<!DOCTYPE HTML PUBLIC "-//W3C//DTD HTML 4.0 Transitional//EN" "http://www.w3.org/TR/REC-html40/loose.dtd"> <HTML lang="fr"> <HEAD> 	<META name="Author" content="L&eacute;a"> 	<META name="Copyright" content="&copy; 1997 CARITIG"> 	<META name="Description" content="Article de CDT N&deg;5"> 	<TITLE>Flash sur l'enfer dissimul&eacute; d'un quotidien</TITLE> 	<SCRIPT type="text/javascript" language="JavaScript"> 	<!-- 	if (parseInt(navigator.appVersion) > 3) document.write('<link rel="stylesheet" type="text/css" href="../../../styles/caritig.css" title="Styles pour le CARITIG">') 	//--> 	</SCRIPT> 	<LINK rev="made" href="mailto:webmestre@caritig.org (L&eacute;a)" title="Nous &eacute;crire"> 	<SCRIPT src="../../../scripts/fonctions_generales.js" type="text/javascript" language="JavaScript"> </SCRIPT> </HEAD> <BODY background="../../../img/fond_logo.gif" lang="fr"> <CENTER> <H2>&nbsp;<BR> <FONT color="#400080">FLASH SUR L'ENFER DISSIMUL&Eacute; D'UN QUOTIDIEN</FONT></H2> </CENTER> &nbsp; <P>Je dois &ecirc;tre un adolescent de 14-15 ans environ, et cela se passe probablement en &eacute;t&eacute;, car il fait chaud, tr&egrave;s chaud... Une chaleur pesante, surtout pour moi qui me sens &eacute;touffer et reste paralys&eacute; d&egrave;s que le thermom&egrave;tre d&eacute;passe 25. Une temp&eacute;rature &agrave; se baigner, naturellement. L'eau fra&icirc;che sur les jambes duveteuses, le ventre, la poitrine... Quelques mouvements de brasse... &ccedil;a y est, je plonge&nbsp;! Je revis, je bouge... <P>Mais l'eau n'est pas autour de moi, elle est en face de moi. Ce lac tranquille qui clapote &agrave; mes pieds sous le vent timide, je ne ressens de ses effets que la fra&icirc;cheur ambiante de l'air. Nous sommes plusieurs. Il y a l&agrave; mon fr&egrave;re, mes soeurs (je pense), ainsi que plusieurs amis, dons certains resteront probablement enfouis &agrave; jamais dans les brumes des arri&egrave;re-salles de ma m&eacute;moire. Je les ai suivis comme une ombre ; spectateur de ma propre vie, je vois d&eacute;fier choses et gens. Je les entends parler, rire, bouger. Nous sommes deux fr&egrave;res et deux soeurs. Tout le monde va se baigner. Normal il fait tellement chaud ! Il n'y a que moi qui reste assis au bord, alors que la chaleur me paralyse et fait monter en moi des flots de rage. Normal... Je ne suis pas souffrant, non. Je pourrais tr&egrave;s bien aller dans l'eau. Retrouver cette fra&icirc;cheur dont je ressens l'intense besoin. Mais je n'en suis pas &agrave; une contradiction pr&egrave;s. Les filles sont belles et d&eacute;sirables. Je les regarde et je les d&eacute;sire comme on regarde un film &agrave; la t&eacute;l&eacute;, c'est-&agrave;-dire sans avoir ne serait-ce que le soup&ccedil;on de l'ombre de l'id&eacute;e que je pourrais &eacute;ventuellement aller &agrave; leur rencontre et faire leur connaissance... A pr&eacute;sent que j'&eacute;cris ces lignes, la TV est devenue interactive, mais moi &agrave; l'&eacute;poque, je vis en regardant le monde comme un &eacute;cran de t&eacute;l&eacute;, sans participer. Quand il faut parler, les mois me manquent parfois. Pas toujours, mais parlais. A chaque fois que j'entends ma voix aigu&euml;, j'ai soudain envie de me taire ; je ne crois m&ecirc;me plus &agrave; ce que je dis. D'ailleurs, est-ce bien moi qui parle ? Je ne me reconnais pas dans cette voix monstrueusement aigu&euml; qui me poignarde d&egrave;s que j'ouvre la bouche. Alors, je pr&eacute;f&egrave;re la fermer. Et regarder... Ou me r&eacute;fugier dans mes r&ecirc;ves. Je connais un gar&ccedil;on de ma classe, en 3<SUP>&egrave;me</SUP> A. qui a 15 ans lui aussi et dont la voix est rest&eacute;e aigu&euml;. Rien de grave, il muera... Mais la mienne, elle, restera aigu&euml; toute ma vie. Et tout le monde trouve ca normal, naturellement. Il ne viendrait &agrave; l'id&eacute;e de personne de se dire&nbsp;: "Mais enfin pourquoi sa voix ne muera-t-elle jamais, comme celle des autres gar&ccedil;ons ?" D'ailleurs, m&ecirc;me moi, je l'admets comme une chose normale. Enfin... Une partie de moi-m&ecirc;me, celle qui communique avec les autres. Car l'autre partie se tait, m&ecirc;me dans ma propre conscience parfois. Je sais qu'ils auraient raison, car ma voix aigu&euml; est normale, d&eacute;sesp&eacute;r&eacute;ment normale. Je suis bourr&eacute; d'oestrog&egrave;nes des pieds &agrave; la t&ecirc;te, mais c'est NORMAL ! Je ne peux m&ecirc;me pas protester, sinon ils me prendraient pour un fou... Oh, pardon, une folle&nbsp;! <P>Un jour, je suis all&eacute; &agrave; la piscine. J'ai voulu cette fois-ci faire comme les autres mecs, me mettre en slip de bain, torse nu. R&eacute;sultat, je me suis l'ait virer de la piscine pour trois semaines&nbsp;: attentat &agrave; la pudeur. Normal, on n'a pas id&eacute;e de se baigner seins nus quand on fait du 75 de poitrine&nbsp;! <P>Mais cette fois-ci, pas de probl&egrave;me. J'&eacute;tais d&eacute;cid&eacute; &agrave; mettre un soutien-gorge, comme je le fais d'habitude. Ce n'est pas cela qui me retient au bord de l'eau, crevant de chaud et de rage sur les cailloux de la berge, pendant que les autres - ah, les autres ! - s'amusent, s'&eacute;claboussent et se rafra&icirc;chissent en riant. Non, ce n'est pas cela. J'aurais pu moi aussi mettre mon maillot de bain et y aller pour m'amuser. Ils ne m'auraient rien dit, bien au contraire. Ils auraient m&ecirc;me s&ucirc;rement &eacute;t&eacute; bien agr&eacute;ablement surpris de me voir ainsi me m&ecirc;ler au groupe et d&eacute;conner avec eux. Ils se seraient dit&nbsp;: "Mais on ne la reconna&icirc;t plus, notre petite Sylvie !" Non, ils ne me feraient aucun reproche. Ce ne sont pas eux ni l'absence de maillot qui me clouent d&eacute;sesp&eacute;r&eacute;ment au bord. D'ailleurs, mon maillot, j'aurais pu le prendre avant de partir. Je l'avais &agrave; ma disposition et j'y ai pens&eacute; au moment o&ugrave; il le fallait. Mais je ne l'ai pas pris. Suis-je masochiste par dessus le march&eacute; ? Non, j'ai un &eacute;tat de sant&eacute; au top-niveau, mais le probl&egrave;me, c'est ce flux sanglant qui s'&eacute;coule lentement entre mes cuisses, abondant jusqu'&agrave; la g&ecirc;ne, et se manifestant jusqu'&agrave; mes narines, tandis que je reste assis, le dos courb&eacute; pour rentrer ma poitrine. <P>Et oui, j'ai mes r&egrave;gles, et je reste clou&eacute; au bord de l'eau, en m'imaginant dans la peau du gar&ccedil;on de 14-15 ans que j'aurais toujours d&ucirc; &ecirc;tre, et qui, lui, se serait baign&eacute; &agrave; coup s&ucirc;r... Par une chaude journ&eacute;e d'&eacute;t&eacute;, le plus simplement du monde, sans se poser toutes ces conneries de questions&nbsp;! <BR>&nbsp; <BR>&nbsp; <DIV align="right">- JEAN-LUC</DIV> <BR>&nbsp; <!-- ******************* Pied de page ******************* -->&nbsp;  <CENTER><b>Haut</b> <A href="javascript:this.scrollTo(0,0)"><IMG src="../../../img/fleche_haut.gif" alt="Haut" border="0" height="17" width="17"></A></CENTER> &nbsp;  <CENTER><b>Retour &agrave; la page d'<A href="../../../accueil/accueil.html">accueil</A></b></CENTER> <TABLE summary="Pied de page" cellspacing="0" cellpadding="0" width="100%"> <TR> <TD colspan="3" width="100%"><HR noshade width="100%"></TD> </TR> <TR valign="top"> <TD nowrap align="LEFT" width="30%"><EM><FONT size="-2">Page mise &agrave; jour : <SCRIPT type="text/javascript" language="JavaScript"> <!--     modif = new Date(document.lastModified);     if (parseInt(navigator.appVersion) > 2) document.write(formatDate(modif,"fr")); else document.write("n&eacute;cessite un navigateur plus r&eacute;cent") //--> </SCRIPT> <NOSCRIPT>Date JavaScript</NOSCRIPT></EM></FONT></TD> <TD nowrap align="center" width="40%"><EM><FONT size="-2">Page maintenue par <A href="mailto:caritig#caritig.org (L&eacute;a)">L&eacute;a</A></FONT></EM></TD> <TD nowrap align="right" width="30%"><EM><FONT size="-2">&copy; 1997 <SPAN class="caritig"><ACRONYM title="Centre d'Aide, de Recherche et d'Information sur la Transsexualit&eacute; et l'Identit&eacute; de Genre" lang="fr"> CARITIG</ACRONYM></SPAN></FONT></EM></TD> </TR> </TABLE> &nbsp;  </BODY> </HTML> 
