contrairement &agrave; Beatrice qui d&eacute;cide, dans son nouvel environnement, d'occulter totalement la vie et la mort de Siegmund [<I>T</I>. 218], ce lieu est, en outre, pour Helena, celui du souvenir entretenu. La pr&eacute;sence de ces crystaux de roche, de ces coquillages et de ces fragments d'algues [<I>T</I>. 42] sont autant d'extractions m&eacute;tonymiques de la mer et du bord de mer, espace de son escapade amoureuse. Ces quatre murs prennent &eacute;galement des allures d'&eacute;glise &eacute;rig&eacute;e &agrave; la m&eacute;moire de son amant [<I>T</I>. 44]. Le piano -- instrument que, depuis <I>The White Peacock</I>, nous savons rattach&eacute;, chez Lawrence, &agrave; la nostalgie et &agrave; la m&eacute;lancolie -- devient un autel [<I>T</I>. 44] sur lequel se consument deux cierges. Au dessus de ce piano tr&ocirc;ne la photo de Siegmund, &agrave; la fois image pieuse et fen&ecirc;tre ouverte sur le pass&eacute; : "She gazed once more at the photograph over the piano, and forgot all the present." [<I>T</I>. 46.] L'analogie religieuse peut aller plus loin encore, si nous nous souvenons que la tradition jud&eacute;o-chr&eacute;tienne attribue &agrave; sainte H&eacute;l&egrave;ne la d&eacute;couverte &agrave; J&eacute;rusalem des restes de la croix de J&eacute;sus [Farmer, <I>Oxford Dictionary of Saints</I> 188]. Helena, telle Sainte H&eacute;l&egrave;ne, est, en effet, elle aussi, &agrave; la recherche d'une relique, en l'occurrence, le violon "sacr&eacute;" de Siegmund, toujours en possession de Beatrice [<I>T</I>. 46, 228]. De plus, ainsi qu'en t&eacute;moignent ces br&ucirc;lures laiss&eacute;es par le soleil sur la peau d'Helena -- br&ucirc;lures <I>quotidiennement</I> et <I>miraculeusement</I> raviv&eacute;es ("It comes out every evening like this," she said, softly, with curious joy.") -- cet espace du deuil, du manque est aussi celui des stigmates. Cecil Byrne, dont le nom est, d&eacute;tail singulier, phon&eacute;tiquement li&eacute; &agrave; la combustion (Byrne / burn), entrevoit, lui aussi, tr&egrave;s bien la connotation profond&eacute;ment mystique et religieuse de ces l&eacute;sions: "You make it come, the smart , you invoke it." [<I>T</I>. 43.]</P>  <P>&nbsp;&nbsp;La ville et son architecture n'est donc pas, en tant que telle, le lieu o&ugrave; Helena peut &ocirc;ter le masque triste et presque mortuaire dont elle s'est affubl&eacute;e [<I>T</I>. 45]. Or, la solution ne r&eacute;side pas non plus -- ne r&eacute;side plus -- dans la fuite de cet espace. Pr&egrave;s d'un an apr&egrave;s la mort de Siegmund, les champs, les m&eacute;l&egrave;zes, les ifs ne peuvent r&eacute;ussir &agrave; faire oublier Siegmund. La campagne, si belle soit-elle, n'existe que par rapport au pass&eacute;: "It is exactly a year today!" [<I>T</I>. 225.] En fait, Siegmund <I>peut</I> &ecirc;tre oubli&eacute;, &agrave; la condition d'en trouver, d'en cr&eacute;er un autre. Ainsi, quitter la ville, reprendre la mer, chercher un nouveau port, une nouvelle &icirc;le o&ugrave; s'amarrer n'est envisageable pour Helena, que dans une dynamique du souvenir. Remplacer, pour cette nouvelle aventure amoureuse, pour cette nouvelle exp&eacute;dition maritime , Siegmund par Cecil Byrne est donc des plus logiques, puisque son pr&eacute;nom et son nom sont curieusement l'anagramme de "Cycle" et de "brine". Comme le remarque lui-m&ecirc;me Cecil Byrne, "History repeats itself" [<I>T</I>. 226].</P>  <P><B><FONT SIZE="+1">&nbsp;</FONT></B></P>  <P><CENTER><B><FONT SIZE="+1">Notes</FONT></B></CENTER></P>  <P><A HREF="#fnB0" name="fn0">[1]</A> <I>T</I>. 128.</P>  <P><A HREF="#fnB1" name="fn1">[2]</A> "and Helena, looking along the coast, waiting, would lift her white hands with sudden joy." [<I>T</I>. 50.]</P>  <P><A HREF="#fnB2" name="fn2">[3]</A> <I>The Trespasser</I> abonde, en effet, en r&eacute;f&eacute;rences implicites ou explicites -- et parfois erron&eacute;es -- aux op&eacute;ras de Wagner: <I>T</I>. 56, 58, 60, 61, 62, 75, 77, 84, 92, 118, 125, 165, 197, 210, 225.</P>  <P><A HREF="#fnB3" name="fn3">[4]</A>" <B>Ride, v</B>. To mount a woman in copulation" [Partridge,<I> A Dictionary of Slang and Unconventional English</I> 697].</P>  <P><A HREF="#fnB4" name="fn4">[5]</A> "I am cast upon a horible desolate island, void of all hope of recovery." [Defoe, <I>The Life and Adventures of Robinson Crusoe</I> 83.]</P>  <P><A HREF="#fnB5" name="fn5">[6]</A> Observant une famille de fermiers, Siegmund remarque: "They are farther than Theocritus" [<I>T</I>. 117].</P>  <P><A HREF="#fnB6" name="fn6">[7]</A> L'association &icirc;le-oeuf, voil&eacute;e dans <I>The Trespasser</I>, s'&eacute;claircira, plus tard, dans une nouvelle de Lawrence intitul&eacute;e: "The Man Who Loved Islands": "No, an island is a nest which holds one egg, and only one. This egg is the islander himself." [<I>Collected Short Stories </I>671.]</P>  <P><A HREF="#fnB7" name="fn7">[8]</A> Cf. &eacute;galement <I>T</I>. 78-79, 98.</P>  <P><A HREF="#fnB8" name="fn8">[9]</A> Voir &eacute;galement "In the morning" [<I>T</I>. 109], "today" [<I>T.</I> 115], "we weren't in till about eleven" [<I>T</I>. 115], "After tea" [<I>T</I>. 122], "Towards morning" [<I>T</I>. 134], "Six hours" [<I>T</I>. 146], "what time is it?" [<I>T</I>. 149], etc.</P>  <P><A HREF="#fnB9" name="fn9">[10]</A> Cf. <I>ES</I>. 63-3, <I>Mt</I>. 13-39, <I>Ap</I>. 14-14.</P>  <P><A HREF="#fnB10" name="fn10">[11]</A> Tout aussi banal et concis est le r&eacute;cit que fait Beatrice &agrave; Mr Allport: "Her husband had got entangled with another woman. She herself had put up with it for a long time. At last she had brought matters to a crisis, declaring what she should do. He had killed himself -- hanged himself -- and left her penniless."[<I>T.</I> 220.]</P>  <P><A HREF="#fnB11" name="fn11">[12]</A> "dans la respiration de l'univers" [<I>Tristan et Isolde</I> III-3].</P>  <P><B>&nbsp;</B></P>  <P><CENTER><B>BIBILOGRAPHIE</B></CENTER></P>  <P>Cresswell, J. <I>Dictionary of First Names</I>. London : Bloomsbury, 1990.</P>  <P>Dante. <I>Oe<TT>uvres </TT>compl&egrave;tes</I>. Traduction et commentaires par Andr&eacute; P&eacute;zard. Paris: Gallimard, 1965. </P>  <P>Defoe, D. <I>The Life and Adventures of Robinson Crusoe</I>. Oxford: Oxford University Press, 1965.</P>  <P>Farmer, D. H. <I>The Oxford Dictionary of Saints.</I> Oxford: Oxford University Press, 1980.</P>  <P>Horace. <I>Odes et &eacute;podes</I>. Textes &eacute;tabli et traduit par F. Villeneuve. Paris: Les Belles Lettres, 1981, Vol 1. </P>  <P>Lawrence, D. H. <I>The Collected Short Stories</I>. Londres: Heinemann, 1974.</P>  <P>--------------. <I>The Complete Poems</I>. Collected and Edited with an Introduction and Notes by Vivian de Sola Pinto and Warren Robert. Heinemann: Londres, 1964, 2 Vol.</P>  <P><I>--------------.The Letters of D.H.Lawrence</I>. Ed. James T. Boulton. Cambridge: Cambridge University Press, 1979, Vol. 1 1901-13. </P>  <P><I>--------------.The Trespasser</I>. Ed. Elisabeth Mansfield. Cambridge: Cambridge University Press, 1981.</P>  <P><I>--------------.The White Peacock</I>. Ed. Andrew Robertson. Cambridge: Cambridge University Press, 1983.</P>  <P>Partridge, E. <I>A Dictionary of Slang and Unconventional English</I>. Londres: Routledge &amp; Kegan Paul, 1949</P>  <P>Platon. <I>Oe<TT>uvres</TT>Compl&egrave;tes</I>. Traduction nouvelle et notes par L&eacute;on Robin. Paris: Gallimard, 1989, Vol 1.</P>  <P>Wagner, R. <I>Guide des op&eacute;ras de Wagne</I>r. Sous la direction de Michel Pazdro. Paris: Fayard, 1988.</P>  <P><BR>   <HR> <A HREF="../bck.html"><IMG SRC="arrow.gif" WIDTH=32 HEIGHT=30 BORDER=0 ALIGN=texttop> Retour aux anciens num&eacute;ros -- Back numbers</A><BR>  <p></P></BLOCKQUOTE> </BODY> </HTML> 
